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Message Publié : 31 Juil 2020 20:32 
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En m'intéressant de près au général baron Pierre Devaux, qui a connu un sort comparable à celui du général Junot, je me suis interrogé sur la vraisemblance du personnage d'Alexandre Dumas : Edmond Dantès, mieux connu sous le titre de comte de Monte Cristo. Arrêté à la fin de la première Restauration, il aurait été maintenu au secret sans jugement, pendant 14 ans, au château d'If. Un procédé analogue aux lettres de cachet de l'Ancien Régime.

Le général Pierre Devaux, héros des guerres de la Révolution et de l'Empire, commandeur de la Légion d'honneur, chevalier de la Couronne de fer, assigné à résidence à Bourges après les Cent-Jours lors du licenciement de l'armée impériale (il était natif de Vierzon), admis à la retraite avec une pension confortable (4000 francs), a été dirigé d'office sur Laval en mai 1816 par le préfet du Cher, en raison de ce qu'on qualifierait aujourd'hui de troubles à l'ordre public. Laval, car il s'était marié en troisièmes noces (après un divorce et un veuvage) avec la fille d'un juge de paix de Cossé-le-Vivien, mariage conclu alors qu'il était, après la paix d'Amiens, commandant militaire du département de la Mayenne ; son épouse vivait toujours en Mayenne.
Assigné à résidence à Laval et placé sous la surveillance du maire, il donna rapidement des signes de troubles mentaux, évoluant rapidement vers la démence (il avait pris trop de coup sur la tête : armées du Nord, de l'Ouest, d'Italie, d'Egypte, Saint-Domingue, Hollande, Russie, Saxe) et dut être incarcéré, en 1817, dans le quartier VIP de la prison du Mans, alors qu'il avait entrepris de se rendre à Paris. Le séjour dans ce qu'on appelait à l'époque "la pistole" de la prison était payant et l'administration s'est rapidement préoccupée de rentrer dans ses fonds. Le général ayant dilapidé au jeu tout ce qu'il possédait, y compris la modeste dot de son épouse, la famille ne pouvait payer.
Il fallait donc faire prononcer son interdiction par le tribunal pour d'une part récupérer la pension, d'autre part le faire interner à Charenton.
Constatant que la famille n'en prendra pas l'initiative, faute de ressources, le préfet de la Mayenne écrit le 26 novembre 1817 au procureur du roi près le tribunal de Laval : « L’état de frénésie dans lequel est tombé M. le maréchal de camp baron Devaux nécessite son interdiction. Sa famille ne la provoquant pas, je crois devoir vous engager à la provoquer vous-même, conformément aux dispositions de l’article 491 du code. La démence de M. le baron Devaux est déjà ancienne et la notoriété publique l’atteste ». Et pour motiver sa demande et stimuler le procureur, il ajoute un peu plus loin : « La surveillance à laquelle j’ai dû l’assujettir a exigé des frais. Sa détention actuelle en entraîne de nouveaux et de considérables. Il est instant que par son interdiction, l’administration puisse recouvrer ces frais, dont elle a fait l’avance. Veuillez donc, M. le procureur du Roi, la hâter le plus possible. J’ai l’honneur etc. ».
Dans la réponse qu’il fait dès le lendemain 27 novembre 1817, le procureur montre qu’il va certes se hâter, mais en se conformant aux dispositions du code de procédure. « Aux termes des articles 493 du code civil et 890 du code de procédure, je dois, dans la requête que je présenterai pour l’interdiction du général Devaux, articuler les faits de fureur et en indiquer les témoins ; je dois aussi y joindre les pièces justificatives ». Il demande donc à être mis en possession de ces justificatifs. Il se montre prudent et ajoute : « J’ai bien entendu parler de la bizarrerie habituelle du Général Devaux, mais je ne connais pas avec assez de certitude les faits qui prouvent qu’elle était portée jusqu’à la démence et à la fureur ». Il attend donc que le préfet lui remette un mémoire exposant les faits et il conclut : « Je suis obligé d’attendre tous ces renseignements pour commencer la procédure ; j’y donnerai tous mes soins dès qu’ils me seront parvenus ».
Cet échange de correspondances témoignerait d'un souci de respecter un certain état de droit, souci d'autant plus notable qu'il s'exerçait à l'égard d'un suppôt de l'Empire placé sous étroite surveillance.

La question que je me pose : ce souci était-il largement partagé à l'époque par la magistrature, où l'exemple que je cite constitue-t-il une exception ? Qu'en était-il, en particulier, à Marseille où la situation a été assez troublée ?...


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Message Publié : 31 Juil 2020 21:28 
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Jean Froissart
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Le souci de respecter un certain état de droit ? Oui, ce souci existait sans doute. Un souci est un état d'âme. Ce n'est pas une contrainte très forte.

Marseille dépendait du parlement de Provence à Aix sous l'ancien régime. Je ne sais pas pour les années d'après la révolution.

Mirabeau a été emprisonné au château d'If. Donc, le château peut accueillir des prisonniers.

Mirabeau a été emprisonné sans jugement, au moins quand il était à l'ile de Ré, car Wikipedia précise qu'une lettre de cachet avait permis d'éviter un jugement.


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Message Publié : 01 Août 2020 8:18 
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Philippe de Commines
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Edmond Dantès n'est pas seulement seulement vraisemblable, on peut dire qu'il a existé. Alexandre Dumas a développé son roman à partir d'un fait réel. Le modèle d'Edmond Dantès se nommait Pierre Picaud. Accusé de royalisme et d'espionnage au profit de l'Angleterre, il a vécu de 1807 à 1814 emprisonné sans jugement.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Picaud
Dans les affaires de droit commun, il y avait un réel souci d'appliquer les procédures légales. En matière politique, on a pu s'en affranchir comme le montre l'affaire de Pierre Picaud.


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Message Publié : 01 Août 2020 12:58 
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Thucydide
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Fil intéressant.
Pour ma part, j'ai lu qu'Edmond Dantès était inspiré du général Dumas (Alexandre Davy de La Pailleterie), père de l'écrivain. Je n'ai pas le détail mais peut-être sa retraite forcée, sa captivité par les Napolitains (il en sort estropié, sourd d'une oreille, paralysé de la joue gauche, quasi aveugle d'un œil, avec un ulcère), la "haine" de Berthier à son égard ou plus simplement quand il a échappé au bannissement par Bonaparte de tout soldat et officier de couleur de la région militaire parisienne.
Un militaire d'exception.

Peut-être des influences multiples (merci Barbe' pour Pierre Picaud).

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Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. Beaumarchais, Le Barbier de Séville, 1775.


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Message Publié : 01 Août 2020 16:49 
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Merci, Barbetorte, pour cette information sur Pierre Picaud, dont je n'avais jamais entendu parler. Il faut dire que je me suis contenté de lire le Comte de Monte-Cristo pendant mon adolescence, sans chercher à en savoir plus depuis.
Que cela ait pu se produire pendant l'Empire ne me surprend pas vraiment. On ne s'embarrassait pas vraiment de scrupules pour mener les opérations de basse police. Par contre, sous la Restauration une fois passée la période troublée de la Terreur blanche, je suis plus dubitatif. D'où mon interrogation quant à la vraisemblance du personnage d'Edmond Dantès par rapport à la période de sa mise au secret : en gros de 1815 à 1829.
Je ne sais plus qui a écrit qu'Alexandre Dumas avait violenté l'Histoire, mais qu'il fallait lui pardonner, car il lui avait fait de beaux enfants !


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Message Publié : 01 Août 2020 22:19 
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Thucydide
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Citer :
Je ne sais plus qui a écrit qu'Alexandre Dumas avait violenté l'Histoire, mais qu'il fallait lui pardonner, car il lui avait fait de beaux enfants

Oui j'ai entendu cette phrase régulièrement mais attention, si on laisser filer le tout cela nous amène au... viol.

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Message Publié : 02 Août 2020 8:08 
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Peut-être alors l'autre formule, dont j'ai également le souvenir, mais sans me rappeler laquelle est la bonne: " il a engrossé l'Histoire, mais il lui a fait de beaux enfants " ?...


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Message Publié : 02 Août 2020 9:42 
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Jean Froissart
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.
;)
C'est impardonnable : toutes les femmes "rondes" et qui n'entendent pas une image littéraire se sentent pointées au doigt par ce verbe bien douteux !
En tant que femme et un peu ronde (à ce "niveau" on dit "pommée") : je préfère la première formule. :mrgreen:
Comptez avec celles qui, ayant compris et dans cet état, vont s'interroger quant à la beauté du futur nourrisson et l'importance de la reconnaissance paternelle.
Là c'est non seulement une minorité qui est atteinte par un jugement que vous colportez joyeusement mais une minorité à venir (les nourrissons) déjà traumatisés par cette angoisse narcissique : "vais-je être beau selon la vision maternelle de la beauté ?".
Vous avez la responsabilité de quantité de névroses à venir, Sonneck !
;)
.


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Message Publié : 02 Août 2020 10:12 
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Ben dites donc ! Une belle volée de bois vert ! Aïe aïe aïe !... J'en ai l'échine toute endolorie. Mais je m'en remettrai.

Quand même. Si d'aventure on remet la main sur l'auteur de ce constat qui se voulait flatteur pour l'écrivain, quelle qu'ait pu être sa formulation puisque les deux versions que j'ai proposées sont désormais politiquement aussi incorrectes l'une que l'autre, il y a du souci à se faire pour sa statue, s'il en a une. Les déboulonneurs bénévoles pourraient s'en occuper...


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Message Publié : 02 Août 2020 10:52 
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Thucydide
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b sonneck a écrit :
Ben dites donc ! Une belle volée de bois vert ! Aïe aïe aïe !... J'en ai l'échine toute endolorie. Mais je m'en remettrai.

Quand même. Si d'aventure on remet la main sur l'auteur de ce constat qui se voulait flatteur pour l'écrivain, quelle qu'ait pu être sa formulation puisque les deux versions que j'ai proposées sont désormais politiquement aussi incorrectes l'une que l'autre, il y a du souci à se faire pour sa statue, s'il en a une. Les déboulonneurs bénévoles pourraient s'en occuper...


Oups non dans ma réponse je voyais ça différemment
1) oui ça devient tabou de parler de violence (ici conjugale) pour montrer le génie d'un auteur. Je ne suis pas du tout dans la pudibonderie et je fustige le fait, qu'effectivement sur certains sujets on peut plus rien dire. Bref je ne réprimande pas mais c'était un constat / avertissement sur cette citation vue en 2020.

2) je suis un peu en désaccord avec la citation. Je ne vois pas de violence mais au contraire des ponts, amorces et hommages. (La preuve avec ce fil finalement bien plus historique que littéraire). Dumas a été maudit durant toute mes études sup par mes profs alors que l'œuvre de Dumas est d'intérêt public. Bien sûr la littérature est sûrement la fragilité de l'histoire (Boucheron) car la littérature n'a aucune contrainte, peut aller bien plus loin, ajouté ce qu'elle veut, etc. ... Mais combien de passions historiques sont nées grâce à Druon, Dumas ou encore Follett plus récemment ?

_________________
Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. Beaumarchais, Le Barbier de Séville, 1775.


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Message Publié : 02 Août 2020 11:26 
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Jean Froissart
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.
b sonneck a écrit :
Ben dites donc ! Une belle volée de bois vert ! Aïe aïe aïe !... J'en ai l'échine toute endolorie. Mais je m'en remettrai.

Je plaisantais : rassurez-moi, vous n'avez tout de même pas pris au sérieux les paroles d'une blonde... :mrgreen:
.


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Message Publié : 02 Août 2020 11:31 
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Pensabene a écrit :
1) oui ça devient tabou de parler de violence (ici conjugale) pour montrer le génie d'un auteur. Je ne suis pas du tout dans la pudibonderie et je fustige le fait, qu'effectivement sur certains sujets on peut plus rien dire. Bref je ne réprimande pas mais c'était un constat / avertissement sur cette citation vue en 2020.

Et ça devient ridicule de projeter vos tabous sur une phrase qui date de 150 ans. C'est anti-historique, puisque ça revient à juger le passé à l'aune du politiquement correct actuel.

On ne peut plus rien dire ? Je confirme. Entre autres à cause de réactions comme les vôtres. Pas dans la pudibonderie ? Vous ne manquez pas de souffle !

Et Rebecca qui nous fait une pendule parce que b sonnek a proposé le mot "engrosser". Tout ce cirque pour une métaphore ancienne, vous devenez folles... 8-|

Je pense que l'expression originale est bien "violer l'histoire". Il me semble aussi que l'auteur est Dumas lui-même, répondant à des critiques qu'on lui faisait sur les libertés qu'il prenait avec l'histoire.

'Prendre des libertés", on a le droit de dire ? :rool:

_________________
Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu. (Chamfort)


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Message Publié : 02 Août 2020 11:57 
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Je ne tiens pas à rentrer dans le débat sur le viol mais pour donner un peu de contexte, de mémoire, cela vient des mémoires de Dumas. Il mentionne que de nombreuses personnes lui reprochait de "violer l'histoire". ce à quoi il leur aurait répondu "si j'ai violé l'histoire, je lui ai fait de beaux enfants", voulant juste faire un "bon mot". Ce qui est quelque peu différent de la formulation souvent vue du "on peux violer l'histoire si c'est pour lui faire de beaux enfants". On trouve facilement des analyse de cette phrase en 30 seconds de recherches sur Google.


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Message Publié : 02 Août 2020 12:15 
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Jean Froissart
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Inscription : 13 Juin 2017 15:04
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.
Pierma a écrit :
Et Rebecca qui nous fait une pendule parce que b sonnek a proposé le mot "engrosser".

Je me répète : c'était de l'humour !
C'est déjà un peu désolant/pathétique de se voir fustiger par des personnes un peu "courtes" en littérature mais s'il faut aussi expliciter l'humour.
Walshingham décortique ce qu'est "un bon mot" : ce qui en soit est déjà très triste. On le comprend au vol... ou pas ; devoir constater qu'il faille quelques "clic" pour piger, quelle tristesse.
:rool:
.


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Message Publié : 02 Août 2020 13:27 
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Rebecca West a écrit :
.
b sonneck a écrit :
Ben dites donc ! Une belle volée de bois vert ! Aïe aïe aïe !... J'en ai l'échine toute endolorie. Mais je m'en remettrai.

Je plaisantais : rassurez-moi, vous n'avez tout de même pas pris au sérieux les paroles d'une blonde... :mrgreen:
.

Rassurez-moi à votre tour : vous en auriez douté ?...

Par précaution quand même (on n'est jamais trop prudent), j'abroge la fatwa sur l'éventuelle statue d'Alexandre Dumas, puisqu'il s'avère être l'auteur de la phrase qui pourrait chagriner.


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