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Message Publié : 08 Oct 2017 9:16 
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En dehors de citations tronquées ou fantaisistes, pour le moins discutables, un petit résumé d'une spécialiste de l'Allemagne, Sandrine Kott, de la politique coloniale allemande au crépuscule du XIXème siècle me parait salutaire afin de rétablir quelques réalités.
Citer :
"Les difficultés rencontrées dans le Sud-Ouest africain (actuelle Namibie), la plus importante des colonies allemandes, illustrent bien les limites et contradiction de la politique coloniale. En 1913, la région abrite plus de la moitié des colons allemands et alimente entre les 2/3 et les 3/4 du commerce colonial. L'extraction du diamant et du cuivre y autorise au début du XXème siècle des gains considérables. Toutefois, contrairement aux attentes, le Sud-Ouest africain n'a jamais pu constituer une source de revenus pour le Reich. En 1910, la colonie coûte 31 millions de marks en frais administratifs et investissements, et n'en rapporte que 13,6 millions en droits de douane et impôts. Ce n'est pas non plus une colonie de peuplement, en dépit des efforts d'infrastructure - la construction d'une voie ferrée en particulier - et d'encadrement administratif. Les grandes fermes d'élevage se révèlent rapidement peu rentables malgré des mesures qui, en 1907, font des colons allemands les maîtres des lieux. Les terres des tribus sont alors livrées aux colons allemands, tandis que la population autochtone est contrainte de signer des contrats de travail pour obtenir des passeports rendus obligatoires. Cette surveillance administrative, négation de l'identité tribale, vise à transformer - dans toute l'Afrique allemande - les indigènes en main-d'œuvre bon marché."
L'Allemagne de Guillaume II, S. Kott, p. 181.

J'ajouterai des points sur les massacres plus tard...

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Message Publié : 08 Oct 2017 13:05 
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Localisation : Provinces illyriennes
Plus loin :
Citer :
"L'application de mesures aussi brutales aurait exigé des forces de police bien supérieures à celles qui existaient. Localement, les missions ont parfois constitué un point de départ pour la réorganisation d'une vie communautaire ; enfin, le gouvernement du Reich lui-même a rapidement pris conscience qu'une politique d'exploitation brutale de la main-d'œuvre avait des effets contre-productifs.
Lieu d'affrontement entre les intérêts économiques immédiats des colons et les projets à long terme du gouvernement, le Sud-Ouest africain voit aussi se dérouler la première guerre coloniale allemande, qui suscite les premiers débats sur la nature de la colonisation.
Au tournant du siècle, la grande épidémie de peste bovine qui décime les troupeaux bouleverse les équilibres sociaux et politiques à l'intérieur des tribus Hereros ; l'administration coloniale d'une part, les colons de l'autre, accentuent la détresse des tribus en imposant des mesures discriminatoires et en tentant de profiter de leur affaiblissement économique pour récupérer des terres.
La révolte des Hereros et des Namas commence en 1904 par la mort de 123 colons allemands, elle s'achève en 1907 après l'anéantissement de 80% des Hereros et la moitié des Namas. Des 14000 soldats envoyés pour réprimer la révolte, 1500 ont trouvé la mort au combat ou par maladie. La brutalité de la répression, menée par le lieutenant-général von Trotha, trouve son équivalent au Cameroun, ou dans l'Est africain où les Maji Maji se révoltent à leur tour en 1905. Cette violence émeut une partie de l'opinion publique et se trouve à l'origine des tentatives de réorientation de la politique coloniale allemande à partir de 1908.
Sous l'impulsion de Dernburg, qui dirige le Bureau des affaires coloniales, le gouvernement tente alors de développer les infrastructures et l'hygiène dans les territoires colonisés. Des efforts d'alphabétisation, relativement limités, sont aussi observés."


L'Allemagne au XIXème siècle, S. Kott, p. 182.


Encore une fois, il faut constater qu'aucune intention préalable, mobilisant toutes les structures publiques de l'Allemagne, afin d'anéantir une population n'est présente. A une révolte succède une horrible répression, cette dernière entraînant une inflexion majeure dans la politique coloniale allemande.

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Message Publié : 08 Oct 2017 16:58 
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--
Vous ne pouvez ignorer que "L'Allemagne au XIXè" de Kott est loin de traiter les "problèmes coloniaux", celui-ci en particulier. La raison en est tout simplement dans le titre : au XIXè.
Pour l'avoir lu, je sais que vous ne pourrez pas avancer plus avant la question pas même avec son "Etat social allemand" (lu aussi) et encore moins avec son "Bismarck" (lu aussi) : il ne faut pas attendre une biographie comme pourrait indiquer le titre, ce lien nous rapporte la réalité :
- http://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_2004_num_69_1_1281_t1_0206_0000_5

Initier une réflexion sur le mot à mettre sur un massacre, Kott ne s'inscrit pas dans cette démarche et c'est heureux.
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Message Publié : 08 Oct 2017 18:46 
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Localisation : Provinces illyriennes
Citer :
Vous ne pouvez ignorer que "L'Allemagne au XIXè" de Kott est loin de traiter les "problèmes coloniaux", celui-ci en particulier. La raison en est tout simplement dans le titre : au XIXè.

Quel est le sens de cette remarque ? 8-|
Comme je l'ai déjà rappelé plus haut, le "long XIXème siècle", pour tout "contemporainiste" qui se respecte va jusqu'en 1914.
Un chapitre de cet ouvrage concerne la politique coloniale allemande de 1890 à 1914. Je ne vois donc pas où est le problème...
Ces citations visaient simplement à recontextualiser le massacre des Hereros, rien de plus.

Citer :
Pour l'avoir lu, je sais que vous ne pourrez pas avancer plus avant la question pas même avec son "Etat social allemand" (lu aussi) et encore moins avec son "Bismarck" (lu aussi) : il ne faut pas attendre une biographie comme pourrait indiquer le titre, ce lien nous rapporte la réalité :

Là encore, je ne comprends pas ces remarques... :-|

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