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Message Publié : 26 Juin 2019 11:20 
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Salluste
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Bonjour à tous,

Tout est dans le titre, je recherche des livres en français ou en anglais (en allemand j'en ai déjà) sur l'Empire allemand, et éventuellement sur la société de l'époque.

Je m'excuse si la question a déjà été posé ou si ce n'est pas la bonne section, mais je ne trouve pas de commentaire relatif à ça.


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Message Publié : 29 Juin 2019 8:34 
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Jean Mabillon
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Je n en connais pas mais je puis vous recommander à titre d'introduction l'histoire de l Allemagne de Winckler
https://www.fayard.fr/histoire/histoire ... 2213624433

Et les souvenirs de Bismarck (dans l'édition abrégée de 1984 qui comporte une excellente introduction de Joseph Rovan)
https://www.abebooks.fr/rechercher-livr ... /bismarck/

Je regrette et ne pas émonder plus précisément à votre question cher Commode...


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Message Publié : 29 Juin 2019 9:08 
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J'ai trouvé ce livre de François Roth qui couvre la période 1815-1918. Je ne l'ai pas lu, mais j'ai d'autres bouquins de cet auteur qui sont fort bien:

https://www.armand-colin.com/lallemagne ... 2200263416

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Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (Guillaume le Taciturne)


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Message Publié : 29 Juin 2019 9:37 
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L'Allemagne au XIXème siècle de Sandrine Kott constitue une belle synthèse.
La biographie de Guillaume II par Christian Baechler n'est pas mal non plus.

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Message Publié : 30 Juin 2019 0:16 
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Merci à vous tous déjà pour ces propositions d'ouvrages. J'avais aussi pensé me tourner vers les thèmes connexes au IIe Reich (donc les biographies de personnages par exemple), afin d'avoir de quoi lire. C'est dommage qu'il n'y ait pas plus en français. En allemand aussi c'est difficile à trouver (je suis étonné car c'est la véritable apogée de l'Allemagne cette période).

Je peux aussi vous conseiller le livre "Le Deuxième Reich : l'Allemagne de Guillaume II" de Kurtz Harold, un livre très synthétique, voir de vulgarisation, mais qui est plaisant à lire.

Duc de Raguse : merci pour le conseil de lecture sur la biographie de Guillaume II, je ne savais pas trop laquelle prendre !


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Message Publié : 18 Juil 2019 23:00 
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J'ai trouvé un livre intéressant de Hans-Ulrich Wehler nommé en allemand "Das Deutsch Kaiserreich 1871-1918". Vous pouvez le trouver en français sous le titre "Essais sur l'histoire de la société allemande 1870-1914".

Si vous êtes vraiment intéressé par la société allemande de cette époque, je vous le recommande, c'est intéressant (et il y a tellement peu de livre en français sur le sujet qu'on ne va pas bouder son bonheur). :wink:


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Message Publié : 07 Mars 2020 2:00 
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Bonjour à tous mes amis passionnés d'histoire,

Si comme moi vous vous intéressez à l'histoire du Deuxième Reich mais vous trouvez peu d'ouvrage d'en français sur le sujet, je ne peux que vous recommandez "Les Allemands" de Norbert Elias. C'est certes un sociologue (mais ça ne fait pas de mal en tant qu'historien d'explorer d'autres disciplines), mais il s'agit d'un ouvrage historique tentant d'expliquer comment les Allemands ont pu commettre un génocide violent contre les Juifs. Pour expliquer cela, une grande partie du livre revient sur l'histoire (en particularité de la mentalité) de l'Allemagne sous le Deuxième Reich. Je ne peux donc que vous le recommander, il vaut le coup d'oeil.


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Message Publié : 17 Avr 2020 21:59 
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Peu de commentaire, mais je vois qu'il y a quand même prêt de 10 000 vues, c'est que ce sujet ne laisse pas indifférent !

Je suis tombé sur un livre par hasard en allant dans une "vieille" bouquinerie, avant le confinement. Le livre c'est "Le Péril Allemand", de J. Calmette. Livre écrit et publié juste après la guerre, il revient essentiellement sur les relations entre la France et l'Allemagne depuis le traité de Verdu en 843 (un de mes profs disait toujours "là où tout a commencé finalement" c'est vrai que pour peu, l'Europe aurait pu avoir une seule unité, du mois à l'Ouest, mais n'allons pas dans l'uchronie !).
Je mentionne ce livre ici car il y a tout une partie sur la Prusse et l'Allemagne au XIXe siècle, un excellent résumé pour comprendre la politique de Bismarck, cela complète les propos de N. Elias (qui avançait que l'Allemagne avait une aristocratie guerrière, là où les autres pays européens tendaient vers le libéralisme, globalement du moins).

Bon en fait c'est surtout intéressant pour avoir le point de vue d'un intellectuel français juste après la Guerre, car évidemment c'est une analyse très partisane de l'histoire allemande (il mentionne à la fin qu'il faut prendre garde à ce que l'Allemagne ne déclenche pas un Troisième conflit ! lol Bon je rigole, mais néanmoins pour l'anecdote, sachez qu'il y avait encore des partis à l'époque en Allemagne prêt à faire un 3e round ! ), pour l'historien l'Allemagne a toujours été un danger pour l'équilibre européen. Il a un peu bricolé pour la période 1400-1800 (où en réalité l'Allemagne pas encore unifié passera son temps à se faire "rouler" dessus), et il explique que ce sont les méchants Habsbourg qui prennent le relais pour faire du tort à la France !
Mais ça reste néanmoins un livre intéressant et très documenté pour comprendre la mentalité allemande du XIXe siècle, et aussi la monté du nazisme (ça c'est un autre sujet), car il cite pas mal de sources, il ne s'agit pas d'un simple essai où l'auteur tire ses interprétations de nulle part.

Vous aussi n'hésitez pas si vous avez des livres qui se rapprochent du sujet (même en allemand évidemment, mais même dans cette langue là il y a relativement peu d'ouvrages sur la période du IIe Reich).


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Message Publié : 18 Avr 2020 1:45 
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J'ai aussi un livre de Calmette intitulé le Reich allemand au Moyen-Age paru en 1951, mais il a terriblement vieilli.

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Message Publié : 18 Avr 2020 11:31 
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Le livre c'est "Le Péril Allemand", de J. Calmette. Livre écrit et publié juste après la guerre, il revient essentiellement sur les relations entre la France et l'Allemagne depuis le traité de Verdu en 843 (un de mes profs disait toujours "là où tout a commencé finalement" c'est vrai que pour peu, l'Europe aurait pu avoir une seule unité, du mois à l'Ouest, mais n'allons pas dans l'uchronie !).
Je mentionne ce livre ici car il y a tout une partie sur la Prusse et l'Allemagne au XIXe siècle, un excellent résumé pour comprendre la politique de Bismarck, cela complète les propos de N. Elias (qui avançait que l'Allemagne avait une aristocratie guerrière, là où les autres pays européens tendaient vers le libéralisme, globalement du moins).

J'avoue ne pas connaitre l'ouvrage, j'ai simplement comme souvenirs que son auteur était médiéviste - sinon, le nom de Calmette dans cette rubrique évoque plutôt chez moi le directeur du Figaro, mort en 1914, sous les balles de Mme Caillaux ( :mrgreen: ).

Plus sérieusement, le retour que vous nous faites me laisse quelque peu dubitatif. Qu'un médiéviste s'essaie à un ouvrage (essai ?) global, passe encore - d'autres l'ont également fait -, mais le titre retenu (au sortir de la Seconde Guerre mondiale qui peut croire un instant que les Allemands souhaitent et soient seulement en état de "remettre le couvert" ? 8-| ) et les filiations/raccourcis opérés jusqu'au milieu du IXème siècle, via le traité de Verdun, me paraissent quelque peu disproportionnés.
Je ne perçois pas bien non plus en quoi la mentalité des Allemands au XIXème siècle soit responsable de la prise du pouvoir par la NSDAP et Hitler en 1933.
Ces causalités et articulations factices - quel historien peut parler de nations au IX siècle, au milieu d'une lutte entre dynastes francs pour détenir le pouvoir ? -, présentées un peu à l'emporte-pièce, me font penser au fameux Sonderweg.
La date du livre semble correspondre, mais je pensais qu'à l'époque les auteurs étaient avant tout Allemands, le plus souvent de l'école marxiste, (avant la querelle des années 1980) et non Français.
Bref, j'ai peur que nous nagions là en plein déterminisme - peut-être me corrigerez-vous là-dessus Commode-le-clément - et que cette vue de l'esprit s'accorde généralement mal avec les faits et les individus (ou du moins il faut les "tordre" quelque peu pour qu'ils s'articulent fatalement avec la théorie avancée).

Citer :
Mais ça reste néanmoins un livre intéressant et très documenté pour comprendre la mentalité allemande du XIXe siècle

Sous quels aspects est-elle abordée ? (en dehors de la "trahison de classe" manifestée par la bourgeoisie allemande après 1848)

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Message Publié : 18 Avr 2020 19:00 
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Duc de Raguse a écrit :
Citer :
Le livre c'est "Le Péril Allemand", de J. Calmette. Livre écrit et publié juste après la guerre, il revient essentiellement sur les relations entre la France et l'Allemagne depuis le traité de Verdu en 843 (un de mes profs disait toujours "là où tout a commencé finalement" c'est vrai que pour peu, l'Europe aurait pu avoir une seule unité, du mois à l'Ouest, mais n'allons pas dans l'uchronie !).
Je mentionne ce livre ici car il y a tout une partie sur la Prusse et l'Allemagne au XIXe siècle, un excellent résumé pour comprendre la politique de Bismarck, cela complète les propos de N. Elias (qui avançait que l'Allemagne avait une aristocratie guerrière, là où les autres pays européens tendaient vers le libéralisme, globalement du moins).

J'avoue ne pas connaitre l'ouvrage, j'ai simplement comme souvenirs que son auteur était médiéviste - sinon, le nom de Calmette dans cette rubrique évoque plutôt chez moi le directeur du Figaro, mort en 1914, sous les balles de Mme Caillaux ( :mrgreen: ).

Plus sérieusement, le retour que vous nous faites me laisse quelque peu dubitatif. Qu'un médiéviste s'essaie à un ouvrage (essai ?) global, passe encore - d'autres l'ont également fait -, mais le titre retenu (au sortir de la Seconde Guerre mondiale qui peut croire un instant que les Allemands souhaitent et soient seulement en état de "remettre le couvert" ? 8-| ) et les filiations/raccourcis opérés jusqu'au milieu du IXème siècle, via le traité de Verdun, me paraissent quelque peu disproportionnés.
Je ne perçois pas bien non plus en quoi la mentalité des Allemands au XIXème siècle soit responsable de la prise du pouvoir par la NSDAP et Hitler en 1933.
Ces causalités et articulations factices - quel historien peut parler de nations au IX siècle, au milieu d'une lutte entre dynastes francs pour détenir le pouvoir ? -, présentées un peu à l'emporte-pièce, me font penser au fameux Sonderweg.
La date du livre semble correspondre, mais je pensais qu'à l'époque les auteurs étaient avant tout Allemands, le plus souvent de l'école marxiste, (avant la querelle des années 1980) et non Français.
Bref, j'ai peur que nous nagions là en plein déterminisme - peut-être me corrigerez-vous là-dessus Commode-le-clément - et que cette vue de l'esprit s'accorde généralement mal avec les faits et les individus (ou du moins il faut les "tordre" quelque peu pour qu'ils s'articulent fatalement avec la théorie avancée).

Citer :
Mais ça reste néanmoins un livre intéressant et très documenté pour comprendre la mentalité allemande du XIXe siècle

Sous quels aspects est-elle abordée ? (en dehors de la "trahison de classe" manifestée par la bourgeoisie allemande après 1848)


1) Je pense qu'il est important d'avoir à l'esprit, que ces historiens du début du siècle passé (et de la fin du XIXe siècle), étaient de très grands érudit. Médiéviste principalement, ça ne l'empêche pas d'avoir une connaissance de toutes les époques, une grande culture classique, c'est pour ça que ça ne me choque pas de le voir tenter de faire un essai sur ça. Soulignons également que c'est tout à l'honneur de l'auteur de donner sa propre opinion (là où aujourd'hui on impose à un historien d'être soi-disant le plus objectif du monde).

2) Ceci étant dit, je pense que vous m'avez mal lu, ou je me suis mal exprimé, mais je ne pense pas qu'on puisse parler de voie toute tracée (déterminisme). Quand il parcourt le XIXe siècle, il souligne bien que l'Allemagne aurait pu avoir une tout autre destinée si le vil roi de Prusse (pour traduire sa vision des choses) en 1848 n'avait pas réprimé les libéraux (qui lui proposaient la couronne impériale) ! Mais l'Allemagne au XIXe siècle, s'est unie par le sang et le fer, la Prusse et son organisation aristocratique et militariste, ce sont donnée une légitimité en unissant les Allemands grâce à trois guerres victorieuses.
Il revient également sur le pangermanisme et la vision suprémaciste allemande du XIXe siècle (il cite la fameuse phrase qu'aurait dit le Kaiser Guillaume II aurait dit : "pour moi, l'humanité s'arrête aux Vosges"), et rappel que non le nazisme ne vient pas de nulle part (n'oublions pas que le nazisme est une synthèse de tout un tas de courant en Allemagne, y compris des mouvements de gauches aussi). Après, là où pour moi il affabule, c'est de voir en Bismarck un vil être qui complotait contre la paix de l'univers, contre la France, alors qu'on a assez de recul pour comprendre que Bismarck était avant tout un politicien travaillant pour sa nation.
Par cela, il rejoint Norbert Elias, qui par un hasard que seuls les intellectuels peuvent parvenir, a repris également une étude de la violence de la culture allemande.

Etant plutôt germanophile (je veux dire j'aime beaucoup leur histoire et leur culture), il est évident que je vois plus loin, pour moi les Allemands ne sont pas de simples guerrier tout méchant qui veulent écraser l'autre. Mais c'est intéressant effectivement de comprendre, qu'il y avait un culte de la violence très développé au XIXe siècle, surtout dans les classes intellectuelles (donc celles qui dirigeaient l'Allemagne à l'époque, c'est-à-dire beaucoup de juristes et... d'historiens mes amis :P ). Mais là je digresse, car je parle plus de Norbert Elias, qui lui revient sur les Lumières en Allemagne, c'est Goethe et un certain pacifisme libéral. Donc non, comme vous le dites, tout n'était pas déterminé, mais l'Allemagne a emprunté un chemin particulier qui l'a amenée là où elle l'a amenée.

3) Pourquoi je vous conseillerais ce livre ? Pour avoir une vision d'un intellectuel après la Guerre, probablement qu'il écrit à chaud (je n'ai pas lu ses livres suivant mais j'ai des retours et il semble plus "modérés"). Et effectivement, pour beaucoup, la peur était que les Allemands recommencent. Et même s'il n'y avait pas de parti fort pour les représentés, il y avait pas mal de courants dans les anciens officiers qui auraient été motivé par un troisième acte ! Mais il est vrai que son avertissement à la fin du livre peut faire sourire (il met en garde contre le laxisme qui laisserait les Allemands recommencer une nouvelle guerre) !

Avis personnel : quand je rejoins ceux qui disent qu'en 843, tout a commencé, je ne partage pas l'avis d'auteurs qui diraient que dès le départ les Allemands étaient de vil être belliqueux, je souligne juste qu'effectivement, c'est le commencement de l'histoire de deux grandes nations !

J'espère avoir été complet ! :wink:


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Message Publié : 18 Avr 2020 19:29 
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Je n'arrive plus à éditer, mais de toute façon je voulais encore écrire un message.

Donc pour compléter votre excellence Duc de Raguse :P , les sources qu'il utilise, en vrac : des ouvrages sur les relations internationales des époques qu'il explore (du moins au XIXe siècle et durant l'Entre-Deux-Guerres), il prend soin de bien sourcée. Je ne vais pas tous les citer. Il a aussi lu pas mal de protagonistes des deux Guerres, il a notamment lu les mémoires du Kronprinz, il se livre à une analyse de Mein Kampf (et rappel qu'il a fait partie des premiers à mettre en garde contre le projet Nazi car il avait lu Mein Kampf). Mais pour moi la plus intéressante des sources, et je vous la conseille, c'est Les Doctrinaires de la Révolution allemande de Vermeuil. Il en fait un compte rendu, c'est un livre qui revient sur les origines intellectuelles du Troisième Reich, et sur les intellectuels qui ont fait ce qu'on appelle la Révolution-Conservatrice (notamment Spengler, Arthur Moeller van den Bruck, Ernst von Salomon).

Jean-Marc Labat : je voulais vous demander si ce livre est intéressant ? J'ai lu du même auteur son livre sur les ducs de Bourgognes. Au final, ceux qui ont écrit après lui, n'ont pas ajouté grand chose, il me semble que le travail des médiévistes du début du XIXe siècle, est très abouti.


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Message Publié : 18 Avr 2020 23:00 
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Citer :
Soulignons également que c'est tout à l'honneur de l'auteur de donner sa propre opinion (là où aujourd'hui on impose à un historien d'être soi-disant le plus objectif du monde)

Je crois, si je puis me permettre, que vous confondez là objectivité et impartialité.
Faire acte d'Histoire, ou d'historien si vous préférez, ce n'est pas donner simplement son opinion sur telle ou telle chose - n'importe quelle personne peut faire cela - mais bien de faire l'événement historique, l'éclairer par ses questionnements du moment, le (re)construire à la lumière de faits et de sources analysés scrupuleusement, de manière impartiale (objective cela n'existe pas...) et sérieuse.
En agissant ainsi l'historien n'entre, par définition, donc pas dans l'arène - sauf cas exceptionnel - des débats politiques de l'époque étudiée. Sinon, il devient juge et partie - je pense que cela ne vous aura pas échappé - et son travail n'aura rien de scientifique.
Après, je ne nie pas l'érudition de l'auteur cité, je me questionne simplement sur sa démarche.
Votre réponse me donne à penser que je ne m'étais donc pas trop trompé.

Citer :
Il revient également sur le pangermanisme et la vision suprémaciste allemande du XIXe siècle (il cite la fameuse phrase qu'aurait dit le Kaiser Guillaume II aurait dit : "pour moi, l'humanité s'arrête aux Vosges"), et rappel que non le nazisme ne vient pas de nulle part (n'oublions pas que le nazisme est une synthèse de tout un tas de courant en Allemagne, y compris des mouvements de gauches aussi).

C'est assez inquiétant ce que vous nous livrez là sur le contenu de ce livre.
Prendre les propos parfois aussi "lourds" que maladroits de Guillaume II pour argent comptant et comme fil directeur de sa politique est un pas que beaucoup ne feraient pas.
Non, bien entendu, le nazisme ne vient pas de nulle part, mais à lire votre petite recension on pourrait comprendre qu'il est le résultat, pratiquement direct, de la soldatesque prussienne qui étouffa le libéralisme bourgeois après 1848-1849, suivi par les guerres de l'unité avec comme chef d'orchestre le célèbre Otto. La baguette passant de ce dernier à un certain Adolf après l'humiliation de 1918.
C'est un peu simpliste, si vous voulez mon avis.

Citer :
mais l'Allemagne a emprunté un chemin particulier qui l'a amenée là où elle l'a amenée.

Merci de confirmer ce que je pensais : nous nageons en plein déterminisme.
Je ne pense pas qu'un peuple possède un destin particulier, ou alors nous entrons dans des sables mouvants articulés par des postulats théologiques et doctrinaires peu rationnels, mais je ne pense plus que nous soyons encore en Histoire (encore que l'Histoire de ces doctrines soit toujours intéressante).

Je vous pose une question, qui peut se prêter à un petit jeu de what if : pensez-vous que, sans les conséquences économiques de la crise de 1929 et l'arrivée sur la scène politique d'un certain A. Hitler, l'Allemagne aurait emprunté le "chemin particulier" dont vous parlez ?

Citer :
et rappel qu'il a fait partie des premiers à mettre en garde contre le projet Nazi car il avait lu Mein Kampf

J'irai voir de plus près ce Calmette, mais là où Lyautey a échoué - c'est ce dernier qui signe la mise en garde des premières versions de Mein Kampf traduit en français - il est difficile de réussir. :wink:

Je vous remercie pour vos conseils sur les origines intellectuelles du Troisième Reich, les auteurs que vous citez me sont connus.
Je m'interrogeais simplement sur Calmette, vous avez donc répondu à la plupart de mes interrogations.
Pour le reste j'irai lire cela de plus près. :wink:

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Message Publié : 19 Avr 2020 10:51 
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1) Non non, nous parlons bien d'objectivité. C'est ce vers quoi doit tendre tout historien. Que ça n'existe pas, c'est une chose, mais c'est pourtant vers quoi doit tendre l'historien. Je dois dire que Calmette ici, dans son essai, il est honnête sur ses intentions. Il utilise plutôt ses capacités d'historiens pour étayer sa thèse.

2) N'extrapolez pas mes propos ni ceux de Calmette. D'ailleurs achetez-vous le livre, moi je ne fais qu'un cours compte-rendu (et un peu "saccadé" car hier soir j'écrivais entre-deux rendez-vous professionnel, le télétravail n'empêche pas qu'on travail !). Quoi qu'il ne fonde pas son argumentaire sur la seule phrase de Guillaume II, il l'utilise (et moi aussi d'ailleurs) pour montrer la mentalité allemande à cette époque, y compris de ses dirigeants. Ayant beaucoup lu sur le sujet, il serait malhonnête de penser que seul Guillaume II pensait ainsi et que le reste des Allemands étaient des pacifistes humanistes (note : une nation n'est pas un bloc monolithique, bien sûr qu'il y avait des humanistes, mais ils ne dominaient pas la scène politique).

3) Je dois dire que je me suis fais un malin plaisir de formuler comme j'ai formulé... lol Mais non, il n'y a pas de déterminisme dans ce que je viens d'évoquer (à titre personnel du moins). Pour Calmette peut-être, pour Norbert Elias certainement pas. Expliquer comment la violence des Allemands et le nazisme ont été possible, ça n'a rien de déterministe, c'est juste faire un travail d'historien : relever des explications. Nier l'influence du pangermanisme, nier le système politique particulier de l'Allemagne à cette époque, nier la mentalité "viriliste" qu'il y avait à l'époque, ça n'aurait aucun sens, cela serait du relativisme (chose beaucoup plus grave que le déterminisme, et on retrouve ça beaucoup actuellement dans les sciences humaines...). Après c'est le droit de l'historien d'utiliser la théorie de la sonderweg si c'est fait dans un but scientifique, dans une tentative d'expliquer comment s'est formée l'histoire allemande.

Sans 1929 est-ce que le nazisme serait arrivé au pouvoir ? C'est possible, cette crise n'a été qu'un accélérateur, ce qui a fait le lit du national-socialisme c'est le pangermanisme très présent en Allemagne, la défaite de 1918, le soutient de ce qu'on a appelé les révolutionnaires-conservateurs, pas seulement 1929. Et encore, on pourrait même aller dans la philosophie politique et parler de la quête de sens que recherchaient beaucoup d'individus... Quoi qu'il en soit si ce n'était pas le nazisme qui s'était imposé, cela aurait pu être un autre mouvement. Peut-être moins violent, mais tout aussi revanchard et suprémaciste.
Mais l'historien ne se limite qu'aux faits. Le nazisme s'est imposé et a été la synthèse d'idées qui avaient court en Allemagne (et j'ai déjà écrit suffisamment d'articles sur les origines intellectuels du nazisme pour le comprendre sans vantardise...).

Chaque peuple ne possède pas un destin écrit à l'avance, mais chaque peuple à ses mentalités, son histoire particulière, et quand un processus est lancé, il peut être difficile de l'arrêter.

Quoi qu'il en soit, si ça petit débat a été intéressant, ne nous attardons pas non plus sur ce livre, qui est simplement anecdotique. Il est intéressant à lire pour comprendre la mentalité d'une époque, pour la synthèse (certes partisanes) qu'il offre, l'air de rien parce que Calmette pour le coup est "visionnaire" puisqu'il évoque une thèse proche de ce qu'expliquera plus tard l'historien allemand Heinrich August Winkler. Néanmoins, il ne faut pas non plus sombrer dans cette vision que la démocratie libérale serait l'aboutissement de tout peuple (du moins Occidental), souligner le régime politique allemand est simplement un facteur expliquant en quoi l'Allemagne était différente de ses contemporains. Mais n'est-ce pas le travail de l'historien d'être critique et de comprendre pourquoi des évènements ont eu lieu ?


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Message Publié : 19 Avr 2020 11:16 
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Autre sujet :

Ici j'ai également deux livres à citer. Cette Afrique qui était allemande de Bernard Lugan. Le livre revient sur l'histoire coloniale allemande ainsi que sur le conflit de 1914-1918 dans les colonies allemandes. Je pense ce livre plus intéressant que son autre livre sur les colonies allemandes, qui s concentre principalement sur l'"épopée" de von Lettow-Vorbeck. Le livre en lui-même possède une bibliographie très riche.

Un autre livre beaucoup moins connu, La conquête des colonies allemandes : Naissance et mort d'un rêve impérial de Rémy Porte. Là j'ai eu l'occasion de le feuilleter (mais il n'était pas très neuf je ne l'ai pas pris), je trouvais le livre très complet, il se concentre sur la guerre 1914-1918 dans les colonies allemandes. Très synthétique.

Quoi qu'il en soit, c'est un sujet aussi intéressant et vaste, cela concerne aussi le Second Reich, et je constate qu'il y a un gros vide sur le sujet.


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