Nous sommes actuellement le 10 Déc 2019 4:06

Le fuseau horaire est UTC+1 heure




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 20 message(s) ]  Aller vers la page 1, 2  Suivant
Auteur Message
Message Publié : 21 Nov 2004 11:50 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 07 Mai 2004 17:04
Message(s) : 403
Localisation : Picardie
J'ai toujours été intéressé par le parcours de cette famille : suite de barons et de "princesses" présents à tous les évènements des XI, XII, XIII et XIVémes siècles. Les Simon et les Amaury alternent avec une régularité de métronome et des instincts belliqueux comme dénominateur commun. Aucun épithète savoureux ne vient relever cet enchaînement. Pas de Fier à Bras ici, ni d'Eveille Chiens, de Réchin, de Fainéant ou de Tête d'Etoupe, pas non plus de Barbe Torte, de Grise Gonelle, de Longue Epée, de Jambe Pourrie ou de Tricheur. A part un Chauve et un Cruel, seulement des Simon et des Amaury, des Guy et des Jean pour les cadets et, pour les filles, des Bertrade, des Isabelle et des Alix.

Après une première apparition au XIéme siècle grace à Bertrade, épouse non reconnue du roi Philippe 1er (leur union vaut un bras de fer de 12 ans entre la papauté et le roi, bras de fer entre pouvoir spirituel et temporel qui aboutit à un interdit pour le royaume de France et à la victoire du premier) , leur nom est projetté sur le devant de la scène à l'aube du XIII éme siècle, par Simon IV qui, par le truchement de la croisade contre les Cathares, s'est taillé un comté immense au détriment du Comte de Toulouse Raymond VI. Les hommes d'église qui l'ont placé à la tête de l'expédition se sont lourdement trompés en ne voyant en lui que l'énergique soudard indispensable pour venir à bout des nids d'aigle pyrénéens. Le légat Arnaud Amaury, l'auteur putatif du détestable "Tuez les tous, Dieu reconnaitra les siens !" comprendra trop tard l'âpre ambition de l'homme. Rapidement maître du pays, le riche baron d'Ile de France est devenu un personnage incontournable. Montfort rivalise désormais avec Saint Gilles. Mais, si suivi seulement de son épouse, de son frère, des ses fils et d'une trentaine de chevaliers, Simon a triomphé de la nobesse du pays d'Oc et du Roi d'Aragon, il a, par sa brutalité, cristallisé sur sa personne les ressentiments du peuple sur lequel il escomptait régner. Il est curieux de constater qu'un demi-siècle plus tard, en d'autres lieux, son troisième fils, Simon, Comte de Leicester, vivra une situation totalement inverse. Le 25 juin 1218, celui dont le seul nom provoquait des frémissements dans les rangs adverses trébuche. Un boulet expédié par delà les remparts de Toulouse met le point final d'une existence vouée aux campagnes militaires...

De l'aventure toulousaine, la descendance de Simon le Cruel ne retire rien, sinon une "certaine " notoriété. Héritier à 20 ans de terres ingouvernables, Amaury se distingue dans cette tribu de boutefeux par sa bonhomie. Faute de moyens, il cède ses droits au roi de France Louis VIII, sympathise avec Raymond VII et se satisfait de sa baronnie de Montfort-l'Amaury où sont enterrés ses ancêtre, son père et son frère Guy. Devenu connétable de France, il agit de la même manière , vassal complaisant, et, à la demande de Blanche de Castille, renonce au Comté de Leicester au profit de son frère survivant : Simon. Membre actif de la croisade de Thibaud le Chansonnier, le "Public-Relation" de la dynastie s'éteint à Orante en 1241.

Après l'échappée de Simon IV, les Montfort ont reculé d'un cran et regagné leur place. Provisoirement, car d'autres ambitieux vont bientôt se manifester : Simon de Leicester, bien sur, mais aussi deux homonymes, deux Philippe de Montfort, le père et le fils.

Nous verrons leurs trajectoires, si vous le voulez bien, dans de prochains posts.

_________________
"Dieu, je te prie que tu fasses aujourd'hui pour La Hire autant que tu voudrais que La Hire fit pour toi s'il était Dieu et que tu fusses La Hire !"


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 21 Nov 2004 14:11 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote

Inscription : 17 Nov 2004 22:33
Message(s) : 5
Localisation : Paris
Robert Courteheuse a écrit :
Nous verrons leurs trajectoires, si vous le voulez bien, dans de prochains posts.


Avec grand plaisir... :D

_________________
On reconnaît un génie au fait que tous les imbéciles se liguent contre lui (Johnathan Swift)


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 21 Nov 2004 14:56 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 07 Mai 2004 17:04
Message(s) : 403
Localisation : Picardie
2-Deux Philippe avant Simon de Leicester...

... Si la branche ainée de la famille n'a pu se maintenir dans le Languedoc, la cadette, dont le chef est Guy de Montfort, seigneur de la Ferté Allais, s'est installée à Castres, cadeau de Simon IV à son frère. De la lignée, les deux Philippe qui lui succèdent possèdent la vaillance, la volonté et l'esprit d'initiative. Ils sont également animés du même irrépressible besoin de s'en aller régner loin de leur terre natale. Philippe 1er profite de la croisade de Thibaud le Chansonnier pour dénicher une héritière à épouser....

Lors de la charge héroïque et suicidaire du Comte de Bar à Gaza, épisode sanglant de la croisade, il s'est défilé. Son cousin, le connétable Amaury VII, élevé dans l'impétueux esprit de la chevalerie qui préfigure Crécy et Azincourt, n'a pas eu ce prosaïque réflexe de survie. Dix huit mois de captivité, les mauvais traitements et la mort dans les jours qui suivent la libération sanctionnnent sa bravoure. Philippe, quant à lui, commence son ascencion. Un caractêre se devine derrière cela.

Seigneur du Toron en 1240, il enlève, par un jeu de manoeuvres habiles, la principauté de Tyr aux impériaux du Maréchal Filangheri ainsi qu'au naïf Raoul de Soissons, régent fantôche nommé par ses soins pour servir ses intérêts. Fort du soutien de Balian d'Ibelin et du poête Philippe de Novare, le neveu de Simon IV a rapidement grimpé dans l'organigramme du royaume latin de Jérusalem privé de roi. Sans trop lever l'épée, Philippe de Montfort, devenu Philippe de Tyr, s'est affirmé comme un seigneur indépendant, indifférent du pouvoir central que sa puissance éclipse. Toute proportion gardée : une sorte d'Hugues le Grand à l'heure du crépuscule Carolingien, personnage plus influent que son suzerain mais néanmoins toujours vassal. Jusqu'en 1270, son pouvoir ira croîssant.

Son fils ainé, seigneur de Castres dès 1240, ne lui cède en rien. Commandant des forces provençales lors de la bataille de Bénévent en 1266, sa vigoureuse intervention assure à Charles d'Anjou la couronne de Sicile. En récompense, outre des domaines immenses, il en reçoit le titre de vice-roi.

Ainsi, en cette seconde moitié du XIIIéme siècle, les Montfort accèdent aux plus hautes dignités par des cheminements personnels : Simon de Leicester, régent d'Angleterre, détient en ses geôles les quatre derniers Plantagenêt susceptibles de s'opposer à ses volontés, Philippe de Tyr, remarquable intriguant, marie ses fils Jean et Onfroi aux héritières virtuelles du royaume de Jérusalem et Philippe de Castres se trace une carrière toute de loyauté, de bravoure et d'honneur dans le sillage du fils le plus remuant de Blanche de Castille. Tous trois, installés sur la deuxième marche du podium espèrent la consécration pour eux ou leur descendance. Cette consécration qui, fin XIéme (mais il n'en ont certainement pas conscience), a échappé aux enfants de Bertrade, fils et filles de roi mais non reconnus comme tels. La chute brutale et prévisible de Simon en 1265 précèdera de cinq ans la fin tragique et prématurée des deux Philippe.

(à suivre...)

_________________
"Dieu, je te prie que tu fasses aujourd'hui pour La Hire autant que tu voudrais que La Hire fit pour toi s'il était Dieu et que tu fusses La Hire !"


Dernière édition par Robert Courteheuse le 29 Nov 2004 20:29, édité 1 fois.

Haut
 Profil  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 21 Nov 2004 21:37 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 23 Mai 2002 23:54
Message(s) : 601
Localisation : N France / Haute-Normandie / Seine-Maritime / Rouen
Bonsoir cher duc,

Pourriez vous m'en dire plus sur le rôle de Philippe dans la bataille de Benevent ? Tout renseignements me seraient utiles. Merci d'avance.

_________________
Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage, l’Art est long et le Temps est court.

Charles Baudelaire


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 21 Nov 2004 22:31 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote

Inscription : 20 Nov 2004 20:40
Message(s) : 10
Localisation : Europe
Carissimi fratello,

Vous insistez à juste titre sur l'ascension de la la famille de Montfort, quoique la datant surtout de la 2ème moitié du 13ème siècle.

Dans les faits, elle a commencé plus tôt s'il on tient compte d'une perspective peu connue touchant au terrible Simon, celui du Comté de Toulouse.

Vous vous souvenez des tracas que nous a causés l'irascible roi John d'Angleterre, dit Landless, suite à l'élection contreversée de l'archévêque de Canterbury : notre Saint Père a été obligé de l'excommunier au début de 1208.

Or l'excommunication est une arme terrible, qui frappe toute une nation et non seulement son souverain : plus de sacrements, plus de messes, et donc plus de mariages, plus d'enterrements ...

Le peuple et les barons, traumatisés, ont donc envisager de déposer John. Et à qui croyez vous que les barons aient pensé ? Au plus admiré d'entre eux, le comte de Leicester, alias Simon de Montfort, auréolé de sa campagne éclair du Midi. Des tractations ont donc été entreprises au début de 1210, qui auraient pu conduire Simon au trône d'Angleterre - d'autant que c'est un moment où Simon avait pratiquement perdu tous ses effectifs en Languedoc, et pouvait légitimement penser à une nouvelle carrière.

Mais son épouse la comtesse est sur ces entrefaites revenue du nord avec un nouveau contingent. Le siège de Minerve pouvait commencer, et la dynastie Plantagenêt était momentanément sauvée.

John sera finalement reversé six ans plus tard et les barons porteront le propre fils du Roi de France, le jeune Louis, sur le trône d'Angleterre - un fait curieusement peu connu par vous autres, Francesi del futuro.

_________________
sotto Dio ma sopra gli uomini


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 22 Nov 2004 16:36 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 10 Juil 2002 10:44
Message(s) : 684
Localisation : N Belgique / Liège / Province de Liège / Wallonie
Un fils de roi de France sur le trône anglais, je ne vois pas réellement à quoi tu fais allusion :?:

_________________
"La culture de la pomme de terre est un témoin géographique de la découverte de l'Amérique, comme celle de la betterave est une conséquence du Blocus continental"
* L.-E. Halkin


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 22 Nov 2004 17:55 
Bonjour,

C'est Louis VIII le Lion, le fils de Philippe Auguste, qui fut appelé au trône Anglais. Cependant, Louis va subir une défaite à Lincoln en 1217 et, ainsi, ne pourra s'emparer du trône. Le fameux Guillaume le Maréchal n'y est malheureusement pas étranger..

A+


Haut
  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 22 Nov 2004 17:59 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 23 Mai 2002 23:54
Message(s) : 601
Localisation : N France / Haute-Normandie / Seine-Maritime / Rouen
Désolé, j'ai oublié de me connecter :?

Citer :
Bonjour,

C'est Louis VIII le Lion, le fils de Philippe Auguste, qui fut appelé au trône Anglais. Cependant, Louis va subir une défaite à Lincoln en 1217 et, ainsi, ne pourra s'emparer du trône. Le fameux Guillaume le Maréchal n'y est malheureusement pas étranger..

A+

_________________
Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage, l’Art est long et le Temps est court.

Charles Baudelaire


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 22 Nov 2004 20:01 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 07 Mai 2004 17:04
Message(s) : 403
Localisation : Picardie
Cardinale Ugolino a écrit :
Carissimi fratello,

Vous insistez à juste titre sur l'ascension de la la famille de Montfort, quoique la datant surtout de la 2ème moitié du 13ème siècle.

Dans les faits, elle a commencé plus tôt s'il on tient compte d'une perspective peu connue touchant au terrible Simon, celui du Comté de Toulouse.

.


Merci pour l'attention que vous avez portée à mes propos. Si j'ai abordé l'ascension de la famille des Montfort par l'épisode albigeois, c'est que je tenais par commencer par l'évènement le plus connu (et certes pas le plus glorieux) qui touche cette famille. Mon "exposé", vous l'aurez noté, n'est pas linéaire et ne suit pas un ordre chronologique rigoureux. Dans les prochains posts, je reviendrais donc sur des périodes antérieures à la croisade albigeoise.

Mais votre commentaire est le bienvenu ( comme tous les autres commentaires) : il porte sur un épisode que je connaissais mais sur lequel je n'avais pas prévu de m'attarder et de plus, il annonce à sa façon la destinée de Simon de Leicester. Et puis quel style plaisant que le votre, Caro Cardinale !

_________________
"Dieu, je te prie que tu fasses aujourd'hui pour La Hire autant que tu voudrais que La Hire fit pour toi s'il était Dieu et que tu fusses La Hire !"


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 23 Nov 2004 18:01 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 07 Mai 2004 17:04
Message(s) : 403
Localisation : Picardie
C.Douville a écrit :
Bonsoir cher duc,

Pourriez vous m'en dire plus sur le rôle de Philippe dans la bataille de Benevent ? Tout renseignements me seraient utiles. Merci d'avance.


...Merci cher Douville de me rendre mon titre et, s'il vous plait, si dans vos récits de bataille, il vous prenait l'envie de raconter Tinchebrai, dites combien j'y fus brave et que seule la trahison eut raison de ma vaillante épée....

A propos de la bataille de Bénévent (ou Benevento), Voilà les éléments dont je dispose. Une précision : il est fait mention de Guy de Montfort. Même si un Guy de Montfort (fils de Comte de Leicester) participera à la campagne angevine, il s'agit en fait de Philippe de Montfort (d'autres sources en font état)... Les erreurs portent sur les noms (ainsi Robert de Flandres au lieu de Robert de Béthune) mais non sur le compte-rendu du déroulement de la bataille.

Aussi ni l'un ni l'autre ne faillirent à leur renommée ni à leur destin. Charles d'Anjou, en apercevant les soldats de Manfred, se retourna vers ses chevaliers et dit : - Comtes, barons, chevaliers et hommes d'armes, voici le jour que nous avons tant désiré : donc, au nom de Dieu et de notre saint-père le pape, en avant !

Et alors il fit quatre brigades de sa cavalerie ; la première, qui était de mille chevaliers français commandés par Guy de Montfort et le maréchal de Mirepoix ; la seconde, qui était de neuf cents chevaliers provençaux et des auxiliaires romains, qu'il se réserva de mener lui-même ; la troisième, qui était de sept cents chevaliers flamands, brabançons et picards, et qui fut mise sous les ordres de Robert de Flandre et de Gilles Lebrun, connétable de France ; enfin la quatrième, qui se composait de quatre cents émigrés florentins, vieux débris de Monte-Aperto, et que conduisait Guido Guerra, cet éternel ennemi des Gibelins.

Lorsque Manfred aperçut de son côté les troupes françaises, il s'arma, à l'exception de son casque, dont il attacha lui-même le cimier, qui était un aigle d'argent, afin de n'avoir plus qu'à le mettre sur sa tête ; puis, montant à cheval, il s'avança au milieu de ses capitaines en disant : - Comtes et barons, c'est ici qu'il me faut vaincre en roi ou mourir en chevalier, quoique ce ne soit pas l'avis de quelques-uns de vous, je le sais ; je ne ferai donc pas un pas pour éviter la bataille. Appareillez-vous sans plus tarder, car voici les Français qui viennent à nous !

Et au même instant il disposa son armée en trois brigades : la première de douze cents chevaux allemands commandés par le comte Giordano Lancia, et la troisième de quatorze cents chevaux apuliens et sarrasins, dont il se réserva le commandement pour lui-même. - On voit que, pour l'un et l'autre parti, les historiens ne font aucun compte de l'infanterie. - Le fleuve Calore, qui coule devant Bénévent, séparait les deux armées.

Au moment où Manfred prit ses dispositions pour soutenir la bataille et où il devint évident pour les Français qu'ils allaient en venir aux mains avec leurs ennemis, le légat du pape monta sur un bouclier que quatre hommes élevèrent sur leurs épaules ; puis il bénit Charles d'Anjou et ses chevaliers, donnant à chacun l'absolution de ses péchés ; et tous la reçurent à genoux, comme devaient le faire des soldats du Christ et des défenseurs de l'Eglise.

Les Français s'avancèrent vers la rivière avec lenteur et précaution, car ils ignoraient par quel moyen ils pourraient la franchir, lorsqu'ils virent les archers sarrasins qui leur en épargnaient la peine en la traversant eux-mêmes et en venant au-devant d'eux. Ces archers sarrasins passaient, avec les anglais, pour les plus adroits tireurs de la terre, et ils étaient bien autrement légers et rapides que ceux-ci. Aussi l'infanterie française, mal armée, sans cuirasses, et ayant à peine quelques jaques rembourrées ou quelques casques en cuir, ne put-elle tenir contre la nuée de flèches que les voltigeurs arabes firent pleuvoir sur elle, et se retira-t-elle en désordre. Alors Guy de Montfort et le marechal de Mirepoix, craignant que cet échec n'ébranlât la confiance du reste de l'armée, fondirent sur les archers avec la première brigade, en criant : Montjoie, chevaliers ! Les archers n'essayèrent pas même de résister à cette avalanche de fer qui roulait sur eux ; ils se dispersèrent dans la pleine, fuyant, mais tirant toujours. Les chevaliers français, ardents à leur poursuite, commencèrent à se débander ; alors le comte Galvano, qui commandait la première brigade, pensant que le moment était venu de charger cette troupe en désordre, leva sa lance en criant : Souabe, Souabe, chevaliers ! et descendant à son tour dans la plaine, vint donner dans le flanc de la brigade française, qu'il coupa presque en deux. Mais aussitôt le comte de Galvano se vit chargé lui-même par Guide Guerra et ses Guelfes ; en même temps le cri : Aux chevaux, aux chevaux ! circula dans les brigades française et florentine. Les chevaliers de Charles d'Anjou commencèrent à frapper les animaux au lieu de frapper les hommes : les chevaux, moins bien armés que les cavaliers, se renversèrent les uns sur les autres ; le trouble commença de se mettre parmi les cavaliers allemands. La seconde brigade de Manfred, commandée par le comte Giordano Lancia, et composée de Toscans et de Lombards, vint à leur secours : mais leur charge, mal dirigée. rencontra les Allemands qui commençaient à fuir, et, au lieu de rétablir le combat, ne fit qu'augmenter le désordre. En ce moment, Charles d'Anjou fit passer l'ordre à sa troisième brigade de donner. Les Allemands, les Lombards et les Toscans de Manfred se trouvèrent presque enveloppés : au milieu de tout cela, on reconnaissait les Guelfes, qui, ayant à venger la défaite de Monte-Aperto, faisaient merveille et frappaient les plus rudes coups. Les archers sarrasins étaient devenus inutiles, car la mêlée était telle que leurs flèches tombaient également sur les Allemands et sur les Français. Manfred pensa qu'il ne fallait rien moins que sa présence et celle des douze cents hommes de troupes fraîches qu'il s'était réservés pour rétablir la bataille, et ordonna à ses capitaines de se préparer à le suivre. Mais, au lieu de le seconder, les barons de la Pouille, le grand-trésorier comte de la Cerra et le comte de Caserte tournèrent bride et s'enfuirent, entraînant avec eux neuf cents hommes à peu près. C'est alors que Manfred vit que l'heure était venue, non plus de vaincre en roi, mais de mourir en chevalier : ayant regardé autour de lui, et voyant qu'il lui restait encore environ trois cents lances, il prit son casque des mains de son écuyer ; mais, au moment où il le posait sur sa tête, l'aigle d'argent qui en formait le cimier tomba sur l'arçon de sa selle. - C'est un signe de Dieu, murmura Manfred ; j'avais attaché ce cimier de mes propres mains, et ce n'est point le hasard qui le détache. N'importe ! en avant, Souabe, chevaliers ! - Et, abaissant sa visière et mettant sa lance en arrêt, il alla donner dans le plus épais de l'armée française, où il disparut, n'ayant plus rien qui le distinguât des autres hommes d'armes. Bientôt la lutte s'affaiblit de la part des Allemands. Les Toscans et les Lombards lâchèrent pied ; Charles d'Anjou, avec ses neuf cents chevaliers provençaux, se rua sur ceux qui tenaient encore ; les Gibelins, sans chef, sans ordres, appelant Manfred qui ne répondait pas, prirent la fuite ; les vainqueurs les poursuivirent pêle-mêle et traversèrent Bénévent avec eux. Nul n'essaya de rallier les vaincus, et en un seul jour, en une seule bataille, en cinq heures à peine, la couronne de Naples et de Sicile échappa aux mains de la maison de Souabe et roula aux pieds de Charles d'Anjou.

Les Français ne s'arrêtèrent que lorsqu'ils furent las de tuer. Leur perte avait été grande, mais celle des Gibelins fut terrible. Pierre des Uberti et Giordano Lancia furent pris vivants ; la soeur de Manfred, sa femme Sibylle et ses enfants, furent livrés et s'en allèrent mourir dans les cachots de la Provence ; enfin cette belle armée, si pleine de courage et d'espoir le matin, semblait s'être évanouie comme une vapeur, et il n'en restait que les cadavres couchés sur le champ de bataille.

Pendant trois jours on chercha Manfred, car la victoire de Charles d'Anjou était incomplète si l'on ne retrouvait Manfred mort ou vif. Pendant trois jours on examina un à un les chevaliers qui avaient été tués ; enfin un valet allemand le reconnut, mit son cadavre en travers sur un âne, et l'amena à Bénévent, dans la maison qu'habitait Charles ; mais, comme Charles ne connaissait pas Manfred, et craignait qu'on ne le trompât, il ordonna de coucher ce cadavre tout nu au milieu d'une grande salle, puis il appela près de lui Giordano Lancia. Pendant qu'on obéissait à son ordre, Charles tira une chaise près du cadavre et s'assit pour le regarder ; il avait deux larges et profondes blessures, l'une à la gorge et l'autre au côté droit de la poitrine, et des meurtrissures par tout le corps, ce qui indiquait qu'il avait reçu un grand nombre de coups avant de tomber.

_________________
"Dieu, je te prie que tu fasses aujourd'hui pour La Hire autant que tu voudrais que La Hire fit pour toi s'il était Dieu et que tu fusses La Hire !"


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 24 Nov 2004 0:03 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 23 Mai 2002 23:54
Message(s) : 601
Localisation : N France / Haute-Normandie / Seine-Maritime / Rouen
Bonjour cher duc,

Merci pour le récit de Benevent. Je vous ai demandé d'éventuels renseignements sur cette fameuse bataille à cause de certaines choses étranges qui ressortent des relations. Par exemple, dans certains récits, à l'instar du votre, on donne les Provençaux au centre et sous le commandement de Charles d'Anjou, tandis que les Français (Angevins et Manceaux) sont sous le maréchal de Mirepoix et de Montfort. Cependant, dans d'autres relations, notamment celle de Mr Boisson-de-la-Salle (dans son essai sur les comtes de Provence, disponible sur Gallica), on aurai les Français au centre et sous Charles d'Anjou, tandis que les Provençaux seraient à droite sous Mirepoix et Montfort. Dès lors, c'est une véritable prise de tête..

La bataille de Tinchebray, je connaît effectivement quelques détails. La rencontre opposa Robert, duc de Normandie, à une armée coalisée comprenant les troupes d'Henri 1er, roi d'Angleterre, et d'Hélie de la Flèche, comte du Maine. Le destin, parfois étrange, voulu que deux des trois fils de Guillaume le conquérant s'affrontent sur un champ de bataille, deux frères..

Le début de la bataille opposa uniquement les deux frères, c'est-à-dire Henri et Robert. Henri avait avec lui des mercenaires Français et Anglais, tandis que Robert commandait une solide troupe de chevaliers Normands s'étant plusieurs fois illustrés pendant les victoires de la croisade (Dorylée, Antioches, Ascalon) et qui se trouvaient donc expérimentés. Au début de la bataille, c'est Robert qui prend logiquement l'avantage. Suite à une brillante charge, les Normands enfoncent les troupes Franco-Anglaises d'Henri. Cependant, alors que Robert est à deux doigts de remporter une victoire, Hélie de la Flèche, comte du Maine, crée la surprise en venant attaquer les Normands de Robert par le flanc avec un puissant corps de 5000 chevaliers Manceaux, Angevins et Bretons. Attaqués de flanc, épuisés par les combats qu'ils ont livré aux troupes d'Henri, en infériorité numérique, les Normands sont abattus les uns après les autres. Robert et ses Normands se battront pourtant comme des lions, mais bientôt la résistance Normande s'éteignit et Robert fut fait prisonnier.

A+

_________________
Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage, l’Art est long et le Temps est court.

Charles Baudelaire


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 24 Nov 2004 20:20 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 07 Mai 2004 17:04
Message(s) : 403
Localisation : Picardie
3-Simon de Leicester : 1ère partie-L'ascension

Né en 3éme position, Simon ne reçoit aucun apanage à sa majorité. Alors il se met en quête d'héritières à épouser : Comtesse de Flandres d'abord puis de Boulogne. Blanche de Castille, qui sait juger les hommes, contrecarre un à un ses projets (d'ailleurs Blanche a d'autres visées pour la Comtesse de Boulogne : son neveu préféré Alphonse de Portugal, celui-là même qui me sert d'avatar... et qui répudiera vite fait sa vieille épouse quand se profilera la perspective de voler le trône du Portugal à son frère Sanche). Que ce jeune rapace aille rôder ailleurs, loin d'un royaume de France qui goûte sa plénitude au lendemain de Bouvines. Nullement découragé, Simon quitte la France faire valoir ses droits sur le Comté de Leicester et en profite pour épouser Aliénor, la jeune soeur du roi d'Angleterre Henri III. Le mariage provoque un scandale : à la mort de son premier époux, Guillaume le Maréchal, chevalier parmi les chevaliers, héros de cent tournois, l'imprudente Aliénor, alors âgée de 16 ans, avait fait voeu de chasteté. Mais Simon passe outre; la belle est consentante, le Pape lévera le voeu et les rumeurs finiront bien par s'apaiser. Et puis, il est de coutume dans la famille de séduire. Déjà, à la fin du XIéme siècle, Isabelle de Montfort avait affolé le duché de Normandie, par son charme, sa gaieté, son esprit. Et la jalousie d'Hélvise, la Comtesse d'Evreux, ajoutée aux railleries d'Isabelle à son endroit, avait entrainé la guerre dite des Belles Dames. Plus d'un chevalier s'en était allé rejoindre le clan d'Isabelle pour le plaisir de chevaucher à ses côtés, véritable Amazone, portant cuirasse et brandissant l'épée au milieu de ses troupes. Après, bien sur, il y avait eu la plus jeune soeur d'Isabelle, Bertrade, fruit des amours romantiques de Simon 1er et d'Agnès (qu'on y songe : un rapt consenti par une nuit sans lune), la lumineuse Bertrade, qui avait tour à tour subjugué le Comte d'Anjou et le Roi Philippe....

En 1248, Simon de Leicester obtient la charge de gouverneur d'Aquitaine.. en attendant. Car, mécontents d'un roi indolent tout à l'écoute de favoris provençaux outrecuidants, les grands barons d'Angleterre, les Bigod, les Bohun, les Mortimer, les Clare, veulent une âme forte à leur tête. Simon, qui a passé la quarantaine, se pose en chef, s'élève contre son beau-frère, lui impose sa volonté. Un répit s'instaure. Henri écoute un temps la voix de la raison puis les mauvais démons reviennent et avec eux le convoi de vexations et de spoliations. Le roîtelet tremble devant Simon mais il tremble davantage devant la reine et ses protégés. Les barons et le peuple, pour l'heure unis, grondent d'indignation. En 1264, à la tête des insurgés, Simon déboute les armées royales à Lewes. A genoux, le fils de Jean Sans Terre signe toutes les chartres qu'on lui présente. Le Parlement d'Angleterre vient de naître. Une nouvelle forme de gouvernement est instaurée, avec assemblée consultative et triumvirat pour l'exécutif. De ce triumvirat se dégage la haute stature du Comte de Leicester.

(A suivre...)

_________________
"Dieu, je te prie que tu fasses aujourd'hui pour La Hire autant que tu voudrais que La Hire fit pour toi s'il était Dieu et que tu fusses La Hire !"


Dernière édition par Robert Courteheuse le 29 Nov 2004 20:26, édité 1 fois.

Haut
 Profil  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 24 Nov 2004 21:54 
Hors-ligne
Thucydide
Thucydide

Inscription : 22 Oct 2004 7:54
Message(s) : 52
Je connais un descendant si vous voulez il pourra venir ici!

(cette famille nous a chassé de nos terres lol)


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 28 Nov 2004 11:12 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 07 Mai 2004 17:04
Message(s) : 403
Localisation : Picardie
4-Simon de Leicester : 2éme partie-La chute

Pendant 1 an l'Angleterre est ainsi administrée avant que les intérêts jouent et que les défections se fassent dans les rangs des Barons. Isolé, Simon s'allie avec LLewelyn, le rebelle Gallois. Alliance mal perçue. Une erreur...

Henri III avait un fils d'une toute autre trempe : Edouard. Ce géant ne pouvait tolérer de rester dans l'ombre. Surtout qu'il y a urgence : le Montfort vise à le déposséder de sa couronne. Avec son oncle Richard de Cornouailles et son cousin Henry d'Allemagne, Edouard organise la rebellion contre le despote.

A bien y réfléchir, les intrigues du Comte de Leicester sont une aubaine pour Edouard. Non seulement l'adversaire est de taille et à se mesurer à ce stratège, avec le temps pour allié, Edouard ne peut que progresser. Mais encore, son tempérament volcanique trouve un exutoire dans cet affrontement. S'il n'était resté que le prince héritier, le fils du pâle Henri III, Edouard n'aurait jamais eu le charisme que lui reconnaitront ses partisans après sa victoire contre le madré Montfort. Son triomphe à Evesham, en 1265, le consacra, avant même qu'il ne règne, comme le grand roi anglais du XIII éme siècle. Il semble même que son avènement marque une rupture dans la généalogie des Plantagenêt. Jean Sans Terre, de sinistre mémoire, et Henri III n'avaient pas sa force de caractère ni son incroyable courage physique. L'Histoire établit une autre filiation, toute spirituelle. Winston Churchill : "Quant à l'influence qu'il (le Comte de Montfort) eut sur son neveu, le nouveau roi Edouard, elle fut tout aussi déterminante et capitale car le souverain ne se fit pas faute de s'inspirer des idées de l'homme qu'il avait lui-même abattu... Avec Edouard 1er, le grand Comte Simon de Montfort trouva son successeur, son héritier véritable."

Les dernières paroles du Comte de Leicester paraissent sorties de l'acte final d'une pièce de Shakespeare. Apercevant les troupes de son jeune rival venir vers lui dans un ordre parfait et selon une cadence étudiée, le Comte de Leicester, un temps abusé par les bannières de son fils Simon qu'Edouard déploie ostensiblement, se retourne vers les siens et s'écrie : "Par le bras de St Jacques, ils ont profité de nos leçons; Dieu ait pitié de nos âmes, car nos corps sont à eux." Nuançons cette noblesse : on lui prête aussi l'idée de placer le vieux roi Henri, son prisonnier, au premier rang de son armée sans signe distinctif, afin qu'il périsse sous les assauts des troupes royales...

Après le combat, la dépouille du Comte de Leicester sera découpée en morceaux et jetée aux chiens, sa tête tranchée d'abord exhibée au bout d'une pique sera offerte à Roger Mortimer qui l'avait réclamée pour la présenter à son épouse.

_________________
"Dieu, je te prie que tu fasses aujourd'hui pour La Hire autant que tu voudrais que La Hire fit pour toi s'il était Dieu et que tu fusses La Hire !"


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
 Sujet du message :
Message Publié : 05 Déc 2004 11:49 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 07 Mai 2004 17:04
Message(s) : 403
Localisation : Picardie
5-Retour aux deux Philippe

Quand Simon de Leicester meurt, Philippe de Castres a à peine amorcé son ascencion - la bataille de Bénévent se déroule en 1266 - et Philippe de Tyr en est lui au faîte... Mais 5 ans après Evesham, les 2 Philippe disparaissent à leur tour. La même année, en 1270, Philippe de Castres s'éteint assez obscurément, usé par les campagnes militaires et les maladies qui les accompagnent, et Philippe de Tyr périt assassiné. Extrait de "L'Histoire des Croisades" de René Grousset :

" Baïbars l'Arbalétrier * contacte le Grand Maître des Assassins auquel il a rendu service en exonérant la secte du tribut payé aux Hospitaliers. Aussitôt, deux Ismaïliens, déguisés en guerriers arabes, se rendent à Tyr, demander le baptême. Philippe de Montfort les reçoit, accepte d'être le parrain de l'un d'eux. Or, un valet du Comte découvre dans leurs bagages un couteau enduit de venin enveloppé d'un drap. Mais ce valet, un chretien d'origine syrienne, se laisse acheter par les deux exécuteurs et se tait. Le dimanche 17 aôut 1270, dans la chapelle de la forteresse de Tyr, les deux assassins se présentent devant Philippe et lui plantent leurs poignards en pleine poitrine. Puis ils se jettent sur Jean de Montfort en oraison près du choeur. Le jeune homme s'échappe tandis que Guillaume de Picquigny (tiens un Picard...) désarme les meutriers. Mortellement frappé, Philippe trouve l'énergie de se traîner jusqu'à la porte et, appuyé au chambranle, d'appeler au secours. Il rend l'âme en remerciant Dieu d'avoir épargné son fils."

* Ce Turc de Russie aux yeux bleus, à la stature gisgantesque, avait débuté sa carrière sur un marché à esclaves de Crimée. Il la poursuivit sur le trône d'Egypte grâce à une série d'assassinats. Il ne limitait pas sa haine au Comte de Tyr, écueil pour son entreprise de reconquête. La race franque entière lui faisait horreur comme plus tard ses conseillers et son entourage. Ce guerrier la force surhumaine ne trouva d'adversaire à sa mesure qu'en lui-même. Il s'empoisonnera en goûtant par mégarde un plat qu'il destinait à une future victime.

(A suivre...)

_________________
"Dieu, je te prie que tu fasses aujourd'hui pour La Hire autant que tu voudrais que La Hire fit pour toi s'il était Dieu et que tu fusses La Hire !"


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Afficher les messages publiés depuis :  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 20 message(s) ]  Aller vers la page 1, 2  Suivant

Le fuseau horaire est UTC+1 heure


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 4 invité(s)


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas insérer de pièces jointes dans ce forum

Recherche de :
Aller vers :  





Propulsé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction et support en françaisHébergement phpBB