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 Sujet du message : Les départements occupés
Message Publié : 06 Avr 2020 18:12 
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Bonsoir,
Connaissez vous des ouvrages traitant de la vie dans les departements occupés par l’armee allemande durant la grande guerre?
Merci d’avance.


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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 06 Avr 2020 18:58 
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Salluste
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Inscription : 11 Juin 2012 17:37
Message(s) : 218
Je dispose de "la vie quotidienne dans le nord sous les occupations 1814-1944", de Marc Blancpain.
Je ne l'ai pas encore lu, mais la collection des "la vie quotidienne" est généralement de qualité.

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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 06 Avr 2020 19:10 
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Ok merci. Je cherchais vraiment quelque chose de très spécifique, sur les départements occupés durant la grande guerre.


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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 06 Avr 2020 21:09 
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Jean Froissart
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Inscription : 23 Déc 2004 18:02
Message(s) : 1117
Localisation : Généralité de Riom & Bourbonnais
Je connais la Vie quotidienne dans le Nord 1814-1944 mentionné par Rémy qui effectivement embrasse plusieurs occupations

par contre pas celui là que j'ai vu dans les rayons

Image

une recension
https://www.cairn.info/revue-d-histoire ... ge-218.htm

Cet ouvrage se présente comme une synthèse sur l’occupation en France pendant la Première Guerre mondiale. L’auteur considère en effet le temps venu de reprendre la multitude d’études rédigées sur le sujet, notamment les témoignages récemment parus, les mémoires universitaires portant sur l’expérience de l’occupation à l’échelle locale, ou encore les études plus vastes produites sur la Belgique et le Nord de la France. Ce livre arrive un an après celui d’Annette Becker, Les cicatrices rouges, qui se consacrait au Nord de la France et à la Belgique. Ici, c’est l’ensemble du territoire français occupé qui est considéré, soit 3,7 % de la surface et 8,2 % de la population nationales, le tout réparti sur dix départements. Il en résulte un ouvrage assez volumineux, structuré en quatre parties qui abordent successivement et logiquement les différents moments du conflit : la mise en place de l’occupation allemande, les conditions de vie qu’elle impose, l’attitude variable des occupés face à ces conditions et, finalement, la fin de l’occupation et les difficultés qu’elle entraîne.

La première partie se concentre sur l’action de l’occupant dans les territoires envahis. Dès lors que la ligne de front se stabilise, ces territoires sont radicalement coupés du reste du pays, ils deviennent le terrain d’une installation durable des troupes allemandes, ils se trouvent soumis à l’administration militaire et ils subissent, selon l’auteur, une politique de « germanisation » à la fois culturelle et économique. Tandis que la germanisation culturelle passe par le contrôle sévère de l’information, par l’inscription de la présence allemande dans le paysage et son empreinte dans l’espace public, ainsi que par quelques tentatives d’imposition de l’allemand dans l’enseignement, la germanisation économique relèverait d’une politique plus systématique encore, combinant réquisitions, contributions obligatoires et pillage des ressources ; après l’échec devant Verdun, cette politique serait toujours plus comprise comme un moyen non seulement de servir l’économie allemande, mais aussi d’empêcher le relèvement économique français.

Dans la deuxième partie, le regard change en quelque sorte de camp pour se porter en priorité sur les occupés, afin de rendre compte des conditions de vie subies par les populations au plus près de leur vie quotidienne. Le panorama va des privations de liberté au travail forcé et aux déportations, en passant par les pénuries – lourdes de conséquences pour la situation alimentaire et sanitaire de ces régions, mais qui sont aussi l’objet d’une propagande contre le blocus allié – et les effets des opérations militaires que sont notamment les bombardements. Les témoignages privés trouvent ici une large place, pour alimenter ce portrait détaillé des occupés en victimes particulières de la guerre.

Dans la troisième partie, le regard reste porté sur les occupés, mais pour les saisir dans une position plus active. À partir de catégories en usage dans l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale, le chapitre s’efforce en effet de repérer et de décrire toute une gamme de comportements vis-à-vis des occupants. Celle-ci s’étend des actes de résistance (indifférence, refus, désobéissance, sabotage ou organisation de réseaux) aux phénomènes de rapprochement (notamment par l’hébergement des soldats dans les familles, qui peut déboucher sur de la sympathie, voire de l’amitié, ou sur des relations sexuelles et amoureuses) et jusqu’à la collaboration ouverte (économique, intellectuelle ou politique).

La quatrième partie analyse la fin du phénomène et porte l’attention vers ceux qui sortent de leur situation d’occupés, dans la lignée des évolutions de l’historiographie de la Grande Guerre, qui s’intéresse depuis quelques années aux sorties de guerre. On saisit ici les tiraillements et les tensions qui traversent la société après 1918 et qui révèlent après-coup certains antagonismes du temps de guerre ; les ruptures s’affirment alors entre les occupés et leurs compatriotes « libres » ou au sein des sociétés locales. Les désillusions se multiplient rapidement devant les difficultés de ravitaillement, avivant le sentiment d’avoir été oublié pendant quatre ans, réveillant également les désirs de vengeance contre ceux et celles qui se seraient compromis. Le besoin de surmonter ces ruptures, d’affirmer un consensus et de retrouver une légitimité s’exprime dans la thématique de la reconstruction, qu’elle soit morale (par la mise en valeur des résistances et la mise en cause des collaborations) ou économique (devant l’ampleur des destructions et la nécessité d’une relance).

Les sources mobilisées sont multiples : articles de presse, procès-verbaux d’interrogatoires, témoignages recueillis auprès des rapatriés, carnets et journaux intimes, comptes rendus de procès. Elles permettent notamment de couvrir l’ensemble de l’espace considéré. Pour autant, on peut regretter qu’il s’agisse de sources exclusivement françaises, dès lors qu’il s’agit d’étudier un phénomène intrinsèquement transnational. Ainsi, dans la première partie, l’action des Allemands n’est traitée qu’à travers des sources « ennemies ». L’analyse en ressort fortement influencée par des discours de l’entre-deux-guerres qui décrivent volontiers les velléités de germanisation culturelle ou la réalisation d’un plan d’anéantissement de l’économie française, afin de mieux les dénoncer. Faute d’une documentation adaptée, les intentions des autorités allemandes ou le mode d’administration mis en place dans les régions occupées demeurent ici des angles morts.

L’usage de ces sources correspond en outre à une démarche essentiellement descriptive, dans laquelle les témoignages mobilisés le sont surtout à titre d’illustration des affirmations avancées. La prise en compte des conditions de production des différentes sources utilisées et une critique plus poussée permettraient de soulever la question des intentions des acteurs, celle de la fiabilité et de la valeur de leurs témoignages et de ce que l’on peut légitimement en tirer. À défaut, l’auteur a tendance à généraliser la situation décrite dans un ou plusieurs témoignages, sans que ceux-ci ne soient systématiquement replacés dans leur contexte spatial, temporel ou social, au risque de rendre exemplaires des situations ou des discours particuliers et de donner une image trop globalisante de l’occupation allemande en France pendant la Grande Guerre.

À une échelle plus globale, la réalité décrite n’est pas non plus confrontée à celle d’autres territoires ou d’autres expériences d’occupation, même proches, qui permettraient de mieux cerner la spécificité de cette occupation particulière. Si des témoignages réunis dans l’ouvrage soulignent que les Allemands de la Seconde Guerre mondiale n’ont pas innové par rapport à leurs aînés de la Première Guerre, on peut également rappeler que les prises d’otages sont déjà constatées dans l’armée prussienne lors de la guerre de 1870-1871 ; que les pillages et les destructions par des soldats se retrouvent dans bien des contextes de combat, y compris entre co-nationaux ; que le démontage d’usines et la politique d’acculturation sont des phénomènes largement observés en zone d’occupation française après la Seconde Guerre mondiale. Pour en rester à la Grande Guerre, les travaux en cours de Larissa Wagner (sur l’occupation allemande dans le Nord de la France) et de Nicolas Beaupré (sur l’occupation française de l’Allemagne après 1918) devraient bientôt fournir un contrepoint bienvenu à l’ouvrage de Philippe Nivet.

La richesse des sources reste néanmoins une force incontestable de cet ouvrage, qui rassemble une impressionnante collection de documents et d’anecdotes vivantes, venant utilement restituer la complexité de l’expérience de l’occupation : il dessine finalement une mosaïque de situations, de même qu’il laisse entrevoir une large palette de relations quotidiennes possibles sous l’occupation. Plus encore qu’une synthèse, on peut y voir une invitation à explorer plus méthodiquement ces thématiques, dans le cadre de travaux internationaux et pluridisciplinaires sur le thème de l’occupation en temps de guerre.

Élise JULIEN

Mis en ligne sur Cairn.info le 16/03/2013


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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 07 Avr 2020 9:19 
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Bonjour,
Merci pour l’information.


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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 09 Avr 2020 7:48 
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Plutarque
Plutarque

Inscription : 12 Mars 2015 19:10
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Bonjour,
Concernant les départements occupés je me permets de vous indiquer les éditions EDHISTO qui proposent plusieurs ouvrages très travaillés concernant les Vosges. Travail très sérieux de la part des historiens spécialistes de la période (Jean-Claude FOMBARON, Yann PROUILLET) qui nous proposent des analyses de documents inédits. Bien au delà de l'histoire locale.
Même niveau de qualité que NIVET.
https://www.edhisto.eu/librairie-en-ligne/19-1914-1918
Plusieurs journaux de guerre (le canton de Senones est durement occupé de 1914 à 1918) :
Lusse-entre-deux-feux
Le journal d'Henri Martin. 1917.
Journal de l'abbé VILLEMIN Senones 1914-1918
D'autres titres sont épuisés car je ne les vois plus sur le catalogue. A voir en occasion ...
Une exception pour un témoignage juste de l'autre côté de la ligne de feu : Quatre ans sous les obus. Journal de guerre d'Irma Parmentelot, de Celles-sur-Plaine (Vosges). 1914-1921
Il y a aussi les actes des "Journées d'Etudes Vosgiennes" qui se penchent chaque année sur un canton avec une approche diachronique. Canton de Senones publié en 2019.
JD
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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 10 Avr 2020 17:28 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile
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Ce sujet est très intéressant.

Les informations permettent-elles de répondre à la question : pour les habitants des territoires français occupés, l'occupation allemande durant la Première Guerre Mondiale fut-elle pire que durant la Seconde ?

Par "pire", j'entends les impacts sur la vie quotidienne, en excluant le sort fait aux Juifs, grande spécificité de la SGM.

On peut décliner la question en différents aspects :

  • Encadrement de la population : l'article cité plus haut parle d'une politique de germanisation des territoires qui à ma connaissance ne fut pas mise en oeuvre durant la SGM
  • Approvisionnements : proximité de la ligne de front oblige, j'ai entendu parler de réquisition massives qui pouvaient entraîner la famine, la survie des habitants n'entrant pas en ligne de compte
  • Représailles en cas de résistance : depuis la guerre de 70, les Allemands cultivent une tradition de répression brutale basée sur l'exécution d'otages ; cette politique fut-elle mise en oeuvre dans les territoires occupés avec plus de systématisme que durant la SGM ?

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Qui contrôle le passé contrôle l'avenir.
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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 10 Avr 2020 17:59 
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Nebuchadnezar a écrit :
Approvisionnements : proximité de la ligne de front oblige, j'ai entendu parler de réquisition massives qui pouvaient entraîner la famine, la survie des habitants n'entrant pas en ligne de compte.

La proximité du front a pu jouer, sur des réquisitions surprises, mais surtout pendant la PGM l'Allemagne est victime du blocus de la Royal Navy, qui déclenche dans toute l'Allemagne une pénurie proche de la famine. (J'ai déjà signalé qu'en 1917, en ville, les enfants naissent sans ongles, parce que les mères sont carencées en protéines.) Dès lors tout est bon pour tirer un maximum de calories des territoires occupés.

Ce sera aussi en 1918 le cas de l'Ukraine, pillée jusqu'à l'os pour envoyer de la nourriture en Allemagne.

(Je pense aussi à E.M. Remarque qui signale que la première préoccupation des soldats allemands qui prennent une tranchée adverse est de trouver les boites de "singe" dont les soldats alliés sont abondamment pourvus.)

J'ai tendance à penser que les départements occupés pendant la PGM ont davantage souffert, pour ces raisons, que pendant la SGM, où la fraction de l'Europe occupée était beaucoup plus importante.
(On pourrait y ajouter le fait qu'une partie a été territoire de guerre, spécialement en 1918.)

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Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu. (Chamfort)


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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 10 Avr 2020 18:23 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

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Sans trop déflorer le sujet je suppose que cette région a eu son lot de malheurs en 1418
Résistants fusillés
Collabos éventuels
Mais la chape de plomb sur eux pendant 70 ans s'est un peu dissipée je crois avec bouquins et témoignages sortant de l'oubli

Un seul exemple me vient à l'esprit : Louise de Bettignies

_________________
il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 10 Avr 2020 18:29 
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Nebuchadnezar a écrit :

  • Encadrement de la population : l'article cité plus haut parle d'une politique de germanisation des territoires qui à ma connaissance ne fut pas mise en oeuvre durant la SGM
  • Approvisionnements : proximité de la ligne de front oblige, j'ai entendu parler de réquisition massives qui pouvaient entraîner la famine, la survie des habitants n'entrant pas en ligne de compte
  • Représailles en cas de résistance : depuis la guerre de 70, les Allemands cultivent une tradition de répression brutale basée sur l'exécution d'otages ; cette politique fut-elle mise en oeuvre dans les territoires occupés avec plus de systématisme que durant la SGM ?

Je pense que l'usage du terme de "germanisation" dans la recension est un abus de langage. En effet, aucun des territoires occupés ne constituait un but de guerre pour l'armée impériale allemande et, à ma connaissance, les armées occupantes n'ont jamais cherché à imposer leur langue.
Les réquisitions, certes oui, mais rien de pire de ce qu'une armée en campagne pouvait réaliser près du front (les fermes en territoire français étaient autant réquisitionnées, sauf que c'était du fait des alliés).
Des situations de disettes ont pu apparaitre ponctuellement (je crois de mémoire dans la région de Roubaix), mais pas de famine.
Cela dit, oui, en temps de guerre les armées appliquent la loi militaire sur les civils et des exécutions ont eu lieu, mais je pense qu'on ne peut comparer cela avec les exactions commises lors de la Seconde Guerre mondiale, qui était également, ne l'oublions pas, une guerre idéologique.
J'ai un peu étudié le sujet sur les cantons et communes vosgiennes occupées par l'armée allemande entre 1914 et 1918 - avec les très bonnes sources notées plus haut par David Jardin -, et on ne peut plaquer les situations connues pendant l'Occupation de 1940-1945 avec celles de la précédente guerre.

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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 11 Avr 2020 8:26 
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Salluste
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Inscription : 11 Juin 2012 17:37
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Dans ma région, il y a eu également de nombreux civils réquisitionnés pour les usines allemandes, ou pris comme otages. Cela a semble-t-il pas mal marqué la population: associations patriotiques spécifiques, noms sur les monuments aux morts pour ceux qui ne sont pas rentrés.

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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 11 Avr 2020 19:58 
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Plutarque
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Il faut pourtant se rendre à l'évidence : en 14-18, l'occupation fut beaucoup plus dure, alimentairement parlant, que 1940-1944. En exceptant seulement la période septembre-novembre 1944 et les déportations bien entendu. Tous les témoins que j'ai interrogé dans les Vosges il y a un certain temps, étaient formels : ils crevaient de faim et les vols dans les jardins étaient fréquents. Les réquisitions ont a peu près réussi à priver les fermes de toute la basse-cour, les propriétaires de bovins devaient livrer du lait au prorata du nombre d'animaux détenus. Y compris les débardeurs qui ne possédaient que des boeufs, ce qui a posé quelques problèmes ... C'est véridique.
Les références biblio existent et j'en ai donné quelques unes qu'il serait bon de lire avant toute comparaison prématurée avec le front côté alliés ou la seconde guerre mondiale. Idem pour les exécutions sommaires, surtout en 1914 et pas seulement pour une présence supposée de francs-tireurs. Allarmont, Vexaincourt, ...
Ne pas oublier le travail forcé des jeunes dans des camps forestiers ou pour la constructions des chemins. Reste aussi la cohabitation avec de jolies et jeunes femmes, puisque la soldatesque devait être logée chez l'habitant.
Tout cela est malheureusement occulté.
JD


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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 11 Avr 2020 22:11 
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Inscription : 20 Juin 2003 22:56
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Localisation : Provinces illyriennes
Citer :
en 14-18, l'occupation fut beaucoup plus dure, alimentairement parlant, que 1940-1944.

Je vous trouve bien péremptoire. Avez-vous des chiffres à apporter ?
Les sources vosgiennes en question - essentiellement des témoignages privés de villages occupés - j'ai aussi pu les lire et je n'ai pas trouvé parmi elles des avis aussi tranchés que le vôtre.
Que les réquisitions aient posé des problèmes conséquents chez les civils concernés ne fait aucun doute, mais de là à parler de famine il y a un pas important que je ne ferai pas.

Citer :
Tout cela est malheureusement occulté.

Occulté ? Depuis près de vingt ans ce type de travaux est publié dans le Nord et l'Est du pays, je ne perçois pas bien qui occulte quoi et pourquoi... :-|

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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 12 Avr 2020 6:11 
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Plutarque
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Péremptoire ou informé ? Trop bref, certainement !
Je n'ai pas lancé le terme "famine" mais j'ai rapporté les mots qui m'ont été rapportés à diverses reprises par les anciens. Je les entends encore avec leur accent caractéristique. D'après eux ils "crevaient" de faim, et ça a duré. A leur décharge, ceux que j'ai connu étaient nés vers 1900-1905 et les adolescents sont réputés pour avoir bon appétit. C'était pour eux assez paradoxal d'évoquer ces longues privations de nourriture alors qu'ils étaient bien conscients que les déportations de fin 1944 avaient emporté nombre de leurs amis. Par exemple sur 1400 habitants, 200 déportés dont 170 morts.
Bilan final sans comparaison mais durée de l'épreuve différente.
Bien entendu il serait préférable de développer davantage. J'ai cru comprendre que l'occultation que je déplore venait aussi de la pression exercée par les déportés survivants qui n'acceptaient pas l'évocation de douleurs qu'ils jugeaient négligeables. Leurs représentants officiels, inamovibles poseurs de gerbes et j'en passe, étaient nés après 1918. Ces privations de 14-18, c'était "des histoires de vieux" !
N'empêche que sur le plan national il n'est pas souvent question des villages vosgiens occupés en 14-18, ni des déportations de 1944. D'autres représentants savent tenir le devant de la scène. Fort heureusement ce n'est pas le cas sur ce forum.

La différence principale c'est que de 1940 à l'été 1944, la nourriture quoi que limitée restait à peu près suffisante. Et même bonne pour ceux qui avaient la chance de disposer d'une vache ou d'un champ. Au point qu'il a été constaté que les fils de paysans déportés fin septembre 1944 sont presque tous décédés dans les camps. Explication donnée : les organismes n'ont pas supporté le choc brutal des privations. Les ouvriers étaient "habitués" ...

Par conséquent, lire EDHISTO a du sens !

JD


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 Sujet du message : Re: Les départements occupés
Message Publié : 12 Avr 2020 7:58 
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Localisation : Provinces illyriennes
Citer :
D'après eux ils "crevaient" de faim, et ça a duré.

Dans les témoignages lus - dans les ouvrages sur Lusse, Colroy, Lubine, entre autres - rien de tel.
De fortes privations, certes, liées à une Allemagne réquisitionnant beaucoup du fait des conséquences du blocus, mais pas de disettes prolongées (quelques unes ponctuelles pendant la fin de l'hiver et le printemps 1917 - comme dans le Nord d'ailleurs).
Il y a pourtant une différence à opérer entre l'occupation des communes du Nord de la France et celles du Nord-Est. Dans les premières, l'occupation semble avoir été plus dure que dans les secondes. Faut-il y rechercher l'origine géographique des armées occupantes - il y a davantage de Bavarois et de Wurtembergeois dans le Nord-Est et donc les Vosges ?

Citer :
C'était pour eux assez paradoxal d'évoquer ces longues privations de nourriture alors qu'ils étaient bien conscients que les déportations de fin 1944 avaient emporté nombre de leurs amis. Par exemple sur 1400 habitants, 200 déportés dont 170 morts.

Peut-être aussi parce que pendant cette période des maquis s'étaient constitués du côté vosgien.
Je n'ai trouvé nulle trace de ces maquis, ni d'une résistance organisée, entre 1914 et 1918 dans les mêmes communes.
Autres temps, autres moeurs ?

Citer :
Par conséquent, lire EDHISTO a du sens !

Personne n'a dit le contraire, lisez-moi mieux.

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