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 Sujet du message : Re: Accord du participe passé
Message Publié : 13 Sep 2018 16:04 
Hors-ligne
Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 27 Déc 2013 0:09
Message(s) : 1375
Quoique totalement hors sujet, ces considérations sur la poésie sont intéressantes.

Citer :
Ceci n'engage que moi mais je pense que la précision est toujours un handicap en poésie.
Ce qui est sûr est que, si l'on veut rédiger un texte précis, d'ordre scientifique ou juridique par exemple, on ne cherche pas à faire de la poésie. Cela n'a cependant pas empêché un original, Decomberousse, chef de bureau au ministère de la Justice, ancien membre du Conseil des Anciens, de publier en 1811 une version versifiée du code Napoléon.

Les trois articles suivants :

Article 2
La loi ne dispose que pour l'avenir ; elle n'a point d'effet rétroactif.

Article 1382
Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.

Article 1383
Chacun est responsable du dommage causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence.

deviennent en vers :

Article 2
Par la loi l'avenir est lui seul embrassé ;
La loi ne produit point d'effet sur le passé.

Article 1382
Le fait produit par l'homme, et quel que soit ce fait
Lorsqu'il est pour autrui la cause d'un dommage,
Met celui dont il est par sa faute l'ouvrage
Dans l'obligation d'en réparer l'effet.

Article 1383
Du dommage qu'on peut imputer à son fait,
Non seulement chacun demeure responsable,
Mais encor de celui qui peut être imputable
A tout défaut de soin qui ne se peut excuser,
Ou que son imprudence a pu seule causer.


Le style du code civil a d'ailleurs fait l'objet d'études très sérieuses. L'Universtité Paris-Diderot y a consacré une journée d'études en 2015 : http://www.fabula.org/actualites/le-style-du-code-civil_64409.php et nous savons que Stendhal l'appréciait grandement.

Citer :
Cet "Haiku" (j'ai appris une chose nouvelle et merci) trouve un équilibre dans la traduction faite ainsi : le "qui" me gêne un peu...
Le qui sert à obtenir un vers de sept syllabes. C'est tout l'art du poète que de savoir, non seulement se plier à la prosodie, mais encore en tirer parti ainsi que le disait Paul Valéry, l'un des derniers grands poètes à avoir conservé dans les formes classiques.

Citer :
J'aurais choisi : un bruit dans l'eau.
La traduction est toujours une trahison, plus encore en poésie. Il est rarement possible de respecter le sens du texte tout en conservant un caractère poétique à la traduction. Il y a un compromis à trouver. Vous pouvez préférer : un bruit dans l'eau. Mais dans l'original il y a bien de et non dans. Il est toutefois possible que ce soit au prix de cette infidélité que vous parveniez au mieux à restituer ce poème japonais en français.

Citer :
La grenouille saute
La grenouille, une grenouille, des grenouilles, les grenouilles, on ne sait pas. Là encore, il faut choisir.


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 Sujet du message : Re: Accord du participe passé
Message Publié : 13 Sep 2018 23:07 
Hors-ligne
Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 21 Sep 2008 23:29
Message(s) : 1489
Localisation : Belgique
Barbetorte,

La grenouille, une grenouille, des grenouilles, les grenouilles, on ne sait pas. Là encore, il faut choisir.

Des nuances, comme en néerlandais, en anglais et je suppose le même en allemand...

Cordialement, Paul.


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 Sujet du message : Re: Accord du participe passé
Message Publié : 02 Oct 2018 17:10 
Hors-ligne
Salluste
Salluste

Inscription : 13 Juin 2017 15:04
Message(s) : 220
---
Léonard59 a écrit :
...c'est le français de cours adapté par quelques grammairiens et imposé par le roi à son administration, et qui a fini par s'imposer à presque tout le monde ... Enfin, plus ou moins
Bref, derrière la construction du français, il y a le pouvoir de l'époque, il est donc logique que le pouvoir se sente impliqué dans son évolution ...


J'étais restée à une vision moins bien sourcée, n'analysant pas la "naissance du français" mais le choix d'une langue pour une nation afin que la compréhension soit optimale, surtout en ce qui concerne les lois... que nul n'est censé ignorer puis les journaux politiques dont tous les citoyens peuvent bénéficier (mais encore faut-il décrypter), dans cette optique...

[Les communautés "linguistiques" :
... En 1794, la Convention a officialisé la politique de lutte contre les idiomes, considérés comme des instruments de Contre-Révolution. Les mesures prises ne sont pas seulement circonstancielles. L'ensemble de l'appareil institutionnel de la nation, l'administration, l'école, l'armée, mais aussi l'église après 1801, font de l'usage du français un impératif indissociable de la lutte contre l'ignorance. La pression dans ce sens est d'autant plus forte que la diffusion de la presse politique, la multiplication des actes administratifs et des codes ont rendu impératif le recours à une langue commune.
Ainsi au seuil du XIXème, du point de vue linguistique, la France est en situation de transition : si l'ordonnance de Villers-Cotterêts -en 1539- avait introduit l'usage du français dans les actes royaux, la Révolution, elle, la généralise comme langue civile. ... 3/4 des habitants sont désormais capables de parler le français quand cela est nécessaire mais la très grande majorité d'entre eux continue d'utiliser leur langue ou leur patois ... dans une France qui demeure rurale à 80% ...]

En 1790, le français n'est parlé que dans 15 départements par 3 millions d'individus. 6 millions de citoyens (Alsaciens, Basques, Corses, Bretons, Catalans et Niçois, Flamands...) n'étaient pas francophones.

Ultérieurement, après le premier conflit mondial, il a fallu plus de force que de gré ré-enseigner une langue (le français) à l'aide de personnels estampillés -et prenant la place des instituteurs locaux- dans les "territoires reconquis".

Estimer que c'est un plus pour la compréhension entre personnes, entre personnes du même endroit et bien souvent de la même catégorie sociale.
Ceci crée donc une barrière/problème plus qu'autre chose pour qui doit "s'insérer". L'acquis d'une langue fait beaucoup pour l'insertion, on peut le noter de nos jours où les associations pour que chacun ait accès à des droits et que les papiers soient correctement remplis pullulent (avec ce que ceci requiert de demandes de subventions tant en équipement qu'en fonctionnement : pbles donc au niveau du budget d'un département) et difficultés sans doute au niveau scolaire.
Peut-être faut-il trouver ici un début de raison à un langage plus "phonétique" qui serait le bienvenu à plusieurs niveaux : pour les budgets (territoriaux, Etat), pour l'enseignant, pour les parents (dépossédés d'un devoir de plus vis à vis de leurs enfants sans pénalité aucune), pour le dernier maillon -l'enfant/l'élève- qui devra faire "avec" et un peu mis à l'écart revendiquera ce qu'il considère comme un "plus" puisque c'est ce qui est seriné.
Malheureusement le portail des études se ferme, certains dialectes/patois etc. n'étant pas considérés -même correctement parlés- comme un équivalent au bilinguisme.
--


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