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 Sujet du message : Re: Et les archers ?
Message Publié : 03 Mai 2017 18:32 
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Eginhard
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Localisation : Généralité de Riom & Bourbonnais
en écho aux nombreux témoignages contemporains fort intéressants reproduits par Cyril sur les régiments Kalmouks et Bashkirs de l'Armée Russe

celui de Jean Viennet du 2e Régiment d'Artillerie de Marine durant la campagne d'Allemagne de 1813, portait guère plus flatteur que ceux d'autres vétérans

Que cette humanité est laide dans quelques-unes de ces parties! Cette autre réflexion me vient au souvenir des peuplades sauvages qui défilaient à travers les rues [de Leipzig] à la suite de l'armée russe (...) cette hideuse colonne (...)
C'étaient des Kalmoucks, des Baskirs, vingt autres nations barbares venues du Caucase ou des frontières de la Chine pour prendre part au pillage de la France avec leurs carquois, leurs flèches, leurs longues lances, leurs chevaux étiques et infatigables, leurs guenilles domestiques, leurs sales fourrures et leurs faces de Huns, de Tatars et de Mandchous.
Un officier Suédois qui s'amusait à leur faire des grimaces m'assurait qu'ils étaient 50 000 et que tout cela rôdait autour de nous depuis trois ou quatre mois pour intercepter nos convois, nos correspondances, pour saisir nos soldats isolés, nos faibles détachements et les piller à merci.
Mon régiment le savait depuis Lützen, car, au moment où nous battions le gros de l'armée alliée, ces pillards nous enlevaient nos valises sur les derrières de la nôtre.
Ils n'étaient pas autrement à craindre. Vingt hommes groupés suffisaient pour imposer à des milliers de ces canailles. Je me rappelle que, dans une reconnaissance, une bande était venue nous lancer des flèches de deux pieds de long que nous accueillîmes par des éclats de rire, et dix coups de fusil la mirent en fuite


Les hommes de Napoléon
Témoignages 1805-1815

présenté par Christophe Bourachot


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 Sujet du message : Re: Et les archers ?
Message Publié : 03 Mai 2017 19:29 
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Plutarque
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Merci pour ce témoignage.
Dans les témoignages de vétérans le rejet physique des peuples d'Asie centrale fait autant l'unanimité que le mépris des Juifs... :rool:


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 Sujet du message : Re: Et les archers ?
Message Publié : 03 Mai 2017 21:57 
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Eginhard
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Localisation : Généralité de Riom & Bourbonnais
à la lecture de ce passage je pensais justement aux autres descriptions "ethnologiques" des autres nations et peuples dont les juifs chez ces mémorialistes, et sur ces derniers dans mon souvenir il y'a des opinions variables et non pas unanimement anti-juives, on trouve bien des commentaires philosémites ou simplement descriptifs qui plaignent leur sort etc...de même que les passages peu chaleureux à l'égard des juifs polonais et de l'Empire Russe ne sont sans doute à pas généraliser à tous les juifs selon les rédacteurs
parmi ces nombreux soldats "mémorialistes" il y'a même eu la publication des souvenirs d'un soldat juif allemand de Westphalie


Dernière édition par Loïc le 03 Mai 2017 22:02, édité 1 fois.

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 Sujet du message : Re: Et les archers ?
Message Publié : 03 Mai 2017 22:01 
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Plutarque
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J'ai surtout croisé des portraits de Juifs mettant l'accent sur la fourberie et l'attrait irrésistible pour l'argent.
A quoi il faut ajouter une description de l'étrangeté et la saleté des communautés les plus pauvres d'Europe.


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 Sujet du message : Re: Et les archers ?
Message Publié : 06 Mai 2017 17:55 
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Fustel de Coulanges
Fustel de Coulanges
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J'ai poursuivi cette parenthèse ici :
viewtopic.php?f=55&t=40006

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" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)


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 Sujet du message : Re: Et les archers ?
Message Publié : 08 Mai 2017 8:04 
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Fustel de Coulanges
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Pour revenir au sujet :

« Nous nous bâtâmes encore devant Heilsberg et à Friedland. Un ce dernier lieu, quel spectacle ! Nous chargions des cavaliers russes de la Sibérie qui tiraient des flèches. Une centaine furent sabrés, les autres se rendirent. Beaucoup s'étaient peint le visage en bleu pour nous effrayer. »
(Bro, Mémoires)



« Au centre cheminait un fort convoi de vivres et de munitions qu'il était très important de conserver, et sur les flancs, des tirailleurs, des masses et une artillerie bien servie répondaient victorieusement aux nombreuses tentatives faites pour nous entamer. C'est surtout par leur cavalerie légère que les assaillants cherchaient à nous intimider. Les hourras se succédaient coup sur coup; l'air retentissait incessamment de cris sauvages et baroques ; des flèches sans nombre sifflaient sur nos têtes ou venaient tomber dans nos rangs. Tout cela était l'œuvre de quelques milliers de Baskirs (Tartares mahométans) et de ces hideux Kalmouks à grosse tête que l'autocrate montre à ses ennemis comme pour les épouvanter. Rien ne m'a paru étrange comme l'aspect de pareilles races aux prises avec les enfants de la France.
L'Europe et l'Asie, le Christ et Mahomet, le moyen âge et le XIXe siècle luttant ensemble au centre de l'Allemagne ! Vit-on jamais macédoine plus étrange? Mais les flèches répondent mal à une grêle de balles et de boulets. Baskirs et Kalmouks se sont bientôt lassés d'un combat inégal, et alors c'est avec leur artillerie que les Russes ont voulu mettre du désordre dans nos colonnes. Ceci était plus sérieux.
[…]
Nous étions là encore le 22 au matin, toujours débarrassés du voisinage de l'ennemi et ne songeant guère à lui, lorsqu'ayant voulu manœuvrer en retraite pour nous rapprocher de Dresde, point essentiellement commis à notre garde, cet ennemi s'est rencontré tout à coup comme si la terre l'eût recélé dans ses entrailles. C'était encore à ces honnêtes Baskirs, les meilleures gens du monde, que nous avions affaire.
Malgré leurs cris aigus, leurs charges prudentes, leurs flèches, voire même malgré le feu de quelques pièces d'artillerie légère qui formaient la basse de leur diabolique concert, notre mouvement a continué avec le plus grand ordre. Parvenus ainsi à Lochwitz, point intermédiaire entre Dresde et Pirna, nous avons pris une bonne position où les Baskirs n'ont plus songé à nous inquiéter. Les Cosaques ne sont redoutables qu'à ceux qui les craignent et leur montrent le dos ; mais ceci est bien autrement vrai des Baskirs et des Kalmouks. Je crois qu'avec un bon bataillon de voltigeurs bien pourvu de cartouches, on peut affronter toute cette canaille en quelque nombre qu'elle se montre. Notre cavalerie n'en aurait pas aussi bon marché, car les flèches effraient les chevaux par leur, sifflement, et leurs piqûres jettent du désordre dans les escadrons. »
(Fantin des Odoards, Journal)



« Le 18 [juin 1807], l'avant-garde rencontra des. Kalmoucks armés de leurs arcs et de leurs flèches; on s'en amusa beaucoup. »
(Girod de l’Ain, Dix ans de mes souvenirs militaires de 1805 à 1815)




Et dans les sables d’Egypte :

« Arrivée près de [Samanhout], l'avant-garde française, composée de hussards commandés par le capitaine Desvernois, ne fut pas plus tôt aperçue que près d'un millier de cavaliers, dont plusieurs n'étaient armés que de lances, d'arcs et de flèches, s'élancèrent à leur rencontre en poussant d'effroyables hurlements. Les hussards rétrogradèrent au pas : mais dès que les ennemis se trouvèrent assez loin des leurs pour ne pouvoir en être soutenus, ils se retournèrent vivement, les chargèrent avec impétuosité, en sabrèrent une cinquantaine qui restèrent sur le terrain et en blessèrent près de deux cents. Leurs compagnons épouvantés s'enfuirent en poussant des cris lamentables. Dans cet engagement, brillant prélude de la bataille qui allait être livrée, il n'y eut qu'un hussard tué et deux blessés. »
(Desvernois, Souvenirs militaires)

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 Sujet du message : Re: Et les archers ?
Message Publié : 09 Mai 2017 19:50 
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Plutarque
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Merci pour ces citations, c'est la première fois que je vois une mention de ces visages peints en bleu.


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 Sujet du message : Re: Et les archers ?
Message Publié : 03 Juin 2017 10:36 
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Fustel de Coulanges
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Une analyse plus raisonnable que celle de Benjamin Franklin :
« Comment quelqu’un pourrait espérer un succès en opposant des armes du 15e siècle aux boulets, bombes, boîtes à mitraille et balles du 19e siècle, même si ces guerriers avec leurs arcs et leurs flèches s’étaient présentés en un nombre incalculable ! »
(Davidov, In the service of the Tsar against Napoleon, the memoirs of Denis Davidov, 1806-1814)

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 Sujet du message : Re: Et les archers ?
Message Publié : 03 Juin 2017 13:24 
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Fustel de Coulanges
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Des archers à Paris en 1814 :
« La rue Saint-Honoré présentait l'aspect le plus extraordinaire; on y voyait circuler en même temps des Allemands, des Russes et des Asiatiques venus de la Grande Muraille de la Chine, des bords de la mer Caspienne et de ceux de la mer Noire. C'étaient des Cosaques avec leurs peaux de mouton, leurs longues lances, leurs barbes rousses et touffues, et le petit fouet nommé knout, attaché à leur cou ; des Kalmouks et d'autres tribus tartares, remarquables par leurs nez plats, leurs petits yeux et leurs teints d'un rouge foncé; des Bachkires et des Tungouses de Sibérie, armés d'arcs et de flèches ; des chefs Circassiens, nés au pied du Caucase, entièrement couverts de brillantes cottes de mailles en acier et qui portaient sur leurs têtes de longs casques pointus, tout à fait semblables à ceux que l'on portait en Angleterre dans les XIIe et XIIIe siècles »
(Underwood, Journal)

« La rue Saint-Honoré offrait le plus étonnant des spectacles. Les chefs des tribus du Don, dans leurs habits larges, suivant le mouvement de leurs chevaux avec une mesure qui faisait saillir leurs muscles à chaque pas; les Cosaques sauvages à moitié vêtus, avec leur ceinturon garni de pistolets, de haches et de montres, accroupis sur de misérables poneys gris, sales et en guenilles; le garde impérial russe, avec la taille serrée comme une guêpe, flânant comme un géant, avec des airs de triomphateur qui faisaient jurer entre ses dents tout Français qui passait auprès; l'officier anglais, avec sa figure de grand garçon et ses larges épaules; le lourd Autrichien, le Prussien tiré à quatre épingles, et par-ci par-là quelque Tartare Baskir avec l’ancien bonnet phrygien et l'arc et les flèches, regardant du haut de son cheval les grisettes aux yeux noirs, et circulant au milieu des juifs, des Turcs et des chrétiens de toutes les contrées du monde. C'était un panorama qui éblouissait les yeux du matin au soir... »
(Haydon, Journal)


Retour sur les bords du Niémen :
« Les Russes ayant repassé le Niémen, les régiments de ligne furent reportés sur la rive gauche. Dès les premiers jours de l'armistice, j'obtins la permission d'aller à Tilsitt.
Je rencontrai dans la ville un officier russe qui me proposa de visiter les camps de la rive droite. Nous passâmes le fleuve avec un autre officier dans une barque conduite par le Russe.
Ses camarades nous reçurent avec une cordialité toute militaire. Après le dîner, nous parcourûmes les bivouacs. Ceux des Cosaques du Don, des Kalmouks, et des Kirguiss, attiraient spécialement notre attention. Nous vîmes les Tartares tirer l'arc et, comme ce jeu est en usage dans le nord de Paris, je surpris les Kirguiss en tirant avec une certaine adresse les flèches qu'ils me donnaient. Le but était un bonnet piqué sur une lance à une distance de soixante pas. Les Tartares ne revenaient pas de leur étonnement de trouver en moi un rival. »
(Rumigny, Souvenirs)

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 Sujet du message : Re: Et les archers ?
Message Publié : 10 Juin 2017 10:38 
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Fustel de Coulanges
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