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Message Publié : 08 Juin 2006 18:42 
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Polybe
Polybe

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Voila, j'aurais besoin de votre avis. Je rédige actuellement mon mémoire (la reine : pouvoirs et représentation, en france, XIV-XVe siècle), et une de mes sous partie traite de la cour de la reine.
Si je vous la poste ici, c'est parce que j'ai suivi les conseil d'un membre de passion histoire, qui disait de faire lire mon mémoire a une autre personne afin de voir si mes propos étaient clairs (cf. "les études", sujet sur les mémoires)
J'ai donc fait lire cette partie à un de mes collègue d'histoire, qui m'a dit que l'hypothèse que j'avanceais sur la cour de la reine n'était absolument pas fondée et que je ne pouvais me permettre de dire une chose pareil et que d'ailleurs c'était limite hors sujet... Pouvez vous me dire ce que vous en pensez ??? merci beaucoup !

1. La reine et sa cour

Tout comme le roi, la reine possède sa propre « cour ». Bien sur, à la fin du XIVe siècle, ou même au XVe siècle, l’utilisation du mot « cour » est un anachronisme, puisque ce phénomène de regroupement des grands autour de la figure royale, cette centralisation du pouvoir, apparaît en France avec le règne de François Ier, qui débute en 1515, et atteint son apogée sous celui de Louis XIV, dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Dans notre étude, ce terme n’a pas le même sens ; il ne s’agit pas de rassembler les personnalités importantes dans un même lieu, d’ailleurs, la famille royale ne vit pas encore dans un château attitré, et il ne désigne pas non plus tout le faste, l’étiquette, les manières, qui se développent à partir du XVIe siècle, dans cet organe du pouvoir. Il s’agit de montrer que la reine, tout comme le roi, est entourée d’un hôtel : elle possède ses propres serviteurs, ses fidèles, ses suivantes, mais, sont également présent auprès d’elle, des Grands du royaume, et surtout leurs épouses.
De ses fiançailles jusqu'à son inhumation, la reine n’est jamais seule, aussi bien dans la sphère privée que publique (les deux ne sont d’ailleurs pas différenciés au Moyen-Age). La reine est d’abord entourée, dans sa vie quotidienne d’une multitude de domestique, de tout grade, attaché à sa personne. Malheureusement, les chroniqueurs évoquent rarement leur présence dans leur récit puisque posséder du personnel, est quelque chose de normal pour un roi, ou pour une reine. Nous relèverons tout de même, dans la chronique de Froissart, les exploits, lors d’une joute donnée après le sacre d’Isabeau, « d’ung escuiers de la royne de France, que on appelloit Kouk » et qui recut « le pris des joustes ». Le sens exacte du mot ecuyer est dans ce contexte assez obscur. En effet, au Moyen-Age, l’ecuyer était le jeune noble qui avait pour charge d'accompagner le chevalier à la guerre, de porter son écu, de l'aider à prendre les armes, à se désarmer en attendant que lui-même soit armé chevalier. De plus il n’avait pas le droit de combattre lui-même, lors de duels, batailles ou tournois. Son utilisation ici est donc étrange, puisqu’il ne peut être écuyer de la reine, au même titre que l’écuyer d’un chevalier, puisque la reine ne combat pas. Il s’agit peut être simplement d’un chevalier dévoué à la reine, faisant parti de sa garde personnel. Il serait ainsi baptisé « escuier » puisque portant l’écu, c'est-à-dire, le bouclier. Il s’agit certainement de ce type de garde, que l’on peut voir sur l’enluminure précédente (page 29). Il semblerait que la souveraine détienne les mêmes grands services dans son hôtel, c'est-à-dire, un connétable, un sénéchal, un chancelier, un chambrier, un bouteiller et un panetier . Elle posséderait également des domestiques d'ordre subalterne attachés spécialement à son service, tel que cuisinier, sergent, sommelier, garçons d'écurie, conducteur de char, clerc, chapelain et bien sûr femmes de chambre et dames de compagnie.
Mais la reine, n’est pas uniquement entourée de domestiques et d’officiers. Les Grandes et Grands du royaumes sont également à ses cotés lors des grandes occasions. Ainsi lors du sacre de Jeanne de Bourbon, la comtesse Marguerite d’Artois , pair de France, est présente à chaque étape de la cérémonie. Lorsqu’elle fait son entrée à Paris après son sacre, elle est accompagnée de « la duchesse d'Orliens, femme de Phelippe, duc d'Orliens, oncle du dit roy, la duchesse d'Anjou, femme du dit Loys, duc d'Anjou et madame Marie, suer d'icelui Roy […] et menoit la dite royne par le frain du cheval Monseigneur de Touraine […] frere dudit roy ». On observe le même phénomène lors de l’entrée d’Isabeau de Bavière : « se mirent la roynede France et les deux dames à chemins, la duchesse de Bourgoingne, la duchesse de Berry, la duchesse de Bar, la contesse de Nevers, la dame de Coucy ». Lors de ce cortège, chaque dame possède sa propre litière, conduite par un grand seigneur. Celle de la reine, par exemple, fut conduite par le duc de Touraine et le duc de Bourbon. Ce que l’on remarque d’abord, c’est la tendance à « grouper » les femmes ensemble. Ainsi toutes les épouses ou filles des princes de sang, se retrouvent auprès de la reine. Ce système permet de souligner le prestige de la reine, la première Dame du royaume, se doit d’être entourée des grandes de ce monde. Mais on peut se demander si ce n’est pas ainsi un moyen d’instituer un autocontrôle entre ces dames : elles veillent ainsi les unes sur les autres.
En effet, le fait qu’une reine possède sa propre cour, composée de domestiques et de duchesses et comtesses, à très certainement une double fonction. Bien sur, une femme de rang si élevé doit obligatoirement avoir à son service de nombreux serviteurs. Cela souligne dans un premier temps son rang et le pretige qui en découle. Néanmoins, la reine est elle vraiment maîtresse de sa propre cour ? A vrai dire, il semble qu’elle ne puisse nommer ni révoquer ses gens sans l'autorisation du roi. Finalement, tout ce faste, ce prestige, ne semble être qu’une façade. En réalité, la véritable fonction de la cour de la reine, ne serait-elle pas de garder cette dernière sous surveillance ? La présence des princes de sang, conduisant directement les différents cortèges lors des entrées de Jeanne de Bourbon ou d’Isabeau de Bavière, viendrait d’ailleurs confirmer cette hypothèse. Voilà pourquoi une reine n’est jamais seule, l’enjeu est trop important. Ce qui souligne encore le rôle d’exemplarité de la souveraine : une femme ne doit pas sortir seule, elle doit être discrète et pudique.
Par conséquent, nous avons utilisé sciemment ici le terme de cour et non celui d’hôtel, et ce pour deux raisons. Premièrement parce que la notion d’hôtel n’inclut pas la présence de Grands et Grandes dans l’entourage de la souveraine, mais seulement celui de domestiques et d’officiers. Deuxièmement, on retrouve dans la cour de la reine, une notion de contrainte : elle est sous le contrôle de son entourage. Notion de contrainte qui existe au XVIIe puisque la cour est un système fonctionnant sur l’équilibre des tensions entre nobles et bourgeois. Le roi jouant le rôle d’arbitre, il n’est pas vraiment sous le contrôle de sa cour, mais son autorité dépend d’un équilibre fragile, puisque si l’un des deux prend le pas sur l’autre, son pouvoir risque d’être renversé. Bien que cet équilibre de pouvoir et ce jeu de contrainte soit absent de la cour royal féminine, la notion d’autocontrôle et de surveillance est bien présente, ce que l’on ne retrouve pas dans l’entourage du roi au Moyen-Age. Par conséquent, on peut dire que le roi domine sa cour, alors que la reine est en quelque sorte dominée par celle-ci.


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Message Publié : 08 Juin 2006 18:50 
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Polybe
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Inscription : 16 Nov 2004 17:25
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j'ai modifier la fin, pour rendre plus clair ma comparaison :

Bien que cet équilibre de pouvoir et ce jeu de contrainte soit absent de la cour royal féminine, la notion d’autocontrôle et de surveillance est bien présente. Dans ces deux cours, n’ayant bien sur pas le même fonctionnement, ni le même enjeu, on retrouve une notion de contrainte, notion qui n’existe pas dans l’entourage du roi au Moyen-Age. Par conséquent, on peut dire que le roi domine son entourage, alors que la reine est en quelque sorte dominée par sa cour.


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Message Publié : 09 Juin 2006 19:28 
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Tite-Live
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Inscription : 10 Mars 2006 4:35
Message(s) : 317
C'est, à mon sens, tout à fait dans le sujet. Bon attention, il y a quelques fautes d'orthographe et, par ailleurs, il y a parfait des avancés un peu rapide. En particulier la façon dont est expliqué le fait que la reine n'a pas de pouvoir et que le roi la surveille.
Sinon ça va. Ah, oui juste un truc en plus, la cour est une institution où les pouvoirs interagissent et ça on ne le capte pas.

M.

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Labore Fideque


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