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 Sujet du message : Jean Monnet et la France libre
Message Publié : 08 Juil 2009 15:22 
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Jean Froissart
Jean Froissart
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Inscription : 28 Nov 2005 23:03
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Localisation : Galaxie d'Andromède, Système solaire Zeta
Il semble que Jean Monnet n'ait pas beaucoup soutenu les gaullistes durant la guerre.
Quelles ont été ses relations vis à vis de la France libre ?

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"Dire que ce qu'on voit sous nos yeux s'appellera de l'histoire ". Marquise de Sévigné

"L'histoire me sera favorable car j'ai l'intention de l'écrire". Winston Churchill.


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Message Publié : 08 Juil 2009 20:18 
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Georges Duby
Georges Duby
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Inscription : 27 Juil 2007 15:02
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Localisation : Montrouge
Sur le net: " L'ancien chef de la France Libre se méfiait de Monnet qui ne s'était pas rallié à lui en 1940 et qui préféra s'en remettre entièrement aux Anglo-Saxons pour gagner la guerre. D'autre part, il lui en voulait toujours d'avoir soutenu son rival à Alger, le général Giraud. "
Monnet était très proche des américains et de Roosevelt qui n'aimait pas de Gaulle.

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Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses. Virgile.


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Message Publié : 08 Juil 2009 22:19 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 06 Fév 2009 16:01
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Le fait est Jean Monnet n'est pas Compagnon de la Libération. De Gaulle présenta à Churchill le 16 juin le projet d'union entre la Grande-Bretagne et la France dont Jean Monet était l'un des "pères" (C'est mentionné implicitement dans les mémoires du Général et dans celle de Churchill).


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Message Publié : 08 Juil 2009 22:24 
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Marc Bloch
Marc Bloch
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Inscription : 15 Nov 2006 17:43
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Localisation : Lorrain en exil à Paris
Ils furent un certain nombre de ces français exilés en Angleterre ou aux Etats-Unis (je pense notamment à Saint-John-Perse) à n'être ni franchement vichystes (ils seraient restés en France), ni communistes, ni gaullistes. Et De Gaulle leur a toujours tenu rancune de ne s'être pas rallié à eux quand il le leur a demandé (allant plus tard jusqu'à refuser l'entrée dudit poète à l'Académie française... ce qui était tout de même mesquin il faut bien le dire. Mais le Grand Charles n'ayant point de prise sur le royaume de Suède il ne put empêcher l'attribution du prix au poète.)

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"[Il] conpissa tous mes louviaus"

"Les bijoux du tanuki se balancent
Pourtant il n'y a pas le moindre vent."


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Message Publié : 09 Juil 2009 5:33 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 07 Sep 2008 15:55
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1 - sur St John Perse
Je ne connaissais pas l'épisode "quai Conti" des relations entre le général et le poéte guadeloupéen mais je crois que leur brouille n'avait pas commencé en 40 : dès les années 30, me semble-t-il, le général n'appréciait guère ceui qui en sa qualité de secrétaire général du quai d'Orsay etait un des responsables de la stratégie française d'appaisement (comme disaient les anglais) à l'égard de l'Allemagne et d'alignement systémtique sur Londres. Je crois avoir lu chez Duroselle (dans "la décadence") il y a longtemps que Alexis Léger n'avait pourtant eu aucune illusion sur le IIIè Reich et que son rôle aurait été exagérément noirci par la presse (à vérifier car tout cela est un peu flou dans ma mémoire).

2 -pour Jean Monnet, le personnage est un peu porté à l'emphase et au rêve ("nous unssions des peuples et non des Etats") tout en travaillant dans l'ombre le plusloin possible des électeurs - ce qui ne pouvait qu'agacer un patriote pragmatique très attaché au lien entre le peuple et ses dirigeantscomme le général. Mais il y a une logique profonde chez Monnet : faire l'Europe et se soumettre aux Etats-Unis vus comme les sauveurs de l'Europe démocratique est un peu le "credo" de la démocratie chrétienne - c'est aussi la limite d'une construction européenne vue comme un système technocratique et atlantiste ... et aux antipodes du gaullisme.


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Message Publié : 09 Juil 2009 9:02 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 06 Fév 2009 16:01
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http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Monnet Qu'est-ce qui serait faux dans cette page sur Jean Monet dont je ne connaissais pas l'histoire avant de la lire ?
Aigle a écrit :
Mais il y a une logique profonde chez Monnet : faire l'Europe et se soumettre aux Etats-Unis vus comme les sauveurs de l'Europe démocratique
Le projet de la CED prouverait le contraire.


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Message Publié : 09 Juil 2009 10:14 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 07 Sep 2008 15:55
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ponceludone a écrit :
Le projet de la CED prouverait le contraire.



je ne le pense pas : le CED était subordonnée à l'OTAN (la conférence de Lisbonne qui met en place le commandement intégré est de 1952 comme le traité CED.

cela dit le mot "soumission" est péjoratif : disons "subordination" ou "coopération inégalitaire" - et cela par souci d'efficacité : les USA ont la bombe et les réserves humaines et industrielles que l'Europe n'a pas pour intimider Staline...


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Message Publié : 09 Juil 2009 10:15 
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Marc Bloch
Marc Bloch
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Inscription : 15 Nov 2006 17:43
Message(s) : 4115
Localisation : Lorrain en exil à Paris
Alfred Teckel a écrit :
Mais le Grand Charles n'ayant point de prise sur le royaume de Suède il ne put empêcher l'attribution du prix Nobel au poète.)



Vous aviez évidemment tous corrigé de vous-mêmes ce mot manquant et pourtant essentiel à ma phrase!

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Message Publié : 09 Juil 2009 11:19 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 06 Fév 2009 16:01
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"Jean Monnet, qui de son propre aveu, n'a jamais aimé les études, manquait de culture historique et accordait le primat à l'économie et à l'international, qu'il connaissait bien. De Gaulle était animé par une passion de la France, due à une très profonde culture historique, sur laquelle il basait son analyse du présent et son action. Aussi, les deux protagonistes avaient-ils tendance à surdimensionner ce en quoi ils croyaient profondément."

Cet extrait de Wikipedia me semble bien résumer la différence entre les deux hommes. De par son expérience, Monnet était dans l'avenir, De Gaulle nous a fait vivre dans le passé. Ne pas aimer les études n'implique pas un manque de culture historique, d'autant plus que Monet a été jusqu'en première. Ceci dit je viens de commander les mémoires de Jean Monet, merci à Romeo qui a lancé ce sujet.


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Message Publié : 28 Août 2009 13:44 
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Grégoire de Tours
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Monet avait très tôt relevé de l'inconsistance chez De Gaulle. Le 19 juin, celui-ci télégraphiait à Noguès : "Suis à Londres en contact officieux et direct avec le gouvernement britannique. Me tiens à votre disposition , soit pour combattre sous vos ordres, soit pour toute démarche qui pourrait vous paraître utile."

En juin 40, Monet comprenait la hâte de De Gaulle à vouloir créer un Comité National pour ne pas laisser vacante l'autorité française, puisque celle de Bordeaux devait être considérée comme déchue aux yeux du monde libre, mais en même temps le danger de figer prématurément une situation qui était encore tout à fait mobile et dont l'axe principal n'était pas nécessairement à Londres. Un homme seul parlant au nom d'un Comité érigé en Angleterre, sous l'égide du gouvernement anglais, qui croirait d'emblée à sa totale indépendance. Pour éviter cet écueil, De Gaulle se créa un personnage comme il le raconta à Churchill un jour que celui-ci était excédé.

Avant de prendre son envol, De Gaulle était le poulain de Reynaud. Monet dans ses mémoires : " Il m'a toujours été difficile de prendre la mesure de Paul Reynaud que j'ai connu dans des circonstances diverses audacieux, ou irrésolu, responsable ou léger, imaginatif, ou conservateur." Ce parrainage et la valse hésitation de De Gaulle a peut-être influencé le jugement de Monet sur celui-ci.


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Message Publié : 31 Août 2009 10:52 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 06 Fév 2009 16:01
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Aigle a écrit :
2 -pour Jean Monnet, le personnage est un peu porté à l'emphase et au rêve ("nous unssions des peuples et non des Etats") tout en travaillant dans l'ombre le plusloin possible des électeurs - ce qui ne pouvait qu'agacer un patriote pragmatique très attaché au lien entre le peuple et ses dirigeantscomme le général. Mais il y a une logique profonde chez Monnet : faire l'Europe et se soumettre aux Etats-Unis vus comme les sauveurs de l'Europe démocratique .....

Outre le fait que ceci est hors sujet et biaisé, avez-vous au moins lu ses mémoires ?

Monet pendant la deuxième guerre civile européenne du XX siècle :
"En 1938, à l'approche de la guerre, Daladier le chargea d'acheter secrètement des avions de guerre américains. Lors de son séjour aux États-Unis, il persuada le président Roosevelt d'accroître l'effort d'armement. En 1940, il proposa la constitution d'une « union franco-britannique » (un Parlement, une monnaie et une armée communs) pour contrecarrer l'avancée des troupes d'Hitler. Le projet échoua à la suite de la démission de Paul Reynaud et du vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Mandaté par Churchill, Monnet retourna aux États-Unis, où il fut l'un des artisans du Victory Program, qui permit aux États-Unis de devenir l'arsenal des démocraties. En 1943, Monnet fit partie du Comité français de libération nationale à Alger. En janvier 1946, Monnet était nommé commissaire général au Plan, où il contribua d'une manière décisive à la reconstruction et à la modernisation de la France." (Olivi & Giacone, L'Europe difficile).


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Message Publié : 31 Août 2009 11:12 
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Administrateur
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ponceludone a écrit :
pendant la deuxième guerre civile européenne du XX siècle


8-| 8-| 8-|

Franchement, vous devriez relire la définition d'une guerre civile.

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


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Message Publié : 31 Août 2009 13:48 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 06 Fév 2009 16:01
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"Les massacres de cette seconde « guerre civile européenne » avaient été interprétés comme l'échec idéologique des États-nations, qui avaient été incapables d'organiser et de maintenir la paix sur le continent." (Bino Olivi & Alessandro Giacone, L'Europe difficile).


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Message Publié : 31 Août 2009 14:11 
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Plutarque
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Inscription : 03 Avr 2008 20:40
Message(s) : 124
Ce n'est pas parce que ça a une couverture et des pages que ça ne dit pas d'idioties. :mrgreen:

"Guerre civile" entre "États-nations"... Si encore les auteurs voulaient faire de l'Europe une seule nation, mais non, même pas. :-|

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" Le nicolaïsme ? C'est le mariage entre clercs ! "


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Message Publié : 31 Août 2009 14:29 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 06 Fév 2009 16:01
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Alain.g a écrit :
Sur le net: " L'ancien chef de la France Libre ...lui en voulait toujours d'avoir soutenu son rival à Alger, le général Giraud. "
Ce soutien n'apparait pas dans les mémoires de Monet, bien au contraire. Avec Monet au coté de Giraud il y avait aussi le Général Georges amené de France sur l'insistance de Churchill. Monet, l'homme de Churchill aux USA, son travail terminé était venu à Alger pour servir la France.
Aigle a écrit :
2 -pour Jean Monnet, le personnage est un peu porté à l'emphase et au rêve ("nous unssions des peuples et non des Etats")
Cette phrase me semble être un clin d'oeil à Saint-Exupéry qui lui avait dit aux USA : "Le plus beau métier des hommes, c'est d'unir les hommes".


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