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 Sujet du message : La poésie chez les vikings
Message Publié : 08 Oct 2015 9:21 
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Hérodote
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Inscription : 08 Oct 2015 8:55
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Bonjour,

J'aimerai savoir quelle place à la poésie chez les viking, car on trouve dans leur littérature des sagas ou la poésie est très présente.

En effet, pour ceux qui lisent ou on lu une saga nordique, on voit que le style d'écriture est très bref et sans artifice ce qui attrait bien à l'image populaire qu'ils ont.
Cependant, entre ces textes directs se trouve des poésie parfois aussi longues que le chapitre sur un évènement anodin ou important ayant pour sujets diverses l'amour, la guerre, les conquêtes et bien d'autres.


J'ai comme source de sagas : Eirikr Le Rouge ; Harald à la Belle Chevelure (les seuls qui me viennent à l'esprit maintenant)
Il y a également un livre sur Snorri Sturluson, celui dont provient je crois, ce style d'écriture.


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 Sujet du message : Re: La poésie chez les vikings
Message Publié : 08 Oct 2015 11:58 
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Jean Mabillon
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Inscription : 28 Déc 2011 12:34
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Attention à tenir compte du moment ou elles ont été écrite : les sagas raconte l'histoire des viking comme l’Iliade raconte celles des Achéens, dans les deux cas l'écriture vient 300 ans ou 400 ans après le phénomène qu'elle raconte. Or en 300 ans la langue et la poésie surtout changent considérablement.
Si vous voulez entrevoir la poésie produite par les scaldes du IXème siècle il faudrait trouver des textes contemporains soit en runes : pierre de Röq, par exemple, soit dans une culture proche géographiquement à ce titre le poème Beowulf parait le plus proche de cette période viking (transcrit au Xème siècle) et l’action se situe au Danemark.
Mais on retrouve aussi la technique d’allitération, une métrique (compte des syllabes) des strophes dans les vieux chants germaniques écrits sous les carolingiens tels que le Hildebrandslied ou le Ludwigslied.

Une petite vidéo du poème de Beowulf dit en VO sur ce site :
https://www.awesomestories.com/asset/view/Beowulf-Performed-in-Old-English
mais il y en à d'autres sur internet et j'imagine aussi pour les sagas nordiques :


si vous en trouvez d'autres qui vous semblent plus représentative, merci de les poster sur ce fil.
C'est trés utile pour les spectacles de reconstitutions.

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Lietz her heidine man. Obar seo lidan.
Thiot urancono. Manon sundiono.
(Il permit que les païens traversassent la mer, Pour rappeler aux Francs leurs péchés)


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 Sujet du message : Re: La poésie chez les vikings
Message Publié : 07 Déc 2015 12:44 
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Hérodote
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Inscription : 08 Oct 2015 8:55
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Bonjour,

Tout d'abord mes excuses pour le délai long de la réponse, j'ai fait des recherches de mon coté mais je n'ai que très brièvement étudié les pierres de röq de par leur difficulté de traduction et de la redondance dont elle font effet. A ce sujet un prof de faculté m'a dit qu'elles retracent une bataille ou un fait important de l'histoire nordique mais qu'elles racontent "un peu toujours" la même chose.

De par la difficulté de la question posée, je pense qu'il est préférable de l'élargir, ainsi voici la nouvelle question (bien évidemment vous êtes les bienvenus à me corriger, à votre guise, du moment que cela peut élucider cette énigme):








Quelle est la place de la poésie dans la littérature scandinave du moyen-âge ?








Cette problématique pose la question de la place de la poésie dans la littérature scandinave, c’est un thème peu abordé mais il est important de souligner qu’elle a eu un rôle des plus important dans la création de l’identité scandinave du moyen-âge jusqu’à aujourd’hui ; en effet, elle a servi en de nombreux points à l’élaboration d’une identité païenne fictive ou non (non car il est impossible de vérifier archéologiquement si les dieux polythéistes de cette culture et son bestiaire aient réellement existés) mais aussi, malheureusement sans qu’on le sache à l’élaboration de multiples œuvres cinématographiques et littéraires d’aujourd’hui au cœur du genre de la fantaisie avec sa commune faune de cryptides et de dieux en tous genre (ai-je raison ?)


Il convient de nettoyer le terrain en ce qui concerne la poésie scaldique, que l’on peut également caractériser d’étendard de la culture des scandinaves.


Avec l’arrivée du christianisme sur les terres vikings, il y eut des chroniques ayant l’avantage d’être contemporaines et permettant aux populations extérieures à celle des nordique de s’y intéresser, malheureusement en négatif, elles ne sont pas des sources sûres du fait que contrairement aux sagas et Edda islandaises (les plus légitimes sur le propos) elles considèrent les dieux comme de vulgaires hommes sortant de la norme sociale : c’est-à-dire des personnes ayant une force physique au-delà de celle du commun des mortels ou une beauté plus parfaite que les autres. Ainsi, Odin, de la lignée des Ases et dieu incontournable n’est considéré que comme le malin, le diable et le perfide face à Olaf l’évangélisé (selon le soixante-quatrième chapitre "le roi Olaf et les artifices d'Odin" du livre "Histoire du roi Olaf, fils de Tryggvi")

Les Edda et sagas islandaises ne sont rédigées que postérieurement à celles chrétiennes (environ 13ème siècle) mais elles ont pour atout d’avoir été écrite de la main de personnes légitimes (des natifs comme Snorri).
Il y a deux grands genres littéraires au cœur du moyen-âge en Scandinavie : les Edda et les sagas comme dit précédemment, par soucis de fluidité, nous allons les voir plus en détail :

I. LES SAGAS : UNE SOURCE IMPORTANTE DE LA PLACE QU’OCCUPE LA POESIE DANS UN RECIT A LA CONSTRUCTION SIMPLE ET DIRECTE

Les sagas racontent dans un style épuré en prose (ce qui est exceptionnel pour l’époque) avec beaucoup de répétitions la vie d’un héro ou d’un roi (par exemple Harald ou Eirikr) et son histoire dans un registre épique et héroïque ou la poésie scaldique occupe une place parfois plus importante que le chapitre. Ce genre poétique a comme particularité de créer des métaphores en chaines magnifiques autour d’un texte extrêmement direct, sans fioriture et froid permettant un contraste et une fusion entre deux entités littéraires opposées. Ces histoires sont basées sur des faits plus ou moins réels mais fantasmagoriques pour rendre hommage au personnage principal de l’intrigue dont on exagère les attributs pour sa réputation. C’est l’un des genres les plus importants de l’histoire nordique du moyen-âge car outre le fait qu’il soit atypique, il a permis l’élaboration d’une culture populaire et de l’histoire de l’ancienne Scandinavie. Bien évidemment avant d’étudier ce genre de texte il est préférable de se poser la question de la véracité de son contenu, mais cela reste difficile à faire ; par exemple, dans la saga de Eirikr le Rouge, un « unipied » fait son apparition, il serait trop aisé de dire directement que cet être n’existe pas, ce qui nous parait exagéré et faux aujourd’hui était certainement vrai autrefois faute de preuves concrètes.

II LES EDDAS : PRINCIPALES SOURCES POETIQUES EN ADEQUATION AVEC LA MYTHOLOGIE SOUS DIVERS GENRES

En deuxième lieu, les Edda sont un genre littéraire poétique très commun au moyen-âge scandinave que l’on regroupe en deux catégories :
L’Edda poétique qui est un ensemble de texte dont les poèmes ont une taille à géométrie variable retrouvées pour la plupart dans le « Codex Regius », bien qu’obscurs soient leur thèmes (combat, mort, meurtre) elles se peuvent humoristiques quand il s’agit de la mythologie ; voici un extrait de la Prymskivda :

« Freyja en fut très courroucée.
Elle s’étrangla de rage,
Faisant trembler sous elle la salle des grands dieux
Et brisant son collier rutilant en mille morceaux.
« Suis-je donc si folles des hommes Qu’il me faille vous accompagner à Jotunheim »
La Prymskivda (mythe nordique, édition Points, novembre 1993)
Le robuste Thor dit :
« Si je m’affuble ainsi d’une robe de mariée, Les dieux vont s’imaginer que je suis homosexuel »

Si l’on fait abstraction de l’humour, la construction poétique des Edda de ce genre révèle un style homogénéisé, une bonne cohérence grâce à l’organisation strophique et à l’unification métrique. Pour cette exemple, il n’y a pas de connaissances mythologiques à réellement connaitre mais il faut savoir que les Edda s’adressaient à des personnes ayant eus connaissances de dieux ou autres éléments importants du sujet qui ne nous sont plus disponibles aujourd’hui. Le concernant de plus près, ce poème qui se moque des dieux pose un problème sur son authenticité en tant que « véritable » Edda, en effet, prier ou implorer un dieu pour ensuite s’en moquer nous fait poser plusieurs questions sur le côté religieux de l’auteur ; si il est chrétien, l’utilisation d’un style humoristique pour accentuer le concept dérisoire du faux-dieux est de bonne-guerre mais à contrario la théorie que l’auteur soit un nordique de sang et d’esprit n’est pas plausible pour des raisons élémentaires.
Pour continuer sur la lancée des Edda poétiques, elles se peuvent être bonnes conseillères sur la façon de régir sa vie comme dans les poèmes des Havamal qui citent dans une complexe construction narrative les devoirs d’être prudent, d’être calme, du bon escient de confiance à accorder à certains individus, tout cela sont les conseils de Odin, qui était le dieu ayant une grande connaissance sur la vie. Cependant, en tant que Edda poétique, elles sont différentes de par leurs constructions mais aussi de par leur contenu du fait de passage en chanson proverbiale ou invocatrice. Dans certains cas des vers peuvent être dédiés à ce dieu, en voici un exemple :

« Je sais que je suis resté pendu à l’arbre battu
Par les vents
Neufs nuits entières,
Transpercé par la lance, m’offrant à Odin,
Moi-même à moi-même offert.
De cet arbre nul ne sait
Où plongent ses racines.

Privé de pain, n’ayant pas de corne où boire,
J’ai scruté le sol ;
J’ai étudié les runes, en hurlant je les ai étudiées
Avant de retomber »

Comme on peut le constater, le mysticisme strophique est dominant et est à rattacher dans un contexte que certainement seuls les auteurs qui ne sont plus devaient connaitre. L’analyse de ce poème a pour objet l’épreuve sur les études runiques (les connaitre procurent des pouvoirs magiques) mais si l’on approfondie le sujet, Odin a comme surnom le « dieu des pendus », son arme favorite est la lance et dans le temple de Uppsala diverses formes vivantes comme bêtes et hommes étaient sacrifiées pour l’adoration des dieux nordiques. On peut rattacher par analogie cet individu pendu au Christ chrétien dans sa plénitude, affamé, assoiffé et blessé d’une lance, le tout prisonnier de sa croix.
Un troisième genre poétique est relevé dans Lokasenna ou Loki, être maléfique et détesté des autres divinité n’est pas invité à une festivité :

Loki dit :
« Tais-toi, Tyr. Jamais tu n’as réussi
A réconcilier deux adversaires.
N’oublie pas cette main droite
Que le loup Fenrir t’a arrachée »
Tyr répondit :
« Oui, j’ai perdu une main, mais toi,
Tu as perdu Hrodrsvitnir.
Chacun de nous endure des pertes cruelles.
Même le loup souffre : il doit attendre
Enchainé, que survienne la fin du monde. »

Comme dans les autres exemples précédents, l’auteur connaissait des éléments qui pour nous restent inconnus mais nous connaissons l’histoire grâce à « l’Edda en prose » de Snorri Sturluson qui narre comment Tyr le plus valeureux des dieux s’est fait mutilé de crocs par Fenrir (résultant du mélange entre Loki et une Géante) surnommé aussi Hrodrvisnir dans le poème : les prophéties racontent que Fenrir détruira un jour le monde, de ce fait, Tyr l’éduqua et la jeunesse du jeune démon était paisible jusqu’à ce que, sous couvert de malice et de couardise ledit dieu valeureux l’enchaina pour « tester sa force » (bien évidemment ce fut pour l’emprisonner) malheureusement le loup cassa sans réelles difficultés les chaines qui l’emprisonnait ; les dieux demandèrent aux nains des chaines spéciales composées d’éléments immatériels qu’ils acquirent. Malheureusement Fenrir n’était pas dupe et se doutait d’un stratagème car son prestige n’était pas à refaire et ne voyait pas de gloire en brisant des chaines. Il accepta tout de même le défi mais par sureté demanda à Tyr de placer son bras dans sa gueule, voyant qu’il ne pouvait s’échapper il arracha le bras de Tyr.

Le deuxième genre eddique est celui vaguement abordé de Snorri Sturluson : l’Edda en prose. Dans ce recueil (établi entre 1230 et 1230) et manuel pédagogique pour les scaldes, il compila quatre sections : le prologue Gylfaginning, les Skalskaparmal, le Hattatal et la quatrième section contient les arts métriques, nombreux et complexes.
Le Skàldskaparmàl est destiné aux jeunes scaldes désireux de d’en connaitre d’avantage au sujet de la formulation poétique. Les références mythologiques sont explicites pour les utiliser sans abus, aussi, tous les scaldes même chrétien se doivent de respecter le protocole du Skaldskàparmàl au sujet des références mythologiques païennes : par exemple, « l’or » n’est pas dénommé comme telle, il est coutumier de l’appeler « Graine de Kraki » ou « Farine de Frodi », des termes référents à des personnages importants cette littérature.
Cependant Snorri fait état d’un paradoxe, en effet il est de foi chrétienne mais narre les divinités comme de véritables êtres mystiques quant bien même il se cantonne de rapporter les faits sans en prendre parti.
Le Gylfaginning est lui plus narratif, le personnage de Gylfi est intimidé et curieux des Ases qui détiennent des pouvoirs surnaturels, il se met alors en route pour les rencontrer quand ces derniers l’illusionnent lui permettant de s’entretenir avec leur trois rois ; il obtint dès lors de grandes connaissances sur le folklore et les traditions nordiques.
Dans ce recueil on constate que certains poèmes n’ont survécus nul-part ailleurs que dans son Edda, comme celui consacré au dieu Niord et de son impossible union avec une géante. Certains autres comme le poème Vqluspà posent problème dans leur véracité, car aucun document ne permet de dire s’ils ont été rapportés ou écrit de la main de Snorri, mais son style littéraire précis laisse à penser qu’ils sont authentiques.
L’un des grands buts de l’Edda en prose est de traiter des formes de poésie et de la langue scandinave en montrant le lien indestructible de la mythologie à la poésie par un passage du Skaldskaparmal : l’hydromel est considéré comme le « butin d’Odin » ou sa boisson que celui-ci a acquis dans sa course poursuite avec le géants Suttung métamorphosé en aigle ; après coup, cet alcool sera considéré comme donneuse de talents scaldiques.

III LA POESIE SCALDIQUE : SOURCE LA PLUS IMPORTANTE DE LA POESIE SCANDINAVE

Le dernier genre poétique est celui des poésies scaldiques, c’est l’une des plus grosses sources car elles ont été écrites majoritairement par des scaldes ou des poètes nobles. Une légère différence comparée aux Edda poétique est à dénoter : les poésies scaldiques sont signées par leurs auteurs, des personnes dont on détient des informations pour la plupart. Ce genre poétique est victime d’un succès fulgurant pendant l’Age viking, certains même (vraiment peu) ont été transcrite en runes mais la plupart n’ont été écrite que post-avènement du christianisme ; là encore nous sommes confrontés à la même question de la fidélité de retranscription des auteurs qui conclue que les sources scaldiques sont des éléments de sources incontournables mais difficile d’utilisation. La construction poétique de ce genre est destiné à être chanter (pour la gloire d’un roi, de ce fait il est légitime que leurs agencement soit élaborer et maniéré. La façon d’utiliser la langue est très subtilisée ou les retournements syntaxiques sont fourmillants.
Dans le poème de la Vellekla de Einar Skalaglamm qui s’adresse au roi Hakon on retrouve cette complexité représentative des poésies scaldiques, voici un extrait :

« Magnanime protecteur de la terres,
Je te supplie d’écouter l’écume mousseuse
Des habitants de l’os de Fjord.
Ecoute, comte, le sang de Kvasir. »

Ces diverses expressions portent à confusion à première lecture mais comme tous termes poétique scaldique, chacun à un sens prédéfini comme nous l’avons vu au sujet de l’or qui peut se dénommé de plusieurs façons. Dans la formule « écume mousseuse des habitants de l’os du fjord » les dits habitants sont des nains (peut-être Fialar et Galar) et l’os du fjord désigne un rivage rocheux ; l’écume mousseuse quant à elle représente l’hydromel, élixir du scalde. Toute cette série de strophe peut être traduite par un désir de la part d’Einar de se faire écouter. Bien heureux soit-on que tous les vers de cette catégorie ne soient pas tous aussi difficile de compréhension, un texte du poète islandais Skallagrimsson Egil qui s’adresse à Odin en ne lui pardonnant pas sa traitrise de lui avoir enlevé ses fils et dit ceci :

« Le temps n’est pas propice au vol de Vidrir » (de talent poétique)

Mais il avoue que ce chagrin l’a renforcé dans son art et répond ceci :

« Si je suis honnête, je dois reconnaitre que l’ami de Mimir m’a dédommagé de mon chagrin ».

A la mort d’Éric à la hache sanglante, sa femme ordonne la composition d’une ode funèbre pour honorer son époux, la forme est simple mais efficace :

Odin dit :
« Quel songe ai-je donc fait ? Je me suis levé à l’aube
Pour faire en sorte que la Valholl se prépare
A accueillir une armée massacrée.
J’ai tiré mes grands champions du sommeil ;
Ordonné aux Valkyries de s’éveiller,
Afin qu’elles disposent les bancs, lavent les gobelets à bière,
Et apportent du vin pour le prince qui s’approche.
Car, de la Terre, j’attends la venue
De très nobles combattants
Qui réjouiront mon cœur »

Ainsi Odin attend Éric que Éric confond au loin à Baldr car son cri mêlé à celui de ses hommes tombés au combat est d’une puissance assourdissante ; Odin envoi Sigmund le chercher et lui explique qui s’il l’envoi c’est parce que Éric est un guerrier noble qui a rougi son épée dans plusieurs provinces, à cela il ajoute que si il est mort aujourd’hui c’est pour les raisons suivantes :

« Ce qui doit advenir ne peut être connu.
Le loup gris darde des regards furieux
Sur les demeures des dieux. »

Éric bloodaxe n’était pas un roi des plus illustre mais cette poésie le dépeint comme un grand guerrier, c’est là toute la magie de la poésie, on peut tourner dans l’histoire n’importe qui de manière grandiose en inventant des points positifs pour changer l’Histoire.
D’autres poèmes de scalde comme la Haustlong traite de la poésie avec plus de références mythologiques dont l’auteur, Thiodolf narre le présent qu’il a reçu : un bouclier ayant comme motifs des scènes de l’histoire divines dont l’une était en rapport avec Idunn. Snorri détaille son histoire : Thiazi déguisé en oiseau épient les Ases (Loki, Odin et Hoenir) et par sa présence empêche un bœuf chassé de cuir correctement ; après un moment il leur dit que si la bête n’est pas mangeable c’est à cause de lui, mais qu’il pouvait arranger cela si les dieux lui permettait de se servir. Ils acceptèrent sans problème mais l’oiseau dont ils ne savent pas l’identité se sert trop copieusement selon Loki, ce dernier le chasse avec un bâton mais le goinfre l’emporta dans le ciel et le laissa tomber sur le sol rocheux. Loki le supplia alors de lui laisser la vie, ce que Thiazi accepta sous conditions : il veut qu’il convainc Idunn de sortir de sa demeure avec ses pommes d’or. Une fois la clause respectée, l’aigle repris sa forme originelle et fonça sur Idunn pour la transporter à Thrymheim ; les dieux prirent des rides et de l’âge et s’en prirent à Loki dont ils soupçonnaient la traîtrise. Loki se changea dès lors en faucon et prit route pour Trymheim ; une fois arrivé il découvrit Idunn seule, Thiazi étant parti pêcher, il prit Idunn en la métamorphosant en baie. Le géant quand il s’aperçut de la supercherie, reprit son envol pour regagner le domaine des dieux et la force du battement de ses ailes provoquèrent des vents d’une violence extrême pour rattraper peu à peu Loki. Les dieux voyant que la situation devenait alarmante, eurent comme idée d’empiler du bois juste dérrière leur muraille et l’allumèrent ; la vitesse de Thiazi était trop importante pour qu’ils s’aperçoivent du piège et mourut dans les flammes. Cependant la mort du Géant Thiazi planta un nouveau problème qui va atteindre les dieux, en effet la fille du géant défunt fut prise de colère selon Snorri et prit ses attirails de guerre pour venger son père. Les dieux, conciliants, lui proposèrent un mariage avec un dieu, à la condition que « l’heureux » gagnant soit choisi par ses pieds, les autres parties corporelles étant cachées, de ce fait elle choisit une paire de pieds en croyant que ce serait celle de Baldr mais ce n’en fut pas le cas car elle avait tirée au hasard celle de Niord dont la suite de leur relation a été évoquée dans le dossier.

Ces trois sources majeures de poésies permettent d’accéder à la mythologie scandinave et de ce fait retracer l’histoire établie par ce biais. D’autres sources sont plus ou moins large et importantes du fait de leur quantité d’information moins importantes que celles-ci, cependant elles peuvent avoir, sur d’autres plans une grande importance ; si l’on fait abstraction de l’Edda en prose Snorri il convient de savoir qu’il a également mis en place la Heimskringla (l’Orbe du Monde) ou il retrace l’histoire de rois norvégiens comme Harald à la Belle chevelure accompagné de la Saga des rois de la dynastie des Yngling ( la Ynglingasaga) qui raconte une histoire mêlant légendes et réel.
Ces sources sont hétéroclites car leurs lieux et leurs époques ne sont pas les mêmes, les récits sont parfois confus, comme Saxo Gramaticus qui contredisait Snorri sur certains points mythologiques. La place de la poésie dans la littérature scandinave du moyen est d’une importance capitale pour ceux qui s’y intéressent. La tâche la plus difficile et de distinguer les inventions littéraires et les poésies retraçants les véritables légendes scandinaves.






J'ai rédigé cela en plusieurs fois sur un document Word, si vous souhaitez la bibliographie qui m'a aidé je vous la donnerai volontiers en version PDF pour certains.


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 Sujet du message : Re: La poésie chez les vikings
Message Publié : 08 Déc 2015 21:37 
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Jean Mabillon
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Inscription : 28 Déc 2011 12:34
Message(s) : 2637
Localisation : St Valery/Somme
merci pour ce travail impressionnant qui donne envie d'approfondir. B)
pour un débutant comme moi conseillez-vous le livre de Regis Boyer ?
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Thiot urancono. Manon sundiono.
(Il permit que les païens traversassent la mer, Pour rappeler aux Francs leurs péchés)


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 Sujet du message : Re: La poésie chez les vikings
Message Publié : 09 Déc 2015 14:17 
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Hérodote
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Inscription : 08 Oct 2015 8:55
Message(s) : 3
Cet auteur m'a permis d'en savoir plus sur le sujet avec son livre "Mythes Nordiques" aux éditions point, 1993.
Je vous présenterai ma bibliographie quand je retournerai à la bibliothèque (je n'ai pas les livres sous le coude) mais je pense qu'il est de bonne facture, je crois l'avoir utilisé pour avoir rédigé cette réponse mais ce n'est pas le seul.

Bref, malheureusement je ne suis pas spécialiste de la Scandinavie et je ne peux me permettre de vous conseiller tel livre ou non, surtout que vous m'avez l'air d'être un passionné, ce serait se moquer du monde. Cependant je "crois" que Boyer est professeur de civilisation scandinave à la Sorbonne et traduit directement le scandinave dans ses textes ce qui le rend on peut le dire plus légitimes que d'autres.

Bien à vous.


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