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Message Publié : 03 Fév 2018 22:35 
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Bonjour

Je poste un message ici car je désespère un peu. Je suis à la recherche de texte et documents décrivant des villes à la Renaissance (notamment en Italie ou en France).

J'ai fait pas mal de recherches sur internet déjà. Montaigne ne me fut pas d'une grande utilité même si j'ai au moins quelque chose.

Le but est d'insérer cela dans un EPI "Carnet de Voyage" dans lequel les élèves devront notamment décrire un lieu ou une ville ainsi qu'une coutume.
Voici ce que je recherche principalement :

-Une description de Rome à cette époque.
-Une description d'un lieu de la Renaissance française et d'une coutume française.

Je reconnais que cette requête est ardue, mais certaines spécialistes du coin pourront peut-être m'aider.

Merci par avance.

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Message Publié : 04 Fév 2018 10:09 
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pour Rome il y a beaucoup :

Du Bellay par exemple
https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Antiquit%C3%A9s_de_Rome

Alberti (Leon Battista). Descriptio Urbis Romœ.
http://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_2001_num_79_3_4561_t1_1037_0000_1

On doit sans doute également trouver des descriptions de voyages des années saintes. Ici on aura une année précise

PS: j'aime bien votre signature :wink:

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Message Publié : 04 Fév 2018 10:50 
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Comment n'ai-je pu penser à Alberti ?

Je vous remercie pour vos réponses et je vais étudier cela. ;)

PS : Etonnant, j'étais tombé sur votre site en faisant mes recherches.

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Message Publié : 04 Fév 2018 12:19 
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Jean Froissart
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Bonjour,

Quel âge ont vos élèves et combien de temps auront-ils pour étudier ce sujet ?
S'ils sont au collège ou au lycée, votre projet me parait ambitieux.

Quelle est votre définition de la Renaissance ?
Il semble que vous ne souhaitiez pas faire de séparation entre la Renaissance et les Temps Modernes. Or, on n'a très peu de documents écrits de première main sur la Renaissance, car l'Imprimerie n'était pas encore développée, et quand elle le sera, elle servira surtout à diffuser des textes religieux et antiques, plutôt que des carnets de voyage. Par contre, pour les Temps Modernes, on commence à avoir un peu de documentation, mais ça reste tout de même très succinct, et très éparpillé.

De toutes manière, le cas de Rome entre 1300 et 1700 me semble être beaucoup plus complexe que celui des autres les villes. C'est le sujet piégeux par excellence. Vraiment pas un cadeau pour vos élèves. On peut dire tout et n'importe quoi, et ne pas avoir tort pour autant, car la ville a subi énormément de bouleversements durant ces quatre siècles. Les villes de Venise, Florence, Gènes, Mantoue, furent beaucoup plus stables, et sont nettement plus facile à étudier.

Rien que la démographie de Rome donne une idée de cette transformation immense : 40.000 habitants vers 1300, 150.000 vers 1700. Presqu'une multiplication par quatre.

La petite description donnée sur un autre fil, rappelle bien l'état misérable de cette ville au Moyen Age. Ainsi Pétrarque Pétrarque, lors de son séjour à Rome en 1341, se lamente :
"Les murailles étouffées sous les ruines entassées étalent les restes d’une ville immense, lamentable, et arrachent des larmes aux spectateurs".

Lire les autres fils :
Rome au Moyen-âge : démographie et paysages urbains : http://passion-histoire.net/viewtopic.php?f=52&t=9086
Catacombes et Contre-Réforme : une nouvelle vision de Rome : http://passion-histoire.net/viewtopic.php?f=53&t=8922
Emissaires, courriers et ambassades en 1589-1590 : http://passion-histoire.net/viewtopic.php?f=53&t=11667

La ville se releva un peu, mais s'enfonça brutalement à nouveau avec le sac de Rome de 1527.

Vers 1600, Peiresc visita Rome et fut déçu. Il l'exprime de façon indirecte et polie, cmmme à son habitude :

"A la vue de la configuration des collines il s'étonnna qu'elles fussent à ce point réduites, il les avait imaginées tellement élevées ! Il fut déconcerté de ce qu'entre toutes les autres, le Palatin, autrefois animé, fût totalement désert.".

Alors il ne va s'attacher qu'à découvrir les restes de l'antiquité qui y subsistent plutôt que de s'intéresser à la ville contemporaine :

"il explora surtout l'Aurélia, à cause des restes de cette route qui subsistent encore en Provence. Parcourant ensuite les quartiers ou secteurs, il voulut connaître autant qu'il lui fut loisible les endroits où avaient pris place les temples des Anciens, leurs lieux de culte, leurs autels, leurs bois sacrés, leurs tombeaux, leurs sanctuaires, leurs écoles, leurs bibliothèques, leurs amphithéâtres, leurs théâtres, leurs cirques, leurs hippodromes, leurs naumachies, leurs champs, leurs odéons, leurs forums, leurs emporiums, leurs greniers, leurs arsenaux, leurs bains, leurs thermes, leurs bassins, leurs ponts, leurs colosses, leurs obélisques, leurs colonnes, leurs statues, et les innombrables autres choses qu'il avait notées au cours de la lecture des auteurs, et qu'il portait partout sur lui, répertoriées pour commentaires. Mais c'est à peine s'il pouvait jamais se rassasier de contempler quand il voyait tout ce qui subsiste encore, soit intact, soit mutilé. Ainsi consacra-t-il bien des jours à considérer le Panthéon, remarquable exemple d'architecture, et à en rapprocher tout ce que Louis Dumonstier avait argumenté à son sujet. Ainsi, parce qu'il savait qu'on conservait au Vatican un buste d'Hercule, et Laocoon avec ses deux fils, œuvres absolument admirables, et merveilles d'art dues à Michel-Ange, il les vit et ne se borna pas à un unique examen ; de même qu'il consacra plus d'une visite aux statues jumelles d'Alexandre et de Bucéphale, qui existent encore, œuvres de Phidias, de Praxitèle. Ainsi allait-il voir le tombeau de Caius Sestius Epulon via Ostiense, pour ses ruines, très anciennes et très célèbres. Ainsi contempla-t-il divers obélisques, mais aucun plus fréquemment que celui de Constantin : il ne pouvait assez louer la décision généreuse de Sixte Quint qui l'avait fait extraire, transférer et ériger. Également les colonnes, surtout celles de Trajan, d'Antonin. La première pour plaire à Pinelli : à son sujet l'exposé n'était pas satisfaisant selon lui, dans le volume entier qui lui était consacré, (à propos de l'histoire des deux guerres contre les Daces menées par Trajan, telle que Alphonse Ciaconius l'avait reconstituée d'après la colonne), et Pinelli avait vivement souhaité que fût réalisée par Peiresc une édition la plus parfaite possible de ce travail et que fussent comparées par lui-même avec la réalité les images reproduites par Ciaconius des personnes, des armes, des attitudes, et de toutes les sculptures du colimaçon dans son déroulement. La seconde, l'Antonine, pour se consacrer à décrire très attentivement "l'effusion" de Jupiter Fluvius arrosant l'armée des Romains et frappant de la foudre l'armée ennemie. Il avait précisément offert à Scaliger une reproduction de ce détail pour illustrer ce qu'Eusèbe a rédigé concernant le combat livré par Antonin aux Germains et aux Sarmates, lors de la première année de la 138e Olympiade. "Voici, lui dit-il, une des choses à noter et à contempler de près, il m'a été donné de la détailler à Rome, entre tous les monuments antiques". Et il ne voulut pas n'avoir des tracés que de cela mais aussi de toutes sortes de statues, moins connues, qu'il repéra au Capitole, au Vatican, dans les palais Farnèse, Cesi et tous autres ; également dans les jardins, les vignobles, et, en bref, tous lieux publics et privés qu'on voudra ; emmenant des peintres qui esquissaient non seulement des statues, et autres oeuvres, intactes, mais aussi des troncs, et des ruines d'édifices anciens où qu'il se présentassent."

J'imagine la perplexité de vos élèves devant un tel compte-rendu de voyage à Rome. C'est tellement hors-sujet que ça fait penser à une héritière américaine qui décrirait une ville d'Europe par ses achats dans des boutiques de vêtements. Pour rendre compte des transformations, il faudrait étudier les travaux commandés par les papes car ce fut eux qui furent les plus entreprenants à Rome. Il faudrait donc étudier aussi leur vie, leur caractère, leur fortune, leurs idées, et leur entourage, ce qui nécessiterait un travail titanesque.

Mon conseil pour aborder votre sujet, ne serait pas d'étudier les récits de voyages des dilettantes, mais juste d'examiner les cartes des géographes, et plus précisément des deux plus extraordinaires : Sebastian Münster et Matthäus Merian. Vous pourrez trouver leurs magnifiques cartes sur gallca.bnf.fr et d'autres sites.


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Message Publié : 04 Fév 2018 12:58 
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Localisation : Alsace, Colmar
Sur Gallica, avec les mots clefs pelerinage et Rome on trouve ceci : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1067301?rk=21459;2

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


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Message Publié : 04 Fév 2018 13:54 
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Merci pour vos réponses.

Je vais préciser un peu la démarche.

Nous souhaitons faire réaliser aux élèves un "Carnet de Voyage". Cela implique quatre matières : Français, Histoire-Géographie, Arts Plastiques et Mathématiques.
Nos collège de français souhaitent que les élèves intègrent ceci dans leur carnet :
-Une lettre à ses parents pour expliquer les raisons du voyage.
-Un itinéraire sur une carte (et là je n'ai pas eu de problème pour trouver de belles anciennes cartes sur Gallica).
-La description d'un lieu, d'une ville (donc à la limite ce n'est pas très grave si l'on se concentre sur un monument).
-La description d'une coutume locale.

En Histoire-Géographie, nous tenions à ne pas centrer l'étude sur les Grandes Découvertes, même si bien sûr, c'est un thème privilégié pour ce genre de travail. Aussi avons-nous établi le programme suivant, permettant de traiter d'autres aspects du programme dans l'EPI.
-Leçon 1 : Le voyage de commerce au Moyen Age.
-Leçon 2 : Le voyage des humanistes et artistes à la Renaissance.
-Leçon 3 : Les Grandes Découvertes Européennes.

Pour leur carnet de voyage, les élèves choisissent un seul type parmi ces trois ci-dessus, pour ne pas rendre les choses trop compliquées.

C'est donc sur la leçon 2 que je me concentre là. Des documents sur les raisons du voyage n'ont pas été difficile à trouver, quant à l'itinéraire, cela peut aller aussi, on peut s'appuyer sur les cartes des manuels. C'est donc sur la description de villes que j'ai eu plus de mal. J'ai trouvé de bonnes choses pour Florence, mais je cherchais aussi pour Rome, ce en quoi vous m'avez bien aidé. J'espérais aussi trouver des choses sur la France (car des artistes ont aussi voyagé vers la France bien sûr), mais c'est bien plus difficile. J'ai bien trouvé les textes de Thomas Platter mais cela me semble presque hors cadre par rapport à la Renaissance et c'est plutôt un voyage d'études scientifiques, cela rendrait la chose encore plus compliquée pour les élèves.

Merci encore en tout cas.

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Message Publié : 04 Fév 2018 13:55 
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Narduccio a écrit :
Sur Gallica, avec les mots clefs pelerinage et Rome on trouve ceci : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1067301?rk=21459;2


Merci beaucoup, cela me semble intéressant, mais je dois avouer qu'il ne me reste plus vraiment le temps de faire de la paléographie. :mrgreen:
Je garde quand même en favori pour une prochaine fois.

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Message Publié : 04 Fév 2018 14:10 
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Localisation : Lotharingie
Oliviert a écrit :
Bonjour,

Quel âge ont vos élèves et combien de temps auront-ils pour étudier ce sujet ?
S'ils sont au collège ou au lycée, votre projet me parait ambitieux.

Quelle est votre définition de la Renaissance ?
Il semble que vous ne souhaitiez pas faire de séparation entre la Renaissance et les Temps Modernes. Or, on n'a très peu de documents écrits de première main sur la Renaissance, car l'Imprimerie n'était pas encore développée, et quand elle le sera, elle servira surtout à diffuser des textes religieux et antiques, plutôt que des carnets de voyage. Par contre, pour les Temps Modernes, on commence à avoir un peu de documentation, mais ça reste tout de même très succinct, et très éparpillé.

De toutes manière, le cas de Rome entre 1300 et 1700 me semble être beaucoup plus complexe que celui des autres les villes. C'est le sujet piégeux par excellence. Vraiment pas un cadeau pour vos élèves. On peut dire tout et n'importe quoi, et ne pas avoir tort pour autant, car la ville a subi énormément de bouleversements durant ces quatre siècles. Les villes de Venise, Florence, Gènes, Mantoue, furent beaucoup plus stables, et sont nettement plus facile à étudier.

Rien que la démographie de Rome donne une idée de cette transformation immense : 40.000 habitants vers 1300, 150.000 vers 1700. Presqu'une multiplication par quatre.

La petite description donnée sur un autre fil, rappelle bien l'état misérable de cette ville au Moyen Age. Ainsi Pétrarque Pétrarque, lors de son séjour à Rome en 1341, se lamente :
"Les murailles étouffées sous les ruines entassées étalent les restes d’une ville immense, lamentable, et arrachent des larmes aux spectateurs".

Lire les autres fils :
Rome au Moyen-âge : démographie et paysages urbains : http://passion-histoire.net/viewtopic.php?f=52&t=9086
Catacombes et Contre-Réforme : une nouvelle vision de Rome : http://passion-histoire.net/viewtopic.php?f=53&t=8922
Emissaires, courriers et ambassades en 1589-1590 : http://passion-histoire.net/viewtopic.php?f=53&t=11667

La ville se releva un peu, mais s'enfonça brutalement à nouveau avec le sac de Rome de 1527.

Vers 1600, Peiresc visita Rome et fut déçu. Il l'exprime de façon indirecte et polie, cmmme à son habitude :

"A la vue de la configuration des collines il s'étonnna qu'elles fussent à ce point réduites, il les avait imaginées tellement élevées ! Il fut déconcerté de ce qu'entre toutes les autres, le Palatin, autrefois animé, fût totalement désert.".

Alors il ne va s'attacher qu'à découvrir les restes de l'antiquité qui y subsistent plutôt que de s'intéresser à la ville contemporaine :

"il explora surtout l'Aurélia, à cause des restes de cette route qui subsistent encore en Provence. Parcourant ensuite les quartiers ou secteurs, il voulut connaître autant qu'il lui fut loisible les endroits où avaient pris place les temples des Anciens, leurs lieux de culte, leurs autels, leurs bois sacrés, leurs tombeaux, leurs sanctuaires, leurs écoles, leurs bibliothèques, leurs amphithéâtres, leurs théâtres, leurs cirques, leurs hippodromes, leurs naumachies, leurs champs, leurs odéons, leurs forums, leurs emporiums, leurs greniers, leurs arsenaux, leurs bains, leurs thermes, leurs bassins, leurs ponts, leurs colosses, leurs obélisques, leurs colonnes, leurs statues, et les innombrables autres choses qu'il avait notées au cours de la lecture des auteurs, et qu'il portait partout sur lui, répertoriées pour commentaires. Mais c'est à peine s'il pouvait jamais se rassasier de contempler quand il voyait tout ce qui subsiste encore, soit intact, soit mutilé. Ainsi consacra-t-il bien des jours à considérer le Panthéon, remarquable exemple d'architecture, et à en rapprocher tout ce que Louis Dumonstier avait argumenté à son sujet. Ainsi, parce qu'il savait qu'on conservait au Vatican un buste d'Hercule, et Laocoon avec ses deux fils, œuvres absolument admirables, et merveilles d'art dues à Michel-Ange, il les vit et ne se borna pas à un unique examen ; de même qu'il consacra plus d'une visite aux statues jumelles d'Alexandre et de Bucéphale, qui existent encore, œuvres de Phidias, de Praxitèle. Ainsi allait-il voir le tombeau de Caius Sestius Epulon via Ostiense, pour ses ruines, très anciennes et très célèbres. Ainsi contempla-t-il divers obélisques, mais aucun plus fréquemment que celui de Constantin : il ne pouvait assez louer la décision généreuse de Sixte Quint qui l'avait fait extraire, transférer et ériger. Également les colonnes, surtout celles de Trajan, d'Antonin. La première pour plaire à Pinelli : à son sujet l'exposé n'était pas satisfaisant selon lui, dans le volume entier qui lui était consacré, (à propos de l'histoire des deux guerres contre les Daces menées par Trajan, telle que Alphonse Ciaconius l'avait reconstituée d'après la colonne), et Pinelli avait vivement souhaité que fût réalisée par Peiresc une édition la plus parfaite possible de ce travail et que fussent comparées par lui-même avec la réalité les images reproduites par Ciaconius des personnes, des armes, des attitudes, et de toutes les sculptures du colimaçon dans son déroulement. La seconde, l'Antonine, pour se consacrer à décrire très attentivement "l'effusion" de Jupiter Fluvius arrosant l'armée des Romains et frappant de la foudre l'armée ennemie. Il avait précisément offert à Scaliger une reproduction de ce détail pour illustrer ce qu'Eusèbe a rédigé concernant le combat livré par Antonin aux Germains et aux Sarmates, lors de la première année de la 138e Olympiade. "Voici, lui dit-il, une des choses à noter et à contempler de près, il m'a été donné de la détailler à Rome, entre tous les monuments antiques". Et il ne voulut pas n'avoir des tracés que de cela mais aussi de toutes sortes de statues, moins connues, qu'il repéra au Capitole, au Vatican, dans les palais Farnèse, Cesi et tous autres ; également dans les jardins, les vignobles, et, en bref, tous lieux publics et privés qu'on voudra ; emmenant des peintres qui esquissaient non seulement des statues, et autres oeuvres, intactes, mais aussi des troncs, et des ruines d'édifices anciens où qu'il se présentassent."

J'imagine la perplexité de vos élèves devant un tel compte-rendu de voyage à Rome. C'est tellement hors-sujet que ça fait penser à une héritière américaine qui décrirait une ville d'Europe par ses achats dans des boutiques de vêtements. Pour rendre compte des transformations, il faudrait étudier les travaux commandés par les papes car ce fut eux qui furent les plus entreprenants à Rome. Il faudrait donc étudier aussi leur vie, leur caractère, leur fortune, leurs idées, et leur entourage, ce qui nécessiterait un travail titanesque.

Mon conseil pour aborder votre sujet, ne serait pas d'étudier les récits de voyages des dilettantes, mais juste d'examiner les cartes des géographes, et plus précisément des deux plus extraordinaires : Sebastian Münster et Matthäus Merian. Vous pourrez trouver leurs magnifiques cartes sur gallca.bnf.fr et d'autres sites.


Merci pour votre réponse conséquente qui m'éclaire bien.
Les élèves sont en 5ème, il faut donc bien sûr quelque chose d'assez simple.

Merci pour ce texte instructif : Rome semble un sujet trop vaste et trop marqué par le temps pour être facilement exploitable. Rien de très étonnant à ce que les hommes de l'époque y aient plus décrit la ville antique quand on connaît le goût de la Renaissance pour l'antique. J'ai lu Du Bellay, proposé par un autre intervenant, et cela semble être un peu pareil : très porté sur l'antiquité.
La solution serait donc de se reporter sur un exemple plus précis d'un lieu (peut-être Saint Pierre de Rome), plutôt que toute la ville, mais je vais jeter un oeil sur les cartes que vous évoquez (nous avions déjà sélectionné la "Carta Cella Catena" pour Florence).

En ce sens je pense aussi abandonner le côté français pour lequel il y a plus de mal encore à trouver des textes...

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Message Publié : 04 Fév 2018 18:40 
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Jean Froissart
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Inscription : 28 Avr 2006 23:02
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Vindex a écrit :
En ce sens je pense aussi abandonner le côté français pour lequel il y a plus de mal encore à trouver des textes...
La Cosmographie universelle de Sebastien Munster est assez riche concernant la France. Cela vaut le coup de feuilleter un peu cet ouvrage qui ne contient pas que des cartes : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54510n.r . Vous pouvez aussi utiliser Gargantua de Rabelais qui décrit certaines villes.

Vindex a écrit :
Les élèves sont en 5ème, il faut donc bien sûr quelque chose d'assez simple. [...] Rome semble un sujet trop vaste et trop marqué par le temps pour être facilement exploitable. Rien de très étonnant à ce que les hommes de l'époque y aient plus décrit la ville antique quand on connaît le goût de la Renaissance pour l'antique. J'ai lu Du Bellay, proposé par un autre intervenant, et cela semble être un peu pareil : très porté sur l'antiquité. [...]
Les élèves de 5e sont avides d'informations et de repères, mais il est plus reposant pour le professeur de les laisser vagabonder en classe en leur donnant quelques photocopies à commenter, puis en attendant que les parents fouillent dans les dictionnaires pour faire les devoirs à leur place.

J'imagine que vous n'allez pas évoquer les 11 guerres d'Italie qui se succédèrent entre 1494 et 1559, et qui expliquent pourquoi il n'y avait pas grand chose d'intéressant à voir à Rome à part des ruines. Ce n'était pas seulement par goût de l'antiquité, et ce goût n'était pas exclusif à la Renaissance. Il se développe à cette période, mais il perdurera très longtemps, quasiment jusqu'à mai 1968. Pour la France, de même vous allez probablement passer sous silence les 8 guerres de religion qui ont tout de même ruiné le pays de 1562 à 1598. Pour l'Empire Germanique, la Réforme sera mise de côté, et il en sera de même pour la Reconquista espagnole. A la place de tous ces événements majeurs, vous allez faire croire que l'on pouvait faire tranquillement du tourisme et s'amuser des coutumes régionales. A mon époque aussi, l'histoire était présentée sous un jour totalement déformé, et ce fut une bonne chose d'un certain côté, puisque ça m'a donné envie de retrouver l'Histoire véritable à la sortie de l'école.


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Message Publié : 04 Fév 2018 19:12 
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Oliviert a écrit :
Vindex a écrit :
En ce sens je pense aussi abandonner le côté français pour lequel il y a plus de mal encore à trouver des textes...
La Cosmographie universelle de Sebastien Munster est assez riche concernant la France. Cela vaut le coup de feuilleter un peu cet ouvrage qui ne contient pas que des cartes : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54510n.r . Vous pouvez aussi utiliser Gargantua de Rabelais qui décrit certaines villes.

Vindex a écrit :
Les élèves sont en 5ème, il faut donc bien sûr quelque chose d'assez simple. [...] Rome semble un sujet trop vaste et trop marqué par le temps pour être facilement exploitable. Rien de très étonnant à ce que les hommes de l'époque y aient plus décrit la ville antique quand on connaît le goût de la Renaissance pour l'antique. J'ai lu Du Bellay, proposé par un autre intervenant, et cela semble être un peu pareil : très porté sur l'antiquité. [...]
Les élèves de 5e sont avides d'informations et de repères, mais il est plus reposant pour le professeur de les laisser vagabonder en classe en leur donnant quelques photocopies à commenter, puis en attendant que les parents fouillent dans les dictionnaires pour faire les devoirs à leur place.

J'imagine que vous n'allez pas évoquer les 11 guerres d'Italie qui se succédèrent entre 1494 et 1559, et qui expliquent pourquoi il n'y avait pas grand chose d'intéressant à voir à Rome à part des ruines. Ce n'était pas seulement par goût de l'antiquité, et ce goût n'était pas exclusif à la Renaissance. Il se développe à cette période, mais il perdurera très longtemps, quasiment jusqu'à mai 1968. Pour la France, de même vous allez probablement passer sous silence les 8 guerres de religion qui ont tout de même ruiné le pays de 1562 à 1598. Pour l'Empire Germanique, la Réforme sera mise de côté, et il en sera de même pour la Reconquista espagnole. A la place de tous ces événements majeurs, vous allez faire croire que l'on pouvait faire tranquillement du tourisme et s'amuser des coutumes régionales. A mon époque aussi, l'histoire était présentée sous un jour totalement déformé, et ce fut une bonne chose d'un certain côté, puisque ça m'a donné envie de retrouver l'Histoire véritable à la sortie de l'école.


J'ai comme l'impression que vous jugez sans savoir...

L'EPI n'a pas pour ambition de recouvrir tout le programme de 5ème. Aussi, la Réforme, et donc les conflits religieux, ont toute leur place dans d'autres de mes cours, mais pas cet EPI.
Par ailleurs, non, les guerres d'Italie ne sont pas au programme et non mon cours n'a pas pour ambition de faire passer le voyage à cette époque pour du tourisme... Cet EPI a pour ambition de faire comprendre aux élèves le caractère exceptionnel des voyages pendant bien longtemps et d'essayer de comprendre leurs motivations. J'admets que pour les coutumes locales, cela vient très artificiellement (sauf pour la leçon 3 je pense) mais il faut bien essayer de s'insérer dans le projet de départ.
Je ne vois même pas pourquoi vous parlez de la Reconquista qui par ailleurs a été évoquée dans un de mes chapitres précédents.

Bref...

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Message Publié : 04 Fév 2018 19:39 
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Merci pour la cosmographie, je suis en train de la feuilleter.
Je regarde aussi Gargantua.

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Message Publié : 05 Fév 2018 18:51 
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Oliviert a écrit :
Vindex a écrit :
En ce sens je pense aussi abandonner le côté français pour lequel il y a plus de mal encore à trouver des textes...
La Cosmographie universelle de Sebastien Munster est assez riche concernant la France. Cela vaut le coup de feuilleter un peu cet ouvrage qui ne contient pas que des cartes : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54510n.r . Vous pouvez aussi utiliser Gargantua de Rabelais qui décrit certaines villes.

Vindex a écrit :
Les élèves sont en 5ème, il faut donc bien sûr quelque chose d'assez simple. [...] Rome semble un sujet trop vaste et trop marqué par le temps pour être facilement exploitable. Rien de très étonnant à ce que les hommes de l'époque y aient plus décrit la ville antique quand on connaît le goût de la Renaissance pour l'antique. J'ai lu Du Bellay, proposé par un autre intervenant, et cela semble être un peu pareil : très porté sur l'antiquité. [...]
Les élèves de 5e sont avides d'informations et de repères, mais il est plus reposant pour le professeur de les laisser vagabonder en classe en leur donnant quelques photocopies à commenter, puis en attendant que les parents fouillent dans les dictionnaires pour faire les devoirs à leur place.

J'imagine que vous n'allez pas évoquer les 11 guerres d'Italie qui se succédèrent entre 1494 et 1559, et qui expliquent pourquoi il n'y avait pas grand chose d'intéressant à voir à Rome à part des ruines. Ce n'était pas seulement par goût de l'antiquité, et ce goût n'était pas exclusif à la Renaissance. Il se développe à cette période, mais il perdurera très longtemps, quasiment jusqu'à mai 1968. Pour la France, de même vous allez probablement passer sous silence les 8 guerres de religion qui ont tout de même ruiné le pays de 1562 à 1598. Pour l'Empire Germanique, la Réforme sera mise de côté, et il en sera de même pour la Reconquista espagnole. A la place de tous ces événements majeurs, vous allez faire croire que l'on pouvait faire tranquillement du tourisme et s'amuser des coutumes régionales. A mon époque aussi, l'histoire était présentée sous un jour totalement déformé, et ce fut une bonne chose d'un certain côté, puisque ça m'a donné envie de retrouver l'Histoire véritable à la sortie de l'école.


J'ai comme l'impression que vous jugez sans savoir...

L'EPI n'a pas pour ambition de recouvrir tout le programme de 5ème. Aussi, la Réforme, et donc les conflits religieux, ont toute leur place dans d'autres de mes cours, mais pas cet EPI.
Par ailleurs, non, les guerres d'Italie ne sont pas au programme et non mon cours n'a pas pour ambition de faire passer le voyage à cette époque pour du tourisme... Cet EPI a pour ambition de faire comprendre aux élèves le caractère exceptionnel des voyages pendant bien longtemps et d'essayer de comprendre leurs motivations. J'admets que pour les coutumes locales, cela vient très artificiellement (sauf pour la leçon 3 je pense) mais il faut bien essayer de s'insérer dans le projet de départ.
Je ne vois même pas pourquoi vous parlez de la Reconquista qui par ailleurs a été évoquée dans un de mes chapitres précédents.

Bref...


Juste en passant et en voyant EPI et Renaissance et quelques critiques...

Moi je trouve cela très intéressant cet EPI... notamment pour essayer d'intéresser les enfants à l'Histoire autrement que par un répétitif cours dialogué, ou encore une analyse de "photocopie"... au moins l'élève prend les documents, les analyse, les comprend !!
Et cela apprend aux élèves à organiser des idées, à les mettre en ordre... tout cela encadré par le professeur. C'est le début de l'apprentissage de la dissertation, non ? et en 5e, en plus !! Bravo à vous !! Moi j'adhère totalement...
Cela donne un nouvel intérêt pour la matière... et les enfants rédigent, ce que l'on nous reproche tout le temps de ne pas faire (fautes d'orthographe, de grammaire...).

Quant au contenu des programmes... Il faut aller les voir pour ne pas faire comme beaucoup de polémistes médiatiques qui crient au scandale sur la disparation de tant d'évènements : les guerres d'Italie n'y sont certes pas (mais je crois qu'elle n'y sont plus depuis les années 1990, voir avant...comme d'ailleurs pas mal de chose, mais il faudrait plus que 4 années de collège et 3 de lycée pour tout voir. Et d'ailleurs sur le contenu des programmes, je me suis toujours demandé quand je pourrais refiler dans mon cours sur l'Eglise au Moyen âge la notion de "reichkirchesystem", je n'y arrive jamais !! :rool: :oops: ), les guerres de religion (on peut en parler), la Réforme en font partie, Louis XIV aussi, Napoléon idem, François Ier itou....

Pour le côté touristique, c'est sûr que l'on peut moins faire de tourisme à Wassy en 1562 ( ;) qu'en Toscane... surtout si l'on est un artiste... et même si ce n'est pas du tourisme comme on le définit aujourd'hui ! Nous continuons à faire de l'Histoire en classe, mais pas comme dans les années 1960.

Pour ce qui est des documents... Il existe par exemple pour Limoges le plan Fayen qui date du XVIe siècle et qui montre le quartier du Château de Limoges... on n'y voit pas, et c'est dommage, la cathédrale dans laquelle se trouve un joyau de la Renaissance, le tombeau de Jean de Langeac... Mais ce genre de document doit exister pour d'autres villes !

Moi aussi j'essaie de mettre en place ce genre d'EPI, "tâches complexes"... dans mes classes, et les enfants sont intéressés, et surtout cela permet d'intéresser des élèves qui ne le sont pas d'habitude !


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Message Publié : 06 Fév 2018 21:28 
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