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Message Publié : 10 Juin 2017 9:40 
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Fustel de Coulanges
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MadamO a écrit :
Merci, mon cher Drouet Cyril. Franchement, je ne suis pas sûre que Masson ait usè de cette citation tirèe des Memoires de mme d'Abrantes. Il est probable qu'il existe une autre source.


Peut-être une autre source d’inspiration (toujours la duchesse d’Abrantès, mais lors du retour d’Egypte) :
« Bonaparte était contraint de se taire, et ne pouvait combattre par aucun argument les armes irrésistibles de deux jeunes et innocentes créatures [Hortense et Eugène], qui étaient à ses genoux , mouillaient ses mains de leurs larmes, et lui répétaient : «N'abandonnez pas ma mère !... elle en mourra !... et nous, pauvres orphelins, nous dont l'échafaud a déjà dévoré le protecteur naturel, faut-il que l'injustice nous prive de celui que la Providence nous avait envoyé ? »


MadamO a écrit :
Cher Drouet Cyril, je vous prie de m'aider á combler cette lacune.
Pourriez-vous publier ici tous les passages des Cahiers dans lesquels Josèphine est mentionnée d'une manière ou d'une autre?


Les trois tomes que je possède ont près de 1000 pages et, surtout, n'ont pas d'index. Ce que vous me demandez nécessiterait trop de temps. Désolé...

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Message Publié : 10 Juin 2017 10:11 
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Fustel de Coulanges
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MadamO a écrit :
Je sais qu'il y en a trés crus et pittoresques lol


Sans doute pensez-vous à celui-ci :
"On a dit d'ailleurs que Joséphine avait propagé cette idée [l'impuissance de Napoléon] pour donner le change à l'opinion et contrarier le divorce. Elle l'avait dit à Mme Duchatel qui, causant un jour ["une nuit" dira-t-il plus tard] avec moi, à la Malmaison, éclata tout à coup de rire :
-Qu'avez-vous ? lui dis-je.
-Je pense, dit-elle, à ce que l'Impératrice soutient : que cela est clair comme de l'eau ; je trouve au contraire que cela est fort épais."

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Message Publié : 10 Juin 2017 10:28 
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Thucydide
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Localisation : Moscou, où il neige
Drouet Cyril a écrit :
MadamO a écrit :
Je sais qu'il y en a trés crus et pittoresques lol


Sans doute pensez-vous à celui-ci :
"On a dit d'ailleurs que Joséphine avait propagé cette idée [l'impuissance de Napoléon] pour donner le change à l'opinion et contrarier le divorce. Elle l'avait dit à Mme Duchatel qui, causant un jour ["une nuit" dira-t-il plus tard] avec moi, à la Malmaison, éclata tout à coup de rire :
-Qu'avez-vous ? lui dis-je.
-Je pense, dit-elle, à ce que l'Impératrice soutient : que cela est clair comme de l'eau ; je trouve au contraire que cela est fort épais."


Eh bien oui, j'ai en vue ce type de confidences lol

Alors, je serai plus précise: cher ami, je vous prie de publier ici les morceaux concernant le divorce impérial ;)


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Message Publié : 10 Juin 2017 10:35 
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MadamO a écrit :
Eh bien oui, j'ai en vue ce type de confidences lol


Concernant Désirée Clary, c'est encore plus cru...

MadamO a écrit :
Alors, je serai plus précise: cher ami, je vous prie de publier ici les morceaux concernant le divorce impérial


Je vais voir, mais je ne vous promets pas d'être exhaustif.

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Message Publié : 10 Juin 2017 11:21 
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Thucydide
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Localisation : Moscou, où il neige
Cher ami, je connais bien cette citation sur Désirée Clary :oops:

Mille fois merci pour votre aide.


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Message Publié : 11 Juin 2017 8:53 
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Bertrand (Cahiers de Sainte-Hélène).

19 mai 1816 :
« L’Impératrice était jalouse, mais sa jalousie venait de la politique et non de l’amour. Elle craignait le divorce, ce qui la rendait très tourmentante.

Mars 1818 :
« Le divorce était une chose si naturelle, si politique, si importante pour tout le monde que jamais je n’ai regardé cela comme une difficulté. Je savais bien que j’y ferais aisément consentir Joséphine et ses enfants. Fouché vint gâter cela en y mettant le nez. Je l’eus renvoyé pour avoir osé porter les regards dans mon lit, si cela n’avait eu l’air d’éliminer cette idée de divorce.
Lorsque j’y fus décidé, je fis comprendre à l’Impératrice que le divorce était nécessaire dans son état à elle. C’était dans l’intention de divorcer que je l’avais fait couronner impératrice ; sans cela je ne l’eus pas fait, car c’était inutile ; Le divorce (sans le couronnement) eût peut-être paru n’avoir pour but que de mettre de côté un mariage ridicule ou clandestin. Au lieu qu’après le couronnement qui était un acte solennel, le divorce, lui-même acte solennel, ne faisait que consacrer l’établissement de l’Impératrice. Que fallait-il pour que l’Impératrice pût, à l’avenir et devant la postérité, jouir du rang supérieur qu’elle avait occupé ? que fallait-il pour que ses enfants fussent assurés, l’une (Hortense) du trône de Hollande qu’elle occupait, l’autre (Eugène) de celui de l’Italie, qu’il pouvait espérer ? Il fallait que mon gouvernement et ma dynastie se consolidassent ; or pour cela il fallait que j’eusse des enfants. Ce que veut le peuple, ce sont des enfants de celui qu’il a choisi. Les frères, les neveux sont loin d’attirer le peuple comme le font les (propres) enfants. C’était donc dans l’intérêt de Joséphine elle-même que le divorce eut lieu. Et tout le monde fut d’accord sur cela. »

27 janvier 1819 :
« Lorsque l’Impératrice Joséphine prévit le divorce, elle eut l’idée de supposer un enfantement et de me proposer de faire un enfant à quelque demoiselle qui passerait pour le sien. Il paraît qu’on en avait parlé ou que l’idée lui en avait été suggérée par Mmes de Vassal et Rémusat. Elle en parla aussi à Mme Campan, qui lui dit que c’était contraire à la politique.
Lorsqu’elle m’en parla, je la désapprouvai entièrement et n’eus pas de peine à la convaincre. Elle n’y pensa plus.
1° C’était un crime : tromper un peuple et pourquoi ? je ne me prêterais jamais à cela ;
2° Cela était impossible à faire : Joséphine savait que Corvisart avait dit ouvertement à vingt personnes qu’elle ne pouvait d’enfants et que depuis longtemps elle n’avait plus ses règles. Il faudrait donc gagner aussi son médecin et même le premier médecin. Il faudrait tromper ses femmes de chambre, non seulement Mlle Avrillon, mais les autres. On ne pouvait pas leur persuader par quel moyen elle était grosse. Le ventre n’est pas le seul symptôme : les seins gonflent. Elles savaient à quoi s’en tenir sur les règles. Il faudrait donc gagner un accoucheur, etc.
Tout cela était impraticable.
-Mais en Suède, on a bien supposé que le Roi avait fait placer un homme dans le lit de la Reine !
-Cela n’est pas bien prouvé, mais en admettant cela, le cas était différent. Vacca aurait dit ensuite que c’était ma faute. Cela était absurde. Si cela était, on savait qu’il y avait des remèdes ; que je faisais trop d’absences, à la guerre, en voyage, pour que les malveillants ne pensassent pas…. que l’Impératrice aurait pu avoir recours à la Cour des Aides (sic)…
[…]
Il paraît que l’Impératrice mère de la Russie avait conservé (de moi) cette idée [la stérilité] et cela m’a réellement empêché d’épouser une Russe et a ainsi probablement changé la destinée du monde, ou plutôt je suis porté à penser que cette opinion lui est venue de l’Impératrice Joséphine elle-même par le canal du prince de Mecklembourg. On a dit d'ailleurs que Joséphine avait propagé cette idée pour donner le change à l'opinion et contrarier le divorce. Elle l'avait dit à Mme Duchatel qui, causant un jour ["une nuit" dira-t-il plus tard] avec moi, à la Malmaison, éclata tout à coup de rire :
-Qu'avez-vous ? lui dis-je.
-Je pense, dit-elle, à ce que l'Impératrice soutient : que cela est clair comme de l'eau ; je trouve au contraire que cela est fort épais.
L’Impératrice Joséphine ne s’en était pas cachée au prince Joseph et à Lucien.
[…]
L’indiscrétion de l’Impératrice Joséphine en compromettant le mariage russe a probablement changé les destinées du monde. »

1820 ?
« Lors du couronnement, Joseph cependant [me] parla [de Joséphine] pour que je ne la fasse pas couronner impératrice. Je répondis d’abord que je le voulais moi, qu’ensuite cela ne faisait rien à la question du divorce. Je le ferai quand cela me conviendra, le couronnement ne fait rien à la question. Au contraire.
En divorçant parce qu’elle n’est pas ma femme, je ne prétends pas la renier. Au contraire, si nous n’étions pas mariés, nous nous marierions, parce qu’alors ce ne serait pas comme concubine que je l’éloignerais et par des raisons également déshonorantes pour elle et pour moi ; ce serait pour des raisons d’état que tout le monde comprendrait et approuverait. C’est ce que je dis au cardinal Fesch, qui, dans une chambre, nous donna l’absolution pour nous unir, afin de terminer les scrupules du Pape qui devait nous couronner.
A Fontainebleau, je fus extrêmement choqué de la conduite de Fouché. Je l’eus renvoyé sur-le-champ pour s’être mêlé de ce qui se passait dans mon lit, si cela n’eût paru vouloir rejeter une opinion qu’il m’importait plutôt d’accréditer. Mais cela contribua à le faire renvoyer plus tôt, lorsque je le vis s’immiscer dans les intrigues et les négociations avec l’Angleterre, qui lui étaient et devaient lui rester étrangères.
Après Wagram, à 40 ans, je me décidai au divorce. La Commune de Paris devait nous donner une fête, quinze jours après mon arrivée. Si l’Impératrice ne voulait pas consentir au divorce et que je fusse réduit à l’y obliger, il ne me convenait pas de la mener à cette fête et de paraître avec elle en public, pour être obligé ensuite à des voies de rigueur vis-à-vis d’elle. Je m’en expliquai donc avant.
Elle fut au désespoir, se mit au lit, et, moitié chagrin réel, moitié comédie, fit la malade et des scènes pendant trois jours. Mais mon parti était fondé en raison, sur des raisons d’état, je fus donc inébranlable.
Joséphine ne pouvait pas dire qu’elle m’eût sacrifié sa jeunesse, comme une femme, en général, peut le dire à son mari. Elle était veuve et avait des enfants. Je l’avais épousée veuve. Elle ne m’avait pas donné d’enfants et ne pouvait m’en donner. Corvisart me disait que, depuis mon mariage, elle n’avait plus de règles ; qu’elle m’avait joué la comédie sous ce rapport-là ; qu’elle était créole, qu’en conséquence, elle avait commencé de bonne heure, qu’elle avait été en prison, que tout cela avait fait effet sur elle ; qu’ainsi je devais prendre mon parti.
L’Impératrice avait tout de même eu quelques torts envers moi. Elle disait que je n’étais pas bon : que j’étais impuissant. C’est toujours un ridicule pour un homme. Elle prétendait en conséquence que le divorce ne me mènerait à rien. Mais les rieurs ne trouvèrent pas cette « bonne » raison, car c’était le cas de venir à son aide… »

26 janvier 1821 :
« C’est l’Impératrice qui accrédita ce bruit [l’impuissance de Napoléon] ; c’est elle-même qui le répandit. C’est une des raisons pour laquelle Mme Mère ne l’aimait pas : une mère n’aime pas qu’on tienne de pareils propos sur son fils. C’est ce qui fit que Mme D[uchâtel], en éclatant de rire, dit une nuit à l’Empereur à Malmaison : « Eh ! Eh ! L’Impératrice dit que vous n’êtes bon à rien, que c’était comme de l’eau… »
Joséphine ne pouvait pas néanmoins affirmer que l’Empereur n’eût l’apparence des autres hommes… Mais elle disait que Crescentini aussi avait les apparences d’un homme et que cependant il ne produisait rien…
[…]
L’Impératrice avait dit au prince [de Mecklembourg] ce qu’elle avait dit à Mme Duchâtel : que l’Empereur n’était bon à rien… qu’elle avait eu des enfants de son premier mari ; que, jeune encore, elle avait épousé l’Empereur, sans qu’il pût rien faire.
Le prince raconta cela à l'Impératrice mère de Russie. Lorsque le divorce fut effectif et qu’il s’agit de marier l’Empereur, la question du rien se posa. L’Empereur Alexandre, en ayant parlé à l’Impératrice mère, celle-ci montra une grande répugnance. Elle dit que l’Empereur n’était bon à rien, que cela déshonorerait sa femme…
L’Empereur Alexandre répondit qu’elle se trompait, que l’Empereur Napoléon était tout comme un autre ; que c’étaient des propos de libellistes. Elle répondit que non ; que c’était positif, que le prince de M[ecklembourg] le tenait de la bouche même de Joséphine ; qu’on pouvait lui écrire.
Alexandre envoya un courrier au prince qui répondait affirmativement. Alexandre recevant cette réponse, l’ambassadeur de France objecta que l’Empereur avait eu un enfant de Mme de Walewska : « Mais on sait bien ce que c’est qu’une jeune Polonaise ; elle pouvait en avoir reçu d’autres. » Toutes les objections se seraient levées ; elles l’étaient même ; mais cela dégoûta. On était fixé. L’Autrichienne se présenta au même moment. On l’accepta. Tel fut en deux mots l’histoire de ce grand événement.
Je n’avais jamais pensé que mon divorce avec Joséphine pût faire difficulté, parce qu’il était fondé sur des raisons d’Etat qui intéressaient tout le monde, même Joséphine. Aussi ne m’en embarrasserai-je jamais.
Quelques personnes auraient voulu que je ne fisse pas couronner Joséphine. Pourquoi, disais-je, n’est-ce pas ma femme ? Cela ne fera rien à la question du divorce. Je ne prétends pas avoir vécu avec une concubine, mais avec ma femme. La couronner le constate, sans rien changer aux modalités du divorce.
Dans le tableau du couronnement, c’est réellement le couronnement de l’Impératrice, que l’on voit, et non le mien : c’était une petite intrigue de Joséphine avec David ; on donna pour prétexte que cela ferait un tableau plus joli.
Joséphine, qui craignait le divorce, croyait avoir fait quelque chose par ce petit moyen. Quelques personnes firent remarquer que le tableau n’était pas convenable ; que c’était le couronnement de l’Empereur qu’il fallait représenter. Je n’y pris pas garde et laissai faire « le tableau le plus joli ».
Au retour de la campagne de Wagram, j’étais au période de ma gloire et de ma puissance. J’avais quarante ans. Je craignis, si j’attendais encore, de n’avoir plus d’enfants. J’en parlai à l’Impératrice. Je lui fis comprendre qu’il n’y avait aucune solidité dans ma dynastie si je n’avais pas d’enfant, que mes neveux ne pouvaient me remplacer, que la nation ne comprendrait pas cela, qu’un enfant né dans la pourpre, sur le trône, au palais des Tuileries était pour la nation et le peuple tout autre chose que le fils de mon frère, qui intéresserait beaucoup moins ; que la raison d’Etat et la consolidation de ma dynastie voulaient que j’eusse des enfants ; qu’elle, Joséphine, avait les siens, mais que quand je l’avais épousée elle n’était plus capable d’en faire ; en un mot qu’elle n’avait pu m’en donner ; que je n’avais pas eu sa flamme et sa jeunesse ; qu’il n’était point juste qu’elle me privât de ce que désirent tous les hommes ; que je la traiterais toujours bien ; que son intérêt, celui de ses enfants étaient les mêmes, car si elle voulait que la postérité la regardât, comme impératrice, que le sort de ses enfants fût assuré, il fallait que la dynastie se consolidât et pour cela que moi, l’Empereur, j’eusse des enfants.
Le divorce est nécessaire, il se fera parce que je le veux. Maintenant, il y a deux manière de le faire : avec ou sans votre consentement. Choisissez ! Je crois que vous n’avez pas de motifs pour hésiter.
L’Impératrice se trouve mal. Je fis appeler Mme d’Arberg qui était de service. Joséphine, durant trois jours, affecta d’être malade, de ne pas manger. Je ne tins pas compte de la commotion. Un matin, Joséphine me fit appeler. Je la trouvai parée avec coquetterie comme à l’ordinaire. Elle me dit : « J’ai pris mon part. Je consens au divorce ! » Elle m’avait dit la première fois : « Confiez-moi qui vous voulez épouser. – Oh ! je n’en sais rien. »
C’est l’Impératrice qui a voulu marier le prince Louis avec Hortense. J’eusse préféré doter celle-ci, sans que l’on associât les deux familles. Mais Joséphine qui avait d’autres visées et qui craignait le divorce voulut faire ce mariage. Les objections que je formulai ne lui parurent qu’évasives… Elle y mit de l’insistance : je consentis. »

14 mars 1821 :
« J’ai eu tort de lui donner trois millions après le divorce. Un million suffisait. Le reste était volé et ne servait qu’à faire la fortune de ceux qui l’entouraient.
[…]
Je l’ai réellement aimée : je ne l’estimais pas. Elle était trop menteuse. Mais elle avait un je ne sais quoi qui plaisait ; c’était une vraie femme ; elle avait le plus joli petit c… qui fût possible. Il y avait là les trois Islets de la Martinique.
J’estimais bien davantage Marie-Louise ; peut-être l’ai-je moins aimée que Joséphine. J’ai souvent voulu divorcer avec elle. Sa conduite n’était pas très régulière ; mais elle m’était fort attachée et me plaisait, parce qu’elle ne voulait jamais me quitter.
La chose qui m’a la plus déplu, c’est qu’à Marracq, l’Impératrice Joséphine vint avec Mme Gazzani et Mlle Guillebault. Il était évident que c’était pour me donner des maîtresses. C’était le conseil de quelque vieille femme corrompue, de Mme de Rémusat ou autre quand l’Impératrice avait joué la Rosière de Salency, cela avait un côté drolatique… étant l’opposée… En me donnant une maîtresse, Joséphine espérait me retenir, par là empêcher le divorce. Franchement, je ne fus pas content de cette conduite. Je me trouvai, pour cette raison, bien aise de renvoyer Mlle Guillebault. Ayant surpris une lettre de la mère à la fille qui lui donnait des conseils pour me séduire, se livrer et entier profit, je fus indigné de cette infâme conduite et la renvoyai le jour même. »

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Message Publié : 11 Juin 2017 20:24 
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Thucydide
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Mon cher Drouet Cyril, c'est génial! Je ne sais comment vous remercier. Vous êtes un ami vrai et inestimable.
Mille fois merci pour votre aide!!!

J'ai quelques remarques, pensées et prières (tout en vrac) :arrow:

1} Ce sacré petit corse! J'adore ses propos crus, parfois cyniques, teintés souvent d'humour trés original. C'est grâce á ce type de confidences que je le vois comme s'il était vivant devant moi. Tout de même, il est loin d'être un paragon de la vérité. Par exemple, il a dit á Bertrand que c'était Joséphine qui avait interdit á mme Tallien l'entrée á la cour impérial. Pourtant, la lettre de Napoléon á Joséphine prouve que la vérité était bien différente :P
Et que penser de la fameuse citation sur Désirée Clary? Il me semble que Napoléon était trés fâcheux contre Bernadotte B)

2) C'est adorable, cette histoire sur le rôle de prince Mecklembourg dans l'échec du mariage russe :'( Pourtant, je n'y crois aucunement. Je tends á croire que Joséphine était vraiment un peu indiscrete et s'exprimait librement dans son entourage sur les questions intimes. Ses ennemis profitaient volontairement de cette faiblesse de Joséphine pour la colomnier auprés de Napoléon en affirmant qu'elle tenait les propos les plus blessants et insultants. Á propos, mme Rémusat écrit que prince Mecklembourg était un peu amoureux de Joséphine, ce qui n'a pas manqué de provoquer un peu de jalousie de la part de Napoléon. Je crois fermement que les ennemis de Joséphine dans cette situation ont mis tout en oeuvre pour instiller dans l'esprit de Napoléon le poison de basse colomnie. Ils y ont bien réussi >:(
De toute façnon, il me semble que Caulincourt ne mentionne cet anecdote ni dans ses lettres ni dans ses mémoires. Ou est-ce que j'ai tort?

3) Cher Drouet Cyril, je vous prie de publier dans leur intégralité les épisodes des Cahiers concernants prince Mecklembourg et son renvoi de Paris.Il ne semble que Talleyrand y était pour quelque chose. Ce diable boiteux :mrgreen:


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Message Publié : 11 Juin 2017 20:49 
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Thucydide
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Localisation : Moscou, où il neige
4) J'adore les confidences de Napoléon sur Joséphine quand il parle de ses troit ilets, de zig-zags, etc. C'est toujours á Bertrand qu'il a dit que Joséphine "était pleine des grâces dans le lit comme ailleurs" :oops: Une vraie femme jusqu'aux bouts des ongles!

5) Est-ce que Napoléon a dit á Bertrand quelque chose de sa liaison avec mme Walewska? Il ne s'agit pas ici de l'épisode de Murat saisissant sa dotation á Naples mais de la liaison en soi (son début, ses circonsrances)?

6) Napoléon, est-ce qu'il a dit á Bertrand quelque chose de cru sur Marie-Louise et leur première nuit d'amour :oops: ?

Pardon, je finis mes questions idiotes ici. Je comprends que c'est déjà assez.
Que j'aime fouiller dans les sources ;)


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Message Publié : 12 Juin 2017 14:26 
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Fustel de Coulanges
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MadamO a écrit :
que penser de la fameuse citation sur Désirée Clary?


Difficile à dire, j’imagine assez mal Désirée commenter ce genre de propos…
A noter que sous le coup de la colère, Napoléon pouvait se montrer particulière grossier. Parlant d’Antomarchi :
« Eh bien, qu’il passe tout son temps avec ses catins ; qu’il les foute par devant, par derrière, par la bouche et les oreilles. Mais débarrassez-moi de cet homme-là »
(Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène)


MadamO a écrit :
Á propos, mme Rémusat écrit que prince Mecklembourg était un peu amoureux de Joséphine, ce qui n'a pas manqué de provoquer un peu de jalousie de la part de Napoléon.


« Le prince de Mecklembourg-Schwérin, jeune aussi, d'une assez jolie figure, montrait une affabilité constante. Il venait pour tâcher d'obtenir le départ des garnisons françaises qui occupaient ses États. L'empereur l'amusait par de belles promesses; il témoignait ses désirs à l'impératrice, qui l'accueillait avec la patience la plus gracieuse. Cette complaisance continue qui la distinguait, son aimable visage, sa taille charmante, l'élégance soutenue de sa personne, ne furent pas sans effet sur le prince. On vit, ou on crut voir, qu'il paraissait un peu occupé de notre souveraine. Elle en riait et s'en amusait doucement. Bonaparte en rit aussi, pour plus tard en prendre un peu d'humeur. Cela arriva après son retour du petit voyage qu'il fit en Italie à la fin de l'automne. Il est certain qu'à la fin de leur séjour à Paris les deux princes furent moins bien traités. Je ne crois point que Bonaparte eût des inquiétudes sérieuses, mais il ne voulait être le sujet d'aucune plaisanterie. Le prince a sans doute gardé quelque souvenir de l'impératrice ; car elle m'a conté que, lors du divorce, l'empereur lui proposa, si elle voulait se remarier, de prendre le prince de Mecklembourg pour époux, et qu'elle s'y refusa. Je ne sais même si elle ne m'a pas dit que le prince avait écrit pour le demander. »
(Mme de Rémusat, Mémoires)


MadamO a écrit :
Cher Drouet Cyril, je vous prie de publier dans leur intégralité les épisodes des Cahiers concernants prince Mecklembourg et son renvoi de Paris.Il ne semble que Talleyrand y était pour quelque chose. Ce diable boiteux


27 janvier 1819 :
« Le prince de Mecklembourg faisait les yeux doux à l’Impératrice, et cela dans son salon. Talleyrand m’en avertit et me dit que la conduite de l’Impératrice n’était pas convenable.
-Je ne lui en parlerai certainement pas, répondis-je, mais vous avez, vous, le remède dans vos mains. Faites venir son homme d’affaires et dites-lui que le Prince est resté assez longtemps à Paris, que lors de la discussion de ses intérêts, on en aurait soin.
Talleyrand le fit effectivement venir. Le prince ne se fit pas répéter ce son de cloche ; deux jours après, il partit. Lorsqu’il vint prendre congé de moi, je lui dis, comme si j’ignorais tout :
-Comment, prince, vous partez déjà ! »

26 janvier 1821 :
« le prince de M[ecklembourg ?] s’avisa de consulter l’Impératrice, et même d’une manière assez sotte pour qu’elle en fût choquée et que Talleyrand conseillât à l’Empereur de faire partir le prince. Il dit qu’on en jasait, que cela était ridicule de voir un puissant prince étranger se mêler de consulter la femme de l’Empereur : « Faites ce que vous voudrez, dit l’Empereur, vous avez tous les moyens de le faire. Quand à moi, je ne me mêlerai de rien. Il y aurait une espèce de ridicule à cela. »
Talleyrand fit appeler le chargé d’affaires du prince, lui dit que ses affaires étaient terminées, et qu’il ferait bien d’être parti sous deux jours. Le prince, à l’audience publique, annonça son départ à l’Empereur qui fit l’étonné. »


MadamO a écrit :
J'adore les confidences de Napoléon sur Joséphine quand il parle de ses troit ilets, de zig-zags, etc.


Comme déjà dit plus haut, je vois là plutôt une évocation des infidélités de son épouse, et non un propos à connotation sexuelle.
« Elle était plus coquette, peut-être un peu galante et dans l'amour faisait un peu de zig-zag ; elle ne disait jamais la vérité. »
(Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène)


MadamO a écrit :
Est-ce que Napoléon a dit á Bertrand quelque chose de sa liaison avec mme Walewska? Il ne s'agit pas ici de l'épisode de Murat saisissant sa dotation á Naples mais de la liaison en soi (son début, ses circonsrances)?


Je n’en ai pas le souvenir.


MadamO a écrit :
Napoléon, est-ce qu'il a dit á Bertrand quelque chose de cru sur Marie-Louise et leur première nuit d'amour ?


Il y a ceci :
« La première nuit elle disait : encore ! Depuis, lorsque, par la divination de la femme ou parce que l’esprit vient naturellement aux femmes, elle a su mesurer la valeur de ce qu’elle disait alors, elle s’en est défendu. Elle rougissait si je lui en parlais, m’affirmait n’avoir jamais dit cela. Elle aimait bien au reste avec ses seins ou de quelque manière tenter d’éveiller mes sens. »

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Message Publié : 12 Juin 2017 15:11 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

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Drouet Cyril a écrit :
MadamO a écrit :
Napoléon, est-ce qu'il a dit á Bertrand quelque chose de cru sur Marie-Louise et leur première nuit d'amour ?

Il y a ceci :
« La première nuit elle disait : encore ! Depuis, lorsque, par la divination de la femme ou parce que l’esprit vient naturellement aux femmes, elle a su mesurer la valeur de ce qu’elle disait alors, elle s’en est défendu. Elle rougissait si je lui en parlais, m’affirmait n’avoir jamais dit cela. Elle aimait bien au reste avec ses seins ou de quelque manière tenter d’éveiller mes sens. »

Sauf erreur, Napoléon le lendemain de sa Nuit de Noces à Compiègne "conseille" à un Grognard sentinelle d'épouser une Allemande !!

_________________
il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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Message Publié : 12 Juin 2017 15:14 
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Fustel de Coulanges
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bourbilly21 a écrit :
Drouet Cyril a écrit :
MadamO a écrit :
Napoléon, est-ce qu'il a dit á Bertrand quelque chose de cru sur Marie-Louise et leur première nuit d'amour ?

Il y a ceci :
« La première nuit elle disait : encore ! Depuis, lorsque, par la divination de la femme ou parce que l’esprit vient naturellement aux femmes, elle a su mesurer la valeur de ce qu’elle disait alors, elle s’en est défendu. Elle rougissait si je lui en parlais, m’affirmait n’avoir jamais dit cela. Elle aimait bien au reste avec ses seins ou de quelque manière tenter d’éveiller mes sens. »

Sauf erreur, Napoléon le lendemain de sa Nuit de Noces à Compiègne "conseille" à un Grognard sentinelle d'épouser une Allemande !!


C'est chez Constant (Mémoires) :
" En ce moment entra un des familiers de l'empereur qui n'était point marié. Sa Majesté, lui tirant les oreilles, lui dit : « Mon cher, épousez une Allemande. Ce sont les meilleures femmes du monde : douces, bonnes, naïves, et fraîches comme des roses. »

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Message Publié : 12 Juin 2017 19:42 
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Fustel de Coulanges
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MadamO a écrit :
Pourtant, la lettre de Napoléon á Joséphine prouve que la vérité était bien différente :P


17 août 1805 :
"Je te défends de voir Mme Tallien sous quelque prétexte que ce soit. je n'admettrai aucune excuse. Si tu tiens à mon estimes et si tu veux me plaire, ne transgresse jamais le présent ordre. Elle doit venir dans tes appartements, y rester des nuits. Défends à tes portiers de la laisser entrer. Un misérable l'a épousée avec huit bâtards ! je la méprise elle-même plus qu'avant. Elle était une fille aimable, elle est devenue une femme déshonorée et infâme."

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Message Publié : 15 Juin 2017 10:36 
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Thucydide
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Mes chers amis, me voilà de retour B)

Drouet Cyril a écrit :
A noter que sous le coup de la colère, Napoléon pouvait se montrer particulière grossier. Parlant d’Antomarchi :
« Eh bien, qu’il passe tout son temps avec ses catins ; qu’il les foute par devant, par derrière, par la bouche et les oreilles. Mais débarrassez-moi de cet homme-là »
(Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène)


8-| lol
J'adore ce petit corse de plus en plus.


Drouet Cyril a écrit :

« Le prince de Mecklembourg-Schwérin, jeune aussi, d'une assez jolie figure, montrait une affabilité constante. Il venait pour tâcher d'obtenir le départ des garnisons françaises qui occupaient ses États. L'empereur l'amusait par de belles promesses; il témoignait ses désirs à l'impératrice, qui l'accueillait avec la patience la plus gracieuse. Cette complaisance continue qui la distinguait, son aimable visage, sa taille charmante, l'élégance soutenue de sa personne, ne furent pas sans effet sur le prince. On vit, ou on crut voir, qu'il paraissait un peu occupé de notre souveraine. Elle en riait et s'en amusait doucement. Bonaparte en rit aussi, pour plus tard en prendre un peu d'humeur. Cela arriva après son retour du petit voyage qu'il fit en Italie à la fin de l'automne. Il est certain qu'à la fin de leur séjour à Paris les deux princes furent moins bien traités. Je ne crois point que Bonaparte eût des inquiétudes sérieuses, mais il ne voulait être le sujet d'aucune plaisanterie. Le prince a sans doute gardé quelque souvenir de l'impératrice ; car elle m'a conté que, lors du divorce, l'empereur lui proposa, si elle voulait se remarier, de prendre le prince de Mecklembourg pour époux, et qu'elle s'y refusa. Je ne sais même si elle ne m'a pas dit que le prince avait écrit pour le demander. »
(Mme de Rémusat, Mémoires)



Il y a encore ceci:

Le prince primat y demeura encore quelque temps, ainsi que les princes de Mecklembourg. Ils venaient aux Tuileries tous les soirs, on jouait, on causait peu, on écoutait de la musique; mais l'impératrice parut parler un peu plus à ce prince de Mecklembourg-Schwerin. On le remarqua, comme je l'ai dit, mais en riant, et on y mettait si peu d'importance qu'on en plaisantait l'impératrice elle-même. Quelques personnes prirent sérieusement ces plaisanteries, écrivirent à l'empereur, et, au retour, il gronda beaucoup. Habitué à se passer bien des fantaisies, il se montrait sévère pour celles des autres. Pendant ce voyage on donnait à Paris, sur l'un des petits théâtres, un vaudeville qui avait un grand succès et que tout le monde voulait voir. Madame Bonaparte en eut fantaisie comme les autres. Elle chargea M. de Rémusat de lui faire garder une petite loge, et, s'étant vêtue simplement et ayant pris une voiture sans armes, elle se rendit en secret à ce théâtre avec quelques dames et les deux princes de Mecklembourg. On écrivit encore à Milan cette très petite affaire; l'empereur écrivit à son tour une lettre fulminante, et il reprocha à sa femme, en revenant, de ne point savoir garder sa dignité. Je me rappelle même que, dans son mécontentement, il lui représentait que la reine de France s'était autrefois fait le plus grand tort, en ne craignant point de manquer à son rang par des légèretés de cette espèce.
(Mme de Rémusat, Mémoires)


Drouet Cyril a écrit :
« Le prince de Mecklembourg faisait les yeux doux à l’Impératrice, et cela dans son salon.


:mrgreen: Il me semble que Napoléon était vraiment un peu jaloux sans vouloir tout de même l'avouer.

Drouet Cyril a écrit :
26 janvier 1821 :
« le prince de M[ecklembourg ?] s’avisa de consulter l’Impératrice, et même d’une manière assez sotte pour qu’elle en fût choquée


J'ai lu quelque part (peut-être chez Castelot?) que pendant les négociations pour le mariage avec Marie-Louise les représentants autrichiens aussi ont voulu consulter Joséphine sur cette question délicate ce qui l'a embarrassée.

Drouet Cyril a écrit :
Il paraît que l’Impératrice mère de la Russie avait conservé (de moi) cette idée [la stérilité] et cela m’a réellement empêché d’épouser une Russe et a ainsi probablement changé la destinée du monde


Napoléon selon ses propos comptait beaucoup sur le mariage avec la grande-duchesse russe. Pourriez-vous publier ici comment il a évoqué à Bertrand les négociations avec Alexandre au sujet de mariage russe à Erfurt?

Drouet Cyril a écrit :
Comme déjà dit plus haut, je vois là plutôt une évocation des infidélités de son épouse, et non un propos à connotation sexuelle.


C'est une question à discuter :wink: Andrea Stuart (Josephine: The Rose of Martinique) et Andrew Roberts (Napoleon the Great) croient qu'il s'agit de sexe dans ce passage :oops: Peut-être vous en avez raison.


Drouet Cyril a écrit :
Elle (Marie-Louise) aimait bien au reste avec ses seins ou de quelque manière tenter d’éveiller mes sens.

:oops:

Par ailleurs, je crois que Marie-Louise est un des personnages féminins les plus injustement dénigrés. Il semble que la plupart des admirateurs de Napoléon la détestent :'(


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Message Publié : 15 Juin 2017 20:31 
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Fustel de Coulanges
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MadamO a écrit :
J'adore ce petit corse de plus en plus.


Napoléon n’était pas petit. :wink:


MadamO a écrit :
Pourriez-vous publier ici comment il a évoqué à Bertrand les négociations avec Alexandre au sujet de mariage russe à Erfurt?


Avril 1818 :
« A Erfurt, ce fut Alexandre qui, le premier, me proposa sa sœur. »

« 24 janvier 1821 :
« L’idée [du mariage avec une princesse russe] en avait été jetée à Erfurt par Talleyrand, de lui-même. »

Autres sons de cloche :
« L'Empereur, qui était ce jour-là en grande confiance et même en bienveillance pour moi, me parla ensuite de l'ouverture qu'il désirait que lui fît l'empereur Alexandre, comme conseil d'amitié, comme marque d'intérêt, sur la convenance pour lui d'un nouveau mariage, sur la nécessité d'avoir des enfants pour consolider son ouvrage et fonder sa dynastie. L'Empereur désirait que l'ouverture fût faite par M. de Talleyrand ou par moi à l'empereur Alexandre, comme une chose que nous désirions personnellement et qui était dans l'intérêt général comme dans le nôtre, puisqu'elle fonderait notre avenir et qu'elle tendrait, d'ailleurs, à calmer l'ardeur guerrière de l'Empereur, ainsi qu'à lui faire aimer son chez lui. Ces insinuations devaient être faites avec les ménagements convenables. M. de Talleyrand m'en avait entretenu aussi et m'avait engagé à en parler le premier. »
(Caulaincourt, Mémoires)

« [Napoléon] prononça le gros mot de divorce. « Ma destinée l’exige, dit-il, et la tranquillité de la France me le demande. Je n’ai point de successeur. Joseph n’est rien, et il n’a que des filles. C’est moi qui dois fonder une dynastie ; je ne puis la fonder qu’en m’alliant à une princesse qui appartienne à une grande maison régnante de l’Europe. L’empereur Alexandre a des sœurs ; il y en a une dont l’âge me convient. Parlez de cela à Romanzoff. »
(Talleyrand, Mémoires)

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Message Publié : 16 Juin 2017 13:32 
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Pierre de L'Estoile
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[quote="MadamO"]
[quote="Drouet Cyril"]
On écrivit encore à Milan cette très petite affaire; l'empereur écrivit à son tour une lettre fulminante, et il reprocha à sa femme, en revenant, de ne point savoir garder sa dignité. Je me rappelle même que, dans son mécontentement, il lui représentait que la reine de France s'était autrefois fait le plus grand tort, en ne craignant point de manquer à son rang par des légèretés de cette espèce.
(Mme de Rémusat, Mémoires)

[quote="Drouet Cyril"]

Je remercie Cyril Drouet de nous donner là un indice qui va dans la thèse de P Branda que je mentionnai ab initio : la volonté consciente de napoléon de donner de l'impératrice une image opposée à celle de Marie-Antoinette !

"Pierre Branda dans sa biographie de Joséphine note que celle ci avait su séduire tout le monde, nobles et roturiers, parisiens et provinciaux, riches et pauvres par la façon dont elle assumait sa position de "consulesse" puis d'impératrice. Son aimable et élégante dignité aurait contrasté favorablement avec l'arrogante légèreté de la dernière Reine ... Et aurait donc utilement contribué à faire accepter aux français le retour des formes monarchiques. Son époux l'ayant consciemment poussé dans cette voie !"


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