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Message Publié : 06 Fév 2019 1:38 
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Jean Froissart
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Inscription : 03 Jan 2008 23:00
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L'empire français se trouva, dès son origine, entraîné dans une spirale infernale de conflits liés à un contexte international relevant directement des conséquences des guerres de la révolution.

Si l'on tente de chercher une sorte de début à une crise qui allait durer dix ans, l'on peut peut-être la trouver, sur le théatre continental européen, dans la décision du tout nouvel empereur des français, Napoléon Ier, de joindre à la couronne impériale l'Italie du Nord, qui avait été transformée en républiques vassales du Directoire après les victoires du jeune Bonaparte en 1796/1797. Ces conquêtes avaient arraché les provinces du nord italien à une Autriche jalouse de cette zone d'influence depuis le début du XVIIIème siècle.

Couronné empereur des français le 2 décembre 1804, Napoléon et ses conseillers décident en effet de joindre à l'empire un "royaume d'Italie" qui est créé au début de l'année 1805.

Cette décision est considérée aussitôt par la Cour de Vienne comme un véritable casus belli, lui fermant définitivement toute influence au sud du Tyrol.

D'accords diplomatiques en crises, la situation aboutit en septembre 1805 à l'entrée en guerre de l'Autriche, soutenue par la Russie, dans le cadre d'une coalition dont la maîtrise politique revient à l'Angleterre.

Le 2 décembre 1805, jour anniversaire du couronnement impérial, tout est consommé à Austerlitz pour les coalisés austro-russes, qui subissent une défaite magistrale. Pourtant, si l'Autriche envahie et ayant perdu son armée opérationnelle se trouve réduite à composer, la Russie fait comme si de rien n'était.

A l'été 1806, la Prusse, qui n'avait pas voulu se joindre à l'alliance anti-française de l'année précédente, rentre en guerre toute seule, par une décision politiquement invraisemblable, et qui s'avèrera militairement désastreuse. Le 14 octobre 1806, lors des deux batailles simultanées de Iéna et Auerstaedt, le corps de bataille prussien est littéralement annihilé par les corps d'armée français.

Et voici les français à Berlin.

Le premier semestre de l'année 1807 verra la sanglante bataille d'Eylau, horrible match nul en pleine neige entre russes et français, et, le 14 juin, la victoire napoléonienne sans appel de Friedland. La Russie admet de mauvaise grâce son échec et, à Tilsit, en juillet, les deux empereurs, Napoléon et Alexandre Ier, trouvent un accord qui s'avèrera peu durable ...

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"Notre époque, qui est celle des grands reniements idéologiques, est aussi pour les historiens celle des révisions minutieuses et de l'introduction de la nuance en toutes choses".

Yves Modéran


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Message Publié : 06 Fév 2019 1:39 
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Jean Froissart
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Inscription : 03 Jan 2008 23:00
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En occupation à Berlin à la fin de l'année 1806, Napoléon a décidé de sauter définitivement le pas contre l'Angleterre, et a décrété le blocus continental, mesure ayant pour effet d'interdire toute entrée des produits commerciaux anglais sur le continent européen, comme aussi d'interdire toute exportation vers les îles britanniques.

Ce sera, en plein triomphe des aigles, le commencement de la fin.

Car, en effet, il devient alors nécessaire, indispensable même, de s'assurer du contrôle du littoral européen.

De là va découler la catastrophe de l'intervention française au Portugal, puis en Espagne même, au printemps/été 1808.

L'europe observe et se tait cependant que Napoléon envoie d'abord un corps d'armée, puis deux, puis trois dans la péninsule ibérique, avant d'y intervenir lui-même. Il écrase les armées espagnoles, chasse d'un revers un premier corps d'intervention anglais; rien n'y fait. La capitulation du corps commandé par le général marquis Dupont de l'Etang, à Baylen, est un coup de tonnerre : les français ne sont pas invincibles.

Or, depuis le début de 1806, l'Autriche s'est lancée dans un ambitieux programme de réarmement et de rénovation de son appareil tactique. L'Archiduc Charles, frère de l'empereur François et grand militaire, que l'on avait pas voulu écouter en 1805, devient commandant en chef et mène le tout, dans une volonté affirmée de revanche.

Et l'Archiduc Charles se lance alors dans une série de réformes accélérées.

Refonte des divisions, décalque sur les armées autrichiennes du système de commandement intégré des corps d'armée français, création d'une landwehr, sorte de garde nationale complétant les régiments de ligne, modification de l'artillerie, tout y passe ... et augmentation des effectifs globaux de l'ancienne armée du Saint empire romain germanique, qui devient l'armée "K UND K", Königlische und Kaiserlische.

Les effectifs théoriques passent ainsi en moins de trois ans de 280 000 hommes opérationnels à plus de 450 000 hommes mobilisables. Ca change tout ...

Janvier 1809.

Napoléon est encore en Espagne, ou il essaye de remettre de l'ordre, quand il apprend par sa diplomatie et ses services de renseignements militaires que l'Autriche est prête à passer le pas.

Ce que l'on ne peut pas reprocher à l'empereur des français, c'est un défaut de prévoyance. En Bavière, alliée de la France, devenue royaume par la grâce de Napoléon, et géographiquement la première cible d'une offensive autrichienne vers l'ouest, sont concentrés en observation deux corps d'armée.

L'un est composé des unités bavaroises et wurtembergeoises de la Confédération du Rhin, l'autre, surpuissant, est constitué de cinq divisions d'infanterie et une division de cuirassiers français, sous les ordres du maréchal Davout, l'un des meilleurs lieutenants de l'empereur.

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Message Publié : 06 Fév 2019 1:42 
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Jean Froissart
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Inscription : 03 Jan 2008 23:00
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Ses affaires rétablies en Espagne, Napoléon revient à Paris à une vitesse folle, et arrive aux Tuileries à une heure du matin. "On aurait dit que la foudre venait de tomber sur le chateau", racontera un contemporain.

En pleine nuit, l'empereur fait réveiller ses ministres, les unités du grand quartier général impérial restées à Paris : tout le monde, et tout de suite !

Berthier, Major-Général des armées impériales, avait été dépêché par Napoléon pour commander les corps d'observation de Bavière.

Il fait parvenir aux Tuileries un message laconique : "les autrichiens ont franchi l'Inn (affluent du Danube) : c'est la guerre."

Nous sommes mi-avril 1809, en Bavière.

Comme l'essentiel de l'ancienne Grande Armée est aujourd'hui engagée en Espagne, dans un conflit atroce qui durera cinq ans, il a fallu reployer vers le sud de l'Allemagne les troupes françaises en occupation, concentrer les divisions de la Confédération du Rhin, et appeler de nouveaux conscrits.

De ce fait, l'armée impériale qui va combattre, si elle dépasse largement par son chatoiement la Grande Armée de 1805 dont les uniformes étaient encore très largement de type révolutionnaire, est moins efficace, car moins entraînée et aguerrie. Il va falloir que les régiments combattent de manière plus ramassée, ce qui entraînera des pertes plus lourdes.

De même, nombre de maréchaux parmi les plus prestigieux sont eux aussi en Espagne. Napoléon va être ainsi amené à appeler au service d'anciens généraux républicains qu'il avait par méfiance laissé de côté depuis 1804, ou qui n'avaient pas voulu servir le nouveau régime en train de se constituer. C'est ainsi que Macdonald et Gouvion Saint-Cyr vont répondre présents, cette fois, et gagner leur bâton de maréchal dans la campagne qui s'annonce.

Cette campagne sera d'ailleurs tripartite.

Si en effet nous concentrerons notre propos sur la campagne d'Allemagne, la plus importante, il ne faudrait pas passer sous silence deux autres théatres d'opération qui auront leur importance.

Dans le Grand-Duché de Varsovie, le général Prince Poniatowski mobilise une petite armée polonaise, qui tiendra la dragée haute à une armée autrichienne et, surtout, la fixera à l'est, l'empêchant ainsi de venir renforcer le principal corps de bataille lors de la grande explication de Wagram.

En Italie du Nord pendant ce temps, dans le royaume d'Italie, le prince Eugène de Beauharnais, vice-roi, aura pour tache de son côté de fixer également une autre armée autrichienne. Il échouera d'ailleurs et, l'une suivant l'autre, les deux armées se retrouveront, elles, à Wagram auprès de leurs grandes masses respectives.

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Message Publié : 07 Fév 2019 19:45 
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Pierre de L'Estoile
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Inscription : 13 Mars 2010 20:44
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Quand Napoléon revient d'Espagne c'est le moment de la fameuse engueulade aux Tuileries contre Talleyrand
Et oui, l'armée de 1809 vient de la conscription, elle est inexpérimentée et compensera hélas par des formations massives victimes de l'artillerie
Seule la Garde sera soigneusement reformée avec des troupes expérimentées

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il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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Message Publié : 12 Fév 2019 1:28 
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Jean Froissart
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Inscription : 03 Jan 2008 23:00
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L'Archiduc Charles tape le coup d'envoi avec une armée de 130 000 hommes et 262 pièces d'artillerie, en envahissant le royaume de Bavière selon un axe est-ouest, le long du Danube.

Le maréchal Berthier, Major Général, qui attend désespérément Napoléon, dont les directives par courrier accentuent son indécision, prend alors la décision catastrophique de vouloir protéger toutes les lignes de pénétration à la fois.

Ce faisant, il isole le corps d'armée du maréchal Davout, qui se retrouve en pointe de flèche autour de Ratisbonne. Davout ne le pardonnera jamais à Berthier ...

Moyennant quoi, le commandant du troisième corps reste l'un des meilleurs généraux de l'empereur, voire le meilleur. Davout parvient à replier lentement ses colonnes vers les troupes bavaroises et le corps d'armée du maréchal Masséna. Il est aussi aidé par l'étrange pusillanimité de l'armée autrichienne qui, en situation de briser en deux le dispositif impérial dès le début de la campagne, met un temps si long à déployer ses corps d'armée qu'entretemps le mal est réparé, et, surtout, l'empereur arrive.

La situation va alors changer en 24 heures...

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Message Publié : 12 Fév 2019 1:29 
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Jean Froissart
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Inscription : 03 Jan 2008 23:00
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Le 19 avril 1809 au matin, l'empereur lance une offensive tactique d'une brutalité et d'une rapidité inouïe qui, en quatre jours, va briser en deux le corps de bataille autrichien, rejeter l'essentiel de l'armée de l'Archiduc Charles au nord du Danube cependant que deux corps désemparés, restés au Sud, retraiteront en catastrophe vers Vienne.

Ce 19 avril, c'est le maréchal Lefebvre, à la tête des divisions royales bavaroises, qui est à l'honneur. A Abensberg, sous les yeux de Napoléon, les bavarois se couvrent de gloire en participant activement à la libération de leur royaume.

Leur infanterie percute littéralement le corps d'armée du général Rosenberg qui, manquant d'appui, est mis en semi-déroute.

Dans le même temps, l'ensemble des corps d'armée napoléoniens procèdent à une marche concentrique dont le but est de couper les autrichiens du Danube et de leurs lignes de repli.

Comment l'Archiduc a-t-il pu laisser ses 130 000 hommes s'avancer ainsi sans réelle coordination entre les regroupements de corps d'armée ? Toujours est-il que, dès le soir du 19, et sans même en être conscient, son armée est en déséquilibre, avec les franco-bavarois qui viennent de taper au centre cependant que Davout repart sur son flanc droit, vers Ratisbonne, et que Masséna démarre une tenaille sur le flanc gauche, vers l'Isar.

Le 20 avril, c'est le choc qui déséquilibre définitivement l'Archiduc. A Eckmühl, l'infanterie française prend la suite des bavarois. En fin d'après-midi aura lieu l'un des plus grands chocs de cavalerie lourde de ces années qui n'en manquèrent pas.

Le commandement autrichien, pour préserver le repli des divisions, lance dans la bataille plus de 40 escadrons de cuirassiers.

Mais la réserve de cavalerie générale de l'empire est présente : le général Nansouty contrecharge avec ses propres cuirassiers.

"On entendait la terre trembler à une demi-lieue", racontera le capitaine Marbot, officier d'état-major du maréchal Lannes.

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