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Message Publié : 02 Jan 2018 20:09 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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... ne puisse résoudre.

Bonjour et bonne année !!
:mrgreen: :mrgreen:

Henri Queuille a été un important homme politique de la 3° et de la 4° république, il fut trois fois président du Conseil et une vingtaine de fois ministre.
Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Queuille
On lui doit cette célèbre phrase, « Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. »

Quand Henri Queuille disait cela, faisait-il référence à des problèmes politiques particuliers ?

Merci pour vos lumières
:mrgreen:

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Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvé dans un cimetière des Alpes

La science de l'histoire est une digue qui s'oppose au torrent du temps.
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Message Publié : 02 Jan 2018 20:56 
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Dans l'article de Wiki, il y a cette variante, qu'on trouve partout sur Internet :
« Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. »

Je pense donc que la citation que vous donnez ne s'appliquait pas à un problème politique particulier.

Je la connaissais sous une forme plus littéraire :"Il n'est pas de problème majeur qui résiste à l'absence de solution."

J'ai cherché à quelle date il a pu dire cela. (Avouez que dans le contexte de l'avant-guerre, ce serait salé !) Je suis tombé sur une réflexion de Jacques Attali, qui la place au contraire dans le contexte de la reconstruction :
Citer :
il ne restera injustement dans l’histoire que pour une phrase assassine qu’on lui prête: « Il n’est pas de problème qu’une absence de solution ne finisse par résoudre ».
En cette période de reconstruction, d’euphorie postérieure à la Libération, où les gouvernements jouèrent un rôle marginal et injustement décrié, cette phrase faisait sens : l’inaction de l’Etat n’empêchait pas la croissance de l’économie de créer des emplois et de réduire peu à peu les pénuries héritées de la guerre et de l’occupation.

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 02 Jan 2018 21:06 
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Pouzet a écrit :
Bonjour et bonne année !!
:mrgreen: :mrgreen:

Henri Queuille a été un important homme politique de la 3° et de la 4° république, il fut trois fois président du Conseil et une vingtaine de fois ministre.
Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Queuille
On lui doit cette célèbre phrase, « Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. »

Quand Henri Queuille disait cela, faisait-il référence à des problèmes politiques particuliers ?

Merci pour vos lumières
:mrgreen:


3ème, 4ème ... Cela me rappelle un article lu en Italie, il y a environ 20 ans. Dans cet article on indiquait que les administrations fonctionnaient mieux lors des longues périodes où des ministres de gouvernements démissionnaires règlaient les affaires courantes et où les hauts fonctionnaires étaient obligés de prendre des décisions opérationnelles pour débloquer les situations dites d'urgence ...

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Message Publié : 02 Jan 2018 23:24 
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Narduccio a écrit :
3ème, 4ème ... Cela me rappelle un article lu en Italie, il y a environ 20 ans. Dans cet article on indiquait que les administrations fonctionnaient mieux lors des longues périodes où des ministres de gouvernements démissionnaires règlaient les affaires courantes et où les hauts fonctionnaires étaient obligés de prendre des décisions opérationnelles pour débloquer les situations dites d'urgence ...

J'ai une histoire de la 4e république qui établit le même constat. La 4e république a réalisé un gros travail d'organisation administrative et économique, dont la continuité a été assurée par les hauts fonctionnaires.

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Message Publié : 03 Jan 2018 5:06 
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Grégoire de Tours
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Pierma a écrit :
Je suis tombé sur une réflexion de Jacques Attali, qui la place au contraire dans le contexte de la reconstruction :
Citer :
il ne restera injustement dans l’histoire que pour une phrase assassine qu’on lui prête: « Il n’est pas de problème qu’une absence de solution ne finisse par résoudre ».
En cette période de reconstruction, d’euphorie postérieure à la Libération, où les gouvernements jouèrent un rôle marginal et injustement décrié, cette phrase faisait sens : l’inaction de l’Etat n’empêchait pas la croissance de l’économie de créer des emplois et de réduire peu à peu les pénuries héritées de la guerre et de l’occupation.

Mouais. Attali est bien tendre avec le père Queuille.
C'est lui faire trop d'honneur que de mettre dans cette phrase un subtil hommage aux hauts fonctionnaires ou aux forces vives de la société civile.
D'une, si on le prend au premier degré, cet éloge de l'attentisme est faux.
Deux, c'est en vérité du troisième degré: sous couvert d'ironie, c'est bien l'action politique façon rad-soc après-guerre qui s'exprime.

En ce qui me concerne, je n'ai jamais vu autre chose dans cet phrase qu'une détestable auto-justification de l'impuissance de l'Etat et du grenouillage du politique dans la pétaudière de la quatrième.
Comme un mauvais élève procastinateur qui espère que, pour un bon mot, on va lui pardonner.
Mais à la fin, ce sont les résultats qui jugent. Et en l’occurrence, l'Histoire a jugé.

Si ce n'était hors limite chronologique, j'ajouterais volontiers que Queuille a eu au moins deux fils spirituels en Corrèze, qui sont montés très haut dans nos institutions.


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Message Publié : 03 Jan 2018 8:54 
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Eginhard
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Je pense qu'Henri Queuille mérite mieux qu'un jugement à l'emporte pièce où on retrove tous les clichés sur la IVe. Qq éléments en vrac à mettre à son crédit :
- tout d'abord, il a eu le mérite de mettre fin à une grave crise de la IVe République. La Troisième Force n'est pas capable de faire vivre une majorité suffisante ; il faut un élargissement mais cela suppose un infléchissement de la politique économique et sociale. C'est ce que propose Queuille, en douceur. Et c'est ainsi qu'à l'issue d'une crise gouvernementale très difficile, Queuille a réussi l'exploit d'avoir un gouvernement qui dure 13 mois.
- c'est ce qui permet la fin du rationnement (qui est officiel 2 mois après la chute de Queuille mais tout a été préparé par son gouvernement). Queuille remet la France sur les rails du libéralisme classique après le temps d'une économie administrée qui fut assez catastrophique. L'inflation quand Queulle arrive au pouvoir ; 58%. Quand il quitte le gouvernement : 13%. Il me semble que c'est Queuille qui fait nommer Baumgartner gouverneur de la Banque de France. Il reste en poste de 1949 à 1960 assurant une belle continuité (et une oeuvre tout à fait salvratrice). J'insiste sur la pétaudière qu'était l'économie politique du début de la Quatrième avec desrésultats calamiteux. Le coup de balai fut salutaire (et courageux).
- rappelons que c'est sous Queuille qu'est ratifié le traité Atlantique, ce qui n'est pas rien...
Honnêtement, si vous avez sous le coude un homme politique capable d'avoir en un an les résultats économiques d'Henri Queuille, je suis preneur !

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"Denken heisst überschreiten" : Penser signifie faire un pas au-delà. Ernst Bloch (1885-1977)


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Message Publié : 03 Jan 2018 11:13 
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Grégoire de Tours
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Vous avez raison de vouloir tempérer mon message, qui d'ailleurs n'était que fort peu historique.
Je pense de toutes façons que nous ne serons pas d'accord.
Car:
calade a écrit :
- tout d'abord, il a eu le mérite de mettre fin à une grave crise de la IVe République. La Troisième Force n'est pas capable de faire vivre une majorité suffisante ; il faut un élargissement mais cela suppose un infléchissement de la politique économique et sociale. C'est ce que propose Queuille, en douceur. Et c'est ainsi qu'à l'issue d'une crise gouvernementale très difficile, Queuille a réussi l'exploit d'avoir un gouvernement qui dure 13 mois.
Là où vous voyez une performance, je vois de la petite tambouille du régime des partis. D'ailleurs n'oublions pas que Queuille est revenu 2 fois à la présidence du Conseil, dont une fois pour 2 jours!

calade a écrit :
- rappelons que c'est sous Queuille qu'est ratifié le traité Atlantique, ce qui n'est pas rien...
Bof. Reconnaissons que c'est dans l'air du temps. C'est facile de signer un projet préparé par la puissance ultra-dominante, surtout à un moment où voisins et alliés redoutent une invasion soviétique. Je ne vois pas d'audace ou d'innovation particulière là-dedans, et encore moins de spécificité Queuille - ce qui en signifie pas que c'est une mauvaise idée en soi de signer.

calade a écrit :
c'est ce qui permet la fin du rationnement (qui est officiel 2 mois après la chute de Queuille mais tout a été préparé par son gouvernement). Queuille remet la France sur les rails du libéralisme classique après le temps d'une économie administrée qui fut assez catastrophique. [...] J'insiste sur la pétaudière qu'était l'économie politique du début de la Quatrième avec desrésultats calamiteux. Le coup de balai fut salutaire (et courageux).
Il était plus que temps, quand même. On peut même rajouter à ce bilan: deux dévaluations et des grèves réprimées dans le sang... Même en me rappelant que c'était sans doute encore plus pire avant, franchement je n'arrive pas à me réjouir.

calade a écrit :
Honnêtement, si vous avez sous le coude un homme politique capable d'avoir en un an les résultats économiques d'Henri Queuille, je suis preneur !
Honnêtement, je ne vois aucune raison pour laquelle n'importe quel Pinay, Debré, Giscard, Fabius -pour rester dans la limite chronologique- n'eut pas fait au moins aussi bien dans les mêmes circonstances.

Je pressens que, plus que des points de vue historiques, nos désaccords sont de l'ordre de la vision du monde et des opinions politiques :mrgreen: => je n'insiste pas.


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Message Publié : 03 Jan 2018 11:42 
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Eginhard
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Citer :
Honnêtement et pour rester dans la limite chronologique, je ne vois aucune raison pour laquelle n'importe quel Pinay, Debré, Giscard, Fabius -pour rester dans la limite chronologique n'eut pas fait au moins aussi bien dans les mêmes circonstances.

Des chefs de gouvernements et ministres des finances compétents, certes mais Queuille a dû faire face à une situation politico-économique invraisemblable. Je vous conseille de mettre le nez dans les archives du Ministère de l'économie et des finances. C'est ubuesque. On peut dire que la France a connu une apogée bureaucratique dans l'administration de l'économie. Tout le défi consistait à libéraliser les prix sans que le passage à un marché libre accroisse l'inflation ou entraine des distorsions dans l'offre avec en plus une SFIO arc-boutée sur des positions molletistes assez calamiteuses (et un MRP encore à moitié hostile au libéralisme économique au nom de la doctrine sociale de l'Eglise). Queuille met les mains dans le cambouis puisqu'il est à la fois président du Conseil et ministre de l'économie et des finances avec une dream team de secrétaires d'Etat (Pinay, Alain Poher, Edgar Faure, et surtout Maurice Petsche - qui y laissa sa santé mentale...- ainsi que le valeureux Coudé du Foresto). J'insiste sur le résultat : inflation qui passe de 58 à 13% sans brider la croissance, au contraire (8% en 1950). Qui dit mieux depuis 1945 ?
Quant aux considérations sur le "système", on peut aussi y voir une vraie démocratie parlementaire et un plus grand respect du suffrage universel (notamment par le scrutin de liste départemental proportionnel). L' assemblée nationale de la IVe a été la plus diverse qui soit sociologiquement C'est sûr que la vie parlementaire sous la Ve est plus cadrée avec une majorité et une opposition mais sous la IVe la vie démocratique était intense (presse politique, nombre de militants, rôle des meetings). C'est bien le Parlement qui déterminait l'orientation de la politique. Je n'irai tout de même pas jusqu'à défendre les apparentements, la valse des ministères et sa politique coloniale (quoique...)... :mrgreen:
Mais la IVe est largement victime de la vulgate gaulliste, qui en a fait une "mal aimée" pour reprendre le titre du livre de Barsalou.

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Message Publié : 03 Jan 2018 12:19 
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Pouzet a écrit :
... ne puisse résoudre.

Bonjour et bonne année !!
:mrgreen: :mrgreen:

Henri Queuille a été un important homme politique de la 3° et de la 4° république, il fut trois fois président du Conseil et une vingtaine de fois ministre.
Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Queuille
On lui doit cette célèbre phrase, « Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. »

Quand Henri Queuille disait cela, faisait-il référence à des problèmes politiques particuliers ?

Merci pour vos lumières
:mrgreen:


Pour moi, cette phrase a une certaine sagesse, à l'heure où la comm' (et j'insiste sur le terme "à la mode" et pas le terme "communication), prend le devant, on voit et on a vu des gouvernants prendre des décisions prises rapidement pour montrer que l'on fait quelque chose. Or, souvent à long terme, on se rend compte que c'est ces décisions hâtives qui amplifient les difficultés.

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Message Publié : 03 Jan 2018 13:08 
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Narduccio a écrit :
Pour moi, cette phrase a une certaine sagesse, à l'heure où la comm' (et j'insiste sur le terme "à la mode" et pas le terme "communication), prend le devant, on voit et on a vu des gouvernants prendre des décisions prises rapidement pour montrer que l'on fait quelque chose. Or, souvent à long terme, on se rend compte que c'est ces décisions hâtives qui amplifient les difficultés.

Je serais plutôt d'avis qu'entre la prise de décision immédiate (et donc souvent sans vraie réflexion) et l'absence complète de décision (ce qui correspond à la citation du Dr Queuille), il y a un juste milieu quand même.


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Message Publié : 03 Jan 2018 13:50 
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Un peu à côté de cette problématique, cette citation de De Gaulle :
"Une erreur commune à beaucoup de chefs d'état est de croire qu'à chaque problème il existe une solution. C'est une idée fausse. Il existe des problèmes sans solution. C'est, actuellement, le cas de l'Algérie." (Déclaration à son entourage, je pense début 59, en tous cas avant l'annonce sur l'autodétermination.)

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Message Publié : 03 Jan 2018 15:04 
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ThierryM a écrit :
Narduccio a écrit :
Pour moi, cette phrase a une certaine sagesse, à l'heure où la comm' (et j'insiste sur le terme "à la mode" et pas le terme "communication), prend le devant, on voit et on a vu des gouvernants prendre des décisions prises rapidement pour montrer que l'on fait quelque chose. Or, souvent à long terme, on se rend compte que c'est ces décisions hâtives qui amplifient les difficultés.

Je serais plutôt d'avis qu'entre la prise de décision immédiate (et donc souvent sans vraie réflexion) et l'absence complète de décision (ce qui correspond à la citation du Dr Queuille), il y a un juste milieu quand même.


Je ne l'analyse pas de la même manière que vous : "Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre"

Il y a une notion d'urgence. Et parfois, passé l'urgence, le problème disparait comme s'il n'avait pas existé. S'il persiste, là il est temps de lui apporter une solution.

Je me permet de prendre un problème assez récent qui montre comment certaines choses peuvent évoluer en 15 jours : l'accident de Millas. Premier acte, mise en cause des passages à niveaux : ils sont accidentogènes, il faudrait que les collectivités locales et nationales œuvrent pour les supprimer. Pendant les 3-4 jours après l'accident, on a vu force vidéos où l'on voit des trains passer alors que les barrières sont ouvertes... Sauf que dans 99% de ces vidéos, les barrières se sont ouvertes alors que le train passait, ce qui ne correspond pas au scénario retenus.

Second acte, l'avocate de la famille des victimes donne en pâture aux médias la conductrice du bus qui aurait forcé le passage puisque les barrières auraient été baissées et que les feux étaient en fonctionnement, d'après divers témoins et les services techniques de la SNCF. Troisième acte, très discret hier matin, la ministre des transport reconnait que l'on n'a pas assez investi dans le maintien à niveau du réseau hors LGV de la SNCF et cela depuis plusieurs quinquennats, pour ne pas dire que cela concerne peut-être aussi des septennats ...

Quelle est la bonne solution ? Il y a 15 jours, cette solution passait par la suppression des passages à niveaux. Or, les collectivités locales n'ont pas les moyens de répondre rapidement à la demande. Il y a une semaine, il fallait durcir la règlementation en ce qui concerne la surveillance des chauffeurs de transports collectifs sur route. Aujourd'hui, on constate qu'il faudrait peut-être investir plus dans le réseau hors LGV et dans le matériel roulant (le TER en question avait 9 minutes de retard, ce qui ne serait pas pour rien dans la survenue de l'accident).

Quelle est la bonne réponse ? Peut-être que la semaine prochaine il y en aura une autre, et puis une autre ... Il vaut mieux parfois se donner le temps de la réflexion ...

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Message Publié : 03 Jan 2018 18:04 
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Je comprends votre exemple (même si j'ai du mal à y voir le caractère d'urgent que vous soulignez) mais je reste convaincu que certains problèmes urgents (et pas les trucs qui font la une des médias où il n'y a strictement aucune urgence - sauf à redéfinir le terme) qui nécessitent bien une réponse urgente. Une fuite dans une centrale nucléaire, je veux bien qu'attendre une semaine pour savoir qui intervient, si on évacue la population peut se résoudre de suite si la fuite se colmate toute seule. Mais j'ai quand même des doutes.


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Message Publié : 04 Jan 2018 7:15 
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Localisation : Alsace, Colmar
ThierryM a écrit :
Je comprends votre exemple (même si j'ai du mal à y voir le caractère d'urgent que vous soulignez) mais je reste convaincu que certains problèmes urgents (et pas les trucs qui font la une des médias où il n'y a strictement aucune urgence - sauf à redéfinir le terme) qui nécessitent bien une réponse urgente. Une fuite dans une centrale nucléaire, je veux bien qu'attendre une semaine pour savoir qui intervient, si on évacue la population peut se résoudre de suite si la fuite se colmate toute seule. Mais j'ai quand même des doutes.


Ben justement, votre exemple est excellent et montre bien le hiatus entre ce que perçoivent les gens et la réalité. Une bonne situation de crise se gère "en amont", par toute une série d'exercices dont le but est de montrer les éventuelles failles à combler. Là où je travaille, nous avons 4 exercices de crise par an, plus 52 exercices "incendie", plus un tas d'autres exercices. Il s'agit d'exercice en situation réelle. Car, on ne prend pas de bonnes décisions dans l'urgence si on n'est pas formé à prendre des décisions.

Par exemple, vous dites que vous aimeriez que l'on évacue la population le plus vite possible ... Or, c'est justement ce qui pourrait amplifier les conséquences pour la population si elle est à l'air libre au moment où on relâcherait des gaz contaminés. La bonne solution est justement de convaincre les gens qu'ils restent calfeutrés chez soi, qu'ils arrêtent les clims et les ventilations et qu'ils attendent les ordres d'évacuation. On parle d'une fuite qui pourrait impliquer des dommages aux populations.

En fait, on doit savoir tout de suite qui intervient ... et il se trouve que je serais l'un des premiers sur place le jour où il arrivera un accident dans la centrale nucléaire dans laquelle je travaille. En fait, en tant que "chef des secours", je dirigerais l'équipe de ceux qui interviennent en local. Enfin, si cela arrive le jour où je travaille. Autrement, ce sera l'un des mes camarades qui occupent à tour de rôle ce même poste. Nous avons un temps limité pour intervenir, et nous devrons prendre les bonnes décisions au bon moment. Donc, il faut que l'on soit entraîné. Il y a une chose que j'ai bien comprise, quelqu'un de pas entrainé, a 100% de chances de se tromper dans son diagnostic et dans ses premières décisions.

Mais, nous parlons là de situations de crises. Le travail des hommes politiques est justement de faire en sorte que les choses soient en place et opérationnelles au moment adéquat. Et aussi de prendre les décisions qui s'imposeront pour rectifier les écarts. Mais, en tant qu'intervenant en "première ligne", je peux vous dire que l'une des choses qui m'horripilent le plus c'est ces hommes politiques qui viennent voir comment ça se passe et apporter des encouragements en tant réel pendant qu'on pilote la crise ... Je vais vous dire la vérité, c'est à ce moment-là qu'ils gênent le plus. En même temps, s'ils ne viennent pas, les médias et tous le large public des gens qui ne savent pas leur reprocheraient de ne pas venir ...

En fait, en situation de crise, l'idéal serait que chacun reste à sa place, et dans ce cas, la place des politiques, c'est loin en arrière

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Message Publié : 04 Jan 2018 9:11 
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Grégoire de Tours
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J’ai l’impression que nous ne parlons pas de la même chose. Alors, je plaide coupable en ce sens que mon exemple n’était pas le plus heureux des exemples et un message de deux lignes était contre-productif.

Je n’écris nulle part qu’il ne faut pas préparer les crises. Il coule de source pour moi que le politique, autant que l’administratif, doit anticiper et préparer le plus possible les situations de crise possibles afin justement que leur gestion se fasse sur un mode quasi réflexe à partir de décisions et de plans pris à froid et donc mûrement réfléchis et testés.

Mais, d’une part, j’ai du mal à imaginer que le pouvoir politique soit systématiquement exclu de cette chaîne de décision pour laisser la place aux seuls administratifs comme nous (et donc, pour certaines crises d’ampleur, le politique doit bien prendre une décision) et, d’autre part, même si ce serait souhaitable, j’ai du mal à croire que toutes les situations de crises urgentes aient toutes été imaginées, anticipées et préparées. Ce serait idéal, mais j’en doute.

Mais pour revenir à la citation du début, et quelle que soit sa réalité, elle illustre avant tout un immobilisme complet. Que Henri Queuille ait vraiment prononcé cette phrase, ou une variante, il avait bien une réputation d’immobilisme, d’absence de décision politique, qu’il y ait urgence ou pas. C’est là où je ne suis pas d’accord ; que le politique ne doive pas s’emballer et doive décider à froid, bien évidemment ; qu’il ne doive rien décider et laisser faire le temps, non.

Et pour finir, oui, la médiatisation et l'emballement est une plaie. Elle est certainement accrue par les temps qui courent mais l'envie de décider de suite, à chaud, n'est clairement pas le monopole des politiques, ni suscité par la seule présence médiatique. Combien de fois j'ai vu des collègues s'empresser de vouloir décider, trancher un sujet, sans prendre un peu de temps pour réfléchir et analyser.


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