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 Sujet du message : Re: D'Austerlitz à Sedan
Message Publié : 21 Jan 2017 13:23 
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Inscription : 20 Déc 2008 14:01
Message(s) : 4002
Localisation : Bourges, Berry, France
@Jérôme : je ne sais pas ce qu'on enseigne à Saumur, ni dans les écoles de la cavalerie prusso-allemande, à l'époque. Mais ce n'est pas le problème. C'est une question d'articulation du commandement et de circulation de l'information et des ordres. Les cavaliers français ne reçoivent pas d'ordre particulièrement précis concernant les mesures de sauvegarde et de sûreté du corps dont ils dépendent. Ces derniers ne spécifient pas grand chose concernant leurs besoins en renseignement. Et de toute manière, leur état-major ne dispose pas d'officier spécifiquement dévolu au renseignement capable de les synthétiser.

L'organisation est donc fortement teintée d'amateurisme, puisque l'échelon de synthèse de ces question se trouve au niveau du chef d'état-major du corps, voire même directement au niveau du commandant du corps d'armée, qui ont tous les deux bien d'autres choses à traiter.
L'articulation allemande est déjà bien plus moderne, avec l'existence de cellules dédiées aux opérations, au renseignement, à la logistique, un chef d'état-major au périmètre bien défini, qui ne marche pas sur les plate-bandes du chef, et réciproquement. C'est plus là que se joue la différence.

Il est vrai que les cavaliers, les grands chefs de l'arme en particulier, ne semblent pas être pro-actifs en la matière, et ne donnent guère d'ordres à leurs subordonnés pour acquérir du renseignement ou prendre les mesures de sûreté qui aujourd'hui apparaissent les plus élémentaires. Le problème vient aussi du fait que les subdivisions d'arme de la cavalerie sont chacune censée avoir leur spécificité, et que le cuirassier n'est pas intellectuellement prêt à jouer un tel rôle alors même que parfois, il s'agit du seul cavalier disponible. Il faudrait voir si les chasseurs à cheval et les hussards, dont c'est le "coeur de métier", étaient plus efficaces.

@Aigle : je ne vois dans la réponse de Skipp que deux possibilités :
1) si on parle du républicanisme d'un général, il s'agit vraisemblablement de Trochu. Il y en avait d'autres, mais guère, et aucun n'était autant en vue ;
2) si on parle d'un officier pointé du doigt pour sa tentative de peser politiquement au détriment des considérations militaires, il s'agit sans doute de Bazaine et de sa fameuse capitulation du 27 octobre 1870, qui vise peut-être à affaiblir la République nouvelle-née au profit d'une restauration éventuelle du régime bonapartiste.

CEN EMB

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 Sujet du message : Re: D'Austerlitz à Sedan
Message Publié : 21 Jan 2017 13:38 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 10 Fév 2014 7:38
Message(s) : 1836
Localisation : Versailles
Je remercie EMB pour son explication - assez désolante au demeurant sur l'amateurisme de nos chefs.

Peut il nous préciser son opinion sur le niveau des sous officiers ?
Et les autres armées européennes n'étaient elles pas plus proches des approximations françaises que du sérieux prussien ? Si oui Pourquoi ?

Et enfin peut on soutenir l'hypothèse suivante : l'amateurisme de la cavalerie n'est il pas en partie explicable par la popularité du modèle héroïque et chevaleresque de la charge massive comme à Eylau ou en Crimée (la brigade légère anglaise exemple cité par EMB) ? Et ce malgré l'échec de Waterloo ? Ce culte de la charge ne résulte t il pas d'un imaginaire nobiliaire plus tourné vers les croisades que vers la révolution industrielle ? Qu'on me pardonne ces audacieuses simplifications si elles sont fausses !

Au passage j'ai trouvé cela

[...] "La cavalerie prussienne était donc beaucoup plus nombreuse que la nôtre. Elle était en outre plus instruite, plus habituée au service des reconnaissances, et ses chefs, en général jeunes et vigoureux, lui donnaient une impulsion hardie. Les uhlans, en particulier, étaient passés maîtres dans l'art de patrouiller à grande distance en avant des colonnes ; ce sont eux qui, comme les cosaques en 1814, ont laissé chez nos populations rançonnées le souvenir le plus vivace*, et qui, dans certaines campagnes, personnifient encore l'invasion. Mais du point de vue du champ de bataille, leur action est restée à peu près nulle, et les lourdes lattes des cuirassiers blancs ont été, dans les mêlées de cavalerie, bien plus redoutables que leurs lances."
Lieutenant-Colonel Rousset.
* Guillaume I qui reprochait à Thiers, reçu à Versailles fin octobre 1870, d'avoir enrôlé des Turcos et des Kabyles dans l'armée française pour combattre des chrétiens reçut cette réponse qui stupéfia tous les Allemands présents : "Mais vous-mêmes, vous avez des uhlans...".

Source : http://laguerrede1870enimages.fr/page19 ... rect=false


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 Sujet du message : Re: D'Austerlitz à Sedan
Message Publié : 21 Jan 2017 14:13 
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Inscription : 20 Déc 2008 14:01
Message(s) : 4002
Localisation : Bourges, Berry, France
Le niveau général du combattant et de l'encadrement de contact (jusqu'au niveau de l'officier subalterne) est considéré comme excellent à l'été 1870, pour toutes les armes et spécialités, et à raison au vu de la performance individuelle ou dans des groupes tactiques bien définis (jusqu'au niveau du corps, c'est-à-dire les échelons de la section ou du peloton, de la compagnie, de l'escadron ou de la batterie, du bataillon, du régiment, peut-être de la brigade, moins au-delà) au combat en août et septembre 1870.
Je souscris à votre point de vue sur le fait que la charge héroïque est le principal legs de la cavalerie du Premier Empire à celle du Second, alors que c'est clairement le moins important et surtout le plus démodé !

Pour moi, l'armée française n'était pas exceptionnelle en Europe du point de vue des insuffisances du commandement ou de l'organisation. C'est plutôt l'armée prussienne et à son imitation les autres contingents allemands qui l'étaient. L'articulation du commandement et la qualité du travail d'état-major des officiers "im Generalstab" prussiens ont été une référence jusqu'en 1918, et même 1945. Aujourd'hui, le travail d'état-major se fait, avec des modernisations évidemment liées essentiellement à la numérisation ou des changements de détail, selon un schéma encore très prussien (par le biais de l'appropriation par les Américains de ce schéma à partir de 1945, peut-être un peu avant).

Si on ajoute à cela les vulnérabilités structurelles du régime impérial à l'été 1870... On ne peut qu'être confondu, effectivement, par la légèreté avec laquelle la France est entrée en guerre en juillet 1870 !

CEN EMB

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