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Message Publié : 14 Fév 2016 18:13 
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Thucydide
Thucydide

Inscription : 07 Nov 2014 9:40
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Bonjour,

Je travaille en ce moment sur un article de Gérard Noiriel qui porte sur la mémoire collective et le métier d'historien. Voici l'article en question :

Citer :
LES ENJEUX DE LA MÉMOIRE COLLECTIVE
Il faut bien voir, d’ailleurs, que tout pousse l’historien, même le plus aguerri, à accentuer la « visibilité sociale » de ceux-là mêmes qui, au sein des classes populaires, sont en position de force. Par exemple, toutes les méthodes qu’on nous présente aujourd’hui comme le fin du fin de la recherche – et qui ont effectivement leur intérêt – comme l’archéologie industrielle, la collecte ethnographique de documents, etc., contribuent à focaliser l’attention sur ceux qui laissent des traces, qui écrivent (d’où l’hypertrophie de l’histoire du mouvement ouvrier dont les archives remplissent les commissariats de police), qui sont enracinés dans un espace, souvent dans leur maison, qui physiquement même sont là pour témoigner. Mais quelle que soit l’époque, ils ne forment jamais qu’une partie du monde ouvrier et, en prenant la partie pour le tout, l’historien contribue à renforcer l’ignorance sur ceux qui n’ont pas laissé de traces, qui n’ont fait que passer, n’ayant eu ni maison, ni famille, ni syndicat. […]

On voit [dès lors] tous les risques que l’on court (du point de vue scientifique, s’entend) à exhiber la « mémoire collective ». Personne n’a jamais dit jusqu’à présent ce que signifiait réellement ce terme dans un pays comme la France où environ 40% de la population a des racines étrangères à la première, deuxième ou troisième génération. La majorité des sidérurgistes ayant manifesté à Paris en 1979 comme en 1984, même ceux qui défilaient derrière la croix de Lorraine, étaient fils ou petits-fils d’immigrés, voire immigrés eux-mêmes. Mais tous les journalistes ont parlé à l’unisson de « sidérurgistes lorrains ». On voit que le vocabulaire que l’on emploie tous les jours, comme la trace écrite ou bâtie, peut être un obstacle supplémentaire pour saisir la réalité des mots comme « racines » ou « mémoire collective ».

Ce n’est pas pour autant que le terme est à rayer du vocabulaire. Si, au lieu d’une évidence, on en fait un problème, la « mémoire collective » peut aider à comprendre des éléments essentiels de l'histoire sociale. En partant de l’opposition entre histoire vécue et histoire apprise, Maurice Halbwachs, par exemple, montre que toute mémoire individuelle est en même temps mémoire sociale, qu’elle est produite, aménagée, voire reproduite dans le cadre d’un groupe social qu’elle contribue à structurer et qui meurt avec elle. L’espace physique, les lieux où s’ancrent les souvenirs, jouent un rôle essentiel dans la conservation de cette mémoire de groupe. A partir de là, on peut montrer au niveau local comment, au sein même du monde ouvrier, la fabrication d’une « mémoire collective » à partir d’événements ayant profondément marqué ses membres (guerre, grande grève…) peut structurer un groupe qui, grâce à son enracinement, grâce aux organisations qu’il se donne, aux signes de reconnaissance qu’il fabrique, peut conquérir une position hégémonique et faire passer ses valeurs, ses intérêts, sa « mémoire collective » comme des signes d’identité collective valant pour l’ensemble des ouvriers de la région.

La « mémoire collective » est donc un enjeu. Au lieu de l’ignorer en se drapant dans le silence hautain de celui à qui on ne la fait pas, il faut prendre ceux qui s’en réclament au mot. On peut ainsi démontrer les stratégies de consensus qui le plus souvent sont à l’œuvre. Mais si le travail scientifique consiste souvent à mettre des portes là où d’autres construisent des ponts, à l’inverse, il n’exclut pas de faire des ponts là où l’on s’acharne à blinder les portes.
Gérard Noiriel, « Le pont et la porte. Les enjeux de la mémoire collective »,
Traverses, n° 36, janvier 1986, p. 98-102


Je dois faire une introduction et un plan pour le commentaire de cet article. Je souhaiterai savoir si vous trouvez pertinent de faire deux grandes parties comme I) L'historien face à la mémoire collective. Dans cette partie je fais une brève allusion aux travaux pionniers de Maurice Halbwachs, je montre que la mémoire collective est un objet de recherche pour les historiens mais que cet objet de recherche présente des limites du fait de ce que l'auteur nomme "la visibilité sociale", c'est à dire que les traces posent problème car elles ne concernent qu'une seule partie d'un groupe, l'on aura donc tendance à regrouper tout le monde, on contribue ainsi à ignorer ceux qui n'ont pas laissé de traces. J’enchaîne donc sur les limites que cela représente : d'une part l'on aura tendance à ne considérer qu'une petite partie du groupe (dans le cas présent il s'agit des classes populaires) et certains seront plus "visibles" que d'autres. Ensuite les mots, le vocabulaire pose lui aussi problème comme le montre l'auteur. Un II) ou je montre que malgré cela la mémoire collective présente des enjeux et permet à l'historien de mettre en lumière des "fabrications" d'une mémoire collective par des lieux, des événements, ... : cela sert à la structuration du groupe. Enfin, je montre que la mémoire est un enjeu, aussi bien pour les historiens que pour les groupes en question, par exemple.
Je ne suis vraiment pas sur de cela, je dois avouer que le texte, pourtant simple, me semble par bien des aspects complexe à appréhender, je ne comprend par la dernière phrase de cet article surtout, quelqu'un pour me donner son avis et m'expliquer ?

Merci par avance,

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