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Message Publié : 07 Sep 2006 19:26 
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Polybe
Polybe

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Mille excuses pour le "Louis XIV" qui doit se trouver dans la rubrique grans siècle. :oops:


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Message Publié : 04 Nov 2006 0:06 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile
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Inscription : 19 Mars 2005 18:17
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La Bible sur l'Histoire des guerres de religion.

Image

Livre de chevet depuis deux années, je n'ai toujours pas fini de le lire, tant il est profond, précis et indispensable.
Le livre se divise en deux parties :

1) Histoire des guerres de religion avec une partie sur la France, Jouanna met le point sur l'évolution des idées politiques et religieuses et des théories de pouvoir mis en place par les uns et les autres, du contexte international du conflit au rivalité de cour, de l'extrémisme des protestants à celui des catholiques, du renforcement du pouvoir royal sous Henri III aux faiblesses d'Henri IV.
Puis chaque pays d'Europe y passe...

2) Le dictionnaire dont la moitié sont consacré à des personnages ou à des familles de personnages : cela va de Jeanne d'Albret à Boucher, de Bourgoing à Théodore de Bèze, de Charles III de Lorraine à Emmanuel Philibert de Savoie, de la famille de l'Aubepine à celle des Gondi, des Estrée au Joyeuse, de Pellevé à Montaigne, de Ronsard à Clouet, de Renée de Ferrare à ..... etc

une BIBLE


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 Sujet du message : bibli Renaissance
Message Publié : 12 Nov 2006 22:10 
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Plutarque
Plutarque
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Inscription : 10 Mars 2005 14:40
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Je propose:

- "Diane de Poitiers" d'Ivan Cloulas, chez Fayard, 1997
- "La lune et le serpent" par la Princesse Michael de Kent, chez JC Lattès, 2005 trad. française


Les deux livres ont la même photo de couverture, la Diane chasseresse de l'école de Fontainebleau qu'on peut voir au Louvre, aile Richelieu.

Les deux livres ont un éclairage différent. Il faut les lire ensemble, pratiquement en même temps, pour voir apparaître une Diane en chair et en os. Le Cloulas est magistral et serein. Celui de la princesse de Kent est plus passionné, tout aussi documenté, peut-être plus 'réel' dans le sens 'plus proche de la vie de tous les jours'.

Il y a une scène rapportée par la princesse de Kent que j'aimerais creuser: celle où François Ier surprend sa femme Claude en conversation avec le connétable de Bourbon au sujet de la main de sa soeur Renée... ah! si le connétable avait épousé Renée de France!!! Je compte ouvrir un fil à ce sujet dès que je retrouve le passage. :?


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Message Publié : 24 Nov 2006 23:19 
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Polybe
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Inscription : 19 Oct 2006 18:08
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Bonjour,

Je recherche un bon ouvrage pour étudier les relations entre l'Espagne et la France au XVI ème siècle. Les guerres d'Italie, la Ligue en France, l'influence dévote...

Est ce que d'autres pistes peuvent être étudiées pour cette question ? Aussi bien positives que négatives le but étant de lier les deux nations par quelques échanges de tout types.

Merci d'avance.

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"Quel grand artiste périt avec moi !" Néron, dernier empereur de la dynastie des julio-claudiens de 54 à 68.


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Message Publié : 26 Nov 2006 12:08 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 24 Nov 2006 19:30
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Bon, je viens encore vous enquiquinez sur ce topic :oops:

Existe-t-il des biographies, sur des rois, format poche ou n'y a-t-il que ceux de Georges Bordonove ? De plus, les biographies de Bordonove sont-elles fidèles à la réalité historique ?


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Message Publié : 26 Nov 2006 12:39 
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Eginhard
Eginhard

Inscription : 09 Mai 2006 21:43
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Rhaegar_Targaryen a écrit :
Existe-t-il des biographies, sur des rois, format poche ou n'y a-t-il que ceux de Georges Bordonove ? De plus, les biographies de Bordonove sont-elles fidèles à la réalité historique ?

Sur Bordonove, il y a déjà une discussion, c'est ici.

En poche, il existe un certain nombre de biographies de roi de France (surtout sur les derniers).

En collection Pluriel chez Hachette :
François BLUCHE, Louis XIV.
Michel ANTOINE, Louis XV.
Evelyne LEVER, Louis XVIII (à paraître en janvier 2007).

Bernard VINCENT a commis au début de l'année un Louis XVI chez Gallimard dans la collection "Folio-biographie".

Il y a deux biographies de Louis XI : celles de Paul Murray KENDALL, ancienne (1ère éd. française 1974 je crois), au "Livre de Poche", et celle de Jacques HEERS chez Perrin dans la collection "Tempus".

La biographie de Philippe Le Bel de Jean FAVIER avait été rééditée au "Livre de Poche" il y a bien longtemps.

Passons chez les "moins historiens"...

Le Henri III de Philippe ERLANGER (1903-1987) a été réédité en "Folio-Histoire" chez Gallimard (ce qui doit vouloir dire qu'elle n'est pas si mauvaise que cela...).

La biographie de Henri IV par François BAYROU a été rédditée chez "J'ai Lu". Celle de Jack LANG sur François Ier ou le rêve italien aussi.

_________________
« Le luxe [...] corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise ; [...] il ôte à l’État tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l’opinion. »


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Message Publié : 26 Nov 2006 16:40 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 24 Nov 2006 19:30
Message(s) : 2
Merci beaucoup :D

Voilà qui devrait m'occuper pendant tout l'hiver :lol:


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Message Publié : 26 Nov 2006 16:55 
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Eginhard
Eginhard

Inscription : 09 Mai 2006 21:43
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J'ajouterais que le Louis XIV de Jean-Christian PETITFILS a aussi été réédité en poche (collection Tempus) chez Perrin.

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Message Publié : 26 Nov 2006 17:23 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 07 Mai 2004 17:04
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Localisation : Picardie
Il ne s'agit pas à proprement parler d'un roi mais on peut signaler le "Diane de Poitiers" de Philippe Erlanger, paru en Folio.

Les évènements du règne d'Henri II y sont relatés.

Il me semble qu'il existe également un "Charles Quint" du même auteur, chez Tempus.

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"Dieu, je te prie que tu fasses aujourd'hui pour La Hire autant que tu voudrais que La Hire fit pour toi s'il était Dieu et que tu fusses La Hire !"


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Message Publié : 26 Nov 2006 18:37 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile
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vespasien a écrit :
Bonjour,

Je recherche un bon ouvrage pour étudier les relations entre l'Espagne et la France au XVI ème siècle.

Le livre de Pierre Champion sur la jeunesse d'Henri III dont je parlais un peu plus haut est pile poil ce qu'il faut pour comprendre les relations tendues entre la France et l'Espagne.



Sinon, les deux ouvrages de Simone Berthière sont en format poche
ImageImage


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Message Publié : 26 Nov 2006 22:49 
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Polybe
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Inscription : 19 Oct 2006 18:08
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Localisation : Perpignan
Très bien, je vous remercie...

J'ai commencé à étudier le livre de l'Association des historiens modernistes des Universités "Les monarchies française et espagnole" (milieu du XVI ème siècle - début du XVIII ème siècle) il est beaucoup trop large alors je vais me référer à votre proposition pour revoir mon étude.

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Message Publié : 13 Déc 2006 6:38 
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Inscription : 13 Mars 2006 10:38
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Un tout nouvel ouvrage (novembre 2006) sur Louis XII, que je n'ai pas encore lu, mais qui me paraît particulièrement intéressant, d'abord parce que c'est un personnage assez peu étudié, et ensuite parce que ce n’est pas une biographie factuelle, mais un essai qui le prend pour sujet afin d'analyser les mutations de la représentation du pouvoir, entre Moyen-âge et Renaissance.
Image

Présentation de l'éditeur
L'image rend l'État visible ; elle permet de représenter l'abstraction du politique. Cette figuration est fréquemment synonyme de propagande, une forme de narration iconique et symbolique qui viserait à glorifier et à célébrer le pouvoir derrière le simulacre de sa représentation. C'est vers la fin du XVe siècle que l'image de la monarchie, d'une symbolique médiévale, se métamorphoserait en une symbolique antiquisante, vivifiée par l'humanisme conquérant de la Renaissance, bouleversant non seulement le langage iconographique et mythographique, mais aussi l'idéologie du pouvoir : le roi pasteur très chrétien céderait progressivement la place à un roi de gloire détenteur d'un pouvoir absolu. Contre ces deux postulats, Nicole Hochner (professeur d'histoire des idées politiques et l'histoire culturelle à l'Université hébraïque de Jérusalem) soutient qu'il est faux de considérer l'image du roi comme une image de propagande et qu'une lecture évolutionniste masque les véritables enjeux de la représentation du pouvoir. Le règne de Louis XII (1498-1515), délaissé par les historiens, nous offre un extraordinaire laboratoire des figures du pouvoir : c'est une période de rupture, de parenthèse et de recherche pendant laquelle s'élaborent et se superposent des images issues de la représentation religieuse et chrétienne, d'une symbolique antiquisante et mythologique, du langage de la courtoisie et de la chevalerie, du mythe du " père du peuple " consacré par la réunion des États à Tours en 1506. L'image royale épouse alors une multitude de formes et rejette aussi bien le profil autoritaire et coercitif d'un Louis XI " tyran ", que les nouveaux topoi de l'Antiquité, qui séduiront tant François Ier, " nouveau César ". Le fait remarquable est que le pouvoir ne semble pas vouloir trancher ou réguler le débat majeur suscité par ces figurations plurielles et contradictoires. La monarchie française se cherche et s'affirme au cours de cette fascinante controverse sur la nature du pouvoir royal, qui oppose et confronte les partisans d'une monarchie modérée basée sur un système de " freins " et les défenseurs d'une souveraineté absolue, non consultative. L'étude de l'image du roi met ainsi au jour une crise des représentations à la veille de l'émergence de l'absolutisme français. En faisant de l'image une source à part entière, Nicole Hochner démontre l'originalité d'une recherche centrée sur les relations entretenues entre le pouvoir politique et les formes visuelles qui lui donnent sens et consacrent l'autorité du prince. Elle nous permet de mesurer tout à la fois la richesse et la fécondité d'interrogations neuves, toutes centrées sur les significations des formes visuelles, dans leur multiple diversité.

--------------------------------------------------------------------------------------

Et un autre livre paru en novembre 2006 qui devrait intéresser beaucoup de monde sur le forum Renaissance, et je pense en particulier à Châtillon :wink: :
Paraître et se vêtir au XVIe siècle : Actes du XIIIe Colloque du Puy-en-Velay, études réunies et présentées par Marie Viallon, Collectif, PU Saint-Etienne, env. 24 €

Image

Présentation de l'éditeur
Il est certain que, dans les premiers temps de son existence, l'homme n'a cherché qu'à se " couvrir " pour satisfaire aux nécessités de la sécurité, du climat et de la pudeur. Mais bien vite le facteur social encourage l'homme à " se vêtir " c'est-à-dire à laisser paraître son appartenance à un groupe spécifique, sa richesse et son goût pour la " mode " du vêtement et des accessoires. Commencée avec lenteur, l'évolution du vêtement s'est accélérée lors des temps historiques et la mode est devenue un élément économique autant que politique ou religieux. Parallèlement, les mutations successives vont vers une uniformisation des formes et des usages avec des emprunts et des imitations qui effaceront les différences. Les diverses études présentées lors de ce colloque ont cherché à envisager l'histoire du vêtement du XVIe siècle sous des angles variés et, sans parvenir à l'exhaustivité, à proposer une richesse de pistes de recherche. Dans un premier temps, il s'est agi de mettre en relation divers pays (certes, il reste des lacunes, mais un seul colloque ne peut tout embrasser) ce qui permet de souligner les limites de certains aspects applicables seulement dans un territoire culturel ou un seul Etat politique et, au contraire, de mettre en évidence l'universalité de certains points. D'autre part, ces études ont souvent permis de fusionner les analyses techniques et les études historiques et sociologiques, soulignant ainsi combien les lois du marché économique ou de la politique rencontrent les évolutions de la technique et de la mode. Recontextualisé dans le cadre des Fêtes du Roi de l'Oiseau, ce colloque et ses Actes se veulent, d'une part, un apport historique et technique pour ceux et celles qui mènent depuis longtemps une réflexion et une recherche concrète sur le costume au XVIe siècle et, d'autre part, une ouverture plus politique et sociologique pour ceux et celles qui cherchent à définir la place du vêtement dans la société du XVIe siècle européen.

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Message Publié : 13 Avr 2007 3:36 
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Sujet restitué (janvier 2007)

DOCUMENTATION FRANCE ESPAGNE 1570-1600

Citer :
Oscaribou
En préambule je voudrais vous dire simplement mon admiration sincère ; je ne suis qu'un simple amateur mais je me pensais assez ferré en Histoire. Vous lire rend humble : votre (générique) culture combinée à l'absence de toute arrogance dans vos messages force le respect.
Ceci étant dit, voici ma requête, pour laquelle l'utilisation du moteur de recherche s'est avérée infructueuse (mais peut-être l'ai-je mal utilisé : si c'est le cas merci d'avance pour votre indulgence).
Je suis en quête de documents portant sur la période citée en objet, tant en France qu'en Espagne, et permettant de se faire une idée des techniques militaires (armes employées, stratégies et tactiques utilisées, par exemple aux batailles d'Arques et d'Ivry), des techniques médicales, de la vie quotidienne des différentes couches de la société (nourriture, habillement, mode, habitudes...), le tout si possible avec des illustrations permettant de visualiser.
Auriez-vous des ouvrages à me conseiller me permettant d'avancer sur ces sujets ? Je vous en remercie par avance.

Oliviert
Pour la médecine, je viens justement de lire une lettre amusante de Rubens qui confirme ce que dit Molière
Rubens, le 13 mai 1625 a écrit :
je trouvai M. de Valavez chez lui, blessé au front [... il était en train d'assister à un marriage, quand la tribune, sur laquelle il se trouvait, s'était effondrée...] L’os du crâne n’est pas brisé; la chair seule est atteinte, et s’il n’y avait pas déchirure autour de la plaie, je crois qu’en peu de jours celle-ci serait cicatrisée; du moins, comme les déchirures touchent à la plaie, pourra-t-on sans danger expulser les humeurs par la même ouvertures. Grâce à Dieu, je l’ai trouvé sans fièvre, ayant eu aussitôt recours aux bons remèdes pour prévenir les complications: saignées et clystères.
(source : http://www.corpusetampois.com/che-17-ru ... iresc.html)

Quand Descartes a attrapé un rhume ou une grippe en Suède, que lui avait passé l'ambassadeur de France chez qui il vivait, tous les médecins lui ont conseillé des saignées. Il a refusé au début, préférant avoir un peu de tabac trempé dans du vin. Finalement, il a accepté les saignées, et il en est mort. Une mésaventure similaire est arrivée à Gassendi, qui se doutait bien que les saignées ne le guériraient pas, mais il s'y est soumis pour faire plaisir aux médecins et il en est décédé.
La médecine a très peu évolué entre l'antiquité et le 19e siècle.

Voici trois bons livres sur la médecine ancienne :
- François Lebrun, Se soigner autrefois, Le Seuil, collection de poche "Points", 1995.
- Marcelle Bouteiller, Médecine populaire d'hier et d'aujourd'hui, Maisonneuve et Larose, 1987.
- The Western Medical Tradition, Cambridge University Press, 1995.

Oscaribou
Merci pour les références "médicales".
Il semble qu'à cette époque Baroque les connaissances des médecins "maures" (Morisques après la Reconquista) aient été bien supérieures à celles de leurs homologues Chrétiens, que ce soit en France ou en Espagne ; quelqu'un peut confirmer ?

Sinon mea culpa il y a sur la mode vestimentaire "Valois" un certain nombre de topics extrêmement fouillés que je suis en train de lire attentivement.

Rien trouvé sur le militaire, en revanche....

Oliviert
Sur la France et l'Espagne aux 16e et 17e siècles, je recommande vivement la lecture de Fernand Braudel, La Méditerrannée, Armand Colin, Livre de Poche, en 3 volumes. Par exemple, vous pourrez y lire ceci (tome 2, pages 580 à 585):
Citer :
Si nous sommes décidés à ne point grossir l'importance de l'histoire-bataille, nous ne songeons pas à écarter la puissante histoire de la guerre, formidable, perpétuel remous de la vie des hommes. [...] Parle-t-on de grande guerre en Méditerannée, aussitôt s'évoquent les fines et puissantes sillhouettes des galères, leur vie endormie l'hiver, leurs courses l'été au long des rivages. Les documents abondent en détails sur leurs déplacements, leur entretien, leur luxe coûteux. Cent discours de spécialistes disent, essaient de dire ce qu'elles coûtent de soins, de vivres, d'hommes, d'argent. Et l'expérience montre aussitôt qu'il est difficile de les regrouper pour des mouvements d'ensemble, d'autant qu'en grosses formations, elles doivent s'adjoindre des bateaux ronds qui porteront les ravitaillements volumineux. Après ces lents préparatifs, les départs sont brusques et les voyages en somme rapides. Tout point du rivage peut être atteint. Cependant n'exagérons pas la portée des coups que frappent les escadres de galères. Les troupes qu'elles débarquent, le cas échéant ne s'éloignent guère des rivages. En 1535, Charles Quint s'empare de Tunis et ne va pas plus loin
[...]
Parler de guerre, c'est songer tout aussi vite à ces armées nombreuses qui avec le XVIe siècle, nous frappent par le gonflement de leurs effectifs. Les déplacer et, au préalable, les assembler, autant de gros problèmess. Il faut des mois à Lyon pour réunir mercenaires et pièces de cannons, afin qu'un beau jour, le roi de France "saute à l'improviste par dessus les monts". En 1567, le duc d'Albe réalise l'exploit de conduire ses troupes de Gênes à Bruxelles, mais ce sont là des transports pacifiques, non pas une série de combats. De même, il faut l'énorme potentiel turc pour jeter les armées du Sultan d'Istambul au Danube, ou d'Istambul à l'Arménie et pour engager la lutte si loin des bases de départ sont prouesses coûteuses, hors série. Et dès qu'il fat s'opposer à l'ennemi, tout mouvement un peu long dépasse les possibilités ordinaires.

Dernière image à évoquer, celle des places fortes, décisives déjà au XVIe siècle, et qui seront tout ou presque tout au XVIIe siècle. Face aux Turcs et aux corsaires, la Chrétienté s'est hérissé de protections [...]
De la grande guerre oui. Or que celle-ci soit suspendue, aussitôt des formes secondes la remplacent -course maritime et brigandage terrestre- qui bien entendu, existaient déjà, mais qui, proliférant alors, occupent la place devenue vide, comme la haute futaie, une fois détruite, laisse la place aux formes dégradées des sous-bois ou du maquis. Il y a donc des guerres à des "paliers" différents [...]

La guerre, ce sont toujours des armes et des techniques. Celles-ci changent et bouleversent le jeu. L'artillerie ainsi a brusquement transformé les conditiens de la guerre, en Méditerranée comme ailleurs. Son apparition, sa propagation, ses modifications -car l'artillerie ne cesse de se modifier- sont une suite de révolutions techniques. Resterait à les dater. Quand, de quelle façon prend-elle ainsi possession des ponts étroits des galères, quand fait-elle la redoutable fortune des grosses galères, les galéasses, avec leur énorme puissance de feu, puisdes galions et des navires ronds à hauts bords ; quand s'installera-t-elle sur les ramparts et plates-formes des forteresses ; enfin comment suit-elle les déplacments des armées ? Il y a eu, sans soute, avec le raid de Charles VII en septembre 1494, et dès avant les conquêtes de Soliman le magnifique, une brusque et large fortune de l'artillerie de campagne. Des âges successifs de l'artillerie se devinent -artillerie de bronze, artillerie de fer, artillerie renforcée- et non moins des âges géographiques, selon la localisation des industries productrices. La politique de Ferdinand le Catholique s'appuie sur les fonderies de Malaga et Medina del Campo, celle-ci créée en 1495, celle-là en 1499, appelées l'une et l'autre à décliner vite : le matériel qu'elles auront construit s'usera en Italie, s'immobilisera en Afrique ou sur les frontières, face à la France. Plus long sera le règne des fonderies de Milan et de Ferrare. Puis, très tôt, la primauté reviendra aux fonderies allemandes, françaises et plus encore, en ce qui concerne le ravitallement de l'Espagne et du Portugal, aux Flandres. Dès les premières décennies du XVIe siècle se dessine une suprématie de l'artillerie et peut-être de la poudre nordique. Toutes questions d'importance. Qu'une centaine de pièces d'artillerie arrivent en 1566, des Flandres à Malaga, l'événement est aussitôt noté par les correspondances diplomatiques [...]


Oscaribou
Merci OlivierT pour vos réponses.
Je possède le Tome 3 de "La Méditerrannée..." qui est effectivement un monument dans son genre.
Mais, est-ce du à une construction extrêmement rigoureuse ne laissant aucune place à la distraction du lecteur, toujours est-il que j'ai le plus grand mal à "rentrer" dans l'ouvrage...
Je m'incline platement devant l'immensité de l'oeuvre mais je reste dubitatif devant son accessibilité. "Le XVIe siècle" de Benassar me semble, dans le genre ouvrage d'érudit, plus facilement compréhensible pour le béotien qui veut se soigner (notez bien que je me garde de porter tout jugement sur le fond).

Oliviert
Bartolomé Benassar et Fernand Braudel ont en commun de s'interesser à une vue d'ensemble. Mais à part ça, il sont très différents. Benassar est du sud. Braudel est du nord. Benassar est rempli d'une vigueur languedocienne et d'un romantisme espagnol. Braudel est au contraire plein de désillusions après que la guerre de 14-18 a ravagé sa Lorraine natale et a montré la stupidité des actes de bravoure. Benassar aime le sensationnel, l'utopie, comme le montre le titre de ses ouvrages "Cortes, le conquérant de l'impossible", "Un voyage extraordinaire au XIXe siècle". Braudel aime les choses humbles comme les fonderies et les bateaux ronds qui apportent le ravitaillement. Benassar dramatise, par exemple, il déclare que les reines sont soumises à un "harcèlement procréateur", alors que Braudel dira qu'on demande aux reines de donner des héritiers males comme on le demande aussi à des paysannes du Berry ou de Macédoine. Personnellement, je préfère Braudel parce que je suis un homme du nord de la Loire, mais il faut de tout pour faire un monde.

André Sanphrapé
Le Tome 3 de La Méditerranée est celui qui m'a le moins convaincu, qui a le plus vieilli. Il s'agit ni plus ni moins que d'une histoire politique événementielle de la Méditerranée de 1550 à 1598. Braudel en était lui-même bien conscient puisqu'il avait écrit dès les premières lignes de l'édition de 1966 (et des suivantes) : « J'ai beaucoup hésité à publier cette troisième partie sous le signe des événements ; elle se rattache à une histoire franchement traditionnelle. Léopold von Ranke y reconnaîtrait ses conseils, sa façon d'écrire et de penser. »

Maharbbal
Pour ce qui est des relations entre la France et l'Espagne un (gros) volume est paru sur l'espionage espagnol en france après les guerres de religions. C'est une sujet rigolo donc je vous donne la référence:
Hugon, Alain (2004). Au service du roi catholique : "honorables ambassadeurs" et "divins espions" : représentation diplomatique et service secret dans les relations hispano-françaises de 1598 à 1635, Madrid : Casa de Velázquez, XII-700 p.

Sinon toujours pour le plaisir, puisque c'est paraillement du début du XVIIe dont il s'agit, il y a toujours les passionantes et véridiques aventures du capitaine Alonso de Contreras. Si vous lisez l'espagnol, ça a tout simplement un charme indescriptible. Braudel disait que c'était le meilleur morceau de littérature picaresque.

Il y a par ailleurs des tripotés de livres sur les guerres de Philipe II (pas toujours en français il faut dire).

Oscaribou
Sincères remerciements pour ces références ; je vais essayer de dénicher le Hugon.
Bien d'accord pour la difficulté de trouver des livres en français : j'ai le même problème avec les Morisques (en particulier la révolte de 1568-1571 "matée" par Dom Juan d'Autriche) et la "Mora de Ubeda", sans parler de Lucrèce de Leon dont je fais mention dans un autre message : quasi-impossible de trouver livre ou article en français !
J'aurais vraiment mieux fait de choisir l'espagnol plutôt que le latin...
regrets, regrets....


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Message Publié : 13 Avr 2007 17:44 
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Fustel de Coulanges
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Localisation : Lorrain en exil à Paris
Châtillon a écrit :
Le choix de la couverture est particulièrement déconcertant, autant par sa couleur, sa texture et par l'image qui y est reproduitee.
Dès qu'il se pourra, je le lirais avec interet.

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"[Il] conpissa tous mes louviaus"

"Les bijoux du tanuki se balancent
Pourtant il n'y a pas le moindre vent."


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Message Publié : 13 Avr 2007 17:45 
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Fustel de Coulanges
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Localisation : Lorrain en exil à Paris
Châtillon a écrit :

Image
Monique Chatenet La cour de France au XVIe siècle, Picard, 2002, 387 pages

Il me semble avoir déjà parler de cet ouvrage sur ce forum, mais sa qualité m'oblige à le placer dans notre bibliothèque.

Cet ouvrage est - à mon avis - une très grande référence sur la vie quotidienne des rois, des reines et de leurs cours de Charles VIII à Henri III.
La qualité réside sur
* la grande quantité d'illustration ( plan et gravure ) qui permet de bien cerner la logique de l'espace et de son utilisation protocolaire dans les châteaux royaux.
* les citations à toutes les pages de témoignages d'époques en français, en italien, anglais (les rapports des ambassadeurs en particulier)...

L'auteur fait

-le tour des châteaux royaux (avec illustration à l'appui de châteaux royaux, notamment les moins connus comme Madrid, Villers-Cotterêts ou Charleval)

- du déroulement d'une journée du roi (lever public, messe publique, dîner public,...)

- de la disposition de son logis dans les châteaux (chambre, cabinet, garde robe, salle du roi et salle de conseil) avec pour chaque salle les informations cruciales, qui peut y entrer, qui y dort, quels mobiliers, quels chemins pour aller de là à là. Et puis les salles de jeu de paume (placé dans les douves au Louvre et à Saint Germain), les ménageries, etc ...

- de la disposition des logis de la reine et des Grands. Exemple à Saint Germain, Diane de Poitiers est logée en dessous de Catherine de Médicis et le roi entre la reine et le connétable, à l'autre bout la sœur du roi Marguerite ... au deuxième étage, une chambre pour le maréchal de Saint André, une autre pour le cardinal de Lorraine, etc ...

- des fêtes (bal, évènement princiers) ; on les fait dans des fêtes dans des salles éphémères, mais peu à peu, les rois en construisent en dur (St Germain, Fontainebleau, le Louvre et enfin la plus grande des salles, le petit Bourbon en face du Louvre)

- des séjours du roi chez les particuliers. On voit que les Grands achètent des châteaux sur les routes stratégiques pour avoir l'honneur de loger le roi. Le connétable contrôle ainsi tout le Nord de la région parisienne.

Deux choses

* On se rend compte à travers ce bouquin des réalités de la vie d'un roi et d'une cour que les livres d'histoire ne transmettent pas.

* Enfin, je retiendrais que tout au long du XVIe siècle, on assiste à une rigidité de la vie royale. Le roi est de moins en moins familier. On tente de repousser les courtisans. La cour de France se spécifie en Europe par sa grande familiarité mais celle-ci se perd peu à peu : renforcement des gardes, des barrières et allongement des pièces. On n'approche pas le roi Henri III comme on approchait autrefois François Ier.
Toutefois, c'est bien pendant les guerres des religions, que la cour de France connut le plus grand nombre de fêtes et de bals. L'apogée de la danse et "des garden parti" c'est sous Charles IX et Henri III.

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"[Il] conpissa tous mes louviaus"

"Les bijoux du tanuki se balancent
Pourtant il n'y a pas le moindre vent."


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