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Message Publié : 09 Oct 2019 8:46 
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Jean Froissart
Jean Froissart
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
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Je vous propose dans ce nouveau fil de recenser les attentats politiques dans l'Histoire, mais on peut élargir à d'autres formes d'attentats (par exemple celui de John Lenon, mais ce n'est qu'un exemple).

Je suis parti du livre de Jacques Heers, Le Clan des Médicis (p. 210) : où il nous décrit l'attentat raté contre Laurent le Magnifique (son frère par contre est tué) à la fin du XVe siècle.

Voici la liste que j'ai rapidement dressée :

- Jules César aux Ides de mars 44

- «Attentat» d'Agnani (8 septembre 1303) ?

- Attentat contre Laurent le Magnifique dans l'église San

- La mort du duc de Guise (?)

- Attentat de Ravaillac contre Henri IV en 1610

- Attentat de Damiens sur la personne de Louis XV, le 5 janvier 1757

- Attentat de la rue Saint-Nicaise contre le premier consul, 3 nivôse an IX (24 décembre 1800)

- Attentat de Fieschi contre Louis-Philippe le 29 juillet 1835

- Napoléon III et l'attentat d'Orsini le 14 janvier 1858 devant l'Opéra

- Archiduc François Ferdinand à Sarajevo en juillet 1914

- Casimir Périer (9 décembre 1893 par Auguste Vaillant à la chambre des députés, un des attentats anarchistes de cette période.

- Attentat réussi contre le président Sadi Carnot le 24 juin 1894 par Caserio.

- Attentat contre le roi Alexandre 1er de Yougoslavie, le 98 octobre 1934, où le Ministre des Affaires étrangères Louis Barthou trouve la mort après une blessure mortelle au bras (en fait c'est un policier français qui lui a tiré dessus) à Marseille.

- Les attentats contre Hitler, notamment vers la fin de la guerre celui du colonel Stauffenberg. Churhchill a t-il été l'objet de tentatives ? Il ne me semble pas...

- Attentat contre JF Kennedy en 1963 à Dallas (qui n'es toujours pas complètement résolu su je ne m'abuse)

- Attentat du «Petit Clamart» contre De Gaulle, mais il y en a d'autres il me semble déjoués la plupart du temps.

- Attentat d'Anouar El Sadate le 6 octobre 1981

- Attentat contre Jean-Paul II, qu'on peut considérer comme en partie politique. (Voir le fil qui lui est consacré sur le forum)

- Tentative d'attentat contre le président Reagan lors de son mandat.


Je vous conseille la lecture de cette partie de site mais sur le XIXe siècle européen uniquement :
Charlotte DENOËL, « Les attentats politiques au XIXe siècle », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 09 octobre 2019
https://www.histoire-image.org/fr/etudes/attentats-politiques-xixe-siecle


Ce sont là les plus connus ceux que l'Histoire a retenus. Ce sont souvent des monarques ou des chefs d'État mais pas toujours.

Je n'ai pas vérifié n'ayant pas de biographie de Philippe Pétain, mais y -a t-il eu des tentatives d'attentat contre la personne du Maréchal ? . Il y a aussi les attentats orchestrés par l'IRA. En Afrique, depuis les décolonisations et jusqu'en 1991 y a t-il des attentats politiques connus ? La mort de Marat est-elle un attentat ?

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«Κρέσσον πάντα θαρσέοντα ἥμισυ τῶν δεινῶν πάσκειν μᾶλλον ἢ πᾶν χρῆμα προδειμαίνοντα μηδαμὰ μηδὲν ποιέειν»
Xerxès, in Hérodote,

«L'Empereur n'avait pas à redouter qu'on ignorât qu'il régnait, il tenait plus encore à ce qu'on sût qu'il gouvernait[...].»
Émile Ollivier, l'Empire libéral.
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Message Publié : 09 Oct 2019 10:08 
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Salluste
Salluste

Inscription : 10 Juil 2009 19:57
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Vous écrivez "Tentative d'attentat" contre Ronald Reagan,mais on peut dire attentat.
Le président Reagan a été touché et gravement blessé. Quatre personnes sont touchées en plus de Reagan et l'une d'elles décédera de ces blessures des années plus tard.
Cet attentat n’était pas politique , le tireur a été reconnu non coupable pour cause d'aliénation mentale, il voulait attirer l'attention de l'actrice Jodie Foster.

Concernant les USA , vous pouvez ajouter les présidents Lincoln , Garfield et Mac Kinley qui ont été assassinés.

En France, il y a eu Paul Doumer, assassiné par Paul Gorgulov en 1932. Gorgulov aurait tué Doumer à cause de la non intervention de la France dans la guerre civile russe.


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Message Publié : 09 Oct 2019 10:35 
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Jean Froissart
Jean Froissart
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Inscription : 28 Avr 2006 23:02
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Localisation : Orne
Le titre devrait être "Les attentats contre les chefs d'Etat", car vous ne citez aucune personne n'ayant pas ce statut.

L'exception dans votre liste, serait Henri de Guise, seulement duc.
Si vous citez Henri de Guise et Henri IV, il manque évidement le troisième Henri, le roi Henri III assassiné en 1589.

Si vous permettez une extension aux hommes politiques non-chefs d'Etat, mais importants, il faudrait citer l'assassinat de Jean Jaurès, opposé à la guerre de 14-18.
Si vous permettez une extension plus large, alors seront cités tous les morts de la Saint Barthélémy, de la Fronde, des guerres, etc.

Mais mon malaise vient du caractère trop général de cette liste. En effet, il faudrait sûrement y inclure Concini, qui était indéniablement un véritable escroc.
Vous obtiendrez donc des personnes, que l'on plaindrait en tant que victimes, alors que certaines d'entre elles étaient elle-mêmes des criminelles.


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Message Publié : 09 Oct 2019 11:04 
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Eginhard
Eginhard

Inscription : 23 Déc 2010 13:31
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Il y a aussi, en vrac (et sans se limiter aux chefs d'Etat), les attentats contre :
Philippe II de Macédoine,
Elisabeth d'Autriche (Sissi),
Leon Trotski,
Mohandas Gandhi,
Fayçal II d'Arabie saoudite,
Indira Gandhi,
Olof Palme,
Bachir Gemayel,
Rajiv Gandhi,
Ytzhak Rabin, etc.

Mais, sans être infinie, je pense que la liste va être très très longue.


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Message Publié : 09 Oct 2019 12:11 
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Inscription : 10 Fév 2009 0:12
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"Les attentats contre les chefs d'état" me semble un bon titre. (il me semble que si on étend à tous les attentats politiques la liste va être infinie.) Sachant que par "attentat" on entend "assassinat ou tentative manquée."

Henri de Guise fait exception, mais à mes yeux ce n'est pas un attentat, mais une exécution décidée par Henri III.

A la même période, il me semble qu'il y a l'assassinat de Guillaume le Taciturne, chef des Hollandais (protestants) J'ignore son titre exact : Stathouder ?

Concernant la France, j'avais fait un article "France - Présidents assassinés" sur un forum récréatif aujourd'hui inactif.
Pour la France votre liste (au 20e siècle) oublie quelques tentatives : (on oubliera celle contre Chirac, où le tireur, placé dans la foule, a été désarmé par ses voisins.)
Pierma a écrit :
Clemenceau a eu plus de chance. Au matin du 19 février 1919, alors qu’il se trouve à l’arrière de sa voiture, rue de Rivoli, l'anarchiste Emile Cottin lui tire dessus à trois reprises. Une balle, jamais extraite, se loge dans l’omoplate à quelques millimètres de l’aorte. L’attentat déclenche dans la population et dans la presse une émotion extraordinaire. Au sortir de la Grande Guerre, Clemenceau est déjà une légende vivante. Six jours plus tard, il reprend ses activités, faisant preuve d'une belle vigueur pour son âge. (78 ans) Il obtiendra que l’auteur de l’attentat soit gracié.

De Gaulle , lui, a carrément la baraka. ( "Je dois être l’écrivain sur lequel on a le plus tiré." )

Il est blessé 3 fois pendant la Grande Guerre. En mai 1940, il commande au feu la 4ème Division Cuirassée – la dernière – qui tente de couper les blindés allemands en route vers Dunkerque. A la fin de la guerre d’Algérie, après le putsch des généraux en 1961, il devient l’homme à abattre pour les partisans de l’OAS – Organisation Armée Secrète - qui veulent stopper les négociations engagées en vue de l’indépendance.

La police réussit à déjouer une bonne dizaine d’attentats au stade de la préparation. Elle n’évitera pas 3 ou 4 attentats effectifs. D’abord au Mont Faron, à Toulon, où une bombe explose après le passage du général.

Ensuite à Pont sur Seine, sur la route de Colombey. La voiture présidentielle se trouve soudain face à un mur de flammes : son chauffeur passe au travers. On découvrira plus tard que le fut d’essence qui a enflammé la route contenait 2 kg de plastic, qui n’a pas explosé.

Enfin, après une tentative manquée de mitraillage de voiture à voiture (sur la voie sur berge, rive droite) c’est l’attentat du Petit-Clamart, le 22 août 1962, désigné par ses auteurs sous le nom d’opération Charlotte Corday. (A cette date les accords d’Evian sont signés depuis le mois de mars.)

Tirée au passage par deux fusils mitrailleurs, la voiture présidentielle encaisse 14 impacts. On retrouvera 160 douilles sur les lieux. Son chauffeur réussit pourtant à la mener jusqu’à l’aéroport de Villacoublay, malgré 2 pneus crevés et une boite de vitesse bloquée. Les passagers sont indemnes.

Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.


Mais bon, le 20e siècle, pour les chefs d'état, c'est un festival : :rool:

Edit : je vois que ThierryM vient de m'en souffler une belle brochette.

Indira Ghandi a été tuée par un des membres de sa garde sikh, garde sikh à qui elle avait décidé de maintenir sa confiance, malgré le fait que l'armée indienne avait réprimé peu avant une insurrection des Sikhs, détruisant en particulier le temple d'Or d'Amritsar, où de nombreux combattants s'étaient retranchés. Plutôt que d'en venir à bout en corps à corps, et malgré le caractère sacré du temple pour les Sikhs, l'armée indienne a trouvé plus simple de le faire détruire par l'artillerie. Un sacrilège absolu.

J'y ajouterais volontiers :

Lénine, qui se prend quelques balles de la "terroriste" Dora Kaplan. Dommage... (Mais les séquelles sont à l'origine de son décès précoce, il me semble.)

Le chancelier autrichien Dolfuss, victime d'un putsch raté des nazis locaux, en 34. Tir prétendu "accidentel" d'un nazi maladroit, je cite cette "excuse" juste pour rire.

Anouar el Sadate

Hassan II (Il y a eu l'attaque d'avions de chasse contre son Boeing, percé comme une écumoire, dont il se tire par la ruse, mais aussi la tentative de putsch des parachutistes à Sakhiet.)

Ngo Dim Diem, président du Vietnam du Sud, victime d'un putsch militaire approuvé par la CIA en 63.

Salvador Allende, au Chili en 73, victime du putsch de Pinochet. (Carrément organisé par la CIA) :rool:

Amin Hafizullah, marionnette soviétique en Afghanistan, qui donnait quelques soucis à ses maitres. Les conditions de son remplacement sont peu banales : un commando de Spetnaz - forces spéciales russes - habillés en soldats afghans débarque à l'aéroport et prend son palais par surprise.

Mohammad Najibullah, la marionnette soviétique suivante, abandonné par les Russes et tué par les Talibans au moment de la prise de Kaboul.

Je suis tombé sur ces deux là en cherchant Babrak Karmal, dont je me souvenais, mais cette autre marionnette remplacée est morte dans son lit... à Moscou. (Ils les collectionnaient, ou quoi ?)

Patrice Lumumba, premier chef d'état de l'ex-Congo belge, que les Belges, justement, ont trouvé intelligent de faire remplacer par Mobutu, pour préserver leurs intérêts miniers. C'est devenu une figure emblématique de la décolonisation.

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 09 Oct 2019 12:20 
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Eginhard
Eginhard

Inscription : 19 Fév 2011 17:03
Message(s) : 719
Si l'on cherche à circonscrire le champ des possibles, peut-on observer par exemple si:
- il y a t'il des "âges d'or" de l'attentat contre les hommes d'Etat? (en France: Belle Epoque + entre-deux guerres? Mais il y a l'OAS, aussi)
- il existe une sorte de tradition américaine d'attentat contre ses présidents?

Et j'ai l'impression qu'à l'heure actuelle, les systèmes de protection rapprochés font qu'un attentat contre un homme d'état est devenu quasiment impossible. Celui qui veut commettre des attentats politiques s'attaque désormais à des civils.


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Message Publié : 09 Oct 2019 13:13 
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Polybe
Polybe

Inscription : 13 Oct 2016 8:18
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Je rejoins Oliviert sur cette question de terminologie en soumettant quelques interrogations:
- Le meurtre d'Henri II est-il un attentat politique ou religieux, ou les deux ?

- La notion d'attentat politique est essentiellement liée à celles de subversion, de violation d'un ordre établi, mais comment qualifier des meurtres perpétrés sur ordre d'une autorité ? La destruction du DC-10 d'UTA sur ordre du pouvoir libyen en 1989 par exemple ne fait guère débat quant à sa qualification, mais l'assassinat de Jean sans Peur (le Dauphin, futur Charles VII) ou Guillaume d'Orange cité par Pierma (Philippe II, le roi d'Espagne qui avait mis sa tête à prix) ne me semblent guère différer quant à leur nature. Idem pour un exemple très récent, celui du meurtre de Jamal Khashoggi dans les locaux diplomatiques d'Arabie Saoudite à Istanbul qui semble démontrer que le langage journalistique ne qualifie jamais d'attentat cette opération, se borant à celui de meurtre, sans pour autant montrer de doute, et encore moins de complaisance vis-à vis de son commanditaire présumé. N'ont-ils pas pourtant toutes les caractéristiques d'un attentat ? Mon sentiment est que l'usage préfère le terme de "crime d’État" quand l'instigateur n'est pas un sujet révolté mais un pouvoir installé, qu'il soit tyrannique ou légitime.

- L'attentat politique est-il seulement une entreprise criminelle visant l'intégrité d'une ou plusieurs personnes ? Aujourd'hui, l'actualité semble réduire à cette acception le terme d'attentat, ou à tout le moins métaphoriser son usage (attentat contre la planète, contre la langue, attentat à la pudeur, etc...) mais il n'en était pas de même dans le passé (le XIXème siècle me semble à cet égard marquer une rupture, en particulier sous la Monarchie de Juillet, avec le nombre élevé d'entreprises contre la personne du roi, et surtout avec la naissance de la radicalité anarchiste à partir des années 70); donc peut-on admettre que cela concerne aussi comme auparavant des droits ou des principes ? Ainsi, un putsch est-il un attentat politique ? Victor Schoelcher par exemple parle en 1852 "d'attentat du 2 décembre" pour qualifier le coup d'Etat de L.N Bonaparte, à l'instar de Victor Hugo.

Pour conclure, et pour peut-être organiser cette question et aller plus loin qu'une simple liste qui me semble un peu fourre-tout, il me paraît utile de distinguer l'attentat politique répressif de l'attentat politique subversif, et d'inclure dans la notion d'attentat politique des transgressions abstraites à un ordre établi.


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Message Publié : 09 Oct 2019 14:54 
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Jean Froissart
Jean Froissart
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
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Je vous remercie pour vos réponses. Effectivement, au départ, je pensais me circonscrire plutôt aux chefs d'États ou monarques de Royaumes, et donc on peut changer le titre du fil.

J'ai mangé à midi avec des amis historiens et je leur ai posé la question : ils ont comme vous rajouté quelques noms à ma liste préliminaire, qui ne se voulait pas exhaustive. J'avais oublié effectivement les chefs d'État américains sauf Reagan auquel j'avais pensé mais dans ma tête l'attentat avait été moins «efficace» que cela, je l'ai donc involontairement minimisé. J'avais pensé à Lincoln bien sûr, mais je l'ai oublié dans ma liste finale... :oops: Quant aux deux autres (Garfield et McKinley, je n'y avais pas pensé par ignorance, je pense).

Je pense que personne n'a cité Piotr Stolypine, ministre d'Alexandre II, tué le 18 septembre 1911 à Kiev.


Mais finalement dans liste qui n'était pas complète loin s'en faut, comme vous le dites, il n'y a que des chefs d'État ou rois, à part le duc de Guise (j'avais mis un "?" parce que je doutais un peu que ce soit un véritable attentat, quoiqu'on peut en débattre). En effet on parle plutôt de l'«assassinat du duc de Guise» et cela orchestré par un roi de France. D'où la question que l'on peut se poser : faut il distinguer les attentats orchestrés par d'autres hommes politiques au pouvoir à partir d'autres pays ou dans le même pays et ceux organisés par un seul homme ou un petit groupe d'hommes de façon presque autonomes ? Il y a aussi le cas d'attentats dus à déséquilibrés qui restent me semble-til minoritaires dans l'Histoire (ex que vous complétez celui de Reagan).

Tous les noms que nous venons de donner sont à mon sens dans leur très grande majorité des attentats ou tentatives d'attentats politiques
De celui de Philippe II de Macédoine (que j'avais oublié) à celui de Jean-Paul II (avant 1991 ? date de la borne chronologique du forum)...

Plus un État est fort et autoritaire je suppose que le risque d'attentats est réduit avec une police qui empêche toute organisation en amont d'attentats. Louis XIV n'en a pas connu je crois pas directement (il a eu des opposants certes).

On peut tenter aussi de classifier les motivations/motifs de ces attentats, mais une chose ressort : c'est l'élimination physique qui prévaut comme dernier recours.

Je vais revenir sur l'attentat manqué de Laurent le Magnifique, considéré par les Historiens comme un «gentil dictateur» à Florence.

L'attentat est la plupart du temps organisé, pensé à l'avance. Il se déroule en général lors d'une apparition publique de la personne que l'on veut éliminer. (soit statique soit lors d'un déplacement public). Effectivement à des motivations politiques peuvent se mêler, mais très étroitement alors il me semble, des motivations autres telles que religieuses , dans le Royaume de France par exemple au moment des guerres de religion. L'attentat de manière générique vise t-il pour ce qui concerne les chefs d'État/ Rois à remplacer le dynaste par un autre/une autre famille? ou bien sert il juste à empêcher la cible d'aller plus loin et de continuer sa politique ?

@Hubris : il faut que relise ce que vous avez marqué pour répondre plus longuement.

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«Κρέσσον πάντα θαρσέοντα ἥμισυ τῶν δεινῶν πάσκειν μᾶλλον ἢ πᾶν χρῆμα προδειμαίνοντα μηδαμὰ μηδὲν ποιέειν»
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«L'Empereur n'avait pas à redouter qu'on ignorât qu'il régnait, il tenait plus encore à ce qu'on sût qu'il gouvernait[...].»
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Message Publié : 09 Oct 2019 16:17 
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Localisation : Alsace, Colmar
Coté empereurs romains, il en manque quelques uns .... ;) Les mauvaises langues pourraient prétendre qu'il est plus court de faire la liste de ceux uqi ne sont pas décédés dans ce qu'on pourrait nommer un attentat.

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Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
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Message Publié : 09 Oct 2019 16:46 
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Jean Froissart
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
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N'y a t-il pas une spécificité de l'époque impériale après le 1er siècle, les Empereurs soldats, qui effectivement assassinent/éliminent l'Empereur pour prendre la place ?(avec l'appui des troupes évidemment). Une instabilité qu'on ne retrouve pas vraiment dans le reste de l'Histoire il me semble...

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Message Publié : 09 Oct 2019 17:30 
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Inscription : 10 Fév 2009 0:12
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Vézère a écrit :
Si l'on cherche à circonscrire le champ des possibles, peut-on observer par exemple si:
- il y a t'il des "âges d'or" de l'attentat contre les hommes d'Etat? (en France: Belle Epoque + entre-deux guerres? Mais il y a l'OAS, aussi)

En France, on dirait plutôt que les assassinats de chefs d'état (ou de chefs du gouvernement) sont liés à la République. (Sous la 3ème c'est une hécatombe et la 5ème commence en fanfare. Concernant la 4ème, je paraphraserais volontiers un mot cruel de De Gaulle - sur le président Lebrun - pour dire qu'on n'y assassina aucun chef d'état, faute qu'il y eût des chefs... et qu'il y eût un état.)

Mais les guerres de religion ont été aussi une période faste pour les assassinats de toutes sortes, et on peut y compter Henri III et Henri IV, comme chefs d'état.
Citer :
- il existe une sorte de tradition américaine d'attentat contre ses présidents ?

Non, mais il existe une tradition américaine de la possession d'armes à feu.

Ce qui explique que le Service Secret compte 4000 agents ! (Le "Secret Service" correspond à notre Service de Protection des Hautes Personnalités - qui change de nom tous les ans, donc je ne vous garantis pas l'appellation - fournisseur de gardes du corps, la partie visible, auquel s'ajouterait une police judiciaire qui enquête sur TOUTES les menaces émises, où que ce soit, contre la vie du Président. En gros, il suffit qu'un ivrogne invétéré lâche un soir dans un bistrot pourri de Seattle qu'il tuerait bien le président, pour que le Secret Service lance immédiatement une enquête très sérieuse : les armes en vente libre imposent des précautions draconiennes.
Au passage, les complotistes confondent systématiquement le Secret Service avec "les services secrets américains", alors qu'il doit y en avoir 6 ou 7...)

Citer :
Et j'ai l'impression qu'à l'heure actuelle, les systèmes de protection rapprochés font qu'un attentat contre un homme d'état est devenu quasiment impossible. Celui qui veut commettre des attentats politiques s'attaque désormais à des civils.

Alors là vous rêvez ! Les snipers capables de tirer un homme à 800 m courent les rues, le matériel n'est pas inaccessible, et de plus les présidents rencontrent si volontiers le public, que tous les services de protection savent bien qu'une protection étanche n'existe pas. Il est donc vrai qu'ils ont atteint dans nombre de pays un niveau de professionnalisme impressionnant, ce qui nécessite donc soit un attentat bien monté, soit un individu anonyme prêt à sacrifier sa vie. Mais "quasiment impossible", non.

Non, je crois simplement qu'avec la fin de la période des indépendances (et la stabilisation, tout de même, avec le temps, d'une grande partie de ces nouveaux pays) et avec la fin de la Guerre Froide (même remarque) c'est le nombre des motivations à l'assassinat d'un chef d'état qui a diminué. La planète est politiquement plus calme. (je cite toujours l'exemple de l'Amérique du Sud, parce que c'est là que ça se remarque avec le plus d'évidence, mais malgré des foyers ou des causes persistantes d'affrontement, globalement le niveau de violence à décru en 50 ans.)

Hubris a écrit :
Je rejoins Oliviert sur cette question de terminologie en soumettant quelques interrogations:
- Le meurtre d'Henri II est-il un attentat politique ou religieux, ou les deux ?

Vous voulez parler d'henri III, je pense ?

Pour moi, je dirais que dès qu'on se trouve en situation de guerre civile (quelque soit la cause) un meurtre de chef d'état est politique : il entre dans le cadre d'une lutte pour le pouvoir.

Citer :
Pour conclure, et pour peut-être organiser cette question et aller plus loin qu'une simple liste qui me semble un peu fourre-tout, il me paraît utile de distinguer l'attentat politique répressif de l'attentat politique subversif, et d'inclure dans la notion d'attentat politique des transgressions abstraites à un ordre établi.

@Oulligator : je crois que vous avez là la séparation en deux catégories que vous cherchiez.

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Message Publié : 11 Oct 2019 8:57 
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Plutarque
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Inscription : 24 Jan 2012 23:20
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Chipéric 1er et Sigebert 1er
Deux rois mérovingiens assassinés lors de la faide royale opposant Galswinthe à Frédégonde


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Message Publié : 14 Oct 2019 15:57 
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Jean Froissart
Jean Froissart
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
Message(s) : 1002
J'essaie de résumer l'attentat raté (à moitié) contre Laurent le Magnifique à Florence en 1478. Tiré du livre de Jacques Heers, Le clan des Médicis, Tempus, Perrin, N°449 : j'ai laissé les causes, la préparation, le fait lui-même et les résultats. (pp.224-235)



LES CAUSES

Jacques Heers a écrit :
Les Médicis perdaient plusieurs soutiens dans l’Église et de grosses sommes d’argent. Ils s’en prirent aux Pazzi, qui subirent toutes sortes de persécutions, attaques du fisc, basses suspicions policières et humiliations insupportables. Il est clair que les Pazzi n’auraient pas connu une telle disgrâce dans Florence, n’auraient jamais songé à réunir des complices pour assassiner Laurent et son frère s’ils n’étaient devenus les banquiers de la Chambre apostolique. Famille très ancienne,[...]

Pourtant, dans le temps où s’affirmaient les Médicis, dans les premières années 1400, ils se sont forgés sinon une grande notoriété, du moins une réelle assise sociale et une belle fortune.

Dans Florence, les Pazzi s'étaient alliés ou ralliés à Côme dès son retour en 1434 et comptaient parmi les fidèles de son parti.[...]

Ils ont fait mieux que survivre, mais, devenu maître de Florence, Laurent prit ses distances. Le chef des Pazzi était alors Jacopo «que sa naissance et sa richesse avaient fait décorer du titre de chevalier»

C’était l’un des plus riches et des plus solides lignages de tout Florence, assez puissant pour porter ombre aux Médicis qui étaient moins nombreux et, en ces années-la, moins assurés du concours de leurs parents. On les enviait et la rumeur laissait entendre que Jacopo voulait gouverner Florence comme un tyran; on disait que sa façon de vivre, de s’entourer d’une suite de partisans n’était pas celle d’un bon citoyen.
Entre les deux familles, les deux clans plutôt, ce ne furent que méfiance, mauvais vouloir et mauvaises pratiques puis rancœur et projets pour faire payer les affronts ou les oublis. Sans nulle vraie raison, usant d’un lamentable prétexte, ils obligèrent Francesco Pazzi, qui se trouvait à Rome pour gérer les affaires familiales, à regagner Florence sans délai. Un tribunal dépouilla un Pazzi, Giovanni, de l'héritage de son beau-père, Borromeo, mort sans héritier male, pour le au neveu, Carlo Borromeo.



La PRÉPARATION

Jacques Heers a écrit :
Les Pazzi, si distingués par leur noblesse et leur fortune ne pouvaient souffrir tant d’injustices et cherchèrent les moyens de se venger. L’âme du complot fut Francesco qui, résidant plus souvent à Rome qu’a Florence s’entendit avec Girolamo Riario, le neveu du pape, pour recruter d’autres complices. Ils affirmaient changer le gouvernement de Florence, rendre à la ville «ses libertés» et savaient qu’ils ne pourraient y parvenir sans mettre a mort Laurent et Julien, dont les amis contrôlaient si bien les rouages du pouvoir et les modes de désignation des magistrats que rien ne pouvait leur être opposé par les moyens ordinaires. Ils en informèrent le pape et le roi de Naples qui ne firent rien pour les dissuader, puis l'archevêque de Pise, Salviati, qui promit de les aider. Francesco regagna Florence pour rallier les membres du clan. Encore peu nombreux mais sans cesse encouragés par l'archevêque Salviati et se assurés du soutien de l’opinion populaire, qui, ne supportait plus Laurent et sa cour de 11s mirent dans la confidence, pour en faire chef, Giovanni Batista de Montesecco, un capitaine s’était, en plusieurs campagnes, illustré au service du Ils gagnèrent à leur cause presque tous les Pazzi, Jacopo, fils de Poggio, «jeune homme des belles-lettres mais ambitieux et souvent par les nouveautés». Deux parents de l’archevêque Salviati, tous deux prénommés Jacopo, les ont rejoints ainsi qu’Antonio Maffei, un clerc de Volterra qui voulait venger sa patrie martyre en 1472, et Stefano de Bagnone, chapelain des Pazzi, qui enseignait le latin à l’une de leurs filles. Le cercle s’élargit encore avec trois jeunes nobles, Napoleone Francesi, fidèle client du lignage, Bernardo Bandini Baroncelli, homme de guerre, capitaine d’aventure, et Jacopo Bracciolini, fils de Poggio, le poète et philosophe ami de Laurent.

Jacopo, le patriarche, hésita longuement et prit toutes sortes de précautions pour ne pas se compromettre. Il refusa de recevoir Montesecco dans son palais ; il alla sans le faire savoir, lui rendre visite dans son auberge et refusa tout net («ces hommes ne connaissent pas ce qu’ils veulent faire ; ils me rompent la cervelle !»). Montesecco revint à la charge, l’assurant de l’approbation du pape, mais le chef des Pazzi tergiversait encore, promettant de se décider quelques jours plus tard. Il finit par accepter mais, alors que tous les conjurés demeuraient inflexibles et disaient que Laurent et Julien devaient tous deux périr, il ne voulait frapper que l’un des deux frères. En fait, il se tint à l’écart et mit grand soin a préserver ce qui pourrait, en cas d’échec et de malheur, sauvegarder sa fortune et sauver son âme. On ne le vit paraître aux conciliabules des comploteurs mais il paya ses dettes, remis à ses amis les créances et les marchandises en dépôt chez lui et secourut largement des pauvres. Sourds aux conseils de prudence du patriarche, les conjurés s’agitaient beaucoup mais Renato et Guglielmo Pazzi, beau-frère de Laurent, ne furent jamais des leurs.

Personne n’a trahi et il faut croire que la police du médicéen n’était pas très efficace. De sombres rumeurs couraient dans Florence mais son gouvernement suscitait tant de désillusions, de mécontentements et de colère que Laurent n’y prenait garde. ll semble même que, dans ces longs temps d’incertitude, il ait plutôt travaillé à apaiser l’hostilité du pape et de Riario. Loin d’imaginer que Montesecco œuvrait à sa chute et recevait directement des ordres de Rome, il pensait se servir de lui pour négocier la paix avec Sixte IV et ne vit nulle imprudence à laisser les soldats du condottiere entrer en bon nombre dans Florence. Il rencontra leur chef à deux reprises, l'accueillant même dans sa villa de Cafaggiolo.

On savait Laurent vulnérable, trop souvent présent à la ville, mêlé a de petites foules sans autre escorte de quelques parents et amis. Il pouvait tomber sous les coups d’hommes qui se sauraient d’avance perdus mais n'hésiteraient pourtant pas à le frapper mortellement. Les conjurés voulaient agir le samedi 25 avril 1478, lors d'un banquet qu’il devait donner dans sa villa de Fiesole pour fêter le jeune Rafaelle Galeotto Riario, tout juste arrivé a la dignité de cardinal. Apprenant que Julien, qui s'était blessé lors d’une partie de chasse, ne viendrait pas, les Pazzi et leurs amis décidèrent de remettre mais, dit encore Machiavel, «il n’est rien qui déconcerte ou entrave autant une action engagée par les hommes que d’avoir brusquement et sans délai à changer tous leurs plans et a les détourner de leur direction première. Rien n’est plus essentiel que chacun des participants ait fermement arrêté dans son esprit le rôle qu’il doit remplir ; si, durant plusieurs jours, tous les acteurs ont appliqué leur imagination à une certaine façon d’être et d’agir et qu’il leur faille en changer soudain, il est inévitable que tous soient déconcertés et que tout s’écroule».

Les complices se rassemblèrent en toute hâte, passèrent la nuit a délibérer et se mirent d’accord pour frapper le lendemain, dimanche 26 avril, dans la cathédrale, à la sortie d’une messe que Julien ne pouvait pas manquer. On répartit les rôles. Francesco Pazzi et Bernardo Bandini devaient tuer Julien et Montesecco, Laurent. Mais, au matin, celui-ci refusa, disant «qu’il n’aurait jamais le cœur à commettre un tel forfait dans l’église et d’ajouter ainsi le sacrilège à la trahison». Il prétexta de plus quelques taches qui ne pouvaient attendre et le retiendraient ailleurs, mais les chroniqueurs du temps s’accordent à dire qu’il gardait en tête le bon accueil de Laurent et les bons entretiens qu’ils avaient eus ensemble.
De plus, tuer de sang-froid un homme désarmé lui répugnait : «Vaillant sur le champ de bataille, ce n’était pas un assassin : on a vu souvent le cœur manquer pour une telle action à des hommes dressés à manier les armes et à tremper leurs mains dans le sang, endurcis par de dures épreuves devant la vie et la mort. >> C’est ce qui fit échouer la sinistre entreprise. Au dernier moment, on remplaça le condottiere par Antonio de Volterra et par le prêtre Stefano, hommes malhabiles à jouer de 1’épée, «les moins désignés pour un tel geste, tant par leur peur d’expérience que par leur tempérament».



L'ATTENTAT

Jacques Heers a écrit :
A l’église, la foule envahissait déjà la nef pour entendre la messe. Laurent s’y trouvait, accompagné du jeune cardinal Riario, mais Julien n’était pas là et l’on apprit que, souffrant encore de sa blessure ou en proie à un mauvais pressentiment, il était demeuré chez lui. Pazzi et Bandini allèrent le chercher et, «malgré toute leur haine et toute la conscience qu’ils avaient d’un si grand forfait, gardant toute leur âme, toute la ténacité d’esprit qu’il fallait pour dissimuler, tant dans la rue que dans la cathédrale, ils le divertirent de toutes sortes de plaisanteries et facéties de jouvenceaux au cours desquelles, sous couleur de caresses amicales, ils ne négligèrent pas de le palper de la main et même de l’étreindre du bras pour s’enquérir s’il portait cuirasse ou quelque autre protection». Aussitôt entrés dans le sanctuaire, ils le frappèrent. Julien, atteint de tant de coups si violents que l’un de ses assaillants se blessa, tomba à terre et mourut avant que l’on puisse le secourir.

Mais Laurent échappa à la mort et ce fut, disait-on alors, par une sorte de miracle ou par un heureux hasard qui le fit entourer de plusieurs amis. Le meurtrier manqua de cœur au dernier instant, impressionné par la majesté du tyran revêtu de la pompe des ornements princiers, entouré d’un magnifique cortège.
[...] de même, Antonio de Volterra, qui n’était en rien homme d’épée, aurait crié, en approchant Laurent mais encore trop loin: «Ah, traître !» Ce seul mot le perdit et tous les conjurés avec lui.

Légèrement atteint à la gorge, poursuivi par Bandini, qui, après Julien, avait tué Francesco Nori, ami des Médicis, malheureux de se trouver là, Laurent se réfugia dans la sacristie. «I1 se retira au revestiaire de l’église, dont les portes sont en cuivre, que son père avait fait faire. Un serviteur, qu’il avait fait délivrer de prison, deux jours devant, le servit bien à ce besoin et reçut plusieurs playes pour luy.»



LES RÉSULTATS

Jacques Heers a écrit :
L’archevêque Salviati, deux de ses parents et Jacopo Pazzi sont pendus sur place, exposés la pendant de longues heures.

Renato Pazzi, qui n’avait pris aucune part au complot et se trouvait dans sa maison de campagne, y fut pris et, lui aussi, ramené a Florence pour être torturé et exécuté. Galeotto, déguisé en femme, s’était enfermé dans Santa Croce et Giovanni dans l’église de Santa Maria degli Angeli. On les y retrouva pour les interroger, les condamner et les mettre à mort. Guglielmo Pazzi, beau-frère de Laurent, qui s’était toujours tenu a l’écart de ces néfastes projets, fut exilé, contraint d’abandonner son épouse cloîtrée dans le palais de la via larga et d’aller vivre dans un bourg de la campagne qui devait être à plus de 5 milles de Florence, pour que ses amis ne puissent l’aider ou simplement le visiter trop aisément, et à moins de 20 milles pour que l’on puisse le prendre a tout moment et le faire comparaître devant un tribunal. Mais il réussit a s’enfuir et gagna Rome sans être arrêté.

_________________
«Κρέσσον πάντα θαρσέοντα ἥμισυ τῶν δεινῶν πάσκειν μᾶλλον ἢ πᾶν χρῆμα προδειμαίνοντα μηδαμὰ μηδὲν ποιέειν»
Xerxès, in Hérodote,

«L'Empereur n'avait pas à redouter qu'on ignorât qu'il régnait, il tenait plus encore à ce qu'on sût qu'il gouvernait[...].»
Émile Ollivier, l'Empire libéral.
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Message Publié : 15 Oct 2019 6:38 
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Jean Froissart
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
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Je pense que dans à peu près tous les attentats (politiques) que nous avons listés, il y a toujours un minimum de préparation en groupe ou seul. ET comme on le voit pour Laurent le Magnifique, il y a toujours l'imprévisible, qui entraine un temps d'adaptation le moment venu, qui entraine souvent l'échec totale ou partiel de l'attentat...

On pourrait étudier les causes, répressives et subversives comme l'a suggéré quelqu'un ici et qu'a souligné Pierma : pour Florence il s'agit à la fois d'une vengeance d'un clan sur un autre mais aussi une lutte politique pour le pouvoir dans la ville. les Pazzi espérait soulever le peuple contre la «tyrannie» du Médicis.

On a cité Philippe V de Macédoine, mais je crois avoir vu sur le net que Alexandre aussi avait eu son attentat....à confirmer

Je voulais aussi signaler mais cela peut faire partie d'un nouveau fil, la répression qui suit l'a tentative d'attentat comme à Florence en 1478... Il me semble me souvenir que Damiens (avec sa tentative au canif sur la personne de Louis XV) avait été écartelé. Pour De gaulle quelles ont été les punitions pour les membres des attentats quand on a pu les arrêter : la peine de mort ? ou la prison ?

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«Κρέσσον πάντα θαρσέοντα ἥμισυ τῶν δεινῶν πάσκειν μᾶλλον ἢ πᾶν χρῆμα προδειμαίνοντα μηδαμὰ μηδὲν ποιέειν»
Xerxès, in Hérodote,

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Message Publié : 15 Oct 2019 11:38 
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Pour De Gaulle, un seul a été fusillé, le colonel Bastien-Thiry à qui De Gaulle reprochait plusieurs choses :
- alors qu'il était le chef, il n'avait pas participé de près à l'action. (Il s'était chargé de signaler la voiture qui arrivait aux tireurs, en agitant un journal.)
- Il avait fait tirer sur une voiture dans laquelle se trouvait une femme, Mme De Gaulle.

Les autres ont été condamnés à de lourdes peines de prison, mais amnistiés, comme tous les membres de l'OAS, après mai 68. (Je ne suis pas certain que Mai 68 en ait été la raison, peut-être aussi pour De Gaulle la crainte de devoir quitter le pouvoir après le référendum. A préciser.) On a donc les interviews de ces gens, libres comme l'air, qui s'étendent longuement sur la minutie de leurs préparatifs. Elles m'ont toujours paru éprouvantes à écouter.

A noter que De Gaulle (avant cet attentat) aurait souhaité que le général Salan, le chef de l'OAS, fût fusillé - pour l'ensemble des crimes de l'OAS - mais que la Cour de Sûreté de l'Etat le condamna à perpétuité. Furieux - et il est vrai que Salan le méritait largement - il reporta sa vindicte sur Jouhaux, son adjoint à Oran, et ce sont les ministres de De Gaulle (en particulier Edmond Michelet et Georges Pompidou) qui réussirent, avec de grandes difficultés, à obtenir sa grâce.

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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