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Message Publié : 12 Sep 2016 12:26 
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Marc Bloch
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En Guadeloupe, certains ne sont pas en reste en terme de bêtise.


Lettre ouverte (27 mai 2014) du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon, « Collectif contre l'exploitation outrancière ») :

"Monsieur le Président de la République Française,
Madame la Préfète de Région,
Monsieur Le Président du Conseil Général,


L’Etat que vous représentez a commis et couvert de très nombreux crimes dans les colonies au nom du Peuple Français.

Le territoire et le peuple de la Guadeloupe souffrent encore aujourd’hui d’un monstrueux paradoxe : La dépouille du Général RICHEPANSE, envoyé par NAPOLEON rétablir l’esclavage en mai 1802, « repose pour l’éternité » au Fort Louis DELGRES, du nom de celui là même qui l’a combattu.

Et ce sont les Guadeloupéens, descendants d’esclaves, agents du Conseil Général de Guadeloupe, qui entretiennent la tombe de ce bourreau avec les impôts des Guadeloupéens.

Au nom du Peuple Français, Le Général Antoine RICHEPANSE, acteur conscient dans l’application des directives de NAPOLEON a pris un arrêté le 16 juillet 1802 rétablissant l’esclavage en Guadeloupe huit ans après la loi du 16 Pluviôse An II (4 février 1794), date de la première abolition.

Ce scélérat meurt le 3 septembre 1802 sur l’habitation Lasalle au Matouba. Les autorités procèdent à son inhumation dans le Fort de Basse–Terre, dénommé à l’époque, Fort Saint – Charles. Le mépris et l’injure publique se révélèrent sans limite lorsque le pouvoir central, par un arrêté consulaire du 3 mars 1803, lui rendit un hommage appuyé en rebaptisant le dit fort de son nom : « Fort RICHEPANSE ».

Mais quelle région de France accepterait d’entretenir la tombe d’HITLER, de GOEBBELS ou d’IMMLER, ces assassins nazis ? Sûrement aucune !

Aussi les Guadeloupéens ne sauront tolérer qu’une telle insulte perdure et nourrisse la légitimité de ce crime. Le Gouvernement de la France se doit de prendre, sous votre haute autorité, toutes les dispositions nécessaires au rapatriement des restes de ce criminel mandaté par les autorités françaises et dont les décisions et les actes ne seront jamais absouts avec le temps écoulé.

Recevez, Madame, Messieurs, nos salutations les meilleures."

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" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)


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Message Publié : 12 Sep 2016 18:00 
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Marc Bloch
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Dans le même genre, certains s'offusquent que l'on puisse trouver aux Saintes, face à la Guadeloupe, un fort du nom honni de Napoléon. C'est cependant oublier un peu vite (un peu à la manière de l'aéroport de Cayenne) que ledit fort, terminé en 1867, ne fut pas baptisé en l'honneur du premier Napoléon mais en celui du troisième. On pourra toujours dire qu'il y avait sous le Premier Empire, au même emplacement, un autre fort Napoléon, ex-fort Charlotte, ex-fort Louis (oh l'autre vilain prénom !...) ; mais cette fortification, ruinée par les Anglais en 1809, n'a pas grand chose à voir avec celle qui lui succéda quelques décennies plus tard.

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Message Publié : 24 Sep 2016 15:14 
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Marc Bloch
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Jerôme a écrit :
Son aimable et élégante dignité aurait contrasté favorablement avec l'arrogante légèreté de la dernière Reine ...


Une comparaison entre Marie-Antoinette et Joséphine sous la plume de Johann Friedrich Reichardt (Un hiver à Paris sous le Consulat) :
« [Mme Bonaparte] a montré beaucoup de politesse et de prévenance, plus peut-être que ne l’exigeait sa situation. Du moins c’est mon impression, à moi qui me rappelle l’avoir vue jadis dans ce même palais [Saint-Cloud], suivant la Reine en qualité de demoiselle d’honneur [Reichardt, qui connut pourtant la cour de Versailles, se trompe] avant son mariage avec le malheureux Beauharnais. Il est vrai que Marie-Antoinette avait dans sa personne, dans sa physionomie, dans ses manières, le plus rare et le plus heureux mélange de grâce et de majesté. Les façons de Mme Bonaparte ont le cachet de l’ancienne cour »


Un coup de griffe du compositeur allemand évoquant le portrait de Joséphine peint par Gérard un an plus tôt :
« Le portrait est d’ailleurs flatté ; on a tort de le laisser voir avant que l’on ait été mis en présence de Mme Bonaparte ; c’est une déception qui vous attend. »

L’oeuvre en question :
Image

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Message Publié : 25 Sep 2016 8:09 
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Marc Bloch
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Tout comme Reichardt, Lucien a évoqué dans ses Mémoires les talents de Gérard. Mais ici, la plume est bien plus cruelle :
« Tout enfin dans sa personne n'était pas dépourvu de ces quelques restes d’attracto-partage de sa première jeunesse et que le peintre Gérard, cet habile restaurateur de la beauté flétrie des femmes sur le retour, a fort agréablement reproduit dans les portraits qui nous restent de la femme du premier Consul. »

La suite n’est pas moins sévère :
« Cette femme qui n'a jamais été belle, plus que sur le retour, […] n'était pas méchante, ou pour mieux dire, on a beaucoup dit qu'elle était très bonne, mais c'était surtout quand ses actes de bonté ne lui coûtaient aucun sacrifice. Elle avait assez d'usage du grand monde, où son premier mari l'avait introduite un peu avant la révolution de 1789.
Elle avait peu, fort peu d'esprit, point du tout de ce que l’on pourrait appeler de la beauté, mais certains souvenirs créoles dans les souples ondulations de sa taille plutôt petite que moyenne. Une figure sans fraîcheur naturelle, il est vrai, à laquelle les apprêts de la toilette remédiaient assez bien à la clarté des lustres »



Lucien aurait pu ici enfoncer le clou en parlant des dents de Joséphine qu’il décrit ailleurs comme « très mauvaises ».

Les dents de Joséphine n’étaient pas en effet des plus belles :

« Elle avait de mauvaises dents, mais était si soigneuse, qu'on ne s'en apercevait pas. »
(Napoléon cité par Gourgaud, Journal de Sainte-Hélène)

« Sa bouche, fort petite, cachait habilement de mauvaises dents »
(Mme de Rémusat, Mémoires)

« Madame Bonaparte était encore charmante dans ce temps-là [début de l’année 1797] : ses dents étaient déjà effroyablement gâtées ; mais lorsque sa bouche était fermée, elle faisait, surtout à quelques pas, toute l’illusion d’une jeune et jolie femme.
[…]
Eugène Beauharnais n'était encore qu'un enfant, mais déjà à cette époque il promettait d'être ce qu'il fut plus tard, un charmant et aimable garçon, à l'exception de ses dents qui étaient affreuses comme celles de sa mère. »
(Mme la duchesse d’Abrantès, Mémoires)

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Message Publié : 25 Sep 2016 14:55 
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Marc Bloch
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Jefferson a écrit :
Guillemin se serait étouffé à la lecture de ces compliments hagiographiques :)


Mon dernier message lui aurait sans doute plu un peu plus ; lui qui présentait ainsi Mme de Beauharnais :

« Elle-même, 33 ans, est un peu fanée. Elle fait un grand usage des fards ; quand on la regarde d’un peu près, on s’aperçoit qu’il y a une grosse couche. Elle est mignonne, elle est créole, elle roule les « r », ou plutôt elle les avale, enfin les « r » ; les « r » fondent dans sa bouche. Elle n’a pas de très jolies dents, elle le sait ; elle a les dents gâtées. Alors quand elle sourit, elle ne montre pas ses dents. Enfin, tout le monde dit, et sa réputation est bien établie, qu’elle est, dans le commerce intime, d’une technique incomparable. »

On dirait du Michel de Decker. lol

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Message Publié : 25 Sep 2016 15:51 
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Jean Froissart
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Haha. Je ne connais pas Michel de Decker, mais en effet, Guillemin avait une vraie obsession pour les dents gâtées de Joséphine. Il ne ratait pas une occasion de placer cette anecdote chaque fois qu'il parlait d'elle : )

Citer :
Sa réputation est bien établie, qu’elle est, dans le commerce intime, d’une technique incomparable


On sait maintenant pourquoi tout le monde l'appréciait !

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"Le génie mériterait les chaînes s'il favorisait les crimes des tyrans"


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Message Publié : 25 Sep 2016 16:40 
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Marc Bloch
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Jefferson a écrit :

Citer :
Sa réputation est bien établie, qu’elle est, dans le commerce intime, d’une technique incomparable


On sait maintenant pourquoi tout le monde l'appréciait !


Et Guillemin de préciser :
« Sa chambre à coucher était entièrement tapissée de glaces, sauf au plafond, où, cependant, on les eût attendues. »

Sacré Henri. lol

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Message Publié : 26 Sep 2016 13:27 
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A propos des coups de griffes de Lucien, en voici un autre si on en croit Chaptal (Mes souvenirs sur Napoléon) :
"Bonaparte reprocha vivement à Lucien son mariage, et la dispute s'échauffa à tel point que le premier Consul lui reprocha d'avoir épousé une veuve; ce à quoi Lucien répondit :
« Et toi aussi, tu as épousé une veuve ; mais la mienne n'est ni vieille ni puante ! »


L'Empereur, entre deux mots tendres, a lui aussi tenu de durs propos vis à vis de Joséphine:
« Je l'ai réellement aimée : je ne l'estimais pas. »
(Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène)

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Message Publié : 07 Nov 2016 18:31 
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Thucydide
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Mes chers amis, je vous salue tous de la Russie! Moi, j'adore Joséphine. C'est grâce à elle que je suis tombée littéralement amoureuse de la France et son histoire.
Comme aux vrais connaisseurs je voudrais demander votre aide. J'ai les questions sur les sources. Comment Napoléon a-t-il appris la mort de sa bien-aimée Joséphine? Quelle était sa réaction? Quelles sources existent-elles sur ce sujet? Quels témoignages?

Merci d'avance pour votre participation.


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Message Publié : 07 Nov 2016 18:56 
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Marc Bloch
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MadamO a écrit :
Comment Napoléon a-t-il appris la mort de sa bien-aimée Joséphine? Quelle était sa réaction? Quelles sources existent-elles sur ce sujet? Quels témoignages?


C’est Caulaincourt qui lui apprit la triste nouvelle par la lettre qu’il lui écrivit le 2 juin (le jour des funérailles) :
« Sire, l'Impératrice Joséphine, à peine malade, vient d'être enlevée en peu d'heures par une fièvre putride. Le Vice-roi et la Reine en instruiront directement Votre majesté [ce qu’ils ne firent finalement pas]. J'ai eu l'honneur de la voir plusieurs fois et même dans ses derniers moments. Ses derniers voeux ont été pour Votre majesté, dont elle a souvent parlé avec tous les sentiments d'un coeur que le malheur n'avait point changé. C'est un deuil général et particulièrement pour ceux qui, ayant eu l'honneur d'approcher Sa Majesté, ont été à même d'apprécier si souvent sa touchante bonté. »

La missive fut confiée à Mme Bertrand qui allait à Elbe rejoindre son mari.
Marchand nous décrit dans ses Mémoires la réaction de Napoléon :
« L’Empereur en parut profondément affligé ; il se referma dans son cabinet et ne vit el grand maréchal que quelques instants dans la journée. »

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Message Publié : 07 Nov 2016 20:12 
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Localisation : Moscou, où il neige
Merci, cher Drouet Cyril. Je connais ces témoignages. Pour être plus précise je voudrais avoir l'éclaircissement sur les questions suivantes:
1) André Castelot dans son livre sur Joséphine écrit qu'aprés avoir appris sa mort Napoléon s'est renfermé dans sa chambre et ne voyait personne pendant deux jours. Quelle est sa source?
2) Frédéric Masson dans son livre consacré à Joséphine écrit que Napoléon a appris sa mort par les journaux anglais. D'où vient cette affirmation?

Merci d'avance!


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Message Publié : 07 Nov 2016 21:30 
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MadamO a écrit :
1) André Castelot dans son livre sur Joséphine écrit qu'aprés avoir appris sa mort Napoléon s'est renfermé dans sa chambre et ne voyait personne pendant deux jours. Quelle est sa source?


Peut-être une interprétation des Mémoires de Marchand qui parle de « quelques jours donnés à sa douleur » ?
Par ailleurs, Castelot (« Joséphine ») nous dit bien que c’est la lettre de Caulaincourt qui avertit Napoléon, mais précise que la missive était adressée à Mme Bertrand ; ce qui est faux.
Plus problématique, il prête ces mots à Napoléon :
« Pauvre Joséphine. Elle est bien heureuse maintenant ! »
Or, il s’agit ici de la reprise d’un passage des très controversées « Mémoires historiques et secrets de l'impératrice Joséphine » de Mlle lenormand : « Pauvre femme ! Tu es aujourd’hui plus heureuse que moi »
Comme source, on a connu mieux…


MadamO a écrit :
2) Frédéric Masson dans son livre consacré à Joséphine écrit que Napoléon a appris sa mort par les journaux anglais. D'où vient cette affirmation?


« C'est par un journal que lui envoie de Gènes un valet de chambre qui rentre en France, chargé de commissions pour diverses personnes et pour Joséphine elle-même que, sans autre préparation, l'Empereur est averti. »
(Masson, Joséphine répudiée)

J’ignore d’où Masson tire cette information.
A creuser...

MadamO a écrit :
Quelle était sa réaction?


Un autre témoignage :
« Il pleura aussi en apprenant la mort de l'impératrice Joséphine » 
(Pons de l’Hérault, Mémoires)

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Message Publié : 08 Nov 2016 8:10 
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Localisation : Moscou, où il neige
Mon cher Drouet Cyril, je vous salue! B)

Drouet Cyril a écrit :
Peut-être une interprétation des Mémoires de Marchand qui parle de « quelques jours donnés à sa douleur » ?


Trés probable. Pourriez-vous citer le passage exact des Mémoires de Marchand où il mentionne de «quelques jours donnés à sa douleur» ? Je voudrais savoir la citation exacte.

Drouet Cyril a écrit :
Plus problématique, il prête ces mots à Napoléon :
« Pauvre Joséphine. Elle est bien heureuse maintenant ! »
Or, il s’agit ici de la reprise d’un passage des très controversées « Mémoires historiques et secrets de l'impératrice Joséphine » de Mlle lenormand : « Pauvre femme ! Tu es aujourd’hui plus heureuse que moi »
Comme source, on a connu mieux…


Eh bien, non! Je ne suis pas une grande amatrice de ce monsieur Castelot et je n'aime pas beaucoup son livre sur Joséphine mais tout de même pour être impartiale je voudrais le defendre. Il ne fait ici que citer Sainte-Hêlène, journal inédit de 1815 à 1818 de Gourgaud. Le tome second, p. 385. Selon Gourgaud c'est mme Bertrand qui raconte ainsi l'episode où Napoléon apprend sa mort: "Je lui annoncai le malheur, il ne changea pas de figure et s'écria seulement: "Ah! elle est bien heureuse, maintenent!"

Et d'où vient l'affirmation de Castelot que Napoléon voulait être inhumé prés de Joséphine? Il écrit cela dans le même livre sur Joséphine.

Franchement je n'aime pas les oeuvres de Castelot et surtout sa maniére d'écrire. Il n'est jamais impartial et il manie les sources comme il le veut. Et sa vision de Joséphine >:( Je suis tout à fait d'accord avec monsieur Bernard Chevallier: "Frédéric Masson n'est pas tendre à l'égard de Joséphine et cette image négative sera encore accentuée plus tard par André Castelot".

Drouet Cyril a écrit :
« C'est par un journal que lui envoie de Gènes un valet de chambre qui rentre en France, chargé de commissions pour diverses personnes et pour Joséphine elle-même que, sans autre préparation, l'Empereur est averti. »
(Masson, Joséphine répudiée)

J’ignore d’où Masson tire cette information.
A creuser...


Et dans le même livre Joséphine répudiée Masson prête à Napoléon ces mots: "Elle (mme Rémusat) attendit le moment où je sortais de mon cabinet pour entrer dans ma chambre à coucher. Il était une heure du matin. Elle se fit annoncer au moment où je me mettais au lit... Ma curiosité fut piquée. Je la reçus. La chose était curieuse en effet, car j'appris qu'il s'agissait de me faire répudier par ma femme. Je me rendis immédiatement auprès de Joséphinè et la désabusai en lui donnant l'assurance que si la raison d'Etat me déterminait jamais à rompre mes liens, c'est de moi qu'elle en recevrait la première confidence"

De quelle source vient ce passage?


Drouet Cyril a écrit :
Un autre témoignage :
« Il pleura aussi en apprenant la mort de l'impératrice Joséphine » 
(Pons de l’Hérault, Mémoires)


Merci, c'est trés touchant. Il l'aimait vraiment, il n'a jamais cessé de l'aimer :-|


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Message Publié : 08 Nov 2016 20:54 
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MadamO a écrit :

Drouet Cyril a écrit :
Peut-être une interprétation des Mémoires de Marchand qui parle de « quelques jours donnés à sa douleur » ?


Trés probable. Pourriez-vous citer le passage exact des Mémoires de Marchand où il mentionne de «quelques jours donnés à sa douleur» ? Je voudrais savoir la citation exacte.


« Après quelques jours donnés à sa douleur, les terrassiers, les maçons, les charpentiers occupèrent de nouveau ses moments. On le trouvait de très bonne heure au milieux d’eux, quelquefois en bas de soie et souliers à boucles, écoutant et riant de leurs saillies. »



MadamO a écrit :
Et d'où vient l'affirmation de Castelot que Napoléon voulait être inhumé prés de Joséphine? Il écrit cela dans le même livre sur Joséphine.


C’est tiré des Cahiers de Bertrand :
« Conversation du 26 avril [1821] à sept heures du soir.
[…]
L’Empereur désire être enterré au cimetière du Père Lachaise ; que le Grand Maréchal lui fasse élever un petit monument. Que si les Bourbons le plaçaient à Saint-Denis, à la bonne heure ! sinon qu’on l’enterre à Rueil, où se trouve l’impératrice Joséphine ; enfin qu’on l’enterre dans une île près de Lyon. »



Ce même 26 avril, Montholon (Récits de la captivité de l’Empereur Napoléon à Sainte-Hélène) prête ces mots émouvants à Napoléon :
« La nuit a été assez calme jusqu'à quatre heures du matin. A ce moment, l'Empereur m'a dit avec une émotion remarquable :
« Je viens de voir ma bonne Joséphine, mais elle n'a point voulu m'embrasser; elle s'est envolée au moment où j'ai voulu la prendre dans mes bras. Elle était assise là ; il me semblait que je l'avais vue la veille ; elle n'est pas changée, toujours la même, toujours tout dévouement pour moi ; elle m'a dit que nous allions nous revoir pour ne plus nous quitter. Elle m'assure que... L'avez-vous vue ? »
Je me suis bien gardé de lui rien dire qui put augmenter l'exaltation fébrile qui ne m'était que trop démontrée. Je l'ai fait boire de la potion, je l'ai changé, et il s’est endormi ; mais, à son réveil, il m'a de nouveau parlé de l'impératrice Joséphine, et je l'eusse impatienté inutilement si je lui avais dit que ce n'était qu'un rêve. »

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Message Publié : 08 Nov 2016 21:31 
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Thucydide
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Cher Drouet Cyril, merci pour ces passages prècieux! Je crois que Josèphine et Napolèon sont maintenet ensemble où rien ni personne ne peut les sèparer. Dieu rèunit ceux qui s'aiment. Ils s'aiment enfin en paix.


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