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Message Publié : 16 Avr 2012 9:06 
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Eginhard
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Par ailleurs, vous avez tout à fait raison : les agencements des cabines de première classe ainsi que des accompagnements, tels que salle à manger, bar, fumoir, etc ... se devaient d'être le plus attrayant possible pour une clientèle privilégiée et exigeante, mais aussi complètement dans son époque.

Peut-être même plus que l'ensemble du corps social, dans la mesure ou ces happy fews étaient aussi celles et ceux qui "créaient" le goût.

Au début du XXème siècle par exemple, on est en pleine redécouverte du mobilier Louis XVI : pas de souci, la salle à manger des première classe du Titanic sera meublée en style Louis XVI.

Pour ce qui était des première classe en effet, le client était roi, car il ne faut pas oublier que les paquebots sont aussi des hôtels de luxe qui flottent (enfin, normalement ... :mrgreen: )

En revanche, si vous vous êtes penché sur l'ameublement et la décoration d'un paquebot tel que le Titanic, vous aurez remarqué que, bien évidemment, les salles à manger des troisième classe ne sont pas meublées en style Louis-Philippe ni en art nouveau ! C'est forcément beaucoup plus sommaire.

Les Liners étaient de ce point de vue de stupéfiants raccourcis sociologiques, jusqu'à la caricature.

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"Notre époque, qui est celle des grands reniements idéologiques, est aussi pour les historiens celle des révisions minutieuses et de l'introduction de la nuance en toutes choses".

Yves Modéran


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Message Publié : 21 Avr 2012 14:10 
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Eginhard
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En me relisant, je viens de découvrir une énorme coquille !

La largeur maximale des navires de la classe "Olympic" n'était évidemment pas de 58,21 mètres, mais de 28,21 ...

C'est déjà pas mal :oops:

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Yves Modéran


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Message Publié : 21 Avr 2012 14:27 
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Eginhard
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Parmi les "malédictions" du Titanic, je voudrais un instant revenir sur un épisode qui a eu de lourdes conséquences dans l'enchaînement des circonstances.

Ainsi que je l'ai évoqué, la taille des nouveaux paquebots construit par Harland et Wolf pour la White Star avait amené à privilégier, comme port de départ, Southampton à Liverpool qui ne disposait pas de quais suffisamment grands pour accueillir la nouvelle génération de Liners.

Face à Southampton se trouve l'île de Cowes, célèbre pour ses régates.

Pour quitter Southampton, il faut donc contourner cette île, par l'ouest ou par l'est. La passe nommée "Ambrose's pass" est préférée en général car plus large.

En novembre 1911, l'Olympic quitte Southampton pour Cherbourg et prend la passe d'Ambrose.

Il croise alors un croiseur de bataille de la Navy, le Hawke, qui rentre au port. Un croiseur de combat est une belle bête, mais reste bien petit, avec ses moins de cent mètres, comparé au Super Liner.

Alors que les deux navires se croisent, l'Olympic, en avant lent et par le seul effet de sa masse, aspire à lui le Hawke.

Le commandant du croiseur donne alors l'ordre de mettre la barre à gauche au maximum, et de mettre les machines en arrière toute. Rien n'y fait, le Hawke fait un tête à queue et vient percuter la poupe de l'Olympic.

Du navire de guerre, rien ne reste de l'étrave ... L'Olympic pour sa part présente un grand trou à l'arrière.

L'Olympic stoppe là sa traversée : il fait immédiatement retour à Southampton, débarque ses passagers qui, pris en charge par des trains affrétés par la White Star, rejoignent Liverpool pour être réembarqués sur des paquebots mobilisés d'urgence, et pour sa part fait route vers Belfast, son chantier natal.

A Belfast, le Titanic est en finition quand l'Olympic accidenté arrive.

On le remet dans la darse n°1, et on vérifie les dégâts, qui s'avèrent graves, dans la mesure ou plusieurs ponts de l'arrière ont leurs tôles soulevées. Il faut refaire toute la poupe du paquebot.

Harland et Wolff mobilise alors ses équipes d'ouvriers, qui pour beaucoup quittent le Titanic pour venir réparer le grand frère.

En 18 jours, en travaillant jour et nuit, Olympic est à nouveau prêt à reprendre la mer.

Mais ce décalage a joué sur le planning du Titanic.

Son voyage inaugural était prévu pour le 20 mars. Il partira finalement le 10 avril.

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Message Publié : 21 Avr 2012 16:04 
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Passionnant. Merci de nous avoir fait partagé cela !

CNE503

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"Sicut Aquila"/"Ils s'instruisent pour vaincre"/"Par l'exemple, le coeur et la raison"/"Labor Omnia Vincit"/"Ensemble en paix comme au combat"/"Si Vis Pacem Para Bellum"


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Message Publié : 21 Avr 2012 16:40 
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Inscription : 03 Jan 2008 23:00
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Merci beaucoup CNE503 !

J'avoue avoir un peu hésité avant de lancer le fil, craignant que l'aspect "fait divers" de cet évènement paraisse un peu léger dans le forum.

Obelix m'a demandé mes sources dans un précédent post, et je lui dois toutes mes excuses pour n'avoir répondu que très partiellement.

La littérature (sérieuse) en langue française sur l'histoire du Titanic et de sa compagnie est assez fouillée mais relativement limitée.

Philippe Masson, aujourd'hui décédé, avait à la fin des années 90 écrit un livre très intéressant pour qui veut se pencher sur les questions des politiques commerciales des grandes compagnies de navigation de l'époque, ainsi que sur les problématiques en matière de sécurité navale que le naufrage a évidemment posé.

J'ai évoqué le livre de Walter Lord "a night to remember", écrit au milieu des années 50, qui reste une valeur sûre en matière de témoignages, et qui fut suivi, par le même auteur, de "the night lives on" : les deux recueils de témoignages sont disponibles en français, en cherchant sur le net.

Plus récemment, Gérard Piouffre, en 2009, a publié une synthèse très bien écrite, et que j'ai éhontément utilisé, intitulée "le titanic ne répond plus", publié dans la collection Hachette "l'histoire comme un roman", intitulé de collection qui ne peut que faire fuire tout passionné d'histoire qui se respecte ...

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Message Publié : 21 Avr 2012 16:47 
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Inscription : 03 Jan 2008 23:00
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Parmi les sources internétiques (soyons modernes) il est à citer deux sites très bien faits, même s'il ne faut pas tout prendre comme absolu dans ce qui y est écrit :

- pour le net en langue française, tout simplement le "forum Titanic", lieu de rencontre de passionnés de l'histoire des grands paquebots de la White Star et plus spécifiquement, bien sûr, du navire éponyme du forum.

Comme sur tout forum (n'est-ce pas, camarades administrateurs et modérateurs ?) il y a échanges d'opinions, et nous ne sommes donc pas là dans l'étude scientifique de l'évènement. On y trouve cependant des choses passionnantes sur tels ou tels membres d'équipage ou passagers, ou sur les conditions de construction des grands paquebots par Harland et Wolff.

- pour le net en langue anglaise, le must reste "encyclopedia titanica", qui en plus donne les liens vers les sites des sociétés historiques consacrées à l'affaire, et qui sont plus nombreuses qu'on pourrait le penser.

Attention cependant, la société française d'histoire du Titanic (composée entre autres d'anciens officiers de marine) met en garde à propos de l'encyclopedia titanica : tous ses articles ne sont pas à prendre pour argent comptant, même en sterling d'avant 1914 !

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Message Publié : 21 Avr 2012 18:16 
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association française du Titanic

http://aftitanic.free.fr/conventions.html

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C'est l'ambition qui perd les hommes. Si Napoléon était resté officier d'artillerie, il serait encore sur le trône.

Mr Prudhomme


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Message Publié : 21 Avr 2012 21:45 
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Salluste
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Inscription : 08 Mars 2009 21:18
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La Saussaye, ne vous excusez pas : j'ai voulu reprendre des lectures aussi sur la question, et rien à faire : pas assez de temps actuellement, bien que je prévoie d'aller faire un tour dans les fonds de la Doc du musée de la Marine, pour creuser un peu la question des aménagements des liners de luxe.
Pour l'incident de l'Olympic : merci, très intéressant. Je me souviens avoir lu, mais je ne sais plus du tout où que le Titanic avait failli envoyer par le fond un frêle bateau répondant au nom de "NewYork" et que d'aucun y avait vu un sinistre présage. Vrai ou faux ? Et ce qui me surprend encore plus : au vu du départ avorté de l'Olympic, comment ce même type d'évènement a-t-il pu se reproduire quelques temps après ?

Sujet général passionnant en tout cas, absolument pas fait divers !

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"Je souhaite que les conquérants à venir apprennent à ne pas dépouiller les villes qu'ils soumettent, et à ne pas faire des calamités d'autrui l'ornement de leur patrie"

Polybe, Histoires, Livre IX (chap.3).


Dernière édition par Obélix le 21 Avr 2012 21:51, édité 1 fois.

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Message Publié : 21 Avr 2012 21:47 
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Salluste
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Inscription : 08 Mars 2009 21:18
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Localisation : Lutèce
Obélix a écrit :
La Saussaye, ne vous excusez pas : j'ai voulu reprendre des lectures aussi sur la question, et rien à faire : pas assez de temps actuellement, bien que je prévoie d'aller faire un tour dans les fonds de la Doc du musée de la Marine, pour creuser un peu la question des aménagements des liners de luxe.
Pour l'incident de l'Olympic : merci, très intéressant. Je me souviens avoir lu, mais je ne sais plus du tout où que le Titanic avait failli envoyer par le fond un frêle bateau répondant au nom de "NewYork", et que d'aucun y avait vu un sinistre présage. Vrai ou faux ? Et ce qui me surprend encore plus : au vu du départ avorté de l'Olympic, comment ce même type d'évènement a-t-il pu se reproduire quelques temps après ?

Sujet général passionnant en tout cas, absolument pas fait divers !

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Message Publié : 21 Avr 2012 22:30 
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Jean-Pierre Vernant
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Inscription : 08 Juin 2009 10:56
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Je trouvais ce développement déjà très intéressant mais s'il devient en plus dynamique, que demande le peuple! ;) Puisqu'on est dans cette perspective est-ce que l'on pourrait en savoir plus sur le devenir de l'Olympic après le naufrage de son jumeau? Est-ce qu'il y a eu des mouvements de craintes à son égard?

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Scribant reliqua potiores, aetate doctrinisque florentes. quos id, si libuerit, adgressuros, procudere linguas ad maiores moneo stilos. Amm. XXXI, 16, 9.


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Message Publié : 21 Avr 2012 23:02 
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Eginhard
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Chers amis, pour tenter de répondre à vos questions :

- en ce qui concerne l'Olympic, Pedro, il a navigué et fait une carrière sans aucun problème jusqu'à son désarmement en 1935. Il était surnommé le "vieux fidèle" en raison de sa ponctualité et de sa sécurité (...).

En revanche, pour ce qui est des mouvements de crainte, le plus impressionnant fut qu'à son retour en Angleterre 294 des membres d'équipage désertèrent du bord en exigeant que soient prises des mesures en matière d'embarcations de sauvetage.

Etrangement, il ne semble pas en revanche que la clientèle, pour sa part, l'ait déserté, alors même que sa ressemblance était forcément frappante avec le malheureux Titanic. L'on peut voir des photos du début des années 30 aux quais de Southampton : parmi des grands paquebots se trouvent les quatre cheminées si reconnaissables des Super Liners qu'avait voulu lancer la White Star : c'est ce bon vieil Olympic.

- En ce qui concerne l'affaire du New York, c'est tout à fait vrai, cher Obelix, mais le mauvais présage, comme souvent, a été évoqué ensuite.

En fait, lorsque le Titanic, à Belfast, a lancé ses machines pour la première fois, il s'est mis à déraper et sa coque a commencé à s'approcher dangereusement du New York (qui n'était d'ailleurs pas un petit rafiot, mais un paquebot de classe moindre).

Le commandant E.J. Smith, excellent professionnel, a immédiatement donné les ordres en machine pour éviter le choc, pendant que les remorqueurs faisaient toutes pompes pour freiner le ripage. Le tout nouveau paquebot s'est arrêté à moins de deux mètres de la coque du New York ; un gros coup de bol !

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Message Publié : 21 Avr 2012 23:06 
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A noter qu'une aventure similaire est arrivée au paquebot de la Générale Transatlantique "Ile de France".

Lors de son départ des chantiers de Saint Nazaire, il s'est littéralement précipité sur l'écluse.

Par un coup de pot phénoménal, l'un des officiers de la capitainerie du port a vu le mouvement s'enclencher, et s'est précipité à l'écluse.

Elle s'est ouverte au moment ou la proue arrivait dessus ...

Et non seulement personne n'a invoqué le mauvais sort pour l'Ile de France, mais il a même été le seul à recevoir l'extraordinaire surnom de "Saint Bernard de l'Atlantique", car sa carrière, incroyablement heureuse, l'a amené plusieurs fois à effectuer des sauvetages dont le plus célèbre est resté celui de l'Andrea Doria.

Comme quoi, pour le Titanic on a ensuite parlé d'un mauvais oeil dès le départ, pendant que pour l'Ile de France on a dit qu'il était heureux dès le début !

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Message Publié : 21 Avr 2012 23:31 
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Trop tard pour la fonction "éditer" sur mon post précédent : aaarggghhh !

Cher Obelix, pour dire que l'épisode du départ du Titanic n'a donc eu pas de rapport technique avec l'accident de son sistership l'Olympic en novembre précédent.

(Sistership car nos belles anglaises sont du genre féminin !)

La conclusion, évidente d'ailleurs, du Board of Trade après l'accrochage avec le Hawke fut qu'il était fortement conseillé aux autres navires de se tenir éloigné des nouveaux Super Liners pendant les maneuvres d'appareillage et de sortie des ports ...

Je crois que, même moi j'aurais pu le dire ! lol

Pour paraphraser le cher et regretté Audiard : quand un paquebot de 300 mètres de long cause, ceux qui en font 100 ont tendance à l'écouter ...

Ce qui me rappelle un souvenir personnel étonnant : l'arrivée en grande rade de Cherbourg de Queen Elizabeth II, alors qu'elle ramenait en Europe les cendres de Bela Bartok.

Tous les navires en rade, particulièrement les ferries, dont les super-lourds qui font la traversée vers l'Irlande, le saluèrent de leurs sirènes.

Et elle a répondu ... j'étais en haut du mont du Roule à Cherbourg et j'entends encore le phénoménal hurlement de sa sirène, envahissant la rade cependant que ce géant arrivait au milieu de nains ...

Ainsi le cherbourgeois de naissance que je suis a eu la chance d'assister au moins une fois à ce spectacle stupéfiant, quand des gens plus âgés me racontaient avoir vu jusqu'à cinq de ces géants des mers accostés, bord à bord, avant la guerre, au quai de France, en partance pour les Etats-Unis.

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Message Publié : 22 Avr 2012 1:00 
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Il y avait un troisième Super Liner en construction lorsque le Titanic a sombré.

Il devait se nommer "Gigantic". La catastrophe rendit la White Star plus humble, mais il fallait bien que le navire soit livré.

L'économie de cette époque était déjà mondiale, pour ne pas dire mondialisée. Si la White Star Line dépendait, via une autre société, de l'International Mercantile Marine, les chantiers Harland et Wolff, les plus importants du monde en 1910, avaient eux aussi des parts de la White Star.

Aucun contrat n'avait été signé pour la réalisation des trois merveilles de la White Star. Le Président Ismay avait signé, en 1907, une lettre-accord. Cela suffisait car la confiance était de règle, et le monde petit pour ces très grands patrons.

Harland et Wolff, eux-même sous le choc de la catastrophe, n'en continuent pas moins la construction du Gigantic.

La navire est prêt au début de l'année 1914.

Il est lancé le 26 février 1914, mais on a changé son nom en "Britannic".

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Message Publié : 22 Avr 2012 1:19 
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Le Gigantic, devenu Britannic, devait initialement surpasser encore en luxe ses deux prédécesseurs.

Mais les évènements ont fait qu'il est finalement lancé avec un minimum d'effort quand au luxe et au confort : le coeur n'y est plus, comme les finances d'ailleurs, car la White Star est en train, à la suite de son fleuron, de s'enfoncer lentement mais sûrement.

Elle survivra cependant quelques années au troisième de ses Super Liners. La crise de 29 l'achèvera, et elle sera rachetée en 1935 par la Cunard, qui lancera alors le programme "Queen".

Le Britannic, pour sa part, ne fera jamais la traversée atlantique pour laquelle il avait été conçu.

En effet, lancement de la coque ne signifie pas mise à la mer : le navire devait être opérationnel en septembre 1914 ...

Les évènements font qu'il est mobilisé dès qu'il est prêt, le 12 décembre 1915. Il est équipé de 58 canots de sauvetage (à comparer aux 16 du Titanic).

Il est aussitôt utilisé en tant que navire hôpital.

Le 21 novembre 1916, faisant route vers Gallipoli, il saute sur une mine dérivante laissée par un sous-marin allemand, au large de la Grèce. Il coule par tribord.

Lui ne fera que peu de victimes, mais dans des circonstances affreuses : la rapidité du naufrage fait que les machines ne sont pas mises à l'arrêt : quand il plonge par l'avant, ses hélices tournent encore : elles broieront deux canots de sauvetage et leurs occupants.

Le Britannic repose aujourd'hui par 120 mètres de fond. Le commandant Cousteau et ses équipes l'ont retrouvé en 1975, et ont procédé sur son épave aux premières recherches sous-marines permettant de restituer ce qu'avait été un Super Liner comme le Titanic.

L'épave du Britannic reste la plus grande épave accessible (sans moyens hors du commun) au monde.

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Yves Modéran


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