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Message Publié : 18 Avr 2009 7:39 
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Jean Froissart
Jean Froissart
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Inscription : 30 Juil 2003 21:44
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Localisation : Lorraine
Jean le bleu a écrit :
Enfin, qu'entendez-vous par "la guerre devient un fait de société"?

J'entends par là que c'est la première fois que la guerre a un impact aussi direct et aussi général sur la vie familiale et sociale de tous, que l'on habite dans une région touchée par les opérations militaires ou pas : c'est la première fois que la conscription est universelle et personnelle. Tous les hommes sont concernés, et par conséquent toutes les familles. C'est ce que j'appelle un fait de société. Il n'y a qu'à voir la place que prenait l'année de service militaire dans la vie des gens avant l'abrogation par J. Chirac.

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Message Publié : 18 Avr 2009 9:47 
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Thucydide
Thucydide

Inscription : 12 Avr 2008 19:17
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Localisation : Lille
Oui c'est vrai. C'est encore plus vrai après la guerre franco-prussienne, quand le citoyen doit en tout et pour tout 25 ans d'obligation militaire à son pays.

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On peut s'agiter en tous vents et cependant être paresseux. C'est que fixer avec constance son attention est un travail pénible, tandis que virevolter est, au fond, un passe-temps délicieux. Alexis PHILONENKO.


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Message Publié : 19 Avr 2009 10:03 
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Thucydide
Thucydide

Inscription : 18 Mars 2006 13:33
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Localisation : STRASBOURG
Bonjour,

Vous trouverez des monuments commémoratifs dans l'Alsace du Nord (au dessus de la ville d'HAGUENAU) qui rappelle les deux premières batailles de cette guerre : WISSEMBOURG (4 août 1870) et WOERTH (6 août 1870). La dénomination REICHSHOFFEN n'est pas appropriée puisque ce village alsacien ne fut en fait que la quartier général du Maréchal MAC MAHON, lieu d'ou est parti le message de celui-ci annonçant la défaite à NAPOLEON III.
C'est à découvrir si vous êtes intéressé par cette période et cette guerre franco-prussienne.

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"Mais la patrie perd plus que nous deux en perdant un officier distingué autant par ses talents que par son rare courage"-BONAPARTE-1796


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Message Publié : 27 Déc 2009 22:12 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 27 Déc 2009 22:04
Message(s) : 2
Bonjour

Je profite de ce forum pour siganler la sortie le 20 décembre dernier aux éditions YSEC d'un guide historique et touristique sur les champs de batailles de 1870 autour de Metz. "Metz 1870" par F. Hoff, B. Pollino et F. Pochon.
Cet ouvrage se propose donc de retracer, pour la première fois, l’histoire exhaustive de ce patrimoine méconnu, de ses origines à aujourd’hui. Il se double d’un guide pratique, avec plusieurs circuits de visite des champs de bataille. Le promeneur dispose ainsi des indications nécessaires pour accéder à chaque monument encore existant. Il peut trouver aussi sa description, son histoire, son lien avec les combats, et de nombreuses anecdotes.
Pour chaque monument, une vue ancienne et actuelle esr fournie.

En espérant que ce livre puisse répondre aux attentes de certains,


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Message Publié : 28 Déc 2009 10:23 
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Jean Froissart
Jean Froissart
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Inscription : 30 Juil 2003 21:44
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Localisation : Lorraine
Muiron a écrit :
WISSEMBOURG (4 août 1870) et WOERTH (6 août 1870). La dénomination REICHSHOFFEN n'est pas appropriée puisque ce village alsacien ne fut en fait que la quartier général du Maréchal MAC MAHON, lieu d'ou est parti le message de celui-ci annonçant la défaite à NAPOLEON III.


Il y eut également une charge dans le village de Morsbronn le 6 août, moins célèbre que celle dite "de Reichshoffen" (le même jour). Ce tableau d'Edouard Detaille (1848-1912) illustre cet épisode.

Image

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Message Publié : 28 Déc 2009 14:05 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 08 Déc 2009 18:21
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Il existe aussi des monuments de 1870 hors des zones de combats. Exemple : à Saint-Etienne (département de la Loire 42) il existe un monument aux morts spécifiques à la guerre de 70!

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"Il n'y a point de place faible, là où il y a des gens de coeur." Pierre du Terrail

"Qui est le numéro 1 ?
Vous, Numéro 6. " Le Prisonnier


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Message Publié : 28 Déc 2009 14:26 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 05 Sep 2009 12:57
Message(s) : 411
Localisation : nederland
Je pense que ce lien contient à peu près tous les monuments aux morts de France(1582).
ici.

Nottament à Barsac(33) un monument aux morts des guerres de Crimée, d' Italie et de 1870.

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Ecrire l'Histoire, c'est foutre la pagaille dans la Géographie.
[Daniel Pennac]


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Message Publié : 28 Déc 2009 17:43 
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Polybe
Polybe

Inscription : 21 Oct 2005 21:35
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Bonsoir,
Ne pensez surtout pas cela, je ne sais pas quelle est cette recension mais elle ne donne en aucun cas une liste exhaustive des Monuments aux Morts de France. En exemple le département de la Moselle pour lequelle cette liste ne donne que quatre monuments ; il y a plus de 700 communes en Moselle et chaque commune possède pratiquement le sien et si ce n'est pas le cas il est des communes qui en comptent plusieurs ce qui rétablit cette moyenne. Ce département, comme les deux département d'Alsace, présente des monuments commémoratifs de 1870, de 1914-18 et de 1939-45 et de nombreux monuments, plus récents, qui commémorent tous les conflits qui ont touché notre pays.


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Message Publié : 28 Déc 2009 19:10 
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Jean Froissart
Jean Froissart
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Inscription : 30 Juil 2003 21:44
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Localisation : Lorraine
Ybocaj a écrit :
Bonsoir,
Ne pensez surtout pas cela, je ne sais pas quelle est cette recension mais elle ne donne en aucun cas une liste exhaustive des Monuments aux Morts de France. En exemple le département de la Moselle pour lequelle cette liste ne donne que quatre monuments ; il y a plus de 700 communes en Moselle et chaque commune possède pratiquement le sien et si ce n'est pas le cas il est des communes qui en comptent plusieurs ce qui rétablit cette moyenne. Ce département, comme les deux département d'Alsace, présente des monuments commémoratifs de 1870, de 1914-18 et de 1939-45 et de nombreux monuments, plus récents, qui commémorent tous les conflits qui ont touché notre pays.

Bonsoir,
Puisque vous évoquez en particulier la Moselle, il m'intéresserait de savoir ce qu'ont permis et interdit les Prussiens, après la guerre de 1870, en matière de construction de monuments, sachant que les tués de ce département et des deux départements alsaciens sont tombés sous l'uniforme français. Comment les autorités prussiennes ont-elles laissé les villages mosellans gérer la mémoire de leurs ressortissants morts pour la France ?

Personnellement, je ne connais aucun monument en Moselle relatif à la guerre de 1870 et datant du temps de l'annexion (1871-1918). Cette quasi-absence de monuments de cette période s'explique par le fait que le traumatisme subi en 1870 a été sans commune mesure avec celui qu'on ressentira 45 ans plus tard, où le bilan sera 10 fois plus lourd : 140 000 tués français en 1870, 1 400 000 tués et disparus en 14-18. Je ne pense pas me tromper de beaucoup si je dis qu'en 1870 la plupart des villages n'ont pas eu de tués, tandis que pour 14-18, rares sont les villages qui n'ont pas eu de tués.

Je présume qu'avant 1918, les cérémonies et les "monuments" de 1870 trouvaient leur place dans l'espace "privé" (plaques dans les églises, dans les cimetières...) plutôt que sur l'espace public, et que c'est après la Grande Guerre, qu'on a inscrit sur ces monuments les noms des tués de 1870, quand il y en avait.

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Message Publié : 28 Déc 2009 22:52 
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Polybe
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Inscription : 21 Oct 2005 21:35
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Je pense que le livre Metz 1870 évoqué plus haut par Festewagner devrait nous en apprendre davantage. Il existe plus d’une centaine de monuments de 1870 dans la campagne de Metz, répartis sur les champs de bataille des 14, 16 et 18 août : Borny, Rezonville, Gravelotte, Sainte-Marie-aux-Chênes, Saint-Privat… Il en existe aussi sur le champ de bataille de Spicheren-Forbach (6 août) et en Alsace (Wissembourg et Woerth) mais c’est autour de Metz qu’ils sont les plus nombreux. Il ne s’agit pas à proprement parler de Monuments aux Morts mais plutôt de monuments commémoratifs des combats érigés sur place par les régiments allemands qui y avaient pris part. D’autres ont été érigés dans les communes périphériques, par les régiments combattants qui y étaient stationnés notamment pendant le blocus de Metz. N’oublions pas que la Moselle fut annexée après le traité de Francfort et que les Allemands firent de Metz la plus grande place-forte du monde. Chaque régiment voulut avoir son propre monument. Pour ce qui concerne les Français, c’est sûr que les autorités civiles et militaires allemandes ne laissèrent pas les Lorrains annexés ériger comme ils le souhaitèrent des monuments à la mémoire des soldats français tombés sur les champs de bataille. Il en existe quelques-uns cependant, sur les champs de bataille et dans les cimetières. Le premier fut érigé dans le cimetière militaire de Metz-Chambière à l’initiative des Dames de Metz. Il fut élevé à la mémoire des 7000 soldats français morts sur les champs de bataille de Metz, dont 1200 dans les ambulances pendant le blocus de la ville. Il fut inauguré le 7 septembre 1871. Un monument avait été érigé en 1871 par les habitants de Borny, il fut détruit par les Allemands pendant la guerre de 1914, restauré après le retour à la France après 1918 et transféré au cimetière de Chambière dans les années 1970. Un monument français fut inauguré le 14 octobre 1872 à Sainte-Marie-aux-Chênes à la gloire du 94ème de ligne. Il existe un monument aux morts français, magnifique, au cimetière de l’Est à Metz où se trouvent plusieurs tombes de généraux et officiers français tombés en août. Il existe plusieurs monuments français érigés dans les communes pendant l’annexion, principalement dans les cimetières ou furent aménagés des carrés militaires, à l’initiative du Souvenir Français fondé en 1887 par l’Alsacien Niessen ; je cite de mémoire Moyeuvre-Grande, Peltre, Rombas, Woippy, Sierck-les-Bains, il en est beaucoup d’autres, Rozérieulles (vestige) Vionville, j’en oublie. En Lorraine mosellane, la mémoire collective garde surtout le souvenir, inoubliable, de la manifestation grandiose, autorisée par les autorités allemandes, organisée à Noisseville à l’initiative de Jean-Pierre Jean, responsable du Souvenir Français en Moselle annexée. Les 3 et 4 octobre 1908 y fut inauguré, au lieudit l’Amitié, le somptueux monument aux Morts « aux soldats français tombés héroïquement au Champ d’Honneur » Une foule estimée à 120.000 personnes y assista, venue de toute la Lorraine, des deux côtés de la nouvelle frontière, arborant une forêt de drapeaux français, et parmi elle une délégation médusée des plus hautes autorités civiles et militaires allemandes venue de Metz et une délégation de 900 officiers français dont plusieurs généraux, délégués par le gouvernement français. Pour l’autre partie de la question, les communes de Moselle et d’Alsace perdirent des enfants dans les mêmes proportions que les autres communes de France, le système de conscription par tirage au sort étant identique dans toutes les communes de l’hexagone. Par contre, la population civile connut des pertes plus importantes que sur le reste du territoire, du fait des combats qui détruisirent des villages entiers, des épidémies qui suivirent, des représailles durant le blocus de Metz qui dura plus de deux mois et enfin par les frondes et révoltes qui se manifestèrent dans la population au début de l’Annexion. Traiter plus profondément ce sujet ici serait bien trop long, je regrette de ne pouvoir y satisfaire davantage.


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Message Publié : 28 Déc 2009 23:26 
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Polybe
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Inscription : 21 Oct 2005 21:35
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Pour les monuments de 1870 je vous conseille ce lien : http://jeanlouis.stein.free.fr/contacts.php


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Message Publié : 29 Déc 2009 13:42 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 27 Déc 2009 22:04
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Bonjour

Je confirme les propos précédents, les relations entre Allemands et francophiles à Metz autour des monument furent plus complexes qu'on ne peut l'imaginer au premier abord. Les autorités allemandes ont toléré la construction de monuments français en territoire annexé mais ces derniers ont toujours été tournés vers le seul souvenir des morts. Ni les monuments, ni les discours lors des cérémonies ne comportaient la moindre allusion revancharde ou haineuse vis-à-vis des nouveaux maîtres de la Lorraine.
Il est vrai que pour Chambières, les autorités allemandes évoquèrent dans un premier temps des tirs sur le polygone de Chambières pour tenter de gêner la cérémonie..
A contrario, pour le monument national de Mars-la-Tour, en France mais juste à la frontière, dont la symbolique était plus tournée vers la Revanche, les autorités allemandes exercèrent de fortes pressions : ils ne voulaient pas le monument à la sortie est du village (c'est à dire tourné vers les champs de bataille), ne voulaient pas non plus d'inauguration aux dates anniversaires d'août..Ce qui fut obtenue. Un premier projet jugé trop revanchard fut d'ailleurs rejeté aussi. D'ailleurs le monument fut inauguré le jour des morts 1875, pour mieux l'inscrire dans un simple hommage aux morts..
Jusqu'en 1908, le relations purent même être très cordiales, on citera le monument de Mey inauguré en 1907 conjointement par le Souvenir Français et l'association allemande pour l'entretien des tombes. Le monument, intact, comporte toujours ses plaques en français et en allemand.. On citera aussi la célèbre entrevue de Saint Ail où un général français pénètre officiellement en territoire annexé..
Le vrai tournant se situe après l'inauguration de Noisseville, puisque les autorités allemandes, convaincues de la dangerosité du souvenir français et de rôle que les monuments français avaient acquis, décidèrent d'en finir avec le souvenir français puis avec son émanation le souvenir alsacien lorrain. C'est dans ce cadre qu'elles refusèrent officiellement d'autoriser la construction d'un nouveau grand monument français sur les champs de bataille du 18 août, près de Saint Ail. Il aurait été le pendant de Noisseville. C'est seul le cas de refus connu.
Toutes ces informations sont développées et illustrées dans le livre cité plus haut.


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