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Message Publié : 22 Juil 2010 19:26 
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Inscription : 19 Août 2009 11:18
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Localisation : A droite de la courbe
Était-il courant que des esclaves s'enfuient durant l'antiquité ?
A t-on des témoignages textuels sur ce sujet ?

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Dans ces meubles laqués, rideaux et dais moroses,
Danse, aime, bleu laquais, ris d'oser des mots roses.

Charles Cros


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Message Publié : 26 Juil 2010 19:16 
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Jean-Pierre Vernant
Jean-Pierre Vernant
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Inscription : 08 Juin 2009 10:56
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Localisation : Limoges
Cela existait en tout cas ; dans le Satiricon de Pétrone vous avez un exemple de la fuite d'un esclave et de sa tentative pour se cacher dans un établissement de boisson un peu sordide.
De même lorsque les héros essayant de se soustraire à des poursuivants se griment en esclave rattrapé par leur maitre en se rasant tête et sourcils...

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Scribant reliqua potiores, aetate doctrinisque florentes. quos id, si libuerit, adgressuros, procudere linguas ad maiores moneo stilos. Amm. XXXI, 16, 9.


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Message Publié : 26 Juil 2010 21:35 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Inscription : 23 Mars 2005 10:34
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Localisation : Nanterre
On a trouvé des colliers d'esclaves portant l'inscription : Attrape-moi, car je me suis enfui de chez mon maître X.

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Qui contrôle le passé contrôle l'avenir.
George Orwell


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Message Publié : 26 Juil 2010 22:02 
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Jules Michelet
Jules Michelet
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Inscription : 29 Déc 2003 23:28
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La fuite est surtout le meilleur moyen d'échapper au sort d'esclave, vu que l'affranchissement est rare et que les révoltes le sont encore plus car les conditions pour cela ne sont quasiment jamais réunies. Donc le gros problème récurrent de toute société à esclaves est la tentative de fuite de ces derniers, mais encore faut-il savoir où aller, avoir les moyens d'échapper aux recherches qui sont vite lancées, grâce à des soutiens.

Je dis ça d'après ce que je sais d'autres sociétés à esclaves (Mésopotamie, Antilles françaises), mes connaissances sur l'esclavage en Grèce ou à Rome sont trop maigres. D'où ces quelques interrogations que j'ajouterais à celles de l'initiateur de cette discussion intéressante :
* A-t-on des exemples de "chasseurs d'esclaves" ou du moins de primes données à des gens dénonçant, capturant ou livrant des esclaves fugitifs ?
* Est-ce que des peines étaient prévues pour ceux qui aideraient les esclaves, y compris les libres ?
* Et quels châtiments étaient infligés aux esclaves fugitifs ?


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Message Publié : 27 Juil 2010 10:58 
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Jean-Pierre Vernant
Jean-Pierre Vernant
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Inscription : 08 Juin 2009 10:56
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Localisation : Limoges
A Rome l'affranchissement n'est pas une simple rareté ; l'esclavage n'est pas uniforme et possède une stratification aussi grande que la société libre romaine. Il est par exemple bien difficile de comparer le scribe de César et un esclave domestique dans une maison peu aisée. Les esclaves se signalent par leurs compétences et certains on une valeur immense de par leurs talents ; éloquence... Les esclaves les plus favorisés et ceux de la maison impériale accèdent une fois affranchi à des statuts très élevés comme la gestion d'une partie de l'administration impériale. Si vous reprenez le Satiricon vous vous rendez compte également que Pétrone, à travers le personnage de l'affranchi Trimalcion, a insisté sur la richesse de ce dernier (richesse volontairement présenté comme manquant de modération car l'affranchi est souvent pour les nobles romains marqué du sceau de l'infamie même si la plupart n'hésitent guère à dilapider leur fortune dans des amusement similaires ; tout est une question de dignité à Rome...)

Zunkir a écrit :
* A-t-on des exemples de "chasseurs d'esclaves" ou du moins de primes données à des gens dénonçant, capturant ou livrant des esclaves fugitifs ?


Il me semble oui, mais sous réserve, il faut que je cherche...

Zunkir a écrit :
* Et quels châtiments étaient infligés aux esclaves fugitifs ?


Tout ce qui peut leur faire passer l'envi de recommencer ; la fustigation selon de multiples procédés tous plus abominables les uns que les autres, étirage, du corps pour casser les jointures des membres, fer rouge, mutilations... Il convenait également de les marquer sur le front au fer rouge ou alors de leur raser toute pilosité afin que l'on regarde avec méfiance ces mauvais esclaves fuyards.

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Message Publié : 27 Juil 2010 13:22 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile

Inscription : 11 Juin 2007 19:48
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Tout à fait d'accord avec Pédro sur la variété de situation que connait l'esclavage, que l'on peut difficilement appréhender dans son ensemble tant les situation étaient variés, si varié d'ailleurs qu'il n'y a aucune "conscience de classe" au sein des masses serviles, d'où la relative stabilité du système en Grèce (en dehors du cas hilotique et assimilés, qui obéissent à leurs propres logiques; je n'évoque que l'esclave-marchandise) et l'absence d'unité de ces hommes qui se contentent d'une quête individuelle de la liberté. Si l'on ajoute le fait qu'est envisagé un millénaire d'histoire recouvrant toute la Méditerranée et au delà ! En l'occurrence, il me semble que la situation moyenne de l'esclave va nettement se détériorer avec Rome (en l'occurrence, les préceptes appliqués par un Caton sont tout bonnement écœurants), où l'esclave est concentré aux mains d'une minorité excessivement riche contrairement au monde grec où l'esclavage est essentiellement familiale, généralisé mais du coup quantitativement plus limités, maintenant globalement des relations individuelles entre le maître et son esclave, qui n'est pas un anonyme noyé dans la masse mais un membre de la famille, un proche.

Ces réserves posées, il faut bien avoir conscience que l'esclave marron est un personnage courant, du paysage quotidien du monde grec, les anecdotes abondent. Une fois réfugiés à l'étranger, ils vivent en tant qu'hommes libres, puisque pour les remettre en esclavage il faut soit la preuve de son ancien statut, soit une plainte officielle du propriétaire, sinon, personne n'y touchera car mettre en esclavage un homme libre est un des crimes les plus graves qui soit; dans le doute, abstiens-toi. Par conséquent, même si certains sont de notoriété publique réputés esclaves marrons par la rumeur publique, ils restent libres, mais perpétuellement inquiets. La mine abasourdie de l'esclave fuyard qui se retrouve à l'étranger nez à nez avec son maître est une figure archi-courante, proverbiale. Ils sont même associés à de nombreux mythes de fondations (Rome bien entendu, mais aussi Locres, Tarente, les Bruttiens, etc.).

un maître a deux manières de traquer un esclave en fuite : par voie privée ou par voie publique, l'une n'excluant pas l'autre.
Par voie privée, c'est à dire que le maître se met en chasse lui-même (Apollodore, dans contre Nééra de Démosthène, course son bonhomme à travers l'Attique), soit il envoie un ou des hommess de confiance, en l'occurrence la plupart du temps... des esclaves ! C'est le cas par exemple de Sysénios qui délègue son fidèle Aithalès, élevé dans sa maison, à la poursuite du fuyard Philorome (Lettre 7).
Par la voie publique, par l'intermédiaire d'une déclaration officielle faite par un héraut et enregistrés par les services administratifs. Charge ensuite aux particuliers alléchés par une récompense et aux fonctionnaires dont cela fait partie intégrante du travail de lui mettre le grappin dessus. On a conservé plusieurs de ces "déclarations de fuite", en particulier dans les papyri égyptiens (qui je ne connais pas), mais aussi quelques textes littéraires. Je vous en propose une parodique, pour dérider un sujet qui ne l'est pas : la première idylle de Moschos, assimilant Eros à un esclave en fuite et Aphrodite au maître qui le recherche:
L'AMOUR FUGITIF.
Cypris appelait à haute voix Eros son fils. "Si quelqu'un a vu Eros errer dans les chemins, ce fugitif m'appartient. Celui qui m'en donnera des nouvelles recevra une récompense. Pour prix, vous obtiendrez un baiser de Vénus, et si vous le ramenez, vous n'aurez pas seulement un simple baiser, mais quelque chose de plus. Cet enfant est reconnaissable à plusieurs traits ; vous le distingueriez entre vingt autres. Sa peau n'est pas blanche, elle ressemble au feu. Il a les yeux vifs et étincelants, l'esprit malin, le parler doux ; ce qu'il pense ne ressemble pas à ce qu'il dit. Sa voix a la douceur du miel. Se met-il en colère, il devient cruel et fourbe, ne disant rien de vrai. Cet enfant trompeur est cruel dans ses jeux. Sa tête est ornée d'une belle chevelure, mais l'impudence siège sur son front. Ses mains sont petites, mais elles lancent des traits au loin, des traits qui pénètrent jusqu'à l'Achéron et atteignent le roi des enfers. Son corps est nu, mais son âme est impénétrable. Ailé comme un oiseau, il voltige tantôt d'un côté, tantôt d'un autre vers les hommes et les femmes, et il se fixe au fond du cœur. Il porte un petit arc, et sur cet arc est posé une flèche qui, malgré sa petitesse, monte jusque dans les cieux ; à ses épaules est suspendu un petit carquois d'or rempli de flèches acérées dont souvent il me blesse moi-même. Tout ce qui lui appartient, tout en lui est redoutable ; mais bien ne l'est plus que son petit flambeau qui brûle même le soleil. Si vous parvenez le saisir, liez-le et amenez-le moi sans avoir pour lui la moindre pitié. Et si parfois vous le voyez pleurer, prenez garde qu'il ne vous trompe. S'il rit, resserrez ses liens ; s'il veut vous embrasser, fuyez : son baiser est dangereux, ses lèvres sont empoisonnées. Et s'il dit : "Prenez toutes ces armes, je vous les donne," n'y touchez pas : ce sont des présents perfides, car toutes ses armes sont trempées dans le feu."

Au-delà de la parodie, on retrouve toutes les étapes normales :
- un crieur public ("appelait à haute voix")
- l'état civil (nom, origine) et la description physique de l'esclave
- la promesse d'une récompense, que ce soit pour son arrestation ou même simplement pour un renseignement.
A titre de comparaison (là aussi en contexte parodique, mais plus sérieux dans sa forme), Lucien, Les Fugitifs, 27 : Faisons maintenant une proclamation au nom de tous : "Si quelqu'un a connaissance d'un esclave paphlagonien, un des barbares de Sinope, dont le nom vient du verbe posséder, visage pâle, tête rasée jusqu'à la peau, barbe longue, besace suspendue à l'épaule, manteau au dos, humeur colère doublée d'ignorance, voix rude, langue médisante, qu'il en donne avis sous les conditions qu'il voudra."
Dernier exemple, un papyrus égyptien du IIe av. :
« Un esclave d'Aristogène fils de Chrysippe, d'Alabanda, député, s'est échappé à Alexandrie.
Il se nomme Hermon, et est aussi appelé Nilos ; syrien de naissance, de la ville de Bambyce ; environ 18 ans ; taille moyenne; sans barbe; jambes bien faites ; creux au menton; signe près de la narine gauche ; cicatrice au-dessus du coin gauche de la bouche ; le poignet droit marqué de lettres barbares ponctuées.
II avait [quand il s'est enfui] une ceinture contenant en or monnayé trois pièces de la valeur d'une mine, et dix perles ; un anneau de fer sur lequel sont un lécythe et des strigiles ; son corps était couvert d'une chlamyde et d'un périzôma.
Celui qui le ramènera recevra 3 talents de cuivre et 2.000 drachmes ; mais indiquant (seulement) le lieu de sa retraite, il recevra, si c'est dans un lieu sacré, 1 talent et 3,000 drachmes ; si c'est chez un homme solvable, et qui aura été condamné, 3 talents et 5,000 drachmes.
Celui qui voudra en faire la déclaration, s'adressera aux employés du stratège.

S'est encore échappé avec lui Bion, esclave de Callicrate, un des archypérètes de la cour.
Taille petite ; épaules larges ; jambes fortes ; yeux pers. Il avait, lorsqu'il s'est enfui, une tunique, un petit manteau d'esclave, et un coffret de femme du prix de 6 talents et 5,000 drachmes de cuivre.
Celui qui le ramènera recevra autant que pour le premier. Faire de même la déclaration, pour celui-ci, aux employés du stratège »

On voit que les récompenses sont impressionnantes, mais il s'agit là d'esclaves d'élite, au servie de maîtres puissants. Tout le monde n'a pas les moyens d'offrir de telles sommes...

Zunkir a écrit :
Est-ce que des peines étaient prévues pour ceux qui aideraient les esclaves, y compris les libres ?

Oui, mais là aussi difficile de généraliser les législations. Néanmoins, quelqu'un qui aide (volontairement, en connaissance de cause) un esclave en fuite est assimilé à un voleur d'homme, crime gravissime, et ce qu'ils gardent l'homme en esclavage dans le cadre de leur trafic ou le libèrent pas bonté d'âme. Aulu Gelle signale en particulier au livre XI un cas exceptionnel, scandaleux, d'un homme condamné pour avoir simplement interposé son manteau entre l'esclave et son maître, soit-disant en le réajustant, en fait afin de faciliter sa fuite !! Mais les Romains étaient devenus paranos avec leurs esclaves...

Zunkir a écrit :
Et quels châtiments étaient infligés aux esclaves fugitifs ?

Plus encore que pur les autres points, on ne peut généraliser. Ainsi, les Romains n'hésitent pas à crucifier pour l'exemple, alors qu'à Athènes, la loi régit partiellement les relations entre maître et esclave et celui-ci ne saurait être mis à mort ou torturé de manière excessive, même s'il a fuit.
Par contre, ce n'est pas les sanctions qui manquent : réduction des portions alimentaires, travail plus dur (au moulin ou aux carrières par exemple), port de chaînes, et surtout, marquage au fer, qui plus est sur le front à l'époque romaine, ce qui à mon sens à pour effet de voir s'envoler ses espoirs d'affranchissement, d'où peut-être pour le cas athénien la différence établie entre les esclaves, ceux marqué et ceux non marqués (sans que cela suppose dans leur cas que tous les marqués aient été des fuyards, mais leur statut est différent ; en particulier, les esclaves domestiques ne semblent pas normalement marqués ; or ce sont eux qui bénéficient souvent d'un affranchissement à la mort du maître, par testament.

Je ne suis pas vraiment d'accord devant le constat avancé: "l'affranchissement est rare", à Rome comme Pédro ou en Grèce. Je ne sais pas si c'est quantifiable, mais vu que la majorité de la plèbe de Rome est au final issue de l'affranchissement, j'ai de gros doute sur la rareté supposée du phénomène. Il semblerait même que l'affranchissement en fin de carrière soit la récompense normale et attendue : par exemple, Phèdre VI.19 dans sa fable "Esope et l'esclave fugitif" expose les doléance d'un malheureux, entre autres "Par mon temps de service j'ai droit à l'affranchissement et, malgré mes cheveux blancs, je suis encore esclave." Cet espèce d'accord tacite entre maître et esclaves me semble confirmé par un étrange texte, l'Onerocritique d'Artémidore, autrement dit un traité d'interprétation des rêves du IIe siècle (traduction ancienne de 1634 ou texte original. L'esclave comme les autres rêves, mais leur interprétation est différente. Comme ils forment une partie de la clientèle du pratiquant, leur cas est systématiquement exposé, et quasi toujours, les signes ont trait à la liberté prochaine... Cela montre bien les préoccupation et surtout les espoirs de ces hommes. L'affranchissement est une récompense normale s'ils n'ont pas fait de fautes graves (en l'occurrence, une fuite), et non un bienfait exceptionnel (et encore, bienfait, à voir : un salopard comme Caton se débarrasse de ses vieux croutons pour ne pas avoir à nourrir une bouche devenue inutile, il les envoie donc crever ailleurs, en les vendant quand il peut, sinon en les affranchissant...). Les Testaments grecs, par exemple ceux des philosophes conservés par Diogène Laërce, montrent bien que le décès du maître était l'occasion pour ce dernier de réorganiser sa maison, et de libérer ses plus fidèles serviteurs. Bref, je m'interroge sur la proportion réelle, selon l'époque et le statut, au delà du fantasme. C'est la carotte qui fait marcher le système, si la majorité n'en bénéficie pas, comment les maintenir ou les motiver ?


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Message Publié : 27 Juil 2010 13:45 
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Jean-Pierre Vernant
Jean-Pierre Vernant
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En fait Thersite si la condition servile est mauvaise à Rome dans la familia rustica, elle évolue beaucoup, notamment sous l'Empire avec une législation qui retire de plus en plus au Pater Familias son autorité sur ses esclaves dans les châtiments. D'ailleurs d'après Paul Veyne il semblerait que pour les Grecs l'esclavage romain eu été considéré comme plutôt positif même si l'auteur en nuance la réalité pour la république bien entendu.

Afin de compléter cela il faut néanmoins que je lise un peu... ;) mémoire mémoire...

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Message Publié : 27 Juil 2010 14:56 
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Jules Michelet
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Inscription : 29 Déc 2003 23:28
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Merci à vous deux pour ces précisions très intéressantes.

Ma réflexion sur la rareté de l'affranchissement ne s'appliquait pas forcément à l'un des deux cas qui nous intéressent, j'essayais maladroitement de généraliser pour l'esclavage dans diverses civilisations, ce qui est très risqué. Néanmoins je m'interroge : est-ce qu'un esclave de latifundium a de bonnes chances d'être affranchi ? Je veux bien pour un esclave domestique, où la relation avec le maître me semble proche, mais est-ce que quand elle est plus distante on ne risque pas d'avoir moins de chances d'être affranchi, d'où l'intérêt de la fuite ? J'imagine que ça doit être difficile à quantifier ou même à évaluer. Il est légitime de s'interroger sur ce qui fait marcher le système, et la perspective de l'affranchissement peut effectivement être une manière de motiver l'esclave. En fin de compte c'est très éclairant de réfléchir sur un profil de potentiel fugitif ...


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Message Publié : 27 Juil 2010 15:30 
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Inscription : 19 Août 2009 11:18
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Localisation : A droite de la courbe
Merci Thersite de cette époustouflante contribution et merci aux autres aussi.
La culture de certains est vraiment impressionnante !

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Charles Cros


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Message Publié : 27 Juil 2010 15:42 
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Il me semble que dans certaines civilisations on pouvait être esclave durant une durée déterminée le temps de rembourser une dette, par exemple. Est-ce le cas dans la civilisation gréco-romaine ? Et le cas échéant, comment cela se passe-t-il ?

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Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


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Message Publié : 27 Juil 2010 15:57 
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Jean-Pierre Vernant
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Inscription : 08 Juin 2009 10:56
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Il me semble assez logique de penser que l'esclave domestique, proche de son maitre et qu'il soit ou non d'un prix élevé (ce qui donne l'étalon de son importance) a plus de chance d'être affranchi que celui travaillant dans sa propriété illyrienne où il n'a mis que deux fois les pieds, les rapports humains étant alors diamétralement différents. Il ne faut pas non plus omettre les liens affectifs et sexuels entre maitre et esclaves qui déterminent là aussi des axes expliquant un affranchissement ; Cicéron ne se vantait-il pas de doux baiser échangés avec son esclave Tiron?

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Message Publié : 27 Juil 2010 16:04 
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Jean-Pierre Vernant
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Inscription : 08 Juin 2009 10:56
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Localisation : Limoges
Il est aussi important à mon sens d'évoquer la question des gladiateurs qui souvent d'origine non servile aliènent leur liberté par contra au laniste afin de pouvoir combattre dans l'arène. C'est un élément intéressant du caractère potentiellement fluctuant du statut des personnes, sans oublier que se vendre de cette manière et exercer une telle profession rend la personne suspecte, fascinante et pourtant repoussante. ;)

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Message Publié : 28 Juil 2010 0:49 
Le plus intéressant dans la question de la fuite des esclaves n'est pas la fuite en elle-même mais ses causes. Au fond, un mal pour un mal, l'on fuit, qu'importe les conséquences.


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Message Publié : 28 Juil 2010 11:39 
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Mécène a écrit :
Le plus intéressant dans la question de la fuite des esclaves n'est pas la fuite en elle-même mais ses causes. Au fond, un mal pour un mal, l'on fuit, qu'importe les conséquences.


Non, ce n'est pas un mal pour un mal, c'est lorsque le mal que l'on subit nous parait supérieur au mal que l'on pourrait subir en retour.

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Message Publié : 28 Juil 2010 12:10 
Oui donc c'est un mal pour un mal (je ne vois pas pourquoi vous hiérarchisez les "mal").


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