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 Sujet du message : Re: Le communisme
Message Publié : 13 Nov 2011 15:09 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

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Un fils de riche paysan, ça reste un paysan et ça reste à la ferme avec ses parents. Ca met la main à la pâte. Trostky ne s'est jamais sali les mains aux travaux de la ferme ni ses parents. Ce n'était donc pas un paysan. Le riche paysan, c'est le koulag qui est propriétaire de sa terre et qui la travaille. le propriétaire terrien c'est le type qui vit du rendement de ses terres sur lesquels d'autres travaillent mais lui se contente de gérer ça de plus ou moins loin.
Un haciendados n'est pas un paysan, un noble d'Ancien régime non plus.


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 Sujet du message : Re: Le communisme
Message Publié : 22 Nov 2011 12:32 
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Si j'en crois l'historien Robert Service dans sa bio sur Trotski, le père n'était pas seulement un riche propriétaire mais bel et bien un paysan, riche certes mais paysan et par son travail, ce que confirme le récit ci dessous.

P.296 Le père de Trotski, âgé, avait quitté le Sud en 1920. Menacé durant tout le temps que dura l'occupation blanche, il ne constata guère d'amélioration avec l'arrivée des Rouges : ses terres furent confisquées et redistribuées à des paysans ukrainiens. Spolié de toutes ses économies, il parvint néanmoins à quitter la province de Kherson et non sans difficultés, il arriva à Odessa. De là, il rejoignit Moscou où il retrouva son fils pour la première fois depuis l'avant-guerre. Il avait alors soixante-dix ans et ne comprenait pas ce qui arrivait au monde qu'il avait connu et dans lequel il avait prospéré : « Les pères triment pour avoir un peu de confort pendant leurs vieux jours, et ensuite leurs fils font la révolution », disait-i1. Il eut cependant le courage, même à un âge avancé, de tout recommencer à zéro. Trotski lui trouva une place de gérant dans un moulin près de la capitale. Il était plus qualifié que quiconque pour ce travail et le commissaire du peuple au ravitaillement, Alexandre Tsiouroupa, appréciait beaucoup ses connaissances en agriculture.
Selon Angelica Balabanova, la secrétaire du Komintern, Trotski aurait refusé toute forme de favoritisme à l'égard de son père, ne réquisitionnant même pas une paire de chaussures pour lui, par exemple 31 Si tel est vraiment le cas, il n'eut pas les mêmes scrupules vis-à-vis de sa femme et ses enfants, à qui il assura un confort bourgeois - comme il ne s'était pas privé non plus de demander une aide pour Fanni Chpentser ; mais peut-être avait-il voulu impressionner Balabanova, connue pour son honnêteté foncière. Le vieux David Bronstein attrapa le typhus au printemps 1922 et mourut le jour de l'allocution de Trotski devant le Quatrième Congrès du Komintern. Dans ses mémoires, Trotski fut avare de louanges. Pourtant, ce n'était pas rien d'avoir bâti une exploitation comme la sienne à Ianovka : il avait économisé sur tout pour y arriver. Par la suite, il avait introduit un certain nombre d’innovations techniques, rassemblé puis formé une main d’œuvre compétente Trotski n’a jamais s’il connaissait la gravité de l’état de son père avant de se rendre au congrès. Si oui, sa capacité de concentration était extraordinaire ; dans le cas contraire, son indifférence l’était tout autant.


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 Sujet du message : Re: Le communisme
Message Publié : 22 Nov 2011 14:24 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

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Ce texte ne dit rien de la condition du père avant la Révolution.


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 Sujet du message : Re: Le communisme
Message Publié : 22 Nov 2011 15:25 
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ça me semble assez clair que David Bronstein était un paysan avec plusieurs ouvriers.
p.28 c'est le tsar Alexandre 1er qui introduisit le système des colonies juives, càd que certains territoires vierges délimités leur furent attribués près de la mer noire. Les Juifs désireux d'échapper à la pauvreté et de commencer une nouvelle vie d'agriculteur furent nomreux à partir pour le sud, encouragés par le gouvernement. Au milieu du XIX è siècle plus de 65000 colons juifs étaient installés

Mentionnons encore que David Bronstein était analphabète, contrairement aux autres juifs il n'avait reçu aucun rudiment de scolarité.


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 Sujet du message : Re:
Message Publié : 11 Jan 2013 5:41 
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Eginhard
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Duc de Raguse a écrit :
J'accepte vos critiques mon cher Karolus :wink: - d'ailleurs pourquoi autant de titulatures aussi révérencieuses ? :roll:
Je précise alors ma pensée, mais je ne pensais pas devoir le faire...
Si on lit avec attention la doctrine de Marx, mère de tous les socialismes d'après 1863, on peut biensûr observer que ce n'est que l'étape socialiste - le pouvoir confisqué par le prolétariat - qui a été franchie par les pays cités ci-dessus.
Mais alors, déjà ce stade est faux par rapport à la théorie : ceux qui ont confisqué le pouvoir en Russie - et ailleurs - sont pour la plupart issus de la bourgeoisie, non du monde ouvrier...
Il en va de même pour la théorie de la prise du pouvoir : Marx pensait que la révolution n'arriverait que dans un pays composé presque majoritairement d'ouvriers, ce qui n'est absolument pas le cas de la Russie en 1917 ( encore au moins près de 80% de moujiks ).
Ses préférences allaient d'ailleurs à l'Allemagne ou à la France.
De plus, Marx souhaitait que cela soit la spontanéité populaire qui conduise ses "conducteurs" à prendre le pouvoir. En février 1917, on observe une spontanéité dans les grèves d'ouvriers et de soldats et la formation des conseils - ou soviets. Mais, en octobre 1917, il n'y a rien de tout cela. C'est une poignée de révolutionnaires armés qui prend le pouvoir au nom du peuple et des soviets, dans lesquels ils ne sont même pas majoritaires ( à peine 20%). Ne parlons même pas de l'Assemblée constituante de novembre 1918 - disssoute en janvier 1919 par les bolcheviks - où les partisans de Lénine n'avaient même pas la majorité relative, loin de là !!!
Alors, dès le départ, il y a eu des erreurs par rapport à la doctrine. :wink:
Le communisme est le stade d'une société sans classes, sans monnaie, sans Etat, le mythe d'une société de "bons sauvages" à la Rousseau, peuplée d'hommes bons pratiquant le troc et surtout plus la guerre puisque tout le monde étant l'égal de l'autre.
Nulle part dans le monde on ne l'a observée, c'est vrai, mais pensez-vous Karolus qu'elle aurait été possible concrètement puisque même l'étape intermédiaire - qui était sensée la provoquer - a échoué ?
Je ne juge pas le communisme avec des préjugés Karolus, mais avec des constats simples et clairs. La société soviétique a été pressurisée, saignée à blanc, à un tel point pour obtenir cet idéal forcé, on a massacré et déporté tant de paysans pour qu'ils participent à cet idéal de partage que vous comprendrez que je doute un peu... :roll:
Cela n'a rien à voir avec la dictature de Staline, il a déposé fidèlement les thèses de Lénine et a dû composé avec la situation héritée...
D'ailleurs à cette époque les communistes du monde entier ne se posaient pas autant de questions que vous sur la doctrine et la fidélité au dogme et suivaient son exemple aveuglément en venant chercher les ordres au Komintern !!! :wink:

duc de Raguse.

P.S. : les bolchéviques n'ont pas eu besoin de l'intervention des étrangers pour la guerre civile débute...
Dans n'importe quel pays civilisé mettre la propriété privée et la liberté - surtout celle-ci ! - hors-la-loi provoque cela ! Ce sont les Socialistes Révolutionnaires, les mencheviks, les nobles, les simples paysans qui ont refusé ce régime de sauvagerie tournant le dos à la dignité humaine au nom même de celle-ci ! :evil:


Lorsque les bolcheviks prennent le pouvoir en octobre 1917, globalement, ils bénéficient du soutien de la population, notamment dans les villes, les campagnes, majoritaires étant plutôt SR. D'ailleurs, la prise de pouvoir des bolcheviks se fait quasiment en douceur, ne provoquant nullement une guerre civile. Cet état de fait n'est évidemment pas du au soutien idéologique des masses urbaines russes, mais par le slogan opportuniste de Lénine, "la Terre et la paix immédiate" (les thèses d'Avril), ralliant les soldats au mouvement bolchevik. N'oublions pas que ce qui a totalement miné le gouvernement de Kerenski, c'est le désir de ce dernier de poursuivre la guerre contre l'Allemagne, alors que l'armée russe, avec le prikaz n°1 de mars 1917 (création des conseils de soldats dans chaque compagnie), était en pleine décomposition.
L'élection de l'Assemblée Constituante, à l'automne 1917, à majorité SR, et sa dissolution le 5 janvier 1918 et non pas 1919, par les bolcheviks, n'amène pas non plus une résistance contre le pouvoir soviétique, et dès avril 1918, Lénine dira que la guerre civile, qui n'a jamais vraiment commencé, à part dans le Don, avec la petite armée des Volontaires, est finie.
L'absence de résistance traduit la faiblesse de l'opposition de droite, qui était coupée de la population paysanne, comme le verra l'échec de l'action de l'armée des Volontaires, dans le Don, début 1918, et une masse paysanne qui se contente de faire ses affaires, quasi en autarcie par rapport au pouvoir central des villes.
La guerre civile va être relancée par Lénine, tout simplement car les villes ne sont plus ravitaillées par les campagnes, que la famine guette la population citadine, ce qui saperait le pouvoir bolchevik. D'où la guerre déjà lancée contre les "koulaks" dès juin 1918, avec la création des Kombedy, ou Comités de paysans pauvres et des brigades de choc pour aller trouver les surplus de blé dans les campagnes. Et les bolcheviks vont alors se trouver devant des millions de petits propriétaires terriens qui avaient bénéficié du partage des terres dès février 1917, processus acté par le slogan léniniste "la terre aux paysans".
On peut donc voir l'histoire de la révolution bolchevik comme une opposition entre la minorité léniniste, citadine et ouvrière, et la masse silencieuse de la paysannerie russe, rétive à tout interventionnisme du centre et à la collectivisation des terres. L'échec de la première collectivisation léniniste que Lénine reconnaîtra en lançant la NEP en mars 1921, relancera le processus de la "terre aux paysans" qui menacera, implicitement, le pouvoir soviétique, et qui entraîna la grande collectivisation stalinienne, Staline voulant mettre au pas cette paysannerie fermée à l'ordre socialiste. Elle sera aussi un échec.
En fait, toute la problématique de la révolution bolchevik avait bien été prédite par Kautsky, qui affirmait qu'une révolution socialiste dans un pays arriéré ne pouvait que mal se terminer et que le léninisme ne pouvait qu'aboutir à une dictature sanglante.

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 Sujet du message : Re:
Message Publié : 11 Jan 2013 6:05 
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Eginhard
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Duc de Raguse a écrit :
Citer :
Staline a pourri cette idée difficilement viable qu'est le Communisme

Je reste persuadé que le ver est dans le fruit dès l'élaboration de la doctrine.

duc de Raguse.


La volonté de découpler le stalinisme, du léninisme a été un trait du mouvement trotskyste et du mouvement communiste plus généralement pour, évidemment, maintenir la viabilité de l'idéologie marxiste-léniniste. Mais se découplage ne résiste pas aux faits. Staline n'a fait que chausser les bottes léninistes, il a simplement imprimé au régime soviétique ses tendances paranoïaques extrêmes.
La concentration du pouvoir était déjà acté dès 1919, avec la création d'un Politburo composé d'un nombre très réduit de personne qui dirigeait le Parti et le pays. L'élimination des oppositions internes et externes avait déjà été faite par Lénine, avec l'interdiction des fractions, lors du Xeme congrès du PCUS, en mars 1921, mois qui verra les répressions de la commune de Cronstadt et des révoltes paysannes dans le Tambov, par un certain Thoukhatchevski, qui utilisa d'ailleurs des gaz de combat.
Cette interdiction des fractions, qui avait fait dire à Radek qu'il avait eu l'impression en actant cette mesure, qu'il se passait la corde au cou, allait fournir les armes à Staline pour éliminer ses potentiels adversaires.
De même, notons que le slogan léniniste "tout le pouvoir aux soviets", pour donner au mouvement bolchevik l'image d'un mouvement prolétarien authentiquement démocratique ne fut que de la poudre aux yeux, puisque dès l'accession des bolcheviks au pouvoir, en octobre 1917, le Sovnarkom ou Conseil des commissaires du peuple, dépouilla les soviets d'un quelconque pouvoir législatif, faisant des assemblées soviétiques, des chambres d'enregistrement.
Enfin, la Tcheka, créée en décembre 1917, qui devait être provisoire, s'institutionnalisa en 1922, en se transformant en OGPU, et garda ses pouvoirs extra-judiciaires qui, si ils étaient nécessaires en tant de guerre civile, ne l'étaient plus en temps de paix.
Concentration du pouvoir, interdiction des oppositions, police politique, tous ces processus liberticides étaient déjà donc en place sous Lénine, Staline n'a fait que s'inscrire dans cette logique qui ne pouvait aboutir qu'à un régime policier.

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 Sujet du message : Re: Le communisme
Message Publié : 20 Déc 2013 12:48 
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Voici 2 livres récents très intéressants:

- La Guerre germano-soviétique de Nicolas Bernard

- Staline de Robert Service


Je trouve qu'ils se complètent fort bien


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 Sujet du message : Re: Le communisme
Message Publié : 20 Déc 2013 17:31 
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Eginhard
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Christian27 a écrit :
Voici 2 livres récents très intéressants:

- La Guerre germano-soviétique de Nicolas Bernard

- Staline de Robert Service


Je trouve qu'ils se complètent fort bien


Un peu déçu par le livre de Nicolas Bernard.

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 Sujet du message : Re: Le communisme
Message Publié : 20 Déc 2013 20:50 
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Thucydide
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Tietie006 a écrit :

Un peu déçu par le livre de Nicolas Bernard.


Peut-on savoir pourquoi ?


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 Sujet du message : Re: Le communisme
Message Publié : 21 Déc 2013 10:19 
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Eginhard
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Inscription : 04 Juil 2007 10:16
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Localisation : Aix en Provence
Cassius a écrit :
Tietie006 a écrit :

Un peu déçu par le livre de Nicolas Bernard.


Peut-on savoir pourquoi ?


Les raisons de l'invasion allemande manquent un peu de "chair" et proposent une succession de généralités dans un style un peu trop métaphorique. Quant à la guerre à l'est proprement dite, je n'ai rien à redire, mais la prose de l'auteur manque de rigueur et est un peu trop imagée, à mon goût. Je préfère le style concis de Jean Lopez par exemple.

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