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Message Publié : 23 Avr 2013 21:33 
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Georges Duby
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Alors que la classe politique française avait formé en 1914 un gouvernement d'Union Nationale, d'Union sacrée, sous la présidence de Viviani, comportant tous les leaders politiques et l'appui de la CGT et que cette union se poursuivit en 1915 (Jules Guesde y siègera), le gouvernement qui fait la guerre de 1940 et succède au contesté Daladier, peu soutenu, celui de Paul Reynaud n'obtient pas le 22 mars l'investiture souhaitable pour un gouvernement d' entrée en guerre. Il est élu grâce à 111 abstentions avec 268 voix seulement. Consternant.
Le PS est divisé: des pacifistes partisans de la paix à tout prix avec Paul Faure, une partie de la SFIO était en effet munichoise et un groupe Blum, Mandel, Zay, anti-munichois en réalité, qui pense qu'il faut résister à Hitler.
Reynaud est un homme seul. Pétain veut sa place avec l'appui de l'Etat-major et les conseils de Laval.
Les conflits de personnes étaenit aigus, tout comme ceux des partis, notamment entre le PC et les radicaux qui ont fait chûter le front Populaire.

Comment expliquer que la situation, le danger, le pacte germano-soviétique qui menace directement la France, n'aient pas obligé à l'Union nationale comme en 1914 et en 1915 et comme en GB le 10 mai 1940 quand le Labor appuye Churchill et entre dans un gouvernement national, mettant les appeasers en minorité en même temps.
Comment expliquer une telle situation politique et l'absence d'un sursaut ?
Y a t-il une responsabilité des hommes politiques ? des partis ? de la 3è République ?

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Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses. Virgile.


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Message Publié : 24 Avr 2013 12:23 
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Thucydide
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Y-a-t-il vraiment eu un rassemblement en 1914 ?
Le terme utopique "d'union sacrée" est utilisé pour la première fois par Raymond Poincaré le 4 août 1914 lors de son discours aux Assemblées. Mais il est popularisé par un article du journal L'Humanité de novembre 1914. Les syndicats et les socialistes, fermement opposés à la guerre et pacifistes dans l'âme ont combattu avec acharnement l'idée de la guerre, Jean Jaurès le premier. D'ailleurs, au lendemain de son assassinat, les partis sociaux-démocrates rallient le gouvernement d'union.
La CGT organisait encore, le 27 Juillet à Paris, une manifestation contre la guerre. Le 4 août, elle rallie l'union sacrée. Toutefois, son nombre d'adhérents chute et une petite partie d'entre eux s'opposent encore à la guerre.
L'union sacrée de 1914 correspond plus à un consensus temporaire du spectre politique français. En effet, l'existence même de la nation, remise en question par les menaces de l'Allemagne, la violation de la neutralité belge et le sentiment de revanche après la guerre de 1870 et l'intégration de l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne, devance de loin les clivages des différents partis politiques à la veille de la Grande Guerre. Les politiques ont trouvé, dans cette union "contre-nature", le moyen de marquer une trêve et de canaliser la débauche d'énergie des différents bords de la vie politique, alors plutôt dirigée dans le but de s'accaparer plus d'électeurs, dans un même sens d'élan national et patriotique pour défendre la patrie en danger.
L'union était sacrée et unie en apparence seulement, car derrière la façade d'unicité, les différents acteurs politiques n'étaient pas forcément d'accord sur le but de la guerre : pour les socialistes, c'était une guerre pour la liberté, pour les radicaux, c'était une guerre contre l'Allemagne et le peuple allemand, et pour les partis catholiques, un moyen d'étendre leur influence qui allait en diminuant avec les nouvelles lois de séparation des Églises et de l’État. Bien entendu, cette union n'était qu'une solution temporaire, et l'entente cordiale apparente n'était qu'une attitude liée à un contexte d'urgence. Plus la guerre se prolongeait, et plus les plaies du passé se rouvraient dans le même temps que de très nettes dissensions ressurgirent, et des divergences divisaient les partis et les syndicats alors réunis en un formidable consensus : fallait-il stopper la guerre ? Cesser le massacre ou faire payer le prix cher au peuple allemand ? Continuer d'engraisser les industriels qui profitaient de l'occasion pour engranger des bénéfices importants, ou s'occuper de la classe ouvrière dont le coût de la vie qui augmentait sans cesse ne permettait pas de subsister ? Peu à peu, la nature de cette union se trouva bouleversée et refléta plus des enjeux politiques que de belles paroles chauvines. En 1915, soit presque seulement un an après sa création, la conférence de Zimmerwald remet en cause son existence. D'importantes grèves ouvrières se déroulent en 1917, protestant contre la position des syndicats dans cette mouvance de rassemblement.

En 39-40, les difficultés que les politiques ont eut à affronter sont presque similaires que celles de 1914 : le paysage politique est miné par les divergences d'opinions au sein de chaque mouvement, de plus, les contraintes économiques et politiques s'ajoutent à cette crise et à la montée des totalitarismes en Europe. La volonté de faire en sorte que la Grande Guerre soit la Der et Ders -du fait qu'elle a marqué les esprits par sa violence et sa propension à faire demeurer interminablement chaque camp au statut quo- et la signature du pacte germano-soviétique, qui en a surpris plus d'un, ont, je pense, grandement contribué à semer la pagaille.
Toutefois, nous avons eu droit également à des exemples assez étonnants de concordance et d'alliance entre partis : le front populaire en 1936, mais plus surprenant encore, le vote à unanimité des crédits de guerre le 2 septembre 1939, y compris de la part des communistes, pourtant opposés à la guerre, et qui dénonçaient encore la trahison des socialistes en 14 !


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Message Publié : 24 Avr 2013 15:27 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 04 Mai 2010 14:51
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On peut aussi ajouter la tentative d'union avec la GB début juin 40 à laquelle Paul Reynaud ne peut répondre ayant démissionné quelques heures avant.Dans votre question ,il y a des éléments de réponse :Pétain et L'EM voulant la place et la paix... Auparavant en 39 le gouvernement, malgré les divisions et les partis ,s'engage dans la guerre (derriére une Pologne bien imprudente) n'est ce pas dangereux ?.L'année 39 et début40 avec sa "drôle de guerre" montre que les rivalités s'exacerbent:on y va ou pas .Le role du PC non glorieux (sabotage) n'est pas determinant d'ailleurs.Les anti munichois n'ont pas été bien bruyants non plus .Le ver était dans le politique en géneral.Le procés de Riom en montrera une facette;ceux de la Libération une autre
Si en 39 l'armée française avait eu l'ordre d'attaquer, l'Allemagne était vaincue et le régime nazi disparaissait.Conclusion : des institutions (3eme Rép) défaillantes ,des politiques certes lucides (Daladier ,Raynaud) mais sans volonté ,des partis anti républicains et ambitieux attendant leur heure.Une chose les unit:aucun n'avait prévu la défaite militaire et la disparition de l'Etat en 6 semaines.
La chance de la GB c'est la Manche,qui a laissé du temps pour une union nationale derriére un Churchill 'impérial".


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Message Publié : 24 Avr 2013 16:53 
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Il me semble que ce qui cause toute la différence entre 1914 et 1939 est l'existence du bolchevisme :
- en tant que tel, parce qu'il a posé un rêve de conquête mondiale qui rend suspecte la fibre nationale du Parti Communiste, et rend difficile l'alliance de revers avec la Russie, qui allait de soi en 1914 : faut-il vraiment s'allier avec les bolcheviques ?
- parce que le bolchevisme nourrit la montée de l'extrême-droite en France, qui se nourrit de peur du bolchevisme et de volonté d'ordre et de répression anticommuniste, et montre une certaine sympathie envers les régimes autoritaires, nazis compris. Il y a donc en France une cinquième colonne allemande - culturelle en apparence, mais qui s'étend au domaine politique - et chez certains la volonté de préférer Hitler à Staline. Une préférence pour une entente avec l'Allemagne inimaginable en 1914.

Dans les différents sujets où nous avons parlé des scénarios possibles en 1939, on est découragé par la fatalité apparente du Pacte germano-soviétique, résultat de la méfiance des occidentaux et de la Pologne, un pacte qui est immédiatement responsable de la guerre. Chacun joue son intérêt immédiat, toute méfiance dehors, et pour finir la Pologne, d'abord, la France ensuite, l'Angleterre et la Russie enfin, se retrouvent à faire face seule - la Pologne puis l'Angleterre - ou quasiment seule - la France puis la Russie - à la Wehrmacht (ou à la Luftwaffe dans le cas de l'Angleterre.)

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Message Publié : 24 Avr 2013 16:55 
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Localisation : Berry
ALEXANDRE 1ER a écrit :
Si en 39 l'armée française avait eu l'ordre d'attaquer, l'Allemagne était vaincue et le régime nazi disparaissait.


Je sais que cette position est défendue, mais il s'agit d'un lieu commun, et il est fort imprudent d'avoir des certitudes sur le sujet.
En ce qui me concerne, l'armée française était bien peu capable de faire en septembre 1939 plus que ce qu'elle a fait au cours de l'opération "Sarre", en raison de ses limitations lourdes, liées tant à la sclérose doctrinale qu'aux contraintes du processus de mobilisation qui l'empêchaient d'adopter une posture offensive suffisamment puissante pour inquiéter les Allemands avant le retour du gros du Heer de Pologne, à partir de fin septembre 1939.

J'ai longuement développé ce sujet ici : http://www.empereurperdu.com/tribunehis ... 1&start=15

Notamment :
"Je ne pense pas que telle ait été la conception du commandement français. A étudier l'armée française de l'Entre-deux-guerres, on se rend compte de la volonté de perfection généralisée qui est celle de nos grands chefs d'alors. Ils veulent vraiment que tout l'enseignement de la Grande Guerre soit intériorisé, décortiqué, étudié, expérimenté. Et ils s'attachent, comme il est normal à ce niveau de responsabilité, à cela avec le plus grand sérieux.

Si cette recherche illusoire de la perfection a été le facteur d'inhibitions et de lourdeurs qui entrent dans une large part dans les causes de notre défaite de 1940, elle les a empêché de considérer avec légèreté un engagement comme celui de la Sarre en septembre-octobre 1939.
Je pense au contraire que le commandement prenait avec le plus grand sérieux la possibilité d'une offensive limitée allemande dès septembre 1939 et qu'il donnait la priorité au processus de couverture et à la mobilisation par rapport à une action offensive contre l'Allemagne.

Si l'on ajoute à cela le manque d'intérêt stratégique complet de la Sarre pour la France (je le répète une énième fois : pourquoi s'enferrer dans un territoire allemand où on sera en butte à la résistance active et passive de la population - cf. Ruhr 1923 - et sur des positions non aménagées alors que l'on est bien tranquille derrière notre position fortifiée frontalière ? C'est d'ailleurs pour cette raison que toutes nos modestes conquêtes de septembre 1939 sont abandonnées dès le mois suivant), on comprend sans peine pourquoi la France n'a pas fait plus en septembre 1939. La seule raison d'une telle offensive, c'est soulager la Pologne. Or, le 8 septembre 1939, les Allemands sont déjà devant Varsovie, et tout apparaît déjà joué.

Après, on peut estimer en sortant de la réalité historique qu'il aurait été préférable de lancer une action de plus grande ampleur et qu'on ait voulu bien plus poussée et décisive. Certes. Mais c'est oublier 1) que nos chefs ne savaient pas trop à quel coup fourré s'attendre des Allemands alors qu'ils étaient conscients de nos grandes faiblesses avant la mobilisation (je rappelle encore que notre armée du temps de paix comprenait 33 divisions en métropole, alors que les Allemands ont devant leur frontière occidentale 42 divisions lorsqu'ils attaquent la Pologne le 1er septembre 1939) ; 2) qu'ils ne pensaient absolument pas en termes de guerre mobile, mais bien en pensant sans cesse au rythme très lent et aux procédés méthodiques de la guerre précédente.

Bref, que rien ne militait en faveur d'une telle action, ni le rapport de forces immédiat, ni l'expérience. Que ce fut une erreur, on peut aujourd'hui (et même avec une seule année de recul en septembre 1940) le dire, mais le propre de celui qui s'essaie à l'Histoire n'est pas de juger les erreurs ou de les regretter, uniquement de les constater et d'en analyser les raisons. "

Ou encore : "Ayant étudié en profondeur l'armée française en 1939-1940 ces derniers temps, je pense pouvoir fonder ma conviction initiale sur des éléments précis. Et je suis encore plus catégorique : nous ne voulions, et nous ne pouvions, guère faire plus que ce qui a été fait.

1) nous ne le voulions pas.
Ayant pu avoir en main le document préparatoire à l'opération "Sarre" établi en juillet 1939, j'ai pu constater de visu que les objectifs opératifs étaient entièrement subordonnés à un objectif stratégique : soulager la Pologne. Celle-ci s'effondrant, l'opération devenait inutile, et toute progression en territoire allemand dangereuse et sans intérêt, la position fortifiée frontalière n'offrant de plus aucune protection aux forces ainsi aventurées.

2) nous ne le pouvions pas.
Nous n'avions pas les moyens, dans le laps de temps qui était imparti, pour faire plus qu'une action locale. Le problème se posait de plusieurs manières :
a) les seules forces disponibles rapidement, et encore sans leurs échelons b et c, sont les divisions d'active renforcées, destinées au processus de couverture de la mobilisation. Hors, la couverture se fait de la Mer du Nord à la Suisse, ce qui implique une dispersion au moins initiale de nos moyens.
b) la concentration du gros de nos forces se fait en vingt jours après la mobilisation. Or, le 22 septembre 1939, les Allemands en ont fini avec la Pologne et commencent déjà à rameuter des troupes vers l'ouest, rendant complètement aléatoire (car susceptible d'être violemment contre-attaquée) toute tentative offensive un peu développée (ce qui explique d'ailleurs notre retrait d'octobre, parfaitement justifié).

On accuse souvent le haut-commandement français d'incompétence, mais j'ajouterais qu'en l'occurrence, il a arbitré rationnellement. Face à nous, à l'ouest, 42 divisions allemandes de différents niveaux. Nos forces rapidement disponibles ne s'élèvent pas à ce chiffre, même si les Allemands doivent maintenir un dispositif face à la Belgique et aux Pays-Bas. Ensuite, le rapport de force ne peut qu'évoluer en notre défaveur, car si nous enregistrons un renforcement progressif de nos moyens (le processus de concentration s'achevant, les Britanniques rejoignant), les Allemands en bénéficient d'un encore plus massif (passant de 42 divisions à 90 en un mois quand nous ne mobilisons tous théâtres confondus que péniblement 80 divisions environ). Or, la posture offensive, vous n'êtes pas sans le savoir, implique d'avoir un avantage numérique marqué (ce qui était encore plus vrai pour des généraux imprégnés de la Grande Guerre - mais même aujourd'hui, en école de formation, on nous apprend qu'un ratio offensif minimal implique du 3 pour 1 !). Ce qui n'était garanti ni au début, ni surtout après, une fois que l'offensive se serait développée.

Et puis c'est sans compter sur un état d'esprit tourné à raison vers la défensive : pour compenser une démographie moins dynamique et un phénomène de "classes creuses" désastreux pour notre armée, nous nous sommes tournés vers un "bouclier" fortifié qui avait sa raison d'être. Pourquoi le négliger après avoir dépensé tant d'énergie et de moyens pour le construire ? Son unique raison d'être est la protection de la mobilisation et l'économie des moyens, pourquoi l'oublier en mettant en péril la première par une offensive aléatoire et en refusant la seconde en préférant risquer les poitrines plutôt que le béton ?
Si l'Histoire a montré la limite de ce raisonnement, il n'en reste pas moins très logique. Qui plus est, ce n'est pas le 8 septembre 1939, ni même en juillet 1939 qu'il aurait fallu s'en inquiéter, mais bel et bien vers 1930 ou 1935...

Pour tout dire, si jamais j'avais à changer une chose aux décisions de Gamelin entre septembre 1939 et mai 1940, ce n'est certainement pas l'opération "Sarre". C'est bien plutôt le catastrophique ajout de la manoeuvre "Breda" à l'opération "Dyle" : plus de VIIe Armée, plus de réserve stratégique, plus rien pour contre-attaquer une fois le front enfoncé sur la Meuse... Là est son erreur principale (avec la faiblesse du front des Ardennes), là est "l'occasion manquée" de clôturer le couloir des panzer ou au moins de les arrêter."

Un fil dédié existe sur PH si certains veulent poursuivre la discussion : viewtopic.php?f=49&t=728&st=0&sk=t&sd=a&start=15

CNE503

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Message Publié : 24 Avr 2013 17:00 
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Georges Duby
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Inscription : 27 Juil 2007 15:02
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Vous n'avez pas tort Granite de relever combien le climat politique est différent en 1914 et 1919 malgré la même exacerbation des luttes politiques. On trouve des haines dans les deux cas et combien l'union de 1914 n'était qu'une solution temporaire. Mais cette union est là, entre un PR de droite conservatrice et une majorité de gauche, de réforme. Ce n'est pas rien et du à mon avis à la cohésion que comporte la République et la proximité de Sedan, celui de 1870.
1940 aurait du comporter le même réflexe politique d'union, pour le pays, pour la République, face à l'Allemagne, mais il y a quelques chose de cassé et surtout à mon avis le Front Populaire a été trop clivant et a coupé le pays en deux. Le FP laissera de terribles traces. Dans les commentaires on trouve la haine entre communistes et radicaux, le pacifisme intransigeant de la SFIO Paul Faure, les modérés ne pardonnent pas à Blum les mesures du FP avec les 40 heures.
Avec le recul, on voit la division. La clé était dans une entente entre socialistes, radicaux et modérés dans un gouvernement de concentration par exemple. On n' en était pas loin dans le gouvernement du radical Daladier qui arrive à se passer d'une participation officielle de la SFIO.
Quand Daladier demande les pleins pouvoirs en 1938, il les obtient à l'unanimité avec abstention de nombreux modérés. L'homme était populaire mais sa politique mal admise. Son soutien va se réduire et se transformer de plus en plus en abstentions massives des socialistes.
Il restait un axe radicaux-modérés que Reynaud va reprendre. Par contre l'opposition entre socialistes et modérés était insurmontable à cause du FP dont les modérés feront un reproche permanent.
Un élément important de rassemblement de 1914: l'assassinat de Jaurès qui crééea un choc considérable

Quand à la comparaison avec la GB de mai 1940, il n'y a pas que la Manche, Alexandre 1er, pour sauver l'Angleterre, il y a ce patriotisme anglais extraordinaire, qui amène les dirigeants du Labor, à accepter immédiatement la proposition de Churchill d'un vrai gouvernement national, avec entrée au cabinet de guerre restreint qui décide chaque jour de la conduite de la guerre. Le Labor a deux sièges sur cinq. Churchill apparait génial en 1940 à tous égards, c'est lui qui rend possible l'union sans arrières pensées. Reynaud autant contesté que Churchill, n'avait pas la même envergure. La manière dont Halifax, Chamberlain et Churchill règlent leur différend dans le dernier cabinet de guerre du 28 mai je crois de mémoire, grâce à Attlee et Greenwood, est admirable. personne ne pense politique ni carrière, les décisions sont prises par consensus des cinq sans échapatoire type 3è République.

Pierna, il est exact que le pacte GS et la peur du bolchevisme comme le souhait de certains de s'entendre avec l'Allemagne, ont joué un grand rôle. Mais moins qu'en GB.

CNE 503,je vous réponds plus tard.

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Message Publié : 24 Avr 2013 22:03 
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Jean Froissart
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Inscription : 21 Sep 2008 23:29
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pierma a écrit :
Il me semble que ce qui cause toute la différence entre 1914 et 1939 est l'existence du bolchevisme :
- en tant que tel, parce qu'il a posé un rêve de conquête mondiale qui rend suspecte la fibre nationale du Parti Communiste, et rend difficile l'alliance de revers avec la Russie, qui allait de soi en 1914 : faut-il vraiment s'allier avec les bolcheviques ?
- parce que le bolchevisme nourrit la montée de l'extrême-droite en France, qui se nourrit de peur du bolchevisme et de volonté d'ordre et de répression anticommuniste, et montre une certaine sympathie envers les régimes autoritaires, nazis compris. Il y a donc en France une cinquième colonne allemande - culturelle en apparence, mais qui s'étend au domaine politique - et chez certains la volonté de préférer Hitler à Staline. Une préférence pour une entente avec l'Allemagne inimaginable en 1914.

Dans les différents sujets où nous avons parlé des scénarios possibles en 1939, on est découragé par la fatalité apparente du Pacte germano-soviétique, résultat de la méfiance des occidentaux et de la Pologne, un pacte qui est immédiatement responsable de la guerre. Chacun joue son intérêt immédiat, toute méfiance dehors, et pour finir la Pologne, d'abord, la France ensuite, l'Angleterre et la Russie enfin, se retrouvent à faire face seule - la Pologne puis l'Angleterre - ou quasiment seule - la France puis la Russie - à la Wehrmacht (ou à la Luftwaffe dans le cas de l'Angleterre.)


pierma,

très bien dit. C'est un résumé de tout que j'ai lu et étudié autour de ces événements. J'ai étudié en détail les "efforts" des Anglais et Français, juste avant le pacte germano-soviètique, pour convaincre Stalin de travailler ensemble. Et le moindre qu'on peut dire est que les alliés n'étaient pas pressés pour arriver en Union Soviètique pour négocier. The slow boat procedure...

Cordialement et avec estime,

Paul.


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Message Publié : 24 Avr 2013 22:12 
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Jean Froissart
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Inscription : 21 Sep 2008 23:29
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CNE 503,

je voulais moi même chercher sur le forum de Bruno Roy Henry parce que je me souvenais de la discussion. Et voilà maintenant je vois pour la première fois que vous êtes Loic Bonal. Complètement d'accord avec tous ce que vous avez dit dans le temps en réponse à BRH.

Cordialement et avec une haute estime pour toutes vos interventions,

Paul.


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Message Publié : 25 Avr 2013 14:31 
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Thucydide
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Inscription : 23 Avr 2013 19:19
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Je vais avancer une hypothèse : dans une moindre mesure, ne pourrait-on pas parler "d'union sacrée" en 1939-40 (sous le gouvernement Daladier) comme ce fut le cas en 1914 et la présidence Poincaré ?

J'ai effectué plus de recherches sur le sujet, et j'en suis venu à la conclusion suivante : il n'y a pas eut d'union sacrée en 39-40 comme il y en avait eut une en 1914, et ce pour plusieurs raisons.

L'union sacrée de 1914 repose sur plusieurs principes essentiels :
1°) un gouvernement uni et en faveur d'une action militaire
2°) représentatif de tout le spectre politique français
3°) des groupes parlementaires "soudés" (en apparence, tout au moins) qui soutiennent la politique du gouvernement et n'entravent pas ses démarches à l'Assemblée.

Nommé chef de cabinet en avril 1938 par le président en fonction à l'époque, A.Lebrun, Édouard Daladier représente alors, à ses débuts en tant que chef de cabinet, l'un des derniers héritages de l'aventure du Front Populaire en 1936. Ce pourquoi une bonne partie de la gauche (communistes en tête) lui apporte une certaine confiance. Lors de son arrivée au pouvoir, il obtient la confiance de la chambre et les pleins pouvoirs à quasi-unanimité, ayant une importante force parlementaire rangée derrière lui (Front Populaire et Radicaux notamment) à 586 voix contre 6 pour 7 abstentions. "Le 13 avril 1938, les parlementaires communistes joignent leurs voix à la droite fasciste pour "autoriser le gouvernement à prendre par décrets les mesures qu'il juge indispensables pour faire face aux dépenses nécessitées par la Défense nationale et redresser les finances et l'économie de la nation" " note Jean-Yves Boursier dans son livre "La politique du PCF 1939-1945 : le PCF et la question nationale"
Entre le 12 avril 1938 et le 20 mars 1940 (date à laquelle il est démis de ses fonctions), il présentera trois cabinets différents, parmi lesquels des membres de toute la sphère politique (de Georges Pernot, ministre du blocus en 1939 (Fédération Républicaine) à Monzie, Rucart et Rio de l'USR (Union Socialiste Républicaine). Des trois cabinets proposés par Daladier, on note l'absence des SFIO et du PCF. Là où en 1914, René Viviani, alors président du conseil, invite au cabinet des membres de tous les partis présents à l'hémicycle, depuis la frange socialiste (Sembat, Guesde...) jusqu'à la droite conservatrice et nationaliste (Joseph Thierry).
Autrement dit, ce manque de diversité des partis représentés sous la présidence Daladier ne permet pas de marquer un rapprochement avec le second point.

Les différents ministres du gouvernement Daladier étaient-ils en accord avec la politique menée ? NON
C'est même évident. Et la dichotomie du gouvernement Daladier deviendra de plus en plus apparente que les évènement se bousculent peu à peu : les différences d'interprétation des accords de Munich en 1938 marquent très nettement les bifurcations du gouvernement, soulignés par les débats du Congrès du parti Radical à Marseille. Deux grands axes se dégagent : les attentistes qui rêvent encore de préserver la paix (G.Bonnet, ministre de la Justice) et un axe plus offensif et plus ferme mené notamment par Herriot, P.Cot, R.Renault, etc... Jusqu'au dernier moment, les partisans de la paix ne pourront entrer en adéquation avec ceux qui ne voulaient plus rien céder à Hitler qui multipliait, depuis 1938, les bluffs, promesses et coups de poker.
Édouard Daladier tentera toujours de trouver un équilibre qui contente les deux parts, en trouvant des compromis, pour éviter une scission du parti tout entier. Même sous la menace de démissions de certains ministres.

La position des parlementaires et des différents partis sur la marche à suivre demeurait très floues 1
Hormis les clivages traditionnels entre différents partis, et le désaccord au sein même du parti dirigeant, la plupart des partis étaient eux-même divisés entre plusieurs camps : "Daladier, soutenu par la droite parlementaire, n'a rien à craindre d'une gauche socialiste très divisée entre paulfauristes pacifistes et blumistes, et d'un Parti communiste marqué [...] par l'émoi suscité par le pacte germano-soviétique."2.
Un parti communiste qui, pour son soutien au pacte germano-soviétique vu comme une trahison des russes par la France et la Grande-Bretagne, mais surtout par la méfiance du bolchevisme, a été dissous peu après le début de la guerre (fin septembre-début octobre 1939)
Si les deux premiers points évoqués plus haut ne correspondent pas à un gouvernement d'union nationale, on peut encore nuancer le dernier point. Malgré ce fractionnement de la classe politique, reflet d'un certain individualisme de la classe politique de la fin des années 30, on peut citer en référence quelques exemples qui démontrent que le rôle de la chambre des députés ne se bornaient pas à pencher d'un côté ou l'autre de la balance. A plusieurs reprises, Daladier s'est vu accorder les pleins pouvoirs, à l'unanimité début 1938, puis avec plus de réserves suite aux accords de Munich (fin 1938 : 331 pour, 78 contre, 203 abstentions (avec un abstention massive des socialistes et une opposition importante des communistes). Le 13 Juillet 1938, la loi sur l'organisation de la nation en temps de guerre est adoptée à une large majorité. Le vote des crédits de guerre (2 septembre 1939, de mémoire) est un exemple étonnant d'unanimité pour l'époque. Même les communistes, en froid avec Daladier depuis la fin de l'année 1938 déjà, ont accordé leur soutien au gouvernement sur ce point.

Pour répondre à la question posée, il y a responsabilité des hommes politiques (manque de volonté, d'engagement, de convictions pour certains...), des partis qui font impasse, bien que l'on puisse encore nuancer cela, et surtout, surtout, de la 3e République, une république instable et inadaptée (pour l'époque) à affronter des situations de crise. On peut y ajouter des facteurs spécifiques, comme la peur d'une nouvelle guerre (traces laissées par la PGM, la "Der des Ders") et donc la volonté de préserver la paix (Hitler jouera énormément avec ce facteur en promettant à qui voulait l'entendre la paix), les trahisons (Russie, tentatives de paix séparées avec l'Allemagne, tensions...), la montée en puissance des totalitarismes et du bolchevisme et une armée française mal équipée qui a longtemps porté préjudice à l'action.
D'autres parts, d'autres agents ont permis d'amener plus facilement à une union sacrée en 1914 (propagande anti-allemande, sentiment de revanche, volonté de reprendre l'Alsace-Lorraine...).

1. je vous invite pour cela à vous renseigner sur la façon dont les différents partis ont célébré le 150e anniversaire de la prise de la Bastille (14 Juillet 1939)
2.Pierre et Sylvie Guillaume, Réformes et réformismes dans la France contemporaine


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Message Publié : 25 Avr 2013 21:50 
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Georges Duby
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Inscription : 27 Juil 2007 15:02
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Il est vrai que Daladier a été très soutenu à la Chambre, il a même réussi cet exploit de faire approuver la politique libérale de son Ministre des Finances Paul Reynaud, qui ne comporte rien de moins que:
- Un assouplissement des 40 H
- Des mesures réussies pour faire rentrer les capitaux de l'étranger
- Une taxe de 2 % sur les salaires
- Une hausses des taxes sur la consommation
- L'assouplissement des conditions d'embauche
Ces mesures, elles émanent d'une chambre élue sous le titre de Front Populaire, sous forme de décret-lois il est vrai, elles font repartir l'économie et Reynaud en tire du prestige, mais qu'elles émanent d'un gouvernement radical, l'un des partis du FP, montre combien la situation a évolué. Elles sucitent la fureur du PCF. La CGT provoque une grande grève générale le 30 novembre, qui sera un échec total. La centrale perd ses adhérents.
C'est ce succès qui encourage peut-être Daladier, très populaire, à ne plus ménager les socialistes, d'autant qu'ils sont divisés.
Quelque chose mine la cohésion, qui est l'existence au sein du gouvernement de ministres qui demandent un compromis avec l' Allemagne, Bonnet et Monzie en tête.
Il y a aussi tous ceux qui veulent la perte de Daladier dont Reynaud, Laval, Pétain et l'E-M
Mais l'essentiel est que Daladier s'il aura un soutien parlementaire important en voix, n'aura pas ce soutien institutionnel, du parti socialiste, qui caractérise un gouvernement de coalition nationale. Il manque l'esprit d'une union nationale. La SFIO soutient mais sans être au gouvernement. celà change tout. Comparez avec la GB, Atlee se bat pour avoir des portefeuilles qui pèsent dans le gouvernement Churchill. Il n'approuve pas sans en être comme la SFIO de Blum

Daladier commettra par ailleurs, deux erreurs de politique étrangère:
1/ laisser trainer les négociations avec la Russie et ne pas forcer la Pologne à laisser passer les troupes russes en cas d'accord, mais on sait pourquoi. Ce manque de volonté d'aboutir agacera et inquiètera Staline qui signera alors avec Hitler le pacte GS, persuadé qu'il se trame un complot contre lui.
2/ faire trop confiance à la GB, qu'il suit aveuglément, alors qu'elle est paralysée par l'appeasement et doit gérer sa propre situation.

_________________
Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses. Virgile.


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Message Publié : 25 Avr 2013 22:08 
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Inscription : 11 Oct 2012 21:58
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Je ne connais pas assez la question mais la situation et le positionnement des partis en 1914 étaient-ils si différents (les socialistes, Jaures en tête, étaient les ennemis déclarés de la guerre, non?)? Je vois deux raisons à l'union sacrée: la défaite et l'humiliation de 1870 d'une part et l'Alsace - Lorraine d'autre part.
Autre facteur, la France de 1914 sort d'une période de redressement assez extraordinaire, elle a fondé un deuxième empire colonial et son industrie sans être l'égale de l'Allemande est prospère et conquérante. Bref, la France de 1914 est une puissance mondiale, convaincue de son importance et de sa puissance et part en guerre avec le bon droit pour elle et le succès en ligne de mire (retour à noël...).
Rien de tel en 1939. Le pays sort à peine de la crise, l'effet des "classes creuses" se fait sentir et le souvenir de la "boucherie" est encore très pregnant. Pas de "morceau de la patrie" à reconquérir, seulement des pays encore très lointains à soutenir, rien qui soulève l'enthousiasme!
D'après les témoignages dont on dispose maintenant, les Allemands non plus ne semblent pas très enthousiastes non plus d'ailleurs mais il est vrai qu'ils n'ont pas d'union sacrée à réaliser!


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Message Publié : 26 Avr 2013 12:16 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 04 Mai 2010 14:51
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certes la GB a fait preuve d'un patriotisme extraordinaire mais convenez qu'ayant l'ennemi dans les reins c'était plus compliqué pour la France.
Sinon en 39 les opérations militaires : la volonté offensive au sens napoléonien de la guerre était absente/de meme le probléme de la neutralité belge refusant le passage des troupes est aussi un echec du aux divisions politiques.C'est bien le sujet


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Message Publié : 26 Avr 2013 13:02 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 16 Jan 2010 19:18
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Initialement il avait été prévu que la Belgique construise un prolongement de la ligne Maginot sur son territoire,la France couvrant une grande partie des dépenses,seulement,à partir de 1932 la France n'était plus en mesure d'honorer ses promesses financières .....


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Message Publié : 26 Avr 2013 16:02 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 21 Sep 2008 23:29
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Localisation : Belgique
Sir Peter a écrit :
Initialement il avait été prévu que la Belgique construise un prolongement de la ligne Maginot sur son territoire,la France couvrant une grande partie des dépenses,seulement,à partir de 1932 la France n'était plus en mesure d'honorer ses promesses financières .....


Intéressant, Sir Peter,

je vais me renseigner là dedans.

Cordialement et avec estime,

Paul.


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Message Publié : 26 Avr 2013 17:22 
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Jean Froissart
Jean Froissart
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Inscription : 16 Avr 2005 0:09
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Localisation : Outre nulle-part
cush a écrit :
Je ne connais pas assez la question mais la situation et le positionnement des partis en 1914 étaient-ils si différents (les socialistes, Jaures en tête, étaient les ennemis déclarés de la guerre, non?)? Je vois deux raisons à l'union sacrée: la défaite et l'humiliation de 1870 d'une part et l'Alsace - Lorraine d'autre part.


L'Union sacrée a pu voir le jour en 1914 car les gouvernants étaient persuadés que la guerre serait finie pour Noël. Le conflit s'enlisant, l'Union sacrée allait s'effilocher.

_________________
"Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu à toutes les femmes...."
Extrait de "La Chanson de Craonne"


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