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Message Publié : 12 Août 2013 16:45 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 07 Sep 2008 15:55
Message(s) : 2707
Je voudrais recueillir votre avis sur un sujet que je connais mal : la conservation des textes manuscrits grecs et surtout romains.

On a parfois le sentiment que la conservation est due au hasard : les destructions de monastères par exemple (par les Vikings notamment ou lors de divers conflits) ayant entrainé la destruction des bibliothèques et donc des exemplaires (parfois uniques) de certaines oeuvres.

Je suis sceptique sur cette interprétation au vu des collections conservées.

Par exemple il me semble que la totalité des oeuvres de Cicéron, Virgile ou César a été conservée - ce qui implique au-delà du hasard un effort particulier de la part des moines occidentaux (je laisse de côté les copies faites en Orient byzantin ou arabe). Cela peut s'expliquer rationellement : par l'intérêt que représente la guerre des Gaules pour les ex-Gaulois (nos ancêtres Gallo-Francs :wink: ), par le prestige de la prose cicéronienne et de la poésie virgilienne, exemples donnés dans les écoles médiévales.

Mais pourquoi avons nous conservé la quasi totalité des vies des douze Césars de Suetone ou la médiocre Histoire Auguste quand on a perdu la moitié des annales de Tacite ? pourquoi avoir conservé la quasi totalité (me semble-t-il) des oeuvres de Pline le jeune ou Claudien et pas celle de Pline l'ancien ? pourquoi avons nous perdu la moitié des fastes d'Ovide ? hasards ou choix des copistes ?

Et franchement pourquoi faire l'effort considrable de recopier la totalité des lettres de Cicéron ? unqiuement pour leur style ? en quoi pouvaient elles intéresser un lettré carolingien ou postérieur ?

Les choix des moines dans le recopiage des oeuvres (déciisons lourdes de conséquence fut le prix des parchemeins et la durée du travail demandé) obéissaient ils à des critères précis ? ou à la commande d'un lecteur éventuel ? ou à l'inspiration du père abbé ? ou du responsable du scriptorium ?

question plus subtile : l'intérêt porté à certains auteurs (notamment païens) pourrait il être interprété comme l'indice d'un regret des temps antiques voire d'une certaine tiédeur de la Foi catholique (ce qui serait paradoxal dan sun monastère mais après tout pourquoi pas ?)?

Les historiens se sont ils penchés sur ces questions ?

PS : vous noterez que le caractère très approximatif des hypothèses que je vous propose illustre ma grande ignorance de ces sujets. merci de ne pas répondre agressivement ! :oops:


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Message Publié : 16 Août 2013 9:05 
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Inscription : 11 Nov 2010 13:22
Message(s) : 359
Localisation : lorraine
c'est un sujet qui m'intéresse également alors je complète avec le peu que que je sais, n'hésitez pas à ajouter vos informations.

Si je me base sur les Confessions de St Augustin, qui est un bon témoignage d'un intellectuel de l'antiquité tardive, il apparaît qu'il y a une réelle soif de livres. Écrit vers 400, on y trouve des éléments sur sa formation puis sur ces enseignements en rhétorique. Cicéron, Virgile, Sénèque sont encore les éléments de base de l'enseignement et Augustin ne discute pas leur utilité. Il ne s'agit pas seulement d'exemples. Il faudrait que je retrouve des détails sur la méthode d’enseignement dont je ne garde que de vagues souvenirs.

Du point de vue de l’idéologie chrétienne en formation, Augustin déclare même qu'il s'intéresse, à 19 ans, aux études de la connaissance suite à la lecture de l'Hortense de Cicéron ; puis à 29 ans c'est grâce à la lecture des philosophes (sans doute Académiciens) qu'il rejette les Manichéens ; pour finir il déclare même que la lecture de platoniciens était un passage obligé pour accéder à la foi chrétienne. Il critique les philosophies anciennes pour leur incomplétude mais ne les rejette pas, au contraires des "hérésies" manichéennes ou ariennes.

Concernant plus particulièrement César, il ne s'agit pas du tout de nostalgie Gallo-romaine. Déjà parce que le moyen âge se sent surtout héritier des romains plutôt que des "barbares" Gaulois. Le style de César était déjà loué par Cicéron, ses écrits faisaient également partie du corpus d'enseignement. Ici : http://www.europeanaregia.eu/fr/manuscrits/paris-bibliotheque-nationale-france-mss-latin-5763/f-1r-112v/fr un exemplaire en parchemin vers 800.

Nous avons donc déjà un ensemble de raisons pour conserver ses écrits : des besoins en quantité et en qualité pour l'enseignement, leur apport dans des domaines spécifiques de la connaissance, leur validation par l'autorité morale.

_________________
Omnia disce, videbis postea nihil esse superfluum


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