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Message Publié : 07 Oct 2017 17:14 
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Plutarque
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QiU a écrit :
Je ne connaissais pas ce système de signaux par ficelle. Servait-il à l'archivage et l'administration, ou uniquement à l'envoi de missives, de lettres ?

Je connais l'existence des kipus péruviens. Ils ont été utilisés lors de la rançon demandée pour la libération de l'Inca. Ils servaient pour l'essentiel à la comptabilité (rentrée des denrées, impôts etc.). L'empire inca est de type Nord/Sud. La vitesse à laquelle le montant de la rançon fut réuni montre que le système était... payant.
Pour l'écriture, je ne puis vous renseigner.
Concernant les Mayas, il existe des glyphes, comme vous l'avez avancé.
Concernant les Sumériens, il existe une littérature et l'écriture employée n'a pas laissé que des bribes :
- http://www.ancient-origins.net/ancient-places-asia/4000-year-old-sumerian-love-poem-and-sacred-ritual-marriage-001953

Puisque la borne est mise à Sumer :
- https://www.herodote.net/3300_avant_JC-synthese-167.php
Sur différents sites anglo-saxons vous trouverez des réponses :
- https://www.quora.com/Why-didnt-most-of-the-leading-kingdoms-of-sub-Saharan-Africa-develop-their-own-writing-systems
- https://www.quora.com/Why-was-there-no-written-language-in-sub-Saharan-Africa

Des universitaires de Pensylvanie ont traité du problème dans de nombreux articles :
- European-language Writing in Sub-Saharan Africa
par exemple et bien d'autres.

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Message Publié : 08 Oct 2017 0:29 
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Rebecca West a écrit :
Concernant les Sumériens, il existe une littérature et l'écriture employée n'a pas laissé que des bribes :
- http://www.ancient-origins.net/ancient-places-asia/4000-year-old-sumerian-love-poem-and-sacred-ritual-marriage-001953


... Je parlais des "premiers" Sumériens. Et j'ai écrit dans mes réponses que l'on sait qu'ils avaient une culture "littéraire" orale parce qu'ensuite ils l'ont transcrite. Au début, quelques brides dans les "cahiers d'écoliers", et ensuite en entier. Merci de ne pas venir semer de la confusion supplémentaire.

Si vous aviez fait l'effort de suivre nos échanges, vous auriez compris que je me sers justement du fait que l'on a autre chose que des brides pour montrer que ce n'est pas le besoin de mettre cette culture par écrit qui a conduit à l'invention de l'écriture. C'est venu par la suite. Et justement, c'est parce qu'il y a un lien entre les symboles de "l'écriture complète" qui a été utilisée pour leur littérature et les symboles de leur première écriture qui était "incomplète" que l'on comprend ce qu'ils ont voulu dire à l'époque où ils utilisaient cette première écriture. Il y a un peu moins d'un siècle entre les premiers écrits et la période où ils ont mis par écrit leur "littérature". Qui n'était pas une "littérature" avant d'avoir été gravé dans l'argile.

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Message Publié : 08 Oct 2017 0:58 
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QiU a écrit :
Apparemment, si je vous suis, on pourrait dire que deux types d'expression par "traces sur support" cohabitent : une écriture "utilitariste" matérielle que vous évoquez, et une expression plus artistique qui s'exprime par des dessins, des peintures, des gravures que j'ajoute ici. La seconde expression de type artistique semble précéder de longtemps la première (qui n'apparaît que dans les sociétés à "gros volume").
La question vraiment intéressante serait de savoir à quel moment la "synthèse" se fait. Les mythes, les histoires, les légendes s'expriment d'abord de manière orale ou par "peinture rupestre". Puis, à un moment, on fait le lien entre d'un côté l'écriture utilitariste, et d'un autre côté la peinture (ou autre) et l'oralité pour qu'apparaisse l'écriture romancée, la littérature qui raconte des histoires et ne se borne pas qu'à comptabiliser. C'est, me semble-t-il, un changement complet de paradigme de l'écriture.


Je pense qu'il est temps que j'élucide la différence entre écriture "incomplète" et complète". Une écriture incomplète est une écriture qui ne sert qu'à quelques usages limités. Par exemple, nos panneaux de signalisation routière. Les panneaux de ce type :

Image

C'est une écriture incomplète. Prenons ce tableau spécifiquement :

Image

Il veut dire :
Legifrance a écrit :
Au titre de l'article R415-6 du Code de la route, tout conducteur doit marquer un temps d'arrêt à la limite de la chaussée abordée. Il doit ensuite céder le passage aux véhicules circulant sur l'autre ou les autres routes et ne s'y engager qu’après. s'être assuré qu'il peut le faire sans danger.
Le fait, pour tout conducteur, de contrevenir aux dispositions du présent article est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe.
Tout conducteur coupable de l'une des infractions prévues au présent article encourt également la peine complémentaire de suspension, pour une durée de trois ans au plus, du permis de conduire, cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle.
Ces contraventions donnent lieu de plein droit à la réduction de quatre points du permis de conduire.


En fait, une écriture incomplète code très vite un maximum d'informations pour ceux qui connaissent le codage utilisé. Mais, essayez donc de traduire l’Iliade en panneaux de signalisation routière... Le langage mathématique est aussi une écriture incomplète. Il est en fait l'écriture incomplète actuellement la plus utilisée au monde

Une écriture complète, c'est une écriture qui permet de coder tout ce que l'on désire exprimer. Parfois on met plus de mots. Pour remplacer un panneau "Stop", il m'a fallu 136 mots. Mais, l'information donnée est complète.

Les spécialistes du début de l'écriture n'ont trouvé que des usages d'écritures incomplètes aux premiers temps de l'écriture. Les premiers textes en sumérien ou en hiéroglyphes sont des textes quasiment écrits en "petit-nègre". Souvent il n'y a pas de sujet d'action. L'un des plus vieux texte en hiéroglyphe connu serait l'équivalent de "Domaine de tel endroit Scorpion". Ce que l'on traduit par cette jarre contient du vin provenant du domaine du pharaon Scorpion à tel endroit. A Sumer, les plus vieux textes sont du style : un objet - une quantité - un mois - un lieu - un nom. On pense que cela veut dire que la personne nommée livrera la quantité voulue de matière tel mois, à tel endroit. Les objets étant souvent des produits agricoles. Plus tard, ces écritures se feront plus complexes et d'écriture "incomplètes" elles se transformeront en écritures "complète". Et, j'insiste, si on comprend ces écritures incomplètes, c'est bien parce qu'il y a une filiation directe et connue entre les premiers signes et les signes plus modernes.

En fait, suite à cela, de nombreux chercheurs ont émis l'hypothèse que "l'écriture" serait peut-être plus ancienne, mais comme on a perdu le code, on ne sait pas si ce qu'on voit sur certains monuments est une écriture ou des suites de dessins artistiques... Si c'est une écriture, il y a fort à parier que l'on n'arrivera jamais à la déchiffrer

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Message Publié : 08 Oct 2017 5:17 
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Passionnant, sur ce sujet, Narduccio.

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 08 Oct 2017 17:19 
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QiU a écrit :
Apparemment, si je vous suis, on pourrait dire que deux types d'expression par "traces sur support" cohabitent : une écriture "utilitariste" matérielle que vous évoquez, et une expression plus artistique qui s'exprime par des dessins, des peintures, des gravures que j'ajoute ici. La seconde expression de type artistique semble précéder de longtemps la première (qui n'apparaît que dans les sociétés à "gros volume").
La question vraiment intéressante serait de savoir à quel moment la "synthèse" se fait. Les mythes, les histoires, les légendes s'expriment d'abord de manière orale ou par "peinture rupestre". Puis, à un moment, on fait le lien entre d'un côté l'écriture utilitariste, et d'un autre côté la peinture (ou autre) et l'oralité pour qu'apparaisse l'écriture romancée, la littérature qui raconte des histoires et ne se borne pas qu'à comptabiliser. C'est, me semble-t-il, un changement complet de paradigme de l'écriture.
Question : quand ceci apparaît-il?


En fait, ce serait plutôt l'inverse. Au début, il n'y a qu'une seule écriture. Et c'est une écriture "incomplète". Du moins, on n'a pas encore trouvé une seule culture qui aurait fait le chemin dans l'autre sens, le chemin que vous évoquez. On a trouvé pas mal de traces de "dessins" qui pourraient être de telles écritures, mais, comme je l'ai écrit plus haut, si on n'a pas le code, une écriture incomplète est incompréhensible. Bref, les "peintures rupestres" sont peut-être plus que des dessins artistiques provenant d'artistes de la préhistoires. Il est possible que pour les gens de l'époque, ils avaient un sens supplémentaire.

Ce que l'on connait comme des prémices d'écritures, sont effectivement dans au moins 3 cas des écritures qui servent à des marchands ou à des fonctionnaires. Donc des écritures "utilitaristes". Et, dans quelques cas, dont la Chine ... et les gaulois, des écritures servant à interroger les dieux ou les esprits sur des questions plus ou moins pragmatiques, bref, des oracles. Mais, il faut tenir compte d'un distingo très important, les écrits qui nous sont parvenus sont soit des écrits réalisés sur des supports pérennes (pierre, tablettes d’argile, os gravés, céramiques ...), soit dans quelques cas très exceptionnels des écrits qui ont bénéficié de moyens de conservation hors du commun. Bref, il est possible que d'autres écrits existaient ... mais ils ne seraient pas parvenus jusqu'à nous

Il semble bien qu'il y ait eu un changement de paradigme de l'écriture. Chez les anciens sumériens, il aurait mis entre 80 et 100 ans pour s'opérer. En fait, on voit que des nouveaux signes apparaissent en permanence, et que ceux qui existent se simplifient rendant plus simple le travail du scribe, ce qui lui permet d'écrire plus vite, et donc d'écrire plus de choses

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Message Publié : 08 Oct 2017 17:27 
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PAC a écrit :
Je ne connais moi non plus pas grand chose au sujet. Mais peut être peut-on faire un parallèle avec les celtes qui eux aussi n'utilisaient pas l'écriture.

Pourtant c'était des sociétés très organisées, très hiérarchisées et qui avaient de nombreux échanges commerciaux avec les romains. Il ne fait aucun doute qu'ils connaissaient l'écriture, mais ils ne l'utilisaient pas.


Ça, c'est ce que rapportent les romains et les grecs, la situation semble plus complexe puisque l'on a trouvé des supports divers où il sembleraient qu'ils aient écrits des questions à leurs dieux en utilisant du grec

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Message Publié : 08 Oct 2017 18:21 
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Jean Mabillon
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Question connexe : en Afrique noire, seule l'Ethipie pratiquait usuellement l'ecriture et la roue...y ait il un lien entre l'acquisition de ces deux savoir faire ?


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Message Publié : 08 Oct 2017 18:34 
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Jerôme a écrit :
Question connexe : en Afrique noire, seule l’Éthiopie pratiquait usuellement l’écriture et la roue...y ait il un lien entre l'acquisition de ces deux savoir faire ?


Pour ce que j'en sais, on n'en sais rien. De même, on ne peut pas savoir si d'autres cultures ou civilisations africaines ont utilisé des systèmes d'écritures mais sur des supports non-pérennes

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Message Publié : 08 Oct 2017 21:01 
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Image

Narduccio a écrit :
C'est une écriture incomplète.
Cet ensemble de panneaux est pourtant très complet. En France, on se serait contenté du panneau Image ou du panneau Image et l'on aurait ajouté celui-ci : Image avec la précision : 10 km.


Ce que vous appelez "écriture complète" est un système de traduction graphique de l'expression orale. Il existe divers systèmes graphiques, plus ou moins complexes, qui ne traduisent aucune expression orale tels le langage mathématique, la notation musicale, les signes d'assemblages utilisés par les menuisiers ou les pictogrammes de la signalisation routière. Ces systèmes ne sont pas incomplets dans le sens où, non seulement, ils sont parfaitement adaptées à leurs fonctions mais encore indispensables : il n'est pas imaginable de rédiger une partition de musique sous forme linguistique.

On a longtemps pensé que les divers systèmes d'écriture connus dérivaient tous de systèmes primitifs de purs pictogrammes. Il semble aujourd'hui que les débuts de l'écriture en Mésopotamie aient combiné représentation graphique sous forme de pictogrammes et symbolisation phonétique mais le processus reste très mal connu. Quoiqu'il en soit, à un stade primitif, la transcription fidèle de la langue n’est pas dans la perspective de « l’écriture » : https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9buts_de_l%27%C3%A9criture_en_M%C3%A9sopotamie#Le_temps_et_l.E2.80.99espace

Lorsque la fonction de ces systèmes d'écriture primitifs se fut réduit à la transcription de la langue, ils se simplifièrent considérablement pour aboutir à des systèmes alphabétiques purement phonétiques, les signes, en nombre très limités, n'ayant par eux-mêmes plus aucun sens. Le processus en Chine a été différent puisque le choix a été de transcrire non les sons de la langue mais mais les mots.

Narduccio a écrit :
Ça, c'est ce que rapportent les romains et les grecs, la situation semble plus complexe puisque l'on a trouvé des supports divers où il sembleraient qu'ils aient écrits des questions à leurs dieux en utilisant du grec
C'est ce qu'ils racontent et c'est exact. Les Gaulois n'ignoraient pas l'écriture. Ils employaient l'alphabet grec. Mais ils écrivaient très peu. N'oublions pas le haut moyen-âge. L'usage de l'écriture s'était en grande partie perdu. L'écriture était le propre des clercs. Beaucoup d'aristocrates étaient analphabètes et n'étaient pas socialement handicapés pour autant.

Narduccio a écrit :
De même, on ne peut pas savoir si d'autres cultures ou civilisations africaines ont utilisé des systèmes d'écritures mais sur des supports non-pérennes.
En fait, nous savons que l'écriture était connue en Afrique noire mais que, comme dans les ères celtiques et germaniques, elle était très peu utilisée.

Narduccio a écrit :
Question connexe : en Afrique noire, seule l'Ethipie pratiquait usuellement l'ecriture et la roue...y ait il un lien entre l'acquisition de ces deux savoir faire ?
Les deux ont été apportées par contact avec les civilisations proche-orientales.


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Message Publié : 08 Oct 2017 23:26 
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Barbetorte a écrit :
Narduccio a écrit :
Question connexe : en Afrique noire, seule l'Ethipie pratiquait usuellement l'ecriture et la roue...y ait il un lien entre l'acquisition de ces deux savoir faire ?
Les deux ont été apportées par contact avec les civilisations proche-orientales.


Quand vous citez quelqu'un, ayez l'obligeance de citer la bonne personne ....

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Message Publié : 09 Oct 2017 8:01 
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Jerôme a écrit :
Question connexe : en Afrique noire, seule l'Ethipie pratiquait usuellement l'ecriture et la roue...y ait il un lien entre l'acquisition de ces deux savoir faire ?
Les deux ont été apportées par le contact avec les civilisations proche-orientales.


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Message Publié : 09 Oct 2017 10:13 
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Barbetorte a écrit :
Ce que vous appelez "écriture complète" est un système de traduction graphique de l'expression orale. Il existe divers systèmes graphiques, plus ou moins complexes, qui ne traduisent aucune expression orale tels le langage mathématique, la notation musicale, les signes d'assemblages utilisés par les menuisiers ou les pictogrammes de la signalisation routière. Ces systèmes ne sont pas incomplets dans le sens où, non seulement, ils sont parfaitement adaptées à leurs fonctions mais encore indispensables : il n'est pas imaginable de rédiger une partition de musique sous forme linguistique.


Ce n'est pas moi qui les nomme ainsi. J'ai trouvé cela dans le livre "Sapiens" de Yuval Noah Harari, et à la fin du chapitre concerné, il y a des références bibliographiques ... mais en anglais.
Bien entendu que ces systèmes "incomplets" remplissent entièrement leurs fonctions. C'est bien pour cela qu'ils ont été crés. Mais, ils ne peuvent pas remplir une autre fonction de communication que celle pour laquelle ils ont été crées. C'est au point que vous citez la notation musicale. Etant guitariste, j'aurais tendance à dire : les notations musicales. J'en connait au moins 5 : les partitions, les tablatures, les partitions rythmiques, les grilles et les tabs. En fait, aucune ne donne toutes les informations qui pourrait servir au musicien, quoiqu'en disent certains puristes, elles sont donc plus ou moins complémentaires.

Mais, les considérations que vous apportez ne concernent pas trop le coeur du débat et mériteraient une discussion à part dans le forum adapté.

Barbetorte a écrit :
On a longtemps pensé que les divers systèmes d'écriture connus dérivaient tous de systèmes primitifs de purs pictogrammes. Il semble aujourd'hui que les débuts de l'écriture en Mésopotamie aient combiné représentation graphique sous forme de pictogrammes et symbolisation phonétique mais le processus reste très mal connu. Quoiqu'il en soit, à un stade primitif, la transcription fidèle de la langue n’est pas dans la perspective de « l’écriture » : https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9buts_de_l%27%C3%A9criture_en_M%C3%A9sopotamie#Le_temps_et_l.E2.80.99espace


Au tout début, on ne trouve que des pictogrammes, sans que l'on ne sache s'ils avait une fonction supplémentaire, indiquaient-ils un objet où le nommaient-ils ? Très vite, on voit apparaitre des symboles supplémentaires et çà devient une espèce de rébus qui laisse supposer une symbolisation phonétique, mais encore une fois, ce n'est pas l'objet de la discussion actuelle.

Barbetorte a écrit :
Lorsque la fonction de ces systèmes d'écriture primitifs se fut réduit à la transcription de la langue, ils se simplifièrent considérablement pour aboutir à des systèmes alphabétiques purement phonétiques, les signes, en nombre très limités, n'ayant par eux-mêmes plus aucun sens. Le processus en Chine a été différent puisque le choix a été de transcrire non les sons de la langue mais mais les mots.


Oui, et cela se rapporte au débat actuel ?


Barbetorte a écrit :
Narduccio a écrit :
Ça, c'est ce que rapportent les romains et les grecs, la situation semble plus complexe puisque l'on a trouvé des supports divers où il sembleraient qu'ils aient écrits des questions à leurs dieux en utilisant du grec

C'est ce qu'ils racontent et c'est exact. Les Gaulois n'ignoraient pas l'écriture. Ils employaient l'alphabet grec. Mais ils écrivaient très peu. N'oublions pas le haut moyen-âge. L'usage de l'écriture s'était en grande partie perdu. L'écriture était le propre des clercs. Beaucoup d'aristocrates étaient analphabètes et n'étaient pas socialement handicapés pour autant.


Alors, comment expliquez-vous certaines découvertes archéologiques d'artefacts gravés de lettres grecques. Les gaulois parlaient à leurs dieux en utilisant l'alphabeth grec, mais ils auraient méprisé l'écrit ...

Barbetorte a écrit :
Narduccio a écrit :
De même, on ne peut pas savoir si d'autres cultures ou civilisations africaines ont utilisé des systèmes d'écritures mais sur des supports non-pérennes.
En fait, nous savons que l'écriture était connue en Afrique noire mais que, comme dans les ères celtiques et germaniques, elle était très peu utilisée.


Quand on a eu des contacts avec certaines cultures ou civilisations, mais il y a des civilisations africaines que l'on ne connait que par quelques murs retrouvés. Donc, on ne peut que supputer sur leur rapport à l'écrit.

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Message Publié : 09 Oct 2017 13:00 
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Narduccio a écrit :
Bien entendu que ces systèmes "incomplets" remplissent entièrement leurs fonctions. C'est bien pour cela qu'ils ont été crés. Mais, ils ne peuvent pas remplir une autre fonction de communication que celle pour laquelle ils ont été crées. C'est au point que vous citez la notation musicale. Etant guitariste, j'aurais tendance à dire : les notations musicales. J'en connait au moins 5 : les partitions, les tablatures, les partitions rythmiques, les grilles et les tabs. En fait, aucune ne donne toutes les informations qui pourrait servir au musicien, quoiqu'en disent certains puristes, elles sont donc plus ou moins complémentaires.
Pour pouvoir jouer une étude de Sor, il me suffit d'en avoir une partition. Si je suis un musicien accompli, je peux même à la seule vue de la partition jouer le morceau dans ma tête sans saisir ma guitare. Mais les notes de musiques sont tout à fait impropres à l'écriture d'un roman. A l'inverse, un système d'écriture, dont la fonction est de fixer sur un support graphique des messages oraux, est tout à fait impropre à la rédaction d'une partition. Il faut donc savoir de quoi on parle. Ce qu'on appelle écriture au sens strict est ce qui permet d'exprimer graphiquement un message oral, c'est à dire de reproduire graphiquement des phrases complètes avec toutes les nuances syntaxiques qu'elles contiennent. On peut distinguer des systèmes complets et des systèmes incomplets selon qu'ils permettent cette expression graphique de façon parfaite ou imparfaite mais, ce faisant, on perd de vue le but assigné au système. Or, pour ce qu'on en sait, les systèmes primitifs d'écriture apparus en Mésopotamie n'avaient pas initialement pour but de reproduire des phrases mais de confectionner des bordereaux de livraison. Ce n'est qu'ultérieurement que l'idée est venue d'adapter le système à la traduction graphiques de messages oraux. Il n'y a pas eu processus d'achèvement d'un système initialement incomplet pour aboutir à un système complet mais plutôt processus d'adaptation d'un système à une fonction différente de celle à laquelle il était initialement destiné.

Barbetorte a écrit :
Alors, comment expliquez-vous certaines découvertes archéologiques d'artefacts gravés de lettres grecques. Les gaulois parlaient à leurs dieux en utilisant l'alphabeth grec, mais ils auraient méprisé l'écrit ...
Où est le problème ? Les Grecs avaient transmis la technique de l'écriture aux Gaulois. Mais, alors que les Grecs écrivaient beaucoup, les Gaulois écrivaient fort peu. On estime qu'au temps de Périclès un citoyen grec sur deux savait lire et écrire alors qu'en Gaule cette connaissance n'appartenait qu'à quelques druides. Il n'en était guère différemment au cours du haut moyen-âge où l'on privilégiait les rapports oraux. Ainsi un contrat ou traité scellé oralement avec solennité était plus solide qu'un contrat écrit. Verba volant, scripta manent était vrai à Rome mais ne l'était pas en Gaule.


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Message Publié : 09 Oct 2017 23:10 
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Barbetorte a écrit :
Pour pouvoir jouer une étude de Sor, il me suffit d'en avoir une partition.


[Mode complet HS/ON]Ce n'est pas tout à fait vrai. C'est ce que prétendent les musiciens classiques, en omettant de commenter le fait que de grands musiciens classiques ont cru bon d'ajouter des annotations à leurs partitions ... Et ce qui explique que parfois, on y accole des tablatures.

Ce n'est pas tout à fait vrai, parce que ma guitare permet de jouer 4 Do3. Ou plutôt un Do 3 à 4 endroits différents. La tonalité de la note sera identique, le son (harmoniques, volume, enveloppe, ...) ne sera pas exactement le même. Et je peux choisir de privilégier une manière de jouer "haut de manche" ou "milieu de manche" pour un résultat légèrement différent. En fait, on a une légère tendance à privilégier les notes "haut de manche" quand on désire travailler sur la profondeur du son et sa résonance. En milieu de manche on a un son plus sec, mais plus propre et plus précis. Mais cela n'est pas perçu par ceux qui se contentent d'une simple partition ;)

Et c'est pour cela que dans d'autres formes de musiques, on méprise les partitions, car elles ne transcrivent pas l'émotion d'un morceau, contrairement aux tablatures.[Mode complet HS/OFF]

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Message Publié : 09 Oct 2017 23:14 
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Revenons au cœur du sujet, les écritures africaines

L'importance et l'ancienneté de l'écriture en Afrique est mal connue.

Ont été conservées des inscriptions de langues sémitiques dans les actuelles Erythrée et Ethiopie datant du 9e siècle av. JC sous la forme d'une variété de l'alphabet sudarabique qui évolua vers l'alphasyllabaire guèze au 4e siècle.

Au nord-Soudan avaient été employés les hiéroglyphes égyptiens ainsi que l'alphabet méroïtique attesté dès le 2e siècle av JC..

L'alphabet tifinagh, employé en Afrique du nord par les Amazighs remonte au 4e siècle av. JC. Des inscriptions dans cet alphabet ont été trouvées au Niger, au Mali, en Algérie, au Maroc et en Libye.

Dans l'actuel Nigéria avait été employé le nsibidi, un système de plusieurs milliers de symboles, vraisemblablement des idéogrammes, mal connus. Apparu il y aurait un millier d'années, il était répandu sous deux versions, l'une secrète, l'autre courante. Cette dernière est tombée en désuétude avec la colonisation britannique. La première est demeurée secrète et probablement aussi tombée dans l'oubli.

Au Nigéria encore, des messages étaient élaborés au moyens d'assemblages de coquilles et de graines, les aroko :
Image

N'oublions pas les manuscrits de Tombouctou rédigés pour la plupart en arabe ou dans diverses langues africaine au moyen de l'alphabet arabe ou en dérivant.

Plus récemment, au 19e et 20 e siècle, divers alphabets ou systèmes syllabiques ont été créés. Ils peuvent dériver de l'écriture comme l'alphabet wolof ou reprendre des traditions graphiques autochtones comme l'alphabet vaï : http://classes.bnf.fr/dossiecr/sp-afri1.htm. Pour ce que j'en ai compris, ces créations ont été suscitées par la volonté de résister à l'hégémonie culturelle arabe ou européenne.

Deux documents intéressants :
http://livre.prologuenumerique.ca/telechargement/extrait.cfm?ISBN=9782296254923&type=pdf
http://www.persee.fr/doc/jafr_0399-0346_1987_num_57_1_2174

Du premier je tire la conclusion que l'Afrique sub-saharienne, hors des zones d'influences extérieures, n'a pas connu l'écrit tel qu'on le connaît en Europe ou dans toute l'Asie, sauf peut-être avec le nsibidi. Mais sont présents de nombreux symboles graphiques qui peuvent être considérés comme des proto-écritures. Leur fonction étaient principalement rituelle et le besoin de les adapter à d'autres fonctions n'a été ressenti qu'à la suite de la confrontation des Africains avec d'autres civilisations. De plus, leur connaissance pouvant être réservés aux seuls initiés, leur étude se heurte à de sérieux obstacles. Cela me rappelle une conférence de Michel Onfray sur le travail des ethnologues en Afrique : qu'apprenent-ils vraiment ? Ce qu'on veut bien raconter aux étrangers qui n'ont pas reçu d'initiation, c'est à dire pas grand-chose.


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