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Message Publié : 04 Oct 2016 7:13 
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Parler de "travail manuel" est quand même vague car ça recouvre des filières très différentes. La façon dont le public percevoit ce qu'est un travail manuel n'est pas du tout la même suivant qu'il s'agit d'un travail demandant de l'habileté et de la compréhension et un travail basique ne requérant presqu'aucune capacité ou formation. Bref on ne peut guère classer dans une seule et même catégorie un luthier, un ébéniste, un horloger, un électricien, un plombier et un OS (du moins tel qu'on le voyait dans les années '50).

Je me souviens d'un grève "forte" des PTT en 1974 où le facteur déclenchant (pas sur le fond bien sûr) avait été une petite phrase du ministre des PTT (Pierre Lelong) qui n'avait rien trouvè de mieux que de dire avec compassion que (citation de mémoire) "les postiers faisaient un travail idiot"... ;)


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Message Publié : 04 Oct 2016 9:17 
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Effectivement, si on écoute bien certains discours des années 70, on se rend compte qu'il y a "travail manuel" et "travail manuel". Le premier, c'est le travail "noble" de l'artisan qui maîtrise son ouvrage de A à Z, qui conçoit lui-même comment il va utiliser les "règles de l'art" de son métier pour réussir au mieux la tâche qu'on lui a confié. Et puis, il y a le travail de l"ouvrier en usine qui répète le même geste à longueur de temps, qui fait exactement ce qu'on lui a dit de faire, qui n'a aucune initiative et qui n'apporte aucune plus-value "personnelle" à son geste.

Alors que l'artisan est unique, l'ouvrier est interchangeable et lui-même se perçoit comme tel, car pour 10 ou 20 centimes de l'heure en plus, il change d'entreprise. Dans certains métiers, il y avait une fierté, car le travail a réaliser demandait de la réflexion. Dans d'autres, on se percevait comme une machine et on rentrait du travail la tête vide, vidée d'avoir fait toute la journée les mêmes gestes.

PS: durant mes périodes de vacances, j'ai alterné des périodes de travail sur un chantier de maçonnerie, des périodes de travail à la chaîne chez Peugeot et comme garçon à tout faire dans une banque.

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Message Publié : 04 Oct 2016 18:03 
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Jean Froissart
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Les agriculteurs sont-ils repris dans cette catégorie de " travailleurs manuels " ?
Au sortir de la Seconde guerre mondiale, il me semble qu'une moitié - au moins - de la population active était encore attachée aux exploitations agricoles... Avant que cette proportion ne dégringole au cours des décennies suivantes.

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Message Publié : 04 Oct 2016 20:10 
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Polybe
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Lord Foxhole a écrit :
Les agriculteurs sont-ils repris dans cette catégorie de " travailleurs manuels " ?
Au sortir de la Seconde guerre mondiale, il me semble qu'une moitié - au moins - de la population active était encore attachée aux exploitations agricoles... Avant que cette proportion ne dégringole au cours des décennies suivantes.

Il y a eu de très fortes hausses de la productivité dans ce secteur et la rentabilité n'a pas toujours suivi. Cela a d'ailleurs été théorisé.
Une demande d'emplois qui chute, alliée à des salaires moins compétitifs devait inexorablement réduire la masse de travailleurs.
Si ces deux facteurs avaient évolué dans un sens plus favorable à l'emploi, la situation serait certainement différente. La dévalorisation de l'activité agricole en soi n'est pas démontrée.

Le même phénomène est observable dans l'industrie manufacturière, L'activité attire des jeunes mais la création d'emplois est déclinante, et les salaires pas toujours au niveau.


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Message Publié : 04 Oct 2016 22:57 
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Lord Foxhole a écrit :
Les agriculteurs sont-ils repris dans cette catégorie de " travailleurs manuels " ?
Au sortir de la Seconde guerre mondiale, il me semble qu'une moitié - au moins - de la population active était encore attachée aux exploitations agricoles... Avant que cette proportion ne dégringole au cours des décennies suivantes.


Les agriculteurs, c'étaient les "travailleurs de la terre", ils faisaient partis de la partie "noble" du travail manuel. Si de nombreux paysans firent en sorte à la fin du XIXème et au début du XXème que leurs fils étudient et aillent "à la ville", leurs petits-enfants et arrières-petits-enfants initièrent à la fin des années 60 le mouvement du retour à la terre ou à la campagne. Certains n'y restèrent qu'un été et d'autres s'y implantèrent.

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Message Publié : 04 Oct 2016 23:19 
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Marc Bloch
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Il y a une différence avec les agriculteurs. On est agriculteur de père en fils. Je n'ai pas connu d'enfant de citadin qui décide de devenir paysan comme il déciderait d'être maçon ou douanier. La seule exception que je vois c'étaient les éleveurs de chèvre qui faisaient des fromages , c'étaient les babas cools post soixante-huitard. Est-ce que je me trompe ?

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Message Publié : 04 Oct 2016 23:39 
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Eginhard
Eginhard

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Faget a écrit :
Il y a une différence avec les agriculteurs. On est agriculteur de père en fils. Je n'ai pas connu d'enfant de citadin qui décide de devenir paysan comme il déciderait d'être maçon ou douanier. La seule exception que je vois c'étaient les éleveurs de chèvre qui faisaient des fromages , c'étaient les babas cools post soixante-huitard. Est-ce que je me trompe ?
Les lycées agricoles accueillent des élèves qui ne sont pas tous des fils de paysans. Ils sont minoritaires mais ne sont pas rares.

Les babas cools qui n'ont pas abandonné sont devenus de vrais professionnels.


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Message Publié : 05 Oct 2016 1:08 
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Faget a écrit :
Est-ce que je me trompe ?


Oui. Il y a un pourcentage, assez faible je vous l'accord, de gens "de la ville" qui reprennent des exploitations agricoles.

Quand aux babas-cool qui sont allés élever des chèvres au Larzac, ou ailleurs, il y en a un certain nombre qui ont perduré. On pourrait parler de José Bové, mais il est plus un homme politique qu'un paysan, quoiqu'il a toujours des parts dans un GAEC. Mais, un certain nombre de personnes qui ont participé à ces mouvements, se sont contentés de rester des éleveurs de brebis ou des paysans.

Sans parler des traders qui après avoir amassé des fortunes plus ou moins colossales ré-investissent le tout dans la terre.

Et comme le souligne Barbetorte, il y a des jeunes non-fils de paysans qui suivent des filières agricoles. Certains reprennent ensuite des exploitations, soit à l'abandon, soit où il n'y a pas d'héritiers ou dont les héritiers n'ont pas voulu reprendre l'exploitation.

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Message Publié : 05 Oct 2016 6:27 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile

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N'oublions pas qu'il y a toujours eu une énorme différence entre l'agriculteur propriétaire de l'exploitation ou même le métayer et le paria des parias l"ouvrier agricole ou la servante de ferme.


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Message Publié : 05 Oct 2016 7:05 
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Philippe de Commines
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Sir Peter a écrit :
N'oublions pas qu'il y a toujours eu une énorme différence entre l'agriculteur propriétaire de l'exploitation ou même le métayer et le paria des parias l"ouvrier agricole ou la servante de ferme.


J'allais le dire !!!


marc30 a écrit :


C'est officiel !!!

2 nouvelles ouvertures de filières pour la rentrée 2016 :

BTS Prothésiste-Orthésiste,

Bac Pro TISEC : technicien d'installation des systèmes

énergétiques et climatiques.



je ne sais pas si c'était cet exemple que vous vouliez nous montrer mais, encore une fois, il est intéressant de voir que tous les métiers manuels qui touchent de près ou de loin la sphère médicale ont quand même meilleure presse que ceux ou les ouvriers mettent les mains dans le cambouis (ou le nez dans la poussière).

Bien à vous.

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Hugues de Hador.
Au service des Mongols de la "Horde d'Or" entre 1350 et 1360.


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Message Publié : 05 Oct 2016 8:16 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile

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Ce qui touchait à l'art dentaire touchait aussi à l'or des prothèses, c'était apparenté aux orfèvres officiellement autorisés au port de l'épée.


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Message Publié : 05 Oct 2016 16:07 
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Jean Froissart
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Sir Peter a écrit :
N'oublions pas qu'il y a toujours eu une énorme différence entre l'agriculteur propriétaire de l'exploitation ou même le métayer et le paria des parias l"ouvrier agricole ou la servante de ferme.

Généralement, les exploitations agricoles en France étaient des fermes familiales qui ne devaient pas avoir une taille colossale, je pense.
Donc, je me demande si beaucoup d'agriculteurs français, au 20e siècle, avaient les moyens de se payer des foules d'ouvriers.

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Message Publié : 05 Oct 2016 18:17 
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Marc Bloch
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Lord Foxhole a écrit :
Sir Peter a écrit :
N'oublions pas qu'il y a toujours eu une énorme différence entre l'agriculteur propriétaire de l'exploitation ou même le métayer et le paria des parias l"ouvrier agricole ou la servante de ferme.

Généralement, les exploitations agricoles en France étaient des fermes familiales qui ne devaient pas avoir une taille colossale, je pense.
Donc, je me demande si beaucoup d'agriculteurs français, au 20e siècle, avaient les moyens de se payer des foules d'ouvriers.

On ne peut parler du problème globalement. Les régions étaient très disparates dans la taille des exploitations et la richesse des cultures. Mais avant la mécanisation, il fallait des bras et les valets de ferme étaient une réalité. De toute façon, pour ce qu'ils étaient payés....

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Message Publié : 05 Oct 2016 18:56 
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Jean Froissart
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Faget a écrit :
On ne peut parler du problème globalement. Les régions étaient très disparates dans la taille des exploitations et la richesse des cultures. Mais avant la mécanisation, il fallait des bras et les valets de ferme étaient une réalité. De toute façon, pour ce qu'ils étaient payés....

Certes, mais il devait surtout s'agir d'une main-d’œuvre que l'on pourrait qualifier aujourd'hui de " peu qualifiée "... Donc, probablement inapte pour d'autres travaux plus complexes et mieux rémunérés.
Et puis, même s'ils recevaient peu d'argent, je suppose qu'ils étaient entretenus (logés, nourris, blanchis...) par leurs employeurs.

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Message Publié : 05 Oct 2016 19:41 
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Faget a écrit :
Lord Foxhole a écrit :
Généralement, les exploitations agricoles en France étaient des fermes familiales qui ne devaient pas avoir une taille colossale, je pense.
Donc, je me demande si beaucoup d'agriculteurs français, au 20e siècle, avaient les moyens de se payer des foules d'ouvriers.

On ne peut parler du problème globalement. Les régions étaient très disparates dans la taille des exploitations et la richesse des cultures. Mais avant la mécanisation, il fallait des bras et les valets de ferme étaient une réalité. De toute façon, pour ce qu'ils étaient payés....

Hé mais on ne parle pas de la période du Moyen-Âge !

En 45, admettons, mon grand père a liquidé sa (petite) exploitation, parce qu'il pensait qu'il allait falloir investir dans un tracteur et des machines pour rester à niveau.

Et puis il voulait que ses enfants aillent au collège, il a donc acheté une épicerie en ville. A Dole, Jura, où il produisait sur 30 ares les légumes qu'il vendait. (Cette formule bio, avant que ce soit la mode, aurait aujourd'hui un succès fou.)

Mais dans les années 70, mes cousins restés agriculteurs avaient évidemment un tracteur, une boteleuse-lieuse pour faire les foins, et faisaient appel à un machiniste équipé qui venait avec une moisonneuse-bateuse pour les moissons, sur des fermes de taille déjà importantes. Disons 70 hectares, ce qui faisait déjà beaucoup en Haute-Saône. Ils en vivaient bien.

Peu d'ouvriers agricoles - les commis de ferme - plutôt rares parce qu'on faisait appel à la famille pour venir aider pour faire les foins. (Je l'ai fait plusieurs fois.)

Mais à la même époque, en Beauce, Brie ou Flandres existaient déjà des céréaliers sur 300 ha - copieusement subventionnés, mais passons - qui se trouvaient à la tête d'une petite entreprise avec des salariés. Sur ces grosses exploitations c'était la règle.

Non, quand on parle des "cultivateurs" (c'est le mot qu'on utilise ici encore aujourd'hui, il leur a permis de revendiquer une identité autre que "paysan" souvent péjoratif...) pour la période qui nous intéresse, et dans des régions de plaine, on n'est pas au Sahel ! :wink:

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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