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 Sujet du message : Sénat romain après 476
Message Publié : 02 Jan 2018 16:49 
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Plutarque
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Bonjour,

Que sont devenus les Sénateurs Romains après 476 ? Même question concernant les autres magistrats ? Ont ils fui la Ville où se sont ils mis à la disposition de l'envahisseur en s'adaptant aux nouvelles lois. ?


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 Sujet du message : Re: Senat romain après 476
Message Publié : 02 Jan 2018 19:52 
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Jean-Pierre Vernant
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La plupart des membres de l'ordre sénatorial vont former les cadres civils des futurs administrations des royaumes dits barbares. Ils ont plutôt eu tendance à quitter les zones les plus exposées aux guerres comme le Nord de la Gaule mais globalement ils se maintiennent à des postes de direction. Dans l'Eglise également ils demeurent très nombreux.

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Scribant reliqua potiores, aetate doctrinisque florentes. quos id, si libuerit, adgressuros, procudere linguas ad maiores moneo stilos. Amm. XXXI, 16, 9.


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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 02 Jan 2018 20:47 
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Thucydide
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Que ce soit dans l'armée ou l'administration, les hommes ont souvent su s'adapter à la situation, changeant d'allégeance selon le besoin ! On le voit dès le IVe siècle et très clairement au Ve ! Donc 476 n'est qu'une simple "formalité", la plupart des magistrats, surtout dans les provinces, étant déjà sous les ordres des barbares.
C'est aussi un moyen pour les "envahisseurs" de se concilier l'aristocratie locale ! ;)

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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 02 Jan 2018 23:12 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

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Il s'agit d'une question complexe. Les réformes de Constantin avaient profondément renouvelés la composition du Sénat. Aux sénateurs titulaires siégeant à Rome, s'étaient ajoutés les membres du Sénat créé à Constantinople, auxquels il fallait ajouter des sénateurs honorifiques (provinciaux pour la plus part). Il faut croire que ces différents types de sénateurs transmettent cette qualité à leurs descendants, d'où la multiplicité des situations. Si des lignages anciens s'y étaient maintenus, les hommes nouveaux y étaient les plus nombreux, comprenant des Orientaux, des généraux (membres de droit) souvent d'origine germaniques, mais peu présents dans la ville éternelle, enfin des bureaucrates (les plus nombreux).

L'historiographie a été renouvelée ces dernières années. Certains considérant que la fin de l'Empire d'Occident s'accompagna de purges sanglantes et de l'anéantissement biologique des sénateurs, d'autres relativisant ce tableau. Les travaux prosopographiques récents, fondés sur le réexamen des données épigraphiques et scripturaires et l'étude des institutions de l'Antiquité tardive permettent d'avoir une vision plus fine du devenir du Sénat après 476.

Avec la déposition de Romulus Augustulus, rien ne change vraiment. Les sénateurs provinciaux sont de plus en plus marginalisés, mais l'activité à Rome se maintien. En Gaule, en Espagne ou en Afrique, des sénateurs vont se mettre au service des royautés barbares, sans que l'on sache toujours s'il s'agit de sénateurs honorifiques (ou descendants de sénateurs honorifiques ou d'anciens (ou descendants) de sénateurs de Rome. Le maintien de l'usage des anciennes classes honorifiques : clarissimes, spectabiles et illustres laisse entendre qu'un cursus honorum sénatorial fonctionne toujours. Les gradins du Colisée recevant les sénateurs sont même refait sous d'Odoacre, nous faisant connaître une partie de ses titulaires. Toutefois, on suppose qu'une part croissante du corps des sénateurs sont à Ravennes ou bien à Milan.

L'installation des Ostrogoths en Italie à partir de 489 va marquer profondément le Sénat. Si le ralliement est massif, des purges vont avoir lieu, comme l'illustre les exécutions de Boèce et de Symmaque en 524. La reconquête de l'Italie par les armées de Justinien, comprenant des opérations militaires à Rome vont provoquer la fuite des sénateurs, vers Naples, Ravennes, la Sicile ou Byzance. Des gouverneurs byzantins portant des noms sénatoriaux, comme Boèce ou Gennadius, attestés jusque vers l'an 600, sont peut être les descendants des sénateurs de la première moitié du VIe siècle passés au service de la nouvelle Rome. A Byzance, Procope de Césarée atteste que des sénateurs locaux épousent des filles de sénateurs italiens, dont ils convoitent les richesses. L'adoption d'un mode de vie plus en accord avec les enseignements chrétiens, notamment l'adoption de l'abstinence sexuelle, accompagné de dons à l'Église va également réduire le dynamisme démographique et économique des derniers sénateurs.

A Rome, plusieurs papes des VIe-VIIe siècles sont donnés comme étant d'origine noble (des fils de consuls, de ducs), donc sans doute pour une partie des membres du Sénat. Mais les occurrences en forte baisse atteste du fort déclin de l'institution. Grégoire le Grand signale encore un grand nombre de sénateurs et de sénatrices. Mais cette noblesse est concurrencée par l'apparition d'une nouvelle aristocratie militaire composée d'Orientaux ou de Barbares au service de Byzance, ou de Lombards, qui fait main basse sur le patrimoine foncier aristocratique.

Au VIIe siècle, les missions du Sénat n'existent pour ainsi dire plus, hormis la bureaucratie de l'exarquat d'Italie, le mode de vie sénatorial (possession de palais, de domaines, vie intellectuelle, détention de richesses mobilière) disparaît. A Rome, le Sénat est transformé en église. Les descendants des derniers sénateurs ne sont plus qu'une composante des élites d'Italie ou de Sicile.

La Gaule, grâce à la richesse de sa documentation, permet de voir les descendants de cette aristocratie sénatoriale se mettre au service des souverains burgondes, puis francs. Des sénateurs sont couramment attestés dans les sources, sans que l'on sache toujours s'il s'agit de descendants de sénateurs romains, de sénateurs honorifiques ou de curiales, mais géographiquement ces individus se concentrent dans le Midi de la Gaule (Aquitaine, Burgondie, Provence). A partir de noms caractéristiques, de l'exercice de dignités publiques, nous sommes en mesure de suivre ces familles jusqu'au début du VIIIe siècle. Cette aristocratie finit par fusionner avec le reste des élites mérovingiennes pour donner l'aristocratie pré-féodale.


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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 03 Jan 2018 11:44 
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Plutarque
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Bonjour,

Un grand merci pour vos réponses qui m'ont vraiment éclairées sur cette question.


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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 03 Jan 2018 20:26 
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Grégoire de Tours
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Pour préciser, la dernière séance du Sénat romain se tint en 603 et le bâtiment fut transformé en église (saint Hadrien) en 625.

Concernant la situation des sénateurs en Italie, la majorité de ceux-ci, avant l'arrivée des Lombards, se trouvait à Rome et surtout à Ravenne, grand pôle de la civilisation romaine qui perdure.
Quant aux autres, les Lombards vont les éliminer physiquement et institutionnellement, soit par l'exil, soit par la mise à mort d'une centaine. Une poignée de sénateurs va néanmoins réussir à intégrer l'aristocratie lombarde pour survivre, seule façon pour s'en sortir (les nobles goths utiliseront la même solution). Cette nouvelle aristocratie sera ainsi complètement coupée de ses racines romaines, ainsi que de l'aristocratie romaine restante dans les zones conservées par l'Empire Romain d'Orient (mais cette dernière va d'également quitter l'Italie pour s'installer en Sicile ou à Constantinople).
A la différence de la situation en Gaule, les familles sénatoriales italiennes n'ont pas voulu ou pas pu placer leur fortune (et leur devenir politique) dans la fonction épiscopale, fonction très vite prise par les Lombards d'ailleurs.

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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 03 Jan 2018 21:49 
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Thucydide
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Ah tiens, un voisin !! Merci pour tes lumières, honorable Vellave !

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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 04 Jan 2018 18:21 
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Grégoire de Tours
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Asklepiades a écrit :
Ah tiens, un voisin !! honorable Vellave !


:P

Adiussatz!

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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 04 Jan 2018 19:13 
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Plutarque
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Merci Vellacius pour votre réponse. Pouvez vous m'en donner quelques exemples s'il vous plait (ou articles, revues ou autre qui traitent de ce sujet).
Merci et bonne soirée


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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 04 Jan 2018 21:00 
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Grégoire de Tours
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meknes56 a écrit :
Merci Vellacius pour votre réponse. Pouvez vous m'en donner quelques exemples s'il vous plait (ou articles, revues ou autre qui traitent de ce sujet).
Merci et bonne soirée


Malheureusement, pas mieux, je vous ai livré mes notes de cours de prépa CAPES... il faudrait se replonger dans la biblio de l'époque sur les sociétés en Europe (mi VI° - fin IX°)...

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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 04 Jan 2018 23:26 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 05 Sep 2010 13:22
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Localisation : Belsa
La question n'a pas fait l'objet de travaux de synthèse spécifiques récents. On peut citer :
André CHASTAGNOL, Le Sénat sous le règne d’Odoacre. Recherche sur l’épigraphie du Colisée au Ve siècle, Bonn, 1966, à corriger par Silvia ORLANDIS, Epigrafia anfiteatrale dell’Occidente Romano. VI Roma. Anfiteatri e strutture annesse con una nuova edizione e commento delle iscrizioni del Colosseo, Rome, 2004.
Thomas S. BROWN, Gentlemen and Officiers. Imperial Administration and Aristocratic Power in Byzantine Italy A. D. 554-800, Rome, 1984. Un chapitre d'André CHASTAGNOL, Le Sénat romain à l’époque impériale, Paris, 1992, traite du sujet.
On trouve des illustrations dans Christian SETTIPANI, Continuité gentilice et continuité familiale dans les familles sénatoriales romaines à l’époque impériales. Mythe et réalité, Oxford, 2000, ainsi que dans Chris Wickham, Framing the Early Middle Ages : Europe and the Mediterranean 400–800, Oxford, 2005. A l'échelle d'une micro-région : Ghislaine NOYE, « Anéantissement et renaissance des élites dans le sud de l'Italie », Les élites au haut Moyen Âge. Crises et renouvellements, Turnhout, 2006, p.167-205.

On a sans doute tort de limiter l'aristocratie sénatoriale aux seuls membres représentant des grandes familles. Le Sénat regroupe trois catégories d'individus, inégalement réparties et illustrées : les latifundistes vivant sur leurs domaines ; les officiers militaires, mêlant porteurs de noms gréco-romains et germaniques, certains se disant dux, consul ou magister militum ; enfin les bureaucrates (juristes, administrateurs, agents de la chancellerie).


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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 05 Jan 2018 13:52 
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Jean Mabillon
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Inscription : 07 Sep 2008 15:55
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Vellavius a écrit :
Pour préciser, la dernière séance du Sénat romain se tint en 603 et le bâtiment fut transformé en église (saint Hadrien) en 625.
.


Un détail je ne suis pas certain que 603 soit la date fiable de la dernière séance. Il me semble plutôt qu il s'agit de la dernière mention de l'institution dans un texte contemporain (en l'occurrence un sermon du pape Saint Grégoire le grand) qui doit dire "où est le sénat ?" (Sous entendu : il a disparu).

Je crois que la plupart des curies des cités occidentales ont disparu au début du Ve siècle et que le phénomène a touché l'Orient un peu plus tard ...mais enfin la disparition du sénat de Rome est sans lien direct avec la chute de L'empire en Occident mais reflète plus l'évanouissement progressif des institutions et assemblées antiques ...de sorte que les évêques passèrent rapidement du statut d'institutions nouvelles à la fin de l'empire en institutions anciennes au début du moyen âge ...

Un détail : le sénat est autant (et peut être même plus) un groupe socio professionnel qu'une assemblée politique. L'empereur (et ses successeurs barbares) n'avait guère besoin du sénat pour gouverner et les sénateurs n'avaient pas besoin de se réunir pour être sénateurs ...rien à voir avec le sénat de la Ve République. La chambre des Lords pourrait fournir une comparaison plus pertinente (avec des réserves toutefois)...

J'ignore les circonstances de la disparition du sénat de Constantinople mais je ne crois pas qu il ait encore existé en 1204...à vérifier ...


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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 05 Jan 2018 19:44 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 15 Juin 2008 18:11
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Aigle a écrit :
Vellavius a écrit :
Pour préciser, la dernière séance du Sénat romain se tint en 603 et le bâtiment fut transformé en église (saint Hadrien) en 625.
.


Je crois que la plupart des curies des cités occidentales ont disparu au début du Ve siècle et que le phénomène a touché l'Orient un peu plus tard ...

Un détail : le sénat est autant (et peut être même plus) un groupe socio professionnel qu'une assemblée politique.

J'ignore les circonstances de la disparition du sénat de Constantinople mais je ne crois pas qu il ait encore existé en 1204...à vérifier ...


Entièrement d'accord concernant la bivalence du terme de sénat.

La fin des curies orientales (en droit) se situe entre la fin du IX° et le début du X° siècle. La fin du sénat de Constantinople, en tant qu'assemblée évidemment, serait contemporaine.
Celles de l'Occident continuent de fonctionner aux V° et VI° et semblent disparaître au VII°.

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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 06 Jan 2018 10:52 
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Grégoire de Tours
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Localisation : Belsa
Vellavius a écrit :
La fin des curies orientales (en droit) se situe entre la fin du IX° et le début du X° siècle. La fin du sénat de Constantinople, en tant qu'assemblée évidemment, serait contemporaine.
Celles de l'Occident continuent de fonctionner aux V° et VI° et semblent disparaître au VII°.


En Gaule, les curies fonctionnent pour certaines jusqu'à une date avancée, comme nous savons grâce aux particuliers qui y insinuent des actes privés parfois jusqu'au début du IXe siècle, comme l'a montré le mémoire d'habilitation de Josiane BARBIER, Archives oubliés du haut Moyen Âge. Les gesta municipalia en Gaule franque (VIe-IXe siècle), Paris, 2014, comme à Orléans en 640, à Poitiers en 678, à Autun 722, à Troyes en 753, enfin à Angers en 804, avec dans ces cités des mentions de defensores civitatis, de curatores, de scribes municipaux, etc... Ces instances administratives (concurrencées par l'action des évêques), et juridiques, dont les membres sont certainement les senatores de nos sources, sont définitivement remplacés par les réformes de Charlemagne qui associent à l'action du comte les scabinii recrutés localement.

S'agissant d'exemple de carrière sénatoriale après 476, prenons le cas exceptionnel de l'Italien Petrus Marcellinus Felix Liberius reconstitué par Bruno DUMÉZIL, « Le patrice Liberius : développement et redéploiement d'un réseau dans la première moitié du VIe siècle », Échanges, communications et réseaux dans le haut Moyen Âge, 2011, p.27-44.
Il naît vers 465, resté fidèle à Odoacre, Théodoric le nomme préfet du Prétoire d'Italie (493-500), puis patrice en 500, vers 508, il est nommé préfet du Prétoire des Gaules (de facto de Provence uniquement), en 533, il est nommé patricius praesentalis et l'année suivante il est envoyé en ambassade à Constantinople. Vers 538, Justinien le nomme préfet augustal d'Égypte. En 549, il le nomme commandant des armées d'Occident, en 552 il commande l'expédition en Espagne. Il s'éteint presque nonagénaire à Rimini vers 555.


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 Sujet du message : Re: Sénat romain après 476
Message Publié : 06 Jan 2018 18:57 
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Grégoire de Tours
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Localisation : Civitas vellavorum
Merci pour ces informations et ces références sourcées :wink:

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