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Message Publié : 15 Sep 2016 22:18 
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Paul,

Peut-être sur ce fil : viewtopic.php?f=49&t=728&start=30 (à partir de la troisième page) ?
Je ne crois pas être jamais intervenu sur un forum anglophone sur ce sujet.

Cordialement,

CNE EMB

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Message Publié : 16 Sep 2016 0:01 
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Almayrac a écrit :
Si le bombardement en piqué des Stuka à fait la différence. Qu'est ce qui a cloué au sol la chasse française qui possaidait le meilleur chasseur de sa génération le Dewoitine 520 ?


Des Dewoitine 520 ? Non. Rien ne valait le Me 109 car rien d'équivalent n'existait pour combattre....Les caillebotis à poser sur terrain boueux étaient rares aussi............Nous avions deux ans de retard en ce domaine, plus encore pour les moteurs.

Après guerre on a créé l'ONERA.......https://fr.wikipedia.org/wiki/Office_national_d%27%C3%A9tudes_et_de_recherches_a%C3%A9rospatiales

D'abord ce lien wiki avec un tableau des ecadrilles de chasseurs...........https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Arm%C3%A9e_de_l%27air_fran%C3%A7aise#La_dr.C3.B4le_de_guerre

Puis procurez vous ceçi et vous comprendrez vite..........

http://images.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fthumbs1.picclick.com%2Fd%2Fw1600%2Fpict%2F291826141960_%2FFana-De-L-Aviation-Hs-N%25C2%25B0-34.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fpicclick.fr%2FFana-De-L-Aviation-Hs-N%25C2%25B0-34-291826141960.html&h=1496&w=1104&tbnid=fcsYWXJHkfiHLM%3A&docid=oBukGAcxEisQGM&itg=1&ei=HCXbV_uwIIXgaK-6m_gG&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=337&page=0&start=0&ndsp=23&ved=0ahUKEwj7rpqYupLPAhUFMBoKHS_dBm8QMwgcKAAwAA&bih=637&biw=1280

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Message Publié : 16 Sep 2016 5:18 
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Le Me109 n'était pas l'arme absolue. Le Spitfire s'est montré meilleur, et le De520, malheureusement à peine entré en service, était d'un niveau comparable.

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 16 Sep 2016 8:00 
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Jean Mabillon
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Je suis personnellement plus restrictif sur le D520,il aurait pu devenir redoutable serait plus exact,je dis cela car les pilotes allemands dans leurs rapports de combats,en face, ne voient pas de différences,ils continuent à les prendre pour des Morane .Dommage aussi que l'Arsenal VG ait eu tant de retard dans sa production et ses développements ,une douzaine d' appareils livrés incomplets bien qu'en état de vol ne permet pas de se faire une opinion,malheureusement


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Message Publié : 16 Sep 2016 13:50 
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En somme, il n'a été redoutable que face aux Alliés, en AFN et à Diego Suarez ! :rool:

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 16 Sep 2016 15:49 
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Jean Mabillon
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Les pilotes,étaient bons,de vrais" pro".....les allemands qui les combattaient leur avaient donné un surnom :les"acrobates",il était agréable à piloter et très manoeuvrant ,le moteur manquait un peu de puissance mais pouvait être amélioré (les mêmes moteurs Hispano versions soviétisées parvenaient à 1300 CV).Il était selon moi,légèrement supérieur au Hurricane et au Wildcat qu'il put avoir à affronter à Madagascar et au Maroc d'où ses performances en ces lieux.Pour la production,il était bien plus intéressant que le Morane 406 ou 410 : il nécessitait infiniment moins d'heures de travail..Incontestablement c'était un bon appareil,excellent en devenir.


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Message Publié : 16 Sep 2016 18:31 
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Jean Froissart
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PaulRyckier a écrit :
Addendum au message précédent.
CNE EMB,

j'ai parlé d'experts français dans le fil américain concernant l'impossibilité d'une offensive de grande envergure de l'armée française en Septembre 1939. Et si je me souviens bien, c'était vous qui a introduit des arguments? Où est-ce que c'était Alain Adam sur un autre forum ou encore un autre sur le forum Le Monde en Guerre?

Cordialement, Paul.


"Peut-être sur ce fil : viewtopic.php?f=49&t=728&start=30 (à partir de la troisième page) ?
Je ne crois pas être jamais intervenu sur un forum anglophone sur ce sujet."

Oui, j'étais un peu ambigu: Avec: c'était vous qui a introduit des arguments" je voulais dire naturellement sur ce forum ici...
Et oui c'est dans le fil: l'occasion manquée de la Sarre, maintenant je me souviens.
Et la poussée vers le Ruhr, c'était je pense Alain Adam sur un autre forum, qui a venu avec des arguments mettants improbable une telle poussée à ce moment par manque de mobilisation et manque de préparation du matériel.
Et je ne vous ai jamais rencontré sur des fora anglophones...plutôt Cornelis et Laumesfeld (Isleifson)...

Cordialement, Paul.


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Message Publié : 16 Sep 2016 20:37 
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Jean Froissart
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Sir Peter a écrit :
Je suis personnellement plus restrictif sur le D520,il aurait pu devenir redoutable serait plus exact,je dis cela car les pilotes allemands dans leurs rapports de combats,en face, ne voient pas de différences,ils continuent à les prendre pour des Morane .Dommage aussi que l'Arsenal VG ait eu tant de retard dans sa production et ses développements ,une douzaine d' appareils livrés incomplets bien qu'en état de vol ne permet pas de se faire une opinion,malheureusement

Sir Peter, la Mayral et Pierma,

j'ai beaucoup appris sur les Aérostories ( de Philippe Ballarini?) concernant l'aviation
http://www.aerostories.org/

Concernant les entre-deux-guerres et la bataille de Mai 1940 j'ai beaucoup appris de l'article de l'Américain Kirkland:
http://www.au.af.mil/au/afri/aspj/airch ... kland.html
De l'article:
Table II. Modern Combat Aircraft Deployed on the Western Front, 10 May 194022
Type----------Fighters------------Bombers-----Reconnaissance and observation
French------------583------------ 84----------- 458
British-------------197------------ 192----------- 96
Belgian,
and Dutch
Combined----------780------------ 276---------- 554
German-----------1204------------ 1504---------- 502

(Pas une tâche facile pour alligner les chiffres :wink: )

Si vous êtes intéressé je peux traduire le paragraph concernant la politique de Cot et de Guy La Chambre concernant pour l'un "the strategic bombing" et pour l'autre "the close air support".

Cordialement, Paul.


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Message Publié : 16 Sep 2016 20:51 
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Jean Froissart
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PaulRyckier a écrit :
Pierma a écrit :
Je suis étonné par cette information qui aurait été donnée par Paillole. Pierre Nord qui travaillait sous ses ordres écrit : "Avouons que l'on a un peu tardé à déterminer que les Allemands mettaient le paquet sur Sedan. On n'en fut certain que le 11 mai au soir. Il faut dire que le problème était affreusement compliqué, les Allemands étant pratiquement à pied d'oeuvre et pouvant inscrire leur mouvement principal en très peu de temps. Il suffira, disait Guderian, "d'ouvrir les grilles des casernes."

J'ai commencé ma propre enquête et ce type de la Nouvelle Caledonie semble être correct...
http://www.aassdn.org/acrFOpai01.html
https://www.youtube.com/watch?v=amISXBRlzl8
Alors je m'ai demandé si on avait un lien dans le haut commandement allemand et on avait déja reçu tant d'informations valables, pourquoi Paul Paillole ne pût être informé de la pousée allemande par les ardennes et voilà que j'ai trouvé ça (de la chaîne Cinq?)
Notre espion chez Hitler.
http://telescoop.tv/browse/1418624/10/n ... itler.html
"Hans-Thilo Schmidt continue d'informer les services français. Le 10 mars 1940 il révèle qu'à une conférence que s'est déroulée en février,Hitler, sur la proposition de von manstein, a décidé d'envahir la France à travers les Ardennes et de couper en deux notre front à Sedan"

Pierma,

que pensez vous de l'interview avec Paul Paillole?
Et quoi de l'article du Cinq? Notre espion chez Hitler.
D'autres sources, qui confirment ça?

Cordialement, Paul.


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Message Publié : 16 Sep 2016 21:56 
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Localisation : Duché de Gothie.
Pierma a écrit :
Le Me109 n'était pas l'arme absolue. Le Spitfire s'est montré meilleur, et le D 520, malheureusement à peine entré en service, était d'un niveau comparable.


Non, le 109 n'était pas l'arme absolue car il n'y a pas d'arme absolue au fil du temps. Par contre les anglais ont fait d'abord fait front avec des Hurricanes.......et nous avec nos Curtiss P36 (H75) et Morane 406 et Dewoitine 520. Les Supermarine Spitfire sont arrivés à flux tendus pour la bataille d'Angleterre un mois plus tard, un mois précieux. La RAF en Hurricanes n'aurait pas tenu le choc. Nos commandes de Curtiss P40 sont allées directement rejoindre la RAF pour cause d'armistice et de clause "Cash and Carry" sur les livraisons d'armes.

Le couple tactique Me 109 / Junkers 87 fit merveille et il était, lui, le meilleur de la campagne de France et le plus nombreux. Ce n'était plus vrai un mois après.


Le D520 Bien qu'un peu moins rapide que le Messerschmitt Bf 109, il était plus maniable, et il fut l'un des seuls appareils capables de lui résister en mai-juin 1940 durant la bataille de France. Toutefois, construit en trop petit nombre et arrivé trop tard dans les divers groupes de chasse qu'il équipait, il ne suffit pas à renverser le cours de l'histoire.Il commença à équiper l'armée de l'air à partir de janvier 1940, mais ne fut véritablement opérationnel qu'à partir du 13 mai 1940. À l'armistice, 437 exemplaires avaient été produits et 351 livrés.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dewoitine_D.520

Arsenal VG (Quand l’usine de Sartrouville dut être évacuée, l'Armée de l'Air avait pris en compte 5 VG.
Arsenal qui était censé être un ONERA embryonnaire.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arsenal_VG_33

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Message Publié : 16 Sep 2016 22:06 
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Localisation : Duché de Gothie.
PaulRyckier a écrit :

Si vous êtes intéressé je peux traduire le paragraph concernant la politique de Cot et de Guy La Chambre concernant pour l'un "the strategic bombing" et pour l'autre "the close air support".

Cordialement, Paul.


Je suis intéressé Paul, mon anglais est très incomplet............

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Message Publié : 16 Sep 2016 22:38 
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PaulRyckier a écrit :
Sir Peter, la Mayral et Pierma,

j'ai beaucoup appris sur les Aérostories ( de Philippe Ballarini?) concernant l'aviation
http://www.aerostories.org/

Concernant les entre-deux-guerres et la bataille de Mai 1940 j'ai beaucoup appris de l'article de l'Américain Kirkland:
http://www.au.af.mil/au/afri/aspj/airch ... kland.html
De l'article:
Table II. Modern Combat Aircraft Deployed on the Western Front, 10 May 194022
Type----------Fighters------------Bombers-----Reconnaissance and observation
French------------583------------ 84----------- 458
British-------------197------------ 192----------- 96
Belgian,
and Dutch
Combined----------780------------ 276---------- 554
German-----------1204------------ 1504---------- 502

(Pas une tâche facile pour alligner les chiffres :wink: )

Si vous êtes intéressé je peux traduire le paragraph concernant la politique de Cot et de Guy La Chambre concernant pour l'un "the strategic bombing" et pour l'autre "the close air support".

Cordialement, Paul.


Il ne s'agit que des appareils sur le front, il y a des réserves (ci-dessous un tableau présenté par C. d'Abzac Epezy du service historique de l'armée de l'air dans son étude sur l'aviation de Vichy):


Tableau 1.1 : Effectifs des avions de l'armée de l'Air (France) au 10 mai 1940
 

Avions modernes:
Chasse: 2005
Bombardement: 575
Reconnaissance: 874
Total 3454

Anciens:
Chasse ancien: 397
Bombardement: 585
Reconnaissance: 590
Total 1 572

Grand total: 5026

Il n'y a pas un manque d'avions, il y a un déploiement qui ne répond pas à l'action allemande.


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Message Publié : 16 Sep 2016 23:59 
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Oui des réserves............mais au final qui dominait le ciel ? Était-ce du au hasard ?

Et quels avions ? Qui pour les piloter ? Combien de terrains et d'échelons roulants pris par l'ennemi ? Combien de pompes a essence à faible débit ? Combien de de caillebotis manquants ? Combien de radios non installées ?

Franchement, malgré tout le courage de nos aviateurs la France avait deux ans de retard dans la conception des choses de l'air.

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Message Publié : 17 Sep 2016 14:08 
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La mayral a écrit :
Oui des réserves............mais au final qui dominait le ciel ? Était-ce du au hasard ?

Et quels avions ? Qui pour les piloter ? Combien de terrains et d'échelons roulants pris par l'ennemi ? Combien de pompes a essence à faible débit ? Combien de de caillebotis manquants ? Combien de radios non installées ?

Franchement, malgré tout le courage de nos aviateurs la France avait deux ans de retard dans la conception des choses de l'air.


Au vu du résultat final, je n'irai pas jusqu'à dire que la domination du ciel était française bien sûr mais les choses ne se limitent pas aux questions que vous soulevez. Comparer des avions sur le papier (comme des navires d'ailleurs) est trop simpliste, le D520 par exemple, s'il est moins rapide sur le papier que le BF109E, est beaucoup mieux armés et réputé plus manœuvrant. Le 406 est périmé mais bien protégé et constitue une plateforme de tir très stable. Le LN401 est tout aussi performant que le JU87. Pour reprendre le travail de C. d'Abzac-Epezy cité dans mon post précédent, les pertes de l'armée de l'air française sur la période mai - juin 40 sont les suivantes:
chasse:
- détruits en vol: 275
- endommagés en vol: 16
- détruits au sol: 136
- perdus par accident: 340
bombardement:
- détruits en vol: 128
- endommagés en vol: 7
- détruits au sol: 44
- perdus par accident: 177
soit un grand total de 1123 appareils dont seulement 426 détruits et endommagés en opération. Les Allemands sur la même période perdent à peu près 1200 appareils (dont une part non négligeable du fait des armées de l'air alliées). Sur la même période, les Français reçoivent 1042 appareils modernes dont 599 pour la chasse et 399 pour le bombardement. Même si les livraisons ne sont pas toujours d'une qualité irréprochable (vu la période considérée, ce n'est pas très étonnant), on voit qu'au jour de l'armistice, l'armée de l'air n'a rien perdu de son potentiel, bien au contraire (les dotations de mai-juin étant constituées d'appareils modernes). Toujours sur la période Tooze donne une ratio de 43% (!!) de pertes (appareils gravement endommagés et détruits) pour la Luftwaffe.


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Message Publié : 17 Sep 2016 20:23 
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Paul,

Je savais que j'avais lu quelque chose sur le sujet qui me paraissait convaincant dans le journal d'Halder, mais ce n'est pas tant ses commentaires du 22 août 1939 (qui en plus sont en fait sa relation d'un discours d'Hitler, et non son point de vue, mais dont on peut penser tout de même qu'il est partagé par une partie de la Generalität, soit parce qu'il a convaincu, soit parce que d'autres étaient du même avis que lui avant d'entendre son discours). C'est en fait la toute première entrée de son journal, à la date du 14 août 1939 :

Franz Halder, le 14 août 1939 a écrit :
A l'ouest :
1) si les Français sont persuadés que la majeure partie de l'armée allemande est engagée à l'est, ils peuvent décider de prendre l'offensive. Le postulat que les deux mobilisations frontalières (France et Allemagne) se dérouleront au début selon les plans préétablis doit être accepté en raison de l'impossibilité technique d'effectuer des changements d'ampleur dans les plans de mobilisation sous un préavis aussi court.
2) sur cette base, les forces alignées de chaque côté, de la frontière belgo-luxembourgeoise à la Suisse, seraient les suivantes :
- France : quatorze brigades de forteresse, 19 divisions d'infanterie (sept d'active, sept de première réserve, cinq de seconde réserve), cinq divisions motorisées, deux divisions de cavalerie, une division mécanisée. Total : 41 unités de taille divisionnaire (potentiellement 44).
- Allemagne : 31 divisions d'infanterie (douze d'active, sept de première réserve, douze de seconde réserve) dont sept à la 5. Armee, treize à la 1. Armee et six à la 7. Armee.
3) La France, cela doit être présumé, mettra en oeuvre ses mesures de sûreté à la frontière italienne (l'Afrique du nord ne sera pas affectée !). Ici, ils déploieront : sept divisions d'active, deux divisions de première réserve, deux divisions de seconde réserve, une division en Corse, trois brigades alpines de forteresse, soit quinze unités de taille divisionnaire.
4) Sur la base de ce calcul, sur un total de 106 divisions existantes, 47 seraient immédiatement disponibles pour une offensive. Ce nombre pourrait être substantiellement augmenté par, disons, vingt divisions prélevées dans la profondeur du dispositif de mobilisation, si la France est assurée que nous n'allons pas l'attaquer.
5) Si la France décide de lancer une offensive par la Belgique, une telle attaque serait menée soit en accord avec la Belgique soit contre sa volonté. Cette dernière hypothèse serait préférable d'un point de vue militaire, mais il est plus que douteux que cela arrive parce que 1) les décisions françaises selon toute vraisemblance dépendent des initiatives allemandes, et 2) la France se doit d'observer au moins formellement les pourparlers diplomatiques avec la Belgique [avant une telle action].
6) le calendrier prévisionnel serait donc le suivant :
- à la frontière luxembourgeoise : une attaque [française] immédiate avec l'objectif de sécuriser le Luxembourg pour des actions ultérieures. Sous 48 heures, les Français peuvent mettre en ligne : une division motorisée, une division mécanisée, deux divisions d'infanterie, soit quatre divisions face à la 5. Armee. Comme nous n'avons rien pour nous y opposer, ces forces françaises pourraient atteindre la frontière germano-luxembourgeoise le troisième jour.
- à la frontière belge : les forces suivantes seraient concentrées sous 48 heures à la frontière franco-belge, et prêtes à l'action : cinq divisions motorisées, une à deux divisions mécanisées, une à deux divisions de cavalerie, soit de sept à neuf divisions opposées à la 5. Armee (et notamment trois bataillons de mitrailleuses, le régiment d'Aix-la-Chapelle, trois divisions d'active, deux divisions de première réserve, deux divisions de seconde réserve. Si elle est lancée au sud de la Sambre et de la Meuse, ces forces françaises ne peuvent atteindre la frontière allemande avant le matin du cinquième jour. En conséquence, les troisième et quatrième jours, la 5. Armee, qui ne serait pas pleinement mobilisée, pourrait être confrontée à une situation difficile.
A part la prise de Luxembourg, qui correspondrait aux besoins élémentaires en sûreté des Français, une offensive localisée de ces derniers à travers les Ardennes est peu probable. La raison en est double : politiquement, la Belgique doit d'abord décider qui elle soutient, et militairement, des forces additionnelles [pour mener une telle offensive] ne seraient pas disponibles avant trois jours et, n'étant pas motorisées, arriveraient lentement, de telle manière qu'une attaque [par ce secteur] à travers la frontière allemande ne pourrait débuter avant le dixième jour approximativement.
7) en raison du fait que l'armée belge est en mesure de mobiliser sous quatre jours : douze divisions des deux premières levées, plus deux divisions motorisées et les unités spéciales ardennaises (avec six divisions de troisième levée mobilisables sous ... jours), il n'est pas invraisemblable que la France ne s'engage en Belgique que lorsqu'elle aura atteint un rapport de forces favorable. Ce niveau pourrait être atteint au neuvième jour de mobilisation quand une force estimée à 18 divisions et trois brigades de forteresse deviendrait disponible en plus de la force affectée au Luxembourg. Ces divisions pourraient atteindre la frontière allemande à mobilisation plus onze jours, de telle manière que nos positions frontalières pourraient être soumises à forte pression à compter de mobilisation plus quatorze jours. La concentration nécessaire de la Heeresgruppe 2 pourrait être effectuée à ce moment.
8) Pour des opérations à travers la Hollande avec des unités de force significative, les Français devraient d'abord traverser la Belgique. Considérant le temps requis pour la mobilisation et un tel mouvement, une telle force française ne devrait pas être attendue à la frontière allemande avant trois semaines après le jour de mobilisation. Des éléments motorisés avancés peuvent bien entendu l'atteindre bien plus tôt. Cependant, à la vue de ce que nous savons de la doctrine opérationnelle française et des difficultés politiques qu'il y aurait d'abord à résoudre, une telle poussée est peu probable. Ne comptant pas sur quelque possibilité de résistance durable néerlandaise à une telle attaque française, nous avons à nous préparer à une sérieuse offensive française à la confluence des frontières néerlandaise, belge et allemande au début de la troisième semaine après le jour de la mobilisation. Dans l'éventualité où la Belgique autorise les mouvements par son réseau ferrée, cette date serait considérablement avancée.
9) pour résumer, les conclusions suivantes peuvent être tirées :
- a) la France ne semble pas prête à prendre des mesures en anticipation de nos initiatives, mais il faut plutôt s'attendre à ce qu'elle réagisse à nos propres décisions, l'une après l'autre. En conséquence, une mobilisation française précoce, qui affecterait en profondeur nos propres mesures préparatoires, est improbable ; tout autant que l'est une offensive à travers la Belgique "contre le souhait des Belges".
- b) la France déclenchera ses mesures de sûreté préparatoires à la mobilisation impliquant un minimum de forces, puisqu'il n'y a plus le temps d'effectuer de profondes modifications de son plan [de concentration] ferroviaire reposant sur des dispositions purement défensives et, de plus, le réseau ferré français est orienté vers la frontière du nord-est. De ce fait, sur un total de 106 divisions, 59 sont déjà affectées (44 contre l'Allemagne, quinze contre l'Italie), et 47 divisions sont toujours disponibles.
- c) en ce qui concerne l'emploi des forces françaises, les présuppositions suivantes peuvent être effectuées :
Environ six grandes unités (deux brigades de forteresse, deux divisions d'infanterie, une division motorisée, une division mécanisée) feront rapidement mouvement dans le Luxembourg. Considérant l'état actuel de préparation des Français, ce mouvement pourrait débuter sous deux jours, de telle manière que la frontière germano-luxembourgeoise soit atteinte au soir du troisième jour. Son objectif ne serait pas d'initier une attaque localisée contre le territoire allemand, mais simplement de sécuriser le territoire luxembourgeois pour en faire une base d'opérations française.
Environ sept à neuf divisions (cinq divisions motorisées, une à deux mécanisées, une à deux de cavalerie), en l'état actuel de préparation française, pourrait franchir la frontière franco-belge sous deux jours et, si rien ne s'y oppose, atteindre la frontière fortifiée allemande au nord et au sud d'Aix-la-Chapelle au matin du cinquième jour. Un tel groupe motorisé avancé (si et quand la France l'organisera, je crois que cela dépendra d'un accord très précoce et intégral de la Belgique - en lui-même improbable) aurait probablement la mission initiale d'occuper la base d'opérations néerlando-belge, et rien d'autre. Une attaque avec des objectifs de large portée ne doit pas être attendue de ce groupe.
Une autre force offensive que nous devons prendre en compte serait la concentration d'environ 22 divisions effectuée à la frontière franco-belge au neuvième jour de la mobilisation (trois brigades de forteresse, 18 divisions, avec de très forts éléments organiques de corps d'armée ou de réserve générale (400 batteries), et cinquante à soixante bataillons de chars (dont cinquante légers environ). Si le passage par la Belgique se concrétisait, fût-ce sans utiliser son réseau ferré, ce groupe, en coordination avec ceux mentionnés ci-dessus, pourrait lancer une offensive majeure à travers la frontière germano-belgo-néerlandaise à mobilisation plus quatorze jours. Dans son sillage, quatorze divisions supplémentaires tirées des réserves pourraient leur être adjointes avant le vingtième jour de mobilisation, en addition à dix à douze divisions qui auraient été prélevées des secteurs tranquilles de la ligne "Maginot" et peut-être aussi du secteur alpin. Cependant, aucune date prévisionnelle ne peut être avancée concernant l'arrivée de ces unités sur le flanc septentrional.
10) [présentation du potentiel estimé des Belges et des Hollandais]
11) pour s'opposer à une action française potentielle (cf. 9c) par six divisions (deux brigades de forteresse, deux divisions d'infanterie, une division motorisée, une division mécanisée) à la frontière germano-luxembourgeoise, seront disponibles entre le troisième et le quatrième jour de mobilisation : deux divisions dans le secteur de la 5. Armee (16. et 26. Infanterie Divisionen), qui feront tout juste l'affaire.
12) pour s'opposer à une action française potentielle par sept à neuf divisions mobiles à la confluence des frontières néerlandaise, belge et allemande, de part et d'autre de Liège, seront disponibles au cinquième jour de mobilisation, à part les Grenztruppen : deux bataillons de mitrailleuses et un régiment d'infanterie renforcé dans le secteur de la 5. Armee, ce qui est décidément inadapté.
13) pour s'opposer à une offensive majeure franco-britannique à partir de mobilisation plus quatorze jours (par une force d'environ trente divisions), nous avons : la 5. Armee avec de 22 à 26 divisions, incluant six divisions prévues dans le plan de mobilisation, six divisions affectées pour la Belgique, jusqu'à dix divisions de la quatrième levée, dont le potentiel est encore faible (à échanger potentiellement avec d'autres divisions), plus deux (quatre puis plus tard douze) divisions à prélever sur les réserves du groupe d'armées.
La difficulté donc ne réside pas tant dans le nombre d'hommes que dans la faiblesse de notre artillerie et de nos unités antichars. Le maximum qui peut être tiré du front occidental (puisque c'est tout ce qu'il y a ) est : quatorze groupes d'artillerie moyenne, quatre groupes d'artillerie légère motorisée, trois bataillons antichars ; et des réserves générales de l'OKH : quatre groupes d'artillerie moyenne, deux groupes d'artillerie légère, cinq bataillons antichars, un bataillon du génie.
Soit au total 300 pièces, sans compter les artilleries divisionnaires. Elles seraient opposées à 1600 tubes français, et nous devons garder à l'esprit que l'artillerie divisionnaire est plus forte que la nôtre.
En conséquence, la bataille défensive le long de la frontière belgo-néerlandaise requiert le transfert de moyens d'artillerie depuis l'est et de positionner la ligne de défense sur un obstacle comme une rivière (c'est-à-dire antichars) : la Meuse.
14) en vue de prévenir la crise temporaire qui pourrait surgir à l'ouest, les propositions suivantes sont faites :
a) l'extension des positions face à la frontière néerlandaise sera initiée dès maintenant, avec la construction de fortifications de campagne (qui deviendra la seconde ligne de défense une fois la ligne principale alignée sur la Meuse).
c) des six divisions pour le moment prévues pour agir dans le cadre d'un hypothétique "front belge" sous l'autorité du XXX. Armeekorps, l'activation masquée de quatre d'entre elles dès à présent, mais au mieux des six, doit être lancée dès maintenant.
d) des dix divisions de la quatrième levée, six doivent être immédiatement mises sur pied de manière camouflée, et affectées à l'extension des positions frontalières vers le nord.
e) mise sur pied camouflée d'un régiment de transport motorisé dans le cadre de l'économie civile.
Si les ordres sont donnés dès le 15 [dès le lendemain], les divisions seront en mesure de faire mouvement le 22, et être en position le 25. Détails plus tard !
15) avec ces préparatifs effectués, nous sommes prêts à positionner notre aile droite sur le canal Wilhelmine, si telle est l'intention du pouvoir politique. Comme nous manquons d'équipements de pont, l'accord du gouvernement néerlandais serait préférable pour un tel mouvement (six divisions pour un front de soixante kilomètres).
16) [mesures diplomatiques à prendre vis-à-vis des Belges et des Néerlandais]
17) Renforcement de l'artillerie antiaérienne depuis le front oriental aussitôt que l'aviation ennemie y aura été détruite.


Quelques commentaires :
- Halder s'exagère le potentiel français. Celui-ci, à l'issue de la mobilisation, le 17 septembre 1939, sera de 88 divisions et une quinzaine de brigades de forteresse, et non de 106 divisions. Qui plus est, un volume non négligeable d'une quinzaine de ces divisions seront encore en Afrique du nord !
- il s'exagère aussi la rapidité avec laquelle l'armée française mobilise, et avec laquelle elle sera décidée à prendre des initiatives offensives ;
- je ne vois pas quelqu'un d'inquiet. S'il pointe des vulnérabilités (en artillerie et en antichars), elles sont très localisées dans le secteur de la 5. Armee (c'est-à-dire dans le secteur d'Aix-la-Chapelle, vis-à-vis des frontières belge et néerlandaise). Il ne parle à aucun moment du secteur du Rhin ou de celui de la Sarre, ce qui semble indiquer qu'il n'y prête guère d'importance, donc que la menace y est très faible. Qui plus est, il propose de remédier avec des corrections légères (étendre les positions défensives face à la frontière néerlandaise ; prélever quelques groupes d'artillerie sur la force "Weiss"), ce qui montre bien que l'inquiétude que ces vulnérabilités suscitent est très modérée.

Je ne vois pas pourquoi Halder se montrerait plus détendu que n'importe quel membre de la haute Generalität à quinze jours du déclenchement des hostilités. Ce qui me laisse penser que les Allemands n'accordaient que peu d'importance, à brève échéance, aux actions françaises. Bien sûr, un général déployé sur le Westwall pouvait se montrer plus impliqué et soucieux, mais si la tête pensante de l'armée allemande d'alors ne cède pas à la panique - c'est tout le contraire ! - on peut penser que les Allemands en général attribuaient peu de "fighting spirit" à l'armée française, du moins peu d'intentions offensives initialement.

Bien cordialement,

CNE EMB

PS :
- les parties soulignées le sont dans le texte original ;
- les parties entre crochets ([...]) sont des rajouts personnels afin de rendre plus intelligible le sens du texte ;
- les parties en gras aussi, qui mettent en avant le manque de combativité attribué aux Français par Halder ;
- la source est HALDER Franz, War Journal of Franz Halder, Volume I, Part 2, August 14th, 1939, p.1 à 6, dont j'ai effectué une traduction libre.

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"Sicut Aquila"/"Ils s'instruisent pour vaincre"/"Par l'exemple, le coeur et la raison"/"Labor Omnia Vincit"/"Ensemble en paix comme au combat"/"Si Vis Pacem Para Bellum"


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