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Message Publié : 16 Août 2018 23:17 
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Eginhard
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
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Je créé ce fil transversal pour parler des financiers et toutes les activités, donc des personnes, qui sont liées à l'argent dans l'Histoire .

Il s'agira déjà pour bien poser le problème partir de définitions à travers l'Histoire. Pour le moment je me concentre sur l'Occident, mais le fils se veut se revendique ouvert toutes les civilisations et à toutes les périodes.

Je possède quelques ouvrages sur la question notamment de petits ouvrages sur les Gens de finance au XVIIIe siècle en France, le petit Que-sais-je ? sur les Finances et financiers de l'Ancien régime ainsi que le petit Que-sais-je ? sur les Marchands et banquiers au Moyen-Âge. Aujourd'hui je ne fais que lancer le sujet mais je reparlerai dans quelques jours d'une petite bibliographie pouvant servir de base à ce petit travail. J'ai également la petite synthèse de Jean Andreau sur Banque et affaires dans le monde romain IVe siècle avt JC-IIIe siècle apr. JC..

Il va de soi que ce fil est créé dans une perspective comparatiste. Je compte sur les nombreux forumeurs pour apporter leur pièce à l'édifice, car hélas je ne maîtrise pas toutes les histoires des différentes civilisations. Il se peut que je vois trop grand, mais on verra bien.

Rapidement il s'agira dans un premier temps de parler des argentarii, des traitants (à partir du XIIe si je ne me trompe pas) puis partisans, pour parler des grands financiers de la fin du XVIIIe siècle en France.

J'essaierai aussi de trouver une iconographie quand cela est possible : par exemple sur le petit Point Seuil de Jean Andreau, on voit «le banquier à son comptoir» (Musée du Vatican).

La limite chronologique est la plus basse possible dans un sens, l'autre bout étant 1991, celle habituelle du forum. Néanmoins la finance prend une nouvelle forme après la Révolution française du moins en France mais c'est vrai pour le reste de l'Europe. Mais il ne sera pas inintéressant de voir ce que devient le financier au XIXe siècle en Europe et ailleurs...

Je suis en train de lire les quelques ouvrages que j'ai en ma possession, mais cela demande du temps, j'implore votre indulgence si le fil n'va,ce pas aussi vite qu'on le veut... :rool: B)

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«Κρέσσον πάντα θαρσέοντα ἥμισυ τῶν δεινῶν πάσκειν μᾶλλον ἢ πᾶν χρῆμα προδειμαίνοντα μηδαμὰ μηδὲν ποιέειν»
Xerxès, in Hérodote,

Ἐφελκυσάμην δὲ οὔτινα Μοῦσαν ὀθνεία.
Théocrite, Ep. XXII

«L'Empereur n'avait pas à redouter qu'on ignorât qu'il régnait, il tenait plus encore à ce qu'on sût qu'il gouvernait[...].»
Émile Ollivier, l'Empire libéral.


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Message Publié : 17 Août 2018 5:19 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 10 Fév 2014 7:38
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Localisation : Versailles
Je n'y connais pas grand chose et ne voudrais pas jouer à l'expert mais je crois pouvoir indiquer une double fracture chronologique.

La Révolution de 1789 marqua en effet une première rupture puisqu'elle provoqua une modification radicale du financement de l'Etat.

Mais la révolution industrielle en marqua une seconde puisqu'elle vit la création du métier moderne de banquier avec l'apparition de phénomènes massifs tels que la tenue des comptes de dizaines puis de centaines de milliers de clients et l'octroi de prêts considérables à un nombre important de clients , le tout dans un contexte et croissance économique .

En tout cas, cela me semble un très bon sujet de débat. Merci de l'avoir proposé !


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Message Publié : 17 Août 2018 6:01 
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Eginhard
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
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Oui en Europe la grande coupure c'est l'ère des Révolutions, et particulièrement en France. Dans sa conclusion , Guy Chaussinand-Nogaret le dit bien :

G.Chaussinand-Nogaret, Gens de finance au XVIIIe siècle, p.145 a écrit :
La crise financière, qui a profondément modifié la situation antérieure, a débouché sur trois innovations : contrôle de la gestion des finances publiques par la nation, perception directe des impôts, suppression du type de financiers d'Ancien Régime.


Il parle, je suppose, de la crise financière de la fin du XVIIIe siècle qu'il prolonge sans doute à celle de la Révolution (les assignats).

Je voulais revenir ce matin (je suis tombé du lit) sur une remarque à propos des titres des quelques ouvrages que je possède : je parlais de l'importance du vocabulaire, mais il me semble qu'on s 'en aperçoit rien qu'aux titres des ouvrages consacrés aux «financiers» : en effet, le petit ouvrage de Jacques Legoff s'intitulent Marchands et banquiers au Moyen-Âge, quand celui de Jean Andreau s'intitule, Banque et affaires dans le monde romain, mais son ouvrage publié a l'EFR s'intitule quant à lui La vie financière dans le monde romain. Les métiers de manieurs d'argent (IVe siècle avt J.-C.- IIIe siècle apr. J.-C.); celui de Guy Chaussinand-Nogaret, Gens de finance au XVIIIe siècle, et pourtant celui-ci montre bien l'interpénétration (pas totale cependant) entre le monde la finance et le négoce ou plus généralement le monde des affaires.

Le moyen-Âge ignore le terme de «financier» (à part peut-être parfois les historiens) on parlera plutôt d'"Hommes d'affaires» où l'on voit que se mêlent à la fois les métiers du négoce et de la banque :

Jacques Legoff, Marchands et banquiers, p.6 a écrit :
Hommes d'affaires, a t-on dit, et l'expression est excellente car elle exprime l'étendue et la complexité de leurs intérêts : commerce proprement dit, opérations financières de tous ordres, spéculation, investissements immobiliers et fonciers. On s'est contenté d'évoquer ici pour les nommer les deux pôles de leur activité : le commerce et la banque. D'ailleurs, pour désigner les plus puissants, les plus représentatifs d'entre eux, le Moyen-Âge lui-même n'a-t-il pas employé le terme de marchands-banquiers ?


Ce que je voulais souligner, c'est qu'il n'y pas uniformité dans l'Histoire, tous ces «métiers» ne sont pas intitulés «gens de finances» ou «financiers», par exemple.

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Message Publié : 17 Août 2018 6:41 
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Eginhard
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
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Une autre remarque également sur le long terme : il n'y a pas de femmes exerçant le métier de finance, même si au Moyen-Âge il me semble que les épouses des marchands-banquiers pouvaient se substituer à leur mari...mais je ne l'ai pas lu récemment.

En tous cas pour ce que j'ai lu (et au encore sous les yeux), pour des raisons évidentes en France à l'époque moderne et en particulier au XVIIIe siècle, le métier de financier étant lié à un office du Roi, on n'y trouve pas de femmes. Ce qui ne veut pas dire que les femmes n'ont pas été liées aux activités de finance mais pas officiellement en tous cas. Je retrouverai plus tard des noms de duchesses ou de marquises (?) au XVIIIe siècle dans ce cas...

Jean Andreau pour sa période le dit bien :

Jean Andreau, 68 a écrit :
Nous ne connaissons aucune femme qui ait exercé l'un ou l'autre de ces quatre métiers. D'ailleurs, le métier d'argentarius était, semble-t-il officiellement interdit aux femmes, comme l'écrit Callistrate (Dig., 2,13,12 (lib. I edicti monitorii) : Feminae remotae videntur ab officio argentarii, cum ea opera virilis sit)

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Message Publié : 17 Août 2018 8:59 
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Inscription : 27 Avr 2004 17:38
Message(s) : 10268
Localisation : Région Parisienne
Pour le Moyen-Age, il y a L'or et les épices de Favier et la naissance du capitalisme au Moyen-Age de Heers.

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Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (Guillaume le Taciturne)


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Message Publié : 17 Août 2018 9:52 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 23 Déc 2010 13:31
Message(s) : 608
Un autre événement qui marque une rupture est l'invention (ou peut-être redécouverte) de la comptabilité en partie double, qui va être développée par les banquiers lombards au cours du treizième siècle, avant d'être formalisée et codifiée à la fin du quinzième siècle (et diffusée grâce à l'imprimerie). Cette forme de comptabilité facilite le suivi des échanges financiers, permet un meilleur suivi des opérations et une connaissance immédiate des fonds disponibles, prêtées, bref, de disposer d'un bilan financier exact à tout moment.


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Message Publié : 17 Août 2018 10:52 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Inscription : 05 Oct 2005 20:39
Message(s) : 1754
Localisation : Lyon-Vénissieux
Je vous recommande chaudement un livre de Niall' Ferguson professeur à Harvard intitule, "L irresistible ascension de l argent". Le livre est passionnant, expose bien les mecanismes economiques et comprend de nombreuses citations des gens de l epoque.
Il a le mérite d être relativement récent (2008).
C'est l un des meilleurs livre d histoire économique que j ai jamais lu.

Il y aussi les livres de Fernand Braudel dont "la dynamique du capitalisme".

_________________
Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvé dans un cimetière des Alpes

La science de l'histoire est une digue qui s'oppose au torrent du temps.
Anne Comnène, princesse byzantine (1083-1148)


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Message Publié : 17 Août 2018 18:50 
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Eginhard
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
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Merci de vos réponses, j'intégrerai vos titres dans ma petite bibliographie....que je posterai sous peu...

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Message Publié : 21 Août 2018 11:35 
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Salluste
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Inscription : 16 Déc 2006 15:45
Message(s) : 290
Je n'y connais absolument rien, mais je viens de tomber sur cet article wikipedia sur "L'histoire des bourses de valeurs" avec une énorme bibliographie à la fin. Vous y trouverez peut-être des références intéressantes: https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_bourses_de_valeurs


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Message Publié : 23 Août 2018 16:47 
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Eginhard
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
Message(s) : 927
Merci Walsingham. c'est une facette annexe du sujet, je pense, qui touche au capitalisme et un peu au pré-capitalisme. D'ailleurs c'est amusant mais on ne retrouve aucun de mes livres (que-sais-je ? et autres) dans la bibliographie finale, peut-être parce que la période concernée touche plutôt le XIXe siècle et moins l'époque moderne, malgré quelques paragraphes sur le XVIIe et XVIIIe siècle.


Je continue sur des perpesctives grâce à quelques définitions : je vais citer des extraits du petit livre sur les gens de finance pour bien montrer que le terme «financier» a au XVIIIe siècle un sens bien précis :

G.Chaussinand-Nogaret, Gens de finance au XVIIIe siècle, p. 5-6 a écrit :
Necker , dans son livre célèbre, De l'Administration des finances de la France, les [les financiers] a définis d'une phrase : «On donne le nom de financiers, en France, aux différentes personnes qui sont chargées du recouvrement des revenus publics soit comme receveurs, soit comme fermiers, soit comme régisseurs ; et l'on comprend encore sous cette dénomination les trésoriers qui paient les dépenses de l'État, le banquiers de la cour qui remplissent le service des Affaires étrangères et les diverses personnes qui, moyennant un droit de commission, font des avances sur les rentrées plus ou moins régulières des impositions.» Tout manieur d'argent n'est donc pas financier. Seul mérite ce titre, sous l'Ancien régime, celui qui manipule les deniers publics, c'est-à-dire les finances du prince.


Mais on note un léger changement entre le XVIe-XVIIe siècle et le XVIIIe siècle :


idem, p.10 a écrit :
Dans le domaine financier, une équipe de capitalistes, d'officiers du roi, qui tiennent à la fois du fonctionnaire et de l'aventurier, personnage d'un type non pas nouveau, mais qui trouve alors son équilibre et sa maturité, prennent le relais des partisans, banquiers, affairistes de tout poil, auxquels Louis XIV avait livré son royaume pour assurer les besoins de sa trésorerie, financer ses armées, payer les opérations militaires et satisfaire les exigences de la diplomatie.


Et pour définir en quelques mots les caractères (originaux) de l'organisation financière française : ( :rool: )

idem, p.11 a écrit :
L'organisation financière du royaume de Louis XIV a progressé depuis Colbert sans se transformer radicalement. Le XVIIIe siècle, qui hérite les méthodes vieilles de plusieurs siècles partiellement rénovées, n'y apportera que des aménagements de détail et, malgré ses efforts et les idées louables de théoriciens peu écoutés, ne parviendra jamais à en réformer la totalité des abus.


idem, p. 15 a écrit :
Jusqu'en 1714, toute préoccupation financière est dominée par une priorité absolue : financer régulièrement les armées, les ravitailler, payer les traitements des officiers et le prêt des troupes, sous peine de voir les effectifs fondre et les régiments se décompose. Le roi, n'ayant aucune organisation de trésorerie capable de faire face à des besoins qui ne s'accommodaient d'aucun retard, passait des contrats avec des banquiers. Ceux-ci s'engageaient à faire des avances mensuelles et acceptaient des remboursements différés en exigeant, bien sûr, de gros intérêts. Ces banquiers étaient aussi des officiers de finance, comme Antoine et Pierre Crozat, que des spécialistes des affaires bancaires comme Hogguer.


Le problème financier des guerres reviendra aussi au XVIIIe siècle. Si je ne me trompe, souvenir d'un cours de Monsieur Butel, la construction d'un navire de guerre coûte environ 1 million de livres (tournois) vers 1760.

Je n'oublie pas la petite bibliographie qui sera succincte je vous rassure.... lol

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