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Message Publié : 24 Juil 2004 22:58 
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Polybe
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S'impliquer dans un parti peut être une idée , c'est sur.Si on peut gravir les échelons... (:8:) Sérieusement il faut user pleinement de nos droits
aussi ( pétitions , manifestations [u]pacifique [/u] , et se tenir au courant pour faire un vote éclairé )Peut-être que la fin de cette impasse passe par les dirigés autant que les dirigeants. :)

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Message Publié : 29 Mars 2005 10:58 
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Pierre de L'Estoile
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Localisation : village des Pyrénées
dans le forum sur la constitution européenne, des idées ont été avancées (un peu hors sujet la-bas), que je propose de discuter ici:

dédé a écrit :
je me demande si ce n’était pas une erreur de faire un référendum, tout simplement, en posant une question à laquelle nous n’avons pas (je n’ai pas) la compétence pour répondre. En démocratie, on sait répondre à des questions politiques. Les questions juridiques qui en découlent sont du ressort des gouvernants. Le peuple français, consulté, va donc répondre politiquement (et il aura raison, que ce soit par oui ou par non) mais pas à la question posée (c’est la faute à ceux qui ont posé la mauvaise question)

Duc de Raguse a écrit :
Nous pouvons aussi éviter d'interroger les citoyens, puisqu'ils ne sont pas compétents...

Noacyl a écrit :
Oui! Trouvez-vous normal que des citoyens incompétents et ignorants tout du sujet prennent part au vote ?


Tout ça me semble être LE problème politique du moment (de toujours?)
Le discours politique est le fait de gens (plus ou moins) instruits, qu'ils soient hommes politiques ou "médiateurs", ce que Raymond Barre appelait "le microcosme". Ce discours est en général cohérent, argumenté (avec plus ou moins de bonne foi, certes ...).
Mais quel décalage entre ces gens-là et l'immense majorité du peuple. (qu'on ne me taxe pas ici de "populisme", qu'opn essaie de comprendre ...). Allez seulement dans un bar, le lendemain (matin, tout le monde à jeun) d'une intervention d'un homme politique à la télévision, et vous entendrez ce qu'en a retenu le peuple: comment il était habillé, combien il a "touché de pognon", comment le journaliste lui a bien ou mal répondu, etc.
Essayez donc, alors, d'intervenir pour parler du fond, de politique.
Et pourtant, en démocratie, ce sont ces gens-là qui ont le dernier mot, et c'est normal. Je précise que je me sens très proche d'eux, plus que de beaucoup d'intellectuels.
mais je me demande si la culture politique du peuple, par exemple au début du 20e siècle (front polulaire, etc.) était au même niveau.
Et que peut amener ce niveau d'inculture actuel ?

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Message Publié : 29 Mars 2005 15:24 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile

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Message(s) : 2040
dédé a écrit :
dans le forum sur la constitution européenne, des idées ont été avancées (un peu hors sujet la-bas), que je propose de discuter ici:

dédé a écrit :
je me demande si ce n’était pas une erreur de faire un référendum, tout simplement, en posant une question à laquelle nous n’avons pas (je n’ai pas) la compétence pour répondre. En démocratie, on sait répondre à des questions politiques. Les questions juridiques qui en découlent sont du ressort des gouvernants. Le peuple français, consulté, va donc répondre politiquement (et il aura raison, que ce soit par oui ou par non) mais pas à la question posée (c’est la faute à ceux qui ont posé la mauvaise question)


La Souveraineté nationale appartient au Peuple Français qui l'exerce par ses représentants ou par référendum !

Quand il s'agit d'aliéner notre souveraineté, vous voudriez, Dédé, que le peuple ne se prononce pas ? En somme, vous êtes un jacobin. Le peuple est un alibi commode pour gouverner par le parti (populaire ?) le plus apte à s'emparer du pouvoir et à le conserver (dans l'intérêt du peuple, évidemment).

Tout ce qui touche à notre souveraineté nationale, donc celle des citoyens français, est politique ! C'est aux Français et à eux seuls de décider s'ils désirent ou pas continuer à constituer une Nation !

Citer :
Duc de Raguse a écrit :
Nous pouvons aussi éviter d'interroger les citoyens, puisqu'ils ne sont pas compétents...

Noacyl a écrit :
Oui! Trouvez-vous normal que des citoyens incompétents et ignorants tout du sujet prennent part au vote ?


Si on devait suivre ces constatations non dénuées de vérité, il faudrait retirer le droit de vote aux citoyens, pour ne le rétrocéder qu'aux "capacités", entendez les gens diplômés (et encore !)... Mais nous ne serions plus en "démocratie" (y sommes-nous d'ailleurs ?), mais en "méritocratie", sorte d'aristocratie basée sur le QI...

Citer :
Tout ça me semble être LE problème politique du moment (de toujours?)
Le discours politique est le fait de gens (plus ou moins) instruits, qu'ils soient hommes politiques ou "médiateurs", ce que Raymond Barre appelait "le microcosme". Ce discours est en général cohérent, argumenté (avec plus ou moins de bonne foi, certes ...).
Mais quel décalage entre ces gens-là et l'immense majorité du peuple. (qu'on ne me taxe pas ici de "populisme", qu'opn essaie de comprendre ...). Allez seulement dans un bar, le lendemain (matin, tout le monde à jeun) d'une intervention d'un homme politique à la télévision, et vous entendrez ce qu'en a retenu le peuple: comment il était habillé, combien il a "touché de pognon", comment le journaliste lui a bien ou mal répondu, etc.


Et c'est ainsi depuis 1789 au moins... Vous voulez que cela cesse ? Alors, votez oui le 29 mai 2005. Vous ne serez plus consulté sur rien, sauf pour désigner des sorte de délégués de canton à qui on graissera la patte et qui seront chargés d'inaugurer les chrysanthèmes, tandis que le vrai pouvoir s'exercera ailleurs... dans les antichambres de Bruxelles !

Citer :
Essayez donc, alors, d'intervenir pour parler du fond, de politique.
Et pourtant, en démocratie, ce sont ces gens-là qui ont le dernier mot, et c'est normal. Je précise que je me sens très proche d'eux, plus que de beaucoup d'intellectuels.
mais je me demande si la culture politique du peuple, par exemple au début du 20e siècle (front polulaire, etc.) était au même niveau.
Et que peut amener ce niveau d'inculture actuel ?


La culture politique n'était pas meilleure en 1936, ne vous faites pas d'illusions...

Mais les choses étaient plus simples: d'un côté les patrons qui s'en mettaient pleins les poches, de l'autre les ouvriers et paysans qui "turbinaient" pour engraisser tous ces parasites ! Il suffisait donc d'aller voter pour le parti des ouvriers et des paysans et ce serait le Grand Soir: alors, demain, on raserait gratis...

Evidemment, ça se compliquait un peu du fait qu'il y avait deux partis à se disputer les faveurs des ouvriers et des paysans ! :lol:

Cependant, il faut l'admettre: les choses étaient plus claires. Le patron, on pouvait l'apercevoir, on connaissait son nom; parfois, on lisait ses frasques dans le journal...

Mais maintenant, le pouvoir des trusts, des cartels est devenu vraiment anonyme et vagabond. Que faire avec des patrons inconnus qui n'ont jamais mis les pieds en France et qui font déménager vos machines à la cloche de bois ?

Le derniers recours, c'est la souveraineté nationale. Quand celle-ci aura disparu, il n'y aura plus moyen de lutter contre la paupérisation internationale. Au profit des pays du Sud, naturellement, qu'on vous dira...

Et non seulement, vous serez appauvri, mais encore on vous donnera mauvaise conscience ! Saloperie d'ouvrier français qui s'engraisse sur le dos du Tiers-Monde !

La réalité, c'est que le pouvoir économique a décidé de passer à la vitesse supérieure et de ne laisser à ses pantins nationaux les politiciens qu'un minimum de pouvoir dans le cadre obligatoire et garanti de l'économie sociale de marché...


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Message Publié : 09 Avr 2005 22:31 
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Citer :
Mais quel décalage entre ces gens-là et l'immense majorité du peuple.

Sans aucun doute mon cher, c'est une question pertinente et qui offre des éclairages bien vastes et complexes... :?

Citer :
mais je me demande si la culture politique du peuple, par exemple au début du 20e siècle (front polulaire, etc.) était au même niveau.

Je ne pense pas. Peut-être un sentiment de perte de confiance s'est greffé depuis cette période à cette faible culture politique du peuple. Par ailleurs les problèmes socio-économiques et politiques se sont diversifiés et compliqués.
Cette perte de confiance à l'égard du politique me semble être une des conséquences de la manipulation des masses auxquelles les totalitarismes du XXème siècle se sont livrés. Les médias ne font que reproduire aujourd'hui cette tactique que Goebbels remarquait en 1928, à savoir persuader le peuple pour le faire voter en fonction de la préparation "morale" et du conditionnement psychique.

Citer :
Le derniers recours, c'est la souveraineté nationale

Oui, vous avez raison Roy-Henry, c'est la seule valeur certaine que possède encore le peuple. Je ne pense pas qu'il la conserve longtemps dans les décennies à venir, que cela soit dans le cadre européen ou mondial.
Peut-être sommes-nous arrivés à la fin d'un cycle politique et qu'une nouvelle donne se met en place sur la représentation des peuples et de leurs intérêts. Avec la perte de l'intérêt national, je ne vois pas encore ce qui le remplacera, tant l'on reste dans l'abstrait. :roll:
Pourtant, il faut faire attention à ce qui se construit, car un retour de manivelle d'un peuple - ou de plusieurs - qui ne comprend plus ce qu'on lui explique et qui ce demande si ce n'est pas recherché risque d'entrainer la formation d'une bulle de mécontentement général qui risque d'éclater à moyen terme. :cry:
Ce n'est pas jouer sur la peur que de déclarer cela. Mais, c'est être réaliste. La jeune génération ne semble pas convaincu - lorsqu'elle peut comprendre - où est sa place dans la société ni celle qu'elle puisse occuper... :cry:

duc de Raguse.

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Un peuple sans âme n'est qu'une vaste foule
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Message Publié : 10 Avr 2005 10:46 
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Pierre de L'Estoile
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Citer :
Peut-être sommes-nous arrivés à la fin d'un cycle politique et qu'une nouvelle donne se met en place sur la représentation des peuples et de leurs intérêts

C'est aussi ce que je ressens.
J'ai tendance à comparer notre époque (politiquement) à celle qui a précédé les révolutions du 18e siècle, qui s'expliquent non pas par une mauvaise politique des dirigeants, mais par une absence totale de politique adaptée aux aspirations des peuples.
Il me semble qu'aujourd'hui (dans des conditions socio-économiques évidement différentes) devant une telle absence de politique.
Le "microcosme" des politiques, médias, intellectuels, vit pour lui-même, ne parle que de lui-même. Les peuples les regardent dans l'étrange lucarne, comme dans un aquarium. Et ils sont aussi loin du peuple que des poissons rouges. Il est remarquable que les politiques passent à la télé dans des émissions de "variétés". Où est le sens?
Anecdote: lors d'une réunion publique consacrée à la politique socio-éducative envers les jeunes, j'interpellais mon député (ancien ministre socialiste) sur la différence entre le sentiment d'insécurité et la réalité de cette insécurité. Il m'a répondu (publiquement !) qu'il était d'accord avec moi sur l'exagération (par les médias) de ce sentiment d'insécurité, mais que s'il tenait ce discours correspondant à ses convictions, il n'avait aucune chance d'être élu ! que pour être élu, il devait abonder dans le sens de ses électeurs!
C'est bien là ce que j'appelle une absence (de message, de conviction) de politique.

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Message Publié : 10 Avr 2005 17:33 
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Localisation : Provinces illyriennes
Citer :
J'ai tendance à comparer notre époque (politiquement) à celle qui a précédé les révolutions du 18e siècle, qui s'expliquent non pas par une mauvaise politique des dirigeants, mais par une absence totale de politique adaptée aux aspirations des peuples.
Il me semble qu'aujourd'hui (dans des conditions socio-économiques évidement différentes) devant une telle absence de politique.
Le "microcosme" des politiques, médias, intellectuels, vit pour lui-même, ne parle que de lui-même. Les peuples les regardent dans l'étrange lucarne, comme dans un aquarium. Et ils sont aussi loin du peuple que des poissons rouges.

Vous avez entièrement raison cher dédé ! :wink:
C'est affreux, on se dirait sous un régime de monarchie censitaire dans lequel seuls certains privilégiés peuvent interférer et comprendre ses nouveaux enjeux. Ceux qui les comprennent dans le peuple ne s'en sentent que plus courroucés par cette relative mise à l'écart. Une révolte poindrait-elle à l'horizon ou une Révolution ?

Citer :
C'est bien là ce que j'appelle une absence (de message, de conviction) de politique.

Absolument, les messages sont vides et les aspirations du peuple - si elles existent encore véritablement :?: - ne sont plus perçues, ou cherchées à être perçues. Notre classe politique est aussi incompétente et autiste que les derniers ministres de la monarchie absolue (sauf Necker et Turgot ! :wink: ).
Par contre, je n'arrive pas à me représenter le cours des événements futurs sur ce point. Les peuples vont-ils céder cette souveraineté qu'on nous a définie comme naturelle après l'été 1789 à une microsociété qui ne vit que pour elle et par elle ? Ou bien vont-ils réagir ? Je ne pense pas que la seconde option arrive rapidement...
Qu'en dites-vous ?

duc de Raguse.

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Message Publié : 10 Avr 2005 22:42 
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Eginhard
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Duc de Raguse a écrit :
Par contre, je n'arrive pas à me représenter le cours des événements futurs sur ce point. Les peuples vont-ils céder cette souveraineté qu'on nous a définie comme naturelle après l'été 1789 à une microsociété qui ne vit que pour elle et par elle ? Ou bien vont-ils réagir ? Je ne pense pas que la seconde option arrive rapidement...
Qu'en dites-vous ?

duc de Raguse.

La différence est qu'il y a aujourd'hui un formidable moyen d'abrutissement des masses, un "opium du peuple" plus puissant que la religion, que sont les médias. Ils pourraient certes être l'inverse. En l'état actuel des choses, il s'agit d'endormir les gens pour les laisser se faire diriger tout en consommant au maximum.
Je pense qu'une révolution devrait passer par une révolution contre les médias télévisuels.

dédé a écrit :
Le "microcosme" des politiques, médias, intellectuels, vit pour lui-même, ne parle que de lui-même. Les peuples les regardent dans l'étrange lucarne, comme dans un aquarium. Et ils sont aussi loin du peuple que des poissons rouges.

Je suis d'accord sur tout sauf les médias. Je n'ai pas l'impression que le peuple les regardes dans l'étrange lucarne. J'ai l'impression au contraire qu'ils ont un poids important dans la vie quotidienne des gens, à la différence de la politique, et a fortiori des intellectuels.


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Message Publié : 16 Avr 2005 16:23 
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Pierre de L'Estoile
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Citer :
Ou bien vont-ils réagir ? []Qu'en dites-vous ?

J'ai pris le temps de réfléchir à cette question, je n'ai bien sûr pas de réponse évidente.

Je pense que les éléments déclenchants ne viendront pas de grandes théories, mais de problèmes concrets, provoquant des remises en cause difficiles (par exemple le doublement du prix du pétrole amenant des révisions du mode de vie). Et que le résultat risque d’être un retour à des régimes qui n’iront pas dans le sens qu’un humaniste peut souhaiter : le partage et la culture.
Le rôle des politiques serait, au-delà de la gestion du présent, de réfléchir au futur.
Pour ma part, mes questions politiques seraient celles-là :

Economiquement: les problèmes de production de bien vitaux étant théoriquement réglés (en terme de capacité de production, et en supposant les besoins en énergie réglés), il resterait à réfléchir au partage (global, mondial) de ces biens, et peut-être à réfléchir à une distribution sociale sur des critères autres que le travail et le capital de chacun.

Mais culturellement ? comment faire accéder le plus grand nombre à des loisirs de qualité? à la connaissance ? (connaissance de l'autre).
Comment les arracher à l'abrutissement et à la facilité des télévisions de toutes sortes?
Comme éducateur d'un certain nombre d'enfants, j'ai ressenti ces soucis, et... une grand solitude dans ce sentiment.

Il est vrai que ces questions sont bien loin du débat de virgules du traité constitutionnel, débat dépassé entre vieux marxistes, vieux souverainistes, et vieux libéraux. (et quelques autres grands-pères mal identifiés)
Débat qui manque cruellement de l’essentiel : le doute.

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Message Publié : 18 Avr 2005 22:10 
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Thucydide
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Je vous conseille de lire Laidi, s'est un lourdingue dans le français mais l'idée est intéressante et complétement dans ta question. Le problème de la politique d'aujourd'hui (ce n'est que mon avis), vient de l'individualisme embient lié à l'éducation, et à l'essouflement du positivisme. On a tout misé sur le fait que la science et par extenction la technique allée faire progresser l'homme, mais il y perversion à celà. cette perversion vient justement de la confusion entre la science/connaissance et la technique/matérialisme. Donc ce matérialisme et devenu sorte de baromètre du progrés avec sa fuite en avant. Le problème vient des différents déboires de la science : bombe nucléaire, voiture qui polue, ou comunisme scientifique chez les intellectuel... qui ont donc produit une remise en cause des idées du 19é, la democratie est donc remise en cause. Dans cette recherche d'idée, ce stress et ce péssimiste qui en découle, on se retrouve devant une remise en cause du politique, et la je rejoint complétement papy il faudra un bouleversement sociologique plus ou moins cahotique plus ou moins facile pour retrouver une force à l'idée politique, mais je reste optimiste l'homme est un animal grégaire, si il en à la possibilité il cherchera un moyen d'organisation des relations sociales, c'est cela la politique. (je ne relie pas c'est trop long, désolé).


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Message Publié : 19 Avr 2005 12:22 
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Localisation : Provinces illyriennes
Citer :
Je pense que les éléments déclenchants ne viendront pas de grandes théories, mais de problèmes concrets, provoquant des remises en cause difficiles

Est-ce assez fédérateur pour remettre en cause la pratique politique que nous critiquions plus haut ? Pensez-vous à une sorte de "syndicat des citoyens" ?

Code :
peut-être à réfléchir à une distribution sociale sur des critères autres que le travail et le capital de chacun.

Cela serait une remise en cause totale de nos modes de vie et de nos mentalités.

Citer :
Il est vrai que ces questions sont bien loin du débat de virgules du traité constitutionnel, débat dépassé entre vieux marxistes, vieux souverainistes, et vieux libéraux. (et quelques autres grands-pères mal identifiés)

Oui, et pourtant par quoi remplacer ces vieilles théories... :?

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Message Publié : 19 Avr 2005 16:29 
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Pierre de L'Estoile
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Citer :
pourtant par quoi remplacer ces vieilles théories...

Samedi soir au restaurant, nous parlions de ça avec une amie, qui m'a posé exactement cette question.
Après deux bouteilles d'excellent vins de Madiran (à quatre personnes, mais ça aide la réflexion et l'amitié:D ), je lui ai répondu en substance:
"je n'ai pas de réponse, mais ce n'est pas une raison pour continuer à se poser les mauvaises questions. Commençons par nous poser les bonnes questions"
ce n'est pas une pirouette, c'est vraiment ce que je pense.
Dans cette idée de confusion question-réponses, la politique est au même niveau dogmatique que les religions: les réponses actuelles ne sont pas satisfaisantes, mais nous empêchent de nous poser les bonnes questions (la religion: du pourquoi, la politique: du comment)

Au fait, mon amie m'a traité d'utopiste, ce qui m'a bien fait plaisir, voir le débat ouvert ici sur le sujet.

Citer :
je rejoint complétement papy

Moi, c'est dédé. Papy, c'est effectivement l'image de mon pépé qui est ici à gauche (sur votre écran, s'entend, on ne parle pas de politique ici)

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Message Publié : 20 Avr 2005 21:28 
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Thucydide
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Inscription : 12 Oct 2004 22:27
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pour aller dans le sens de Dédé pas papy ;-) Je participe à une autre liste (privé malheuresement) où on se retrouve pour des bouf arosé, on a eu une discussion similaire l'autre jour je fwd un bout. Si vous la trouvez hors sujet dites-le je la suprimerai :
Je ne suis pas catholique, plutôt républicain, mais lorsqu’on parle du fond religieux des institutions européennes je suis franchement d’accord. Quelles sont les idées premières des religions européennes (je ne parle pas que du catholicisme) : la rédemption, la vérité unique et inaccessible, la perfection de dieu, prêcher la bonne parole. La rédemption fixe quasi toutes nos valeurs de morale et donc de justice, dieu devient l’état qui garantie avantages à ceux qui se comportent bien prison ou punition aux autres, il existe un tas d’autre religions qui ne fixent pas de morale mais pas les notre. La vérité unique et inaccessible pose toutes les valeurs de la science, malgré les efforts de certains scientifiques pour dire qu’il n’y a pas de vérité scientifiques, c’est encré dans l’esprit de l’homme occidentale, tout le positivisme du 19é est bâtit la dessus, sur la recherche de la vérité absolu. C’est cette idée de la science, qui par la connaissance absolu du monde arrivera à mettre l’homme à la place de dieu, qui a guidé les enfants des lumières. C’est l’état qui arrivera à la perfection de dieu. Et dans le prêche de la bonne parole comment ne pas voire le parallèle entre guerre de religions et la volonté des démocraties d’imposer leur modèles beau comme une vérité révélée.

_________________
Parfois, c'est mieux de soumettre ses idées à la critique avant de s'y attacher... Surtout quand on veut discuter !


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Message Publié : 19 Oct 2010 18:16 
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Pierre de L'Estoile
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Localisation : village des Pyrénées
Je viens de relire cette discussion un peu ancienne.
Je regrette que nous n'ayons pas pu, pas su, pas voulu arriver à des discussions de ce niveau dans l'annexe.

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Message Publié : 19 Oct 2010 18:39 
Les remarques de Dédé sur le referendum sont très justes. Et c'est un réel problème de la démocratie que celui de l'éducation. Les vrais démocrates ont toujours cherché à instruire la population. Or, ça a été tenté, en France et ailleurs, mais, depuis la seconde moitié du XXème siècle, ce n'est pas seulement une démocratisation de l'éducation qui s'est produite, mais aussi un nivellement par le bas des exigences académiques. Que l'on en juge avec les générations précédentes qui, à l'âge où nos bacheliers sortent aujourd'hui du secondaire, avaient bien plus de ce que l'on appelle la "culture générale". Il y a d'ailleurs un petit livre qui doit être très intéressant et que je n'ai pas lu sur la "philosophie de l'éducation" d'Olivier Reboul. Pour Platon par exemple, c'est une aberration que de vouloir donner le pouvoir au peuple alors que celui-ci n'est jamais qu'une masse d'idiots. Pour lui, ce sont les ignorants qui ont le pouvoir, des personnes avides de pouvoir, des beaux parleurs, qui ne peuvent jamais nous faire sortir de la tyrannie puisqu'ils ne sont pas philosophes.
De plus, la société actuelle, dans laquelle les savants ne sont évidemment pas écoutés (regardez le nombre d'escrocs se prétendant intellectuels à la télévision), a tendance à vouloir faire du nouveau en ne se référant à rien d'autre qu'à du contemporain. Pourtant, les Anciens et la philosophie antique ont pensé énormément de sujets aujourd'hui oubliés et qui sont pourtant au cœur de nos préoccupations (c'est à ce sujet très instructif de comparer les effectifs à l'université en économie et en philosophie. La première se porte très bien quand la seconde contient une quarantaine d'étudiants par promotion). Ainsi l'on peut rapprocher le capitalisme de la chrématistique aristotélicienne, blâmable à souhait cette finalité de l'argent. Mais que voulez-vous ? Dans ce petit village qu'est le monde, pour reprendre une image bien connue, où les informations circulent à une vitesse démentielle, ce sont les escrocs qui ont la parole. D'habiles parleurs inondent les plateaux télévision, affirment sans démontrer, ou quand ils démontrent, démontrent en partant de postulats faux, mais ce sont eux qui sont écoutés. Car le peuple n'a jamais la possibilité de distinguer le sophiste de celui qui sait: seuls ceux qui savent se reconnaissent entre eux mais comme ceux qui savent constituent une tranche infime de la population, les faibles, ceux qui ont un égo sur-dimensionné, ont la parole et font œuvre de démagogues.

Au fond, en écoutant encore Platon, peut-être la meilleure solution serait-elle celle d'un gouvernement aristocrate de rois-philosophes. Mais ceux-ci ne veulent pas le pouvoir. A quoi bon le chercheraient-ils ? Le philosophe n'est jamais qu'un éternel étudiant et l'exercice du pouvoir lui empêcherait de lire et d'apprendre, bref accentuerait sa dépendance envers sa drogue, la lecture. D'où il faudrait contraindre ceux qui recherchent la vérité à exercer le pouvoir. Mais quand bien même ils l'exerceraient, ils pourraient être de mauvais politiciens (ainsi, je ne crois pas que Marc-Aurèle était à sa place lorsqu'il portait la toge impériale). Il faut pourtant se garder des gouvernements parfaits, qui ne peuvent évidemment exister, et c'est ce qu'Aristote, contrairement à Platon, a très bien dit. En sachant cela, peut-être que le nazisme et le communisme, qui fondent leur philanthropie sur la pensée d'une nouvelle organisation sociétale et idéale, auraient évité le mal: on ne fait jamais plus le mal que lorsqu'on cherche le bien de manière absolue.


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Message Publié : 25 Oct 2010 15:02 
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Grégoire de Tours
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Localisation : Région parisienne
Mécène a écrit :
En sachant cela, peut-être que le nazisme et le communisme, qui fondent leur philanthropie sur la pensée d'une nouvelle organisation sociétale et idéale, auraient évité le mal: on ne fait jamais plus le mal que lorsqu'on cherche le bien de manière absolue.


Heu... j'ai carrément du mal, là : le programme du nazisme tient dans les pages de Mein Kampf qu'on peut difficilement qualifier de philanthropiques : c'est plutôt un concentré de haine de fantasmes personnels qui ont le malheur de rencontrer quelques fantasmes collectifs.
Quant au communisme et à ses tentatives d'application, il y a beaucoup de discussions à ce propos dans ce forum




Citer :
D'où il faudrait contraindre ceux qui recherchent la vérité à exercer le pouvoir.

Ah non ! Surtout pas ! Ceux qui cherchent la vérité croient toujours en trouver, et une seule, indivisible, érigée en dogme intangible... pitié :'( :mrgreen:

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