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 Sujet du message : Histoire de l'utopie
Message Publié : 01 Mars 2005 9:40 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile
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Localisation : village des Pyrénées
Utopie
J’ai recherché ce matin l’histoire du mot et du concept.

Le mot (selon le Robert historique) : représente la francisation (1532 Rabelais) du latin moderne utopia, nom propre d’un pays imaginaire par Thomas Morus , dans De optimo reipublicae statu deque nova insula Utopia (1516). Utopia signifie « en aucun lieu ».

Premier sens : « pays imaginaire où règne un gouvernement idéal sur un peuple heureux » (adjectif : utopiste)
Devenu ensuite : « vue politique ou sociale qui ne tient pas compte de la réalité » (adjectif : utopique)

L’histoire des utopies (au premier sens, car le second sens se définit par rapport au premier, comme étant le regard des opposants): (de l’histoire du socialisme, Michel-Antoine Burnier)
Vers 1820, le comte de Saint-Simon a exposé sa doctrine du « nouveau christianisme ». Il veut écarter du pouvoir les nobles, les magistrats, les prêtres, réconcilier les patrons et les ouvriers, développer la justice au travail, organiser des fêtes, et supprimer l’héritage.

1830 : Pierre Leroux, philosophe ami de George Sand, décrit une nouvelle religion communautaire, inspirée de Moïse, Boudhdha, Jésus. Il s’agit de supprimer le règne de l’argent dans la société, et d’adoucir la condition ouvrière.

1832 : Prosper Enfantin essaie d’appliquer le socialisme de Saint Simon, avec quarante disciples, dans une grande maison à Ménilmontant. Tous ont fait don de leurs bien à la communauté, et travaillent à leur tour le jardin, la cuisine, à la rédaction d’un livre et à la construction d’un temple. Ils croient à l’égalité de la femme et de l’homme. La police met fin à l’expérience, et Enfantin est jeté en prison. Plus tard, il tentera de percer un canal à Suez ( !)

Charles Fourier s’oppose à cette doctrine (centrée sur la famille ou la petite communauté). Il prétend, lui, organiser des villes, qu’il nomme phalanstères, communautés de 1600 à 1800 membres, où chacun organiserait sa vie selon ses désirs. A l’école, les enfants n’étudient que l’hiver ou les jours de pluie. Le reste du temps, ils s’amusent dans les jardins, se roulent dans le foin, chassent les oiseaux, cueillent les fruits. La famille a disparu. Les membres participent à des grandes orgies amoureuses.

Le socialisme chrétien modéré : A la fin du XIXe siècle, la fabrique de poêles en fonte dirigée par Godin fonctionnera en familistère, et Owen crée en Angleterre un modèle de coopérative ouvrière, suivi par Buchez en France. Etienne Cabet imagine l’Icarie, société organisée dans une ville ronde (le socialisme basé sur l’architecture et l’urbanisme, vieille idée de Platon).

Toutes ces utopies seront balayées (et combattues violemment) par le socialisme scientifique, qui prône la lutte des classes, avec Proudhon puis bien sûr Karl Marx.

Il en reste cependant beaucoup de traces aujourd’hui (autant que des marxistes ?) : l’idée de solidarité par l’assurance (mutuelle ou non), les coopératives (ouvrières, agricoles, de consommateurs), toute l’économie sociale, l’actionnariat populaire ( ?).

SVP: que la discussion reste historique et courtoise

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"La vie des hommes qui vont droit devant eux, renaitraient-ils dix fois en dix mondes meilleurs, serait toujours semblable à la première. Il n'y a qu'une façon d'aller droit devant soi." (Pierre Mac Orlan)


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Message Publié : 01 Mars 2005 10:08 
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Localisation : Paris
Il faut absolument dissocier les deux sens du terme, comme vous le signalez car le sens second, largement dû à Marx et ses disciples qui tentaient de discréditer leurs prédecesseurs, ne convient pas au premier: en clair, l'utopie (au premier sens du terme) n'a rien d'utopique (au sens second), la preuve en est que les saint-simoniens ont effectivement mis en places de nombreuses communautés, tout commes les fourriéristes, etc.
Même si peu de ces tentatives ont duré, elles ont eu le mérite d'influencer les autres courant de pensée, de donner des idées. Il n'y a à mon sens rien de pire que de refuser d'écouter parler quelqu'un sous prétexte que ce serait "un utopiste" comme on l'entend trop souvent à l'égard d'hommes politiques un peu "en marge" ou de philosophes révolutionnaires (au sens le plus banal du terme) : toute proposition est bonne à prendre, et elle n'est utopique que par rapport à une situation donnée, à un contexte précis.

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"Il est plus beau d'éclairer que de briller" (Thomas d'Aquin).


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Message Publié : 01 Mars 2005 10:23 
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Jules Michelet
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Inscription : 29 Déc 2003 23:28
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Quand Karl Marx parle de "socialisme utopique", c'est parce qu'il n'y croie pas lui-même. Mais ceux qui élaborent ces thèses ne sont évidemment pas du même avis. Il y a l'utopie revendiquée à la Thomas More (qui de toute manière se contente d'écrire un livre, bien qu'il ait des arrières-pensées en faisant cela) et celle que l'on attribue à quelqu'un d'autre pour le railler. Vouloir traiter de l'histoire de l'utopie amène à mon avis à faire un jugement.


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Message Publié : 01 Mars 2005 10:53 
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Inscription : 10 Avr 2002 17:08
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Localisation : Paris
Citer :
Quand Karl Marx parle de "socialisme utopique", c'est parce qu'il n'y croie pas lui-même.

Ce n'est pas parce qu'il n'y croit pas, c'est parce qu'il n'en veut pas. C'est très différent. C'est exactement comme quand aujourd'hui, un homme politique dit à un autre que son programme est utopique: c'est une manière abrupte et bête de clore le débat sans même avoir à l'entammer.

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"Il est plus beau d'éclairer que de briller" (Thomas d'Aquin).


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Message Publié : 01 Mars 2005 13:47 
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Eginhard
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Inscription : 20 Mai 2003 15:53
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Localisation : N France / Paris / Seine
Il y a un bon ouvrage, un peu dur a lire : "Les enfants de l'Utopie" de Stéphane Giocanti (paru vers 1998 ???) Qui synthétise pas mal ce sujet....

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"Le droit du Prince nait du besoin du peuple." (Pierre BOUTANG)


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Message Publié : 01 Mars 2005 19:11 
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Tite-Live
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Inscription : 19 Mai 2004 12:59
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Localisation : Saint Aubin de Médoc (près de Bordeaux), France
Le mot utopie a bien été créé par Thomas More dans son célèbre livre Utopia. Dans cet ouvrage, More prétend retranscrire le récit que lui aurait fait un compagnon d'Amerigo Vespucci - un certain Raphaël Hythlodée - à propos d'un pays fantastique situé dans une île vaguement localisée en dessous de l'équateur et qu'il aurait lui-même visité. Il y décrit un pays organisé en de multiples cités et dont le réglement de la vie politique et quotidienne n'est pas sans rappeler l'antique Sparte (l'or y est méprisé, les repas sont pris en commun, l'art y a peu de place, etc). Comme à Sparte, et comme dans la plupart des communautés qui s'inspireront de près ou de loin de ce pays imaginaire, l'appartenance à la communauté prime sur les libertés individuelles, et de fait celles-ci sont réduites voire inexistantes. Le livre vaut vraiment la peine d'être lu, notamment parce qu'il est le point de départ du genre utopique qui connaîtra une grande vitalité par la suite. Thomas More s'inscrit dans la tradition de l'humaniste chrétien de la Renaissance (il fut un grand ami d'Erasme, c'est d'ailleurs ce dernier qui le poussa à terminer la rédaction de l'Utopie). Il fut également grand chancelier d'Angleterre par la grâce d'Henri VIII, l'Utopie (notamment le livre I) est d'ailleurs une réponse au désarroi social dans lequel est plongée l'Angleterre de cette époque, et une critique à peine voilée de l'essor d'une sorte de "proto-capitalisme" en ce temps là. Comme d'habitude avec ce genre d'ouvrages, il est difficile de dire s'il a vraiment cru possible son utopie. Il fut mis à mort par le même Henri VIII qui l'avait élevé au pouvoir, parce qu'il avait refusé de prêter lui serment en tant que chef de l'Eglise. C'est en effet à cette époque qu'Henri VIII crée l'Eglise anglicane après s'être vu refusé par Rome le divorce avec Catherine d'Aragon (divorce contre lequel s'était déjà élevé More).

A++

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Il me semble parfois que Dieu, en créant l'homme, ait quelque peu surestimé ses capacités. Oscar Wilde


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Message Publié : 04 Mars 2005 2:09 
Parmi les tentatives de réalisation du rêve utopiste il y eut aussi l’entreprise de Cabet dans les années 1850. Lui, pour repartir de zéro et se donner toutes les chances de réussite, il coupe avec le vieux monde et part fonder sa communauté en Amérique. Il s’installe sur des terres disponibles et fonde l’Icarie, d’abord avec des volontaires puis recrute ensuite des candidats par des publicités dans les journaux en France. L’organisation était assez rigoureuse au départ, avec nécessité d’accepter une organisation pratique assez militaire et des principes moraux stricts qui devaient assurer le bonheur de tous une fois passées les premières difficultés. Et sans les habitudes égoïstes du vieux monde le bonheur était possible à plus ou moins long terme.
Mais enfin, la nature humaine étant ce qu’elle est, le bonheur collectif promis a surtout créé des insatisfactions individuelles et les mésententes, les rivalités, la formation de clans n’ont pas tardé à apparaître. De nombreux adeptes ont fini par quitter la nouvelle société et après la mort de Cabet l’expérience a pris fin. Elle semblait, d'après les témoignages, assez étouffante finalement.
Mais il faut croire que l’espoir renaît toujours puisque la vie en communautés a encore séduit dans les années 1970.


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Message Publié : 04 Mars 2005 8:27 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile
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Inscription : 23 Oct 2004 9:14
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Localisation : village des Pyrénées
Je connais, dans nos villages des Pyrénées, quelques "baba cool" qui ont vécu dans ces communautés, où on faisait "pousser des chèvres, et un peu d'herbe qui rend moins con, non c'est pas du Ricard" (Citation de Renaud). Les communautés ont disparu, les chèvres sont toujours là, et les baba cools continuent à espérer un monde meilleur. (écologie, agriculture biologique, vente au marché, éducation artistique des enfants, solidarité, partage).
Ils sont les animateurs d'autres formes de communautés: les villages. (ils sont souvent élus)

j'ai entendu à la radio, le jour même où j'avais lancé cette discussion, le témoignage d'une personne qui anime un jardin ouvrier à Paris, avec culture (de légumes) et culture (théatre et cinéma en plein air).

Je connais aussi beaucoup de coopératives ouvrières de production "SCOP" (http://www.scop.coop/) (j'y ai moi-même travaillé 20 ans), où la démocratie existe au travail (ce n'est pas toujours simple...)

Je connais (bien... :wink: ) une famille avec beaucoup d'enfants (permanents ou de passage) qui a un panneau "chat gentil" quand les voisins ont "chien méchant", et où la vie est organisée de façon assez démocratique. Utopie?
Une anecdote: Quand la Scop a eu des difficultés financières, j'en ai parlé avec tous les enfants (5 à l'époque), pour expliquer qu'il faudrait peut-être se serrer un peu la ceinture. Daniel (10 ans à l'époque) est parti chercher sa tirelire (quelques dizaines de francs) pour m'aider à passer le cap (Utopie !). Imaginez notre émotion, ce jour-là.

Les Utopies ont encore de beaux jours. Il ne faut pas voir chaque expérience comme une fin, mais comme une recherche d'une vie meilleure en collectivité.

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Message Publié : 04 Mars 2005 12:21 
Ah, les survivants de l’époque héroïque se sont adaptés alors, dans la fidèlité à leurs principes. Mais je ne pense pas que la vie d’un village, aussi peuplé de gens généreux soit-il, puisse être comparée au rêve utopiste. C'est vraiment une tout autre forme de communauté (Et encore plus actuellement où le sens même de « communauté villageoise » n’a plus rien à voir avec ce qu’il recouvrait dans le passé).
Il y a dans le programme utopiste un côté totalisant (pour ne pas dire totalitaire) qui vicie le système dès le départ.
Je pense qu’il y a aussi un problème d’échelle pour la viabilité de telles communautés. Les socialistes utopistes inventaient des systèmes pour la transformation de la société tout entière et les essais de mise en pratique (Considérant, Cabet…) concernaient des centaines de personnes.
A mon avis la grande illusion était aussi l’incroyable optimisme sur la nature de l’homme. Les principes sont magnifiques, bien sûr, mais supposent des hommes naturellement bons. Ces utopistes sont des rousseauistes. D’ailleurs s’ils veulent refonder la société, et d’une manière aussi radicale, c’est bien parce qu’ils pensent que c’est l’état actuel de cette société qui a perverti les hommes.
Mais je suis d’accord avec vous pour reconnaître leurs mérites. C’est bien grâce à de tels rêveurs, des sortes de poètes romantiques à leur façon, que certaines idées ont fait leur chemin et ont fini par trouver des applications plus réalistes, telles celles que vous citez, dans la société telle qu’elle est.


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Message Publié : 08 Juil 2005 18:30 
En cherchant tout à fait autre chose je suis tombé sur un dossier Gallica consacré à l'utopie qui est une mine pour quiconque souhaiterait lire, entre autres, les textes des socialistes utopiques ou envisagerait un travail sur le sujet.

Voici : http://gallica.bnf.fr/Utopie/


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Message Publié : 08 Juil 2005 20:33 
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Jean-Pierre Vernant
Jean-Pierre Vernant

Inscription : 17 Oct 2003 18:37
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Citer :
A mon avis la grande illusion était aussi l’incroyable optimisme sur la nature de l’homme. Les principes sont magnifiques, bien sûr, mais supposent des hommes naturellement bons. Ces utopistes sont des rousseauistes. D’ailleurs s’ils veulent refonder la société, et d’une manière aussi radicale, c’est bien parce qu’ils pensent que c’est l’état actuel de cette société qui a perverti les hommes.


Et pourtant, concrètement, ces expériences semblent avoir misé sur un système "strict", "étouffant" (je reprends des termes du sujet). Que l'on voie les hommes comme "bons mais dénaturés" ou "mauvais mais capables de s'améliorer" et à tenir en bride jusqu'au Grand Jour, finalement on se comporte de la même façon.

Citer :
Mais je suis d’accord avec vous pour reconnaître leurs mérites. C’est bien grâce à de tels rêveurs, des sortes de poètes romantiques à leur façon, que certaines idées ont fait leur chemin et ont fini par trouver des applications plus réalistes, telles celles que vous citez, dans la société telle qu’elle est.


Ben vi : si on n'injecte pas à certains moments, une dose d'utopie (au sens commun), la société n'évoluera jamais. Il faut croire que tout peut changer pour se risquer à changer quoi que ce soit ! C'est tellement plus simple de penser que seul ce qui existe et a déjà fonctionné fonctionnera à l'exclusion de tout le reste... :roll:


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Message Publié : 15 Juil 2005 11:08 
« Quand l’homme essaye d’imaginer le paradis sur terre, ça fait tout de suite un enfer très convenable ». J’aime bien cette citation de Claudel, quoique le problème ne soit pas tant l’imagination du paradis que sa mise en pratique. Tout dépend de la dose justement, et de l'étendue de la mise en pratique. Les difficultés sérieuses commencent lorsque certains (rêveurs ? fanatiques ?) décident d’inscrire tel quel, et à gande échelle, leur beau rêve dans la réalité. Cela commence en général par la suppression de toute liberté et ça finit dans les massacres. Le XXe siècle n'a pas manqué d'exemples.
L'expérimentation des utopies façon XIXe, des petites communautés qui espéraient faire tache d'huile et s'étendre par leur exemple à la société tout entière, fut tout de même, malgré souvent le désenchantement final, une beaucoup plus belle chose.


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Message Publié : 15 Juil 2005 11:26 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile
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Localisation : village des Pyrénées
C'est donc la fin de l'histoire, et on ne trouvera pas mieux, comme organisation de la société (à tous les niveaux, famille, cité, etats, et plus) que la loi de la jungle actuelle ? C'est désespérant.
Pourtant, je vous rapelle que Marx, à l'origine des idéologies ayant amené les massacres du XXe siècle dont vous parlez, était violement opposé aux socialistes utopiques. Alors, aujourd'hui, rejeter toute utopie au nom des méfaits du marxisme, c'est tout de même paradoxal.

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Message Publié : 15 Juil 2005 11:36 
Désolant et navrant c'est vrai. On a peut-être nos utopies personnelles pour le futur mais on parle d'histoire non?


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Message Publié : 15 Juil 2005 12:37 
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Jean-Pierre Vernant
Jean-Pierre Vernant

Inscription : 17 Oct 2003 18:37
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Et bien ça rentre toujours dans l'histoire de l'utopie que de constater, si je résume de façon acceptable...
- qu'au XIXe des utopies sont élaborées et expérimentées par de petites communautés qui espèrent faire tache d'huile
- qu'au XXe, des utopies sont testées par des despotes qui tentent de les imposer à des populations entières au prix de massacres
- qu'en conséquence, on a désormais tendance à penser que ce qui est dangereux, ce n'est pas le despote et la volonté d'imposer mais l'utopie en elle-même et qu'il vaut mieux ne rien changer (ce qui revient à dire : à subir des changements qui se produisent de toute façon, mais indépendants de la volonté de quiconque)...


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