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Message Publié : 22 Mai 2016 17:45 
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Inscription : 15 Avr 2004 22:26
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Localisation : Alsace, Colmar
Voici un article du Monde qui relate une étude historique, grâce à un recensement de 1427, des chercheurs ont comparé le devenir fiscal d'un certain nombre de familles florentines. Et il apparait que se sont toujours les même squi tiennent le haut du pavé fiscal.

Florence, les riches familles du XVe siècle le sont toujours

Citer :
L’histoire de Florence a une autre facette, nettement plus constante : c’est l’inébranlable richesse de sa bourgeoisie. Pour illustrer cette donnée, deux économistes italiens, Guglielmo Barone et Sauro Mocetti, ont comparé les revenus des contribuables florentins de 1427 avec ceux de 2011.

Cette recherche a été rendue possible par un recensement de près de dix mille contribuables réalisé au XVe siècle, avec nom et prénoms du chef de famille, métier et revenu financier.

Environ neuf cents noms de ce recensement existent toujours à Florence, et, les patronymes toscans étant relativement singuliers, les auteurs ont considéré que sur les cinquante-deux mille habitants portant ces noms aujourd’hui, certains avaient des chances d’être les descendants de ceux qui le portaient en 1427.
Dynasties

Leur étude montre une persistance significative des revenus dans les familles florentines. Les descendants des familles les plus aisées sont toujours les plus riches.

« Ceux qui gagnent le plus parmi les contribuables actuels étaient déjà au sommet de l’échelle socioéconomique il y a six siècles. »

Sur les cinq familles ayant les plus hauts revenus en 2014, quatre faisaient déjà partie des 3 % les plus riches en 1427. Ces quatre familles appartenaient à la corporation des cordonniers et des avocats.

Les économistes en arrivent à une seconde conclusion : l’existence de « dynasties » professionnelles à Florence. La probabilité d’appartenir aujourd’hui aux métiers « d’élite » (banquier, avocat, médecin) est plus élevée chez ceux dont les ancêtres exerçaient déjà ces métiers en 1427.

L’autre singularité de cette découverte est qu’elle constate une persistance forte des revenus pour l’ensemble de la population. Les 33 % les plus riches de Florence en 1427 ont statistiquement des chances d’être encore plus riches aujourd’hui. Cela correspond à un groupe social plus vaste que la seule catégorie des princes et des ducs de l’ancienne cité.

La principale conclusion de ce document est qu’il y a moins de mobilité économique sur le long terme qu’on pourrait le penser en observant l’évolution socioéconomique des familles à court terme. En effet, les études sur ce phénomène observent plutôt les changements sur une génération, comparant les revenus des pères avec ceux des fils. Elles tendent à montrer que la mobilité économique varie d’un pays à l’autre, mais comme le rappelle Vox, même dans les pays où les transferts de capital sont importants (ou la redistribution des richesses est faible) la mobilité économique est plutôt importante.

En 1986, les économistes Gary Becker et Nigel Tomes concluaient que « presque tous les avantages et les désavantages des revenus des ascendants sont balayés en trois générations ».

A Florence, la persistance intergénérationnelle des revenus est très forte, même en tenant compte du fait que la mobilité sociale en Italie est plutôt faible comparé au reste de l’Europe, notamment aux pays scandinaves. Comme l’explique Vox, le moyen le plus simple d’expliquer cette découverte est de conclure que les schémas de mobilités à court terme ne peuvent pas être projetés sur des périodes de temps très long, notamment parce que le lien entre le revenu et le statut social est variable.

Dans un cas de figure fréquent, un individu peut bénéficier du capital culturel et économique de ses parents ou bien choisir une profession intellectuelle ou artistique où il gagnera moins d’argent. Mais la persistance d’un capital culturel, la transmission de biens et l’accès à un réseau professionnel familial peuvent permettre d’expliquer comment, sur plusieurs générations, la richesse se maintient en dépit des choix individuels d’entrer ou de sortir de tel ou tel corps professionnel promettant de forts revenus.

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


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Message Publié : 22 Mai 2016 17:55 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Inscription : 05 Oct 2005 20:39
Message(s) : 1509
Localisation : Lyon-Vénissieux
Merci pour cet article très intéressant.
:mrgreen:

_________________
Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvé dans un cimetière des Alpes

La science de l'histoire est une digue qui s'oppose au torrent du temps.
Anne Comnène, princesse byzantine (1083-1148)


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Message Publié : 22 Mai 2016 20:37 
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Tite-Live
Tite-Live

Inscription : 05 Sep 2010 13:22
Message(s) : 390
Localisation : Belsa
Cette étude est fort intéressante, toutefois les postulats de départ ne me semblent pas tenir la route et donc les conclusions sont extrêmement fragiles, quoi que :

- le porteur actuel d'un nom patronymique, aussi singulier soit-il, n'est pas nécessairement le descendant d'un homonyme du début du XVe siècle, même si les deux furent les citoyens d'une même ville. Seule une étude généalogique rigoureuse permettrait de le démontrer (et à Florence, les sources ne manquent pas),

- un notable florentin actuel, né dans les années 1930-1940, possède un nombre théorique d'ancêtres vivant au début du XVe siècle (18 générations) d'environ 250.000 individus. Parmi lesquels d'innombrables doublons (et même triplons, quadruplons, etc). Parmi lesquels, sans aucun doute, le haut du panier socio-économique mais le plus souvent par les femmes (donc sans transmission patronymique),

- le fait d'avoir des membres d'une même famille qui appartiennent à la haute société d'un même lieu à 5 siècles de distance, ne veut pas dire que la trajectoire fut rectiligne (périodes de déclassement, de déchéance, de proscription, d'exile, etc..),

- cette étude ne dit rien sur les mécanismes de transmission du pouvoir économique et social (règles successorales, choix des carrières, constitution de la fortune (capital foncier, numéraire, investissements spéculatifs, clientélisme, etc.),

- enfin, rien n'est dit sur les mécanismes démographiques à l'œuvre (espérance de vie, taux de fécondité, taux de célibat) lesquels, conditionnent la transmission du capital matériel, social et symbolique


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Message Publié : 23 Mai 2016 12:04 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 22 Août 2008 14:17
Message(s) : 2563
Très intéressant mais je crois que @Laurent Frédéric a bien souligné les points faibles de cette enquête. Pas mal de descendants ont dû sombrer sans bruit dans la misère et disparaître des radars statistiques.

_________________
"L'histoire serait une chose merveilleuse si seulement elle était vraie."
Léon Tolstoï.


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