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Message Publié : 07 Août 2016 3:53 
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Philippe de Commines
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J'aimerais avoir des informations concernant la maniere dont la Revolution fut ecrite/interpretee depuis 200 ans :

Connait-on les premiers ouvrages ecrits sur la question ? Et qu'en etait-il de la representation de la Revolution ? Une censure fut-elle exercee lors de periodes particulieres (ex : 1er Empire, Restauration) ?

Peut-on evoquer une genealogie de l'historiographie de la Revolution ? Et quel(le)s sont les periodes de reference, les ecoles de pensee (ex : les historiens dits ''marxistes''), les auteurs et livres ''incontournables'' ? De meme, quels sont les ouvrages deconsideres a l'epreuve du temps et de l'analyse ?

Et, en 2016, est-il possible d'en tirer une sorte de bilan... definitif (!) ou en sommes nous encore a etudier certaines ''pistes'' ?


Merci pour vos reponses.

PS : Desole pour l'absence d'accents, mon clavier est thai.

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Message Publié : 07 Août 2016 6:58 
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Le premier récit historique solide est l'Histoire de la Révolution Française d'Adolphe Thiers, en 10 volumes publiés entre 1823 et 1827. Cette somme, complète et sérieuse, resta pour toute une génération - et à mon avis au delà - l'oeuvre de référence sur ce sujet.

En tous cas elle figurait encore dans la bibliothèque d'un de mes grands-pères. :wink:

Il y a sur Persée une analyse d'un historien anglais (écrite en 1994) "Thiers historien" qui explicite son approche : pour Thiers, lorsqu'une réforme est devenue nécessaire elle se produit fatalement, et les hommes politiques n'ont que peu de latitude face au poids des choses. Sous cette approche du "fatalisme historique" il déroule son récit, si j'ai bien compris, comme une suite de causes et d'effets contingents.

D'où le reproche, formulé dès cette époque, d'une certaine pauvreté d'analyse sur les causes de la Révolution, un aspect pourtant essentiel.

(Je me fais la réflexion que la période 1823-1827 n'était certainement pas la plus sereine pour examiner à froid et en détail les causes de la révolution, les monarques au pouvoir étant les frères de louis XVI... :rool: - Louis XVIII décède en 1824.)

J'arrête là sur ce sujet qui n'est pas mon terrain, je pense que des intervenants comme Jefferson, qui l'a certainement lue, seront plus complets - et me corrigeront si j'ai dit une ânerie... :wink:

En revanche j'ai eu l'occasion, adolescent, de lire dans une copieuse Encyclopédie de l'Histoire de France, la partie sur la révolution rédigée par Pierre Gaxotte. Même dûment prévenu qu'il était royaliste je dois dire que ça faisait un peu histoire de cannibales. Pourtant j'ai beaucoup apprécié de lire pour la première fois un récit de la Révolution à ce niveau de détail. Biaisé sans aucun doute, mais bien raconté.

Wiki m'informe que Pierre Gaxotte a publié son Histoire de la Révolution Française en 1928, et qu'il y a eu à cette époque - disons dans les années 30 - un courant historiographique dans le même axe, royaliste et anti-révolutionnaire, comprenant d'autres historiens : Jacques Bainville, Frantz Funck-Brettano...

Gaxotte a même publié un Louis XV destiné à réhabiliter le bien-aimé... (ce qui lui vaut d'être taxé au passage de mauvaise foi par Gilles Perrault, pour avoir écrit que "la cause de Beaumarchais [dans l'affaire Goezman] était si mauvaise qu'il ne trouva pas d'avocat pour le défendre." Alors qu'en réalité aucun avocat n'osa aller plaider dans un procès contre un juge du parlement Maupeou, forcément ! )

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Gaxotte

Et malgré ça honnête homme, secrétaire de Maurras et journaliste à "Je Suis Partout", mais violemment antinazi, il résilie ces fonctions, ne gardant au début de l'occupation que la direction du journal Candide, à Clermont-Ferrand, qui lui vaut rapidement des ennuis avec la censure du Maréchal pour son acidité envers l'occupant, ce qui le force à la démission. Inquiété ensuite par la Gestapo, il se cache dans le sud-ouest avec un ami juif et ne sera absolument pas inquiété à la Libération, où il rejoint le Figaro. (Cette guerre aura décidément vu toutes les trajectoires imaginables...)

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 07 Août 2016 15:14 
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Philippe de Commines
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Inscription : 25 Juil 2007 21:37
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Pierma a écrit :
Le premier récit historique solide est l'Histoire de la Révolution Française d'Adolphe Thiers, en 10 volumes publiés entre 1823 et 1827. Cette somme, complète et sérieuse, resta pour toute une génération - et à mon avis au delà - l'oeuvre de référence sur ce sujet.

En tous cas elle figurait encore dans la bibliothèque d'un de mes grands-pères. :wink:

Il y a sur Persée une analyse d'un historien anglais (écrite en 1994) "Thiers historien" qui explicite son approche : pour Thiers, lorsqu'une réforme est devenue nécessaire elle se produit fatalement, et les hommes politiques n'ont que peu de latitude face au poids des choses. Sous cette approche du "fatalisme historique" il déroule son récit, si j'ai bien compris, comme une suite de causes et d'effets contingents.

D'où le reproche, formulé dès cette époque, d'une certaine pauvreté d'analyse sur les causes de la Révolution, un aspect pourtant essentiel.

(Je me fais la réflexion que la période 1823-1827 n'était certainement pas la plus sereine pour examiner à froid et en détail les causes de la révolution, les monarques au pouvoir étant les frères de louis XVI... :rool: - Louis XVIII décède en 1824.)
Merci pour votre intervention.

Je savais que Thiers avait ecrit sur la Revolution mais je n'en connaissais pas la teneur et donc ce ''fatalisme historique''. J'ai parcouru
le lien et effectivement, vu le manque d'argumentation de Thiers, ''tout etait ecrit'' (!). Ca ressemble plus ou moins a des philosophies/religions de l'Extreme Orient... :mrgreen:

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Message Publié : 07 Août 2016 15:22 
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Jean Froissart
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Pour savoir comment a été interprétée la Révolution, ce qu'en disent les contemporains est intéressant à lire.

Les Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand décrivent les tribulations et expriment les sentiments, assez complexes, d'un jeune aristocrate peu fortuné, acquis aux idées des Lumières mais émigré par fidélité et dont le père et le frère sont passés sous la guillotine.

La Vie de Henri Brulard de Stendhal relate comment la Révolution a été vécue dans une famille de la bourgeoisie grenobloise divisée entre pro et anti-révolutionnaires.


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Message Publié : 26 Sep 2016 11:47 
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Jean Froissart
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Inscription : 14 Avr 2011 21:37
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L'histoire de la RF est aussi passionnante que l'historiographie du sujet. Les historiens depuis 200 ans - et c'est loin d'être fini - se disputent, s'affrontent, croisent le fer (et pas à fleurets mouchetés) pour savoir quelle interprétation donner à l'événement. Il y a eu des bagarres mémorables, et de vraies trahisons (voir la querelle Mathiez-Aulard, par exemple, ou Soboul-Furet).

Vous répondre, Robert, demanderait un post considérable. Vous pourrez jeter un œil à cette très bonne synthèse, qui date un peu, mais qui me semble vraiment pas mal, à la fois objective et bien argumentée. Ça fait quelque chose comme 60 pages. C'est dire l'ampleur du sujet.

http://hist-geo.ac-montpellier.fr/v1/IM ... phieRF.pdf

Pour ce qui est d'une historiographie achevée, les récents débats montrent qu'il n'en est rien. On parlait récemment de Onfray et Mélenchon sur un autre fil : on voit bien que la RF est encore une source de débats et d'arguments. Quand un homme politique de droite affirme qu'avec Mélenchon, ce serait le retour de Robespierre et de la guillotine, ce n'est pas anodin. Un homme de droite ne lit pas la Révolution comme un homme de gauche (et d'ailleurs les hommes de gauche ne sont eux-mêmes pas d'accord entre eux), parce que les événements de 1789 (et la décennie qui suit) résonnent encore fortement dans le présent : les questions ouvertes à l'époque n'ont toujours pas de réponses. On peut s'interroger, comme certains historiens marxistes : la Révolution est-elle terminée ?

Ce qui est certain, c'est que les mots des révolutionnaires (je pense à ceux qui ont voulu changer les choses) nous disent encore quelque chose aujourd'hui - leurs débats, leurs questions, leurs espoirs sont les nôtres. Quand je lis un discours de Brissot ou de Robespierre, ça me parle. Pour avoir participé à des séminaires à La Sorbonne, avec des chercheurs de l'IHRF, j'ai pu constater à quel point ceux-ci étaient politisés - sur trois heures de discussions sur tel ou tel aspect de la RF, il y avait toujours une bonne heure de discussions politiques assez soutenues.

Et comme la plupart sont d'infâmes gauchistes, c'était surtout pour regretter que l'héritage révolutionnaire ait été relégué dans une sorte de cabinet de curiosités.

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"Le génie mériterait les chaînes s'il favorisait les crimes des tyrans"


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Message Publié : 26 Sep 2016 16:46 
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Philippe de Commines
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Inscription : 25 Juil 2007 21:37
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Jefferson a écrit :
L'histoire de la RF est aussi passionnante que l'historiographie du sujet. Les historiens depuis 200 ans - et c'est loin d'être fini - se disputent, s'affrontent, croisent le fer (et pas à fleurets mouchetés) pour savoir quelle interprétation donner à l'événement. Il y a eu des bagarres mémorables, et de vraies trahisons (voir la querelle Mathiez-Aulard, par exemple, ou Soboul-Furet).

Vous répondre, Robert, demanderait un post considérable. Vous pourrez jeter un œil à cette très bonne synthèse, qui date un peu, mais qui me semble vraiment pas mal, à la fois objective et bien argumentée. Ça fait quelque chose comme 60 pages. C'est dire l'ampleur du sujet.

http://hist-geo.ac-montpellier.fr/v1/IM ... phieRF.pdf

Pour ce qui est d'une historiographie achevée, les récents débats montrent qu'il n'en est rien. On parlait récemment de Onfray et Mélenchon sur un autre fil : on voit bien que la RF est encore une source de débats et d'arguments. Quand un homme politique de droite affirme qu'avec Mélenchon, ce serait le retour de Robespierre et de la guillotine, ce n'est pas anodin. Un homme de droite ne lit pas la Révolution comme un homme de gauche (et d'ailleurs les hommes de gauche ne sont eux-mêmes pas d'accord entre eux), parce que les événements de 1789 (et la décennie qui suit) résonnent encore fortement dans le présent : les questions ouvertes à l'époque n'ont toujours pas de réponses. On peut s'interroger, comme certains historiens marxistes : la Révolution est-elle terminée ?

Ce qui est certain, c'est que les mots des révolutionnaires (je pense à ceux qui ont voulu changer les choses) nous disent encore quelque chose aujourd'hui - leurs débats, leurs questions, leurs espoirs sont les nôtres. Quand je lis un discours de Brissot ou de Robespierre, ça me parle. Pour avoir participé à des séminaires à La Sorbonne, avec des chercheurs de l'IHRF, j'ai pu constater à quel point ceux-ci étaient politisés - sur trois heures de discussions sur tel ou tel aspect de la RF, il y avait toujours une bonne heure de discussions politiques assez soutenues.

Et comme la plupart sont d'infâmes gauchistes, c'était surtout pour regretter que l'héritage révolutionnaire ait été relégué dans une sorte de cabinet de curiosités.
Heureusement !

Et merci, citoyen, pour les infos et le lien que j'irai consulter.

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Message Publié : 26 Sep 2016 16:52 
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Eginhard
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Vous pouvez lire ce petit ouvrage de 1970 très synthétique qui concerne votre sujet même si la période étudiée est plus longue : Alice Gérard, La Révolution française, mythes et interprétations, 1789-1970, Questions d'Histoire, Flammarion

Image


Vous avez sur ce lien un compte rendu de l'époque (Annales de Normandie) :

http://www.persee.fr/doc/annor_0003-413 ... _22_4_5813


L'Historiographie commence avec Edmund Burke.....

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«Κρέσσον πάντα θαρσέοντα ἥμισυ τῶν δεινῶν πάσκειν μᾶλλον ἢ πᾶν χρῆμα προδειμαίνοντα μηδαμὰ μηδὲν ποιέειν»
Xerxès, in Hérodote,

Ἐφελκυσάμην δὲ οὔτινα Μοῦσαν ὀθνεία.
Théocrite, Ep. XXII

«L'Empereur n'avait pas à redouter qu'on ignorât qu'il régnait, il tenait plus encore à ce qu'on sût qu'il gouvernait[...].»
Émile Ollivier, l'Empire libéral.


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Message Publié : 26 Sep 2016 16:59 
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Jean Froissart
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Oulligator a écrit :
L'Historiographie commence avec Edmund Burke.....


Tout comme l'historiographie de Robespierre commence au 11 thermidor (voire dès le 10, lorsque roule la coloquinte dans le panier d'osier...).

Mais sinon, 1970 pour une historiographie de la RF, c'est tout de même très ancien...

Pour ceux qui veulent creuser une affaire passionnante de l'historiographie révolutionnaire, le retour du match Danton/Robespierre, avec dans les rôles titre Mathiez et Aulard :

https://ahrf.revues.org/11113

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Message Publié : 26 Sep 2016 17:15 
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Eginhard
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Jefferson a écrit :
Mais sinon, 1970 pour une historiographie de la RF, c'est tout de même très ancien...



Oui certes mais je pense que sur les premières années qui suivent la révolution, même plutôt les premières décennies, Robert Spierre peut trouver une part de son bonheur, ce ne sera pas très à jour je vous l'accorde. J'ai consulté ce petit ouvrage à l'époque où je faisais mes études d'Histoire en 1ère année, il faut que je me mette à jour je vous l'accorde lol

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«Κρέσσον πάντα θαρσέοντα ἥμισυ τῶν δεινῶν πάσκειν μᾶλλον ἢ πᾶν χρῆμα προδειμαίνοντα μηδαμὰ μηδὲν ποιέειν»
Xerxès, in Hérodote,

Ἐφελκυσάμην δὲ οὔτινα Μοῦσαν ὀθνεία.
Théocrite, Ep. XXII

«L'Empereur n'avait pas à redouter qu'on ignorât qu'il régnait, il tenait plus encore à ce qu'on sût qu'il gouvernait[...].»
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Message Publié : 26 Sep 2016 18:00 
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Jean Froissart
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Disons qu'après 70, il s'en est passé des choses dans l'historiographie révolutionnaire. L'affaire Furet a fait bouger les lignes, et les marxistes se sont fait plus discrets.

L'historiographie révolutionnaire francaise reste encore, je pense, très liée à l'héritage de l'école jacobine, et au tryptique Société des Études robespierristes/Annales Historiques de la RF/Institut national de la RF, mais les chercheurs sont probablement moins engagés qu'autrefois.

Mais engagés tout de même : je me souviens de Pierre Serna ouvrant un séminaire, fou de rage, parce qu'il avait appris qu'Aurelien Legrand, ancien élève de J.C. Martin (je crois bien), était devenu l'une des plumes du FN. C'était pour lui une authentique trahison et Serna entendait bien que l'IHRF se prépare à contrer un torrent de boue contre-révolutionnaire. Il avait vraiment présenté ce revirement comme une apostasie.

Les héritiers de l'école libérale sont encore bien présents, mais l'école contre-révolutionnaire a disparu des publications sérieuses, récupérée par une poignée de crypto-royalistes et journalistes catholiques (et cathodiques).

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