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Message Publié : 30 Mai 2017 16:01 
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Les titres de monsieur ou madame étaient suivis du nom de la personne. Ce nom pouvait être le nom de famille originel ou un nom d'usage. Le nom d'usage était fréquemment le nom d'un fief et il finissait souvent par devenir officiel. Il semble que cela soit devenu presque systématique à partir de la fin du dix-septième siècle, mais ce n'est pourtant pas une règle absolue. Quand une personne possédait plusieurs domaines, elle pouvait changer de nom d'usage au cours de sa vie. Charles-Marie de Secondat a ainsi porté le nom de La Brède avant celui de Montesquieu qui est resté dans l'histoire.

Pierre Séguier était seigneur d'Autry et de Saint-Liébault, comte de Gien, baron, puis duc, de Villemor. Il n'a pourtant jamais porté les noms de ces seigneuries mais son seul patronyme, Séguier. Pour parler de lui, on disait : Monsieur Séguier. Je doute fort qu'on ait jamais parlé de la comtesse de Gien ou de la baronne ou duchesse de Villemor. Ce devait bien plutôt être : Madame Séguier.

Nicolas Fouquet, bien qu'il eût été vicomte de Melun, vicomte de Vaux et marquis de Belle-Île et qu'il eût aussi porté le nom de Vaux, est resté connu sous le nom de Fouquet et, dans sa correspondance, Mme de Sévigné parle de Monsieur Fouquet.

Jean-Baptiste Colbert ne porta jamais d'autre nom que celui de Colbert même après qu'il eut acquis les seigneuries de Sceau et de Seignelay, à la différence de son fils Jean-Baptiste Antoine qui porta le nom de Seignelay. Dans la correspondance de Mme de Sévigné il est : M Colbert et son fils : M de Seignelay.

De même Michel Le Tellier, bien qu'il fût marquis de Barbezieux, et son fils François Michel marquis de Louvois.

La baronnie, puis marquisat, de Montespan appartenait à la famille de Pardaillan de Gondrin qui en avait hérité à la mort au seizième siècle du dernier représentant de la famille d'Espagne de Montespan. Françoise-Athénaïs de Rochechouart n'en était pas propriétaire.


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Message Publié : 30 Mai 2017 17:37 
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Grégoire de Tours
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Dans les actes de la pratique que sont les registres paroissiaux ou encore les minutes notariales, au moins dans une large France médiane, l'épouse porte systématiquement son patronyme de naissance, jamais celui de son époux. Je parle bien entendu là de la plus large frange de la population, l'aristocratie ou la noblesse d'apparence ont d'autres pratiques de distinction.


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Message Publié : 30 Mai 2017 17:44 
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Tolan a écrit :
Je ne suis pas du même avis, Monsieur et madame était systématiquement suivit du nom du domaine, et pas du nom de famille.


Le nom des familles nobles était le nom du domaine le plus prestigieux dont ils avaient la sujétion. La différence que vous faites entre "nom de famille" et "nom de domaine" est spécieux, car pour les gens de l'époque, c'est la même chose. Il n'est que dans les plus vieilles familles que l'on garde le nom des premières terres, justement pour montrer l'ancienneté des quartiers de noblesse. Une épouse prenait bien le même nom d'usage que son mari

_________________
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Message Publié : 30 Mai 2017 17:48 
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Jean Mabillon
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Sous l'ancien régime, ne distingait on pas les nobles et les autres ? Pour la noblesse, le nom était en fait le titre (nom du fief). Le concept de nom personnel n'aurait été pratiqué que dans les familles roturières (d'abord bourgeoise avant de se généraliser).

Il me semble que le code civil, reprenant probablement sur ce point la législation intermédiaire, a imposé la pratique roturière avec un nom patronymique acquis à la naissance et conservé toute la vie. surtout il a imposé l'indisponibilité de l'état des personnes : on ne peut choisir son nom ni en changer.

Je crois que Proust était particulièrement nostalgique des traditions nobiliaires qui faisaient coexister plusieurs noms au sein de la même famille. Il les a fait vivre dans son oeuvre. Par exemple Charlus était le frère du duc de Guermantes - lequel était le cousin du prince de Guermantes !


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Message Publié : 30 Mai 2017 23:24 
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Laurent Frédéric a écrit :
Dans les actes de la pratique que sont les registres paroissiaux ou encore les minutes notariales, au moins dans une large France médiane, l'épouse porte systématiquement son patronyme de naissance, jamais celui de son époux. Je parle bien entendu là de la plus large frange de la population, l'aristocratie ou la noblesse d'apparence ont d'autres pratiques de distinction.
Dans les actes d'état-civil, une personne est identifiée par le nom qu'elle a reçu à sa naissance. Mais cela n'empêche pas des mentions supplémentaires telles que le nom de l'époux, le domicile, la profession, les titres nobiliaires etc, surtout dans les actes notariés ou les décisions de justice où il peut être nécessaire de préciser le régime matrimonial. Sur les registres d'état-civil, il y a d'autant plus de détails que le rang de la personne est élevé.

Il est intéressant de relever qu'en 1996 encore, des parties à un procès sont mentionnées comme suit :
M. David CJ... et son épouse née Yvonne ZA..., demeurant tous deux ... ,
Mme AY... Cyr, épouse YW...,
Mme Q..., née Hélène N...,
Mme Michelle ZP..., épouse séparée de M. BB...,

Narduccio a écrit :
Le nom des familles nobles était le nom du domaine le plus prestigieux dont ils avaient la sujétion. La différence que vous faites entre "nom de famille" et "nom de domaine" est spécieux, car pour les gens de l'époque, c'est la même chose. Il n'est que dans les plus vieilles familles que l'on garde le nom des premières terres, justement pour montrer l'ancienneté des quartiers de noblesse. Une épouse prenait bien le même nom d'usage que son mari.
L'état-civil n'a été réglementé que très progressivement. La tenue des registres paroissiaux n'est obligatoire que depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts du 10 août 1539 qui n'a d'ailleurs pas été appliquée rigoureusement immédiatement, de loin s'en faut. Ce n'est que depuis cette ordonnance qu'un enfant, garçon ou fille, reçoit systématiquement le nom de son père. Auparavant, il n'y avait pas véritablement de patronyme mais plutôt un surnom, généralement transmis héréditairement, il est vrai, mais ce n'était pas systématique. Les nobles titulaires d'un fief portaient généralement le nom de ce fief. A l'époque de Louis XIV, l'ordonnance de Villers-Cotterêts et les règlements édités par la suite étaient appliquées assez rigoureusement et les patronymes étaient en principe figés, qu'ils fussent d'anciens surnoms ou des noms de lieux. La majorité des familles de la noblesse n'étant pas d'extraction, la plupart des nobles avaient donc en principe un patronyme qui n'était pas celui d'un fief mais le nom de l'ancêtre qui avait été anobli. C'était le cas de Séguier, Colbert ou Scarron que j'ai précédemment mentionnés. Cependant beaucoup tenaient à faire oublier l'ascendance roturière et adoptaient un nom de lieu, censé être celui d'une seigneurie mais qui était parfois usurpé. Les homonymies pouvaient être exploitées avec profit. Ainsi le fameux d'Artagnan, Charles de Batz de Castelmore, dit d'Artagnan du nom de sa mère, ne descendait pas des très anciens seigneurs de Batz mais plus modestement d'un avocat du nom de Batz, patronyme en fait assez répandu en Gascogne. Un obscur Dartaud, en ajoutant une apostrophe, a pu, dans le courant du dix-neuvième siècle, prétendre se faire passer pour le descendant de la famille éteinte des Artaud de Montauban. Il n'a pu tromper tout le monde mais a tout de même réussi à faire passer la petite altération orthographique dans les registres de l'état-civil.


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Message Publié : 31 Mai 2017 5:45 
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Grégoire de Tours
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C'est parfaitement inexact, puisque dès Louis XI, il existe un texte interdisant le changement de nom de famille sans l'autorisation du roi. Cela est confirmé par l'article 9 de l'édit d'Amboise du 26 mars 1556. Cela était motivé pour lutter contre les changements de noms pour les personnages en pleine ascension sociale, qu'il s'agisse de la noblesse ou de la bourgeoisie. Nous connaissons beaucoup de cas où dans les familles de la noblesses d'extraction, un neveu héritait d'un oncle maternel par voie testamentaire à condition que ce premier relève les nom et armoirie maternelles.
Voyez notamment ceci http://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1989_num_49_1_1744.

Concernant l'absence de nom patronymique chez les femmes, c'est exacte jusqu'à la fin du Moyen Âge. On parle de X femme d'Untel, ou fille d'Untel. Mais il existe de rares exceptions comme Isabelle Romée par exemple.

Encore une fois, il faut distinguer les actes de la pratique, où le formalisme respecte généralement le droit (registres paroissiaux, actes notariés, actes de justice), etc..), et la pratique courante (usages épistolaires, documents narratifs, voire fiscaux). Je parle là pour l'Ancien régime.

J'ai relevé naguère ces mentions dans les registres paroissiaux de La Roche-Posay (bailliage de Tours), au XVIIe siècle, où parfois le prêtre a indiqué le nom d'usage de certaines femmes en marge de son cahier : Renée Musnier, mère de Grandin aagé de 92 ans et en marge La bonne femme Grandine ; Anne Gaultron et en marge L'éscossoise ou encore Hillaire Drouault dicte la Billaude, puis l'épouse d'un officier seigneurial en 1656 : Marthe Roffé avec en marge madame Daillet.

Il existe pour un même personnage plusieurs noms, correspondant à plusieurs registres d'usage : un nom officier (acquit par la naissance) immuable pour les actes de la pratique de l'écrit, un nom populaire, généralement un surnom, c'est notamment le cas pour les colons de Nouvelle France, mais assez peu de témoignages. L'aristocratie n'obéit pas aux mêmes règles, il ne faut certainement pas se focaliser sur elle.


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Message Publié : 31 Mai 2017 7:54 
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Il est même arrivé dans certaines contrées qu'un prénom d'usage qui n'est pas celui de l'état-civil soit mentionné. Ainsi, il est noté sur un acte de reconnaissance dans les Landes en 1890 "la demoiselle Labat Jeanne, surnommée Pauline."

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Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (Guillaume le Taciturne)


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Message Publié : 31 Mai 2017 14:24 
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Grégoire de Tours
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Laurent Frédéric a écrit :
Dans les actes de la pratique que sont les registres paroissiaux ou encore les minutes notariales, au moins dans une large France médiane, l'épouse porte systématiquement son patronyme de naissance, jamais celui de son époux. Je parle bien entendu là de la plus large frange de la population, l'aristocratie ou la noblesse d'apparence ont d'autres pratiques de distinction.



Oui, c'est à peu près sûr pour l'immense majorité de la population.
Et cela ne concerne pas seulement les actes officiels car j'ai des témoignages dans des affaires criminelles, et les témoins désignent les femmes pour leur nom de naissance et pas de celui de leur mari.


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Message Publié : 31 Mai 2017 14:38 
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Grégoire de Tours
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Narduccio a écrit :
Tolan a écrit :
Je ne suis pas du même avis, Monsieur et madame était systématiquement suivit du nom du domaine, et pas du nom de famille.


Le nom des familles nobles était le nom du domaine le plus prestigieux dont ils avaient la sujétion. La différence que vous faites entre "nom de famille" et "nom de domaine" est spécieux, car pour les gens de l'époque, c'est la même chose. Il n'est que dans les plus vieilles familles que l'on garde le nom des premières terres, justement pour montrer l'ancienneté des quartiers de noblesse. Une épouse prenait bien le même nom d'usage que son mari


Je parle évidemment pour le XVI et et le XVIIème siècle, et cette différence n'était pas du tout spécieux!
Ils savaient faire la différence entre leur nom et leur titre.
Et désigner une personne par son titre, ce n'est pas pour moi, par son nom d'usage, car ce n'est pas un nom.

Ceux qui font de la généalogie dans le Nord-Ouest de la France, savent très bien qu'on pouvait désigner une personne de deux manières différentes. Cette spécificité en Bretagne, Maine, Normandie, c'est que cette coutume n'était pas réservé qu'aux nobles, mais à toutes personnes possédant un lieu.
Ainsi, on va trouver dans des documents officiels, par exemple:
Gilles Delisle et Catherine Salmon sa femme, et un peu plus loin dans le même document, les sieur et dame de la Grangerie


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Message Publié : 31 Mai 2017 16:44 
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Tolan a écrit :
Narduccio a écrit :
Tolan a écrit :
Je ne suis pas du même avis, Monsieur et madame était systématiquement suivit du nom du domaine, et pas du nom de famille.


Le nom des familles nobles était le nom du domaine le plus prestigieux dont ils avaient la sujétion. La différence que vous faites entre "nom de famille" et "nom de domaine" est spécieux, car pour les gens de l'époque, c'est la même chose. Il n'est que dans les plus vieilles familles que l'on garde le nom des premières terres, justement pour montrer l'ancienneté des quartiers de noblesse. Une épouse prenait bien le même nom d'usage que son mari


Je parle évidemment pour le XVI et et le XVIIème siècle,

Désolé, a quel moment avez-vous spécifié cela ? Vous semblez parler "en général", et quand on vous contredit, là vous dites qu'en fait vous n'évoquiez qu'une période précise.
Tolan a écrit :
et cette différence n'était pas du tout spécieux!

C'est spéciaux car le nom de la femme e était déterminé par le nom du mari ou de sa famille. C'était la femme qui changeait son nom, pas son mari... Sauf quelques rares cas, chez les nobles jsutement.

Tolan a écrit :
Ils savaient faire la différence entre leur nom et leur titre.

Au point que leur titre devenait leur identité publique et sociale. Dans la vie de tous les jours, sauf quelques rares familiers, tout le monde devait les appeler ainsi et des gens se faisaient reprendre publiquement s'ils ne le faisaient pas.

Tolan a écrit :
Et désigner une personne par son titre, ce n'est pas pour moi, par son nom d'usage, car ce n'est pas un nom.

Quand ce nom sert à tous les actes de la vie sociale, publique, judiciaire et même familiale ? Si aujourd'hui j'ai affaire avec la justice (ou l'administration, ou ....), on s'adressera à moi en me nommant "monsieur Untel". Aux époques citées, les mêmes personnages se seraient adressés à moi en utilisant mon titre, ou mon nom d'usage, car celui-ci me définissait aux yeux de la société de la même manière que mon actuel nom de famille.

Tolan a écrit :
Ceux qui font de la généalogie dans le Nord-Ouest de la France, savent très bien qu'on pouvait désigner une personne de deux manières différentes. Cette spécificité en Bretagne, Maine, Normandie, c'est que cette coutume n'était pas réservé qu'aux nobles, mais à toutes personnes possédant un lieu.
Ainsi, on va trouver dans des documents officiels, par exemple:
Gilles Delisle et Catherine Salmon sa femme, et un peu plus loin dans le même document, les sieur et dame de la Grangerie

Désolé, mais c'est vous qui faites d'une spécificité un cas général

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Message Publié : 31 Mai 2017 16:51 
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Grégoire de Tours
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J'ai trouvé un acte de baptême de 1647, où la marquise de Sévigné est marraine.
Elle est désignée ainsi:
Haulte et puissante Madame Marie de Rabutin de Cha(n)tal Marquise de Sévigné

Et signe: Marie de Rabutin Chantal


Image

Aujourd'hui, tout le monde la connait qu'à travers son titre, mais à l'époque, tout le monde la connaissait de son véritable nom!


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Message Publié : 05 Juin 2017 16:36 
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Laurent Frédéric a écrit :
C'est parfaitement inexact, puisque dès Louis XI, il existe un texte interdisant le changement de nom de famille sans l'autorisation du roi. Cela est confirmé par l'article 9 de l'édit d'Amboise du 26 mars 1556. Cela était motivé pour lutter contre les changements de noms pour les personnages en pleine ascension sociale, qu'il s'agisse de la noblesse ou de la bourgeoisie. Nous connaissons beaucoup de cas où dans les familles de la noblesses d'extraction, un neveu héritait d'un oncle maternel par voie testamentaire à condition que ce premier relève les nom et armoirie maternelles.
Voyez notamment ceci http://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1989_num_49_1_1744.

Concernant l'absence de nom patronymique chez les femmes, c'est exacte jusqu'à la fin du Moyen Âge. On parle de X femme d'Untel, ou fille d'Untel. Mais il existe de rares exceptions comme Isabelle Romée par exemple.

Encore une fois, il faut distinguer les actes de la pratique, où le formalisme respecte généralement le droit (registres paroissiaux, actes notariés, actes de justice), etc..), et la pratique courante (usages épistolaires, documents narratifs, voire fiscaux). Je parle là pour l'Ancien régime.
Ce n'est pas tout à fait exact non plus. L'article cité comme référence est un essentiellement une étude sociologique sur les juifs ayant changé de nom au lendemain de la seconde guerre mondiale. Sur les noms de famille sous l'ancien régime, l'étude suivante est plus pertinente : http://www.persee.fr/docAsPDF/mots_0243-6450_2000_num_63_1_2201.pdf

Aucun texte n'interdisait formellement les changements de nom sous Louis XI ni même après.

L'histoire a retenu les lettres patentes par lesquelles le valet de chambre du roi Le Mauvais est autorisé à se nommer désormais Le Daing et le notaire du roi à modifier son nom, Decaumont devenant de Chamont. La nécessité ressentie par ces deux proches serviteurs du roi Louis XI de solliciter une autorisation pour changer ou modifier leurs noms s'explique aisément hors de toute disposition de droit positif. Car le surnom – terme en usage à l'époque - est un outil assurant une double fonction. D'un côté il est ce par quoi on s'identifie à l'égard d'autrui, de l'autre côté il est l'identification donnée par l'entourage, qui peut avoir le caractère de sobriquet. Selon les circonstances, l'un ou l'autre de ces deux sens peut prédominer. Dans le cas des deux serviteurs du roi, c'était le second : il ne suffit pas de vouloir changer de nom, encore faut-il que l'environnement suive, or l'environnement comprend le roi et l'on ne commande pas au roi, on ne peut que solliciter sa faveur. Le père de Martin Guerre (de la célèbre affaire ) se trouvait dans la position inverse : vers 1524, le fils d'Anxi Aguerre, Martin, reçoit à sa naissance le surnom de Daguerre. Peu de temps après, Anxi change de lieu de résidence et prend et fait prendre à sa famille le surnom de Guerre. Il n'y a eut pas d'obstacle à tout cela.

L'article 9 de l'ordonnance du 26 mars 1555 est ainsi rédigé : Pour éviter à la supposition des noms et armes, deffenses sont faictes à toutes personnes de ne changer leurs noms et armes, sans avoir noz lettres de dispense et permission sur peine d'estre pugnis comme faulsaire et d'estre exauthorez de tout degré et privilege de noblesse ;

et l'article 211 de l'ordonnance du 15 janvier 1629, dite code Michau : Enjoyons aux gentilshommes de signer du nom de leurs familles et non de celui de leurs seigneuries, en tous actes et contrats qu'ils feront, à peine de nullité desdits actes et contrats.

La cour de cassation, dans un arrêt du 23 juin 1982 (pourvoi n° 80-16435), a jugé que les ordonnances royales des 26 mars 1555 (édit d'Amboise) et 15 janvier 1629 (code Michau) n'avaient pour effet de supprimer, pour les possesseurs de terres nobles, le droit, consacré par l'usage, d'ajouter à leur nom celui de leur terre.

En outre, aucune de ces deux ordonnances ne fut suivie d'effet. L'ordonnance d'Amboise était destinée à régler un problème de perception de la taille en Normandie et fut enregistrée par la cour des aides de Rouen. Eût-elle été appliquée, que ce ne pouvait être qu'en Normandie. Mais elle ne le fut même pas. Car elle déplut fort aux magistrats du parlement de Normandie qui crièrent à l'incompétence de la cour des Aides. Ils furent entendus et, dès août 1555, l'ordonnance était rétractée. Le « Code Michau » était l'oeuvre du chancelier de Marillac, fort peu apprécié du Cardinal. Bien que l'ordonnance eût été présentée au parlement en lit de justice, les magistrats résistèrent. Comme cela n'intéressait pas Richelieu et que Marillac fut disgrâcié, l'ordonnance ne fut jamais enregistrée et resta lettre morte.

Comme ledit Anne Lefèbvre-Teillard, bien que l'autorité royale eût toujours la volonté d'instituer des règles de police strictes en matière de nom de famille, elle n'y est jamais parvenue comme elle le souhaitait et la coutume en matière de modifications ou adjonctions de nom est restée assez permissive jusqu'à la fin de l'ancien régime. La raison pour laquelle on sollicitait des lettres patentes était moins une soumission à une règle de police que le souci de se garantir une sécurité juridique. Car si ajouter un nom de domaine à son patronyme pouvait être licite, il n'était pas certain que ce nouveau nom fût reconnu par les tiers, en particulier l'administration. Aussi, pour le rendre opposable, se faisait-on délivrer une lettre patente.


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