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Message Publié : 01 Sep 2011 13:45 
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Jean Froissart
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Localisation : Galaxie d'Andromède, Système solaire Zeta
Dans wikipedia à l'article 'optimisme' (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Optimisme) il est indiqué que 'Au XXe siècle, les années 1930, 1940 et 1950 sont marquées par l'antimodernisme'

Qu'est ce que l''antimodernisme', quels en sont les grands penseurs ?

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"Dire que ce qu'on voit sous nos yeux s'appellera de l'histoire ". Marquise de Sévigné

"L'histoire me sera favorable car j'ai l'intention de l'écrire". Winston Churchill.


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Message Publié : 01 Sep 2011 16:21 
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Première référence qui me vient à l'esprit, l'encyclique Paschendi du Pape Pie X, en 1907, qui condamne le modernisme.
Le modernisme étant défini comme une idéologie dangereuse, que l'Eglise dénonce sur 3 points:

- Aux croyants, le modernisme prêche que le progrès de la technique et de la science va rendre Dieu inutile; Quant aux incroyants et aux athées, le modernisme en augmente le nombre.

- Le modernisme est un "bougisme", qui se manifeste dans le clergé catholique par un appétit de réformes tous azimuts, passant cavalièrement par-dessus l'autorité des traditions et des prélats, avec un but principal qui semblerait de réformer pour réformer (cette critique est plutôt interne à l'Eglise romaine, le reste du monde n'est pas concerné).

- Le modernisme croit à "un sens de l'histoire" inéluctable (il est lié intimement au progressisme, lui aussi suspect). L'Eglise romaine continue à rejeter cette vision du monde, qu'elle reproche vivement au marxisme entre autres.

Nous sommes donc bien avant les années 30, 40 et 50. Ces périodes-ci ne me disent rien de particulier en ce qui concerne l'antimodernisme. (Les sentiments d'horreur liés à la seconde guerre mondiale par exemple ne peuvent pas être rangés dans une case "antimodernisme" à mon avis)


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Message Publié : 01 Sep 2011 17:12 
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Pierre de L'Estoile
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Vézère a écrit :

- Le modernisme croit à "un sens de l'histoire" inéluctable (il est lié intimement au progressisme, lui aussi suspect). L'Eglise romaine continue à rejeter cette vision du monde, qu'elle reproche vivement au marxisme entre autres.




Oui mais le"sens de l'histoire" marxiste n'est plus à prouver ;)

bien à vous

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Message Publié : 02 Sep 2011 7:41 
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Que voulez-vous dire Yongle?

Feriez-vous allusion à la célèbre sortie de Warren Buffet? "Bien sur que la lutte des classes existe; et c'est ma classe qui est en train de la gagner!"


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Message Publié : 02 Sep 2011 8:36 
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Georges Duby
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Localisation : Montrouge
Marx n'a par ailleurs pas inventé le sens de l'histoire qui est d' Hegel et son apport le matérialisme historique a perdu son crédit.
Sur l'anti-modernisme, je ne connais pas le concept en dehors de son acceptation religieuse mais par contre il est exact qu'avant guerre il existe un mouvement de contestation des bienfaits du progrès, progrès tenu pour responsable de la PGM , de la guerre totale, des crises ...

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Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses. Virgile.


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Message Publié : 02 Sep 2011 9:42 
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Pierre de L'Estoile
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Inscription : 09 Juin 2010 14:22
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Alain.g a écrit :
Marx n'a par ailleurs pas inventé le sens de l'histoire qui est d' Hegel et son apport le matérialisme historique a perdu son crédit.


Sur bien des points il demeure pertinent(cf Salon Géopolitique ou KELK1 mouche à longueur de journées ses contradicteurs), meme s'il est le fruit d'une époque révolue mais des gens comme Bernstein ou Luxembourg ont su le faire évoluer sans le vider de son contenu...Et puis Hegel n'a rien inventé du tout à ce sujet(voyez du coté religieux).

Bien à vous

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Message Publié : 02 Sep 2011 11:05 
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Jean-Pierre Vernant
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Inscription : 17 Oct 2003 18:37
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ça m'a l'air d'être une notion bien fourre-tout cet "antimodernisme" tout comme "modernisme" d'ailleurs.


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Message Publié : 02 Sep 2011 13:11 
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Inscription : 19 Fév 2011 17:03
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D'accord avec Cuchlain. "Modernisme" est un mot d'ordre général, à l'exception du cas de la condamnation par l’Église catholique où il est utilisé formellement et précisément .


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Message Publié : 02 Sep 2011 15:31 
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Localisation : Notre si beau pays...
Alain.g a écrit :
Marx n'a par ailleurs pas inventé le sens de l'histoire qui est d' Hegel et son apport le matérialisme historique a perdu son crédit.
Sur l'anti-modernisme, je ne connais pas le concept en dehors de son acceptation religieuse mais par contre il est exact qu'avant guerre il existe un mouvement de contestation des bienfaits du progrès, progrès tenu pour responsable de la PGM , de la guerre totale, des crises ...


Le "sens de l'histoire" date même d'avant Hegel.
Les historiens chrétiens de la fin de l'antiquité et du Moyen Age ont une vision très téléologique de l'histoire.

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Message Publié : 02 Sep 2011 15:35 
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Inscription : 03 Jan 2010 10:46
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Localisation : Notre si beau pays...
Yongle a écrit :
Alain.g a écrit :
Marx n'a par ailleurs pas inventé le sens de l'histoire qui est d' Hegel et son apport le matérialisme historique a perdu son crédit.


Sur bien des points il demeure pertinent(cf Salon Géopolitique ou KELK1 mouche à longueur de journées ses contradicteurs), meme s'il est le fruit d'une époque révolue mais des gens comme Bernstein ou Luxembourg ont su le faire évoluer sans le vider de son contenu...Et puis Hegel n'a rien inventé du tout à ce sujet(voyez du coté religieux).

Bien à vous


Oui Hegel ne l'a pas inventé...Désolé de vous répéter en bas.
Marx n'est pas à négliger en histoire.
Mais je trouve que sa vision des choses est trop figée. Pourquoi ne devrait-il y avoir qu'une seule révolution entre le système du salariat et la société communiste et pas entre d'autres systèmes (esclavage, servage...) ?

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Message Publié : 02 Sep 2011 18:49 
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Georges Duby
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Inscription : 27 Juil 2007 15:02
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Localisation : Montrouge
Hegel a inventé la dialectique dans l'histoire, ce concept a frappé Marx qui l'a transcrit dans son matérialisme dialectique.
Une grande partie de Marx est périmé, notamment sa théorie que l'infrasture commande la superstructure. On voit bien maintenant que la réalité est bien plus complexe et que les idéologies compte comme les hommes et évoluent par elles-mêmes. Et puis la superstructure communiste s'est bien effondrée toute seule, par désintégration interne, dans toute l'europe.
La lutte des classes a été inventée par Augustin Thierry. Périmé aussi, de toute manière, les classes correspondaient à une situation industrielle particulière
je me souviens qu'en classe de philo comme le professeur expliquait la théorie de l'infrastruture, je lui avais dit qu"alors si la société changeait, le marxisme lui-même serait alors périmé comme superstructure idéologique. C'est ce qui est arrivé. Le marxisme a donc prévu sa condamnation en cas de changement de société mais sans le savoir.

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Message Publié : 02 Sep 2011 19:57 
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Pierre de L'Estoile
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Si ça avait été le débat, je vous aurait expliqué que ce que vous dites est pour l'essentiel gratuit.

Bien à vous

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Message Publié : 04 Juin 2012 10:17 
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Hérodote
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Bonjour à tous, déjà.

Pour l'antimodernisme, on pourrait, je pense, le renvoyer encore un peu plus loin que l'encyclique de Pie X. Sternhell évoque ce "concept" lorsqu'il étudie les racines du fascisme en France.
Pour lui, il y a un mouvement de rejet de la modernité, de la rationalité et des idées des Lumières au sein de la droite radicale (Action française, par exemple), et au sein de l'extrême gauche marxiste puis boulangiste (comme Rochefort). En fait, je comprends ce concept, avancé par wikipedia (qui le situe dans les années 30, 40, 50) comme une suite à l'antirationalisme et à "l'antipositivisme" de la fin du XIXe siècle.

En gros, pour simplifier grandement les choses, on aurait un mouvement antirationaliste dans la seconde partie du XIXe siècle (avec, comme chef de file, Toussenel, qui assimile au rationalisme et au positivisme, et donc au modernisme, les juifs et les protestants). Ce mouvement prend de l'ampleur jusqu'à l'affaire Dreyfus où on mêle de façon un peu maladroite (c'est le moins qu'on puisse dire!) antisémitisme, antiprotestantisme, antirationalisme (et encore une liste interminable d'anti) avec un nationalisme intégral (Maurras, Barrès, Drumont, par exemple). Ainsi, l'antimodernisme serait, en fait, l'un des socles des mouvements fascistes européens.

Si jamais vous souhaitez approfondir ce thème je vous conseille vivement la lecture de Zeev Sternhell. Son ouvrage sur Les origines françaises du fascisme est vraiment passionnant.

(Voilà ce que je comprends de cette expression. J'en profite pour dire bonjour à tout le monde, pour mon premier post sur un forum que je lis depuis un certain temps et qui a pu m'aider dans certains devoirs.)


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Message Publié : 04 Juin 2012 11:24 
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Jules Michelet
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Inscription : 04 Juin 2006 12:47
Message(s) : 3286
Localisation : Centre
Citer :
Si jamais vous souhaitez approfondir ce thème je vous conseille vivement la lecture de Zeev Sternhell. Son ouvrage sur Les origines françaises du fascisme est vraiment passionnant.


Sternhell a en fait écrit plusieurs ouvrages sur ces questions, et ils ont été discutés sur PH; faites une recherche sur ce nom propre, et vous pourrez sortir les topics qui ont abordé ces livres.


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Message Publié : 27 Juil 2012 11:41 
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Message(s) : 2153
Localisation : Paris
chinaski a écrit :
Pour l'antimodernisme, on pourrait, je pense, le renvoyer encore un peu plus loin que l'encyclique de Pie X. Sternhell évoque ce "concept" lorsqu'il étudie les racines du fascisme en France. Pour lui, il y a un mouvement de rejet de la modernité, de la rationalité et des idées des Lumières au sein de la droite radicale (Action française, par exemple), et au sein de l'extrême gauche marxiste puis boulangiste (comme Rochefort).

Sur cette question du rejet de la modernité par l'Action française, si Jacques Prévotat défend l'idée d'une condamnation du modernisme par l'Action française dès 1907, Emile Poulat, dans "Le Saint-Siège et l'Action française, Retour sur une condamnation" (in Chiron Yves, Poulat Emile, Pourquoi Pie XI a-t-il condamné l'Action française, Editions BCM, 2009) explique que la condamnation papale est liée au "modernisme politique" de l'Action française, tout comme celle du Sillon, en 1910, fut liée au "modernisme social". Poulat se fonde, notamment, sur la correspondance entre le pape et le cardinal Andrieu.
L'aspect anti-moderniste de l'Action française est donc à traiter avec des nuances.

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« But thought's the slave of life, and life's time fool. » (William Shakespeare)


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