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Message Publié : 08 Août 2019 13:54 
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Tolan a écrit :
En disant que des Africains ont migré en Europe, on veut démontrer que le mélange des populations a toujours eu lieu.


On ne veut rien démontrer, c'est ce que montrent les études génétiques. Le lien entre les diverses populations n'a jamais été interrompu de manière durable durant ces derniers dizaines de millénaires. C'est ce qui explique qu'il n'y a pas de spéciation. Pour la plupart des généticiens, nous descendons de métis. Ce que vous nommez le "chasseur cueilleur européen" est issu d'un métissage entre des chasseurs-cueilleurs sapiens provenant d’Éthiopie et des chasseurs-cueilleurs néandertaliens. Mais, les études génétiques montrent qu'il n'y a pas de discontinuité. De proches en proches, on ne trouve pas de différences fondamentales. Rien qui permette de tracer une frontière précise en disant que de ce coté on a affaire à des chasseurs-cueilleurs européens, et de l'autre à des chasseurs-cueilleurs non-européens. Vous cherchez à catégoriser là où il n'y a pas moyen de la faire, sauf à le faire après avoir défini une convention : à partir de tel pourcentage de tel marqueurs, on devrait considérer que ce sont des chasseurs-cueilleurs de telle origine géographique. Et celui qui a ce pourcentage moins 0,01%, vous le qualifiez de quoi ?


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Message Publié : 08 Août 2019 19:58 
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Grégoire de Tours
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Léonard59 a écrit :
Voici un article sur la paléogénétique : La paléogénétique en tant qu’approche archéométrique au cours des 30 dernières années de Eva-Maria Geigl

Voici la partie qui concerne le peuplement ancien de l'Europe.
Citer :
L’analyse des génomes des populations anciennes ne s’est pas arrêtée au Paléolithique. Il a été possible de séquencer des génomes d’individus de différentes périodes et cultures et de les caractériser génétiquement. Ceci a permis d’identifier de nombreuses vagues de migrations depuis le dernier maximum glaciaire en comparant les génomes d’individus associés au Paléolithique supérieur, puis au Mésolithique, au Néolithique et à l’Âge du Bronze. Ainsi il a été possible d’identifier les composants principaux du génome des Européens actuels (Fu et al., 2016 ; Lazaridis et al., 2014). La première composante est africaine et provient des humains anatomiquement modernes de l’Afrique ayant colonisé l’Asie, il y a ~65000 ans, et l’Europe, il y a ~43000 ans. Par contre, la première branche de ces Proto-Européens représente un cul-de-sac car elle n’a pas laissé beaucoup de matériel génétique dans les Européens actuels (Fu et al., 2014 ; Fu et al., 2016). Une autre branche a évolué en Europe, alors qu’une troisième branche a évolué en Europe de l’Est. Tandis que la première population, plus ancienne, pourrait être celle qui a développé la culture aurignacienne, la branche de l’Europe de l’Est pourrait être associée à la culture gravettienne qui s’est répandue en Europe sans que la population associée à la culture aurignacienne n’ait été remplacée (Fu et al., 2016). Cette dernière a continué à évoluer et aurait finalement produit la culture magdalénienne. C’est seulement à la fin de la glaciation, avec le réchauffement climatique, qu’une population du Proche-Orient est venue par l’Europe du Sud-Est, a remplacé les populations autochtones de la culture magdalénienne et épigravettienne et aurait développé la culture mésolithique (Fu et al., 2016). Les premiers agriculteurs de l’Anatolie, descendants d’un métissage entre deux populations distinctes originaires du Levant et de l’Iran (Lazaridis et al., 2016) ont diffusé le Néolithique en colonisant l’Europe il y a ~7000 ans par deux vagues de migrations, le courant continental et le courant méditerranéen, et qui ont emmené les premiers animaux et plantes qu’ils avaient domestiqués, comme l’attestent les données archéologiques mais aussi paléogénétiques et paléogénomiques (voir plus loin). À la fin du Néolithique, début de l’Âge du Bronze, les populations des nomades des steppes pontiques de la culture des Kourganes (« Yamna » en russe), descendants de métis entre une population ayant survécu à la dernière glaciation dans le Caucase de chasseurs-cueilleurs du territoire russe et d'agriculteurs néolithiques d'Iran se sont rapidement disséminés en Europe centrale sur le dos des chevaux qu’ils avaient domestiqués (Allentoft et al., 2015 ; Haak et al., 2015 ; Lazaridis et al., 2016). Leur succès reproductif sur le territoire de l’Allemagne du Nord a été très supérieur à celui des populations autochtones car les générations suivantes ont hérité jusqu’à 80 % de leur génome de la population migrante (Haak et al., 2015), voir aussi figure 3. Les données génomiques livrent donc une trame dans laquelle il est possible de placer les données archéologiques et linguistiques. En revanche, pour pouvoir bien interpréter les données génomiques, il faut tenir compte des données archéologiques et une collaboration étroite entre paléogénéticiens et archéologues s’impose. Ceci est vrai pour tous les projets en paléogénétique basés sur du matériel issu de fouilles archéologiques.


Bon, je n'ai pas envie de polémiquer avec vous, mais essayer de parler des choses intéressantes...
Pour les autres membres de passion-histoire.

Les études génétiques se suivent, et chacune apporte une pièce à l'édifice en étudiant de nouveaux génomes anciens.

L'article cité ci-dessus, doit avoir pour origine cette étude:
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4943878/

Cette étude montrait une affinité entre les chasseurs-cueilleurs de Villabruna (les plus récents des chasseurs cueilleurs d'Europe) et le Moyen-Orient.
Mais affinité ne veut pas forcément dire ascendance.

Une étude plus récente (de 2018) montre qu'une population intermédiaire existait dans le sud-caucase et qui était très proche, génétiquement des Fermiers Anatoliens: https://www.biorxiv.org/content/biorxiv ... 9.full.pdf
Les chasseurs-cueilleurs d'Europe de l'Ouest ont plus d'affinité génétique avec les chasseurs-cueilleurs de Dzudzuana (Sud-Caucase) qu'avec les anciennes populations du Proche-Orient et d'Afrique du Nord, à l'exception des fermiers Néolithiques d'Anatolie qui forment une clade avec les chasseurs-cueilleurs de Dzudzuana.

Le maximum glaciaire (entre -20 000 et -14 000 ans) a été une période extrêmement importantE dans l'histoire des Européens.
La moitié de l'Europe , voirE plus, était devenuE inhabitable. Apparemment, en Espagne, la lignée ancienne européenne aurait perduré.
Lors du réchauffement, les chasseurs-Cueilleurs, sans doute réfugiéS dans le Sud de l'Europe ou en Anatolie (ou alors jusqu'au Caucase?), et qui se seraiENt mélangés avec la population locale, génétiquement proche des Anatoliens, auraient reconquis les terres nord Européennes mais aussi la péninsule Ibérique.


Voici telle était l'Europe avant la seconde immigration, celle du Néolithique, quelques 10 000 ans plus tard, venus du même endroit? Ou quelque part de relativement proche...


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Message Publié : 08 Août 2019 20:43 
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Tolan a écrit :
Bon, je n'ai pas envie de polémiquer avec vous, mais essayer de parler des choses intéressantes...
Pour les autres membres de passion-histoire....


A part les attaques personnelles ... Ce n'est pas parce qu'une chose ne vous intéresse pas, qu'elle ne devrait pas intéresser d'autres personnes.

En plus, votre vision a-scientifique du problème ... je ne suis pas sûr que cela ne rebute pas d'autres personnes.

Au fait :
Tolan a écrit :
Cette étude montrait une affinité entre les chasseurs-cueilleurs de Villabruna (les plus récents des chasseurs cueilleurs d'Europe) et le Moyen-Orient.
Mais affinité ne veut pas forcément dire ascendance.



Comment dire ... les gènes qui portent cette affinité, ils viennent d'où à votre avis ? Génération spontanée ? Opération du Saint Esprit ? Ou ancêtres communs ? Si c'est là votre niveau de la compréhension de la génétique, cela promet.


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Message Publié : 08 Août 2019 20:47 
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Dialogue de sourds...

Déjà parler d'immigration à une époque où il n'y a pas de frontières géographiques...

Ensuite, mélanger allègrement toutes les époques pour tenter de noyer le poisson...

Ah, au fait, il y a des mois de cela, on a reconstitué Cheddar Man, ce chasseur-cueilleur de la fin du Paléolithique âgé d'environ 23 ans, dont on a retrouvé les restes dans une grotte du Somerset (UK), à proximité de la ville de Cheddar (d'où son surnom) : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/02/07/l-etonnant-portrait-de-cheddar-man-l-un-des-ancetres-des-britanniques_5253175_1650684.html

Conclusion : peau noire, cheveux noirs et bouclés, yeux bleus... Et comme il y a tout de même infiniment peu de chances qu'il s'agisse d'un migrant isolé en quête d'une vie meilleure dans les contrées septentrionales, il y a fort à parier que la plupart de vos chasseurs-cueilleurs européens lui ressemblaient de très près (avec ou sans yeux bleus).

Bon, et puisque vous êtes féru d'ADN, voici quelques considérations généalogiques de base qui reposent sur la simple logique et quelques calculs simples : compte-tenu des estimations de population du passé et du nombre infiniment supérieur d'humains aujourd'hui, nous sommes tous le fruit d'unions consanguines répétées. Vous connaissez la tarte à la crème : "neuf Français sur dix descendent de Charlemagne". Une autre étude des plus sérieuses (qui avait fait l'objet ici d'un topic, il me semble) démontrait que tous les Européens descendaient de trois grands "chefs" du Néolithique. Donc, déjà, vos origines génétiques européennes nagent dans un pool extrêmement réduits. Si on arrive aux chasseurs-cueilleurs, la proportion est encore plus faible. Ce qui explique sans doute que notre génome d'Européens ne contienne "que" 2 à 4% de Néandertal au bout du compte (et ça doit être sensiblement pareil en Asie pour la proportion de Denisoviens).

D'autre part, vous semblez également penser que les individus sont figés dans le temps et l'espace. Or, s'il y a bien une constante dans les migrations diverses et variées au fil du temps, c'est que les groupes ne partent pas au hasard mais suivent des routes (ou des pistes) qui existent depuis que l'homme est sorti d'Afrique (peut-être même depuis Erectus). Sans quoi, pourquoi aurait-on retrouvé des momies caucasiennes dans le désert du Taklamakan ? Bon, c'est largement postérieur au Néolithique, mais les populations n'ont pas attendu ça pour voyager, elles le font depuis l'aube des temps.Vos chasseurs-cueilleurs européens pouvaient naître dans le sud de la France et finir leur vie, trois ou quatre décennies plus tard, dans le Bassin Parisien ! Voire même plus loin.


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Message Publié : 08 Août 2019 21:00 
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Tolan a écrit :
Cette étude montrait une affinité entre les chasseurs-cueilleurs de Villabruna (les plus récents des chasseurs cueilleurs d'Europe) et le Moyen-Orient.


Désolé, mais les paléontologues préfèrent utiliser le terme de culture épigravettienne plutôt que "plus récents des chasseurs cueilleurs d'Europe", vous choississez chaque fois des termes très spécifiques et qui ne sont pas ceux des spécialistes, ce qui rend la recherche de documents très compliquée.

Voici, où on trouve les traces de cette culture :
Image

Vu la répartition, c'est normal qu'il y ait affinité, ce sont des voisins, des proches, si vous préférez. Et en parlant culture et Afrique ....
Citer :
Le Ballanien (14 000 av. J.-C.) et le Halfien (16 000 av. J.-C.) en Nubie sont assimilés à un Épigravettien africain d'où dériveraient d'autres industries lamellaires, mais cette thèse ne fait pas l'unanimité.


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Message Publié : 08 Août 2019 21:37 
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Tolan a écrit :
Voici telle était l'Europe avant la seconde immigration, celle du Néolithique

Vous voulez sans doute dire MIGRATION. Lapsus révélateur et comique.

_________________
Image message du Loire au Dalgonar, oct. 1913


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Message Publié : 08 Août 2019 23:08 
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Au fait, sur le plan de l'évolution, être un métis est considéré comme un avantage : Comment des croisements successifs ont permis à l'Homme de coloniser la planète ?

Citer :
Quand deux individus éloignés génétiquement se reproduisent, ils peuvent se transmettre des traits qui donnent un avantage évolutif. Ce phénomène s’appelle l’introgression et il aurait accéléré notre évolution en nous permettant de coloniser la planète.

...

Ces deux études montrent que des phénomènes d'introgression adaptative sont arrivés dans l'histoire récente de notre espèce. Mais serait-ce encore possible aujourd'hui ? "On est dans une époque de grand mélange génétique, et le peuplement de l'océan Indien peut être un très bon modèle pour comprendre ce qui peut se passer maintenant avec la globalisation", affirme Thierry Letellier. Alors que Denis Pierron, auteur principal de l'étude, est plus nuancé : "La vraie question est : est-ce que de nos jours il y a-t-il encore des variants génétiques avantageux ? Si c'est le cas, alors oui, ils se répandront sûrement, particulièrement s'ils peuvent protéger face aux maladies."


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Message Publié : 09 Août 2019 4:58 
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Grégoire de Tours
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J'ai l'impression d'être chez les fous ici!

Bye!
D'être aussi cons, c'est vraiment incroyable!


PS: Pourriez-vous, SVP, supprimer mon compte.


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Message Publié : 09 Août 2019 7:23 
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Réaction typique de celui qui n'a pas d'arguments pour prouver un postulat posé avant même de commencer sa réflexion.


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Message Publié : 09 Août 2019 11:35 
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C'est dommage, Tolan avait fini par trouver une référence, donnée dans un article ("Génomes anciens de deux squelettes du Paléolithique du Caucase"), dont il a omis de citer le titre, l'auteur, et le lien, et qu'il a oublié de référencer mais dont il a copié-collé un passage. C'est le blog intitulé "Généalogie génétique", publié par Bernard Sécher:
http://secher.bernard.free.fr/blog/inde ... 18/09/21/Génomes-anciens-de-deux-squelettes-du-Paléolithique-du-Caucase.

Sur ce blog on trouve par exemple ceci, que le terme melting pot du National Geographic résumait très bien.: "Les données génétiques suggèrent que l'ascendance des Européens actuels représente une mosaïque de contributions issues de multiples vagues migratoires préhistoriques. Notamment deux événements démographiques majeurs ont eu lieu: la diffusion du Néolithique à partir d'Anatolie il y a environ 9000 ans et la migration il y a environ 5000 ans à partir des Steppes Pontiques. "

C'est cette mosaïque de contributions génétiques (ou melting pot) qu'explore l'article de Iosif Lazaridis et al. (2018), intitulé "Palaeolithic Caucasus samples reveal the most important component of West Eurasians", publié en ligne, et donné en référence plus haut et dans le blog de M. Sécher. Des articles précédents du même Lazaridis ont été cités dans le post de Leonard59.

L'article de Lazaridis de 2018 montre le résultat du séquençage du génome de deux squelettes issus de la grotte Dzudzuana (Sud-Caucase), datés entre 27.000 et 24.000 ans, qui ouvrent des pistes nouvelles sur les migrations autour de cette période, et donnent davantage d'informations sur les périodes culturelles du Paléolithique (gravettien, épigravettien) au Néolithique.

Voici la carte (trop grande pour être reproduite ici) des migrations de cette époque Paléolithique-gravettien:
https://indo-european.eu/wp-content/upl ... abruna.jpg

(ahma, cette carte est à regarder avec les fines sculptures gravettiennes à l'esprit:
Image
Dame de Brassempouy, 23000 ans, Musée de St Germain en Laye)

Pour voir la séquence des cartes de migrations en Europe, depuis la sortie d'Afrique jusqu'à l'âge du fer:
https://indo-european.eu/maps/

L'article de Lazaridis est intéressant et n'infirme pas l'article du National Geographic.

Il conclut que les Natoufiens du Paléolithique (populations du Levant qui se sédentarisent) ont une partie de leurs ancêtres en Afrique. "cela expliquerait la présence de l'haplogroupe E chez les Natoufiens et les fermiers levantins, lien commun entre le Levant et l'Afrique".

L'autre conclusion est que les Dzudzuana forment le composant le plus important des Eurasiens de l'Ouest et de l'Afrique du Nord. Sécher donne un résumé: "l'ascendance des populations Européennes a jusqu'ici été estimée à partir de trois sources: chasseurs-cueilleurs du Mésolithique, fermiers d'Anatolie et pasteurs des steppes. Les composantes issues de populations anciennes du Proche-Orient ou d'Afrique du Nord n'ont pas encore été investigué à cause du manque de population de référence. Si on considère la population de Dzudzuana, on se rend compte que toutes les populations actuelles d'Europe, du proche-Orient ou d'Afrique du Nord possèdent entre 46% et 83% d'ascendance issue de la population de Dzudzuana".

_________________
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Message Publié : 09 Août 2019 13:35 
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Jean Mabillon
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Les préhistoriens Britanniques étudient ces derniers temps la partie continentale européenne submergée sous la mer du Nord mais qui formait encore,il y a 8 500 ans une vaste Ile contenant une population estimée à 100 000 personnes:le Doggerland,des ossements ont été remontés,des crânes...On aura sans doute dans quelques années les résultats approfondis de ces recherches


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Message Publié : 09 Août 2019 14:08 
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Jean Froissart
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Tiens, une autre remarque qui m'est venue à l'esprit, concernant les chasseurs-cueilleurs.

Ceux-ci arrivent en Europe il y a 40 000 ans et y perdurent jusqu'à 10 000 ans (à la louche, le néolithique étant un peu plus tardif, il me semble).

C'est-à-dire que pendant ces 30 000 années, il n'y aurait eu aucun mouvement de population en et hors Europe ? Je veux bien que la glaciation ait limité certains déplacements, mais les échanges existaient déjà et les routes plus ou moins commerciales aussi.

En somme, les derniers chasseurs-cueilleurs du Paléolithique étaient certainement génétiquement bien plus différents de ceux qui sont arrivés il y a 40 000 ans que nous, nous ne le sommes de ces derniers chasseurs-cueilleurs (même si peu d'entre eux sont nos ancêtres).


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Message Publié : 09 Août 2019 14:23 
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Salluste
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Une question de béotien, a priori à Léonard qui est celui qui a le plus détaillé le sujet: si je comprends bien, on a globalement une séparation entre chasseurs cueilleurs africains et européens, il y a grosso-modo 45 000 ans. Les européens en ont profité au passage de la Palestine pour ajouter à leur patrimoine quelques gênes de néandertaliens. Ensuite, des flux continus entre les deux populations les auraient empêchés de suffisamment dériver pour constituer des isolats. En conséquence, comment explique-t-on le fait qu'il n'y ait pas de traces de gênes néandertaliens chez les descendants des chasseurs cueilleurs africains ?

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Message Publié : 09 Août 2019 20:07 
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Rémy N. a écrit :
Une question de béotien, a priori à Léonard qui est celui qui a le plus détaillé le sujet: si je comprends bien, on a globalement une séparation entre chasseurs cueilleurs africains et européens, il y a grosso-modo 45 000 ans. Les européens en ont profité au passage de la Palestine pour ajouter à leur patrimoine quelques gênes de néandertaliens. Ensuite, des flux continus entre les deux populations les auraient empêchés de suffisamment dériver pour constituer des isolats. En conséquence, comment explique-t-on le fait qu'il n'y ait pas de traces de gênes néandertaliens chez les descendants des chasseurs cueilleurs africains ?


Parce qu'a priori, Neandertal n'est pas "né" en Afrique et n'y a jamais vécu. Il me semble (on me corrigera si je dis des bêtises) que les plus anciens néandertaliens ont vu le jour dans ce qui est, grosso modo, la Palestine aujourd'hui et ont ensuite migré vers le nord, du Caucase (à peu près, car il semble y avoir aussi quelques traces en Sibérie) à l'Atlantique et jusqu'en Espagne. De même que Denisova est né en Asie (d'où quelques uns de ses gènes qui traînent chez les Asiatiques actuels, notamment les habitants de l'Himalaya).

Les premiers Sapiens à sortir d'Afrique partageaient encore un pool génétique suffisamment proche de Neandertal (avec qui ils partageaient les mêmes ancêtres) pour que le métissage soit possible. Ce qui ne l'était plus, quelques dizaines de milliers d'années plus tard, quand ils sont arrivés en Europe. Encore que...

Après, il est possible que quelques chasseurs-cueilleurs africains aient possédé des gènes de Neandertal, étant donné que des allers-retours ne sont pas improbables. Mais si c'est le cas, non seulement les archéos n'en ont pas retrouvé, mais en plus ils n'ont pas laissé de descendance sur le continent.

En gros, Erectus a donné naissance à au moins trois branches humaines (voir plus), mais sur des échelles de temps différentes et pas dans les mêmes lieux : les Denisoviens en Asie, les Néandertaliens en Palestine - Proche Orient et les premiers Sapiens dans l'est de l'Afrique. Les premiers représentants de ces trois branches étaient génétiquement extrêmement proches (au point qu'il est parfois difficile de les différencier), d'où métissage quand ils se croisent. Mais au bout de plusieurs dizaines de milliers d'années, les différences génétiques sont trop prononcées pour que le métissage puisse se poursuivre. Ceci dit, ça reste théorique...


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Message Publié : 09 Août 2019 22:46 
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Les pré-néandertaliens se trouvent en Afrique du nord et en Europe. Mais, on n'a trouvé des néandertaliens qu'en Europe et en Asie. Puis, cela devient compliqué parce qu'il faut bien comprendre la dynamique de la succession des périodes glaciaires et des périodes non-glaciaires. A certains moments, la majorité de l'Europe est couverte de glaciers et plus ou moins impropre à la vie. A ces périodes l'espace disponible est limité au sud de la France, Lyon est sous la glace, l'Espagne, l'Italie, les Balkans et le sud de l'espace danubien. Mais, comme la mer est 120m plus basse, l'Italie et les Balkans sont reliés par une plaine qui se trouve actuellement sous la mer Adriatique. La coté tyrrhénienne se situe quelques dizaines de kilomètres plus à l'est. Et le détroit de Gibraltar était une cascade... Quand le temps se réchauffait, les espaces du nord de l'Europe s'ouvraient et tout à coup les populations qui étaient séparées pouvaient se rencontrer. Sur le plan génétique, cela a son importance. Quand les populations se trouvent isolées, on a une tendance à un début de spéciation. Qui pourrait devenir complète si la séparation durait suffisamment de temps. Or, ce n'est pas le cas. Donc, ces populations se métissent dès qu'elles en ont l'occasion. Tout cela est un comportement tout à fait normal et qui correspond exactement avec les attendus des sélections naturelle et sexuelle. Car, il ne faut pas oublier que ces 2 moteurs de la sélection sont à l'oeuvre.

Rémy N. a écrit :
Une question de béotien, a priori à Léonard qui est celui qui a le plus détaillé le sujet: si je comprends bien, on a globalement une séparation entre chasseurs cueilleurs africains et européens, il y a grosso-modo 45 000 ans. Les européens en ont profité au passage de la Palestine pour ajouter à leur patrimoine quelques gênes de néandertaliens. Ensuite, des flux continus entre les deux populations les auraient empêchés de suffisamment dériver pour constituer des isolats. En conséquence, comment explique-t-on le fait qu'il n'y ait pas de traces de gênes néandertaliens chez les descendants des chasseurs cueilleurs africains ?


En fait, d'après les généticiens, il n'y a , à aucun moment, une césure complète. Il y a en permanence des contacts. On pense que ce sont des contacts de proches en proches, et non pas des contacts directs. En fait, chaque population a des contacts avec celles qui lui sont voisines, et il y a un pourcentage d'unions "mixtes" entre ces diverses populations. En ce moment, on pense que les contacts entre néandertaliens et sapiens qui ont eu lieu en Palestine le furent il y a environ 80 000 ans. A ce moment-là, il y aurait eu un métissage assez important entre les 2 populations. On pense que ce métissage fut assez important simplement parce qu'on trouve proportionnellement un nombre assez élevé de métis sapiens-néandertal. Alors que la fossilisation est un phénomène exceptionnel... Si ce métissage était exceptionnel, on aurait pu ne trouver aucun fossile de métis.

Effectivement, de nombreux paléontologues pensent que les néandertaliens qui sont restés isolés lors des périodes glaciaires suivantes se sont spécifiés "par la distance". Bref, ils ne pouvaient plus se métisser avec les sapiens qu'ils ont rencontrés, il y a 45 000 ans. Quand aux africains, certaines populations éthiopiennes possèdent bien des gènes des populations palestiniennes.

Mais ... en fait, la répartition des gènes néandertaliens dans le génome étonne pas mal les généticiens, dans le sens où les populations européennes actuelles semblent avoir été "purgées" de leurs gènes néandertaliens ... sauf de ceux qui étaient utiles et qui ont perduré. Je dis bien "semblent", car il n'y a aucun mécanisme conscient là-dedans, juste l’œuvre de la sélection naturelle... Ce qui expliquerait que ces gènes n'aient pas pénétré en Afrique.


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