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Message Publié : 27 Fév 2017 20:48 
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Fustel de Coulanges
Fustel de Coulanges
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Voici une estampe représentant les feux d’artifice tirés à l’Etoile des Champs Elysées, le 14 juillet 1801.
En haut à droite, le fameux ballon détonnant :

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Celui qui avait réalisé l’artifice était Claude-Fortuné Ruggieri (1777-1841). Dans « Eléments de pyrotechnie », ce dernier évoqua cet aérostat particulier.
Afin de mieux comprendre le texte, voici cette planche :
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« [Garnerin] me chargea de composer l'artifice d'un ballon qui fut lancé à la fête du 14 juillet an 9 (1801) ; et dont voici la description :
Après un cercle de quatre mètres deux décimètres (douze pieds huit pouces) de diamètre, était suspendue, au-dessous du ballon , une étoile de même grandeur. Sous cette étoile, était encore suspendue une bombe sphérique de trois décimètres huit centimètres (quatorze pouces) de diamètre extérieur.
Voyez la fig. 1ère de la pl. 22.
L'étoile prit feu d'abord; elle était en lances de deux couleurs : lorsqu'elle eut terminé son effet, elle communiqua son feu au cercle, autour duquel étaient attachées près de cent chandelles romaines à double effet : dans le premier, elles représentaient des rayons de feu lumineux; dans le second, les étoiles qui s'échappaient de ces rayons, remplissaient dans l'air l’étendue d'un cercle de plus de quarante mètres (vingt toises environ) de diamètre.
Lorsque les chandelles romaines eurent terminé leur effet, elles donnèrent leur feu à la bombe, qui, en éclatant, le communiqua elle-même au ballon.
L'explosion de la bombe et la détonation du ballon produisirent dans l'air des feux variés que le public voulut bien honorer par de nombreux applaudissements, témoignage de sa satisfaction, et dont on se souvient assez.
La surprise des spectateurs fit connaître que ce n'était point un effet ordinaire, et les suffrages de ces mêmes spectateurs, furent la plus flatteuse récompense qu'on put m'offrir.


Manière de faire un Ballon qui puisse enlever de l'artifice, et semblable à celui qui fut lancé dans les Champs-Elysées, à la fête du 14 juillet an IX (1801).

Il faut d'abord construire un aérostat de forme sphérique, en taffetas gommé, à peu près du diamètre de dix mètres (trente pieds neuf pouces), et rempli de gaz hydrogène, obtenu par le mélange et la combinaison du fer et de l'acide sulfurique étendu d'eau, c'est-à-dire, affaibli par l'eau.
Ce ballon doit être revêtu d'un filet de forte ficelle, pour qu'on y puisse suspendre l'artifice. Ce filet se fait de même que ceux qu'on a pour prendre les oiseaux et les poissons ; mais on observe d'y faire de très petites mailles, à l'endroit qui pose au sommet du ballon, et de les agrandir à mesure que la circonférence augmente.
Ensuite on fait une bombe moulée en carton, du diamètre de trois décimètres huit centimètres (quatorze pouces).
On emplit cette bombe d'étoiles blanches.
Voyez l'article Bombettes, pour la manière de les remplir lorsqu'elles sont sans chasse ; voyez aussi l'article Bombes, puisque la bombe du ballon s'emplit de même que les autres bombes, et qu'au lieu d'y mettre une espolette, on la remplace alors par un fort conduit qui communique le feu à la bombe aussitôt que les effets qui doivent précéder sont terminés. Du reste, il faut toujours, dans ces occasions, bien s'assurer de la confection de la bombe, pour prévenir les accidents qui pourraient en résulter si elle retombait sans éclater.
On conçoit que si cette bombe n'a pas besoin de chasse, c'est qu'elle est portée à une grande élévation par l'ascension du ballon. Pour la suspendre au ballon, il faut avoir soin, en la construisant, de lui attacher des oreilles en cordage, telles que la lettre A de la fig. 5, A pl. 21.
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(On peut de même, si l'on veut, donner toute autre forme à cette bombe : par exemple, celle d'un vase. ) Ensuite, on construit une étoile comme celle dont je viens de parler : pour cela on fait refendre de longues planches : de celles que l'on nomme voliges, afin d'en tirer des tringles de vingt-sept millimètres (un pouce) d'équarrissage. Ces tringles refendues et apprêtées, on les assemble pour en faire une étoile, fig. 7. pl. 21.
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Cette étoile doit être à lignes-doubles; c’est-à-dire que les lignes extérieures sont pour être mises d'une couleur, et les lignes intérieures d'une autre. Cette diversité de couleurs est pour faire sentir et ressortir l’étoile du dedans, qui sans cela serait confondue avec l'autre.
Quand l'étoile est faite, on attache sur un cercle des chandelles romaines. (Il y en avait quatre-vingt-seize sur le ballon dont il est question.) Ce cercle doit être en bois léger, et de quatre mètres, environ (douze pieds), de diamètre extérieur. On a soin d'y adapter huit ou dix rayons d'une épaisseur inférieure pour qu'il ne puisse casser quand on l'attache au ballon. Lorsque les chandelles romaines sont
attachées sur ce cercle, on les communique l'une à l'autre, etc.; ensuite, par le moyen d'un conduit qui se trouve communiqué à la fin d'une chandelle romaine, on fait prendre feu à la bombe et au ballon : ainsi donc, l'étoile
est le premier effet, les chandelles romaines le second, et la bombe le troisième.
La fig. 1ère de la pl. 22, représente le ballon garni d'artifice et prêt à partir. On y met le feu au moment même où on va le lancer, et on a soin de mettre à la communication un retard pour laisser au ballon le temps de s'élever un peu, avant que l’entrée prenne feu. A, est le ballon recouvert d'un filet qui reçoit des fils ou cordages auxquels on suspend l'artifice : ces cordages sont marqués B ; au-dessus de C, est l'orifice du ballon ; D, est le cercle portant les chandelles romaines; E, est l'étoile; F, est la bombe.
On peut adapter de l'artifice aux montgolfières (qui ne s'enlèvent que par la chaleur), comme on le fait aux ballons de gaz hydrogène de M. Charles ; mais il faut observer qu'une montgolfière, de même grandeur a beaucoup moins de force d'ascension que les ballons remplis de gaz hydrogène; et ce qui rend l'usage des premiers doublement embarrassant, c'est qu'ils ont besoin d'un réchaud sans cesse animé pour prolonger ou entretenir leur ascension : sans cela, la chaleur venant à se dissiper, et l'air atmosphérique la remplaçant immédiatement, le ballon retombe aussitôt. Ces inconvénients font qu'il est difficile de placer de l'artifice aux montgolfières : ils n'empêchèrent cependant pas M. Garnerin de l'entreprendre et même d'y réussir plusieurs fois, au petit Trianon, dans le parc de Versailles ; ce sont même ces essais qui l'ont déterminé à tenter la chose plus en grand au 14 juillet an 9 (1801), où elle obtint le succès le plus complet.
La fig. 10 de la pl. 22, représente une montgolfière. A, est l'ouverture ou l'orifice par on l'on chauffe cette sorte de ballon.
Autour de cette ouverture, on voit des petites ficelles collées qui tiennent toute la hauteur du ballon : elles servent à suspendre l'artifice qu’on y veut mettre, ainsi que le réchaud, pour le soutenir dans l'air. Cette espèce de ballon est exempte de filet.
La fig. 11 de la même planche est un assemblage de deux ronds en cerce de bois de boisselier.
Ces deux ronds sont tenus par des petits montants: c'est sur cette espèce de construction qu'on peut mettre des fusées volantes, afin de faire un bouquet de surprise en l'air. Le rond inférieur sert à soutenir en dedans les queues, des baguettes de fusées volantes, afin que les fusées, en s'élevant, ne puissent attraper le ballon. »

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Message Publié : 07 Mars 2017 10:54 
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Plutarque
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Intéressant.
Des ballons furent aussi utilisées pour les festivités du couronnement à Milan.


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Message Publié : 07 Mars 2017 21:17 
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Fustel de Coulanges
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Malicorne a écrit :
Des ballons furent aussi utilisées pour les festivités du couronnement à Milan.


A chaque grand événement ses ballons.
Même à Sainte-Hélène, les rats en envoient en l'air :
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A ce propos, concernant l'exil hélènien, on peut rappeler le légendaire projet d'évasion en ballon monté par le Brésilien Antonio Carlos de Andrade.

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Message Publié : 08 Mars 2017 20:53 
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Fustel de Coulanges
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Curieux aérostats lancés à l’occasion des festivités du 29 août 1814 :
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La Gazette de France du 26 août annonça l’évènement en ces termes :
« Le lundi 29 août, jour de la réception de S. M. à l'Hôtel-de-Ville, M. Honvaux, propriétaire d'une chasse aérienne, la fera partir devant S. M. Elle sera composée d'un ballon, d'un sanglier, de deux tigres, d'un bouledogue et deux cavaliers montés sur leurs coursiers, le tout de double grandeur naturelle. Chaque aérostat sera porteur d'une lettre pour servir d'instruction aux personnes qui les trouveront, lesquelles auront récompense. »

A noter qu’Honvaux avait lancé son étonnante chasse, un an plus tôt, des jardins du Tivoli.
La fin de l’ascension avait été pour le moins cocasse (Courrier de Turin, 24 septembre 1813) :
« Dans un village de l'arrondissement de Meaux, il est arrivé un événement dont nous nous empressons de rendre compte à nos lecteurs : le 7 de ce mois, à 7 heures du soir, des paysans accourent tout épouvantés chez le maire du village, et lui racontent qu'ils viennent d'apercevoir, près d'un buisson peu éloigné, une bête féroce d'une grosseur prodigieuse. On se barricade dans la maison, on délibère ; et après de mûres réflexions, il est arrêté qu'on fera une battue. On rassemble un grand nombre de personnes armées de fusils, de fourches, etc., et, l'on se met en marche vers le buisson qui sert d'asile au monstre, que plusieurs personnes de la petite troupe désignent déjà par le nom de bête du Gevaudan. Arrivé à portée de fusil du buisson, on aperçoit effectivement une masse paraissant se mouvoir avec peine. L'attaque commence ; on fait une décharge de mousqueterie, qui ne paraît point abattre l'animal. On avance cependant avec courage ; on tire encore plusieurs coups de fusil, et les plus intrépides se précipitent sur lui. Enfin il succombe ; tout le monde arrive avec des falots et des lanternes; on approche, et l'on aperçoit, couché sur la terre et percé de mille coups...

...le sanglier de M. Honvaux, le héros de la chasse aérienne partie de Tivoli le même jour, et qui, dans sa chute, conservant encore assez de gaz, s'était accroché au buisson. »
lol lol lol

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Message Publié : 09 Mars 2017 9:33 
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lol
Plus qu'à boucher les trous...


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Message Publié : 11 Mars 2017 7:24 
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Cette anecdote n’est pas sans rappeler celle qu’Arago conta au sujet de l’ascension du ballon de Gay-Lussac, le 16 septembre 1804. E jour-là, le physicien, parti de Paris, du Conservatoire des Arts et Métiers, effectua en ballon des expériences relatives à la chimie (nature des gaz de l’air), la physique (magnétisme du globe), l’hygrométrie et la thermométrie :
« Parvenu à 7 000 mètres, Gay-Lussac voulut essayer de monter plus haut encore, et se débarrassa de tous les objets dont il pouvait rigoureusement se passer. Au nombre de ces objets figurait une chaise en bois blanc que le hasard fit tomber sur un buisson tout près d’une jeune fille qui gardait des moutons. Quel ne fut pas l’étonnement de la bergère ! comme eût dit Florian. Le ciel était pur, le ballon invisible. Que penser de la chaise, si ce n’est qu’elle provenait du Paradis ? On ne pouvait opposer à cette conjecture que la grossièreté du travail ; les ouvriers, disaient les incrédules, ne pouvaient là-haut être si inhabiles. La dispute en était là lorsque les journaux, en publiant toutes les particularités du voyage de Gay-Lussac, y mirent fin, et rangèrent parmi les effets naturels ce qui jusqu’alors avait paru un miracle. »
(Arago, Œuvres)
lol

Arago s’amuse-t-il ou fut-il aimablement trompé par Gay-Lussac ? Toujours est-il que ce dernier, dans la Relation qu’il lut à l’Institut, le 1er octobre suivant, indique que lorsqu’il commença à descendre (il s’était élevé à 7016 m), il lui restait encore 15 kg de lest…

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Message Publié : 01 Avr 2017 16:19 
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Un autre pionnier : Jacob Deghen. Voici la machine avec laquelle il s’éleva du Tivoli le 10 juin 1812 :
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Le Moniteur universel du 11 juin conta l’expérience en ces termes :
«M. Degen , mécanicien de Vienne en Autriche, a exécuté ce soir à huit heures et demie dans les jardins de Tivoli son vol à tire d'ailes, expérience dans laquelle il a annoncé publiquement avoir déjà réussi en Autriche au mois d'octobre 1810.
Dans une note explicative de son mécanisme, M. Degen déclare laisser aux Français l'honneur de la découverte des ballons, mais il réclame pour lui celle de la direction à volonté, direction qui jusqu'à ce moment est restée un problème non résolu.
Nous laisserons encore M. Degen décrire son procédé.
« C'est après avoir fait une étude profonde et réfléchie du mécanisme naturel du vol des oiseaux, dit-il, qu’il a imaginé ce qu'il appelle sa machine à voler.
Son travail est absolument calqué sur celui de la nature, et ses ailes ont la même forme et la même légèreté, proportion gardée, que celles des oiseaux. Il leur imprime le même mouvement et en obtient le même résultat, enfin il se dirige dans tous les sens, monte et descend à volonté et plane dans les airs avec une facilité et une vitesse telles qu'il peut faire 14 lieues en une heure, lorsqu'il n'est pas trop contrarié par le vent; car alors son travail devient plus pénible et il est obligé de louvoyer. Tous ces mouvements s'exécutent sans aucune espèce de danger pour lui ni pour son appareil. Il arrive à terre aussi lentement qu'il le désire et repart de nouveau pour reprendre une nouvelle direction; il vole ou s'arrête à volonté.
Ses ailes, car on peut leur donner ce nom, ont 22 pieds d'envergure et 8 pieds et demi dans leur plus grande largeur. Chaque mouvement qu'il leur imprime déplace 130 pieds carrés d'air atmosphérique, et à chacun des battements il pourrait enlever un poids de 160 livres, tandis que la force ascensionnelle du ballon dont il se sert n'est que de 90 livres environ: ce qui donne en faveur de ses ailes quand elles sont en mouvement une différence de 70 livres. Ce mécanicien observe que ce ballon ne lui est d'aucune utilité pour sa direction, mais il est obligé de l'employer comme contrepoids, pour le maintenir en équilibre et le soulager en même temps dans sa manœuvre; du reste, il en est parfaitement le maître, et le force à suivre tous ses mouvements. »
Tels sont les termes dont M. Degen s'est servi pour annoncer son expérience et donner une idée de son mécanisme. Cette expérience avait été retardée, remise de nouveau d'hier a ce jour ; elle n'avait, pas attiré une affluence trop considérable : cependant on y remarquait près de plusieurs membres des premières autorités, un assez grand nombre de savants et d'artistes qui observaient le procédé mécanique de M. Degen avec beaucoup d'intérêt.
Il était suspendu au-dessous d'un ballon dont les cordes aboutissaient à un anneau, placé au-dessus d'une espèce de chapeau en fer, lequel correspond à un corset ou ceinture que l'on présume être également en fer ; c'est par cette ceinture que le mécanicien est enlevé et supporté.
Les ailes étaient placées horizontalement : les côtes en sont séparées, et simplement liées les unes aux autres par des tissus de fil très fin. Leur partie inférieure s'adapte à une espèce de bascule que le mécanicien tient dans chaque main, et dont il se sert pour leur donner le mouvement.
Au moment de son départ, le poids de son corps et de sa machine semblaient s'équilibrer avec, la force ascendante de son ballon ; car, étant abandonné à lui-même, il ne s'est d'abord élevé qu'au premier mouvement qu’il a donné à ses ailes ; mais lorsqu'il a été environ à une hauteur de 150 pieds, son ballon, qui avait suivi la direction du vent s'est élevé avec une très grande rapidité, en se dirigeant vers le sud-ouest. On reconnaissait que M. Degen donnait toujours le mouvement à ses ailes mais il a suivi la direction de l'air sans aucune dérivation, et bientôt on l'a perdu de vue.
Au moment où nous écrivons, nous ignorons sous quel point il a réussi à opérer sa descente. »


Jacob Deghen atterrit finalement dans l’ancien parc de Sceaux. La machine était intacte mais le ballon, qui se détacha alors, poursuivit sa course et la termina dans le parc de Villebouzin sur la commune de Longpont en Seine-et-Oise.
L’expérience finalement peu concluante fut renouvelée le 7 juillet :
« La deuxième expérience aérostatique de M. Degen a eu lieu hier soir, par un très beau temps, devant une grande affluence de curieux; elle n'a pas été moins contrariée que la première; les personnes qui avaient été chargées de remplir le ballon avaient mal préparé et employé le gaz, il en est résulté que le ballon s'est chargé dans son intérieur de beaucoup d'eau, et qu'il n'a pu s'élever d'abord qu'à 15 pieds de terre. Bientôt il s'est dégagé d'une grande partie de son lest, et il s'est élevé majestueusement dans les airs. Au mouvement de ses ailes on eût dit un oiseau colossal; son ballon, dominé par le vent, a suivi la direction du nord-est ; pendant quelques instants il a résisté au courant qui l'entraînait, et il a paru stationnaire, mais il a disparu. Ces différentes circonstances peuvent faire croire qu'avec un ballon mieux préparé, il obtiendra plus de succès. »
(Journal de Paris, 8 juillet 1812)


Un troisième vol eut lieu à partir du Champ de Mars, le 5 octobre. Ce fut un fiasco :
« M. Deghen annonçait depuis un mois son ascension au Champ-de-Mars. Il devait en partir aujourd'hui à trois heures une foule immense s'y était portée; cependant, il n'a été prêt qu'à cinq heures, et encore lui a-t-il été impossible de s'enlever. Il est tombé sur les spectateurs qui l’entouraient, et il a été couvert de huées et de sifflets.
Jamais on n’a abusé à ce point du public. La recette qui était assez considérable a été saisie par ordre supérieur; elle a été portée à la Préfecture de Police, et le montant en sera remis aux hospices, après les frais prélevés. »

La rage du public en image (les billets avaient été vendus de 2 à 10 francs) :
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La malheureuse expérience de Deghen inspira les caricaturistes ant-napoléoniens :
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