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"Un peuple et son Roi"
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Auteur :  Robert Spierre [ 06 Fév 2018 17:49 ]
Sujet du message :  "Un peuple et son Roi"

Un film français (prévu en deux parties) sur la Révolution française sortira en septembre prochain.

« Le film sera épique, méticuleusement documenté et mettra en lumière des aspects de la Révolution française encore jamais vus dans un film de fiction. Nous croyons fortement en ce projet puisque Pierre Schoeller a déjà prouvé dans L'Exercice de l'Etat son talent pour dépeindre la complexité des coulisses du pouvoir politique avec un style léché et très cinématographique »
https://www.lesinrocks.com/2017/06/15/c ... -11955592/

http://www.noblesseetroyautes.com/tourn ... euple-roi/

http://www.cineuropa.org/nw.aspx?t=news ... did=330167

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Vincent Deniard en Danton : https://pbs.twimg.com/media/DHLJ5L-XgAAZvFu.jpg


Pas plus d'infos à ce sujet à ce jour.
Personnellement, si cela peut être du niveau du film de Enrico/Heffron, je signe des deux mains.
Et surtout pas quelque chose de comparable au film "Les Visiteurs et la Révolution". :mrgreen:
Sinon, Louis Garrel en Robespierre, bof...

Auteur :  AnonymeJ [ 06 Fév 2018 19:20 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Je n'ai jamais vu de film avec Louis Garrel, je ne saurais donc juger de l'acteur, mais il a l'âge du rôle, et un regard expressif. Avec un perruque, vous paraitra peut-être plus en phase avec son personnage :-)

En espérant qu'on ne lui fasse pas froncer les sourcils pendant tout le film ;-) Il fronce bien les sourcils, j'ai l'impression. Je crains le pire, du coup :)

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Ce qui me gène plus, c'est le titre "Un peuple et son roi", et la volonté de faire un "Un film épique et méticuleusement documenté". Epique, aucun problème. Documenté, je veux bien, mais par qui ? Comme s'il y avait une "réalité historique" qu'on pourrait saisir.

Autant avouer "je ferai MA vision de la Révolution française". Ce qui est bien respectable. Est-il possible de faire autrement ?

Sinon, je veux le nom des historiens qui le conseillent pour le scénario :-)

Auteur :  Robert Spierre [ 06 Fév 2018 21:35 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Jefferson a écrit :
Je n'ai jamais vu de film avec Louis Garrel, je ne saurais donc juger de l'acteur, mais il a l'âge du rôle, et un regard expressif. Avec un perruque, vous paraitra peut-être plus en phase avec son personnage :-)

En espérant qu'on ne lui fasse pas froncer les sourcils pendant tout le film ;-) Il fronce bien les sourcils, j'ai l'impression. Je crains le pire, du coup :)

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https://www.google.fr/search?q=louis+ga ... eg6afpfdJM:

Difficile de rivaliser avec Wojciech Pszoniak

https://www.youtube.com/v/fbkIVEHOQ-k

Jean Négroni

http://www.ina.fr/video/VDD09036193

et Andrzej Seweryn

https://www.youtube.com/v/jXo4jjmS6tw


Sinon, dans le genre "gag", y'a le Robespierre (Richard Basehart) de "Reign of Terror" (Le Livre Noir) (1949) :

https://www.youtube.com/v/Z2BIwh4yVvs
Tortured by Robespierre lol

Mais aussi celui des "Deux Orphelines" (de D.W. Griffith - 1921), où le metteur en scène américain arrive à associer, pour l'année 1794, la tyrannie à l'anarchisme et au Bolchevisme :mrgreen: :

https://www.dailymotion.com/video/x3xpueh
A 1h50 et 50''

Auteur :  Barns [ 20 Fév 2018 22:18 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Laurent Lafitte était excellent dans "au revoir là haut de Dupontel", pour une fois on aura un Louis croix v bâton à la bonne taille (1,89m pour l'acteur)

Auteur :  Sir Peter [ 21 Fév 2018 19:06 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Enfin ! le Roy sera à la hauteur lol

Auteur :  gago [ 27 Juil 2018 7:39 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

La bande annonce:

https://youtu.be/rexq82lZ-hg

Le film devrait sortir le 26 septembre prochain.

Auteur :  Jerôme [ 06 Oct 2018 8:51 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Un bref retour pour ce forum.

Sur le plan strictement cinématographique, ce film me semble très remarquable. On s'attache aux personnages, on a l'impression d'un voyage dans le temps, la photographie est magique, les acteurs (Denis Lavant dans Marat est inouï !) et les décors sont excellents !

Sur le plan historique, j'ai plus du mal à porter un jugement ignorant les détails de la vie des artisans du faubourg Saint-Antoine mais disons que le propos semble globalement crédible. Un bémol : la place des femmes m'a paru un peu excessive - belles, intelligentes et courageuses, n'en jetez plus !

En conclusion, j'aurais tendance à proposer une comparaison avec le récent Dunkerque : Un film à base historique mais d'abord inscrit dans une perspective esthétique.

Auteur :  nico86 [ 06 Oct 2018 8:57 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Barns a écrit :
Laurent Lafitte était excellent dans "au revoir là haut de Dupontel", pour une fois on aura un Louis croix v bâton à la bonne taille (1,89m pour l'acteur)


Je suis d'accord Barns ! il était PARFAIT pour ce rôle de "salaud suffisant"

Auteur :  Aigle [ 20 Oct 2018 14:35 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Merci cher Robert d'avoir appelé notre attention sur ce beau film.

Je l'ai beaucoup aimé car il s'agit d'une réelle réussite esthétique.

Sous l'angle historique, je n'ai pas noté d'erreurs flagrantes. On peut apprécier certains aspects souvent laissés de côté, comme la place de la religion et de la mort dans la vie quotidienne.

En revanche, le titre est trompeur : on voit peu le Roi, on ne peut le comprendre, on voit surtout le Peuple, ou plutôt une fraction du peuple (les habitants du quartier de la Bastille).

Je vous le recommande donc.

Auteur :  Aigle [ 01 Nov 2018 8:15 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Jean-Clément Martin (historien célèbre même s'il est au coeur de certaines polémiques en raison de sa volonté d'expliquer, voire de reletaiviser, le recours à la violence) nous propose une intéressante critique de ce film.

Quelques extraits :

"Un peuple et son roi, de Pierre Schoeller, propose une interprétation favorable à la Révolution de 1789 à 1793 en revendiquant l’emploi de la violence politique. On peut et on doit en débattre, mais l’entreprise a le mérite de la clarté. La rupture avec le courant majoritaire des productions cinématographiques est ainsi revendiquée ; reste à savoir si la réalisation a répondu à l’intention et de quoi la revendication est productive.

...

Le titre du film est en soi un programme : un peuple et son roi postule donc que l’unité populaire se pose en face et au-dessus de « son » roi. Jusqu’en 1789, le roi s’adressait à « ses peuples » parce qu’il savait, avec tous les légistes, parlementaires, élus de toutes sortes des villes, des provinces, des cours souveraines…, que la France avait été composée au fil du temps par des rattachements et des pactes à la personne royale, celle-ci devant respecter les alliances anciennes, assorties de privilèges de toutes sortes. La phrase célèbre parlant des « peuples désunis » que la Révolution a réunis est toujours dans nos mémoires, sonnant comme une victoire éclatante.

...

La Révolution est ici réduite aux aspirations de groupes de travailleurs et aux discours des députés. Qui peut comprendre ce qui a eu lieu, qui peut comprendre que les élections de 1795 et 1797 donnèrent une majorité aux royalistes modérés certes, mais royalistes et catholiques ? Quand cessera-t-on de passer sous silence ce qui nous embarrasse dans un récit national qui continue à tourner autour des contre-révolutionnaires comme des ultra-révolutionnaires sans les prendre vraiment en considération ?

Je regrette toujours que l’emploi de la pensée magique pour éviter l’analyse des complexités politiques empêche la compréhension des temps passés comme du présent. Je le regrette encore plus, maintenant, en 2018, en ces temps d’inquiétude devant les terreurs, de commémoration des victimes récentes du terrorisme, d’acceptation de la guerre. Je n’arriverai jamais à accepter que le souvenir de la Révolution entretienne la croyance que l’esprit belliqueux et sacrificateur puisse être une solution politique, je n’y résumerai pas ce film pour autant."

https://unsansculotte.wordpress.com/201 ... t-son-roi/

Auteur :  Châtillon [ 01 Nov 2018 22:58 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Je pense qu'il est impossible de faire un film qui résumerait la Révolution française en deux heures. Le film de Schoeller ne s’intéresse qu'aux trois premières années, mais ne parvient pas à faire en sorte qu'on comprenne ce qui s'y passe. A moins de connaître déjà le sujet. Sur l’événementiel, ce n'est pas un film pédagogique.

Le film est dédié au peuple. Les autres groupes sociaux ou politiques n'apparaissent donc pas... Ce qui peut expliquer la frustration.

Auteur :  Jerôme [ 04 Nov 2018 9:00 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Châtillon a écrit :
Je pense qu'il est impossible de faire un film qui résumerait la Révolution française en deux heures. Le film de Schoeller ne s’intéresse qu'aux trois premières années, mais ne parvient pas à faire en sorte qu'on comprenne ce qui s'y passe. A moins de connaître déjà le sujet. Sur l’événementiel, ce n'est pas un film pédagogique.

Le film est dédié au peuple. Les autres groupes sociaux ou politiques n'apparaissent donc pas... Ce qui peut expliquer la frustration.


En y réfléchissant je crois que nous pouvons dire que le message de ce film est résumé dans le titre : le peuple et le Roi sont assez sympathiques mais un peu désorientés par des événements qu'ils ne comprennent pas tandis que les vrais vainqueurs de la révolution seraient les députés ! le message serait donc que la révolution n'a pas donné le pouvoir au peuple mais aux hommes politiques !

Auteur :  Pierma [ 04 Nov 2018 15:15 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

C'est un lieu commun marxiste que de dire que c'est la bourgeoisie qui a été la grande gagnante de la Révolution. (Cela, comme les causes de la chute de Robespierre, fera l'objet de réflexions très poussées de la part des Bolcheviks : se faire confisquer la révolution - sachant qu'ils SONT le peuple - on ne les y reprendra plus...)

Mais ce n'est pas dénué de sens : le XIXe siècle nous montre une société dans laquelle le peuple, le plus souvent, n'a pratiquement aucun droit. Avec des hauts et des bas parce que c'est un siècle très heurté. Et cela apparaît d'autant plus que ça coïncide avec la révolution industrielle.

(Quand je tombe sur des imbéciles qui m'expliquent que la France doit sa richesse au pillage des pays colonisés, je leur signale que la France s'est construite sur le travail épuisant - et le mot est faible - des générations de cette époque. Il y a le statut des mineurs décrits par Zola, mais à la campagne les paysans pauvres travaillent aussi comme des bêtes de somme.)

Combien de régimes, par exemple, avec un suffrage censitaire ? Le droit de vote réservé "aux riches" (pour faire simple) c'est clairement la bourgeoisie qui s'affiche comme détentrice du pouvoir. Pourquoi se gêneraient-ils ? Ils ont gagné !

Il faut attendre la 3e République (ce coup de chance à peine croyable pour la démocratie, qui voit une assemblée royaliste omnipotente céder finalement le pouvoir aux républicains) pour voir enfin le suffrage universel fermement établi, mais cette même république n'avancera qu'à pas très comptés sur la question sociale.

Quand on y pense, ils sont un peu paradoxaux ces républicains : prêts à un affrontement sans merci contre le pouvoir de l'Eglise et les catholiques - c'est Clemenceau, pourtant anticlérical, qui mettra fin à un affrontement qui devenait insensé, et risquait ça et là de très mal tourner - ils n'osent, ou ne souhaitent guère bouger sur la protection sociale des ouvriers. Ce sont même les patrons - en particulier ceux de grands groupes industriels - qui font office de précurseurs.

La bourgeoisie sortie gagnante de la Révolution ? ça me paraît une conclusion raisonnable.

Auteur :  Champollion [ 04 Nov 2018 19:16 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Pierma a écrit :
Quand on y pense, ils sont un peu paradoxaux ces républicains : prêts à un affrontement sans merci contre le pouvoir de l'Eglise et les catholiques - c'est Clemenceau, pourtant anticlérical, qui mettra fin à un affrontement qui devenait insensé, et risquait ça et là de très mal tourner - ils n'osent, ou ne souhaitent guère bouger sur la protection sociale des ouvriers. Ce sont même les patrons - en particulier ceux de grands groupes industriels - qui font office de précurseurs.

La bourgeoisie sortie gagnante de la Révolution ? ça me paraît une conclusion raisonnable.


Je lis en ce moment La Loi et les Prophètes; les socialistes français et les institutions politiques de Gérard Grundberg (éd. CNRS) qui explore dans les trois premiers chapitres de son ouvrage ce qu'il désigne sous le nom d'aporie jacobine des (premiers) socialistes français.
Il va dans le sens de votre observation, en ce sens que le Parti socialiste français (après le socialisme utopique des premiers temps) s'est structuré autour de la défense républicaine, au début de la IIIème République. Il a sacrifié, momentanément son combat pour la Sociale de 93 et s'est résolu à protéger cette République de 1875, pourtant parlementaire (et résiduellement monarchiste par certains aspects) , libérale et bourgeoise, qui revendiquait une partie seulement de l'héritage révolutionnaire.
Jaurès, d'anciens communards comme Vaillant ou Malon, et même le révolutionnaire Guesde ont soutenu la cause républicaine. Certes, avec plus ou moins d'enthousiasmes (on pense au boulangisme), selon qu'ils étaient d'authentiques jacobins, comme Jaurès, ou des marxistes -attachés toutefois à l'héritage français des luttes sociales que reconnaissait pleinement le penseur allemand. Ils furent là en 1877, en 1886-1889, en 1899 et pendant l'affaire Dreyfus...
Que remportèrent-ils; Millerand au gouvernement, des succès électoraux et... des apories insurmontables au sein même du parti. Selon l'auteur, elles mènent tout droit à la scission de Tours. Ils avaient accepté, en nouant des alliances avec les Radicaux de s'intégrer de fait au parlementarisme français, voire, pour un temps de le défendre, mais la République ne voulait pas d'eux. En tout cas elle ne savait que faire d'eux.

En observant la position de Jaurès, on voit combien elle était difficile à tenir: défenseur d'une révolution pacifique par voie démocratique dans le cadre de la République, forme qu'il identifiant comme la seule où pourrait pleinement s'épanouir sa "mère", la Révolution sociale; Jaurès devait lutter avec la doctrine guesdiste-marxistes qui travaillait la nouvelle SFIO. Ces derniers, hostiles au parlementarisme où régnait dans tous les cas la lutte des classes, considéraient que 89 c'était, vous le dites, les Bourgeois contre l'Aristocratie et que demain ce serait le tour du Prolétariat. Comment, effectivement leur donner tort ?
L'idéalisme jaurésien croyait -c'est assez admirable, je trouve- au peuple-classe,dans lequel se dissolvait la bourgeoisie. Le peuple, tout entier, car "la Révolution est d'un bloc", avait fait 89 et 93, il se lèverait à nouveau, d'un même élan, pour accomplir la révolution sociale.
Les positions jacobines de Jaurès dans son Histoire socialiste de la Révolution française posaient une alternative à la grille d'analyse marxiste. Et dans l'Armée Nouvelle on le voit tenter de concilier patriotisme et internationalisme.

Auteur :  Unagi [ 04 Nov 2018 19:42 ]
Sujet du message :  Re: "Un peuple et son Roi"

Je l'ai raté lors de sa sortie et j'attends de nouvelles projections 8-|

A noter que l'historien P.Boucheron s'entretient dans une nouvelle (et intelligente -intelligible !) revue en ligne avec le réalisateur: https://entre-temps.net/reconstituer-et ... schoeller/

Le réalisateur indique bien qu'il n'a pas pu reconstituer fidèlement la rue... Pour des raisons financières. Mais est-ce le but de la fiction? Probablement pas (Germinal est sans doute le livre le plus puissant, ouvrages historiques inclus, sur les mineurs... Et il y a bien d'autres exemples.)

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