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Message Publié : 13 Août 2016 19:57 
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Fernand Braudel
Fernand Braudel
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Dans les régiments de Lansquenets, des prostituées suivaient la troupe. Elles étaient encadrées par un sous-officier dédié "der Huren Feldwebel ", le sergent aux putes, ordre germanique oblige.Et on disait que les pires putains font les meilleures épouses... :rool:
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Braves femmes ! Et femmes braves !

De celles, héroïques, dont on ne parle pas ...


Cela aussi, il faut le dire et le faire savoir…
Les grandes dames de Diên Biên Phu.
Il y a celles dont on ne parlait jamais, dont on parlera si peu, les petites p*** des BMC (Bordel Militaire de Campagne).
La bataille de Diên Biên Phu, du 13 mars au 7 mai 1954, a fait, côté français, 16 000 morts, blessés et prisonniers, et marqué la fin de la guerre d’Indochine et le retrait de la puissance coloniale française. Jacques Chirac a rendu hommage aux vétérans et aux « gueules cassées » et à Geneviève de Galard, infirmière-chef du camp retranché qui resta jusqu’au bout pour s’occuper des blessés et des agonisants, tandis que le colonel de Castries était retranché dans son QG souterrain et ne prit pas la peine de rendre visite aux blessés.
Geneviève de Galard était-elle seule ?
L’hommage rendu aux combattants a pudiquement passé sous silence celles qui l’aidèrent : les pensionnaires des BMC (bordels militaires de campagne) installés par une armée soucieuse du moral des troupes. Françaises, Maghrébines ou Annamites, ces très grandes dames furent, aux dires des survivants, admirables de courage, bravant le feu et la mitraille pour venir au secours des soldats.
Aucune n’a survécu.
Prisonnières du Vietminh, les unes, d’origine vietnamienne, ont été exécutées.
Les autres ont été victimes des mauvais traitements de leurs geôliers.
Aujourd’hui encore, aux yeux de certains, elles ne sont pas présentables.
La morale est sauve .
> > Lors de la chute du camp de Dien Bien Phu, la plupart ont été capturées.
> > Les Algériennes ont été libérées, tout au moins celles qui ont survécu au siège puis à la longue marche et à la détention.
Les Vietnamiennes ont disparu, toutes et pour toujours.
Un journaliste, Alain Sanders, rencontrant des années plus tard le docteur Grauwin (médecin chef du camp), lui demande s'il a connu le sort des prostituées du BMC de la Légion, les Vietnamiennes donc, dont plus personne n'a plus entendu parler.
- Docteur Grauwin " Ces filles étaient des soldats. De vrais soldats Elles se sont conduites de façon remarquable. Tous mes blessés, tous mes amputés, mes opérés du ventre étaient à l'abri dans des trous souterrains. Et il fallait qu'ils pissent, qu'ils fassent leurs besoins, qu'ils fassent un peu de toilette . Ce sont ces femmes, ces prostituées transformées en " anges de la miséricorde " qui m'ont aidé à les aider, qui ont permit à nos blessés de supporter leurs misères. Elles les ont fait manger, boire, espérer contre toute espérance "
De la suite, de leur agonie, il n'y a plus de témoins directs, simplement le récit que Grauwin a recueilli plus tard, parce qu'un commissaire politique, dans un camp, a parlé de ces femmes à un prisonnier :
> > Pourquoi un commando de femmes contre nous ?
> > - Il n'y avait pas de tel commando
> > - Si, elles nous ont tirées dessus
Ainsi donc, les filles des BMC, infirmières au plus fort de la tragédie, auraient- elles aussi pris les armes lorsqu'elles n'ont plus eu d'espérance à offrir.
Grauwin sait qu'elles ont été rossées, tabassées, affamées.
> > Elles n'ont cessé de crier à leurs bourreaux qu'elles étaient françaises qu'à l’ instant où elles ont reçu, l'une après l'autre, une balle dans la nuque.
> > Les femmes vietnamiennes présentes dans la vallée.
Sur les centres de résistance « Béatrice » et « Gabrielle »2, avaient été installés des BMC3.
> > Celui de « Béatrice », tenu par un bataillon de la 13e DBLE était constitué d’une quinzaine de prostituées vietnamiennes.
> > Celui de « Gabrielle », tenu par un bataillon de tirailleurs algériens, par autant de jeunes femmes nord-africaines.
> > Lorsque « Béatrice » a été attaquée, le chef de bataillon Pégot, qui commandait cette position, a aussitôt ordonné aux femmes de rejoindre le centre du camp, pour les soustraire aux combats.
> > Lorsqu’elles parvinrent au réduit central, le colonel de Castries leur ordonna de prendre le prochain avion qui décollerait et de rentrer à Hanoï.
> > Elles refusèrent toutes et réclamèrent de demeurer au service des soldats français, comme aides-soignantes, lavandières, cuisinières ou porteuses de colis.
> > Elles restèrent donc et, jusqu’à la fin de la bataille, déployèrent des trésors de dévouement, auprès notamment des blessés.
> > Vers la fin, elles se transformèrent en infirmières de fortune.
> > Avec dévouement, elles ont tenus des mains d'agonisants, elles ont rafraichit des fronts d'hommes gémissants, elles ont laves des blesses qui chiaient sur eux, elles ont recueilli des confidences de types qui appelaient leurs mères, elles ont change des pansements puants.
> > Les Asiatiques, et même les autres, auraient pu déserter et se "refaire une vie" en face en expliquant que ces fumiers de Français les avaient arnaquées.
> > Quel soldat de DBP aurait tire sur une nana courant les mains en l'air vers les lignes Viets !
> > Aucun.
Mais elles ne l'ont pas fait.
> > A la chute du camp retranché, elles furent capturées par les soldats vietminh et envoyées en camp de détention où nul n’entendit plus jamais parler d’elles.
> > Il en fut de même pour les prostituées nord-africaines.
Contrôleur général des armées Philippe de Maleissye.

_________________
" Je n'oublie pas le Colonel Arnaud Beltrame "


Dernière édition par Faget le 13 Août 2016 20:10, édité 1 fois.

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Message Publié : 13 Août 2016 20:08 
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Fernand Braudel
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Un modérateur pourrait il annuler les copies du texte qui est apparu quatre fois. J'ai essayé avec la fonction "éditer" mais sans succès. :oops:

[Fait / CNE_EMB]

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" Je n'oublie pas le Colonel Arnaud Beltrame "


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Message Publié : 13 Août 2016 20:24 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 21 Sep 2008 23:29
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Merci Faget pour cette histoire. Parfois des événements historiques ne sont pas mentionées parce qu'ils ne collent pas dans l'histoire officielle. C'est bon que l'on invoque ces faits pour complèter l'histoire, toute l'histoire...

Cordialement, Paul.


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Message Publié : 14 Août 2016 7:13 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 13 Mars 2010 20:44
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Faget rompt le silence
enfin !
Bergot ou Sergent avaient évoqué ces infirmières dans leur livre
Je vais vérifier aussi chez Jules Roy

_________________
il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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Message Publié : 14 Août 2016 10:29 
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Inscription : 27 Déc 2013 0:09
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Plus largement, sur la prostitution dans les armées, la Revue de Défense Nationale présente un ouvrage édité en 2013, Le soldat et la putain – Histoire d'un couple inséparable ; Éditions Pierre de Taillac : [url]http: //www.defnat.com/site_fr/archives/recensions-detail.php?cidrec=138[/url]

wikipedia consacre un article sur le sujet sous le titre Bordel militaire de campagne qui donne un lien vers une interview très intéressante à lire d'une des femmes présentes à Dien Bien Phû, Thérèse de Liancourt : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=493&themeid=


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Message Publié : 14 Août 2016 10:56 
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Inscription : 20 Déc 2008 14:01
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Il me semble que le sujet est aussi succinctement abordé (quelques lignes) dans Les hommes de Dien Bien Phu, de Roger Bruge.
Ce n'est pas tant que ce n'était pas quelque chose de connu, c'est juste que les gens ne s'y sont jamais intéressés.

CNE EMB

_________________
"Sicut Aquila"/"Ils s'instruisent pour vaincre"/"Par l'exemple, le coeur et la raison"/"Labor Omnia Vincit"/"Ensemble en paix comme au combat"/"Si Vis Pacem Para Bellum"


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Message Publié : 14 Août 2016 16:33 
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Erwan Bergot signale qu'à la chute du camp le viet-Minh fusille les auxiliaires méos (une tribu de montagnards que les Français avaient soulevée et armée) et les femmes du BMC. "Pour le Vietminh puritain, anamite et raciste, ce sont des vies sans valeur." Mais je ne sais pas si ça concernait toutes les femmes du BMC ou uniquement les Asiatiques.

_________________
Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 14 Août 2016 21:28 
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Les non-asiatiques ont été libérées.


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Message Publié : 15 Août 2016 21:16 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

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Un grand merci cher Faget pour cette très intéressante et émouvante contribution. Votre retour est bienvenu ....

Et merci cher Barbetorte pour le témoignage que vous indiqué.


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Message Publié : 16 Avr 2018 20:10 
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Pierma a écrit :
Erwan Bergot signale qu'à la chute du camp le viet-Minh fusille les auxiliaires méos (une tribu de montagnards que les Français avaient soulevée et armée) et les femmes du BMC. "Pour le Vietminh puritain, anamite et raciste, ce sont des vies sans valeur." Mais je ne sais pas si ça concernait toutes les femmes du BMC ou uniquement les Asiatiques.


Bonsoir Pierma.

J'ai lu quelques livres, pas tous, loin de là, d'Erwan Bergot mais je ne me souviens pas d'avoir lu cela. Pourriez-vous, s'il vous plait, m'indiquer dans quel livre ?
Merci d'avance

Cdlt.

Lynives


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Message Publié : 16 Avr 2018 21:06 
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Lynives a écrit :
Pierma a écrit :
Erwan Bergot signale qu'à la chute du camp le viet-Minh fusille les auxiliaires méos (une tribu de montagnards que les Français avaient soulevée et armée) et les femmes du BMC. "Pour le Vietminh puritain, anamite et raciste, ce sont des vies sans valeur." Mais je ne sais pas si ça concernait toutes les femmes du BMC ou uniquement les Asiatiques.


Bonsoir Pierma.

J'ai lu quelques livres, pas tous, loin de là, d'Erwan Bergot mais je ne me souviens pas d'avoir lu cela. Pourriez-vous, s'il vous plait, m'indiquer dans quel livre ?
Merci d'avance

Cdlt.

Lynives

Cette phrase là m'avait marqué, mais je ne sais plus dans lequel de ses livres.

Vous pouvez regarder s'il en a consacré un à Dien Bien Phu, précisément.

_________________
Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 17 Avr 2018 7:16 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Bonjour

Barbetorte a écrit :
wikipedia consacre un article sur le sujet sous le titre Bordel militaire de campagne qui donne un lien vers une interview très intéressante à lire d'une des femmes présentes à Dien Bien Phû, Thérèse de Liancourt : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=493&themeid=


Très intéressant témoignage qui ne concerne pas que les BMC.
Attention, Thérèse de Liancourt n'est pas une prostituée mais une convoyeuse de l'air.
Elle fut elle même arrêtée, à 20 ans, en 1941 et par les Allemands (14 mois en prison). elle y fut torturée et violée.

Je vous invite à lire l'article en entier.

Bien à tous.

_________________
Hugues de Hador.
Au service des Mongols de la "Horde d'Or" entre 1350 et 1360.


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Message Publié : 17 Avr 2018 11:26 
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Hugues de Hador a écrit :
Bonjour

Barbetorte a écrit :
wikipedia consacre un article sur le sujet sous le titre Bordel militaire de campagne qui donne un lien vers une interview très intéressante à lire d'une des femmes présentes à Dien Bien Phû, Thérèse de Liancourt : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=493&themeid=


Très intéressant témoignage qui ne concerne pas que les BMC.
Attention, Thérèse de Liancourt n'est pas une prostituée mais une convoyeuse de l'air.
Elle fut elle même arrêtée, à 20 ans, en 1941 et par les Allemands (14 mois en prison). elle y fut torturée et violée.

Je vous invite à lire l'article en entier.

Bien à tous.

Merci, ce témoignage est passionnant. Il faut même le lire au delà de l'interview, parce qu'il y a une reproduction de courriers assez originaux concernant l'administration des BMC.

Je découvre grâce à vous Thérèse de Liancourt, alors que je ne connaissais que Geneviève de Galard, la plus connue des "infirmières de l'air." (Mais celle-ci est restée coincée à DBP faute d'avion - la piste n'était plus utilisable - ce qui rend son histoire un peu différente : elle est restée au poste de secours où elle s'est dépensée sans limite pour aider le médecin, Grauwin. Triste lieux : plus de morphine les dernières semaines pour les blessés...)

_________________
Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 17 Avr 2018 11:28 
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Lynives a écrit :
Pierma a écrit :
Erwan Bergot signale qu'à la chute du camp le viet-Minh fusille les auxiliaires méos (une tribu de montagnards que les Français avaient soulevée et armée) et les femmes du BMC. "Pour le Vietminh puritain, anamite et raciste, ce sont des vies sans valeur." Mais je ne sais pas si ça concernait toutes les femmes du BMC ou uniquement les Asiatiques.


Bonsoir Pierma.

J'ai lu quelques livres, pas tous, loin de là, d'Erwan Bergot mais je ne me souviens pas d'avoir lu cela. Pourriez-vous, s'il vous plait, m'indiquer dans quel livre ?
Merci d'avance

Cdlt.

Lynives

Finalement je l'ai trouvé en sources dans l'article de Wiki sur la bataille :
Erwan Bergot, Les 170 jours de Dien Bien Phu, Presses de la Cité, 1992

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Message Publié : 17 Avr 2018 16:31 
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Philippe de Commines
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Inscription : 22 Sep 2005 18:53
Message(s) : 1958
Pierma a écrit :
Merci, ce témoignage est passionnant.


En effet et je ne peux m'empêcher d'en reprendre une partie :

Elle dit :

J'ai moi-même été 14 mois en prison, à 20 ans, en 1941, après avoir été torturée.
Je sortais de mon couvent et du giron de ma famille : j'en étais encore aux enfants dans les choux et dans les roses. Ça n'a été ni drôle ni facile. J'ai mis 30 ans à digérer cela, maintenant, je peux en parler. Nous étions à Compiègne ("le camp de la mort lente"), dans une prison de femmes, uniquement juives, sauf moi.

J'ai compris plus tard qu'on avait été considérées par les Allemands comme les B.M.C. des troupes allemandes.

Nous étions nombreuses, complètement à part, la baraque était toute propre, toute blanche, et il y avait des infirmières qui s'occupaient de nous. C'était clair et net. Ils ont pris les plus jeunes et les plus avenantes. Toutes les filles mariées, le plus souvent, se laissaient faire et me reprochaient de ne pas en faire autant : "Au moins quand ils font cela, ils ne font pas autre chose" disaient-elles. Moi je rouspétais, je me défendais contre les assauts des Allemands : j'étais punie tout le temps, dès que j'avais refusé un gars. Aussi ai-je été mise assez rapidement en cellule, enfermée à part.

C'est ainsi que j'ai découvert "l'amour" d'une façon un peu curieuse.

J'ai eu beaucoup de mal par la suite à me réinsérer dans une vie normale sur ce plan-là... Il faut croire que je devais être très équilibrée psychologiquement. C'est assez bouleversant. Je ne pouvais plus danser, embrasser un gars, c'était impossible. Quand un type qui était gentil, me prenait par la taille, je sursautais et je m'éloignais. Il a fallu beaucoup d'amour pour qu'un homme arrive à me faire perdre toutes ces inhibitions.


Ensuite et forcément logiquement, elle conteste cette idée répandue concernant le besoin de prostituées pour les soldats :

Ensuite j'en ai parlé avec des officiers et je leur ai dit qu'il n'était pas possible que cela se pratique. On me répondait : « Il faut comprendre, c'est presque impossible de s'en passer, les hommes ont besoin de ça quand ils côtoient la mort tous les jours, c'est très difficile ». Ce n'était pas mon point de vue, mais j'ai entendu beaucoup cette défense.

Mais un peu après elle ajoute :

Pendant les trois semaines qu'ont duré l'évacuation, du 15 mai au début juin, je n'ai pas couché une seule fois dans mon lit. C'était pareil pour mes camarades. Nous étions dix convoyeuses, ce n'était pas beaucoup pour plusieurs centaines de mille hommes. Mais nous, nous pouvions choisir.

J'ai eu la même réaction tout au cours de cette période, quasi automatique, et je n'étais pas seule à l'avoir : je descendais de l'avion après m'être occupée des blessés, je regardais à droite et à gauche, je faisais un signe et je partais avec un gars. J'aime mieux vous dire qu'ils ne disaient jamais non. Je me souviens, c'était moi qui le déshabillais pour trouver... enfin... un homme entier, sain, propre, pas blessé, avec tout ce qui lui fallait, bien portant...

On avait frôlé la mort, la maladie, les blessures, il y avait des gangrènes, des choses horribles. Vous ne pouvez pas imaginer. On avait un besoin, un besoin absolu de quelque chose qui était entier, bien portant.


En fait, en y réfléchissant c'est terrible et terriblement humain !!

Bien à tous.

_________________
Hugues de Hador.
Au service des Mongols de la "Horde d'Or" entre 1350 et 1360.


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