A la une du Blog de l'histoire
Nous sommes actuellement le 26 Sep 2018 9:29

Le fuseau horaire est UTC+1 heure




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 47 message(s) ]  Aller vers la page Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
Auteur Message
Message Publié : 26 Sep 2014 19:47 
Hors-ligne
Georges Duby
Georges Duby
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 27 Juil 2007 15:02
Message(s) : 7989
Localisation : Montrouge
Quodlibet a écrit :
Ou en 2000 que le 44° président des États-Unis s'appelle Barack Hussein Obama? Pas grande non plus, mais l'événement s'est réalisé.
Et pourtant il y avait avant l'élection d'Obama des articles sur l'accroissement des populations minoritaires dans la population des EU, spécialement des hispanophones. Il était annoncé que les blancs deviendraient bientôt minoritaires. Mais personne n'en avait tiré des conséquences sur le vote présidentiel, car on ne voyait pas voter ensemble ces minorités et si massivement pour un non blanc démocrate, car avant ils se partageaient entre démocrates et Républicains.
En l'espèce il y avait donc des causes à l'élection d'Obama et une probabilité mais encore faible, de moins en moins faible. Le fait qu'Obama soit métisse, cultivé et chrétien, managé par des pro de la politique, très soutenu par les médias, a avancé la probabilité.

_________________
Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses. Virgile.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 26 Sep 2014 20:12 
Hors-ligne
Polybe
Polybe
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 24 Août 2014 10:25
Message(s) : 99
Bonjour,

Citer :
En l'espèce il y avait donc des causes à l'élection d'Obama et une probabilité mais encore faible, de moins en moins faible.

Assurément, mais mon point n'était pas qu'un noir (un métis en fait) soit tôt ou tard élu président des États-Unis, mais qu'en 2000 la probabilité était bien faible que soit élu 8 ans plus tard ce parfait inconnu, Obama, tout juste élu au Sénat de l'Illinois, qui venait d'échouer lamentablement aux primaires démocrates pour la Chambre des Représentants. A près coup, oui, on peut trouver toutes les bonnes raisons qui expliquent ce qui s'est passé, mais avant? Lequel parmi des centaines d'hommes ou de femmes politiques, de toutes couleurs de peau ou origine ethnique, hommes ou femmes, anciens ou jeunes pousses du parti Démocrate avait le plus de chances?

Bien à vous

_________________
Quaerendo invenietis


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 27 Sep 2014 7:19 
Hors-ligne
Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 22 Sep 2005 18:53
Message(s) : 2029
Bonjour

Alain.g a écrit :
On voit donc que faire un peu d'histoire dans ce sujet consiste à noter l'évolution du roman romantique de coïncidence vers le naturalisme puis le roman d'aventure, policier, d'amour ... en saluant le roman historique qui cultive la coïncidence et introduit des personnages de fiction dans l'histoire avec un grand H..


Tout à fait, c'est ce type de roman que j'apprécie. Je juge de la qualité de celui-ci sur trois choses.

- l'intelligence qu'à l'auteur de faire évoluer son perso fictif à travers les événements historiques (et c'est là qu'interviennent les coïncidences).
- L'intérêt du récit.
- L'historicité des événements réels (bonnes dates, bonnes sources, recherches histo, etc ...)


Bien à tous.

_________________
Hugues de Hador.
Au service des Mongols de la "Horde d'Or" entre 1350 et 1360.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 27 Sep 2014 12:31 
Hors-ligne
Georges Duby
Georges Duby
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 27 Juil 2007 15:02
Message(s) : 7989
Localisation : Montrouge
Quodlibet a écrit :
Bonjour,

Citer :
En l'espèce il y avait donc des causes à l'élection d'Obama et une probabilité mais encore faible, de moins en moins faible.

Assurément, mais mon point n'était pas qu'un noir (un métis en fait) soit tôt ou tard élu président des États-Unis, mais qu'en 2000 la probabilité était bien faible que soit élu 8 ans plus tard ce parfait inconnu, Obama, tout juste élu au Sénat de l'Illinois, qui venait d'échouer lamentablement aux primaires démocrates pour la Chambre des Représentants. A près coup, oui, on peut trouver toutes les bonnes raisons qui expliquent ce qui s'est passé, mais avant? Lequel parmi des centaines d'hommes ou de femmes politiques, de toutes couleurs de peau ou origine ethnique, hommes ou femmes, anciens ou jeunes pousses du parti Démocrate avait le plus de chances?
L'élection d'un président noir était dans l'air en 2000. Dans les années 70, parait un film sur un président noir, par accident il est vrai, après la mort d'un Président et du vice-Président. Puis paraissent sur la scène un chef d'Etat-major (Powel) qui devient Secrétaire d'Etat en 2000 et sera pressenti pour la présidence des EU mais refusera, un Secrétaire d'Etat Rice (surdiplômée et grande pianiste) noirs.
Sa condition de noir donc des minorités, a aidé Obama à être élu en dépit d'une carrière faible, cette carrière lui a permis l'élection.

_________________
Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses. Virgile.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 27 Sep 2014 12:39 
Hors-ligne
Administrateur
Administrateur

Inscription : 15 Avr 2004 22:26
Message(s) : 15975
Localisation : Alsace, Colmar
Alain.g a écrit :
Sa condition de noir donc des minorités, a aidé Obama à être élu en dépit d'une carrière faible, cette carrière lui a permis l'élection.


Il me semble que vous avez été un élu du suffrage universel. J'ai du mal à croire que vous ayez une vision aussi négative du choix des électeurs. Bref, il aurait suffit d'être noir pour devenir président des USA ... Sans compter que votre message est politique ...

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 27 Sep 2014 13:55 
Hors-ligne
Georges Duby
Georges Duby
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 27 Juil 2007 15:02
Message(s) : 7989
Localisation : Montrouge
Narduccio a écrit :
J'ai du mal à croire que vous ayez une vision aussi négative du choix des électeurs. Bref, il aurait suffit d'être noir pour devenir président des USA ... Sans compter que votre message est politique ...
Vous n'avez pas l'habitude des études de sciences politiques. Mon explication n'est pas politique du tout, elle résout la contradiction entre une élection de rassemblement et un candidat pratiquement inconnu sauf des initiés et lisse de ce fait, qui a été porté par un consensus.

_________________
Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses. Virgile.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 27 Sep 2014 14:37 
Hors-ligne
Administrateur
Administrateur

Inscription : 15 Avr 2004 22:26
Message(s) : 15975
Localisation : Alsace, Colmar
C'est vrai qu'à vous lire, dès qu'on n'est pas en accord avec vos interventions, c'est qu'on n'a pas l'habitude des études de :
- sciences politiques;
- l'histoire des religions;
- l'histoire contemporaine;
- études de théologie;
- ....

Ce sont les adversaires d'Obama qui racontent qu'il a été élu à cause de la couleur de sa peau. Je trouve qu'il est très restrictif de prétendre cela et que ce serait prendre les électeurs pour des demeurés versatiles qui élisent quelqu'un pour les diriger comme on élirait le champion d'un reality-show. Puisque vous êtes un spécialiste de l'étude des sciences politiques, il me semble étonnant que vous vous contentiez d'une analyse aussi basique. Ce n'est pas ce que j'ai lu par ailleurs. Mais, il est vrai que je ne suis spécialiste de rien.

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 27 Sep 2014 15:10 
Hors-ligne
Georges Duby
Georges Duby
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 27 Juil 2007 15:02
Message(s) : 7989
Localisation : Montrouge
Il est très fréquent dans une élection qu'un candidat soit porté par un grand parti, un phénomène d'identification, un groupe, et bien élu par des citoyens tout en étant peu connu, voire même inconnu pour les "parachutés".

_________________
Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses. Virgile.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 27 Sep 2014 15:51 
Hors-ligne
Administrateur
Administrateur

Inscription : 15 Avr 2004 22:26
Message(s) : 15975
Localisation : Alsace, Colmar
Alain.g a écrit :
Il est très fréquent dans une élection qu'un candidat soit porté par un grand parti, un phénomène d'identification, un groupe, et bien élu par des citoyens tout en étant peu connu, voire même inconnu pour les "parachutés".


Donc, dans une élection avec primaire nationale comme aux USA, on pourrait faire élire n'importe qui au poste de président ? Alors que l'on a pratiquement 2 ans de campagne électorale. Devant les cadres du parti, puis devant les électeurs du parti concerné, puis de l'ensemble des électeurs. Avec un assez grand nombre de meetings, de débats télévisés et de discours.

Je vous laisse l'entière responsabilité de vos propos...

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 27 Sep 2014 15:53 
Hors-ligne
Polybe
Polybe
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 24 Août 2014 10:25
Message(s) : 99
Bonjour,

D'abord, on s'écarte considérablement du sujet, peut-être faudrait-il un autre fil mais je crains qu'Obama sorte carrément du cadre historique du forum. Ensuite, je n'aurais pas dû choisir Obama comme exemple, puisqu'on a dévié du calcul de probabilité au calcul politique. J'aurais mieux fait de prendre pour exemple la probabilité de me trouver dans le TGV à côté de mon voisin de palier. Et pour en revenir une dernière fois à Obama, j'avais pris comme date 2000, car il était alors complètement inconnu, et non 2004 car il avait "explosé" lors de son discours à la convention démocrate de cette année là (je me souviens avoir été alors très impressionné) et il était devenu dès lors l'un des 2 ou 3 prétendants les plus plausibles pour l'élection présidentielle de 2008 après l'échec de Kerry.

Et si on revenait au romantisme :wink: et au roman historique?

Bien à vous

_________________
Quaerendo invenietis


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 27 Sep 2014 17:04 
Hors-ligne
Administrateur
Administrateur

Inscription : 15 Avr 2004 22:26
Message(s) : 15975
Localisation : Alsace, Colmar
Quodlibet a écrit :
Ensuite, je n'aurais pas dû choisir Obama comme exemple, puisqu'on a dévié du calcul de probabilité au calcul politique.


En fait, Obama est un très bon exemple ... de l'évolution des mentalités de la société américaine. Avant 1950, un noir président des USA était perçu comme de la science-fiction. Qu'il concoure pour la place de candidat avec une femme blanche aurait aussi été jugé invraisemblable. Je pense que la majorité des gens de l'époque auraient pensé que ce serait la femme blanche qui serait choisie malgré tout. (Et il faudrait peut-être que je mette 1960 ou 70 comme date). Mais, en 1950 qui aurait pensé qu'en acteur de seconde zone puisse devenir président des USA ...

En fait, et on en a déjà discuté sur ce forum : un futurologue a dit que 100% des prévisions sur le futur étaient appelées à se révéler fausse au-delà d'un certain horizon. Bref, si on se projette assez loin, tout devient improbable ou tout devient probable. Tant qu'on respecte les règles de la physique pour les phénomènes qui en relèvent. Par exemple, la Terre ne peut pas devenir transparente; dans l'état actuel de nos connaissances. Au-delà de cet horizon, on ne peut rien prévoir.

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 27 Sep 2014 17:09 
Hors-ligne
Georges Duby
Georges Duby
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 27 Juil 2007 15:02
Message(s) : 7989
Localisation : Montrouge
Sur le hasard, les coïncidences curieuses, le mathématicien J-A. Cournot disait que le hasard n'est pas que l'expression de notre ignorance des causes, comme le croyait le physicien Laplace. Il est la “rencontre de deux séries causales indépendantes”. ; "c’est de leur rencontre imprévisible, de l’intrusion d’une nouvelle causalité indépendante dans le déroulement d’un processus que naît le hasard". Certains auteurs pensent comme Laplace que le hasard n'existe pas, qu'il y a toujours des causes mais que l'état de la science ne nous permet pas toujours de les connaitre.
Si on prend comme grande surprise l'épopée de Bonaparte, elle parait due au pur hasard, un jeune officier pauvre sans protection; vue de près, des causes apparaissent et des rencontres de séries causales: la série du jeune homme pressé intrigant, servi par sa famille très active, qui fait pression d'une manière incroyable pour avancer (mémoires de Barras) et une autre série du vide politique et de la recherche d'une épée par Sièyes pour en terminer avec la Révolution, qui va le propulser. Le hasard réduit à quelques généraux les possibilités; Bonaparte a ses atouts, son frère, un culot étonnant, son efficacité démontrée pour ramener l'ordre.

_________________
Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses. Virgile.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 27 Sep 2014 17:39 
Hors-ligne
Administrateur
Administrateur

Inscription : 15 Avr 2004 22:26
Message(s) : 15975
Localisation : Alsace, Colmar
En fait, ce qu'on nomme hasard est la conjonction de plusieurs phénomène allant des fondamentalement imprévisibles à ceux qu'on ne peut pas prévoir puisque :
- certaines données sont inconnues;
- le nombre de données est trop complexe pour nos moyens;
- on sait que certaines données participent au phénomène, mais on ne comprend pas encore les corrélations.

Par exemple, régulièrement on entend évoquer dans la presse la fameuse loi des séries. Loi qui n'existe pas, soit-dit en passant. Le grand avantage de ces pseudos-lois des séries, c'est que des gens expliquent très bien comment fonctionne la notion de hasard pour la plupart des humains. Bref, en lisant les 4 articles suivants, vous devriez avoir une très bonne compréhension du phénomène. Savez-vous par exemple que statistiquement, il suffit de réunir 23 personnes pour avoir une chance appréciable (supérieure à 50%) que 2 d'entre-elles aient la même date anniversaire ?


Science & Avenir : Accidents d'avions, y-a-t'il une loi des séries ?

Blogs Science & Avenir : du hasard et des lois des séries

Citer :
Comme la probabilité de survenue d'un accident d'avion est très petite il est tentant de conclure que la probabilité d'avoir autant d'accidents en si peu de temps est trop petite pour qu'on puisse les attribuer au hasard. Ce raisonnement souffre de deux lacunes : tout d'abord le nombre d'avions est très grand et donc il est pas si rare d'avoir des accidents (voir par exemple ici pour obtenir une probabilité d'environ 10% d'avoir deux accidents dans la semaine au cours d'une année) De plus il est trompeur de se limiter à la dernière semaine car les avions volent depuis pas mal d'années et donc il serait plus logique de chercher la probabilité d'avoir au moins trois accidents dans une semaine au cours d'une longue période. On montre par exemple ici pour obtenir qu'il y a une probabilité de 60% d'avoir trois accidents dans la semaine si on regarde une période de 10 ans. C'est le même raisonnement qui montre qu'il n'est pas étonnant d'avoir les mêmes numéros dans deux tirages successifs du loto (et même que c'est moins étonnant que d'avoir un gagnant).

A ce moment on peut se demander pourquoi donc la loi des séries est populaire. Si nous sommes si fascinés par les coïncidences, c'est parce que nous avons une piètre intuition des probabilités qui s'y rapportent. Un certain nombre d'explications psychologiques ont été proposées (voir par exemple ici ou là) qui peuvent se résumer par la phrase attribuée à Jacques Chirac: " les emmerdes volent toujours en escadrille". Néanmoins on peut se demander si notre fascination des coïncidences n'est pas que le reflet de la piètre intuition des probabilités qui s'y rapportent. Nous avons tendance à sous-estimer des probabilités élevées et à surestimer les probabilités faibles. Examinons l'une des coïncidences les plus communes : celle des dates d'anniversaire. Combien de personnes doit-on réunir dans une pièce pour avoir une probabilité supérieure à un demi que deux d'entre elles au moins aient la même date de naissance ? Nous montrerons dans un prochain billet que la réponse est 23.


M-blogs : Accidents d’avion : le mythe persistant de la loi des séries

Citer :
Six éléments qui renforcent le mythe. Il n’empêche que la croyance persiste. L’existence d’une prétendue loi des séries rassure l'animal anxieux qui est en nous, et conforte ceux qui ont peur de l’avion qu’ils ont, après tout, bien raison d’avoir peur. La popularité de cette croyance est en outre renforcée, ces jours-ci, par au moins six éléments de contexte.

1/ Le tir de missile qui a touché le vol MH17 le 17 juillet fait suite à la mystérieuse disparition de du vol MH370 en mars. Deux événements ont donc touché la même compagnie, la Malaysian Airlines, dans des circonstances inhabituelles, à cinq mois d’intervalle. Certains y voient davantage qu’une coïncidence et la survie de la compagnie fait question.

2/ Le choc du 17 juillet demeurera dans les mémoires. Ce n’est pas la première fois qu'un avion est détruit par un missile (voir ici) mais cela frappe les esprits. Si la disparition du MH370 était mystérieuse, celle du MH17 est limpide : on a tiré sur l’avion, comme dans un film de guerre. Logiquement, chacun se demande si ce type d’attaque peut se produire ailleurs. On s’est interrogé sur les capacités des rebelles du nord-Mali à diriger leurs lance-roquettes sur les avions qui survolent le Sahara. Et bien que rien ne soit prouvé, Air France a annoncé, le 25 juillet, que ses vols allaient contourner le Mali, avant de renoncer à cette mesure préventive quelques heures plus tard.

3/ La théorie du mort-kilomètre s'invite dans l'histoire : plus les personnes touchées par une catastrophe sont physiquement et géographiquement proches, plus l’accident nous paraît grave. 118 passagers, dont 54 Français, se trouvaient à bord de l’avion d’Air Algérie, ce qui augmente, en France, la probabilité de connaître une victime. D’ailleurs, à chaque accident, s’ajoute au décompte macabre cet addendum : "dont x Français". Comme si la mort de compatriotes inconnus devait obligatoirement nous émouvoir davantage que la mort d’inconnus qui ne possèdent pas le même passeport.

4/ L’actualité de l'été comporte une forte composante aérienne, entre la grève des contrôleurs aériens fin juin et la suspension de certains vols en direction de Tel Aviv, ces jours-ci. En outre, plusieurs avions militaires sont abattus à l’est de l’Ukraine.

5/ Nous sommes en été, la saison des voyages et des vacances en Europe et en Amérique du Nord. Parmi les passagers aériens figure une plus grande proportion de personnes qui ne sont jamais, ou rarement, montées dans un avion. Ces passagers sont plus inquiets que les autres et les accidents renforcent leur peur de l'avion. Il s’est passé exactement la même chose l’an dernier avec le train, suite à une série de catastrophes ferroviaires, en France, en Espagne ou au Canada.

6/ Enfin, les médias apprécient, au fond d’eux-mêmes, la "loi des séries", qui permet des reportages sur des quidams transis de peur à l’idée de mettre les pieds dans une carlingue. Le moindre incident dans un aéroport ou sur un tarmac, ces prochaines semaines, devrait être immédiatement relayé, sur le mode sensationnaliste : "regardez à quoi vous avez échappé".


Figaro : Crashs successifs: hasard ou loi des séries ?

Citer :
Le Figaro - Pourquoi parle-t-on de loi des séries?

Elise JANVRESSE Il s'agit d'un mythe populaire. Cette expression n'existe que dans la vie courante. Elle n'a aucun fondement scientifique. Les gens l'utilisent pour rendre intelligible des phénomènes extraordinaires, des coïncidences qui ne s'expliquent pas. Un comportement assez naturel chez l'être humain. L'homme a en effet développé un sens pour repérer les coïncidences. Si vous mangez quelque chose et que vous tombez malade juste après, vous faîtes naturellement un lien de cause à effet avec la nourriture. La loi des séries suit la même logique.

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 02 Oct 2014 16:59 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 07 Sep 2014 12:27
Message(s) : 434
Narduccio a écrit :
En fait, ce qu'on nomme hasard est la conjonction de plusieurs phénomène allant des fondamentalement imprévisibles à ceux qu'on ne peut pas prévoir puisque :
- certaines données sont inconnues;
- le nombre de données est trop complexe pour nos moyens;
- on sait que certaines données participent au phénomène, mais on ne comprend pas encore les corrélations.

Par exemple, régulièrement on entend évoquer dans la presse la fameuse loi des séries. Loi qui n'existe pas, soit-dit en passant. Le grand avantage de ces pseudos-lois des séries, c'est que des gens expliquent très bien comment fonctionne la notion de hasard pour la plupart des humains. Bref, en lisant les 4 articles suivants, vous devriez avoir une très bonne compréhension du phénomène. Savez-vous par exemple que statistiquement, il suffit de réunir 23 personnes pour avoir une chance appréciable (supérieure à 50%) que 2 d'entre-elles aient la même date anniversaire ?


Science & Avenir : Accidents d'avions, y-a-t'il une loi des séries ?

Blogs Science & Avenir : du hasard et des lois des séries

Citer :
Comme la probabilité de survenue d'un accident d'avion est très petite il est tentant de conclure que la probabilité d'avoir autant d'accidents en si peu de temps est trop petite pour qu'on puisse les attribuer au hasard. Ce raisonnement souffre de deux lacunes : tout d'abord le nombre d'avions est très grand et donc il est pas si rare d'avoir des accidents (voir par exemple ici pour obtenir une probabilité d'environ 10% d'avoir deux accidents dans la semaine au cours d'une année) De plus il est trompeur de se limiter à la dernière semaine car les avions volent depuis pas mal d'années et donc il serait plus logique de chercher la probabilité d'avoir au moins trois accidents dans une semaine au cours d'une longue période. On montre par exemple ici pour obtenir qu'il y a une probabilité de 60% d'avoir trois accidents dans la semaine si on regarde une période de 10 ans. C'est le même raisonnement qui montre qu'il n'est pas étonnant d'avoir les mêmes numéros dans deux tirages successifs du loto (et même que c'est moins étonnant que d'avoir un gagnant).

A ce moment on peut se demander pourquoi donc la loi des séries est populaire. Si nous sommes si fascinés par les coïncidences, c'est parce que nous avons une piètre intuition des probabilités qui s'y rapportent. Un certain nombre d'explications psychologiques ont été proposées (voir par exemple ici ou là) qui peuvent se résumer par la phrase attribuée à Jacques Chirac: " les emmerdes volent toujours en escadrille". Néanmoins on peut se demander si notre fascination des coïncidences n'est pas que le reflet de la piètre intuition des probabilités qui s'y rapportent. Nous avons tendance à sous-estimer des probabilités élevées et à surestimer les probabilités faibles. Examinons l'une des coïncidences les plus communes : celle des dates d'anniversaire. Combien de personnes doit-on réunir dans une pièce pour avoir une probabilité supérieure à un demi que deux d'entre elles au moins aient la même date de naissance ? Nous montrerons dans un prochain billet que la réponse est 23.


M-blogs : Accidents d’avion : le mythe persistant de la loi des séries

Citer :
Six éléments qui renforcent le mythe. Il n’empêche que la croyance persiste. L’existence d’une prétendue loi des séries rassure l'animal anxieux qui est en nous, et conforte ceux qui ont peur de l’avion qu’ils ont, après tout, bien raison d’avoir peur. La popularité de cette croyance est en outre renforcée, ces jours-ci, par au moins six éléments de contexte.

1/ Le tir de missile qui a touché le vol MH17 le 17 juillet fait suite à la mystérieuse disparition de du vol MH370 en mars. Deux événements ont donc touché la même compagnie, la Malaysian Airlines, dans des circonstances inhabituelles, à cinq mois d’intervalle. Certains y voient davantage qu’une coïncidence et la survie de la compagnie fait question.

2/ Le choc du 17 juillet demeurera dans les mémoires. Ce n’est pas la première fois qu'un avion est détruit par un missile (voir ici) mais cela frappe les esprits. Si la disparition du MH370 était mystérieuse, celle du MH17 est limpide : on a tiré sur l’avion, comme dans un film de guerre. Logiquement, chacun se demande si ce type d’attaque peut se produire ailleurs. On s’est interrogé sur les capacités des rebelles du nord-Mali à diriger leurs lance-roquettes sur les avions qui survolent le Sahara. Et bien que rien ne soit prouvé, Air France a annoncé, le 25 juillet, que ses vols allaient contourner le Mali, avant de renoncer à cette mesure préventive quelques heures plus tard.

3/ La théorie du mort-kilomètre s'invite dans l'histoire : plus les personnes touchées par une catastrophe sont physiquement et géographiquement proches, plus l’accident nous paraît grave. 118 passagers, dont 54 Français, se trouvaient à bord de l’avion d’Air Algérie, ce qui augmente, en France, la probabilité de connaître une victime. D’ailleurs, à chaque accident, s’ajoute au décompte macabre cet addendum : "dont x Français". Comme si la mort de compatriotes inconnus devait obligatoirement nous émouvoir davantage que la mort d’inconnus qui ne possèdent pas le même passeport.

4/ L’actualité de l'été comporte une forte composante aérienne, entre la grève des contrôleurs aériens fin juin et la suspension de certains vols en direction de Tel Aviv, ces jours-ci. En outre, plusieurs avions militaires sont abattus à l’est de l’Ukraine.

5/ Nous sommes en été, la saison des voyages et des vacances en Europe et en Amérique du Nord. Parmi les passagers aériens figure une plus grande proportion de personnes qui ne sont jamais, ou rarement, montées dans un avion. Ces passagers sont plus inquiets que les autres et les accidents renforcent leur peur de l'avion. Il s’est passé exactement la même chose l’an dernier avec le train, suite à une série de catastrophes ferroviaires, en France, en Espagne ou au Canada.

6/ Enfin, les médias apprécient, au fond d’eux-mêmes, la "loi des séries", qui permet des reportages sur des quidams transis de peur à l’idée de mettre les pieds dans une carlingue. Le moindre incident dans un aéroport ou sur un tarmac, ces prochaines semaines, devrait être immédiatement relayé, sur le mode sensationnaliste : "regardez à quoi vous avez échappé".


Figaro : Crashs successifs: hasard ou loi des séries ?

Citer :
Le Figaro - Pourquoi parle-t-on de loi des séries?

Elise JANVRESSE Il s'agit d'un mythe populaire. Cette expression n'existe que dans la vie courante. Elle n'a aucun fondement scientifique. Les gens l'utilisent pour rendre intelligible des phénomènes extraordinaires, des coïncidences qui ne s'expliquent pas. Un comportement assez naturel chez l'être humain. L'homme a en effet développé un sens pour repérer les coïncidences. Si vous mangez quelque chose et que vous tombez malade juste après, vous faîtes naturellement un lien de cause à effet avec la nourriture. La loi des séries suit la même logique.




En 1979, Die Beste, l’édition allemande du Reader's Digest, a organisé un concours parmi ses lecteurs, ayant pour thème : "La meilleure aventure personnelle”.
Désigné gagnant, parmi sept mil concurrents, Walter Kellner, un pilote d'avion de Munich, fournit un témoignage où il racontait comment son avion, un Cessna 421, tomba dans la Mer Tyrrhénienne, entre la Sicile et la Sardaigne, et comment il survécut grâce à son bateau pneumatique. Les enquêteurs du Digest vérifièrent très attentivement les faits présentés dans son témoignage, et au vu et lu des rapports allemands et italiens concernant l’accident ils furent complètement assurés de la véracité de l'aventure: L’appareil Cessna de Kellner, immatriculé I-NUR, avait vraiment chû dans la Mer Tyrrhénienne, d’une hauteur de 3000 mètres, ainsi que le pilote l’avait raconté. Kellner allait donc recevoir son prix le 6 décembre au siège de la revue.
Mais le matin du 6, au siège de Das Beste une lettre est arrivée, adressée au rédacteur en chef Wulf Schwartzwäller, qui devait donner le prix à Kellner. Elle était écrite par un autre Walter Kellner, pilote lui aussi, qui habitait à Kritzendorf, en Autriche, et qui affirmait que toute cette histoire était une mystification, qu'Il avait piloté lui-même un appareil Cessna pendant quatre années, au-dessus de l’Europe et de la Mer Méditerranée et que s’il avait été obligé de faire, une fois, un atterrissage forcé à cause de quelques problèmes de moteur, à Cagliari, en Sardaigne, il n’était jamais tombé en mer: un imposteur avait falsifié toute l’aventure pour s’approprier le prix.

Schwartzwäller était perplexe. Qui croire? d'autant que le témoignage du premier Kellner avait été vérifié d’une manière plus que rigoureuse !! Et le lauréat devait arriver ...
Et c'est ainsi qu'il se présenta en temps et heure attendue, en souriant, aux bureaux de Das Beste. Après quelques mots de convenance, on lui montra la lettre de son homonyme ce qui eut comme effet sur lui qu'à le faire rire vu que oui, il savait qu’un autre Kellner avait piloté un appareil Cessna, mais il ne savait pas qu’ils portaient le même prénom.
C'est seulement lorsqu’il apprit au passage l’atterrissage forcé de l’autre Kellner, en Sardaigne, qu'il pâlit: Le même appareil, la même zone, le même problème mécanique, un pilote ayant le même nom ! Quelle malédiction planait sur eux ? Etait-ce cet avion qui semblait désirer la mort de ceux qui s’appelaient Walter Kellner, et pourquoi cet acharnement à les détruire aux alentours de la Mer Tyrrhénienne ?
Il n’y eut jamais de réponses à ces questions. Les deux Kellner étaient tombés victimes d'un mystère, et ils avaient eu de la chance de s’échapper sains et saufs. Sans intention, les rédacteurs de Das Beste avaient en quelque manière ouvert un portail vers l’inconnu par lequel un souffle d’air glacé s'était engouffré et c'est également ainsi que la cérémonie de la remise du prix se déroula dans une bien inatendue et étrange atmosphère et inconfort.
[Der Spiegel, avril 1980, p. 12-13]

_________________
“Etudie, non pour savoir plus, mais pour savoir mieux. ”
Sénèque


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 02 Oct 2014 17:42 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 07 Sep 2014 12:27
Message(s) : 434
Dédé a écrit :
A la fin (époustouflante) du roman Koenigsmark, de Pierre Benoit, on assiste à la rencontre entre Raoul Vignerte (narrateur de sa propre histoire) et un des personnages (je n'en dis pas plus, pour ceux qui ne l'ont pas lu et auraient la bonne idée de le faire). Rencontre juste avant la conclusion que tout le monde connait « Ainsi mourut, le 31 octobre 1914, le lieutenant Vignerte, pour avoir aimé la grande-duchesse Aurore de Lautenbourg-Detmold » , inspirée de la fin de Salammbô.

Du point de vue de la probabilité, celle de cette rencontre en ce lieu est très proche de Zéro (que deux personnages qui ont une histoire en commun se rencontrent parmi des milliers est peu probable). .
Ma propre réflexion est la suivante : cette coïncidence peu probable, mais toujours possible, est la source même de l'existence du roman (celui-ci) et du roman (en tant que style).

Qu'en dites-vous ? quelles autres cas vous ont troublé par leur invraisemblance ?



Allez, encore une petite "historiette" (mais véridique) pour le plaisir de la spéculation et du récit littéraire qui pourrait en être tiré :

Le 5 mai 1974, le journal Sunday Times de Londres publie les résultats d'un concours ayant le thème "les plus belles histoires de coincidences". Parmi les deux milles récits reçus, on compte le suivant, expédié par D.J. Page, du Surrey (Angleterre) :
"Au mois de juillet 1940 j'étais un jeune soldat au service de Sa Majesté, quelque part en Angleterre. Un jour, j'ai constaté qu'une lettre attendue depuis longtemps, contenant des photographies de mon mariage, avait été ouverte par un soldat du Corps A ; j’étais du Corps B. Il s'est excusé pour cette erreur, compréhensible en raison de la similitude de nos numéros de matricules, le sien étant Pape, n° 1509322 et le mien Page, n° 1509321. Les erreurs de la poste avaient été fréquentes, jusqu'à ce que je sois réaffecté dans une autre section. Quelque temps après la fin de la guerre, j'ai obtenu un emploi de conducteur dans les Transports Urbains de Londres, au dépôt de Metton. Un jour de paye, j'ai remarqué qu'une retenue très élevée avait été faite sur la mienne, et c'est ainsi que je suis allé faire une réclamation au bureau de la direction. Figurez-vous ce que fut ma surprise quand j'ai découvert que mon salaire avait été confondu avec celui d'un autre chauffeur qui venait d’être transféré dans l'atelier du garage, et qu'on m'a informé que son nom était Pape, oui, le même Pape… Etrangement, mon numéro de permis de conduire était 29222 et celui de Pape, 29223."

_________________
“Etudie, non pour savoir plus, mais pour savoir mieux. ”
Sénèque


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Afficher les messages publiés depuis :  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 47 message(s) ]  Aller vers la page Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Le fuseau horaire est UTC+1 heure


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas insérer de pièces jointes dans ce forum

Recherche de :
Aller vers :  





Propulsé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction et support en françaisHébergement phpBB