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Message Publié : 28 Avr 2015 11:51 
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Salluste
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Yannick LE PAPE a écrit :
Changement de lieu, mais aussi d'époque et de point de vue, car c'est uniquement la présence de la figure de Cléopâtre dans les arts visuels à partir de la Renaissance qui est dès lors abordée. La Cléopâtre de Lavinia Fontana peint en 1585, toute de rouge vêtue, inaugure une déambulation qui fait immédiatement une large place aux différentes interprétations du suicide de Cléopâtre, dont la dramatique version signée Aschille Glisenti en 1878-1879. Une toile de Pompeo Batoni ( Cléopâtre montrant à Octave le buste de César, vers 1755) et une série d'éventails des XVIIIe, XIXe, et même XXe siècles (qui pouvaient eux mêmes s'inspirer de la peinture pompier) montrent cependant que d'autres moments de la vie furent abordés par les artistes. Avec la Cléopâtre de Mosè Bianchi, une huile sur toile de 1865, on comprend aussi que l'intérêt pour le nu féminin primait parfois sur l'évocation de l'Antiquité égyptienne. Dans le domaine du théâtre, de l'opéra et du cinéma, la figure de Cléopâtre stimula surtout l'imagination des créateurs de costumes, parmi lesquels Léon Bakst en 1909, pour une chorégraphie montée au théâtre du Châtelet, ou William Orlandi près de quatre-vingt ans plus tard, en 1985, pour son adaptation du Jules César de Haendel. Incontournable: le manteau porté par Elizabeth Taylor en 1963, lors du tournage de Mankiewicz, une pièce en tissus lamé de soie d'or que la Pinacothèque a réussi à faire venir à Paris avec d'autres costumes du film. Parallèlement, les audaces stylistiques des parures imaginées par Arnaldo Pomodoro en 1989, à l'occasion de la pièce la mort de Cléopâtre (Ahmad Sawqi), montrent bien que la réalité historique importe souvent moins que la puissance du mythe. Photographies et extraits de films complètent un ensemble que l'on pourra néanmoins juger trop fragmentaire et, surtout, un brin inégal en regard de la richesse du thème. En l'absence d'un véritable discours critique pouvant légitimer la sélection, les oeuvres présentées paraissent en effet satisfaire avant tout à une recherche de spectaculaire au détriment d'une éventuelle révision du sujet. Les panneaux de salle sur fond de fausse pierre montrent d'ailleurs de la menace de l'exotisme facile ne fut pas totalement déjouée. On appréciera en revanche la facilité d'accès du propos, servie par un découpage efficace du parcours et par une scénographie claire, parfois un peu rigide mais qui sait demeurer lisible en dépit de l'espace toujours aussi alambiqué de la Pinacothèque.

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"N'allez pas où le chemin peut mener. Allez là où il n'y a pas de chemin et laissez une trace."

Ralph Waldo Emerson


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Message Publié : 27 Juil 2016 17:21 
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Eginhard
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Pour les amateurs de l'Egypte Ptolmeiauqe, s'est tenu en juillet un «séminaire» (ou un colloque) à l'Albert-Ludwig Üniversität Freiburg sur le thème : Comparing the Ptolemaic and Seleucid Empire. The Role of Local Elites and Populations..

En voici le programme, les textes ne sont malheureusement pas encore disponibles à ma connaissance. Il faudra attendre dans les Bibliothèques ou sur le net...

Thursday, June 30, 2016
14.00-14.15: Christelle Fischer-Bovet (USC) Sitta von Reden (Freiburg)
Introduction and Welcome

I. Communication and Exchange (Part I)
14.15-15.30: Rolf Strootman (Utrecht)Sitta von Reden (Freiburg)
Myth, Ceremony and Ritual in the Seleucid and Ptolemaic Courts and Capitals


16.00-17.00: Ralf von den Hoff (Freiburg)
The Visual Representation of Ptolemaic and Seleucid Kings: Media and Messages

17.00-18.30: Benjamin Wieland (Freiburg) Boris Chrubasik (Toronto)
Kings and Civic Elites in the Seleucid and Ptolemaic Empires

18.30-19.00: Dorothy Thompson
(Cambridge)
Response and Discussion

Friday, July 1, 2016

II. Integration and Settlements

9.15-10.45: Gilles Gorre (Rennes), Philippe Clancier (Paris 1)
The Integration of Indigenous Elites and the Development of Poleis in the Ptolemaic and Seleucid Empires

11.15-12.45: Rachel Mairs (Reading), Christelle Fischer-Bovet (USC)
Reassessing Settlement Policies in the Seleucid and Ptolemaic Empires


III. Communication and Exchange (Part II)

13.45-15.15: Stefan Pfeiffer (Halle), Hilmar Klinkott (Heidelberg)
Indigenous Priests and Kings in the Ptolemaic and Seleucid Empires: Traditions of Legitimation

15.45-17.15: Frédérique Duyrat (Paris), Andrew Meadows (Oxford)
Coinage, Communication and Exchange in the Ptolemaic and Seleucid Empires

17.15-18.15: Peter Eich (Freiburg)
Comparing the Hellenistic and Roman Empires


Saturday, July 2, 2016

IV. Collaboration and Resistance

9.15-10.45: Anne-Emmanuelle Veïsse (Paris 1), Sylvie Honigman (Tel Aviv)
The Interplay between Dynastic Conflicts and Tensions within Local Elites in the Seleucid and Ptolemaic Empires

11.15-12.45: Paul Kosmin (Harvard), Ian Moyer (Michigan)
Imperial and Indigenous Temporalities in the Ptolemaic and Seleucid Dynasties

13.30-14.45: Boris Dreyer (Nürnberg-Erlangen), François Gerardin (Yale)
Urban Elites in Western Asia Minor during the Roman-Seleucid War in 191/0 BCE

14.45-16.00: Patrick Sänger (Vienna), Ole Johansen (Freiburg)
Ethnic Conflicts in the Ptolemaic and Seleucid Empires

16.00-16.30: John Ma (Columbia)
Conclusions and Further Perspectiv


NB : j'ai laissé les horaires, par flemme de les enlever... lol :rool:

En voici maintenant la présentation (je ferai une traduction plus tard) :

Citer :
The Ptolemaic and Seleucid empires are usually studied separately, or otherwise in-cluded into broader studies of the Hellenistic World. The present conference proposes a more systematic comparison of the roles of local elites and local populations in the con-struction, negotiation, and adaptation of po-litical, economic, military and ideological power of these multi-ethnic empires. They are sufficiently similar to make comparisons valid, while in the process of comparing them differences should become more sali-ent and better explained. Regions that were successively included in the Ptolemaic and then Seleucid empires deserve particular at-tention, but can only be understood within a broader picture of the ruling strategies of both empires.

The papers are organized along three main lines of research for examining the role and the level of integration of the local popula-tions. The first line explores forms of com-munication as can be observed from coins, inscriptions and visual culture. The second explores the effects of settlement policies on the relationship between rulers, immigrants and local populations. The third assesses how local priestly elites collaborated with and resisted against the new ruling classes and immigrant populations. All three lines will shed different light on the development of communication, monarchic ideology, royal and dynastic cult, as well as on the me-diation between competing ruling coalitions

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«Κρέσσον πάντα θαρσέοντα ἥμισυ τῶν δεινῶν πάσκειν μᾶλλον ἢ πᾶν χρῆμα προδειμαίνοντα μηδαμὰ μηδὲν ποιέειν»
Xerxès, in Hérodote,

Ἐφελκυσάμην δὲ οὔτινα Μοῦσαν ὀθνεία.
Théocrite, Ep. XXII

«L'Empereur n'avait pas à redouter qu'on ignorât qu'il régnait, il tenait plus encore à ce qu'on sût qu'il gouvernait[...].»
Émile Ollivier, l'Empire libéral.


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Message Publié : 10 Sep 2016 12:13 
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Eginhard
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Je viens de finir l'ouvrage sur Arsinoë. J'ai été emballé par l'ouvrage, car j'ai appris plein de petites choses sur l'époque ptolémaïque et l'époque hellenistique en particulier. Cet ouvrage fait partie d'une série sur les femmes dans l'Antiquité (Women in Antiquity). C'est le 4e volume, les autres étant :


- Duane W. Roller, Cleopatra. A biography

- Marilyn B. Skinner, Claudia Metelli. The tribune's sister

- Hagith Sivan, Galla Placidia. The Last Roman Empress


L'ouvrage se compose de 6 chapitres :
1- Milieu familial et jeunesse d'Arsinoé
2- Arsnioë femme de Lysimaque
3- Arsinoë et Ptolémée Keraunos
4- Retour d'Arsinoë en Égypte et mariage avec Ptolémée II
5- Arsinoé, femme de Ptolémée II (vers 275-270)
6- Arsinoë après sa mort


Sur la couverture, on trouve une belle photo d'une tête de reine ou de déesse (Museum of Fine Arts, Boston). Mais ce n'est pas apparemment celle d'Arsinoë II, comme nous l'indique la photo noir et blanc de la même tête au chapitre 6, p.117 où on nous indique que c'est potentiellement celle
d'Arsinoë I...

Image

Il y a un index, une chronologie de la vie d'Arsinoë II, des tableaux généalogiques qui peuvent être utiles quand on ne maîtrise pas parfaitement les mariages et remariages des Ptolémée. Les notes sont à la fin de l'ouvrage. Quelques photos noir et blanc (plutôt gris et blancs) viennent illustrer le dernier chapitre (monnaie, statuettes, tête en faïence etc...)

J'ai appris notamment que, avec Ptolémée Ier, Arsinoé II était la seule dont l'effigie apparaissait encore à la fin de la dynastie, au Ier siècle donc, sur des monnaies.(p.121).

On apprend ailleurs qu'Arsinoë était vraisemblablement la "patronne " de Théocrite, car elle était considérée comme la 10e des Muses, ce qui était relativement fréquent pour les femmes à l'époque hellénistique, beaucoup plus que pour les hommes.


Bien sûr, j'en recommande la lecture, même si c'est en anglais, un dico sur le net suffit amplement. Finalement, ce n'est pas très long à lire. Si des forumeurs ont des questions sur la vie (ou sa mort) d'Arsinoë, maintenant que je suis armé, je peux essayer de répondre avec cet outil biographique.

Bon week-end,

_________________
«Κρέσσον πάντα θαρσέοντα ἥμισυ τῶν δεινῶν πάσκειν μᾶλλον ἢ πᾶν χρῆμα προδειμαίνοντα μηδαμὰ μηδὲν ποιέειν»
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Message Publié : 17 Jan 2018 7:34 
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Inscription : 15 Avr 2004 22:26
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Localisation : Alsace, Colmar
Les reines de l'Ancien Empire et leurs pyramides : https://www.youtube.com/watch?v=hIw1LOR-dxw&feature=youtu.be


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Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


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Message Publié : 28 Avr 2018 12:47 
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Jean Froissart
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Localisation : Corsica
Bibliothèque d'Ajaccio : découverte d’un "Thesaurum Hyeroglyphicorum" qui date de 1610.
AFP, publié le samedi 28 avril 2018
https://actu.orange.fr/societe/culture/ ... 89485.html


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Message Publié : 06 Mai 2018 6:34 
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Eginhard
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Je donne ci-après la référence d'un ouvrage sur une période peut-être méconnue :

DELLA MONICA (M.), L'Égypte des temps difficiles. des ténèbres à la lumière, Paris, 2009, in-8°, br., 108p, une carte, 2 ph. N1B in-texte, 8 ph. couleurs hors texte (ISBN 978-2-7200-1155-9), éditions Maisonneuve -Adrien

De la fin de la glorieuse période de l'Ancien Empire vers 2200 jusqu'au début du Nouvel Empire et de la brillante XVIIIe dynastie s'écoulent huit siècles durant lesquels l'Égypte connut des périodes de conflits intérieurs, d'invasions et d'occupations dont la plus pénible fut celle des Hyksos qui dura 150 ans. Cette Égypte "des temps difficiles" méconnue du grand public nous est contée dans cet ouvrage. nous y faisons connaissance avec les "dames combattantes" qui ont contribué à la libération du pays, les trois grandes reines : Tétishéri, Ahhotep et Ahmès-Néfertari, prêtresse et déesse, une des plus grandes reines égyptiennes...


Extrait du sommaire : Fin de l'Ancien Empire - Première période intermédiaire - Le Moyen Empire- L'obscurité : Fin du Moyen Empire, seconde période Intermédiaire : L'Égypte des ténèbres de la XIIIIème à la XVIIe dynastie (les Hyksos)- Les temps difficiles, l'obscurité, L'invasion, l'occupation : les rois Hyksos- Les guerres libératrices - Kamosis - Ahmosis (ou Amosis I)- Bilan du Moyen Empire- L'Exode et le départ des Hyksos - Les femmes héroïques, les dames combattantes : la reine Tétishéri; la reine Ahhotep ; la reine Ahmès-Néfertari - Activité religieuse de la reine - Le culte Ahmès-Néfertari- Nouvel Empire : la brillante XVIIIe dynastie....- Troisième période intermédiaire : la XXI e dynastie - la XXVe dynastie- basse Epoque 664-332 avt J.C. : XXXVI dynastie "Saïte"- La XXVII dynastie-Seconde domination perse.

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Message Publié : 06 Mai 2018 7:03 
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Eginhard
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Voila la couverture de l'ouvrage précédent :

Image

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Message Publié : 29 Mai 2018 13:04 
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Eginhard
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Je tenais à signaler la parution, ancienne et plus récente de deux articles sur le clergé égyptien à l'époque gréco-romaine.

:arrow: Le premier est paru dans Les Cahiers du Centre Glotz, vol. 14 , 2003, p. 23-43 : Gilles Gorre, Les relations du clergé égyptien et des Lagides d'après la documentation privée.
Il me semble que l'étude a été publiée ensuite dans un numéro de la collection Studia hellenistica. Après vérification sur le site de la collection, effectivement il a été publié avec le N° 45. (Mais le prix à l'achat est assez onéreux : 105€ neuf... :rool: )

Voila le lien : Lien vers l'article sur les Relations du clergé

Citer :
Cet article, qui traite des relations entre le clergé égyptien et les rois macédoniens, est une étude prosopographique fondée sur l'analyse philologique et historique des sources privées des prêtres indigènes. La première partie concerne les premiers contacts entre le clergé et les premiers rois macédoniens, en comparaison avec les liens précédents entre les Grands Rois et le personnel des temples. La deuxième partie traite comment les prêtres se sont mis (moved) au service de l'état ptolémaïque. Dans la troisième partie, la question de l'intrusion des officiers royaux dans les temples est examinée.

Note : traduction Google traduction vérifiée par mes soins. Il n'y avait pas de résumé en français...

Voila un autre résumé sur le site de Peeters Leuven :

Citer :
Les principaux axes de cet ouvrage sont les modalités du passage du personnel des temples au service de la couronne ; la mise en place d'un nouveau personnel religieux ; la position des Égyptiens dans l'État lagide. La première partie est la prosopographie du personnel religieux étudié. La seconde partie, après l'établissement d'une typologie des relations observées, étudie le début de l'époque grecque qui se caractérise par une intégration limitée du clergé aussi bien dans l'entourage royal que dans les affaires de l'État. Cette situation s'oppose à celle de la fin du IIème et du Ier siècles, où, souvent, les mêmes personnes dirigent les temples et représentent l'autorité royale. Les IIIème et IIème siècles voient donc la constitution d'un personnel à la fois religieux et civil, phénomène bien connu dans l'Égypte pharaonique mais qui constitue une évolution majeure pour l'Égypte ptolémaïque. Un tel processus peut être compris par l'exemple des pontifes de Ptah à Memphis qui entretiennent d'étroites relations avec le pouvoir.


:arrow: Le second est paru récemment dans la revue Dialogues d'Histoire ancienne, vol. 42, N°2, 2016, p. 41-58 : Silvia Bussi, Entre codification et diversification : le clergé égyptien d’époque gréco-romaine et sa prétendue identité.

Il n'est pas accessible sur le net sauf, soit en payant, soit en étant inscrit comme étudiant dans certaines universités comme celle de Bordeaux où il faut un identifiant et un mot de passe donnés par l'université pour y accéder. Je ne sais pas si alors il est seulement consultable ou bien téléchargeable. De toute façon, on peut le récupérer pour 3€. Si je n'arrive pas à le récupérer autrement, je l'achèterai et j'essaierai de créer un nouveau fil résumant les deux articles...

Voila le lien même si on ne peut pas le consulter sauf conditions : Lien vers le numéro où se trouve l'article sur le clergé égyptien

Citer :
Les papyrus grecs et démotiques concernant le clergé égyptien ne permettent pas de l’envisager comme un corps ayant une identité sociale commune. C’est plutôt dans le domaine culturel, de préservation de la tradition religieuse égyptienne, qu’il faut chercher les éléments identitaires du clergé autochtone, notamment dans les associations cultuelles. Codifiées par la volonté du clergé et des fidèles, elles sont l’expression d’un sentiment identitaire commun qui touche au noyau le plus profond de la civilisation égyptienne : ses dieux et sa conception de l’au-delà.

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Message Publié : 01 Juin 2018 13:51 
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Eginhard
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
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Voila un résumé de l'article/ouvrage de Gilles GORRE que j'ai mentionné dans le post précédent :

Nathalie SOJIC a écrit :
L’ouvrage est la version remaniée de la thèse de doctorat de l’auteur, soutenue en
novembre 2004 à l’Université de Paris IV-Sorbonne. L’étude, complète et très détaillée, porte sur l’évolution des relations entretenues entre le clergé égyptien et l’État lagide à partir de l’analyse de 86 sources privées, triées par secteur géographique (en partant du sud vers le nord de l’Égypte), puis, au sein de chaque site, par ordre chronologique. Le livre est composé de deux parties principales. La partie prosopographique – qui comporte les textes – est la plus conséquente en nombre de pages, puisqu’elle représente environ les deux tiers du volume. Chacune des sourcesest présentée de manière exhaustive sous la forme d’une fiche d’identité, qui en livre les informations principales, celles-ci étant divisées en rubriques. Apparaissent en premier lieu les données qui concernent la personne mentionnée dans le texte (date, lieu, identité, titulature religieuse / aulique, bibliographie), ensuite, celles qui ont trait à la documentation en elle-même (source, texte, discussion). Cette mise en forme offre l’avantage d’une grande clarté et permet de retrouver facilement les éléments discutés dans l’analyse des textes, laquelle constitue la deuxième partie de l’ouvrage. Dans celle-ci, l’auteur aborde la problématique sous différents angles. (1) Il étudie tout d’abord l’expression des liens avec la couronne. Les titres portés par les fonctionnaires, reflet des responsabilités qui leur sont octroyées, peuvent être un bon indice du degré de leur proximité avec la cour. Gilles Gorre aborde la question de la traduction / transposition en grec de titres proprement égyptiens, ainsi que le problème posé par la présence de titres purement honorifiques, qui ne recouvrent aucune réalité administrative. (2) Dans un deuxième temps, l’auteur s’essaie à des regroupements chronologiques en tenant compte de certains critères typologiques. Deux grands groupes sont ainsi établis : les documents du début de la période ptolémaïque, et ceux de la fin. Des particularités communes réunissent en effet les sources de chaque ensemble. Par exemple, au début de la période, la gestion des temples se caractérise par la présence d’un personnel religieux propre, qui sera peu à peu remplacé par des représentants du pouvoir royal en charge de l’administration du sanctuaire, en sus de charges séculières que l’État leur a par ailleurs octroyées. (3) Gilles Gorre examine ensuite les premiers contacts entre le clergé et les nouveaux dirigeants. Les Égyptiens ont connu, quelques siècles avant l’arrivée des Macédoniens, deux occupations perses successives. Une comparaison de la situation des notables égyptiens dans l’entourage du satrape et du souverain lagide met en lumière une différence dans leur degré d’intégration à la cour.
Là où les Perses nouèrent des liens étroits avec l’élite locale et lui imposèrent un contrôle doublé d’une relative liberté, les Macédoniens la maintinrent à l’écart du centre névralgique du pouvoir, ne faisant appel à ses membres qu’en des occasions ponctuelles, comme intermédiaires entre le pouvoir et les administrations locales : en tant que connaisseurs du système égyptien, ils pouvaient aider l’État macédonien dans sa politique de contrôle du pays. L’auteur montre comment l’influence et l’autorité des élites locales, comme celles du haut clergé thébain, se sont peu à peu amoindries
sous le règne des Ptolémées. (4) L’identité des représentants royaux est ensuite minutieusement étudiée. Les sources témoignent aux IIe et Ier s. de l’émergence de fonctionnaires qui cumulent charges séculières et charges religieuses. Le recrutement de ce personnel s’établit de manière différente selon qu’on se trouve au sud ou au nord du pays. En Haute-Égypte, la sélection est opérée majoritairement au sein de l’armée, entité qui connaît un fort degré de « grécité », tandis que les candidats proviennent avant tout de grandes familles religieuses en Basse-Égypte. Une autre opposition
apparaît également dans la chronologie. Celle-ci se situe sur le plan ethnique, avec une majorité de fonctionnaires d’origine égyptienne officiant dans la période comprise entre 125 et 80 avant J.-C., et une majorité de fonctionnaires issus de milieux grecs dans la tranche comprise entre 80 et 30 avant J.-C. Les types d’activités exercées par ces officiers royaux nommés par le pouvoir ne se limitent pas à la sphère cultuelle, mais trouvent une large place dans le domaine séculier (par ex., ils cumulent la fonction de prêtre et celle de stratège), ce qui est peut-être l’indice d’un contrôle étatique au sein des temples. (5) L’auteur aborde encore la question du service des prêtres dans l’État lagide. Bien qu’il y ait certainement eu des contacts entre le clergé et l’État, ceux-ci semblent s’être, dans les premiers temps, limités au personnel administratif des temples – les scribes –, le seul habilité à traduire en égyptien les décrets
émis par le pouvoir macédonien. La politique de la couronne tend à intégrer peu à peu des agents royaux dépendant d’elle au sein des clergés locaux pour s’en assurer un meilleur contrôle, et diminuer de ce fait leur influence. Il est parfois possible de noter l’importance et de suivre l’évolution de cette intégration pendant une période continue. (6) Les documents émis par les pontifes de Ptah à Memphis représentent un corpus homogène qui rend possible le suivi de l’évolution générale des relations entre le clergé égyptien et le pouvoir ptolémaïque. De cet immense travail d’analyse des sources ressort une chronologie précise des premières relations du clergé avec l’État lagide qui ne se sont véritablement établies qu’à partir du règne de Ptolémée II. Gilles Gorre montre que les documents sélectionnés témoignent non pas d’un conflit, d’une opposition entre la classe des prêtres et celles des dirigeants, mais de tentatives
d’adaptation de celui-ci pour le mieux et dans les intérêts de chacun. La précision de l’ouvrage ne nuit guère à sa consultation, car les informations sont présentées avec une clarté qui les rend aisément accessibles, sans altérer en rien la qualité et le niveau du travail de l’auteur. Les tableaux clairs et complets permettent de cerner d’un regard
l’évolution d’une situation entre le début de l’ère ptolémaïque et la fin de celle-ci, tandis que les commentaires et les analyses abordent le problème sous tous les angles possibles, en exploitant les sources à fond. Lorsqu’il existe une incertitude quant à la datation de certaines sources, à la fonction ou au(x) titre(s) de certains personnages, elle est spécifiée par la présence d’un astérisque à côté du numéro sous lequel est reprise la source dans le tableau. Le livre de Gilles Gorre doit désormais être classé parmi les ouvrages de référence concernant l’époque ptolémaïque.


In, L'antiquité classique, Tome 80, 2011. pp. 473-475

Donc c'est aussi sa thèse soutenue sous la direction de Olivier Picard à Paris IV Sorbonne en novembre 2004. B)
Voila le résumé de sa thèse sur le site officielle des thèses :

Citer :
La thèse sur " les relations du clergé égyptien et des Lagides " est une étude prosopographique fondée sur l'analyse philologique et historique des sources privées se rapportant au clergé égyptien. Ces sources sont rédigées aussi bien en égyptien hiéroglyphique, démotique qu'en grec. Les principaux axes de la thèse portent sur la nature des relations nouées entre les Lagides et le clergé égyptien dont notamment les modalités du passage du personnel des temples au service de l'Etat ; la question de l'éventuelle mise en place de nouveaux dirigeants à la tête des temples par les souverains Macédoniens et du maintien de l'influence des sanctuaires et de leur desservant dans le pays alors qu'à l'époque romaine les sources privées se rapportant au clergé deviennent rares, ce qui peut être considéré comme le signe d'un amoindrissement de la fortune de ses membres. Une première partie porte sur les premiers contacts et la constitution d'un entourage royal égyptien en comparant l'attitude des Grands Rois perses et des premiers Macédoniens vis-à-vis de leurs sujets égyptiens. Dans une deuxième partie, sont analysées les modalités de l'emploi des prêtres égyptiens par les Lagides. Dans une troisième partie est étudié le personnel des temples au IIème et Ier siècle av. J. -C. , qui semble attester d'un contrôle de plus en plus étroit du clergé par l'Etat. Enfin, dans une quatrième partie, est étudié le cas particulier de la famille des pontifes de Ptah à Memphis.


Bonne lecture... :rool:

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