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Message Publié : 04 Oct 2010 14:20 
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Polybe
Polybe

Inscription : 26 Oct 2009 11:15
Message(s) : 66
Très intéressant tous ces témoignages / souvenirs. Je vous avoue que mon plus grand regret est de n'avoir jamais osé demander à mes grands parents un bout de leur vécu pendant la guerre, qui pourtant, m'aurait vraiment rendu satisfait. Les seules informations que j'ai pu entendre, "ces petites anecdotes" qu'on raconte", c'est ma grand-mère qui se serait caché dans un puits pour éviter des soldats allemands. Et mon grand père, dans l'armée des États-Unis s'est fait brûlé le pied durant la guerre d'Indochine. Ensuite, concernant mon deuxième grand père toujours vivant, c'est d'avantage sur la guerre d'Algérie qu'il a participé, mais pas vraiment d'informations.
Regrettable.


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Message Publié : 04 Oct 2010 19:41 
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Salluste
Salluste

Inscription : 16 Mai 2007 16:41
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Localisation : du pays des Redones
Rien d'exeptionnel pour ma famille, aussi je ne sais pas si cela vous interresera.. mais j'aime bien écouter raconter les souvenirs de mes parents.
Ils étaient alors âgé d'environ 5 à 10 ans.
Mes grands-parents, paternels et maternels, vivaient en pleine campagne dans des fermes de Bretagne, pas très loin de la Normandie.
Mes grands-pères n'ont pas été mobilisés pour la guerre.
Sous l'occupation allemande, de nombreuses personnes des villes venaient dans les fermes chercher à manger.
Dans la plupart du temps, ils échangeaient des produits qu'on ne trouvait plus en campagne comme par exemple du savon contre des produits de la ferme.
Ma grand-mère avait accrocher dans sa maison la photo du général Pétain.
Elle avait une grande estime pour le héros de la première guerre mondial.
Sauf que les personnes qui venaient s'y ravitailler regardait cela avec beaucoup de mépris.
Un jour mon grand-père lui demanda d'enlever cette photo car sinon ils allaient se faire tuer.
Il faut dire qu'en pleine campagne, ils n'étaient informé de pas grand-chose: pas de journal, pas de radio...
Les allemands venaient aussi se ravitailler dans les fermes. Ils demandaient souvent du beurre. Ma grand-mère maternelle disait toujours pour eux qu'ils n'avaient plus rien à leur donner

Mais le principal souvenir des mes parents a été le bombardement américain pendant la libération.
La ferme des mes grands-parents maternels se situaient au pied d'une butte qui dominait une vaste plaine. Les américains l'ont copieusement bombardé car ils pensaient que des allemands s'y cachaient. Mais selon ma mère, il n'y a jamais eu d'Allemands de stationnés sur la colline.

La ferme de mes grands-parents paternel se trouvaient pas très loin d'une ligne de chemin de fer. Les américains l'ont bombardé, sauf que d'après mon père, ils n'étaient pas très fûtés car ils bombardaient la ligne en travers. Ce qui fait qu'ils ont fait de nombreux dégats "collatéraux".
Il y a eu un mort et quelques blessés parmi les voisins.
Mes grands-pères avaient creusés des fossés à l'écart des habitations. En cas d'alertes, tout le monde allait s'y réfugier

Un jour, le frère de ma mère (cad mon oncle), apercoit une troupe de soldat au bout du chemin de la ferme et se précipite vers eux malgré les cris de ma grand-mère.
Il revint quelques instants plus tard, les mains pleines de bonbons!
C'était les américains! C'était la libération!


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Message Publié : 04 Oct 2010 19:51 
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Jean-Pierre Vernant
Jean-Pierre Vernant
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Inscription : 08 Juin 2009 10:56
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Localisation : Limoges
Dans ma famille, du coté de mon père, mon grand-père a été mobilisé dès 1939 et a participé aux opérations de l'armée française en Belgique (je crois) avant d'être fait prisonnier et emmené en Allemagne sur les plage de Dunkerque comme beaucoup d'autre. Il fut affecté Kommando 777 de Bochum d'où il s'évada en 1942 avant de rejoindre la France grâce à des réseaux parallèles. Arrivé dans sa ville natale, Ambazac il créa un groupe de maquis, la 2416ème compagnie FTP.
Du coté maternel, se sont les frères de ma grand mère dont j'ai le plus entendu parler ; ils étaient quatre à être entré dans la résistance. Leur père, ancien combattant de 14-18 reçu un diplôme après guerre pour service rendu à la France Libre.

_________________
Scribant reliqua potiores, aetate doctrinisque florentes. quos id, si libuerit, adgressuros, procudere linguas ad maiores moneo stilos. Amm. XXXI, 16, 9.


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Message Publié : 04 Oct 2010 23:34 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 13 Juin 2006 20:46
Message(s) : 2
Bonsoir

Je ne connais pas très bien les rôles qu'ont pu jouer tous mes (arrières-)grands-parents pendant la guerre, hors du fait que plusieurs d'entre eux sont entrés dans le maquis en Creuse. Mais je sais que l'un de mes arrières-grands-pères a participé activement à la résistance. Il s'appelait Charles Dutheil, et il est par la suite devenu député maire de Millau. Si vous avez des informations quelconques sur lui, je vous serais reconnaissant de m'en faire part :wink:


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Message Publié : 05 Oct 2010 6:31 
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Polybe
Polybe

Inscription : 26 Oct 2009 11:15
Message(s) : 66
Bobdémaths a écrit :
Bonsoir

Je ne connais pas très bien les rôles qu'ont pu jouer tous mes (arrières-)grands-parents pendant la guerre, hors du fait que plusieurs d'entre eux sont entrés dans le maquis en Creuse. Mais je sais que l'un de mes arrières-grands-pères a participé activement à la résistance. Il s'appelait Charles Dutheil, et il est par la suite devenu député maire de Millau. Si vous avez des informations quelconques sur lui, je vous serais reconnaissant de m'en faire part :wink:


En effet, par une simple recherche du nom de votre arrière grand-père j'ai pu trouver ça sur le site de l'Assemblée Nationale.

Citer :
Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés
30/11/1958 - 09/10/1962 : Aveyron - Républicains populaires et centre démocratique

DUTHEIL (Charles, Gaston)
Né le 21 août 1897 à Béziers (Hérault)
Décédé le 17 septembre 1970 à Millau (Aveyron)

Député de l’Aveyron de 1958 à 1962

Quoique ce député de la troisième circonscription de l’Aveyron ait délibérément limité sa carrière parlementaire à la première législature de la Cinquième République - du 9 décembre 1958 au 4 octobre 1962 – son action et son influence politiques ont été fortes et durables dans le département et, en particulier, à Millau dont il est à la fois maire de 1949 à 1965 et conseiller général de 1949 à 1967.
Né à Béziers (Hérault) le 21 août 1897, il s’engage dès le début de la première guerre mondiale et reçoit la Croix de guerre. Le 18 août 1920, il épouse Hélène Cabot, son aînée de trois ans, native du Caylar, qui lui donne sept enfants (trois filles et quatre garçons) entre 1921 et 1937. Front haut, belle stature, physionomie ouverte, expression de rigueur sans rigidité conviennent à sa fonction de directeur de banque et à son environnement social, en partie protestant. L’apparence n’est pas trompeuse car, dans les domaines professionnel, privé, public et politique, Charles Dutheil agit avec conscience et fiabilité, comme il l’a fait au cours des deux guerres mondiales et dans la Résistance, obtenant la croix de la Légion d’honneur, la médaille de combattant volontaire des deux guerres et deux citations dans l’ordre de la Résistance. Il rejoint le MRP dès sa création. A partir de 1949, ses mandats locaux de maire et de conseiller général, régulièrement renouvelés, mobilisent toute l’énergie de Charles Dutheil et bornent ses ambitions politiques de citoyen démocrate chrétien au service du bien public. C’est le traumatisme politique créé chez les républicains par le coup du 13 mai 1958 qui conduit Charles Dutheil à se présenter à la députation sous l’étiquette « Républicain populaire-Centre démocrate » en novembre 1958.
Arrivé en deuxième position au premier tour, avec 11 633 voix (sur 52 250 exprimées), il talonne de près (49 voix), le candidat UNR Louis-Alexis Delmas, politiquement inconnu dans la circonscription, et devance sensiblement (1200 voix) le député sortant CNI, Emmanuel Temple, ancien ministre des Anciens combattants. Le retrait du candidat SFIO « parachuté », Rouquet-Lagarrigue permet à Charles Dutheil de gagner 8 000 voix et de battre de 567 voix le candidat UNR , arrivé en tête dans 9 des 17 cantons de la circonscription. Les électeurs des villes et des Causses restent circonspects à l’égard de la nouvelle République.
A l’Assemblée nationale, Charles Dutheil développe une activité soutenue tout au long de la législature, notamment au sein de la Commission de la défense nationale et des forces armées où on note son rapport sur le service militaire des bi-nationaux franco-israéliens, le 12 juillet 1961. Ses nombreuses interventions (plus de quinze) montrent l’attention qu’il porte aux problèmes économiques aveyronnais, qu’il s’agisse de la crise des charbonnages qui touche dramatiquement le bassin de Decazeville, de la crise de la mégisserie et de la ganterie qui frappe Millau et ses environs, de l’exode rural, de la loi d’orientation agricole ou, enfin, des enseignements agricole et technique. Ses préoccupations sociales transparaissent dans ses intervention relatives aux aides aux chômeurs, aux handicapés (amblyopes), et aux personnes âgées. Il vote avec la majorité de l’Assemblée nationale les projets de loi sur l’enseignement privé (23 décembre 1959), sur les pouvoirs spéciaux (2 février 1960), sur la réforme constitutionnelle (11 mai 1960) mais il s’abstient, en revanche, le 27 avril 1962, sur le programme de gouvernement de Georges Pompidou ainsi que sur la levée de l’immunité parlementaire de Georges Bidault le 5 juillet 1962. On note, surtout, qu’il vote la motion de censure du 4 octobre 1962, mettant fin, de fait, à son mandat de député.
Après quatre ans de pratique parlementaire et dans le climat tendu de la dissolution, Charles Dutheil, bien qu’il ne soit âgé que de 65 ans, décide de « passer la main » à plus jeune et plus agressif que lui. Sous l’étiquette « Action rurale, sociale et familiale », il se présente en qualité de suppléant de l’avocat Roger Julien, maire et conseiller général de Nant. Malgré un handicap de 5000 voix sur Louis, Alexis Delmas au premier tour, Roger Julien l’emporte le 25 novembre 1962 avec 4 000 voix d’avance venues de la gauche.
Resté actif dans la vie politique municipale et disposant d’un fort crédit moral dans sa ville, Charles Dutheil conçoit, pour les élections municipales de 1965, la constitution d’une liste - dont il s’exclut lui-même-, liste de rassemblement anti-gaulliste (sans représentant du PSU ni du PCF) qui l’emporte, sous la conduite d’André Maury.
C’est à Millau que Charles Dutheil décède le 17 septembre 1970.


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Message Publié : 24 Juil 2012 12:54 
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Thucydide
Thucydide

Inscription : 19 Sep 2009 15:59
Message(s) : 44
Du côté de ma famille:

Mon grand-père maternel est né juste avant la guerre en Bretagne n'a que peu de souvenirs si ce n'est qu'il n'a pas connu son père avant ses 7 ans. Il s'est souvenu en revanche d'une répression Allemande qui avaient capturé des maquisards qui campaient, les avaient abattus et pendus les corps aux poteaux electriques sur le bord de la route. Son père, agriculteur, était prisonnier dans un ferme en Allemagne et avait été blessé au pied durant la débâcle, il nous a raconté qu'il marchait dans sa colonne de prisonniers lorsqu'un officier Allemand a vu sa blessure. Ce dernier a arrêté une moto qui les escortait, a fait descendre le sous-off qui se trouvait dans le side-car et fait monter l'arrière grand-père. Le cousin de ce dernier faisait partie des forces Françaises libres et était professeur d'éducation physique et entraineur du Stade Rennais (section Athlé), aurait été considéré comme déserteur (il a quitté son unité pour rejoindre celle de ses amis alors qu'ils étaient en AFN), il a d'ailleurs écrit un livre sur cette partie de sa vie (JEAN HUITOREL - ITINÉRAIRE RÉPUBLICAIN D'UN ÉDUCATEUR ENGAGÉ).

Le père de ma grand mère maternelle était marin basé à Brest, il a déserté pour rejoindre sa famille lorsque l'armistice a été signé. Il a ainsi pu éviter le désastre de Mers-El Kebir.

Ma grand mère paternelle avait seulement 1 an à la déclaration de guerre, son père, soldat dans l'artillerie, fut fait prisonnier et a travaillé dans des usines en Allemagne. Il nous a raconté, qu'ils n'avaient pas de munitions pour le canon qu'il servait et pour les fusils. Elle a évité la déportation. En effet, elle s'était rendu chez sa grand mère avec sa mère et était tombée malage, retardant leur départ. Elles ont appris par la suite la déportation des habitants du village à la suite d'actes de résistance.

Son mari était un peu plus agé et m'a plus raconté d'anecdotes sur ses jeux avec les cartouches qu'il retrouvait (une tranchée en arrière du front de Verdun traversait le jardin) mais ne m'a jamais trop parlé de la guerre. Son père, ayant un problème aux yeux n'a pas été mobilisé.


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Message Publié : 24 Juil 2012 17:59 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile

Inscription : 16 Jan 2010 19:18
Message(s) : 2450
Je suis né sur le bord de la mer du septentrion à 250 mètres environ de la laisse de marée basse....Les troupes franquistes faisaient leur entrée dans Madrid.....Ma famille paternelle était composée de "gens de mer"....mon pére était un gand sportif, et,il suivait les cours pour officiers de réserve.On leur présentait un scénario de campagne prévoyant que dès la mobilisation les bombardiers allemands attaqueraient massivement tous les points stratégiques avec des gaz de combat......ma mère avait une soeur épouse d'un commandant de la transat habitant Dinard. Il fut donc décidé que ma mère avec moi irait rejoindre sa soeur dès la déclaration de guerre....Mon père nous accompagna avant de rejoindre son unité mobilisatrice..... l'unité de mon père fut le 309 ème d'artillerie régiment de Stasbourg : le personnel était quasi exclusivement composé de gens de l'Est,du Nord et de Parigots....La meilleure "chair à canon" comme on m'a dit plus tard....Ce régiment fut affecté à la 2ème DCr et mon père fut affecté à la 10ième batterie :les canons antichars.......Lors de la montée vers Charleroi,il fut amené à défendre ses canons,l'arme à la main ce qui lui amena sa première citation et décoration.....Il fut par la suite combattant à Abbeville aux côtés de la 51ième Division des Highlands dont il vit les fantassins se faire massacrer par la défense allemande au cours de leurs attaques à la baïonnette :des hommes dignes de tous les éloges pour leur courage......Mais la bataille d'Abbeville où les alliés avaient une supériorité de moyens fut très mal menée...aucune coordination dans les actions...Après quoi,de, bouchon retardateur en bouchon retardateur,son unité fait retraite jusque dans la Creuse......Mon père est désigné par ses supérieurs pour faire partie de l'armée d'armistice.....Mon père fait alors procéder à des faux ,attestant ,tampons de la gendarmerie à l'appui qu'il peut regagner"ses foyers".......Je retrouve mon père à Dinard.....Je revois encore son retour.....cantine et autres bagages déposés devant le grand portail de bois de la villa de ma tante......Mon père avec son uniforme très "moderne"
Ma mère avait loué la maison de concierge de la propriété attenante à la villa de ma tante....le logement était assuré....mais, du travail,pour mon père,il n'y en avait pas....il passe le concours pour devenir prof de sports,mais il échoue car il présente une leçon de "plateau" en lieu et place de la "mèthode Hébert". Ma famille ne veut absolument pas participer à la collaboration avec l'Allemagne en aidant à construire les aérodromes pour combattre l'Angleterre......Finalement mon père trouve une place de comptable pour les établissements Hurel une usine d'engrais en Eure et Loir à 20 km de Chartres, tout près de Dreux.....Passant sous silence la résistance,l'occupation,les combats aériens dont jefus témoin, Nous allons y vivre plutôt mal que bien jusqu'au 15 août 1944 jour de la Libération....Evénement auquel mon père participa activement,je le vis partir à bord d' une automitrailleuse américaine M8 pour faire sauter les bouchons antichars allemands en les prenant par l'arrière et en utilisant les petits chemins de la campagne qu'il avait appris à connaître......Pour son action les Américains voulurent lui décerner une décoration qu'il refusa.,ils lui donnèrent quand même officellement une boite de gros cigares........Il aurait voulu de la nourriture car nous manquions de tout mais lè ce fut l'intendance américaine qui refusa....J'avais eu une paire de paquets de bonbons multicolores


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Message Publié : 05 Août 2012 15:24 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 30 Juil 2012 10:04
Message(s) : 25
Mon grand père paternel, aviateur, est mort pour la FRANCE le 16 avril 1940.Médaille militaire, croix de guerre et Légion d'honneur à titre posthume.
Mon grand père maternel, aviateur fut rappeler comme beaucoup d'autres mais cette fois comme administratif dans une base du sud.Croix de guerre et Légion d'Honneur.
Ses fils: trois.
L'un vingt ans en 41 s'engagea dans l'armée d'armistice, fut démobiliser en 42 et sur les conseils d'un ami pro PETAIN parti à Uriage quelques semaines puis, selon les promesses d'alors, en échange d'un officier prisonnier, dans la brigade Frankreich. Il fini prisonnier des soviétiques mais ne fut condamner à son retour qu'à deux ans d'interdiction de séjour dans son département !.Pourtant il était officier après stages à Cernay et Neweklau en Bohème!
Le second choisi l'armée d’Afrique en 42 et se retrouva au 6°RTS.Il participa à la Libération de la Corse, de l’île d'Elbe, au débarquement en Provence à la remontée du Rhône aux combats dans la boucle du Doubs et fêta l'armistice à Donaueschingen en Allemagne. Plus tard ce sera l’Indochine, l'Algérie, le SAHARA entrecoupés de séjours en Allemagne.Croix de guerre et Médaille militaire.
Le dernier fit un mauvais choix en entrant en 44 dans l'avant garde milicienne (il avait 16 ans !).Puis de l'Ecole de St Cyr au mont d'Or il suivit tous les autres dans les Vosges et se retrouva en en Allemagne où on les incita à rejoindre , volontaires ou non les rangs de la division dite "Charlemagne". Il y entra puis en déserta début 45 pour se rendre en Italie où il se rendra aux Chasseurs alpins qui venaient d'arriver à Milan je crois.Acquitté à son procès en 45 il rejoindra l'armée française en Indochine.Croix de guerre TOE, puis les paras (4°BCCP) en Afrique et l'Algérie. Médaillé militaire.
Ils avaient la passion de la France comme on l'inculquait aux jeunes de cette époque.Sans doute n'avaient ils pas de connaissances politiques très développées.Ils auraient pu se trouver face à face (c'est arrivée d'ailleurs sur le front de l'est).Leur jeunesse fut, comme pour beaucoup d'autres trompée par des politiciens arrivistes de tous bords et désormais ils s'en méfièrent beaucoup !.
En étudiant leur histoire j'ai découvert que je ne sais pas ce que moi j'aurai fait à cette époque.La direction à prendre ne tenait pas à grand chose. Mais surtout j'ai découvert qu'il n'y avait pas les bons d'un côté et les mauvais de l'autre. Il y avait des français qui faisaient des choix et qui n'espéraient qu'une chose le redressement de leur patrie.Les conclusions auxquelles ils étaient arrivées leur firent prendre des chemins très différents quelque soit le bord dans lequel ils se retrouvèrent.Aujourd'hui il serait bien imprudent de condamner à priori tous ces jeunes.Quant aux assassins du moment la majorité à payer en son temps ses crimes.Nous entrons dans l'ère de l'Histoire.
DUGOY


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Message Publié : 06 Août 2012 14:37 
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Salluste
Salluste

Inscription : 28 Jan 2011 2:34
Message(s) : 225
Famille d'origines très mélangées....

Côté maternel: un grand-père luxembourgeois, ingénieur des mines, directeur des mines de la Madeleine jusque au moment de son arrestation sur dénonciation. Chef de de réseau de la Résistance luxembourgeoise. Il fût emprisonné puis déporté. Deux versions sur sa mort ainsi que celle de ses compagnons: Soit fusillé, soit massacré à coups de pelles.
Il y aurait un monument commémoratif, à Luxembourg, constitué de 12 grandes croix (une par personne massacrée).
Marié à ma grand-mère, née à Aix-la-Chapelle => deux filles.
Lors de l’arrestation du grand-père, la résistance les a cachées, sinon elles risquaient d'être elles-aussi déportées. Elles ont ainsi vécu au coeur de l'offensive Von Runstedt.
(petite, il était interdit de dire que Grand-mère était allemande...malgré sa naissance à Aix la Chapelle, "allemand" était indissociable de "sale boche", ce qu'elle n'était pas! Grand-mère et ses filles sont restées d'un racisme farouche vis-à-vis des allemands jusque à la fin de leur vie.)
"Mutti", mère de Grand-mère, méga grosse bourgeoisie, a tout perdu lors des bombardements d'Aix-la-Chapelle. J'ignore ou et quand elle est décédée, idem: aucunes informations sur la soeur de Grand-mère.
(le principe de base coulé dans le marbre était que "cela ne nous regardait pas: c'était LEUR famille... Donc j'ai quasi aucune informations sur le grand-père, pas de contact avec la famille luxembourgeoise, tout aussi "chasse-gardée"!). :wink:
Après guerre, Grand-mère et ses filles sont revenues habiter en Belgique.

Côté paternel: Grand-père catalan arrivé en Belgique en 1913 et ne l'a plus quitté. J'ignore quand il est entré à l'ambassade d'Espagne en Belgique (plus tard, j'ai découvert par hasard qu'il était franquiste), mais il semble qu'il soit allé avec l'ambassadeur de l'époque négocier avec les allemands pour éviter que Bruxelles ne soit bombardée et passe "ville ouverte" moyennant que tout militaire évacue la ville. Il semblerait aussi que, malgré qu'il ne soit pas très "pro-juif", il estimait que c'étaient des personnes comme les autres et aurait réussi à en faire fuir via "valise diplomatique".
Plein de points d'interrogation: gros silence familial à ce sujet...(cela ne nous regardait pas, c'était "leur famille" dont les enfants étaient exclus!).
Il s'est marié, assez tard, avec une belge, petite dame discrète et adorable, mère au foyer, munie d'un génie de la débrouillardise plus qu'utile en tant de guerre et de rationnement. :wink:

Que ce soit en documents, en courriers, en photos ou autres: je n'ai strictement rien.


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Message Publié : 06 Août 2012 21:15 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 21 Sep 2008 23:29
Message(s) : 1376
Localisation : Belgique
Dugoy,

merci pour votre message sincère et courageux. Oui, tous ces témoignages montrent la complexité des circonstances et des attitudes. Comme Belge, j'ai fait dans le temps des recherches pour le ex-forum histoire du BBC concernant la collaboration et la résistance en Belgique pendant la SGM. On avait une témoignage d'un belge sur le forum du BBC, qui avait dans sa famille des résistants, des collaborateurs et des gens en service officièlle (qui est aussi un genre de collaboration, ils disent après la guerre). Et la partie collaboriste savait parfois de la partie résistante de la famille. Ceux de la partie en service officièlle avaient même aidé la partie résistante, peut-être sans que la partie collaboriste le savait...Oui, la situation était complexe.

Pour ma famille (ils étaient au milieu de la bataille de la Lys 25 Mai 1940) ils ont essayé de survivre et de s'accoutumer aux nouvelles circonstances avec toujours la grande question de la nouriture. Mais peut-être que les collaborateurs et les résistants n'ont aussi que s'accoutumé aux nouvelles circonstances...?
Je suppose que je suis de la génération intermédiaire par ce que vous parlez de grand-père etc...moi en approchant les soixante-dix...J'ai entendu pendant mon enfance tant d'histoires par les témoins oculaires qui étaient ma famille (parfois en recherchant les histoires par des sources historiques j'ai vu que mes parents avaient plusieurs fois une mauvaise interprétation des événements, mais ça c'est un autre sujet et un autre fil).

Je constate que à part des "history buffs" (passionés d'histoire?) comme nous, peu de gens, surtout les jeunes, sont encore intéressés dans ce genre d'histoires...et même ma génération est plutôt intéressés dans de "reality shows" stupides à l'américaine sur le grand nombre de chaînes de télévision commericale...

Je ne sais pas, peut-être qu'on peut encore atteindre les générations d'aprés guerre avec des filmes historiques? Comme j'ai vu il y a quelques temps en vacances sur notre DVD recorder portable: "Elle s'appelait Sarah" (évoquant le camp de Drancy)...même ma femme, celle des reality shows :wink: était intéressée...

Cordialement,

Paul.


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Message Publié : 06 Août 2012 21:27 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 21 Sep 2008 23:29
Message(s) : 1376
Localisation : Belgique
Isatis,

merci pour votre témoignage. Si vous voulez lire mon message à Dugoy...question des familles mixtes entre résistants et collaborateurs...votre histoire a des rapports avec les histoires douloureuses de ceux des Cantons de l'Est (Ostkantons) en Belgique et peut-être pour l'histoire française ceux de l'Alsace...

Merci de nouveau pour votre message intéressant et cordialement,

Paul.


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 Sujet du message : Re:
Message Publié : 06 Août 2012 21:29 
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Marc Bloch
Marc Bloch
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Inscription : 15 Nov 2006 17:43
Message(s) : 4115
Localisation : Lorrain en exil à Paris
Alfred Teckel a écrit :
D'un côté de mes grands-parents avaient 19 et 20 ans en 1940. Ils se sont mariés en 1942 plus ou moins pour éviter le STO. Ce qui n'a pas empéché de souffrir des évacuations d'un village vers l'autre pour ma grand-mère et mon oncle alors âgé d'un an peu avant la libération. Mon grand-père et une foule de grands-oncles et d'arrières-cousins ont été raflés peu avant la libération par les Allemands et déportés en Allemagne, comme environ un millier d'hommes de cette région des Vosges (autour de Saint-Dié et Gérardmer). Direction je ne sais plus quel camp de concentration (le but était alors de vider les Vosges de ses hommes pour éviter qu'ils ne soutiennent l'armée américaine qui arrivait, et faire des Vosges une grande forteresse pour la Wehrmacht). Les bombardements américains sur l'Allemagne ont détruit les rails du train qui menait ces hommes vers les camps, et ils ont dû être détourné vers des usines, à Mannheim, où ils ont travaillé jusqu'à la libération.
Ma grand-mère il y a déjà longtemps, me racontait qu'au tout début de la guerre, ils écoutaient radio-Londres. Jusqu'à que les Allemands raflent les radios. Leur résistance s'est arrêtée là. Néanmoins, j'ai aussi dans les cousinages plus lointains quelques résistants et même un pauvre jeune homme mort à Auschwitz.

De l'autre côté, les gens étaient plus jeunes: ma grand-mère avait 14 ans à la libération, et mon grand-père 10. Pour lui, qui vivait en ville (Epinal), ce fut pas mal de souffrance liée à la faim et à la maladie. Pour elle, c'est passé sans trop de souci, elle vivait à la campagne et sa famille aux nombreux enfants parvenaient à s'en sortir avec les produits de la ferme. Pas de résistance ni de collaboration de ce côté-là. Juste un allemand gênant qui voulait à tout prix parrainer un enfant de leur famille. Ils ont retardé le baptême jusqu'en 1945! Ma grand-mère me raconte aussi les discussions homériques entre son père et son aïeul, l'un préférant De Gaulle et l'autre défendant Pétain le vainqueur de Verdun...





Mon père m'a récemment transmis la transcription du carnet que son père alors déporté en Allemagne avec ceux de la région de St Dié en 1944, avait tenu, principalement à Mannheim et aux environs. C'est un tout petit carnet écrit au crayon de papier, serré, extrèmement émouvant. Il y confie ses joies, ses peines, ses espoirs, dans un style tout à fait beau et sincère.
Je vous livre quelques lignes particulièrement touchantes :
"Je suis brisé ce matin car hier j’ai appris une terrible nouvelle, mon cousin Roger ainsi qu’un copain de St Dié on été tué jeudi lors de ce maudit bombardement. J’ai appris cette nouvelle hier alors que j’étais en train de labourer, c’est *** qui est venu ici pour me le dire. Je suis descendu aussitôt à Mannheim en vélo j’ai assisté à une messe dite à leur intention dans la cave de l’école par un prêtre prisonnier. Dire quelle émotion j’ai ressenti dans cette cave sans lumière ou tous nous avons pleuré nos deux chers camarades morts dans des circonstances atroces ensevelis puis carbonisés, c’est terrible. J’ai trouvé tous les copains sans courage complètement déprimés, finis les rires et les chansons , surtout avec ce petit copain Jojo qui a laissé sa vie si tragiquement lui qui ne savait que rire et que nous aimions tant. Il laisse ici un jeune frère de 16 ans à peine. Quelle nouvelle a annoncer aux parents quand nous rentrerons si un jour nous rentrons, car qui sait si nous rentrerons tous."

Je regrette que ce carnet soit mutilé et ne porte que très peu de mots de cet aïeul que je n'ai jamais connu.




Comparativement, j'ai également eu le carnet de mon autre grand-père, lors de son service en Algérie. Ici, très peu de notations intimes. Juste du froid, du sec, du factuel. Un exemple:
"Quitté Nancy le 18/11/56 à 12 h 55
Arrivé Marseille le 19/11/56 à 4 h 30
Quitté Marseille le 19/11/56 à 17 h 40
Longé les Baléares le 20 de 10 h à 12 h
Vu des marsouins
Aperçu et longé Côtes d’Espagne de 16 h à 18 h le 20/11/56
Vu les côtes d’Afrique le 21/11/56 à 6h 50
Débarqué à Oran le 21 à 11h 30
Quitté Oran pour Tassin le 21/11/56 à 17 h 15
"

Tout le reste est de la même eau.

_________________
"[Il] conpissa tous mes louviaus"

"Les bijoux du tanuki se balancent
Pourtant il n'y a pas le moindre vent."


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Message Publié : 06 Août 2012 21:58 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 21 Sep 2008 23:29
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Addendum au message à Dugoy.

Je sais que c'est hors sujet ici (ou peut-être pas, car c'est aussi le roman d'une famille pendant la SGM), mais j'ai maintenant mentioné le titre du film: "Elle s'appelait Sarah"...dans mon message précédent.
Ici plus de détails:
le roman: http://blog.elle.fr/angelita-toutes-mes ... de-rosnay/
et le film: http://www.youtube.com/watch?v=2ae8XaEkbBU

Cordialement,

Paul.


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Message Publié : 08 Août 2012 18:10 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 30 Juil 2012 10:04
Message(s) : 25
PaulRyckier@ comme vous le supposez justement la période considérée était difficile pour tous pour le moins.
Ayant appris fortuitement le"passé" de mes oncles je me suis attardé sur leur histoire.
M'appuyant sur des documents d'archives (difficiles à obtenir) et sur leurs dossiers militaires ou procès.
Certes aujourd'hui des membres de ma famille ne sont encore pas au courant de leurs passé.Certains ont d'autres "chats à fouetter", d'autres seront sans doute passionnés, plus tard quand leur travail leur en laissera le loisir.
Pour la jeunesse je crois surtout qu'elle est intéressée pourvu que l'on sache lui enseigner ce qui s'est passé.Mais surtout en disant les choses objectivement, ce qui n'est évidemment pas facile.
Par ailleurs après la seconde guerre mondiale des mythes se sont créés.Encore aujourd'hui il est bien difficile de les relativiser. Il y avait les "héros" et les "salauds".Ce qui est très réducteur même s'il y en eut.Toutefois je constate que les choses ont tendances à changer, sans doute depuis l'ouverture d'archives, l'accès à certains documents ou films remettent les choses en perspectives.
On peut enfin regretter que si la déportation et l'extermination sont rappelés très très souvent (à juste titre) il est dommageable que l'on ne s’attardât point sur d'autres aspects de ce conflit, sur d'autres pays que la France même si cette dernière est loin d'voir livrée tous ses secrets.
Pour revenir à ses proches parents sachez que leurs enfants ont été élevés dans l'amour de la Patrie et ont tous réussit de brillantes carrières civiles ou militaires.Certains aspects du conflit ayant par ailleurs servis de leçon pour l'avenir.


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Message Publié : 08 Août 2012 22:20 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 21 Sep 2008 23:29
Message(s) : 1376
Localisation : Belgique
Dugoy,

un grand merci pour vos commentaires.

Cordialement et avec estime,

Paul.


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