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Puisque nous parlons par ailleurs des différences idéologiques entre Barrès et Maurras, je propose ici un petit résumé de la carrière de Maurras que j'ai eu l'occasion de faire dans un cadre scolaire.


Charles Maurras voit le jour à Martigues le 20 avril 1868, il souffre dès sa jeunesse d'une santé fragile, et notamment d'une surdité qui l'oblige à renoncer à la carrière de marin que la tradition familiale le prédisposait à embrasser. Charles Maurras grandit dans un milieu traditionaliste et fait ses études au collège catholique d’Aix-en-Provence.
De fait, le tournant de sa jeunesse qui change le cours de sa vie est son arrivée à Paris en 1885. Il vient y tenter sa chance, comme de nombreux jeunes hommes, dans les milieux intelectuels et litteraires.
Dès son arrivée, il le confiera lui même, il est choqué par certains aspect de Paris, si différent de Martigues. Il s'étonne de la présence en grand nombre d'étrangers, et voit vite en eux des ennemis de l'interieur, agissant comme autant de cancers qui désagregeraient la France de l'Interieur. De plus, sa Provence natale vient vite à lui manquer, d'où son adhésion au Felibrige (mouvement de restauration de la langue provençale fondé par Mistral), dont il créera vite un mouvement dissident ("l'Ecole parisienne du Felibrige"), qui tient réunion au Procope, et qui contrairement aux disciples de Mistral rejette l'héritage révolutionnaire.
On trouve déjà en germe, dans les impressions de ce jeune parisiens exilé de sa Provence les futures idées forces du nationalisme intégrale: xénophobie, sentiment de décadence, psychose du complot (judéo-maçonnique), volonté de décentralisation; seul le royalisme manque alors à l'appel.
Lors de son premier vote, en 1889, Maurras est amené à voter pour le candidat boulangiste (Naquet, qui est juif), par esprit de discipline, car si il approuve les grandes lignes du boulangisme, il peine à se résigner à voter pour un candidat juif. Cela ne sera pas pour lui faire apprécier la démocratie.
Mais pour l'instant Maurras ne s'interessent pas directement, dans l'optique d'y faire carrière, à la politique. Il est venu à Paris pour y faire carrière dans les lettres et s'attèle à cette tâche. Aussi, quand Barrès lui propose de contribuer à son journal La Cocarde (revue boulangiste républicaine dirigée par Maurice Barrès), c'est avec empressement que Maurras accepte. Il publie dans divers journaux et revues chrétiens ou réactionnaires des critiques littéraires qui lui permettent d'acquérir une certaine renommée dans le cénacle des lettres parisiennes. Ses articles sont nourris d'un même leitmotive: une conception classique de la « véritable » pensée française, contre les excès irrationnels du romantisme, qu’il considérait comme une forme de décadence. Il est en effet attiré par l'esthétique gréco-latine, qu'il a pu apprécier notamment lors de son voyage en Grèce en 1895 pour couvrir en tant que journaliste les jeux olympiques. Il s’y faisait le chantre d’une conception classique de la « véritable » pensée française, contre les excès irrationnels du romantisme, qu’il considérait comme une forme de décadence. Opposé à la Réforme, au romantisme et à la Révolution, enfin, il est de longue date germanophobe et ce penchant n'aura de cesse d'augmenter.
C'est l'affaire Dreyfus qui va marquer le tournant de sa carrière et le propulser sur le devant de la scène politique. Il se fait en effet dès le début, au travers de ses articles, l'un des plus fervents anti-dreyfusards. C'est l'élèment déclencheur et moteur du nationalisme intégral. En effet, l'Affaire met au jour deux visions du monde irréductibles l'une à l'autre: la raison d'Etat d'un côté, l'idée des droits et de la liberté individuelle de l'autre. Maurras se met au service de la première. Il y a tournant en ce sens que jusqu'à l'Affaire, les divers nationalisme (d'un Barrés ou d'un Déroulède) s'étaient enracinés dans les suites de la défaite de 1870, sur l'humiliation, l'amputation du territoire national et le désir de revanche. Aucun d'eux ne mettait cependant en cause la légitimité du régime au pouvoir (ils en acceptaient à tout le moins le principe).
Après le choc de l'Affaire Dreyfus, la doctrine de Maurras atteint sa maturité.

Sa doctrine qui va se former à cette époque est le fruit d'un agrégats de lectures assez diversifiés. De Schopenhauer, il reprend le pessimisme (notamment quant à l'avenir de la France, l'idée de Décadence); de Taine, lui vient le sentitment de déterminisme. Il faut aussi citer Anatole France qui endurcira son paganisme, Barrès qui le sensibilise au patriotisme, et Mistral qui stimule son amour du terroir. Et surtout le positivisme de Comte permet à l'agnostique qu'il est de définir un ordre moral et politique en dehors de toutes références religieuses. Enfin Maistre et Bonald apportent des arguments à son traditionalisme et à son côté réactionnaire, cependant que Le Play et La Tour du Pin précisent ses idées sociales et familiales. Il a bien sûr également lu Drumont, et il va bientôt pouvoir tirer profit de cette lecture...
Le maurrassianisme, qu'il qualifie de "nationalisme intégral" est un néo-royalisme, royalisme nouveau parce que Maurras, fidèle à sa pensée philosophique, ne croit pas au droit divin des rois. S'il prône la monarchie héréditaire, c'est que l'éducation lui semble primordiale dans la formation d'un roi comme dans celle de n'importe quel travailleur, et quelle meilleure éducation que celle de la famille et du milieu? Il s'agit en quelque sorte d'une famille de spécialistes. On décèle bien ici l'influence positiviste de Maurras. Le maurrassianisme en lui même part, et Maurras insiste sur ce point, d'une constatation (et pas d'un a priori: c'est en regardant l'histoire de manière objective, positive, par un examen critique, une méthode scientifique, que Maurras prétend déceler la supériorité de la monarchie). Dès lors, le principal objectif de l'Action Française est d'aboutir à une Restauration monarchique car la République est le plus mauvais des régimes selon lui. Cependant, les arguments employés par Maurras pour discrediter le système républicain sont différents de ceux des royalistes traditionnels. Pour Maurras, la République, c'est l'irresponsabilité par la dillution, le partage des responsabilités entre des centaines d'hommes à l'action éphémère dont aucun n'assume en conséquence la responsabilité de ses actions. C'est aussi le régime de l'oubli: la République n'a pas de mémoire (d'où une politique extérieure sans continuité dénoncée dans Kiel et Tanger). Un régime soumis aux bons vouloir d'un électorat volatile est voué à la démagogie alors que personne ne prend la défense des interêts supérieurs du pays.
La monarchie que Maurras appelle de ses voeux ne doit pas être constitutionnelle, il souhaite une monarchie forte et pleine. Cependant, celle-ci doit être décentralisée. C'est ici un rejet du jacobinisme et de la décadence révolutionnaire. Et la leçon de l'Affaire Dreyfus se trouve réafirmer: l'individu ne doit pas primer sur l'Etat, or c'est le cas dans la République, pour restaurer l'autorité de l'État, il faut à celui-ci la durée et l'unité de commandement, soit l'hérédité et la monarchie.
Sur le plan intérieur, Maurras souhaite comme on l'a vu voir les étrangers ("les métèques", les juifs et les protestants) chassés, ceux ci constituant avec les Franc-Maçons ce qu'il appelle "l'anti-France". De plus son néo-classicisme et son attirence pour la culture antique en font un fervent traditionaliste, adepte des traditions et du patriotisme.
Les principes fondamentaux du nationalisme intégral sont donc le royalisme, la xenophobie, l'antisémitisme, le traditionalisme réactionnaire et le patriotisme.


Fondée par Pujo (journaliste) et Vaugeois(prof de philo) en 1898, l'Action Française se veut réactionnaire, xénopobe et anti-parlementaire, soit une bonne partie du programme de Maurras. Maurras va y approter la touche finale: le néo-royalisme. Par cette prise de position royaliste, Maurras perd le soutien de Barrés et de nombreux militants. Cependant, il va vite réussir à féderer autour de lui un solide noyau convaincu de la supériorité du royalisme tel que le souhaite Maurras. On retrouvera successivement, pas tous du début ni jusqu'au bout, de grandes personnalités telles Léon Daudet, Brasillach, Gaxotte, Bernanos, Bainville, et un nombre croissant de militants de base.
Maurras souhaite, avant toute chose, faire connaitre sa doctrine, c'est pourquoi il oeuvre avec acharnement afin de créer un quotidien, ce qui sera chose faite en 1908, avec L'Action Française, sous titré d'une devise prononcée par le Duc d'Orléans: "Tout ce qui est national est notre." Le journal se caractérise, au delà des traditionnels aspect du milieu réactionnaire, par une gérmanophobie exacerbée. Il est distribué par les "Camelots du roi", unité de propagande et d'agitation, qui perturbe violemment la vie du quartier latin dans les années 1910. C'est à cette époque que l'Action Française atteint l'apogée de son influence. S'y retrouvent des catholiques frustrés par le déroulement de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, toute une petite bourgeoisie xénophobe, mais également dans une moindre mesure des ouvriers qui sont très courtisés par l'Action Française.
Lorsqu'éclate la guerre en 1914, Maurras se fait le chantre de l'Union Sacrée, et soutient avec ferveur l'effort de guerre qui doit humilier les allemands qu'il abhorre. La guerre gagnée, il s'oppose au traité de Versailles et au briandisme qu'il estime bien trop favorable à l'Allemagne.
Après 1914, l'influence de l'Action Française sera encore forte, mais l'idée d'une restauration deviendra de plus en plus irréalistes.
En 1919, l'Action Française veut profiter du retour en force de la droite pour s'introduire dans le jeu parlementaire. Pour les legislatives, elle mêle ses candidats à des républicains du bloc national dans des listes mixtes. Ce fut une réussite avec 30 députés au Palais Bourbon (dont Léon Daudet, député de Paris). Mais cette réussite électorale rend un peu plus floue les positions de l'AF, notamment son monarchisme. En effet, l'AF semble se muer en une aile droite du grand parti conservateur et nationaliste qui soutient Poincaré dans sa politique d'intransigeance à l'égard de l'Allemagne. Mais dès les legislatives de 1924, remportées par le cartel des gauches, les néo royalistes sont battus en brèche, Léon Daudet perd son siège et toutes ses illusions de conquète par l'intérieur.
C'est alors, en décembre 1926, qu'intervient la condamnation pontificale (Pie XI) de la majeure partie de ses écrits puis de son mouvement: l'église, qui commence à se rapprocher de l'idéal démocratique et ne voit pas d'un bon oeil cet homme qui soutient l'Eglise (pour la raison d'état) tout en étant agnostique et hostile à la foi catholique. Maurras dirige en effet un mouvement dont l'écrasante majorité des membres est catholique, et l'Eglise craint le pouvoir de cet agnostique sur ses disciples. Il y a risque d'un détournement des chrétiens de la pure foi, au profit d'une religion nouvelle, païenne celle ci, celle de la Patrie. La lecture de l'Action Française est interdite aux catholiques. Cette mise à l'index divise les catholiques, dont certains comme Bernanos restent fidèles à Maurras, tandis que d'autres, tels Maritain, se plient aux volontées du pape. L'année suivante, Julien Benda publie sa Trahison des clercs, où Maurras est indirectement visé. Maurras n'en continue pas moins son action sans se renier. En 1935, il milite en faveur d'une alliance avec Mussolini puis avec Franco. Par contre, il s'oppose clairement à Hitler à cause de sa germanophobie.
C'est dans les années 30 que certains membres, lassés de l'immobilisme et de la pusillanimité de Maurras, quitte le mouvement pour se tourner vers le fascisme (Brasilach, Rebatet, Darnand...)
Assez paradoxalement, il soutient les accords de Munich et s'oppose au déclanchement d'une guerre dont il pressent trop bien la tragique fin en raison de l'impréparation de la France. De plus, il craint trop que cette guerre ne permette l'implantation du communisme en France.
Il est enfin, après plusieurs tentatives, élu à l'Académie Française en 1938. Il ne faut pas oublier que parralélement à son action politique, Maurras s'est toujours voulu un homme de lettre.
En 1940, il quitte Paris pour Lyon où il poursuit ses activités journalistiques, en s'opposant à la fois aux collaborateurs et à ceux qu'il qualifie de "dissidents" londoniens. Il se rallie ensuite au régime de Vichy, éstimant que seule une collaboration gouvernementale, telle que la défend Pétain est acceptable.Le régime de Vichy est par ailleurs fortement inspiré de la doctrine de Maurras, qui tient un rôle de premier ordre dans ce "syncrétisme de la réaction conservatrice" (M. Winock) que constitue l'Etat Français.
Arreté en 1944, il est jugé et condamné à la dégradation civique et à la détention perpétuelle. A Riom puis à Clairvaux, il poursuit son œuvre tant politique que littéraire. Gracié en raison de sa santé, Maurras finit ses jours dans une clinique où il meurt le 16 novembre 1952.

Le maurrassianisme vient donc prendre le relais des courants réactionnaires nés des scandales républicains (Panama, Dreyfus...) tel le boulangisme. L'opinion publique est alors très encline à recevoir un message traditionaliste, patriotique et xenophobe. C'est pourquoi l'Action Française rencontre très vite le succés et incarne les espoirs de beaucoup.
Il faut surtout souligner le coup de force de Maurras qui parvient à imposer au nationalisme (dont on a vu qu'il été déjà fort avant lui) le royalisme (auquel peu de gens tenait). Maurras su s'imposer au nationalistes (qui le précédaient) et imposer sa doctrine à ceux ci. Ceci dit, force est de constater que Maurras, si il n'a jamais cesser de proner l'activisme pour aboutir à une Restauration, n'a guère mis en oeuvre concrétement cette consigne. Il a au contraire beaucoup tergiversé, hésité (on pense au 6 fevrier 1934). L'Action Française, s'est vite muée en une "innaction française", ce qui provoqua les dissidences et partant la chute du mouvement.


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Message Publié : 11 Avr 2003 17:31 
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Grégoire de Tours
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Maurras est une personne qui me fascine par sa complexisité et ses paradoxes!!

de parents liberaux,il est anti liberal, reçu une éducation catholique,il est agnostique tendance païenne mais deffend un catholicisme français sans le Christ.
Un brin anarchiste qui a horreur du désordre et cherche l'harmonie.
Un antiromantisme qui a quelques tendances!!

L'action française rassembla pas mal de tendance:des anarchistes comme le cercle de Proudhon et G.Valois qui était anarchiste.(il avait reçu une éducation rigide par ses grands parents)

Mistral fut assez traditionnaliste.


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Message Publié : 12 Avr 2003 10:56 
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Thucydide
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Un résumé passionant, Florian ! :wink: J'avoue être beaucoup moins fasciné par Maurras que par Barrès, qui lui, je pense, au contraire de Maurras, est d'une réelle complexité politique, peut-être aussi avec une pointe de mimetisme.

Maurras tira son intransigeance de lui-même, sa haine de ses idées, au contraire de Barrès qui, cela se voit par son cheminement idéologique qui souvent se contredit, aimait plus à se baigner dans un milieu et y puiser sinon toutes ces idées, du moins l'inspiration pour se forger son opinion, peu ou prou divergeante de la source dans laquelle il avai puisé. On peu dire que Barrès était un esprit plus littéraire que Maurras, et que Maurras était un esprit plus idéologue que Barrès...


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Message Publié : 12 Avr 2003 11:04 
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J'avoue être beaucoup moins fasciné par Maurras que par Barrès, qui lui, je pense, au contraire de Maurras, est d'une réelle complexité politique


Maurras est aussi complexe à analyser, le plus surprenant chez lui, c'est de comprendre comment il a pu fédérer autant d'hommes derrières ces idées parfois très originales (je pense notamment au monarchisme que tout le monde avait oublié et qu'il a réellement imposé au milieu nationaliste. Ce devait être un bon meneur d'homme et certainement un bon dictateur potentiel.


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Message Publié : 12 Avr 2003 11:16 
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Grégoire de Tours
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Florian a écrit :
Citer :
J'avoue être beaucoup moins fasciné par Maurras que par Barrès, qui lui, je pense, au contraire de Maurras, est d'une réelle complexité politique


Maurras est aussi complexe à analyser, le plus surprenant chez lui, c'est de comprendre comment il a pu fédérer autant d'hommes derrières ces idées parfois très originales (je pense notamment au monarchisme que tout le monde avait oublié et qu'il a réellement imposé au milieu nationaliste. Ce devait être un bon meneur d'homme et certainement un bon dictateur potentiel.


ON peut distinguer un maurassien de droite:traditionnaliste,catholique et capitaliste:Bainville de gauche: influencé par proudhon et socialiste.


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Message Publié : 29 Mai 2003 3:43 
Tout ce que je peut dire c'est que Maurras me donne envie de vomir
tout comme Barrès ,ces personnages qui ont largement inspiré les fascistes de l'entre deux guerres ,font honte a la france. Meme apres l'affaire dreyfuss au moment meme ou tout esprit intelligent et raisonnable devait a l'evidence reconnaitre l'innocence du capitaine
tous deux proclamaient sa culpabilité parce qu'il appartenait a la race juive . Lisez les bouquins de sternhell qui traite du nationalisme francais
vous comprendrait mieux la fourberie de Barres et l'incoherence de son discours lequel passe du culte du moi au culte de la nation et du socialisme a la droite reactionnaire en un tour de main,ou se revele contre le principe de la raison alors qu'il use sans cesse de dialectique
ou se dit contre les intellectuels alors qu'il en prend tous les aspects


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Message Publié : 29 Mai 2003 9:50 
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Grégoire de Tours
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"Le racisme et l'étatisme ne peuvent correspondre qu'à des sociétés imparfaites (...). L'édifice des valeurs les plus aristocratiques ne saurait abriter ces religions grossières, dont la pauvreté spirituelle n'a d'égale que la malfaisance et la stérilité." "L'entreprise raciste est certainement une folie pure et sans issue"
Ch. Maurras dans A.F le 30 Mars 1933 et le 15 juillet 1936.


Son antisémitisme n'est en rien racialisme (comme tout bon d'extreme droite il ne croit pas à l'inéxistence des races) mais seullement de hobby:financier et religieux. Il avait en privé des amis juifs.
Il condamne le racisme de peau.


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Message Publié : 29 Mai 2003 10:03 
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Grégoire de Tours
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Leader Socialiste:

Léon Blum : "Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture."

Militaire français:

Maréchal Hubert Lyautey : "Les Africains ne sont pas inférieurs, ils sont autres ".

Jule Ferry disait que la mission de la republique était « la mission civilisatrice des races supérieures sur les races inférieures »


Proudhon

"Juifs. Faire un article contre cette race, qui
envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun
peuple. Demander son expulsion de France, à l'exception des individus mariés
avec des Françaises; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi,
poursuivre enfin l'abolition de ce culte. Ce n'est pas pour rien que les
chrétiens les ont appelés déicides. Le Juif est l'ennemi du genre humain. Il
faut renvoyer cette race en Asie, ou l'exterminer. (...) Par le fer ou par
le feu, ou par l'expulsion, il faut que le Juif disparaisse... Tolérer les
vieillards qui n'engendrent plus. (...) Ce que les peuples du Moyen age
haïssaient d'instinct, je le hais avec réflexion et irrévocablement. La
haine du Juif comme de l'Anglais doit être le 1er article de notre foi
politique."

Au XIXème siècle,et commençant par le premier socialiste:Saint simon tout socialiste était antisémitisme génocidaire et raciste.

Barrès commença sa carrière dans le boulangisme de GAUCHE.


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Message Publié : 03 Juin 2003 12:51 
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Eginhard
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Florian, votre version est tres caricaturale, et d'ailleurs elle se contredit : vous présentez les idées de Maurras de façon simpliste, et un peu bébete, tout en vous étonnant que tant de gens y aient adhéré, mais Maurras c'est un tout, il y a sa poésie, ses articles, ses réflexions, et meme son humour, bref je crois qu'on a intéret a tout envisager pour comprendre le phénomene du Maurassisme, sinon effectivement, on se pose des questions...

_________________
"Le droit du Prince nait du besoin du peuple." (Pierre BOUTANG)


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Message Publié : 03 Juin 2003 12:54 
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Eginhard
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Apres cette fin d'année 2002, ponctuée de nombreux colloques, cérémonies et rencontres diverses consacrées au souvenir de Maurras,pour le cinquantenaire de sa mort, il est bon de redécouvrir son héritage intellectuel.
C'est par amour pour sa Provence natale que le maître de Martigues s'est intéressé aux libertés locales et s'est naturellement interrogé sur la nation et ses institutions. Son royalisme qui en découle logiquement n'est donc ni théorique ni doctrinal. Bien au contraire : c'est en définissant des termes très concrets comme " pays réel " ou " empirisme organisateur " que Maurras a pu poser les bases d'un nationalisme sain. Très loin d'être une pensée éthérée, le maurrassisme est avant tout pragmatique, ce n'est pas une doctrine qui prétendrait répondre à tout, mais bien une méthode d'analyse politique réaliste dont l'actualité nous démontre sans cesse la pertinence.
Trop de Français ignorent encore Maurras. Ou alors ils prennent trop facilement comme prétexte l'étiquetage politique caricatural dont le martégal est souvent affublé pour se dispenser de lire son œuvre ou pour proférer des jugements à l'emporte-pièce Pourtant, que de richesses à découvrir dans l'œuvre de Maurras ! Cet écrivain talentueux, membre de l'Académie Française, ne fut pas seulement un personnage politique de premier ordre, mais aussi un philosophe lucide, un grand journaliste et surtout un poète d'une profondeur touchante. Si son génie a sûrement été de savoir mener de front toutes ces carrières si différentes avec autant de talent dans chacune d'elles, Maurras a surtout été un grand amoureux de la Vérité. Toute sa vie, la recherche de la vérité a guidé sa pensée, ses choix et son œuvre, il l'a poursuivi inlassablement avec sincérité, sans compromission ni escroquerie, jusque dans des domaines aussi intimes que celui de la Foi.
Oui, plus que jamais en cette fin d'année Maurras, son œuvre mérite notre attention. Profitons des nombreuses rééditions pour oser nous y plonger et puissions-nous en la redécouvrant lui rendre, tant dans nos bibliothèques que dans nos esprits, la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter.

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"Le droit du Prince nait du besoin du peuple." (Pierre BOUTANG)


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Message Publié : 21 Juin 2003 11:09 
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vous présentez les idées de Maurras de façon simpliste, et un peu bébete, tout en vous étonnant que tant de gens y aient adhéré


Je ne m'étonne pas que tant de gens y aient adhéré, je m'étonne du fait qu'il soit parvenu à réunir des gens venus d'univers très différents. Qu'il soit parvenu à imposer le royalisme à des gens qui n'y tenaient absolument pas.


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Message Publié : 21 Juin 2003 13:40 
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Grégoire de Tours
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Florian a écrit :
Citer :
vous présentez les idées de Maurras de façon simpliste, et un peu bébete, tout en vous étonnant que tant de gens y aient adhéré


Je ne m'étonne pas que tant de gens y aient adhéré, je m'étonne du fait qu'il soit parvenu à réunir des gens venus d'univers très différents. Qu'il soit parvenu à imposer le royalisme à des gens qui n'y tenaient absolument pas.


Oui,pensons à Georges Valois qui fut dans sa jeunesse anarchiste,collabora à l'Action Française puis forma le premier parti fasciste et résistera contre le nazisme!!

Ou à Jacques Bainville qui venta le mérite du capitalisme!


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Message Publié : 21 Juin 2003 16:04 
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Il faut aussi dire que le contexte de la fin de la IIIème République et une sorte de faillite dans la pensée politique aida Maurras...
En face du "journal des 14 agrégés" de Jaurès, il n'y avait que celui de Maurras qui ouvrait ses pages et colonnes aux intellectuels. On peut dire que c'était de belles joutes oratoires et de fameux droits de réponse...

duc de Raguse.

_________________
Un peuple sans âme n'est qu'une vaste foule
Alphonse de Lamartine


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Message Publié : 21 Juin 2003 16:55 
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Florian, votre version est tres caricaturale, et d'ailleurs elle se contredit


Pourriez vous cher Lamy nous faire un article détaillé sur Maurras et sa pensée. Vous semblez bien connaître le sujet, il serait interessant et plus facile de comparer votre vision des choses avec la mienne. Cela permettrait de bien cerner les points problèmatiques de sa personnalité et de son mouvement.


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Message Publié : 21 Juin 2003 17:27 
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Grégoire de Tours
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Florian a écrit :
Citer :
Florian, votre version est tres caricaturale, et d'ailleurs elle se contredit


Pourriez vous cher Lamy nous faire un article détaillé sur Maurras et sa pensée. Vous semblez bien connaître le sujet, il serait interessant et plus facile de comparer votre vision des choses avec la mienne. Cela permettrait de bien cerner les points problèmatiques de sa personnalité et de son mouvement.


Sa pensée est assez complexe: un brin anarchiste cherchant l'ordre (les anarqye vous diront que c'est complexe) un agnostique ayant une vision païenne,antichrétien mais défenseur du catholisme.Un antiromantisme mais dont nous retrouvons des traces dans sa pensée...


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