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Message Publié : 14 Avr 2014 0:23 
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L'apogée de l'art militaire avant les armes à feu


Bataille rangée

Avant que les armes à feu ne jouent un rôle dans les batailles, quelle armée (ou type d'armée) a représenté selon vous l'apogée de l'art militaire ? Ou, pour être plus clair, quelle armée aurait vaincu n'importe quelle armée de l'histoire ? A effectifs comparables, bien sûr.
D'après vous, quelles sont les raisons de sa supériorité ? Qualité de ses manœuvres sur le champs de bataille (infanterie et/ou cavalerie), de son armement (arcs exceptionnellement performants etc.), de sa logistique, de ses services de renseignement ..

Forteresse

Il y a t-il eu des villes fortifiées impossibles à prendre ou presque ? Emplacement géographique particulier, fortifications bien conçues, garnison importante, réserves d'eau et de nourriture aisément renouvelables etc.

Techniques de siège

De même, une armée ou un général incarne-t-il l'apogée des techniques de siège, avant armes à feu et poudre ? Si oui, qu'est ce qui le/la rendait si efficace ? Des machines de siège performantes ? Une infanterie bien entraînée ?


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Message Publié : 14 Avr 2014 17:45 
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Jean Froissart
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theyoubot a écrit :
Bataille rangée

Avant que les armes à feu ne jouent un rôle dans les batailles, quelle armée (ou type d'armée) a représenté selon vous l'apogée de l'art militaire ? Ou, pour être plus clair, quelle armée aurait vaincu n'importe quelle armée de l'histoire ? A effectifs comparables, bien sûr.
D'après vous, quelles sont les raisons de sa supériorité ? Qualité de ses manœuvres sur le champs de bataille (infanterie et/ou cavalerie), de son armement (arcs exceptionnellement performants etc.), de sa logistique, de ses services de renseignement ..

Pour les batailles en rase campagne, j'ai peur que votre question n'ait pas de réponse indiscutable... Tout dépend de l'époque, du type de troupes, des armes et surtout de l'adversaire qu'il fallait affronter.
Un exemple : la phalange grecque a été « invincible » pendant un temps, avant de devenir obsolète face à la légion romaine. Cela n'empêchait ni la phalange ni la légion de succomber dans des circonstances défavorables (exemple : dans les bois, elles ne pouvaient pas vraiment manœuvrer).
Les wargamers sont des gens qui, pendant des années, ont tenté des tas de combinaisons différentes pour trouver l'éventuelle meilleure armée possible...
Ils se sont amusés à simuler les affrontements les plus improbables : Hoplites grecs contre Mongols de Gengis Khan, légionnaires romains contre Samouraïs japonais, Byzantins contre Aztèques, j'en passe et des meilleures.
A ma connaissance, aucun résultat probant : tout dépend de trop de facteurs différents...

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Message Publié : 14 Avr 2014 19:45 
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Salluste
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Pour les forteresses, je peux citer Lillybée en Sicile, place forte des Carthaginois. Elle fut toujours leur premier et dernier point d'encrage sur l'île quand tout le reste avait cédé. Deux exemples l'illustrent: la campagne de Pyrrhos et la première guerre punique. D'ailleurs les Carthaginois ne perdirent cette ville que par traité.

Il y eut également Pergame que les Séleucides et les Bithyniens tentèrent plusieurs fois de conquérir, sans résultat. Le dénivelé fournissait une défense naturelle quasiment imbattable et même lorsqu'il ne restait que la citadelle aux Attalides, ils tinrent bon. Encore une fois, la ville ne fut jamais conquise.

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Message Publié : 14 Avr 2014 21:36 
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Lord Foxhole a écrit :
Hoplites grecs contre Mongols de Gengis Khan, légionnaires romains contre Samouraïs japonais, Byzantins contre Aztèques, j'en passe et des meilleures. A ma connaissance, aucun résultat probant

Au cours de l'histoire, il y a-t-il eu une tendance à l'amélioration des techniques militaires ?
Les sabres des samouraïs du XV° siècle étaient plus performants que ceux des romains, eux mêmes plus performants que ceux des Hittites ? (flexibilité, dureté..) Idem pour les arcs, les lances, les tenues, la conception des engins de sièges et des fortifications, les manoeuvres d'infanterie en rase campagne, l'utilisation de la cavalerie, la logistique etc. ?
Je suppose qu'il a pu arriver que des innovations soient perdues. A la destruction d'un empire, par exemple. Mais globalement, il y a t-il eu une progression en termes d'efficacité des armées, entre 3000 ans avant JC et 1000 après JC ? Si la meilleure armée de ces deux époques s'affrontaient avec des effectifs égaux, la balance pencherait elle nettement d'un côté ?

Lord Foxhole a écrit :
la phalange grecque a été « invincible » pendant un temps, avant de devenir obsolète face à la légion romaine. Cela n'empêchait ni la phalange ni la légion de succomber dans des circonstances défavorables (exemple : dans les bois, elles ne pouvaient pas vraiment manœuvrer)

Est ce que les innovations (manoeuvres, armement etc.) qui ont fait la supériorité la légion romaine ont été reprises par une armée performante d'une époque ultérieure ? Je veux dire, une armées qui, elles aussi, a marqué son époque, voire a été considérée un temps comme invincible ?

Solduros_390 a écrit :
Lillybée en Sicile
Pergame que les Séleucides et les Bithyniens tentèrent plusieurs fois de conquérir, sans résultat

Merci


Dernière édition par theyoubot le 14 Avr 2014 21:41, édité 1 fois.

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Message Publié : 14 Avr 2014 21:39 
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Philippe de Commines
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theyoubot a écrit :
Bataille rangéeAvant que les armes à feu ne jouent un rôle dans les batailles, quelle armée (ou type d'armée) a représenté selon vous l'apogée de l'art militaire ? Ou, pour être plus clair, quelle armée aurait vaincu n'importe quelle armée de l'histoire ? A effectifs comparables, bien sûr.
D'après vous, quelles sont les raisons de sa supériorité ? Qualité de ses manœuvres sur le champs de bataille (infanterie et/ou cavalerie), de son armement (arcs exceptionnellement performants etc.), de sa logistique, de ses services de renseignement ..
Aucune armée n'est invincible. Mais au cours de l'histoire, on peut tout de même distinguer les armées de cavaliers archers des steppes (Huns, Mongols, Turcs...) qui accumulent les victoires grâce à leurs capacités stratégique - ils se déplacent assez vite pour n'attaquer qu'à coup sûr - et tactique - ils sont assez disciplinés pour jouer la tactique de la retraite simulée, qui se transforme en enveloppement. Unifiés sous un chef charismatique, ils se montrent capables d'opérations à l'échelle continentale (comme l'attaque de la Chine sous trois axes différents depuis le Viet-Nam, le Tibet et la Mongolie).

Forteresse

Rien n'est imprenable, mais le Krak des Chevaliers, en Syrie, a toujours donné du fil à retordre aux Turcs. De plus, sa position stratégique a toujours de la valeur aujourd'hui : il contrôle une entrée du Liban.

Techniques de siège

L'armée romaine semble à même de tout emporter grâce à leur science de leur poliorcétique et leurs moyens gigantesques.

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Message Publié : 14 Avr 2014 21:51 
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Nebuchadnezar a écrit :
le Krak des Chevaliers, en Syrie

Merci

Nebuchadnezar a écrit :
Aucune armée n'est invincible. Mais au cours de l'histoire, on peut tout de même distinguer les armées de cavaliers archers des steppes (Huns, Mongols, Turcs...) qui accumulent les victoires grâce à leurs capacités stratégique - ils se déplacent assez vite pour n'attaquer qu'à coup sûr - et tactique - ils sont assez disciplinés pour jouer la tactique de la retraite simulée, qui se transforme en enveloppement. Unifiés sous un chef charismatique, ils se montrent capables d'opérations à l'échelle continentale (comme l'attaque de la Chine sous trois axes différents depuis le Viet-Nam, le Tibet et la Mongolie).

Est ce que tu penses que, sur les champs de bataille choisis par les huns, une armée d'une époque antérieure aurait pu les vaincre ? (A effectifs comparables)

Nebuchadnezar a écrit :
L'armée romaine semble à même de tout emporter grâce à leur science de leur poliorcétique et leurs moyens gigantesques.

Est ce qu'une armée d'une époque ultérieure a repris avec autant de succès leurs innovations en la matière et leurs techniques ? Ou au contraire, les romains ont ils constitué une sorte d'apogée dans le domaine ?


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Message Publié : 14 Avr 2014 23:56 
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theyoubot a écrit :
Est ce que tu penses que, sur les champs de bataille choisis par les huns, une armée d'une époque antérieure aurait pu les vaincre ? (A effectifs comparables)
Les Huns d'Attila ne connaissent qu'une vraie défaite - et encore, non décisive : aux Champs Catalauniques. Mais leur armée comporte alors de nombreuses troupes vassalisées piétonnes, ce qui les a ralentit et les a empêcher de choisir leur terrain.
La parade principale contre les cavaliers des steppes a toujours consisté à s'enfermer dans des fortifications, et attendre que les hordes aient achevé leur campagne de pillage et se retirent.

Le principal affrontement entre les Romains et une armée de même type, les Parthes, a eu lieu à Carrhes en 53 av. JC et s'est traduit par la perte de sept légions.

Nebuchadnezar a écrit :
L'armée romaine semble à même de tout emporter grâce à leur science de leur poliorcétique et leurs moyens gigantesques.

Est ce qu'une armée d'une époque ultérieure a repris avec autant de succès leurs innovations en la matière et leurs techniques ? Ou au contraire, les romains ont ils constitué une sorte d'apogée dans le domaine ?[/quote]Avant l'arrivée des canons, les Romains atteignent bien l'apogée de la poliorcétique : ils disposent de machines de sièges (tours d'assaut, béliers, catapultes), et savent construire des ouvrages de siège : tranchées, circonvallations, mines, rampes d'accès.
Non seulement ils disposent des connaissances pour le faire, mais ils disposent en général des moyens techniques et humains pour effectuer des travaux de grande ampleur, comme à Massada (rampe de plus de 100 m de haut).
Cet art ne sera pas oublié dans les époques ultérieurs, et sera mis à profit dans la construction et l'assaut des châteaux forts, mais toujours avec des moyens dérisoires en comparaisons de ceux des Romains.

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Message Publié : 15 Avr 2014 0:22 
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theyoubot a écrit :
Nebuchadnezar a écrit :
L'armée romaine semble à même de tout emporter grâce à leur science de leur poliorcétique et leurs moyens gigantesques.

Est ce qu'une armée d'une époque ultérieure a repris avec autant de succès leurs innovations en la matière et leurs techniques ? Ou au contraire, les romains ont ils constitué une sorte d'apogée dans le domaine ?


Les techniques de construction des forteresses ou des murs d'enceinte des villes ont évolué depuis l'époque romaine.

En fait, il y a toujours eu une concurrence entre l'attaque et la défense. Dès que l'un des aspects prend de l'avance, l'autre rattrape le retard.

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Message Publié : 15 Avr 2014 16:18 
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Du point de vu de la poliorcétique, il y eut peu d'évolution depuis l'Antiquité pour l'attaquant. Mais je noterais quand même l'apparition du trébuchet, bien plus puissant que les catapultes et oxybèles antiques.

Et durant l'histoire, les tactiques et techniques ont évolué, ce qui me fait dire qu'une armée du 14ème siècle vaincrait une du 3ème siècle qui elle-même vaincrait une du 12ème siècle avant J.C. Une des révolution les plus importantes fut la maîtrise du fer à la place du bronze, mais on peut citer d'autres exemples:

- comparer les phalanges macédoniennes et les carrés suisses illustrerait bien le propos. Les premières s'équipaient d'armures légères, sauf pour les officiers et peut-être pour l'élite tandis que les seconds portaient plus volontiers des armures plus lourdes, même si les équipements légers continuaient d'exister. Les phalanges formaient des carrés, idéalement de 1'600 hommes tandis que les Suisses se formaient par 7'000 ou 8'000 soldats. Cela s'explique par le fait que ça permettait aux Macédoniens de créer plus de flexibilité avec leurs autres corps d'armée sur lesquels ils comptaient aussi alors que les confédérés privilégiait le choc pur d'infanterie. Et on pourrait continuer à comparer.

- la cavalerie médiévale à partir du 14ème siècle devait globalement dominer toutes celles antiques. L'apogée de l'équipement, la technique de la lance couchée, le professionnalisme de ces guerriers auraient fait la différence, hormis peut-être contre des cataphractes antiques. (Je parle d'une comparaison entre cavaleries de choc).

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Message Publié : 15 Avr 2014 17:08 
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theyoubot a écrit :
Lord Foxhole a écrit :
la phalange grecque a été « invincible » pendant un temps, avant de devenir obsolète face à la légion romaine. Cela n'empêchait ni la phalange ni la légion de succomber dans des circonstances défavorables (exemple : dans les bois, elles ne pouvaient pas vraiment manœuvrer)

Est ce que les innovations (manoeuvres, armement etc.) qui ont fait la supériorité la légion romaine ont été reprises par une armée performante d'une époque ultérieure ? Je veux dire, une armées qui, elles aussi, a marqué son époque, voire a été considérée un temps comme invincible ?

Oh ! C'est un vaste sujet, et je vous conseille de trouver des ouvrages concernant l'art militaire romain...
Sans être un grand spécialiste de la question, il me semble remarquable que les Romains ont toujours privilégié l'infanterie par rapport à la cavalerie. Le légionnaire classique est un fantassin. Ils étaient surtout entraînés dans le maniement du pilum ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Pilum ) et du gladius ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Glaive ).

Le glaive est une épée assez courte et pas trop tranchante, mais - d'après mes souvenirs - les légionnaires frappaient surtout d'estoc (donc avec la pointe). Les blessures étaient larges et pas très profondes... Mais, une blessure de 5 cm de profondeur dans le ventre suffit généralement à mettre l'adversaire hors de combat.
Je crois qu'ils n'ont jamais développé des armes de contact plus « performantes », tout simplement parce que - la plupart du temps - leurs adversaires ne portaient pas des protections corporelles extraordinaires. Beaucoup de « barbares » allaient au combat pratiquement nus, avec juste un casque et un bouclier.
Enfin, bref, comme on le voit, on pourrait discuter des heures rien que sur le sujet de l'équipement du fantassin et de la façon de l'utiliser...

Il est remarquable également que c'est une armée d’État, avec un équipement standardisé (chez d'autres peuples, chaque guerrier peut s'équiper à ses frais et comme il l'entend). Ce sont également des soldats disciplinés, formés et entraînés à combattre de manière collective... Bref, beaucoup de traits qui apparentent l'armée romaine à une armée moderne.
Après l’effondrement de l'empire romain d'occident, tout cela aura tendance à disparaître... Tout simplement parce que les « Barbares » n'organisaient pas leurs sociétés d'une manière aussi organisée et militariste. Il y avait sûrement aussi une question de philosophie très différente, avec plus de place pour l'individualisme...
L'art de la guerre au Moyen-Age est un sujet encore plus vaste. En dépit de ce que certains peuvent croire, il n'était pas moins développé. Il était surtout très différent... Avec l'émergence d'un nouveau type de guerrier spécialisé, qui est emblématique de son époque : le chevalier.

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Message Publié : 16 Avr 2014 2:00 
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Merci pour vos réponses. J'y vois beaucoup plus clair. Si vous avez d'autres exemples, je suis preneur. N'hésitez pas.


Récapitulatif (de vos réponses, juste pour moi, pour mettre de l'ordre dans mes idées)


L'apogée de l'art militaire
avant les armes à feu



Bataille rangée

- une armée du 14ème siècle vaincrait une du 3ème siècle qui elle-même vaincrait une du 12ème siècle avant J.C.

- la cavalerie médiévale à partir du 14ème siècle devait globalement dominer toutes celles antiques. L'apogée de l'équipement, la technique de la lance couchée, le professionnalisme de ces guerriers auraient fait la différence, hormis peut-être contre des cataphractes antiques. (Je parle d'une comparaison entre cavaleries de choc).

- les armées de cavaliers archers des steppes (Huns, Mongols, Turcs...) qui accumulent les victoires grâce à leurs capacités stratégique - ils se déplacent assez vite pour n'attaquer qu'à coup sûr - et tactique - ils sont assez disciplinés pour jouer la tactique de la retraite simulée, qui se transforme en enveloppement. Unifiés sous un chef charismatique, ils se montrent capables d'opérations à l'échelle continentale (comme l'attaque de la Chine sous trois axes différents depuis le Viet-Nam, le Tibet et la Mongolie).




Forteresse

- Lillybée en Sicile
- Pergame que les Séleucides et les Bithyniens tentèrent plusieurs fois de conquérir, sans résultat
- le Krak des Chevaliers, en Syrie




Techniques de siège

- Avant l'arrivée des canons, les Romains atteignent bien l'apogée de la poliorcétique : ils disposent de machines de sièges (tours d'assaut, béliers, catapultes), et savent construire des ouvrages de siège : tranchées, circonvallations, mines, rampes d'accès.
Non seulement ils disposent des connaissances pour le faire, mais ils disposent en général des moyens techniques et humains pour effectuer des travaux de grande ampleur, comme à Massada (rampe de plus de 100 m de haut).
Cet art ne sera pas oublié dans les époques ultérieurs, et sera mis à profit dans la construction et l'assaut des châteaux forts, mais toujours avec des moyens dérisoires en comparaisons de ceux des Romains.

- peu d'évolution depuis l'Antiquité pour l'attaquant. Mais je noterais quand même l'apparition du trébuchet [ XII° siècle ], bien plus puissant que les catapultes et oxybèles antiques.


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Message Publié : 16 Avr 2014 4:51 
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theyoubot a écrit :
Merci pour vos réponses. J'y vois beaucoup plus clair. Si vous avez d'autres exemples, je suis preneur. N'hésitez pas.


Récapitulatif (de vos réponses, juste pour moi, pour mettre de l'ordre dans mes idées)


L'apogée de l'art militaire
avant les armes à feu



Bataille rangée

- une armée du 14ème siècle vaincrait une du 3ème siècle qui elle-même vaincrait une du 12ème siècle avant J.C.


Il faut quand même tenir compte des choix tactiques. Pourquoi Leonidas se fait massacrer aux Thermophyles ? En partie parce qu'il fait une grossière erreur. Il est conditionné par les choix stratégiques et tactiques qui guident le combat en Grèce depuis l'invention de la phalange : les 2 adversaires se donnent rendez-vous à un lieu définit, souvent une plaine avec assez de place pour manœuvrer et celui dont les soldats sont le plus disciplinés gagne.
Xercès tente de passer en force, ce qui correspond aux souhaits de Leonidas. Mais, au bout d'une journée, il comprend que son armée risque de se faire massacrer parce que les grecs ont une position très avantageuse qui élimine son propre avantage : le nombre. Il trouve très vite la solution : contourner l'obstacle. Il devra quand même réduire la position : on ne peut pas laisser 1000 soldats adverses sur son arrière. Mais, il est en position de l'attaquer par les 2 cotés et les grecs vont se faire massacrer. Toute proportion gardée, la phalange est comme un chevalier du moyen-âge ou un tank moderne, c'est un outil qui a une force disproportionnée par rapport aux tactiques simples des fantassins de l'époque : un mur de métal qui s'avance vers vous avec une grande cohésion.

On a plusieurs exemples d'armées utilisées mal-à-propos et qui vont subir de dures défaites parce qu'elles se retrouvent dans des conditions qui annulent leurs capacités offensives. Leonidas aurait du tenir toutes les passes et tous les passages permettant de passer d'une passe à l'autre. Mais là, il aurait du se projeter au-delà de ce qu'il était capable de concevoir. Il avait en face de lui une armée d'invasion qui cherchait à conquérir le pays, pas l'armée d'une citée rivale qui voulait montrer quelle était plus puissante.

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Message Publié : 16 Avr 2014 5:45 
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Narduccio a écrit :
Il faut quand même tenir compte des choix tactiques.

Justement, les armées citées plus haut par Lord Foxhole, Nebuchadnezar et Solduros_390, ne brillaient elles pas d'excellents choix tactiques ?


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Message Publié : 16 Avr 2014 6:55 
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Localisation : Helvétie
Les guerres en Grèce suivaient un rituel immuable. Les deux armées se rencontraient sur un terrain prédéfini et à un moment donné, les deux phalanges d'hoplites se ruaient l'une sur l'autre. Pas de cavaliers, pas de tireurs, tout reposait sur la phalange et ne pas se conformer à cela revenait à perdre son honneur. Il n'y avait qu'une tactique à cette époque dans la péninsule: la poussée.
Pour le Moyen-âge c'était pareil. Les chevaliers devaient ouvrir le combat. Ils s'alignaient en trois batailles et chacune chargeait son vis-à-vis. Ils représentaient l'élite de la société civile et militaire; il leur revenait donc de remporter les batailles. Les fantassins restaient en retrait pour achever le travail. Et cette tactique prédomina pendant longtemps, de Bouvines au lac Peïpous et j'en passe.

Ces deux sociétés ne cherchaient pas à révolutionner leurs tactiques, car cela revenait à révolutionner leur mode de vie et elles-mêmes. Il fallut la guerre du Péloponnèse qui brisa toutes les "conventions" pour que naquissent Epaminondas et son ordre oblique, Philippe et ses phalanges de sarissophores et qu'ils pussent faire avancer la tactique.
De la même manière pour la chevalerie. Il fallut attendre les guerres de l'Angleterre contre l'Ecosse et celles des Confédérés contre les Habsbourg et autres nobles pour voir autre chose qu'un choc entre deux cavalerie. Par leurs victoires, ils redonnèrent à l'infanterie le premier rôle et les tactiques purent de nouveau se renouveler; phénomène qui grandira encore pendant les Temps Modernes, mais là on sort de notre cadre chronologique.

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Message Publié : 16 Avr 2014 10:03 
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Lord Foxhole a écrit :
Le glaive est une épée assez courte et pas trop tranchante, mais - d'après mes souvenirs - les légionnaires frappaient surtout d'estoc (donc avec la pointe). Les blessures étaient larges et pas très profondes... Mais, une blessure de 5 cm de profondeur dans le ventre suffit généralement à mettre l'adversaire hors de combat.
Je crois qu'ils n'ont jamais développé des armes de contact plus « performantes », tout simplement parce que - la plupart du temps - leurs adversaires ne portaient pas des protections corporelles extraordinaires. Beaucoup de « barbares » allaient au combat pratiquement nus, avec juste un casque et un bouclier.
Il y a une autre raison : le glaive romain est une arme de mêlée. Quand on est pressé épaule contre épaule, la longueur de l'arme devient un handicap. De plus, cela permet de donner des coups de pointe, qui demande une plus grande maîtrise de l'escrime, mais sont beaucoup plus dangereux que les coups de taille.

[quote=Solduros_390]- la cavalerie médiévale à partir du 14ème siècle devait globalement dominer toutes celles antiques. L'apogée de l'équipement, la technique de la lance couchée, le professionnalisme de ces guerriers auraient fait la différence, hormis peut-être contre des cataphractes antiques. (Je parle d'une comparaison entre cavaleries de choc).[/quote]Vous omettez le progrès le plus difficile à obtenir, et le plus important : l'amélioration de la race chevaline. Les destriers du Moyen-Âge sont les chevaux les plus forts et les plus aptes à galoper avec des masses d'aciers sur le dos. Au choc, en nombre égal, ils l'emporteraient facilement sur des cataphractes antiques.

Citer :
Et durant l'histoire, les tactiques et techniques ont évolué, ce qui me fait dire qu'une armée du 14ème siècle vaincrait une du 3ème siècle qui elle-même vaincrait une du 12ème siècle avant J.C. Une des révolution les plus importantes fut la maîtrise du fer à la place du bronze...
Vous voulez dire "du 13e siècle" ?
Vous avez raison, mais plus que les tactiques, ce sont les conditions économiques et géopolitiques qui se modifient. Les empires de l'Antiquité disposent des capacités de mobiliser des armées importantes, de plus de 50000 hommes. Il est donc important de trouver comment utiliser au mieux cette masse de combattants. Ce sera chose faite avec la phalange macédonienne, puis la légion. Au Moyen-Âge européen, ce chiffre est inatteignable : l'important est de gérer la pénurie, chaque seigneurie ne pouvant compter que sur sa population locale. La guerre sera donc réservée à une élite, les chevaliers, qui concentreront tous les investissements et les progrès. Au fur et à mesure que les États se construisent, ils recommencent à disposer de moyens supplémentaires, et peuvent recommencer à mettre en place de forts contingents d'autres armes (archers anglais, carrés suisses, piquiers flamands).

Citer :
Les guerres en Grèce suivaient un rituel immuable.[...]
Pour le Moyen-âge c'était pareil.
La guerre a toujours un côté convenu, surtout entre adversaires de même culture : une campagne coûte cher, et les guerriers brûlent de s'illustrer dans les meilleures conditions afin d'en retirer des avantages sociaux. C'est pourquoi les batailles se déroulent en général sur des terrains convenus, même de manière tacite, par les deux parties. Le déroulement des batailles suit des règles constantes : quand on n'a pas les moyens d'entraîner la masse des combattants à des tactiques élaborées, on n'improvise pas ;)
Lorsque ces armées se retrouvent face à un adversaire qui ne suit pas les règles, comme face aux cavaliers archers des steppes, qui harcèlent et évitent le choc frontal, elles sont assez démunies.

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