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Message Publié : 09 Nov 2016 19:51 
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Grégoire de Tours
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Jerôme a écrit :
en passant Voilà ce que dit Saint Paul, l'auteur favori de Luther :

"Que les femmes se taisent dans les assemblées." (1 Corinthiens 4,34-35).

"Voilà pourquoi la femme doit avoir sur la tête un signe de soumission, à cause des anges "(1 Corinthiens 11,5-10).

Que les femmes "soient soumises à leur mari" comme au Seigneur (Ephésiens 5,21-28).


Là aussi, la remise en contexte me semble importante. Paul a pour objectif d'ouvrir ce qui va devenir le christianisme aux "non Juifs". De plus, il a été fait citoyen romain. Or, il me paraît difficile de dire que le statut de la femme à Rome avait quoi que ce soit d'enviable : quasiment une mineure perpétuelle, dont les tâches sont, presque exclusivement, "mère" ou "fille". Elles n'existent presque qu'au travers des hommes (le meilleur exemple est qu'il n'existe pas de prénom féminin proprement dit à Rome, leur nom se rapporte à leur père).


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Message Publié : 09 Nov 2016 19:59 
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calade a écrit :
Si je reprends le point de départ, il faut corriger cette assertion pour le catholicisme depuis 1970. L'Eglise reconnaît en effet 36 docteurs de l'Eglise parmi lesquels 4 femmes : Thérèse d'Avila (reconnue en 1970), Catherine de Sienne (tertiaire dominicaine donc une laïque),Thérèse de Lisieux, et Hildegarde von Bingen. C'est clairement un mouvement de reconnaissance post Vatican II mais ces femmes ont vécu dans des temps nettement plus anciens
L.

Trois femmes au destin et à la passion religieuse admirables.

_________________
Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 09 Nov 2016 20:01 
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Grégoire de Tours
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Barbetorte a écrit :
Vézère a écrit :
Tout le monde peut baptiser. Une femme. Même un non-croyant, même un Musulman. En cas d'urgence.
Quand il n'y a pas d'urgence, ce sont effectivement les prêtres et les diacres qui baptisent.
Non. Pour baptiser il faut nécessairement être soi-même baptisé.


Non. Aussi surprenant que cela soit, il est possible pour un non chrétien de baptiser quelqu'un. C'est la doctrine "ex opere operato", validée au Concile de Trente : la valeur du baptême ne dépend pas de la qualité de celui qui l'administre mais vient directement de Dieu/Christ lui-même.


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Message Publié : 11 Nov 2016 7:15 
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Polybe
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Jean R a écrit :
Une remarque sur l'intitulé du fil : "religion du Livre" est une dénomination islamique. Ni les chrétiens ni les juifs ne se sont jamais définis comme "du Livre".

A la base, ça vient du fait fait que les premiers Musulmans appelaient les Chrétiens et les Juifs « gens du livre » mais j’avoue n’avoir jamais trop compris pourquoi.
On pourrait débattre pendant longtemps sur la signification de l’expression « religion du livre » et encore plus longtemps sur le bien-fondé de son utilisation pour désigner le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam.
L’Eglise Catholique, en particulier, rejette avec véhémence cette appellation, arguant que le Christianisme est la religion du Verbe incarné de Dieu (Jésus) et non celle d'un livre quelconque.

Pour en venir au sujet lui-même et non à son titre, la question des femmes prêtres ne saurait être réduite à une simple question de misogynie. Il y a des considérations d’ordre théologique qui sonneraient sans doute comme de mauvais prétextes aux oreilles de certains mais qui existent bien.
Lors de l’eucharistie, le prêtre agit in persona Christi, c’est-à-dire qu’il tient le rôle du Christ. Le Christ étant masculin, le prêtre devrait soi-disant nécessairement l’être.
A cela s’ajoute le fait que Jésus n’ait choisi que des hommes pour former le groupe des douze apôtres. Même la Vierge Marie n’est pas l’une des apôtres (ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas d’être plus glorifiée qu’eux).
A une époque, il existait des diaconesses catholiques mais leur rôle était apparemment différent de celui des diacres actuels. Quoiqu’il en soit, l’éventualité de rétablir le système des diaconesses est à l’étude. Si cela se fait, il y aura alors des femmes qui pourront célébrer des baptêmes catholiques de façon courante et non uniquement dans des situations exceptionnelles comme aujourd’hui.

Robert Spierre a écrit :
(et une papesse, Mon Dieu, je n'ose l'imaginer).

Pour l’instant, il ne peut pas y avoir de femme pape car le pape est l’évêque de Rome et un évêque doit nécessairement être prêtre.
Par contre, je me pose une question depuis un moment. Une femme pourrait-elle être cardinal?
Il est possible -ou, tout du moins, il a été possible- d’être cardinal sans être prêtre. Ce bon vieux Mazarin en est la preuve. Si le problème est celui des femmes prêtres mais qu’on peut être cardinal sans être prêtre, pourquoi pas une femme cardinal?
Ce serait un cas de figure intéressant: une femme cardinal pas prêtre.

Barbetorte a écrit :
Les femmes ne votent en France que depuis 1946

Elles l'avaient déjà fait bien avant mais le Parlement de Paris leur a retiré ce droit en 1498.


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Message Publié : 11 Nov 2016 8:03 
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Libre-penseuse a écrit :
Pour en venir au sujet lui-même et non à son titre, la question des femmes prêtres ne saurait être réduite à une simple question de misogynie. Il y a des considérations d’ordre théologique qui sonneraient sans doute comme de mauvais prétextes aux oreilles de certains mais qui existent bien.
Ces conceptions théologiques ne sont que la conséquence de la misogynie de la société.


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Message Publié : 11 Nov 2016 8:55 
Robert Spierre a écrit :
(et une papesse, Mon Dieu, je n'ose l'imaginer).
Ca a pourtant été imaginé, ou au moins fantasmé : https://fr.wikipedia.org/wiki/Papesse_Jeanne :rool:

Au fait, pourquoi y a-t-il des femmes "docteurs de l'Eglise" et non "doctoresses de l'Eglise" ? :mrgreen: (d'une manière générale, la féminisation des mots désignant des fonctions traditionnellement réservées aux homme est dans l'air mais pose de vrais casse-têtes : http://bouquinsblog.blog4ever.com/le-sexe-des-mots-marina-yaguello).


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Message Publié : 11 Nov 2016 9:05 
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Eginhard
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La tendance serait plutôt à écrire docteure si l'on est au Québec et doctoresse en Suisse et en Belgique. En France, cela reste un docteur ! :wink:

_________________
"Denken heisst überschreiten" : Penser signifie faire un pas au-delà. Ernst Bloch (1885-1977)


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Message Publié : 11 Nov 2016 11:06 
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Grégoire de Tours
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Barbetorte a écrit :
Libre-penseuse a écrit :
Pour en venir au sujet lui-même et non à son titre, la question des femmes prêtres ne saurait être réduite à une simple question de misogynie. Il y a des considérations d’ordre théologique qui sonneraient sans doute comme de mauvais prétextes aux oreilles de certains mais qui existent bien.
Ces conceptions théologiques ne sont que la conséquence de la misogynie de la société.


Cela peut, je pense, se discuter. Votre formulation est exacte à la condition qu'une conception théologique donnée soit établie et réfléchie en ayant à l'esprit son impact sur les relations hommes/femmes dans la société. En revanche, si ce concept théologique a été établi et réfléchi dans une autre perspective, le lien de cause à effet "misogynie sociale/théologie" me semble moins avéré.

Or, l'un des arguments est que le prêtre, durant le culte, incarne le Christ. Or, le Christ est, dans la théologie catholique, à la fois Dieu et physiquement homme (un point qui a fait l'objet de pas mal des premiers Conciles) ; et c'est le dogme qui fait de Jésus un homme qui est utilisé aujourd'hui pour justifier qu'une femme ne peut pas être prêtre puisqu'elle n'est pas un homme. Or, même si la misogynie des sociétés des premiers Conciles existait, je ne suis pas convaincu que cette misogynie soit véritablement entrée en ligne de compte lors des réflexions et débats conciliaires ; je pense que les débats portaient essentiellement sur le concept de nature humaine de Jésus, sans forcément y voir le côté sexué de la chose (d'autant que les femmes, dans le christianisme des premiers siècles, occupent une place bien différente de celle qui sera la leur les siècles suivants). A mon sens, je pense que c'est plus tard que l'expression "homme" a été utilisé/exploité dans des sociétés misogynes pour écarter les femmes de la prêtrise. Ainsi, la société misogynie exploite un concept théologique, certes, mais celui-ci ne découle pas de cette misogynie sociale.


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Message Publié : 11 Nov 2016 11:28 
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Dieu est masculin, Jésus est un homme, ses disciples sont tous des homes, les anges, Michel, Gabriel, Raphaël sont masculins. Eve a été tirée de la côte d'Adam et non l'inverse. Les patriarches, les prophètes et les rois sont tous des hommes. Dans les évangiles est exposée l'ascendance de Joseph jusqu'à David et non celle de Marie. Ce n'est pas un hasard. C'est le produit d'une culture où l'homme domine et la théologie s'inscrit dans cette culture.

Mais la société évolue et la théologie, en phase avec la société, évolue aussi. Pie IX en 1864 condamnait le modernisme, les droits de l'homme et la démocratie, théologiquement inacceptables. L'Eglise contemporaine explique théologiquement que les droits de l'homme et la démocratie sont des valeurs chrétiennes. La théologie continuera à s'adapter et les femmes accèderont au sacerdoce, c'est inéluctable. Dans l'église anglicane, c'est déjà fait.


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Message Publié : 11 Nov 2016 14:53 
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Polybe
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Vous prenez les choses à l’envers. A vous lire, il semble que tout ça a été construit artificiellement pour coller à une idéologie misogyne et que c’est maintenu encore par misogynie. Mais, pour un Catholique et même pour un Chrétien en général, tout ça est censé être la Vérité avec un grand V.
Une modification de la théologie est presque à coup sûr considérée comme une hérésie par une partie des fidèles et entraine facilement un schisme. Ainsi, les Catholiques sédévacantistes considèrent que tous les papes depuis Jean XXIII sont des anti-papes. S’il y a des femmes prêtres un jour, ce sera considéré comme une hérésie par une partie des Catholiques. Moins par misogynie que parce que c’est contraire à tout ce qui a été enseigné depuis le début du Catholicisme.

Barbetorte a écrit :
les anges, Michel, Gabriel, Raphaël sont masculins.

Le débat sur le sexe des anges? Sérieusement?


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Message Publié : 11 Nov 2016 15:46 
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Grégoire de Tours
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LibiusPerseus a écrit :
Vous prenez les choses à l’envers. A vous lire, il semble que tout ça a été construit artificiellement pour coller à une idéologie misogyne et que c’est maintenu encore par misogynie. Mais, pour un Catholique et même pour un Chrétien en général, tout ça est censé être la Vérité avec un grand V.
Une modification de la théologie est presque à coup sûr considérée comme une hérésie par une partie des fidèles et entraine facilement un schisme. Ainsi, les Catholiques sédévacantistes considèrent que tous les papes depuis Jean XXIII sont des anti-papes. S’il y a des femmes prêtres un jour, ce sera considéré comme une hérésie par une partie des Catholiques. Moins par misogynie que parce que c’est contraire à tout ce qui a été enseigné depuis le début du Catholicisme.

Barbetorte a écrit :
les anges, Michel, Gabriel, Raphaël sont masculins.

Le débat sur le sexe des anges? Sérieusement?


On peut aussi souligner que "Eve sortie de la côte d'Adam" a donné/donne encore lieu à des controverses exégétiques liés à la traduction du terme utilisé dans la Bible hébraïque (sela) qui, s'il peut effectivement signifier, "côte" a plus souvent le sens de "côté, flanc" (et, avec cette acception, vient l'idée d'un Adam originellement androgyne, qui serait devenu deux - homme et femme - lors de la création d'Eve) ; la notion de "côte" vient donc bien après et est, là, clairement motivé par la misogynie visant à faire d'Eve l'inférieure d'Adam. Mais c'est bien la société misogynie qui interprète à sa convenance l'idée théologique de base, qui est beaucoup moins misogyne dans son fondement : séparer en un homme et une femme un être androgyne n'implique aucune subordination de l'un à l'autre.

Par ailleurs, si le lien "société misogyne" et "théologie façonnée par la misogynie" était aussi incontestable que cela, alors la société japonaise ne devrait pas présenter la misogynie qui est la sienne (puisque, au-delà du couple créateur, la divinité la plus importante est Amaterasu, déesse du soleil et ancêtre de la famille impériale). Or, je pense que tout le monde constatera avec moi que la position privilégiée d'une déesse dans le culte shinto n'a absolument pas conduit à une société égalitaire au Japon.


Dernière édition par ThierryM le 11 Nov 2016 15:55, édité 1 fois.

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Message Publié : 11 Nov 2016 15:49 
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Jean Froissart
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Ce n’est vraiment pas ma spécialité, mais je n’ai pas l’impression que le qualificatif de « misogynie » soit approprié ?
La discrimination dans les rôles et les fonctions ne signifie pas la misogynie : qui éprouve du mépris, voire de la haine, pour les femmes ; qui témoigne de ce mépris.

Remarques ou questions :
- A ma connaissance on pourrait avoir de la discrimination dans les préceptes mais pas de misogynie, de haine et du mépris envers les femmes ?
- La sainte Marie-Madeleine était une ancienne prostituée repentie devenue sacrée ?
- Officiellement la liturgie ne fait pas de discrimination pour les enfants de cœur qui servent la messe, dans les faits les filles sont plus ou moins écartées ?
- Le diable ne serait que masculin, une diablesse ne relève pas du vocabulaire religieux. Le démon est aussi masculin ?

La discrimination et non la misogynie dans l’église serait plus ou moins à l’image de celle dans la société.
On peut tout aussi constater qu'un animal n'est pas l'égal de l'homme, cela n'implique pas de la haine et le mépris envers les animaux. Haine et mépris sont des mots assez forts proches de la nocivité à neutraliser.


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Message Publié : 11 Nov 2016 20:37 
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LibiusPerseus a écrit :
Vous prenez les choses à l’envers. A vous lire, il semble que tout ça a été construit artificiellement pour coller à une idéologie misogyne et que c’est maintenu encore par misogynie.
C'est vous plutôt qui prenez les choses à l'envers. La construction n'est pas artificielle mais au contraire tout à fait naturelle dans le contexte de l'époque. Dans la société juive patriarcale, après Abraham, Moïse et David, le Messie ne pouvait être féminin et les apôtres ne pouvaient être que des hommes. Il ne s'agit pas à proprement parler de misogynie, Kurnos a parfaitement raison sur ce point, mais de prédominance masculine. Celle-ci se maintient dans les institutions religieuses, non par misogynie mais par inertie.

LibiusPerseus a écrit :
Une modification de la théologie est presque à coup sûr considérée comme une hérésie par une partie des fidèles et entraine facilement un schisme. Ainsi, les Catholiques sédévacantistes considèrent que tous les papes depuis Jean XXIII sont des anti-papes. S’il y a des femmes prêtres un jour, ce sera considéré comme une hérésie par une partie des Catholiques. Moins par misogynie que parce que c’est contraire à tout ce qui a été enseigné depuis le début du Catholicisme.
S'il doit y avoir un schisme, ce ne sera pas le premier et il y d'autres facteurs de discorde que le sacerdoce des femmes. L'infaillibilité pontificale en est une et c'est une hérésie pour les églises de tradition grecque, les Coptes, les Abyssins, les Anglicans et les Vieux Catholiques. Sur la place de la femme dans l'Eglise, les Anglicans et les Vieux Catholiques ont sauté le pas de leur ordination. Ce qui reste impossible à Rome est devenu possible à Canterbury.

LibiusPerseus a écrit :
Le débat sur le sexe des anges? Sérieusement?
On ne peut sérieusement nier que les archanges dont la bible a donné une identité sont tous masculins.

LibiusPerseus a écrit :
Par ailleurs, si le lien "société misogyne" et "théologie façonnée par la misogynie" était aussi incontestable que cela, alors la société japonaise ne devrait pas présenter la misogynie qui est la sienne (puisque, au-delà du couple créateur, la divinité la plus importante est Amaterasu, déesse du soleil et ancêtre de la famille impériale). Or, je pense que tout le monde constatera avec moi que la position privilégiée d'une déesse dans le culte shinto n'a absolument pas conduit à une société égalitaire au Japon.
Amaterasu est au Japon ce qu'Athéna est à la cité d'Athènes. Ce sont des personnages de deux Panthéon qui n'ont l'un et l'autre aucun rapport avec le dieu unique d'Israël. Amaterasu n'est qu'une entité féminine parmi bien d'autres kami mâles, femelles ou de sexe indéterminé. Son descendant humain, le premier empereur Jinmu Tennô, lui, duos habet et bene pendentes.

Kurnos a écrit :
je n’ai pas l’impression que le qualificatif de « misogynie » soit approprié ?
Je suis entièrement d'accord avec vous, il n'est pas du tout approprié.
Kurnos a écrit :
Officiellement la liturgie ne fait pas de discrimination pour les enfants de cœur qui servent la messe, dans les faits les filles sont plus ou moins écartées ?
Aujourd'hui, les enfants de choeur sont aussi bien filles que garçons, mais c'est récent. Pendant très longtemps l'accès au choeur a été interdit aux femmes. C'est pourquoi, en Italie, afin de disposer de voix féminines dans le choeur, a-t-on eu recours à la castration de jeunes garçons jusqu'au milieu du 19e siècle.


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Message Publié : 13 Nov 2016 1:41 
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Polybe
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ThierryM a écrit :
On peut aussi souligner que "Eve sortie de la côte d'Adam" a donné/donne encore lieu à des controverses exégétiques liés à la traduction du terme utilisé dans la Bible hébraïque (sela) qui, s'il peut effectivement signifier, "côte" a plus souvent le sens de "côté, flanc" (et, avec cette acception, vient l'idée d'un Adam originellement androgyne, qui serait devenu deux - homme et femme - lors de la création d'Eve) ; la notion de "côte" vient donc bien après et est, là, clairement motivé par la misogynie visant à faire d'Eve l'inférieure d'Adam. Mais c'est bien la société misogynie qui interprète à sa convenance l'idée théologique de base, qui est beaucoup moins misogyne dans son fondement : séparer en un homme et une femme un être androgyne n'implique aucune subordination de l'un à l'autre.
C'est une interprétation intéressante mais elle m'a l'air difficilement compatible avec l'histoire de Lilith.

Kurnos a écrit :
- La sainte Marie-Madeleine était une ancienne prostituée repentie devenue sacrée ?
Vaste débat.
Marie de Magdala (l’appellation « Marie-Madeleine » n’est qu’une déformation de « Marie, la Magdaléenne » ) est un personnage assez mystérieux sur lequel on a dit tout et son contraire.
Apparemment, c’est le pape Grégoire Ier qui a, en quelque sorte, lancé l’idée que Marie de Magdala, Marie de Béthanie et la pécheresse repentie seraient une seule et même personne.
Contrairement à ce qu’on dit souvent, il ne l’a pas vraiment affirmé: il a dit « Nous croyons que » (traduit du latin j’imagine mais ça m'étonnerait qu’un traducteur ait rajouté ça juste pour s’amuser).
On pourrait discuter longuement du traitement à travers les siècles du personnage de Marie de Magdala. Aujourd’hui, une idée très en vogue serait qu’elle aurait été l’épouse de Jésus et que l’Eglise aurait caché ce fait à cause d’un soi-disant conflit entre elle et Saint Pierre.
Il existe aussi une théorie beaucoup moins connue comme quoi elle serait la Vierge Marie en personne, donc la mère de Jésus. Il existerait une tradition syriaque disant cela mais je ne sais pas si c'est vrai.
Entre toutes ces Marie, dur de s’y retrouver.

Barbetorte a écrit :
C'est vous plutôt qui prenez les choses à l'envers. La construction n'est pas artificielle mais au contraire tout à fait naturelle dans le contexte de l'époque.
Vous semblez réduire la théologie à bien peu de choses. La théologie n’est pas une bête transcription des tendances sociales d’une époque donnée.
Derrière, il y a des hommes et des femmes (oui, des femmes) qui ont réfléchi aux conséquences que tel ou tel point pouvait avoir sur le plan religieux et non simplement social.
Dans le cas des femmes prêtres, s’il existe des arguments théologiques qui s’y opposent, c’est bien que quelqu’un s’est posé la question à un moment où c’était envisageable et envisagé.
Les arguments théologiques en question ont été exposés dans la déclaration Inter Insigniores de la congrégation pour la doctrine de la foi en 1976.
Si on résume énormément, la raison est que Jésus était un homme, chose qui n'a pas grand chose à voir avec un contexte quelconque.

Barbetorte a écrit :
S'il doit y avoir un schisme, ce ne sera pas le premier et il y d'autres facteurs de discorde que le sacerdoce des femmes. L'infaillibilité pontificale en est une et c'est une hérésie pour les églises de tradition grecque, les Coptes, les Abyssins, les Anglicans et les Vieux Catholiques.
C'est tout à fait exact.

Barbetorte a écrit :
Sur la place de la femme dans l'Eglise, les Anglicans et les Vieux Catholiques ont sauté le pas de leur ordination. Ce qui reste impossible à Rome est devenu possible à Canterbury.
Vous savez, ce n’est pas une grande nouvelle qu’il y a des différences entre les courants religieux.
D'ailleurs, la question n'est pas la place de la Femme dans l'Eglise (ça n'a rien à voir avec de la théologie) mais la doctrine de l’action in persona Christi lors de l’eucharistie.
Est-ce que les Anglicans et les Vieux-Catholiques y croient? Si oui, il serait intéressant de savoir comment ils justifient le fait d'avoir des femmes prêtres. Si non, alors c'est parfaitement logique.

Barbetorte a écrit :
On ne peut sérieusement nier que les archanges dont la bible a donné une identité sont tous masculins.
Si j’ai évoqué le débat sur le sexe des anges, c’était surtout pour faire un trait d’humour.
Il n’empêche que c’est bien là que nous en sommes. Et, si, il a été (est?) nié que les archanges identifiés dans la Bible soient masculins. Ce qui est indiscutable, c’est qu’ils ont des noms masculins et qu’on les représente traditionnellement comme étant d’aspect masculin.


Je m’aperçois que mon idée de femme cardinal pas prêtre n’a pas l’air d’inspirer grand monde.
Est-ce que quelqu’un sait si c’est théoriquement possible selon les dogmes et règles actuels de l’Eglise catholique? Théoriquement, hein… Je me doute bien que ça n’arrivera pas demain matin. Déjà que le cas Mazarin était une incongruité qui choquait ses contemporains…


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Message Publié : 13 Nov 2016 11:32 
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LibiusPerseus a écrit :
D'ailleurs, la question n'est pas la place de la Femme dans l'Eglise (ça n'a rien à voir avec de la théologie) mais la doctrine de l’action in persona Christi lors de l’eucharistie.
Est-ce que les Anglicans et les Vieux-Catholiques y croient? Si oui, il serait intéressant de savoir comment ils justifient le fait d'avoir des femmes prêtres. Si non, alors c'est parfaitement logique.
J'ai du mal à vous suivre. La doctrine de l’action in persona Christi lors de l’eucharistie conditionne la place de la femme dans l'Eglise. Les Anglicans et les Vieux-Catholiques y croient. C'est ce qui différencie les Anglicans des Protestants même si les églises anglicanes ont été assez fortement influencées par la Réforme de Luther. A l'origine, les divergences entre l'église anglicane et les Vieux Catholiques d'une part et l'église romaine d'autre part ne portent que sur l'autorité du pape. Ce qui est également très important est la succession apostolique. Elle ne fait aucun doute pour les Vieux Catholiques, tout au moins tant que des femmes n'accèdent pas à l'épiscopat. Les Anglicans affirment l'avoir conservée et le patriarcat de Constantinople en reconnaît la validité mais l'église romaine ne la leur reconnaît pas, pour des raisons que j'ignore, quoique ce ne soit pas très clair, le concile Vatican II ayant reconnu une continuité de la tradition chez les Anglicans. Dans les églises issues de la Réforme, il ne saurait y avoir de succession apostolique puisque, dans ces églises, il n'y a plus d'ordination sacerdotale.

LibiusPerseus a écrit :
Je m’aperçois que mon idée de femme cardinal pas prêtre n’a pas l’air d’inspirer grand monde.
Est-ce que quelqu’un sait si c’est théoriquement possible selon les dogmes et règles actuels de l’Eglise catholique? Théoriquement, hein… Je me doute bien que ça n’arrivera pas demain matin. Déjà que le cas Mazarin était une incongruité qui choquait ses contemporains…
En pratique, impossible, en théorie peut-être. Le cardinalat n'est qu'une fonction administrative ou un titre honorifique. A l'origine, il y avait des cardinaux diacres. Les diacres sont des clercs, par opposition aux laïcs, mais sans plus de capacité sacramentelle que les laïcs. Il y a même eu des diaconesses et l'église romaine s'interroge sur la possibilité d'en ordonner à nouveau. On pourrait donc peut-être imaginer des diaconesses cardinales. Cependant il semble que les fonctions des diacres et des diaconesses étaient nettement distinctes. Le même mot pourrait désigner deux réalités assez différentes.

Actuellement on distingue toujours trois degrés dans le cardinalat : cardinaux-diacres, cardinaux-prêtres et cardinaux-évêques. Mais tous les cardinaux ont au moins été ordonnés prêtres et la plupart, si ce n'est tous, sont en fait évêques. Jean-Paul II avait nommé cardinal le père Congar peu avant sa mort. C'était à titre purement honorifique et de telles nominations sont exceptionnelles.


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