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Message Publié : 28 Juin 2017 15:36 
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Jerôme a écrit :
Narduccio a écrit :
Il y a quelques jours, j'ai regardé quelques minutes de Fantomas. On ne peut pas dire que le modernisme y soit honni


c'est vrai mais la police y est ridiculisée.

Vous semblez ignorer ce qui est la base des ressorts comiques du film populaire français. Un Funès, quasiment à la même époque tourne les Gendarmes à Saint-Tropez. EN fait, il y a toute une littérature populaire écrite, que vous semblez oublier, où l'on se sert des mêmes ressorts : Arsène Lupin, Rouletabille, Fantomas, tel qu'il apparait dès 1910, même si le Juve originel est moins caricatural que celui interprété par De Funès. Dans la littérature populaire, on rit aux dépens de la maréchaussée, et cela bien avant que Gramsci ai écrit se première ligne. Le pandore moyen, dans cette littérature est affublé de biens des défauts et les héros s'amusent à les rouler dans la farine à la moindre occasion. N'avez-vous jamais lu ces romans lors de votre jeunesse ?


Jerôme a écrit :
Narduccio a écrit :
alors que dans les films américains la police est généralement composée de beaux gars séduisants et efficaces.

Les films français présentent souvent de façon négative les institutions.


Je me souviens de toute une série de films des années 60-70, où le policier américain n'est pas si bien représenté que cela. Puis, on a eu le droit dans les années 80, du policier, héros solitaire, œuvrant contre l'ensemble de la corporation qui a baissé les bras face ou crime, quand il n'y participe pas... Regardez à nouveau la série Die Hard avec Bruce Willis, et écoutez les commentaires entre John Mc Lane et le sergent Al Powell, 2 flics usés par un système et une hiérarchie trop soumis au politique ...

Il y a de nombreux autres films où on a la même trame, le flic qui se bat contre une institution policière dévoyée

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Message Publié : 28 Juin 2017 15:45 
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Jean Mabillon
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Narduccio je pense que nous ne sommes pas en complet désaccord. Il y a une vraie tradition française (républicaine? Avant ?) de dénigrement de l'autorité. personnellement ce genre d'humour ne me fait absolument pas rire et même me scandalise. Un gendarme ou un policier sont des sources d'admiration pas de blagues à mes yeux.

Le cinéma français s'inspire bien sûr de cette veine irrespectueuse et ne propose guère de héros positifs - je crois néanmoins qu'il y là une différence de nombreuses productions américaines (pas toutes mais beaucoup) . Surtout les productions populaires (John Wayne pour faire très court). C'est ce que j'ai écrit plus haut me semble t il.

Cela ne doit pas exclure pour autant toute réflexion sur l'anti gaullisme des milieux artistiques français ou leur imprégnation communiste plus ou moins consciente ! Ni l'effet d'une démarche (peut être inconsciente) d'ordre gramscienne ?

À l'inverse un commissaire Maigret est un héros positif. Mais il a si peu l'air d'un fonctionnaire de police qu'on peut se demander s'il n'est pas une profession libérale !


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Message Publié : 28 Juin 2017 16:19 
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Excusez-moi mais il me semble que l'on mélange un peu tout et n'importe quoi dans ce sujet...
Le cinéma hollywoodien et le cinéma français, les comédies et les films policiers, etc.
Entre parenthèses, je vois mal pourquoi coller l'étiquette de « films propagandistes » sur Paris brûle-t-il ? (1966) de René Clément et L'Armée des ombres (1969) de Melville... Ou alors tous les films historiques et les drames de guerre doivent-ils être considérés comme des « films propagandistes » ?

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“La barbarie est l'état naturel de l'humanité, [...]. La civilisation n'est pas naturelle. Elle résulte simplement d'un concours de circonstances. Et la barbarie finira toujours par triompher.” ― Robert E. Howard


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Message Publié : 28 Juin 2017 16:30 
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Jean Mabillon
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Lord Foxhole a écrit :
Excusez-moi mais il me semble que l'on mélange un peu tout et n'importe quoi dans ce sujet...
Le cinéma hollywoodien et le cinéma français, les comédies et les films policiers, etc.
Entre parenthèses, je vois mal pourquoi coller l'étiquette de « films propagandistes » sur Paris brûle-t-il ? (1966) de René Clément et L'Armée des ombres (1969) de Melville... Ou alors tous les films historiques et les drames de guerre doivent-ils être considérés comme des « films propagandistes » ?


Ce sont des films qui donnent une image héroique de la Résistance et indirectement de la France occupée, en laissant une place plus que limitée aux communistes et faisant silence sur la collaboration. On peut donc dire qu'ils adhèrent à la conception gaulliste de la seconde guerre mondiale. C'est en cela que ceratins les qualifient de "gaullistes". Evidemment ce ne sont pas des oeuvres grossières de matraquage idéologique !


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Message Publié : 28 Juin 2017 16:34 
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Jerôme a écrit :
Narduccio je pense que nous ne sommes pas en complet désaccord. Il y a une vraie tradition française (républicaine? Avant ?) de dénigrement de l'autorité. personnellement ce genre d'humour ne me fait absolument pas rire et même me scandalise. Un gendarme ou un policier sont des sources d'admiration pas de blagues à mes yeux.
À l'inverse un commissaire Maigret est un héros positif. Mais il a si peu l'air d'un fonctionnaire de police qu'on peut se demander s'il n'est pas une profession libérale !
Là vous regardez avec des œillères, et des œillères adaptées à ce que vous percevez de la société de notre époque. SI vous désirez avoir une vraie démarche historique, plus vite vous vous en débarrasserez, et mieux ce sera. Pour comprendre les gens du passé, il ne faut pas vouloir les regarder à travers les prismes de notre époque, mais à travers ceux de la leur.

EN ce qui concerne la littérature, vous trouverez des œuvres, aussi bien "républicaines, que monarchiques qui se moquent de la maréchaussée. SI vous vous intéressez à l'histoire de la police, vous constaterez qu'elle a été perçue à certaines époques comme l'ennemie du monde ouvrier, mais aussi comme une protectrice du peuple. Et vous trouverez donc des plumes "républicaines" pour défendre l'image de la police, comme vous trouverez des plumes bourgeoises ou monarchiques pour se moquer du pandore ou du juge. La situation est bien plus complexe que la vision par trop manichéenne de quelqu'uns.

Il y a des littératures populaires où l'on met en avant le bon gendarme. Le gendarme est souvent mieux perçu que le policier ou le garde-champêtre. Rappelez-vous bien que la police, municipale à son origine, descend plus du garde-champêtre que du gendarme. En parlant de gendarmes, Louis de Funès avant d'être le maréchal-des-logis-chef Cruchot, fut le facétieux Blaireau, dans le film Ni vu, ni connu où il s'oppose au garde-champêtre Parju interprété par Moustache. Or, les deux sont des succès populaires. Les mêmes personnes ont rit des tours pendables que Blaireau joue à Parju, et des aventures sympathiques de Cruchot... Il faut se méfier des visions manichéenne, elles sont fausses et trop simplistes.


Jerôme a écrit :
Le cinéma français s'inspire bien sûr de cette veine irrespectueuse et ne propose guère de héros positifs - je crois néanmoins qu'il y là une différence de nombreuses productions américaines (pas toutes mais beaucoup) . Surtout les productions populaires (John Wayne pour faire très court). C'est ce que j'ai écrit plus haut me semble t il.

Vous devriez regarder à nouveau les films policiers des années 70-80 où Belmondo et Delon jouent à tour de rôles des policiers très positifs ou des bandits avec un code d'honneur collé à la peau.

Jerôme a écrit :
Cela ne doit pas exclure pour autant toute réflexion sur l'anti gaullisme des milieux artistiques français ou leur imprégnation communiste plus ou moins consciente ! Ni l'effet d'une démarche (peut être inconsciente) d'ordre gramscienne ?

Je récuse cette vision, du moins en ce qui concerne le cinéma populaire, celui que les masses laborieuses, comme disaient les communistes, allaient voir. CHerchez donc une quelconque imprénation communiste dans la série des Gendarmes, dans le Corniaud, dans les films de capes et d'épée qui nous faisaient rêver dans notre jeunesse, dans ... Bref,cinéma populaire de ll'e. Oui, le bourgeois est souvent vilipendé, et on rit souvent à son dépend. Mais en même temps, c'est bien lui le notable, et le reproche qui lui est souvent fait c'est de n'être pas à la hauteur de ce que la société attend de lui. Bref, de n'être pas assez bourgeois.

EN lisant certaines interventions, j'ai l'impression que certains pensent que tout le monde regardait le cinéma d'art et d'essai. Ils ont dû oublier que lorsqu'on allait voir ces films, on se retrouvait souvent à 3 ou 4 pelés dans des salles de 50 à 80 sièges. Tandis que d'autres films remplissaient la grande salle à plusieurs centaines de sièges ... SI on veut faire une analyse pertinente, il faut s'intéresser aux films à grand spectacle qui ont fait des millions d'entrées et là, on voit que le progrès t est souvent montré de manière positive. On y voit aussi une vision plutôt optimiste de la société avec un enrichissement que l'on voir à divers détails. A de très nombreux détails. Par exemple, les voitures, mais aussi les téléviseurs, ou plutôt le poste de radio qui trône dans la pièce principale dans les films des années 60 qui passe dans la cuisine et qui est remplacé par les téléviseurs. La liste est longue, si on fait l'effort de regarder ces détails, on voit un enrichissement certain de la société. En fait, la plupart des spectateurs y auront vu des téléviseurs couleurs bien avant que le plus riche des gens de leurs connaissance ai pu s'en acheter un.

En fait, si le cinéma populaire est au service d'une propagande, celle-ci serait plus au service du pouvoir que l'inverse. Tandis que la situation dans les films 'intellectuels" est plutôt l'inverse

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Message Publié : 28 Juin 2017 17:48 
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Jerôme a écrit :
Narduccio je pense que nous ne sommes pas en complet désaccord. Il y a une vraie tradition française (républicaine? Avant ?) de dénigrement de l'autorité. personnellement ce genre d'humour ne me fait absolument pas rire et même me scandalise. Un gendarme ou un policier sont des sources d'admiration pas de blagues à mes yeux.



Sans vouloir vous manquer le moins du monde de respect, j'ai le sentiment que vous intriquez de manière assez peu sérieuse votre jugement personnel, qui vous appartient, et une timide tentative d'analyse historique fondée sur quelques exemples qui sont loin de représenter l'ensemble de la production cinématographique d'une époque.

Ne faudrait-il pas, comme le sous-entend, je crois, Lord Foxhole, borner le sujet ? Les comédies, le cinéma populaire, le film policier, que sais-je ? A vous voir brasser trop large, je ne sais pas trop comment entrer dans le sujet - qui m'intéresse pourtant.


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Message Publié : 28 Juin 2017 17:50 
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Jean Froissart
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Jerôme a écrit :
Lord Foxhole a écrit :
Excusez-moi mais il me semble que l'on mélange un peu tout et n'importe quoi dans ce sujet...
Le cinéma hollywoodien et le cinéma français, les comédies et les films policiers, etc.
Entre parenthèses, je vois mal pourquoi coller l'étiquette de « films propagandistes » sur Paris brûle-t-il ? (1966) de René Clément et L'Armée des ombres (1969) de Melville... Ou alors tous les films historiques et les drames de guerre doivent-ils être considérés comme des « films propagandistes » ?


Ce sont des films qui donnent une image héroique de la Résistance et indirectement de la France occupée, en laissant une place plus que limitée aux communistes et faisant silence sur la collaboration. On peut donc dire qu'ils adhèrent à la conception gaulliste de la seconde guerre mondiale. C'est en cela que ceratins les qualifient de "gaullistes". Evidemment ce ne sont pas des oeuvres grossières de matraquage idéologique !

A franchement parler, je me demande si vous avez vraiment visionné L'Armée des ombres de Melville, parce que ce film est très sombre et ne donne aucunement l'impression que tous les Français étaient de joyeux résistants... Il y est régulièrement question de dénonciations, de risques de trahison, et d’exécution de ceux qui mettent en péril le réseau des personnages principaux.
Exécuter un pauvre gars ligoté en l'étranglant, pour éviter de faire du bruit (ce qui alerterait le voisinage), j'avoue mal y percevoir ce qu'il y a d'héroïque...
D'ailleurs, à la fin, quelques plans annoncent la (future) fin tragique de tous les « héros » du film :
Citer :
« Claude Ullmann, dit « Le Masque », eut le temps d'avaler sa pilule de cyanure, le 8 novembre 1943. Guillaume Vermersch, dit « Le Bison », fut décapité à la hache dans une prison allemande le 16 décembre 1943. Luc Jardie mourut sous la torture le 22 janvier 1944 après avoir livré un nom : le sien… Et le 13 février 1944, Philippe Gerbier décida, cette fois-là, de ne pas courir. »

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Message Publié : 28 Juin 2017 18:00 
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Elzevir a écrit :
Jerôme a écrit :
Narduccio je pense que nous ne sommes pas en complet désaccord. Il y a une vraie tradition française (républicaine? Avant ?) de dénigrement de l'autorité. personnellement ce genre d'humour ne me fait absolument pas rire et même me scandalise. Un gendarme ou un policier sont des sources d'admiration pas de blagues à mes yeux.



Sans vouloir vous manquer le moins du monde de respect, j'ai le sentiment que vous intriquez de manière assez peu sérieuse votre jugement personnel, qui vous appartient, et une timide tentative d'analyse historique fondée sur quelques exemples qui sont loin de représenter l'ensemble de la production cinématographique d'une époque.

Ne faudrait-il pas, comme le sous-entend, je crois, Lord Foxhole, borner le sujet ? Les comédies, le cinéma populaire, le film policier, que sais-je ? A vous voir brasser trop large, je ne sais pas trop comment entrer dans le sujet - qui m'intéresse pourtant.


Je suis du même avis. SI comme l'auteur du premier message le suggère, ce qui l'intéresse est " je me suis souvent demandé quel a pu être le poids du cinéma dans l'éducation des masses", il faudrait donner la pré-éminence au cinéma "populaire". Mais,avant il se définit comme cinéphile, et cela risque de rentrer en contradiction. Le cinéma populaire étant justement celui qui fuient, à tort ou à raison, les cinéphiles

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Message Publié : 28 Juin 2017 18:21 
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Jean Mabillon
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Lord Foxhole a écrit :
Jerôme a écrit :
Lord Foxhole a écrit :
Excusez-moi mais il me semble que l'on mélange un peu tout et n'importe quoi dans ce sujet...
Le cinéma hollywoodien et le cinéma français, les comédies et les films policiers, etc.
Entre parenthèses, je vois mal pourquoi coller l'étiquette de « films propagandistes » sur Paris brûle-t-il ? (1966) de René Clément et L'Armée des ombres (1969) de Melville... Ou alors tous les films historiques et les drames de guerre doivent-ils être considérés comme des « films propagandistes » ?


Ce sont des films qui donnent une image héroique de la Résistance et indirectement de la France occupée, en laissant une place plus que limitée aux communistes et faisant silence sur la collaboration. On peut donc dire qu'ils adhèrent à la conception gaulliste de la seconde guerre mondiale. C'est en cela que ceratins les qualifient de "gaullistes". Evidemment ce ne sont pas des oeuvres grossières de matraquage idéologique !

A franchement parler, je me demande si vous avez vraiment visionné L'Armée des ombres de Melville, parce que ce film est très sombre et ne donne aucunement l'impression que tous les Français étaient de joyeux résistants... Il y est régulièrement question de dénonciations, de risques de trahison, et d’exécution de ceux qui mettent en péril le réseau des personnages principaux.
Exécuter un pauvre gars ligoté en l'étranglant, pour éviter de faire du bruit (ce qui alerterait le voisinage), j'avoue mal y percevoir ce qu'il y a d'héroïque...
D'ailleurs, à la fin, quelques plans annoncent la (future) fin tragique de tous les « héros » du film :
Citer :
« Claude Ullmann, dit « Le Masque », eut le temps d'avaler sa pilule de cyanure, le 8 novembre 1943. Guillaume Vermersch, dit « Le Bison », fut décapité à la hache dans une prison allemande le 16 décembre 1943. Luc Jardie mourut sous la torture le 22 janvier 1944 après avoir livré un nom : le sien… Et le 13 février 1944, Philippe Gerbier décida, cette fois-là, de ne pas courir. »


a franchement parler, De Gaulle n'a jamais prétendu que la résistance était une partie de plaisir, bien au contraire.

Il n'en reste pas moins exact que dans les années 1960, la résistance n'était pas un thème qui attirait les intellectuels, les artistes ou les étudiants !

je viens de lire un article sur Giscard d'Estaing (de 1967) qui explique que le succès des RI chez les jeunes était lié au fait qu'ils ne parlaient pas de la Résistance, laquelle n'intéressait plus les jeunes !

Par ailleurs il faudrait definir le concept de "propagande". La Vè République n'était pas une dictature avec un ministre qui passait des commandes ! Malraux n'était ni Goebbels ni Jdanov !


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Message Publié : 28 Juin 2017 19:17 
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Jerôme a écrit :
Par ailleurs il faudrait definir le concept de "propagande". La Vè République n'était pas une dictature avec un ministre qui passait des commandes ! Malraux n'était ni Goebbels ni Jdanov !

Le ministre de l'information ce n'est pas Malraux mais Peyrefitte. Et Peyrefitte envoie tous les jours ses consignes pour le journal télévisé. L'idée, c'est que la télé nationale est la voix de la France.

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 28 Juin 2017 19:26 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 23 Déc 2010 13:31
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Lord Foxhole a écrit :
ThierryM a écrit :
Sur l'efficacité, je laisse d'autres répondre mais le cinéma hollywoodien a eu un grand rôle de propagande avant et durant la Seconde Guerre mondiale pour préparer puis motiver les Américains à la guerre (Babes on Broadway, Casablanca, Man Hunt, The Great Dictator, Sergent York, Action in the North Atlantic, etc.)

Aux États-Unis, avant 1941, je pense que la plupart des films " préparant " à la guerre sont souvent le fruit d'initiatives personnelles et pas des commandes d’État...

Désolé, je reviens un message de la page précédente mais je n'ai pas eu l'occasion d'y répondre avant.

Je ne prétends pas le contraire. Mais, comme cela a été souligné, la question initiale est celle de l'éducation des masses au moyen du cinéma. L'éducation peut très bien être entreprise par des particuliers sur leur initiative personnelle. Certes, les exemples sont ceux de dictature mais ces exemples ne devraient pas être considérées comme une restriction du cadre général de l'éducation. Par ailleurs, s'il existe évidemment la propagande politique, ce n'est qu'un aspect de la propagande; dans sa définition, celle-ci n'est pas nécessairement et inévitablement issue du pouvoir en place.


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Message Publié : 29 Juin 2017 2:56 
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Lord Foxhole a écrit :
Jerôme a écrit :
Lord Foxhole a écrit :
Excusez-moi mais il me semble que l'on mélange un peu tout et n'importe quoi dans ce sujet...
Le cinéma hollywoodien et le cinéma français, les comédies et les films policiers, etc.
Entre parenthèses, je vois mal pourquoi coller l'étiquette de « films propagandistes » sur Paris brûle-t-il ? (1966) de René Clément et L'Armée des ombres (1969) de Melville... Ou alors tous les films historiques et les drames de guerre doivent-ils être considérés comme des « films propagandistes » ?


Ce sont des films qui donnent une image héroique de la Résistance et indirectement de la France occupée, en laissant une place plus que limitée aux communistes et faisant silence sur la collaboration. On peut donc dire qu'ils adhèrent à la conception gaulliste de la seconde guerre mondiale. C'est en cela que ceratins les qualifient de "gaullistes". Evidemment ce ne sont pas des oeuvres grossières de matraquage idéologique !

A franchement parler, je me demande si vous avez vraiment visionné L'Armée des ombres de Melville, parce que ce film est très sombre et ne donne aucunement l'impression que tous les Français étaient de joyeux résistants... Il y est régulièrement question de dénonciations, de risques de trahison, et d’exécution de ceux qui mettent en péril le réseau des personnages principaux.
Exécuter un pauvre gars ligoté en l'étranglant, pour éviter de faire du bruit (ce qui alerterait le voisinage), j'avoue mal y percevoir ce qu'il y a d'héroïque...
D'ailleurs, à la fin, quelques plans annoncent la (future) fin tragique de tous les « héros » du film :
Citer :
« Claude Ullmann, dit « Le Masque », eut le temps d'avaler sa pilule de cyanure, le 8 novembre 1943. Guillaume Vermersch, dit « Le Bison », fut décapité à la hache dans une prison allemande le 16 décembre 1943. Luc Jardie mourut sous la torture le 22 janvier 1944 après avoir livré un nom : le sien… Et le 13 février 1944, Philippe Gerbier décida, cette fois-là, de ne pas courir. »



Bien d'accord avec vous ! Mon avis reste que si le film se veut résolument gaulliste, il me semble qu'il essayait d'installer une réconciliation entre collabos et résistants. Le film s'éloigne du manichéisme que l'on a pu m'"enseigner" à l'école par exemple (l'éducation nationale est-elle l'oeuvre d'une propagande dans ce cas ?).
Le final (si vous n'avez pas vu le film, ne lisez pas cette phrase !), où les protagonistes sont obligés de se salir les mains en tuant une des leurs montre bien que la Résistance s'éloigne de l'héroïsme qu'on peut relater au lycée à l'heure actuelle. D'ailleurs, tout dans le film indique ce choix. Le jeu des couleurs, froides peu importe le personnage à l'écran, contraste avec un film d'Enseinstein qui, lui, installe une nuance de gris plus ou moins claire selon le "méchant" ou le "gentil" (film en noir et blanc oblige...).


Abusive est l'idée qu'une oeuvre ou un support culturel, qui donne "sa" vision des choses est cataloguée comme potentielle propagande.
Comme dit plus haut, une définition de "propagande" s'impose, ce qui est impossible. Et chacun impose sa frontière.
Pour moi, un film de propagande s'inscrit dans une logique de "formatage" intellectuel, idéologique (avec une volonté consciente ou pas). Eisenstein reste pour moi l'exemple le plus concret, d'un homme maîtrisant un savoir technique (celui du montage par exemple) au service d'une cause qu'il peut lui-même rejeter ou pas (concernant le Sergueï, j'avoue avoir du mal à le situer, cf "le pré de Béjine" ou "Ivan"). Cette contradiction se retrouve dans de nombreuses oeuvres (Chez Sartre notamment, mais c'est hors-sujet). À l'inverse, il a aussi une propagande plus douce car cadenassée dans les moeurs et les croyances populaires, plus pernicieuse car invisible, que l'on retrouve dans le cinéma anglo-saxon particulièrement ; me vient à l'esprit Inglorious Basterds, où je reste persuadé que Tarantino, involontairement, nous crache à la figure une vision très américaine (à la Bush) de l'Histoire (hélas, pour en avoir beaucoup discuté avec certains de mes compagnons étudiants, j'ai constaté que ça "a pris").
De même, restons dans l'actualité, avec le futur film de Nolan sur l'opération Dynamo, où, d'après quelques personnes ayant déjà vu le film (à prendre avec des grosses pincettes), le film n'aborde que l'histoire des soldats anglais et oublie les français. Là aussi, considérez-vous ça comme de la propagande ? Éduque-t-on le britannique ou américain avec une vision très "anglo-saxonne" de cette partie de la guerre ?


Et oui, effectivement, je parlais de la puissance quasi-pharmacologique de la propagande cinématrographique sur la masse (notamment dans les dictatures "lourdes"). Je voulais surtout aborder la façon dont les gens ont pu percevoir cela. Sujet vaste, où suivant le pays, telle population sera plus sensible à certains thèmes.


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Message Publié : 29 Juin 2017 6:59 
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Polybe
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Meurpique a écrit :
Bien d'accord avec vous ! Mon avis reste que si le film se veut résolument gaulliste, il me semble qu'il essayait d'installer une réconciliation entre collabos et résistants. Le film s'éloigne du manichéisme que l'on a pu m'"enseigner" à l'école par exemple (l'éducation nationale est-elle l'oeuvre d'une propagande dans ce cas ?).


Il me semble tout de même que "résolument gaulliste" est un peu fort. Si l'on a fraichement accueilli le film, dans certains milieux, c'est avant tout je crois bien en raison de la scène (à 2'25'') de l'adoubement de Paul Meurisse (Luc Jardie/Jean Cavaillès) :

https://www.youtube.com/watch?v=YDARoEd-z5c

Est-ce que le reste du film est "gaulliste" ? Sans doute guère plus que le bouquin de Kessel. Mon avis est que J.-P. Melville reste tout de même assez discret ; trop discret tout au moins pour qu'on puisse imaginer parler d'un film de "propagande", quelle que soient les limites qu'on attache à ce terme. La même scène serait présente dans un film aujourd'hui, personne ne ferait remarquerait rien, mais en 69, évidemment, c'était une autre affaire que de mettre autant en valeur le général.


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Message Publié : 29 Juin 2017 8:55 
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Philippe de Commines
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Jerôme a écrit :
on cite toujours "Paris Brûle t il?" comme exemple de film de propagande gaulliste.

j'aurais rajouté "La Grande Vadrouille" qui célèbre la Résistance selon la Doxa Gaulliste
et en Allemagne tout Leni Riefenstahl

_________________
il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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Message Publié : 29 Juin 2017 11:16 
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Elzevir a écrit :
Meurpique a écrit :
Bien d'accord avec vous ! Mon avis reste que si le film se veut résolument gaulliste, il me semble qu'il essayait d'installer une réconciliation entre collabos et résistants. Le film s'éloigne du manichéisme que l'on a pu m'"enseigner" à l'école par exemple (l'éducation nationale est-elle l'oeuvre d'une propagande dans ce cas ?).


Il me semble tout de même que "résolument gaulliste" est un peu fort. Si l'on a fraichement accueilli le film, dans certains milieux, c'est avant tout je crois bien en raison de la scène (à 2'25'') de l'adoubement de Paul Meurisse (Luc Jardie/Jean Cavaillès) :

https://www.youtube.com/watch?v=YDARoEd-z5c

Est-ce que le reste du film est "gaulliste" ? Sans doute guère plus que le bouquin de Kessel. Mon avis est que J.-P. Melville reste tout de même assez discret ; trop discret tout au moins pour qu'on puisse imaginer parler d'un film de "propagande", quelle que soient les limites qu'on attache à ce terme. La même scène serait présente dans un film aujourd'hui, personne ne ferait remarquerait rien, mais en 69, évidemment, c'était une autre affaire que de mettre autant en valeur le général.


"Gaulliste" dans le sens où il intervient, comme vous le soulignez, en 1969. Mais aussi dans une espèce de "reconnaissance" de la réconciliation nationale. Concernant la fameuse scène dont vous parlez, elle me semble secondaire. Le final dont j'ai parlé un peu plus tôt, mais aussi la scène où on entend les pensées, hésitantes, du commandant du camp de prisonnier ("à ménager, avec prudence"). Je parle plus du gaullisme de guerre et d'après-guerre immédiat, même si je ne peux m'empêcher de penser, qu'en filigrane, le gaullisme politique est lui aussi défendu, indirectement.
Je précise que je n'ai pas lu le livre de Kessel, alors je ne m'aventure pas là-dedans.
Nous sommes d'accord pour estimer qu'il ne s'agit pas de propagande. Une simple piqûre de rappel à la rigueur ? :)


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