Nous sommes actuellement le 23 Sep 2019 20:41

Le fuseau horaire est UTC+1 heure




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 57 message(s) ]  Aller vers la page Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
Auteur Message
 Sujet du message :
Message Publié : 23 Avr 2005 15:31 
Hors-ligne
Eginhard
Eginhard
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 03 Déc 2004 20:16
Message(s) : 702
Localisation : Pordic, Côtes d'Armor, Bretagne
Igor Geiller a écrit :
Disons que mon hypothèse se situait dans le cas d'une défaite alliée au Proche-Orient. Dans ce cas, la Turquie ne serait probablement pas restée insensible face à des avances de l'Axe.
Tout dépend de si Hitler se soit rendu compte de la situation après une écrasante défaite alliée à El-Alamein et l'occupation de l'Egypte par les troupes de Rommel et avait envoyé une énorme quantité de matériel pour renforcer ses troupes réduites à (on peut inférer) une soixantaine de chars et quelques milliers de fantassins, ou s'il avait décidé de réagir selon la pensée qui le caractériserait tout à fait, c'est à dire "Rommel a vaincu les Anglais et s'attaque au Proche-Orient; tout va donc bien pour ce front, et je lui retire quelques troupes pour les envoyer en Russie, là où on en a besoin". Il lui aurait fallu une lucidité qui n'était pas la sienne pour se rendre compte du prébende que lui offrait Rommel et le renforcer en vue d'une attaque contre le Proche-Orient. Sinon, les renforts des Anglais en provenance d'Inde (qui pouvaient largement excéder le millier de chars en cas de nécéssité extrême) auraient tôt fait de repousser Rommel, surtout dans une terre où la population avait été dirigée par les Anglais depuis 1920. Quelque chose me dit que cette deuxième possibilité aurait primée dans l'esprit du Führer, et Rommel ne pouvait en aucun cas foncer à travers la Palestine, le Liban et la Syrie pour attendre la frontière turque: les problèmes d'approvisionnement l'avaient déjà cloué au sol assez de fois avant El-Alamein pour qu'il se rende compte de cette impossibilité; le trajet Alexandrie – Antakya (une des villes les plus au sud de Turquie) faisait plus de 1200 kilomètres…

Igor Geiller a écrit :
La prise de Malte était une question de volonté, pas de moyens. Les Allemands et les Italiens étaient prêts à envahir Malte en juin 1942. Mais Rommel avait repris l'offensive en Egypte, et les moyens pour l'invasion furent envoyés en Afrique du nord.
Au début de la guerre, Malte devait rester à l'écart du théâtre d'opération, les Allemands ne s'intéressant que peu à cette minuscule île perdue au milieu de la Méditerranée. Mais l'entrée en guerre de l'Italie, le 10 juin 1940, change la donne: Mussolini exprime dès le départ sa volonté d'annexer Malte et de la rajouter au "Nouvel Empire Italien". Moins de 24 heures après le début des hostilités, 100 avions italiens bombardent les docks de La Valette - l'île, dont la défense aérienne se limitait à 3 chasseurs biplans Gloster Gladiator (surnommés Foi, Espérance et Charité), ne peut opposer de résistance. Heureusement pour la population, l'Angleterre réussira bien à envoyer quelques Hurricanes en renfort. A partir d'avril 1941, après la cuisante défaite navale au cap Matapan (sud de la Laconie (Grèce), 27-29 mars), où ils perdent 3 cuirassés et 2 destroyers, Mussolini décident d'envoyer une force aéroportée envahir l'île. Malheureusement, il a besoin de l'aval d'Hitler pour ce faire, et celui-ci a d'autres chats à fouetter: il est en train d'organiser l'invasion de la Grèce. En mai 1941, l'Allemagne envahit la Crète en lâchant 10 000 soldats de la Wehrmacht derrière les lignes anglo-grecques (le général britannnique Bernard Freyberg tenait alors la crète avec environ 30 000 Britannique, Néo-Zélandais et Australiens et 10 000 Grecs). Après 11 jours de lutte acharnée, la Crète tombe aux mains de l'envahisseur, au prix exorbitant de 4 000 morts et de 3 000 blessés. Hitler, choqué par cette hécatombe, décide de différer l'hypothétique invasion aéroportée de Malte à bien plus tard. L'occasion ne se représentera pas une deuxième fois, étant donnné que la Royal Navy inflige défaite sur défaite à la marine italienne, et que toutes les troupes (ou presques) sont réquisitionnées pour le front russe. Ceci n'empêche pas un bombardement intense de l'île (en mai 1942, un total de 6 000 bombardiers passeront au-dessus de l'île et lâcheront leur cargaison mortelle). Le 15 août 1942, le convoi anglais Pedestral, parti de Gibraltar le 10, arrive à La Vilette, où il est acclamé par la population. A partir de ce moment, l'Axe considère que le principal second front ( :wink: ) est l'invasion de l'Egypte, et la défaite d'El-Alamein anéantit les derniers espoirs de Mussolini de s'emparer de l'île...

Cuchlainn a écrit :
C'est-à-dire que l'Allemagne n'avait pas les moyens d'être présente comme elle l'aurait dû sur les fronts qu'elle aurait dû pour assurer la victoire... Qu'elle a eu les yeux plus gros que le ventre quoi.
Eh bien, plût au monde qu'il n'y ait eu que des généraux comme vous... "Oh non, cet objectif est bien trop difficile, il est certain que nous perdrons, il vaut mieux ne même pas y penser." Mais le tronc même de la théorie de la Lebensraum était corrompu alors, puisqu'il était de s'attaquer à la Russie, foyer du "bolshévisme", et d'en faire reculer les frontières de quelques milliers de kilomètres afin de permettre à la race germanique aryenne de prendre toutes ses dispositions nécessaires au déficit des "races inférieures". C'est tout. Pas d'invasion de France, pas d'intervention dans les Balkans, pas de guerre en Afrique du Nord, et pas de blocus de Malte ! Tout cela, bien qu'évidemment nécessaire par la suite pour atteindre ce principal objectif, a néanmoins trop réduit les troupes allemandes pour qu'elles le réussissent. Nul doute que si toutes les forces allemandes, de septembre 1939 à mai 1945 (mais dans ce cas-là, mai 45 ne serait pas une date d'importance, vu que l'issue de la guerre aurait été autrement différent), le "rouleau compresseur" russe aurait mordu la poussière.
Et puis, pour qu'elle n'ait pas les yeux plus gros que le ventre, où auriez-vous préconisé qu'elle s'arrête ? En Pologne ? En France ? Dans les Balkans ? En Lybie ?

Igor Geiller a écrit :
Certaines [troupes allemandes] auraient pu être envoyées à Rommel sans gros risques: les résistants sont encore assez faibles, et les Alliés n'ont pas les moyens de mener une opération terrestre d'envergure en Europe (voir le raid sur Dieppe).
L'échec du raid sur Dieppe (le 19 août 1942) est surtout dû au fait que les Allemands aient repéré, et ce dès la première heure de l'assaut, les barges de débarquement, et qu'ils aient ainsi pu "accueillir" les 6 800 hommes sous un déluge de feu. De plus, le commandement avait auparavant de ne pas effectuer de bombardement intensif (comme sera fait en juin 1944) afin d'épargner les civils. Lourde erreur. Les tanks s'embourberont sur les plages, et près de 4 500 soldats (dont plus de 3 000 Canadiens) alliés y perdront leur vie.
Heureusement, les Alliés tireront leurs erreurs de cet échec, et c'est pourquoi celui du 6 juin, 22 mois plus tard, sera réussi.

Pyrrhos a écrit :
Et le fait que l'Axe succombe à la sérénade de Rommel qui promet l'Egypte, montre que ses stratèges mesuraient mal les exigences particulières de la guerre en Méditerranée et en Afrique.
Erwin Rommel mesurait très bien l'écart de troupes entre ses soldats et les Britanniques, et était conscient qu'il suffirait d'un coup d'arrêt à son avancée pour que tout soit perdu. Mais que pouvait-il faire ? Faire retraite ? Aucun intérêt, sa guerre en aurait été perdue d'avance. Attendre des renforts ? Le gouvernement ne pouvait lui en allouer, et le pressait d'avancer avec ce qu'il avait, quitte à tout perdre. Négocier avec les Anglais ? Impossible, ils avaient depuis longtemps juré de ne pas pactiser avec l'Axe. Il ne lui restait qu'une chose à faire: l'attaque.
Excuses pour l'erreur des noms, Pyrrhos ! :wink:
______________
"Candida pro causa ense candido" Carl Gustav Emil Mannerheim, héros national finlandais (1867-1951)[/i]


Dernière édition par Kevin_Scaevola le 23 Avr 2005 20:55, édité 1 fois.

Haut
 Profil  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 23 Avr 2005 17:04 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 18 Fév 2004 22:53
Message(s) : 426
Localisation : Haut-Rhin, Alsace
Hmm... La dernière citation est de moi ! :wink:

Citer :
Erwin Rommel mesurait très bien l'écart de troupes entre ses soldats et les Britanniques, et était conscient qu'il suffirait d'un coup d'arrêt à son avancée pour que tout soit perdu. Mais que pouvait-il faire ? Faire retraite ? Aucun intérêt, sa guerre en aurait été perdue d'avance. Attendre des renforts ? Le gouvernement ne pouvait lui en allouer, et le pressait d'avancer avec ce qu'il avait, quitte à tout perdre. Négocier avec les Anglais ? Impossible, ils avaient depuis longtemps juré de ne pas pactiser avec l'Axe. Il ne lui restait qu'une chose à faire: l'attaque.


Ce faisant, il raisonne comme Hitler en 1944-1945: les dernières réserves dans l'attaque. Et ce furent les Ardennes et le lac Balaton...
Il est clair qu'à la guerre rien n'est plus essentiel que de disposer de l'initiative. De ce point de vue, la poursuite de l'offensive est justifiée. Mais il y a deux problèmes:

1) Les caractères propres à la guerre du désert. La logistique y est encore plus déterminante qu'ailleurs. Or elle désavantage l'attaquant. D'où la nécessité, si l'on prend l'offensive, de mettre les meilleures chances de son côté. De ce point de vue, l'erreur maltaise est cruciale. De même que le fait de se retrouver bloqué dans la pire des positions: El-Alamein, soit à l'extrême limite de ses possibilités logistiques alors que c'est tout l'inverse pour l'Anglais.

2) La nécessité de forces sufffisantes. Vu la capacité des Anglais à se renforcer, l'avantage initial de Rommel a vite fondu. Peut-être Rommel espérait-il que son dynamisme serait récompensé par l'envoi de renforts conséquents (Hitler aime les généraux audacieux), mais en ce cas il se fourvoit totalement et témoignerait d'une grande incompréhension de la stratégie hitlérienne.

Reste la seule solution: une fois constaté l'échec de son coup de poker vers Alexandrie, battre en retraite au lieu de s'enterrer dans une position sans espoir en attendant de voir l'Anglais amasser suffisamment de forces pour le mettre en pièce dans une bataille sans espoir pour lui. Mais là, Rommel voit son audace se retourner contre lui: ayant fait naître de grands espoirs de conquête à son Führer, il ne peut plus reculer, question de prestige et de propagande. Rommel a su alimenter son mythe, à présent celui-ci se retourne contre lui.
Rommel était incontestablement un maître du désert par sa grande intelligence tactique, mais il ne sut jamais comprendre pleinement les enjeux stratégiques de la guerre en Afrique du Nord. La décision de prendre l'offensive en 1942 et de viser l'Egypte repose largement sur Rommel. Rien ne l'obligeait à prendre de tels risques: Hitler n'avait qu'un intérêt très secondaire pour l'Egypte, et les Italiens n'avaient pas oublié les désastres de 1940. Si Rommel avait défendu une stratégie plus prudente et jugé préférable de prendre avant tout Malte, il est probable que son avis aurait finalement prévalu. C'est un général agressif. La rapidité avec laquelle il déclenche son offensive au printemps 1941 ne tient également qu'à lui: il allait déjà bien au-delà de ce qu'on lui demandait.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 13 Juil 2014 17:37 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 29 Juin 2014 10:12
Message(s) : 12
Hitler à Manstein ; « Il s’agit de la prise de Bakou, maréchal. Sans le pétrole de cette région, la guerre est perdue».

Si cela privait bien les Russes d'approvisionnement, encore fallait-il avoir les moyens de ramener les milliers de tonnes de pétrole pour les besoins de la Wermacht :rool: ... ce dont l'Allemagne n'avait en aucun cas les moyens logistiques ( sachant que la maitrise de la méditerrannée ou de la mer Noire n'était pas acquise, construire un pipeline gigantesque pour ramener le pétrole ?), Hitler n'ayant pas suffisament pensé à cela, la prise de Bakou n'aurait pas permis aux Allemands de durer dans le temps ...

_________________
"Ne craignez jamais de vous faire des ennemis ; si vous n'en avez pas, c'est que vous n'avez rien fait."

Georges Clémenceau


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 14 Nov 2014 18:09 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 07 Sep 2014 12:27
Message(s) : 407
Helios a écrit :
d'où provenaient les ressources énergétiques (en pétrole) nécessaires aux forces de l'Axe pendant la guerre?


Quelqu'un saurait il où trouver les chiffres ou estimations des nécessités annuelles en pétrole (et autres ressources énergétiques) ainsi que des productions, importations et provenances pour l'Allemagne et autres belligérants de 39 à 45 ?

_________________
“Etudie, non pour savoir plus, mais pour savoir mieux. ”
Sénèque


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 04 Jan 2015 0:30 
Hors-ligne
Tite-Live
Tite-Live
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 02 Mai 2010 13:29
Message(s) : 352
Localisation : Duché de Gothie.
La production d'ersatz ou essence synthétique serait intéressante à étudier aussi. La technique Makhonine a t'elle été utilisée par des allemands aux abois ?
Je précise que je connais une ancienne usine de la société Rhur (mitraillée) où le charbon était transformé en liquide combustible pendant la DGM.

_________________
« L'honneur défend des actes que la loi tolère. »
Sénèque


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 08 Jan 2015 22:07 
Hors-ligne
Modérateur
Modérateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 04 Déc 2011 22:26
Message(s) : 1387
Localisation : Paris
Elviktor a écrit :
Quelqu'un saurait il où trouver les chiffres ou estimations des nécessités annuelles en pétrole (et autres ressources énergétiques) ainsi que des productions, importations et provenances pour l'Allemagne et autres belligérants de 39 à 45 ?

En 1938, l'Allemagne consommait 44 millions de barils de pétrole par an, dont 28 millions importés d'outre-mer, 3,8 millions importés d'Europe (dont 2,8 millions de Roumanie !), 3,8 millions extraits en Allemagne et 9 millions produits synthétiquement.

En septembre 1939, les importations d'outre-mer avaient grimpé à 33 millions de barils par an (+ 5 pts) mais l'Allemagne disposait encore de stocks de 15 millions de barils mis en réserve. Les importations en provenance d'URSS, elles, connaissaient une décrue légère à partir du début de la guerre : 4 millions de barils en 1940, 1,6 millions de barils sur la première moitié de 1941.

En 1941, la production intérieure s'est hissée à 7,25 millions de barils par an mais l'Allemagne ne parvenait plus à s'approvisionner suffisamment en pétrole. Peter W. Becker avance le chiffre d'un manque mensuel de 1,9 millions de barils, soit un manque annuel de 22,8 millions de barils, ce qui peut expliquer (parmi d'autres raisons) l'invasion allemande de la Russie soviétique. Lorsque les Allemands prennent le premier champ pétrolier soviétique, celui de Maikop, parmi les plus petits, il dégage une production annuelle de 19 millions de barils, soit presque assez pour combler le retard accusé par la consommation pétrolière de l'Allemagne en guerre.

Source : BECKER, Peter W., "The Role of Synthetic Fuel in Word War II Germany", in Air University Review, juillet-août 1981.

_________________
« But thought's the slave of life, and life's time fool. » (William Shakespeare)


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 09 Jan 2015 15:51 
Hors-ligne
Philippe de Commines
Philippe de Commines
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 05 Oct 2005 20:39
Message(s) : 1648
Localisation : Lyon-Vénissieux
Citer :
celui de Maikop, parmi les plus petits, il dégage une production annuelle de 19 millions de barils

Vous vouliez peut-être écrire 1,9 million de baril ?

_________________
Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvé dans un cimetière des Alpes

La science de l'histoire est une digue qui s'oppose au torrent du temps.
Anne Comnène, princesse byzantine (1083-1148)


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 09 Jan 2015 16:38 
Hors-ligne
Modérateur
Modérateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 10 Fév 2009 0:12
Message(s) : 6024
Pouzet a écrit :
Citer :
celui de Maikop, parmi les plus petits, il dégage une production annuelle de 19 millions de barils

Vous vouliez peut-être écrire 1,9 million de baril ?

J'ai été moi aussi surpris par ce chiffre.

Il suppose que les Russes n'aient pas saboté les puits avant de reculer, puis que les ingénieurs et techniciens allemands aient su mettre rapidement en production des installations qu'ils ne connaissaient pas. Qu'en est-il exactement ?

_________________
Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 10 Jan 2015 16:00 
Hors-ligne
Tite-Live
Tite-Live

Inscription : 20 Août 2010 13:58
Message(s) : 391
Quand les Allemands sont arrivés à Maikop, ils ont trouvé des installations totalement rasées, des puits comblés avec du sable, du ciment et tout ce que les Soviétiques avaient sous la main. Les techniciens allemands venus immédiatement pour prendre en compte les champs pétroliers locaux ont été catastrophés et ont passé autant si ce n'est plus de temps à se défendre contre les avions, les bombardements d'artillerie et les partisans soviétiques qu'à remettre en service les puis.

Dans son ouvrage Stalingrad, Jean Lopez cite un expert allemand, Otto Bentz (dont le témoignage apparaît dans un livre de Dietrich Eichholtz, Krieg um Öil). Selon Bentz, il aurait fallu un an de travaux pour tout remettre en état. Dans le meilleur des cas et en tenant compte des attaques soviétiques, Maikop aurait pu produire 10 000 tonnes de carburant en juin 1943 et peut-être 50 000 à la fin de l'année. Ce qui était très insuffisant au regard des efforts consentis par les forces allemandes et de leurs besoins.

_________________
Il faut toujours éviter de combattre des désespérés.

Extrait du Taktika de Léon VI (empereur byzantin de 886 à 911)


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 10 Jan 2015 17:36 
Hors-ligne
Modérateur
Modérateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 10 Fév 2009 0:12
Message(s) : 6024
Oui, le but stratégique d'Hitler en visant les puits, c'est de priver d'essence l'armée rouge. Ce qui n'est pas si mal pensé, au moins sur le papier.

Au delà, compter sur une production immédiatement utilisable par l'Allemagne aurait été très utopique, et je ne pense pas qu'il avait cela en tête.

_________________
Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 10 Jan 2015 17:58 
Hors-ligne
Tite-Live
Tite-Live

Inscription : 20 Août 2010 13:58
Message(s) : 391
Je pense qu'il avait vraiment l'idée de trouver des puits utilisables immédiatement. Beaucoup de dirigeants militaires et civils du Reich semblaient partager cet avis. Mais rien n'avait été vraiment prévu pour la récupération de ce pétrole.

L'ouvrage de Jean Lopez consacre quelques pages à ce point. Il s'appuie notamment sur un rapport d'un général appartenant à l'Office du Reich pour les armements et l'économie de guerre, Hermann von Hanneken. Ce dernier, qui écrit à l'OKH en mars 1941, explique qu'il n'est pas possible de faire transiter le brut du Caucase par le Danube, tous les pétroliers fluviaux disponibles étant déjà mobilisés pour l'évacuation de la production des puits de Ploeisti vers l'Allemagne.

L'autre problème étant l'absence de maîtrise de la mer Noire par la flotte allemande. La flotte soviétique est toujours demeurée active dans la zone, et des convois pétroliers en mer Noire auraient constitué une cible de choix (sans compter sur l'éventualité de raids aériens, qui aurait obligé les convois à emprunter des routes maritimes bien précises, aussi proches que possible de la côte roumaine et ukrainienne).

Dans tous les cas de figure, von Hanneken explique qu'il ne pourrait pas y avoir plus de 10 000 tonnes de brut russe transportées chaque mois vers les raffineries de l'Axe. Une goutte d'eau si je puis me permettre cette expression, face aux besoins allemands, à la production du Reich (notamment grâce aux gisements alsaciens, autrichiens, polonais) et aux importations en provenance de Roumanie (1,1 million de tonnes en 1940, 2,9 millions de tonnes en 1941 et encore 2,4 millions de tonnes en 1943).

_________________
Il faut toujours éviter de combattre des désespérés.

Extrait du Taktika de Léon VI (empereur byzantin de 886 à 911)


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 10 Jan 2015 18:24 
Hors-ligne
Administrateur
Administrateur

Inscription : 15 Avr 2004 22:26
Message(s) : 13533
Localisation : Alsace, Colmar
ciders a écrit :
Je pense qu'il avait vraiment l'idée de trouver des puits utilisables immédiatement. Beaucoup de dirigeants militaires et civils du Reich semblaient partager cet avis. Mais rien n'avait été vraiment prévu pour la récupération de ce pétrole.


Je pense que dans ses ministères on ne se faisait pas d'illusions et que cela était connu à très haut niveau. Dans un numéro où il y avait un dossier sur le pétrole durant la SGM dans la revue Guerre & Histoire, ils disaient que de toutes façons, toutes les péniches susceptibles de transporter du pétrole sur le Danube en direction des zones industrielles de l'Allemagne étaient déjà utilisées pour transporter le pétrole roumain. De toute façon, il n'y avait pas de programmes pour en construire de nouvelles ou pour développer le transport ferroviaire à la place.

Résumé en quelques mots : il n'y avait aucune solution logistique pour amener ce pétrole là où ils en auraient eu besoin. Ce qui montre aussi que les responsables civils et militaires ne comptaient pas sur ce pétrole pour leur industrie de guerre.

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 10 Jan 2015 19:24 
Hors-ligne
Modérateur
Modérateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 27 Oct 2007 9:34
Message(s) : 2628
Localisation : Myrelingues la brumeuse
Narduccio a écrit :
ciders a écrit :
Je pense qu'il avait vraiment l'idée de trouver des puits utilisables immédiatement. Beaucoup de dirigeants militaires et civils du Reich semblaient partager cet avis. Mais rien n'avait été vraiment prévu pour la récupération de ce pétrole.


Je pense que dans ses ministères on ne se faisait pas d'illusions et que cela était connu à très haut niveau. Dans un numéro où il y avait un dossier sur le pétrole durant la SGM dans la revue Guerre & Histoire, ils disaient que de toutes façons, toutes les péniches susceptibles de transporter du pétrole sur le Danube en direction des zones industrielles de l'Allemagne étaient déjà utilisées pour transporter le pétrole roumain. De toute façon, il n'y avait pas de programmes pour en construire de nouvelles ou pour développer le transport ferroviaire à la place.

Résumé en quelques mots : il n'y avait aucune solution logistique pour amener ce pétrole là où ils en auraient eu besoin. Ce qui montre aussi que les responsables civils et militaires ne comptaient pas sur ce pétrole pour leur industrie de guerre.



C'est exact ! Et c'est ce qui prouve l'imbécilité des projets de HITLER. En supposant que le groupe A qui s'est aventuré dans le Caucase, se soit emparé des pétroles de Bakou et Groznyi intacts, de toute façon l'Allemagne ne pouvait les utiliser faute de moyens de transport. Donc plutôt que de laisser le groupe A s'enliser dans le Caucase avec un chiffre de pertes qui augmentait de jour en jour, il aurait été plus judicieux de détruire ces pétroles, par des bombardements des puits par la Luftwaffe encore maitresse des airs en juillet et aout 42. ca aurait eu l'avantage :

-De priver les russes de carburant (à cette époque le carburant des russes était fourni en grande partie par les américains et il n'y en avait pas de trop)

-De regrouper les troupes du groupe sud dans la boucle du don, ce qui n'aurait pas laissé Paulus seul, avec des flancs mal défendus par les roumains et les italiens.

_________________
C'est l'ambition qui perd les hommes. Si Napoléon était resté officier d'artillerie, il serait encore sur le trône.

Mr Prudhomme


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 10 Jan 2015 19:44 
Hors-ligne
Modérateur
Modérateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 10 Fév 2009 0:12
Message(s) : 6024
J'ai déjà lu quelque part : "Hitler a raté Bakou parce qu'il voulait Stalingrad, puis il a raté Stalingrad parce qu'il voulait Bakou." Je ne sais pas si ça correspond à une réalité.

Bombarder Bakou, au moment où on s'est aperçu que l'offensive vers les puits ne passait pas (début août 42 à priori)la luftwaffe l'aurait sûrement fait si elle en avait eu les moyens.

Priver les Russses d'essence, c'était une excellent idée. D'un point de vue logistique, ce ne sont pas les convois de l'Artique qui auraient pu combler le déficit, à supposer les Alliés aient suffisamment de pétroliers à sacrifier. En même temps, bombarder une raffinerie, censée brûler comme une grange, les Alliés se sont aperçus à Ploesti ce n'était pas si simple.

_________________
Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 10 Jan 2015 20:08 
Hors-ligne
Modérateur
Modérateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 27 Oct 2007 9:34
Message(s) : 2628
Localisation : Myrelingues la brumeuse
Pierma a écrit :
J'ai déjà lu quelque part : "Hitler a raté Bakou parce qu'il voulait Stalingrad, puis il a raté Stalingrad parce qu'il voulait Bakou." Je ne sais pas si ça correspond à une réalité.


Ce n'est certes pas moi qui ait dit ça. A l'origine le plan Blau ne prévoyait même pas Stalingrad et il ne prévoyait même pas la séparation du Groupe Sud en groupe A et Groupe B chacun trop faible pour ses objectif. En fait le groupe A avait simplement pour but d'interrompre le trafic sur la Volga (pas besoin de prendre Stalingrad pour ça)

Citer :
Bombarder Bakou, au moment où on s'est aperçu que l'offensive vers les puits ne passait pas (début août 42 à priori)la luftwaffe l'aurait sûrement fait si elle en avait eu les moyens.


En aout, elle en avait les moyens et était encore maitresse des airs. En Octobre ce n'était plus le cas, elle s'était usée a bombarder la ville et a appuyer les attaques de l'infanterie dans la ville


Citer :
Priver les Russses d'essence, c'était une excellent idée. D'un point de vue logistique, ce ne sont pas les convois de l'Artique qui auraient pu combler le déficit, à supposer les Alliés aient suffisamment de pétroliers à sacrifier. En même temps, bombarder une raffinerie, censée brûler comme une grange, les Alliés se sont aperçus à Ploesti ce n'était pas si simple.


En une fois certainement, mais elle avait encore les moyens logistiques, matériel et humains , de réitérer ces attaque sans oppositions sérieuse des VVS. Après ce ne fut plus le cas, la logistique ne suivant pas, même avant l'opération URANUS comme l'a démontré Jean JOPEZ ( Je suis en train de lire son livre et j'en suis à la préparation des opérations URANUS et MARS

_________________
C'est l'ambition qui perd les hommes. Si Napoléon était resté officier d'artillerie, il serait encore sur le trône.

Mr Prudhomme


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Afficher les messages publiés depuis :  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 57 message(s) ]  Aller vers la page Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Le fuseau horaire est UTC+1 heure


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 11 invité(s)


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas insérer de pièces jointes dans ce forum

Recherche de :
Aller vers :  





Propulsé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction et support en françaisHébergement phpBB