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Message Publié : 20 Avr 2014 8:13 
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Philippe de Commines
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On guérit aujourd'hui un peu plus d'un cancer sur deux.
Ce taux n'a pas beaucoup augmenté depuis 20 ans malgré les progrès de la médecine.

Quels étaient les taux de guérison il y a 30, 40, 50 ans ?
(moyenne pour l'ensemble des cancers par exemple)

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Message Publié : 20 Avr 2014 9:43 
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Pouzet a écrit :
(moyenne pour l'ensemble des cancers par exemple)


Le taux moyen de guérison des cancers n'est pas une information très pertinente. Parce que c'est très variable d'un cancer à l'autre. Il y a des études réalisées régulièrement par divers organismes sur les cancers. Tous les 5 ans, il y a une étude sur la mortalité des cancers qui sort en France. La dernière était en 2008, celle d'avant en 2003. En 2003, l'institut qui s'en occupait s'appelait l'InVS (Institut de veille sanitaire). Je crois qu'il a changé de nom depuis. Voici les chiffres de 2004 :
Citer :
Voici quelques chiffres extraits en partie du Science & Vie de Juin 2004 qui a fait un dossier sur la question. La source d'origine est l'InVS (institut de veille sanitaire).
Le premier chiffres est le nombre nouveaux de cas apparus en 2000, le second, l'évolution depuis 1980.
Cancer du sein:femmes 41 845 nouveaux cas apparus en 2000 soit une évolution de 97% depuis 1980.
Prostate: hommes 40 309 : + 271%
Colon-rectum: femmes 16 826 : 47% ; hommes: 19 431 : +55%
Poumon: femme: 4591 : + 182%; hommes: 23 152 : +41%
Lèvre-bouche-pharynx: femmes: 2398 : + 73% ; hommes: 12 990: + 1,5%
Leucémie: femmes: 4841 : +23% : hommes : 6203 : +23%
Vessie: femmes: 1785 : + 12% : hommes : 8986 : +61%
Lymphome malin non hodkinien: femmes: 4381: + 139% : hommes : 5527 : + 163%
Rein : femmes: 2987 : +147%: hommes: 5306 : + 114%
Mélanome de la peau: femmes: 4165 : + 182% : hommes 3066: +294%
estomac: femmes: 2606 : -25% : hommes : 4520 : - 14%
Foie: femmes: 962 : +133% : hommes : 5014 : + 225%
Système nerveux central: femmes: 2602 : + 111% : hommes : 2697 : + 84%
Corps de l'utérus: femmes: 5064 : + 23%
Oesophage: femmes: 928 : + 98% : hommes : 4040 : -19%
Pancréas: femmes: 2186 : +85% : hommes: 2701 : + 64%
Ovaire: femmes: 4488 : + 32%
larynx: femmes: 361 : + 21% : hommes: 3865 : -11%
thyroïde: femmes: 2890 : +203% : hommes: 821 : + 115%
Myélomes multiples: femmes: 1645 : +79% : hommes: 1942 : + 118%
col de l'utérus: femmes: 3387 : -31%
lymphome Hodghinien: femmes: 631 : -0,2% : hommes: 736 : - 15%
Mésothéliome de la plèvre: femmes: 200 : + 354% : hommes: 671 : + 224%
autres: femmes: 5459 : - 4% : hommes: 9048 : + 13%
Soit au total: 1117 228 cancers qui se sont déclarés chez les femmes en 2000, soit 43 870 cas excédentaires par rapport à 1980: + 60%; chez l'homme ce furent: 161 025 nouveaux cas dont 64 206 excédentaires ce qui fait: +66%.
Au total 108 076 cas de cancers en plus en 2000 par rapport à 1980.
Le rapport complet peut-être téléchargé à cette adresse: http://www.invs.sante.fr/publication...t_cancer_2003/
Pour ceux qui ne sont pas en hautdébit; attention, il fait environ 5 Mo.
L'augmentation de la démographie explique 57000 cas surnuméraires; il reste danc environ 51000 cas "douteux". Ce qui ramène l'augmentation à +30% environ.
Attention: il s'agit de nouveaux cas, donc d'incidence et non de mortalité.
L'amélioration des méthodes de diagnostics:
un meilleur diagnostics du cancer de la prostate expliquerait 11 000 cas; reste 40 000 cas toujours non résolus.
L'amélioration des diagnostics du cancer du sein: 1600 cas; reste 38 400 cas.
Augmentation de la consommation du tabac entre 1950 et nos jours: 2000 cas:reste 36 400.
l'amiante: la plus belle progression en pourcentage, +160% en 20 ans, mais "seulement 200 cas de plus; reste 36 200.
Pour le reste les données épidémiologiques ne suffissent plus à donner des chiffres précis et fiables. Il y a quelques pistes, hépatites B et C pour le cancer du foie, augmentation de l'exposition au soleil, rayons ionisants (les médecins français prescrivent plus d'examens (rayons X et autres) que la moyenne de leurs collègues européens.
Ensuite, on arrive aux "suspects", des causes tellement diffuses que l'on n'arrive pas à les mettre en évidence. Nous "baignons" dans une soupe de produits chimiques, si certains sont anodins, d'autres sont suspectés. L'incertitude plane sur les ondes electromagnétiques (certains n’hésitant pas à dire que le portable ne serait pas innocent sur l'augmentation de cas de cancers sur les adolescents).


http://forums.futura-sciences.com/traitement-origine-cancer/16436-augmentation-nombre-de-cancers-causes.html

Faudrait chercher les divers rapports et en extraire les chiffres. Il y a une solution alternative : trouver s'il y a eu une méta-étude qui porte sur tous ces rapports et en sort des enseignements à long terme.

PS: pour l'instant, il n'y a pas d'explosion de cancers du cerveau lié à l'utilisation massive des téléphones portables par les adolescents.

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Message Publié : 20 Avr 2014 9:47 
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Petite précision : le nombre de guérisons dépend du nombre de cas constatés et de la date de détection. Donc, une partie de "l'histoire de la guérison" des cancers est une histoire "de la capacité de les détecter" à des stades de plus en plus précoces. Pas seulement de nos capacités à les guérir. Une partie de leur augmentation est simplement l'image de l'augmentation de notre capacité à les détecter.

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Message Publié : 20 Avr 2014 19:59 
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Le communiqué de presse du rapport de l'InVS de 2013 :
Citer :
Évolution de l'incidence et de la mortalité par cancer en France entre 1980 et 2012

Le réseau des registres des cancers Francim, le service de biostatistique des Hospices Civils de Lyon (HCL), l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Institut national du cancer (INCa) publient une étude actualisée de l’évolution de l’incidence et de la mortalité par cancer en France1.

L’étude porte sur la période 1980-2012 et comporte deux parties : la 1re partie concerne les tumeurs solides et la 2e les hémopathies malignes (cette seconde partie sera publiée en septembre 2013).
Réalisée à partir des données des registres des cancers du réseau Francim, la 1re partie porte sur 925 242 cas de cancers recensés dans 21 départements couverts par les registres participant à l’étude. Elle fournit les estimations nationales actualisées d’incidence et de mortalité (tous types de cancers confondus) ainsi qu’une analyse des tendances entre 1980 et 2012 pour 19 localisations (15 pour les hommes et 17 pour les femmes) de tumeurs solides invasives. Toutefois, les chiffres présentés dans ce communiqué concernent l’ensemble des cancers : les 19 tumeurs solides objet de la 1re partie de l’étude ainsi que tous les autres cancers.
La mesure et le suivi des indicateurs d’incidence et de mortalité sont essentiels pour l’ensemble des acteurs et décideurs de santé publique pour leur permettre de mettre en œuvre des politiques de santé adaptées aux besoins de la population.

Principaux chiffres
Incidence en 2012


En 2012, le nombre de nouveaux cas de cancers en France métropolitaine est estimé à 355 000 (200 000 chez l’homme et 155 000 chez la femme) :

le cancer de la prostate reste de loin le cancer le plus fréquent chez l’homme (56 800 nouveaux cas par an) devant le cancer du poumon (28 200 nouveaux cas) et le cancer colorectal (23 200 nouveaux cas) ;
le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme (48 800 nouveaux cas par an), devant le cancer colorectal (18 900 nouveaux cas) et le cancer du poumon (11 300 nouveaux cas).

Mortalité en 2012

En 2012, le nombre de décès par cancer en France est estimé à 85 000 chez l’homme et 63 000 chez la femme, soit au total 148 000 décès :

le cancer du poumon se situe au 1er rang chez l’homme (21 300 décès par an) devant le cancer colorectal (9 200 décès) et le cancer de la prostate (8 900 décès) ;
le cancer du sein est la 1re cause de décès par cancer chez la femme (11 886 décès par an). Le cancer du poumon se positionne désormais au 2e rang (8 700 décès par an) devant le cancer colorectal (8 400 décès).

Grandes évolutions 1980-2012

Le nombre de nouveaux cas de cancers a considérablement augmenté entre 1980 et 2012 chez l’homme comme chez la femme (respectivement +107,6 % et +111,4 %). Cette augmentation s’explique en grande partie par l’accroissement de la population, qui mécaniquement augmente le nombre de cas, et par son vieillissement, la majorité des cas survenant chez les sujets âgés. Ainsi, chez l’homme, l’augmentation s’explique à hauteur de 30,8 % par l’accroissement de la population et à hauteur de 33,7 % par son vieillissement. Chez la femme, les chiffres sont respectivement de 33,8 % et 22,5 %. Le reste de la hausse du nombre de cas, soit 43,1 % chez l’homme et 55,1 % chez la femme, s’explique par l’augmentation de la probabilité d’être diagnostiqué avec un cancer, notamment en raison de l’évolution de l’exposition aux facteurs de risque et des modifications intervenues dans les méthodes diagnostiques.
Concernant la mortalité, entre 1980 et 2012, le nombre de décès par cancer a augmenté de 11 % chez l’homme et de 20,3 % chez la femme. Cette hausse est attribuable à l’évolution démographique (augmentation et vieillissement de la population) alors que le risque de décéder a diminué notablement, la diminution étant plus marquée chez l’homme.
Pour comparer les données de mortalité ou d’incidence d’une période à une autre ou d’un pays à l’autre, on ne peut pas se contenter d’observer le nombre de décès ou de nouveaux cas. Il faut en effet s’affranchir des effets liés à l’augmentation de la population et à son vieillissement. On y parvient en calculant le « taux standardisé » qui neutralise ces deux facteurs.

Ainsi, entre 1980 et 2012, on observe une augmentation du taux d’incidence (standardisé sur la population mondiale) de 27,9 % chez l’homme et de 42,9 % chez la femme, soit environ 1 % par an (en moyenne +0,8 % par an chez l’homme et +1,1 % chez la femme). Cette hausse résulte, en partie, d’une meilleure détection des cancers, ce qui entraîne une augmentation du nombre de cas diagnostiqués, ainsi que d’une augmentation du risque de cancer, même si ce dernier n’a augmenté que de façon plus modeste.
Toutefois cette tendance s’inverse depuis 2005, avec une diminution du taux d’incidence chez l’homme (en moyenne -1,3 % par an) et un ralentissement de l’augmentation de ce taux chez la femme (en moyenne +0,2 % par an). On note ainsi, d’une part, une tendance à la baisse de l’incidence des cancers du sein et de la prostate depuis 2005 et, d’autre part, une stabilité de l’incidence de certains cancers (côlon-rectum et poumon chez les hommes).
Concernant le cancer du sein, un facteur important de cette baisse de l’incidence depuis 2005 pourrait être la diminution de la prescription de traitements hormonaux de la ménopause ou de leur durée. L’arrêt de la montée en puissance du dépistage peut également être évoqué.
Pour le cancer de la prostate, on constate de 2000 à 2005 une forte augmentation du nombre de nouveaux cas induite par l’intensification de la détection de ce cancer par le dosage sérique du PSA (Antigène spécifique de la prostate). Cette augmentation est d’autant plus importante que la pratique s’est rapidement répandue, induisant un "phénomène de rattrapage", c’est-à-dire le diagnostic d’un nombre important de cas chez des personnes qui n’avaient pas précédemment fait l’objet de cette détection. A partir de 2005, une baisse brutale de l’incidence est observée Elle correspond à la conjonction de deux phénomènes : l’un épidémiologique, qui est lié au fait qu’après plusieurs années de détection par le dosage du PSA, une partie des cancers prévalents sont diagnostiqués ; l’autre sociale, qui résulte de la prise de conscience d’un risque de "sur-diagnostic" par les soignants et la population, ce qui incite à la prudence vis-à-vis du dépistage2.

Le taux standardisé de mortalité a, pour sa part, diminué en moyenne de 1,5 % par an chez les hommes et de 1 % chez les femmes au cours de la période 1980-2012. Les taux de mortalité par cancer sont toujours plus élevés chez les hommes que chez les femmes, mais ils diminuent plus rapidement chez les hommes. Cette diminution est essentiellement liée à la diminution de la consommation d’alcool et de tabac chez les hommes.

Conclusion
Ces estimations portant sur la période 1980-2012 confirment la divergence entre l’évolution de l’incidence et celle de la mortalité par cancer. Cette divergence s’explique par l’effet combiné de la diminution de l’incidence des cancers de mauvais pronostic (cancers de l’œsophage, de l’estomac, des voies aéro-digestives supérieures par exemple) et l’augmentation de l’incidence des cancers de meilleur pronostic. Cette augmentation est liée, en partie, à des modifications des pratiques médicales qui entraînent des diagnostics plus précoces et du sur-diagnostic. Cependant, pour la première fois, on observe à partir de 2005 des changements d’évolution de l’incidence avec une diminution chez l’homme et une stabilisation chez la femme. Ces variations sont dues aux récentes modifications de l’incidence des cancers de la prostate et du sein.
Attention cependant : pour certaines tumeurs solides, en particulier le cancer du poumon chez la femme et le mélanome cutané chez l’homme, les évolutions marquées par une augmentation conjointe de l’incidence et de la mortalité restent préoccupantes. Ainsi, les efforts de prévention menés pour ces deux cancers évitables dont les principaux facteurs de risque sont connus (tabagisme pour le cancer du poumon et exposition aux ultraviolets naturels ou artificiels pour les mélanomes de la peau) doivent être maintenus et renforcés.


Et le lien pour télécharger le rapport complet : http://www.invs.sante.fr/Publications-et-outils/Rapports-et-syntheses/Maladies-chroniques-et-traumatismes/2013/Estimation-nationale-de-l-incidence-et-de-la-mortalite-par-cancer-en-France-entre-1980-et-2012

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Message Publié : 21 Avr 2014 4:20 
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Philippe de Commines
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Merci pour ces indications très intéressantes. :P

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Message Publié : 12 Juil 2019 13:26 
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Narduccio a écrit :
Petite précision : le nombre de guérisons dépend du nombre de cas constatés et de la date de détection. Donc, une partie de "l'histoire de la guérison" des cancers est une histoire "de la capacité de les détecter" à des stades de plus en plus précoces. Pas seulement de nos capacités à les guérir. Une partie de leur augmentation est simplement l'image de l'augmentation de notre capacité à les détecter.


Je remonte un vieux sujet ... Il y a plusieurs déclarations de scientifiques qui annoncent un possible développement des moyens de détection. Une simple prise de sans devrait permettre de savoir très vite si on a un cancer, quel type et quel stade. On devrait en détecter plus et plus tôt. Bien entendu, on risque de voir apparaitre les discours dénonçant l'augmentation des cas de cancers, alors que ce ne sera que l'augmentation des détections. Une détection plus précoce devrait permettre d'augmenter le nombre de guérisons et d’augmenter l'espérance de survie à 5 ans et à 10 ans.

Pour la partie historique, je viens de constater qu'en fait on n'a pas parlé des manières de détections anciennes. Premièrement, la seule détection possible était souvent par le malade quand il se rendait compte que quelque chose n'allait pas bien dans son corps (douleurs, saignements, ...). Le médecin pouvait faire des détections quasi-uniquement par palpation. Ce n'est que depuis la découverte des rayons X qu'on arrive à voir ce qui se passe dans le corps sans l'ouvrir pour aller voir in-situ. Donc, l'histoire de la détection est parrallèle à l'histoire de l'amélioration des technologies d'imageries médicales.

Du coup, voici un dossier de la Cité de la Science et de l'Industrie : Regards sur l'histoire de l'imagerie médicale.


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Message Publié : 12 Juil 2019 19:08 
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Je ressors mon dictionnaire de l'Académie française, qui connait le mot cancer dès sa première édition en 1694 :

"CANCER. s. m. Espece de tumeur maligne qui degenere en ulcere presque incurable. Il luy est venu un cancer au sein."


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Message Publié : 12 Juil 2019 19:13 
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J'en profite pour faire un peu de prospective, à partir d'un cas ancien : mon grand-père, décédé en 81.

Cancer du foie, détecté à la toute fin, parti en une semaine, je faisais à mon père la réflexion : ton père n'a pas souffert. Réponse :"quand je suis allé le voir, il m'a dit : ils m'ont fait très mal".
Je n'ai pas les détails, mais j'imagine qu'en 81, il fallait une ponction pour savoir à quel cancer on avait affaire.
On me contredira peut-être, mais c'est, j'imagine, ce qui a été particulièrement douloureux. Et d'ailleurs, comment procédait-on ?

Et donc je me demandais où on en était aujourd'hui ? On nous bassine avec les progrès des nanotechnologies (un nanomètre = 10E-9 m = 10E-6 mm, on parle donc d'un millionnième de mm. Avec des technologies de cette taille, on a de quoi aller prélever des cellules de façon potentiellement non intrusive. Il n'est que de s'y mettre...) et des progrès concomittants de la génétique, où deux ou trois cellules, par culture, permettent d'identifier un ADN.

Comme souvent, je préfère ouvrir une parenthèse qu'un sujet dans l'Agora (mes collègues corrigeront peut-être cette détestable habitude) pour demander :
- ce que je dis sur 1981 est-il exact ?
- ces perspectives ouvertes sont-elles pour demain matin, où existe-t-il des obstacles particuliers ?

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Message Publié : 13 Juil 2019 6:16 
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Mon père a une leucémie lymphoïde chronique, aussi appelée leucémie des vieux. Le médecin lui a dit qu'il faut surveiller l'évolution, et c'est tout. Pour le diagnostic, en 2 ans, on lui a déjà fait 2 ponctions de moelle osseuse. Et c'est très douloureux. Dans certains, malgré les progrès, on ne peut pas faire autrement que de faire des actes invasifs.


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Message Publié : 13 Juil 2019 7:26 
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Au fait, je pensais en avoir déjà discuté : La chimiothérapie : le cadeau du “Petit Pearl Harbor”

Cela aurait fait une belle énigme pour un quiz.

Citer :
Cependant, le “Petit Pearl Harbor’ fut une immense opportunité. Le ministère de la Défense américain venait de lancer des recherches sur de possibles applications thérapeutiques avec les agents chimiques. Peu de temps après la catastrophe, les États-Unis envoyèrent des experts médicaux pour faire des recherches sur les effets du gaz moutarde sur les humains.

Une étude sur les séquelles montra que le gaz moutarde supprimait les lignées de cellules à division rapide, responsables de la production des cellules sanguines. Les chercheurs de l’université de Yale démontrèrent plus tard que les agents chimiques dispersés par le raid de Bari pouvaient également être utilisés pour supprimer les cellules cancéreuses qui se divisent rapidement. Les agents chimiques allaient ouvrir un nouveau front dans une nouvelle guerre : celle visant à combattre le ventre mou du cancer.

Grâce à un bombardement, la révolution de la chimiothérapie était née. Depuis la découverte de Bari, les médicaments chimiothérapeutiques sont devenus le pilier de la lutte contre le cancer.


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Message Publié : 07 Août 2019 16:31 
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Merci pour toutes ces informations !

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Message Publié : 08 Août 2019 16:17 
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Jules Michelet
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Léonard59 a écrit :
Au fait, je pensais en avoir déjà discuté : La chimiothérapie : le cadeau du “Petit Pearl Harbor”

Cela aurait fait une belle énigme pour un quiz.

Citer :
Cependant, le “Petit Pearl Harbor’ fut une immense opportunité. Le ministère de la Défense américain venait de lancer des recherches sur de possibles applications thérapeutiques avec les agents chimiques. Peu de temps après la catastrophe, les États-Unis envoyèrent des experts médicaux pour faire des recherches sur les effets du gaz moutarde sur les humains.

Une étude sur les séquelles montra que le gaz moutarde supprimait les lignées de cellules à division rapide, responsables de la production des cellules sanguines. Les chercheurs de l’université de Yale démontrèrent plus tard que les agents chimiques dispersés par le raid de Bari pouvaient également être utilisés pour supprimer les cellules cancéreuses qui se divisent rapidement. Les agents chimiques allaient ouvrir un nouveau front dans une nouvelle guerre : celle visant à combattre le ventre mou du cancer.

Grâce à un bombardement, la révolution de la chimiothérapie était née. Depuis la découverte de Bari, les médicaments chimiothérapeutiques sont devenus le pilier de la lutte contre le cancer.


pardonnez mon ignorance mais qui pourrait m'expliquer le lien entre Bari (en Italie ?), Pearl Harbour et le sujet ?


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Message Publié : 08 Août 2019 17:47 
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C'est développé dans l'article en lien.

Le port de Bari servait de base arrière aux Alliés au début de la campagne d'Italie. Mal protégé, il fit l'objet d'un raid aérien allemand si efficace qu'on parla de "petit Pearl Harbor".

Circonstance aggravante, parmi les cargos coulés se trouvait un transport de gaz moutarde (ce qui éclaire au passage le fait que la dissuasion sur les gaz de combat a fonctionné pendant toute la guerre.)

D'où une hécatombe que l'article tient un peu sous silence, mais qui laissa derrière elle des blessés gazés, sur lesquels se penchèrent les scientifiques américains.

La suite est racontée dans le post précédent.

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Message Publié : 08 Août 2019 20:37 
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Jerôme a écrit :
pardonnez mon ignorance mais qui pourrait m'expliquer le lien entre Bari (en Italie ?), Pearl Harbour et le sujet ?


Pour compléter la réponse de Pierma. Il se trouve qu'un médecin militaire qui a soigné les gazés de Bari s'est retrouvé quelques années plus tard, dans le civil, dans un service d'oncologie. Il a fait le lien avec ce qu'il a vu des effets du gaz moutarde avec ce qu'il voyait sur ses malades. Il a donc tenté de détruire les cellules malades en injectant du gaz moutarde dans le sang des patients ... et c'est le début de la chimiothérapie. En améliorant les protocoles, en utilisant des mix de différents produits, celle-ci a permis de soigner différents cancers avec des résultats de plus en plus prometteurs.

Au début, le but était d'éliminer les cellules malades pour permettre au corps de reprendre la production de cellules saines.

Quelque part, on voit bien le rôle du hasard dans cette "découverte", si ce médecin ne s'était pas trouvé à ce moment-là, dans cette zone précise. Si le navire en question qui contenait le gaz moutarde, au cas où les allemands auraient eu l'idée d'utiliser les gaz de combat, avait été tenu plus en retrait en Afrique du nord... Si ce raid n'avait pas eu lieu, ou si les bombes n'avaient pas touché cette cargaison. Bref, la probabilité de la découverte de la chimiothérapie auraient peut-être été plus faible. Aurait-elle été réalisée ? Il est difficile de répondre à cette question. Peut-être qu'on aurait tenté d'autres voies de recherche et qu'on aurait tenté d'utiliser d'autres produits. Ce qui est advenu des marins gazés à Bari est affreux. Leurs souffrances ont peut-être permit de sauver bien des vies plus tard.


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Message Publié : 08 Août 2019 20:40 
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C'est très intéressant ! Merci !


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