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 Sujet du message : Biographie de Wernher Von Braun
Message Publié : 06 Mars 2019 16:02 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Bonjour !

Connaissez-vous une bonne biographie en français de Wernher Von Braun, l'homme de la conquête de la lune ?
(à un prix raisonnable)

Merci.

_________________
Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvé dans un cimetière des Alpes

La science de l'histoire est une digue qui s'oppose au torrent du temps.
Anne Comnène, princesse byzantine (1083-1148)


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Message Publié : 20 Mars 2019 15:54 
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Plutarque
Plutarque

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Bonjour

J'ai trouvé ce livre de 2010 :
Von Braun : entre nazisme et rêves de fusées / Stefan Brauburger (Jourdan, 2010) - 22.90€

C'est la seule bio existante d'après Electre, et marquée épuisée. Mais je l'ai quand même trouvé sur les sites de la FNAC et des voleurs - pardon, je veux dire Amazon :oops:

Critiques :
https://www.babelio.com/livres/Brauburger-Wernher-von-Braun--Entre-nazisme-et-reves-de-fuse/635884

http://www.aerostories.org/~aerobiblio/article3212.html

_________________
Le secret de la tactique, c'est dix contre un, et par derrière ! Tout le reste n'est que littérature.
(un professeur de l'Ecole Supérieure de Guerre, années 30)


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Message Publié : 21 Mars 2019 0:30 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Inscription : 05 Oct 2005 20:39
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Localisation : Lyon-Vénissieux
Merci beaucoup pour cette référence très intéressante !
Quels étaient les secrets et les méthodes de Von Braun qui lui ont permis de vaincre tous les obstacles ?
Par exemple il avait une puissance de travail "colossale", un très grand charisme, mais encore ?

Merci d'apporter vos connaissances !

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Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvé dans un cimetière des Alpes

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Message Publié : 06 Avr 2019 19:33 
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Thucydide
Thucydide

Inscription : 05 Avr 2019 14:50
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Bonjour,
j'ai lu la biographie citée plus haut, et sur la base de ce que je connaissais pas ailleurs (je m'intéresse à la conquête de l'espace depuis très longtemps), j'ai vraiment bien aimé. Concernant les raisons de la réussite de Von Braun, je dirais qu'au premier chef il a bénéficié de la volonté politique des pays dans lesquels il résidait (Allemagne, puis États-Unis, ces derniers l'ayant mis au placard une fois la Lune atteinte). Il s'est trouvé au bon endroit au bon moment quoi (pour les États-Unis il l'a cherché un peu :)). Concernant les qualités propres à sa personnalité, cela n'engage que moi mais je retiens surtout qu'il était un excellent communiquant, qui savait vendre son truc.


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Message Publié : 08 Avr 2019 0:48 
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Jean Froissart
Jean Froissart
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Arto a écrit :

j'ai lu la biographie citée plus haut, et sur la base de ce que je connaissais pas ailleurs (je m'intéresse à la conquête de l'espace depuis très longtemps), j'ai vraiment bien aimé. Concernant les raisons de la réussite de Von Braun, je dirais qu'au premier chef il a bénéficié de la volonté politique des pays dans lesquels il résidait (Allemagne, puis États-Unis, ces derniers l'ayant mis au placard une fois la Lune atteinte).

D'après ce que j'ai trouvé en vadrouillant sur le Net, Von Braun a effectivement quitté assez vite la NASA, peu de temps après le succès de la mission Appollo 11, en 1969.
Il est parti en mai 1972 et, l'année suivante, devenait directeur adjoint chez Fairchild Engine & Airplane Corporation ( un constructeur aéronautique ).
Il semble qu'il ait été très déçu de voir chuter l'intérêt des gens pour l'exploration spatiale, une fois que la lune était atteinte...
En fait, peu de gens s'intéressaient vraiment à l'aspect scientifique de l'affaire. La Course à la Lune, c'était d'abord une affaire d'enjeux géopolitiques...

_________________
“La barbarie est l'état naturel de l'humanité, [...]. La civilisation n'est pas naturelle. Elle résulte simplement d'un concours de circonstances. Et la barbarie finira toujours par triompher.” ― Robert E. Howard


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Message Publié : 08 Avr 2019 14:53 
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Lord Foxhole a écrit :
Il semble qu'il ait été très déçu de voir chuter l'intérêt des gens pour l'exploration spatiale, une fois que la lune était atteinte...
En fait, peu de gens s'intéressaient vraiment à l'aspect scientifique de l'affaire. La Course à la Lune, c'était d'abord une affaire d'enjeux géopolitiques...

C'est pourtant logique : après la Lune il n'y avait pas d'autre objectif spatial immédiat qui puisse faire rêver le public.
Est-ce que la navette spatiale vous a jamais fait rêver ? Et les sondes c'est intéressant, mais ce n'est pas une affaire d'hommes...

Le projet Appolo était plus un enjeu technologique que scientifique. (Je cherche quelles connaissances scientifiques manquaient au moment du lancement du programme... Je sais que le projet a inclus l'envoi de sondes lunaires pour tester la consistance du sol et l'épaisseur de poussière : on ne savait rien du sol lunaire. Mais je ne vois pas d'autres sujets scientifiques. Les problèmes de guidage, peut-être ?)

Je ne crois pas que l'enthousiasme du public soit lié aux enjeux géostratégiques. Le public américain était sans doute satisfait de faire la nique aux Soviétiques, mais la fascination, partout dans le monde, provenait d'abord du fait, incroyable, qu'un homme allait marcher sur la Lune !

Sur Von Braun, il est curieux que personne n'ait signalé... ses talents exceptionnels d'ingénieur. 8-|

_________________
Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 08 Avr 2019 15:01 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 13 Mars 2010 20:44
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Pierma a écrit :
la fascination, partout dans le monde, provenait d'abord du fait, incroyable, qu'un homme allait marcher sur la Lune !

je frissonne encore à la lecture de la couv' du Figaro du lendemain en lettres rouges capitales (mais je ne puis, privilège modo :mrgreen: )
ILS ONT MARCHE SUR LA LUNE
la référence à Tintin était explicite !

Edit : ça vaut bien une exception ! Pierma.

_________________
il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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Message Publié : 08 Avr 2019 15:59 
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Thucydide
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Pierma a écrit :
C'est pourtant logique : après la Lune il n'y avait pas d'autre objectif spatial immédiat qui puisse faire rêver le public.

C'est surtout que le pouvoir politique américain ne voyait plus l'utilité de dépenser les sommes qu'il dépensait alors que l'objectif de battre les soviétiques était atteint (il y a évidemment des raisons électoralisters aussi, le contribuable en voulant pour son pognon, et donc l'avis du public a pesé dans la balance). Von Braun, lui, rêvait de bases lunaires et de voyages sur Mars.

Pierma a écrit :
Le projet Appolo était plus un enjeu technologique que scientifique. (Je cherche quelles connaissances scientifiques manquaient au moment du lancement du programme... Je sais que le projet a inclus l'envoi de sondes lunaires pour tester la consistance du sol et l'épaisseur de poussière : on ne savait rien du sol lunaire. Mais je ne vois pas d'autres sujets scientifiques. Les problèmes de guidage, peut-être ?)

Bien que nous vivions sur la Terre, de nombreuses connaissances scientifiques concernant la Terre nous manquent, et font l'objet d'intenses travaux de recherches. C'est pareil pour la Lune. Les astronautes de la mission Apollo reçurent donc une formation conséquente, par exemple, en géologie, et ils récupérèrent des informations sur des sujets aussi divers que la sismicité de la Lune, son champ magnétique, les rayons cosmiques, etc... Voir par exemple cet article:
https://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/1211/1211.6768.pdf

Si la contribution scientifique du programme Apollo est exceptionnelle (et que son analyse n'est d'ailleurs pas terminée à ma connaissance), elle est ridicule au regard de ce qu'elle aurait pu être si le pouvoir politique n'avait pas eu une vue aussi court-termiste et avait décidé de poursuivre le programme.

Pierma a écrit :
Sur Von Braun, il est curieux que personne n'ait signalé... ses talents exceptionnels d'ingénieur. 8-|

Je ne suis pas au fait de son exacte contribution, mais ma propre expérience d'ingénieur me dit qu'à partir du niveau n+2 (et encore...) on tombe sur des managers dont le rôle technique est faible voire inexistant. Des qualités de coordinateur, de communicant, sont à ce niveau hiérarchique beaucoup plus importantes. Quel qu'ait été le rôle technique de Von Braun, une chose est certaine: il n'est pas allé seul sur la Lune. Ce projet n'a été rendu possible que via le travail de nombreuses équipes dans de nombreuses disciplines, et il est impossible que qui que ce soit ait été au fait de tous les détails techniques de cette entreprise.


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Message Publié : 08 Avr 2019 18:36 
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Arto a écrit :
Pierma a écrit :
C'est pourtant logique : après la Lune il n'y avait pas d'autre objectif spatial immédiat qui puisse faire rêver le public.

C'est surtout que le pouvoir politique américain ne voyait plus l'utilité de dépenser les sommes qu'il dépensait alors que l'objectif de battre les soviétiques était atteint (il y a évidemment des raisons électoralisters aussi, le contribuable en voulant pour son pognon, et donc l'avis du public a pesé dans la balance). Von Braun, lui, rêvait de bases lunaires et de voyages sur Mars.

L'argument financier et géopolitique n'est pas pertinent. En 69, pour situer, la simple offensive aérienne au Vietnam absorbe 2% du PIB. Les dépenses folles sont là, pas sur Appolo.

(Elles conduiront même, en 71, à l'abandon contraint de l'étalon or - imposé en 45 - ce qui entraînera une baisse significative du dollar et l'augmentation du pétrole par les producteurs. - qui se groupent en OPEP, dont on entendra reparler...)

Fondamentalement, et quitte à y mettre du temps, le gouvernement finit par faire ce que veut l'opinion. - l'abandon du Vietnam, par exemple - Si Mars avait été accessible à l'époque, ils auraient au minimum démarré le projet. (Les bases lunaires n'ont d'intérêt que dans cette optique.)

Mais le voyage sur Mars, aujourd'hui encore on ne sait pas faire. (le problème essentiel - au delà du coût et des modalités technologiques - est la durée d'exposition au rayonnement solaire, non filtré par l'atmosphère, qui garantit une quasi-certitude de cancer aux astronautes.)

Citer :
Pierma a écrit :
Sur Von Braun, il est curieux que personne n'ait signalé... ses talents exceptionnels d'ingénieur. 8-|

Je ne suis pas au fait de son exacte contribution, mais ma propre expérience d'ingénieur me dit qu'à partir du niveau n+2 (et encore...) on tombe sur des managers dont le rôle technique est faible voire inexistant. Des qualités de coordinateur, de communicant, sont à ce niveau hiérarchique beaucoup plus importantes. Quel qu'ait été le rôle technique de Von Braun, une chose est certaine: il n'est pas allé seul sur la Lune. Ce projet n'a été rendu possible que via le travail de nombreuses équipes dans de nombreuses disciplines, et il est impossible que qui que ce soit ait été au fait de tous les détails techniques de cette entreprise.

Si vous avez cette expérience, vous savez aussi qu'il est préférable que le chef de projet soit pertinent sur le plan technique.

(J'ai un parfait contre-exemple amusant, mais c'est une exception.)

Von Braun était (en fait sinon en titre, je ne sais plus) responsable du projet "lanceurs". Qui devait effectivement mobiliser pas mal de monde - et de sous-traitants - et il a certainement eu besoin de réelles qualités de manager, mais il était aussi l'homme au monde qui avait le plus d'expérience sur la conception de lanceurs, et il ne fait pas de doute qu'il était partie prenante dans les choix technologiques.

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Message Publié : 08 Avr 2019 20:00 
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Thucydide
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Pierma a écrit :
L'argument financier et géopolitique n'est pas pertinent. En 69, pour situer, la simple offensive aérienne au Vietnam absorbe 2% du PIB. Les dépenses folles sont là, pas sur Appolo.

(Elles conduiront même, en 71, à l'abandon contraint de l'étalon or - imposé en 45 - ce qui entraînera une baisse significative du dollar et l'augmentation du pétrole par les producteurs. - qui se groupent en OPEP, dont on entendra reparler...)

Fondamentalement, et quitte à y mettre du temps, le gouvernement finit par faire ce que veut l'opinion. - l'abandon du Vietnam, par exemple - Si Mars avait été accessible à l'époque, ils auraient au minimum démarré le projet. (Les bases lunaires n'ont d'intérêt que dans cette optique.)

Mais le voyage sur Mars, aujourd'hui encore on ne sait pas faire. (le problème essentiel - au delà du coût et des modalités technologiques - est la durée d'exposition au rayonnement solaire, non filtré par l'atmosphère, qui garantit une quasi-certitude de cancer aux astronautes.)


En 1969, le budget de la NASA pompe 2,31% des dépenses de l’État fédéral (4,41% en 1966) source . Apollo, c'est en gros 20 milliards de dollars en 11 ans. La guerre du Vietnam, 170 milliards en 22 ans. C'est à dire qu'en moyenne, Apollo c'est l'équivalent de 20-25% du coût de la guerre en moyenne par an, alors que les deux ont lieu en même temps.

Et les rapports de l'époque présentaient un voyage vers Mars comme faisable, ce n'est pas la faisabilité qui est en cause. Mais l'intérêt politique, qui prenait en compte évidemment le budget, le contexte de la guerre froide, et aussi l'opinion.

Voici ce qu'a déclaré Nixon lui-même:
Citer :
“We must build on the successes of the past, always reaching out for new achievements. But we must also recognize that many critical problems here on this planet make high priority demands on our attention and our resources. By no means should we allow our space program to stagnate. But – with the entire future and the entire universe before us – we should not try to do everything at once” (Nixon, Statement About... 1).

https://www.dartmouth.edu/~humbio01/s_p ... /Butts.pdf

Soit à peu près:
"Nous devons nous appuyer sur les réussites du passé, être oujours à la recherche de nouvelles réalisations. Mais nous devons également reconnaître que de nombreux problèmes critiques ici sur cette planète exigent une attention et des ressources hautement prioritaires. Nous ne devons en aucun cas laisser notre programme spatial stagner. Mais - avec tout l'avenir et tout l'univers devant nous - nous ne devrions pas essayer de tout faire en même temps."

L'excellent article d'où je tire cette citation (https://www.dartmouth.edu/~humbio01/s_p ... /Butts.pdf) conlut très justement:
Citer :
it was for political, not technical, reasons that Mars became – and still is – NASA’s abandoned destination. Communication failures, intra-administration conflict, and budgetary constraints all conspired to keep a manned Mars mission off the launch pad in the 1970s. And, even had the Nixon administration wanted to endorse such a mission, presidential leadership alone would not have persuaded a reluctant public and Congress


Soit à peu près:
C'est pour des raisons politiques, et non techniques, que Mars est devenue - et demeure - une destination abandonnée de la NASA. Les défaillances de communication, les conflits intra-administratifs et les contraintes budgétaires ont tous contribué à empêcher la préparation d'une mission habitée sur Mars de démarrer dans les années 1970. Et même si l'administration Nixon avait voulu approuver une telle mission, la direction présidentielle n'aurait pas convaincu à elle seule un public et un Congrès réticents.


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Message Publié : 08 Avr 2019 23:10 
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Arto a écrit :
En 1969, le budget de la NASA pompe 2,31% des dépenses de l’État fédéral (4,41% en 1966) source . Apollo, c'est en gros 20 milliards de dollars en 11 ans. La guerre du Vietnam, 170 milliards en 22 ans. C'est à dire qu'en moyenne, Apollo c'est l'équivalent de 20-25% du coût de la guerre en moyenne par an, alors que les deux ont lieu en même temps.

je rectifierai juste la durée que vous donnez pour la guerre du Vietnam : 22 ans ce n'est pas sérieux. Si Kennedy y envoie, je crois 5000 conseillers militaires, c'est Johnson qui enverra les premiers Marines à Danang, pour un effectif engagé de 50 000 militaires, alors qu'au maximum on atteindra 10 fois ce nombre. En gros, l'investissement massif dure de 67 à 74, année où le Congrès vote un refus absolu de tout crédit en faveur de l'armée sud-vietnamienne. (les soldats et surtout l'appui aérien US ont déjà été rapatriés.)

même pour le projet Apollo il est difficile de raisonner en moyenne annuelle.

En valeur absolue, 20 milliards pour 170, si on considère qu'il s'agit de deux "projets", ça fait 11,7%, ce qui relativise nettement le coût d'Apollo.

Mais à son pic, en 68-69, que le projet spatial puisse atteindre jusqu'à 20-25% des dépenses liées à la guerre me semble un ordre de grandeur possible. Pendant ces deux années, le souci d'économies ne devait guère ralentir le projet !

Citer :
Et les rapports de l'époque présentaient un voyage vers Mars comme faisable, ce n'est pas la faisabilité qui est en cause. Mais l'intérêt politique, qui prenait en compte évidemment le budget, le contexte de la guerre froide, et aussi l'opinion.

Les rapports qui présentaient un voyage vers Mars comme faisable étaient simplement irréalistes. La NASA prêchait pour sa paroisse - A-t-elle jamais fait autre chose ? - et dans le monde du spatial l'époque était à l'optimisme.

Malgré tout je vais lire en détail cette partie du pdf que vous avez mis en lien, ne serait-ce que pour voir comment ils se représentaient le défi.

Au passage, j'aimerais connaître la différence entre le coût estimatif du projet Apollo présenté initialement (à Kennedy ou à Johnson) et le coût final ? Alors, le coût estimé à l'époque d'un voyage sur Mars...

Citer :
Voici ce qu'a déclaré Nixon lui-même:
"Nous devons nous appuyer sur les réussites du passé, être toujours à la recherche de nouvelles réalisations. Mais nous devons également reconnaître que de nombreux problèmes critiques ici sur cette planète exigent une attention et des ressources hautement prioritaires. Nous ne devons en aucun cas laisser notre programme spatial stagner. Mais - avec tout l'avenir et tout l'univers devant nous - nous ne devrions pas essayer de tout faire en même temps."

Il faut comprendre que les années Nixon sont les années de "dépenses folles" au Vietnam. Elles cessent même l'année de son départ. (En 73 encore, alors que les soldats américains étaient rapatriés, l'Air Force avait enrayé avec pertes et fracas une offensive de grande ampleur vers Saïgon - débouchant de la piste Ho Chi Minh - et le Nord retint la sanglante leçon : il fallait attendre. Et puis cette même année continuait l'équipement de l'armée sud-vietnamienne, y compris aérien, pour plusieurs milliards.)

L'opinion américaine a enregistré, d'une part l'échec de l'intervention américaine - et la défaite finale en 75 - mais a également retenu son coût faramineux. D'autant qu'il s'est accompagné d'une augmentation des impôts ! Et puis l'abandon de l'étalon or en 71 apparaît rétrospectivement comme une conséquence économique de grande ampleur provoquée inutilement par cette guerre, et qui touche tout le monde : la baisse du dollar provoque l'augmentation du prix des carburants, du jamais vu !

Philip Caputo, un des premiers officiers de Marines engagé au Vietnam, y revient en 75 en tant que reporter, parce qu'il veut voir la fin de l'histoire. Lorsqu'il est évacué, un sous-officier du porte-avion sur lequel s'est posé son hélico lui montre la côte au lointain, et commente :"No regrets ! it's just another country we won't have to pour billions of dollars on." ("Pas de regrets ! C'est juste un de ces pays sur lesquels nous n'aurons plus à déverser des milliards de dollars.")

C'était l'état d'esprit de tout le pays, qui comptait ses morts, encaissait la défaite finale et mesurait, avec la gabegie, et peut-être pour la première fois, que la puissance financière des USA avait des limites. C'était l'époque des révisions déchirantes.
Citer :
C'est pour des raisons politiques, et non techniques, que Mars est devenue - et demeure - une destination abandonnée de la NASA. Les défaillances de communication, les conflits intra-administratifs et les contraintes budgétaires ont tous contribué à empêcher la préparation d'une mission habitée sur Mars de démarrer dans les années 1970. Et même si l'administration Nixon avait voulu approuver une telle mission, la direction présidentielle n'aurait pas convaincu à elle seule un public et un Congrès réticents.

Nixon en 73 est encore en train de "jeter des milliards sur le Vietnam" et en 74 il est aux abois sur l'affaire du Watergate. Aucune chance en effet.

Compte-tenu de l'état d'esprit de l'opinion après 75, il n'est pas question de se lancer dans un colossal projet de prestige dont le coût sera forcément supérieur à celui d'Apollo, tout Américain peut se le représenter.

Et cet état d'esprit de l'opinion va durer. Les décisions politiques ne font que suivre. (Parler de "raisons politiques" est un abus de langage, sauf si on veut bien se rappeler que dans une démocratie une conviction populaire unanime fait loi.)

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Message Publié : 09 Avr 2019 0:13 
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Thucydide
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Permia a écrit :
je rectifierai juste la durée que vous donnez pour la guerre du Vietnam : 22 ans ce n'est pas sérieux. Si Kennedy y envoie, je crois 5000 conseillers militaires, c'est Johnson qui enverra les premiers Marines à Danang, pour un effectif engagé de 50 000 militaires, alors qu'au maximum on atteindra 10 fois ce nombre. En gros, l'investissement massif dure de 67 à 74, année où le Congrès vote un refus absolu de tout crédit en faveur de l'armée sud-vietnamienne. (les soldats et surtout l'appui aérien US ont déjà été rapatriés.)


Je donne le coût global:
Citer :
Between 1953 and 1975, the United States was estimated to have spent $168 billion on the war

https://en.wikipedia.org/wiki/Vietnam_W ... of_the_war

Mais il est vrai que le coût est plus ramassé sur la deuxième moitié.


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Message Publié : 09 Avr 2019 1:12 
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Arto a écrit :
Permia a écrit :
je rectifierai juste la durée que vous donnez pour la guerre du Vietnam : 22 ans ce n'est pas sérieux. Si Kennedy y envoie, je crois 5000 conseillers militaires, c'est Johnson qui enverra les premiers Marines à Danang, pour un effectif engagé de 50 000 militaires, alors qu'au maximum on atteindra 10 fois ce nombre. En gros, l'investissement massif dure de 67 à 74, année où le Congrès vote un refus absolu de tout crédit en faveur de l'armée sud-vietnamienne. (les soldats et surtout l'appui aérien US ont déjà été rapatriés.)


Je donne le coût global:
Citer :
Between 1953 and 1975, the United States was estimated to have spent $168 billion on the war

https://en.wikipedia.org/wiki/Vietnam_W ... of_the_war

Mais il est vrai que le coût est plus ramassé sur la deuxième moitié.

Ah je vois le point : le décompte démarre en 53, et inclut donc le soutien en matériel militaire - associé à quelques services, logistiques en particulier - aux Français pour la guerre d'Indochine, soit en 53 et 54, date de Dien Bien Phu.

D'où également les 22 ans, mais entre la partition du Vietnam en 54 et l'envoi de conseillers militaires, en 63 il me semble, les USA n'ont guère été actifs au Sud-Vietnam, j'allais dire sauf pour y barbouzer sans idée politique suivie, à part miner l'influence française restante.

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Message Publié : 09 Avr 2019 1:16 
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Jean Froissart
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Arto a écrit :
En 1969, le budget de la NASA pompe 2,31% des dépenses de l’État fédéral (4,41% en 1966) source . Apollo, c'est en gros 20 milliards de dollars en 11 ans. La guerre du Vietnam, 170 milliards en 22 ans. C'est à dire qu'en moyenne, Apollo c'est l'équivalent de 20-25% du coût de la guerre en moyenne par an, alors que les deux ont lieu en même temps.

Il est remarquable que l'exploration spatiale n'a été rendue possible qu'à partir du moment où un pays plongé dans une guerre mondiale a décidé de développer la technologie des fusées modernes... L'Allemagne nazie a misé sur cette nouvelle technologie en pensant qu'elle lui permettrait de sortir victorieuse du conflit.
On peut toujours rêver... Si Hitler avait plutôt misé - disons - sur les hélicoptères ( ce qui aurait peut-être été plus profitable pour la Wehrmacht ), Von Braun serait sans doute resté un illustre inconnu.
Mais soit... Les Nazis ont préférer s'illusionner, et dépenser une énergie et des moyens colossaux dans une voie sans issue.
Bilan, les Nazis perdent la guerre, mais leurs recherches démontrent que le développement des fusées ouvre des nouveaux horizons...
Et plus tard, ce sont les États-Unis qui misent sur la recherche des fusées et l'exploration spatiale, en vue de gagner un conflit d'un autre genre : la Guerre Froide.

Dans les deux cas, je constate que Von Braun a eut la chance de servir des gouvernements qui ont misé gros sur les fusées... Une technologie sur laquelle aucun homme politique n'aurait parié un kopeck avant 1939 !
Et dans les deux cas, je constate que l'on a dépensé des sommes et des moyens considérables, uniquement parce que certains misaient sur l'illusion d'une victoire sur leurs adversaires.
Finalement, un beau sujet philosophique....

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Message Publié : 11 Avr 2019 13:54 
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A noter que la recherche sur les fusées commence avant cela. Pour l’allemagne, on peux citer la Verein für Raumschiffahrt (Association pour la navigation spatiale), association d’une douzaine de scientifiques allemands développants des fusées entre 1927 et 1934, soit avant l’arrivé au pouvoir de Hitler. Werner von Braun sera membre de cette association, avec d’autres ingénieurs qui bosseront à peenemunde plus tard.

En URSS, on a Valentin Glouchko, le principal artisan du programme spatial soviétique qui commence à travailler sur les moteurs de fusées dans les années 30.

On retrouve ainsi pas mal d’autres associations et centres de recherches sur le sujet dans de nombreux pays. Je me rappelle un reportage (que je n’arrive plus à retrouver) où on voyait un réel engouement pour la conquête spatiale, avec une vision très optimiste du future (comme le futurisme italien en vogue entre 1900 et 1930, exaltant le modernisme et le culte de la vitesse). Puis Hitler arrive au pouvoir et l’enthousiasme pour le future tend à diminuer avant d’être engloutis par la guerre puis de revenir par la suite.

La seconde guerre mondiale et la guerre froide on certainement accéléré la recherche en ouvrant en grand les financement (et encore, comme mentionné par Pierma et Arto, les financements ne sont pas si élevé que cela comparativement). Mais on aurait aussi fini sur la lune sans cela. En s’évitant 10 ans de destructions et lente reconstructions on y serait peut être même arrivé avant.


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